Publié le 16.03.2026 à 01:37
Manuel Pavard
Le suspense aura duré toute la soirée, les deux candidats restant au coude-à-coude au fil du (très long) dépouillement des bureaux de vote grenoblois. Le résultat de ce premier tour n’a finalement été officialisé qu’après 1 heure du matin, dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 mars. Et comme on le pressentait depuis un bon moment, Laurence Ruffin et Alain Carignon arrivent dans un mouchoir de poche, séparés de moins d’un point. C’est la tête de liste LR qui termine légèrement en tête, avec 27,04 % des voix, contre 26,33 % pour la candidate de l’union de la gauche écologiste et citoyenne.
Laurence Ruffin en meeting au Jardin de ville, le 11 mars.Derrière les deux favoris, l’inconnue résidait dans le nombre de candidats à même de franchir la barre des 10 % et d’arbitrer le duel annoncé. En attendant les résultats des discussions et tractations, et d’éventuels désistements, fusions ou alliances, deux d’entre eux sont également en mesure de se maintenir, dessinant une potentielle quadrangulaire au second tour. Allan Brunon (LFI) récolte ainsi 14,59 % des suffrages tandis que Romain Gentil (divers gauche, soutenu par Place publique) atteint tout juste la barre des 10 %.
Alain Carignon a, semble-t-il, bénéficié d’une forme de « vote utile » à droite, au détriment d’Hervé Gerbi (Horizons) et de Valentin Gabriac (RN), crédités respectivement de 9,63 % et 5,20 %. Petit déception également — à un degré moindre — pour la liste du Grenoble Alpes collectif, menée par Thomas Simon, qui frôle les 5 % donnant droit au remboursement des frais de campagne (4,98 %). Enfin, Baptiste Anglade (NPA‑R) obtient 1,38 %, Catherine Brun (LO) 0,67 %, et Geneviève Krzyzak (PT) 0,17 %.
Quid maintenant du second tour ? D’un côté comme de l’autre, les négociations vont aller bon train dans les prochaines heures. Mais le « danger Carignon », longtemps abstrait, est bel et bien présent aujourd’hui. Pour Laurence Ruffin, le défi est donc double. La gauche doit non seulement mobiliser et remobiliser ses électeurs et les abstentionnistes, tout en rassemblant les forces progressistes. Équation difficile…
Mais c’est à ce prix que la liste d’union de la gauche pourra appliquer son projet de justice sociale et écologique. Et éviter le retour aux affaires de la droite et de l’ancien maire condamné pour corruption, dont le programme est « dangereux pour Grenoble », alertait le PCF Grenoble avant le premier tour.
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Publié le 15.03.2026 à 22:52
Manuel Pavard
Comme en 2020, la « ceinture rouge » grenobloise — les trois principales communes de l’agglomération, hors Grenoble — devrait conserver deux maires communistes sur trois. Il s’agira des deux mêmes municipalités, à savoir Saint-Martin-d’Hères et très certainement Échirolles, où le suspense est quasiment éteint. Mais la gauche n’a en revanche pas réussi à reprendre Fontaine, perdue il y a six ans.
La meilleure nouvelle est donc venue de Saint-Martin-d’Hères, avec la réélection au premier tour du maire PCF sortant David Queiros, qui récolte 51,07 %. Un score confortable, plus de trente points devant Alexandre Lacroix (RN-UDR). Loin devant également les deux autres candidats, l’écologiste Sigrid Thomas et le centriste Paul Saou, tous deux crédités d’environ 14 % des voix. Une performance notable pour l’édile communiste, confronté pour la première fois à trois listes concurrentes.
« C’est une grande satisfaction d’avoir pu convaincre les électeurs de Saint-Martin-d’Hères, c’était déjà le cas en 2020 avec le contexte particulier du Covid. Je progresse de 1500 voix », s’est félicité David Queiros, interrogé dans les salons de la préfecture de l’Isère. Seul bémol à ses yeux, « l’extrême droite sera présente au conseil municipal et sera la première force d’opposition ».
Toujours dans le sud de l’agglomération, Amandine Demore a quant à elle caressé un temps l’espoir d’une élection au premier tour, flirtant toute la soirée avec la barre décisive des 50 %. Mais la maire communiste sortante, tête de liste d’Échirolles ensemble, passe finalement tout proche de la qualification directe, avec près de 49 % des suffrages — excellent score néanmoins au vu du nombre de listes.
Amandine Demore, en position de force pour le second tour à Échirolles.Au second tour, elle affrontera le représentant du Rassemblement national, Enzo Billon, qui atteint tout de même le score de 25 %. Reste l’inconnue Antar Labiod : le candidat de la liste LFI-Les Écologistes est en capacité de se maintenir avec 15 % des voix. Tout dépendra de sa décision en vue du dimanche 22 mars. La claque est surtout pour la socialiste Laetitia Rabih, qui échoue à moins de 10 % (environ 8,5 %).
« Presque 49 % des voix avec quatre listes de gauche [NDLR : PCF, LFI-EELV, PS, LO], je suis très satisfaite », a réagi Amandine Demore, de passage à la préfecture. Elle est toutefois légèrement déçue de la participation (45 %). « On aurait espéré plus mais je vais m’atteler à cette abstention au second tour. Et puis, un Rassemblement national qu’on a réussi à contenir par rapport aux européennes puisqu’ils ont perdu 150 voix. » Quant aux éventuelles discussions avec Antat Labiod, il est encore « trop tôt », selon elle.
Après les satisfactions Saint-Martin-d’Hères et, à un degré moindre, Échirolles, on espérait également une bonne surprise en provenance de Fontaine. Malheureusement, la liste d’union de la gauche « Fontaine nous rassemble », conduite par Claudine Didier, échoue à se qualifier, avec 31 %, derrière le maire MoDem sortant Franck Longo, réélu grâce à ses 59 %. Nul doute que la candidature de l’ancien maire Jean-Paul Trovero (9,5 %) aura notamment pesé dans la balance.
Terminons enfin sur une note positive à Saint-Égrève : malgré un incroyable imbroglio à la préfecture, qui a annoncé des résultats inversés, le maire écologiste Laurent Amadieu, à la tête d’une liste d’union de la gauche et des écologistes, est bien réélu confortablement… Avec 59% des voix, devant Benjamin Coiffard, 41 %. Et non l’inverse !
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Publié le 13.03.2026 à 23:04
Daniel Oriol
Philippe Genty, maire de Saint-Maurice-l’Exil depuis douze ans reconduit une liste divers gauche alliant des progressistes, des humanistes. La commune est gérée par la gauche depuis 1968.
Cette année, il y aura une liste d’opposition, ce qui n’était plus arrivé depuis 2002. La liste de gauche liste propose une équipe renouvelée pour moitié. La commune qui approche les 7000 habitant es est la deuxième commune la plus peuplée de la communauté de communes Entre Bièvre et Rhône. Elle a une gestion responsable et rigoureuse permettant de financer des projets sans augmenter les impôts fonciers.
Elle s’est modernisée et transformée grâce au travail des agents municipaux.
Ses projets sont divers mais on peut citer l’attribution d’une aide de 30€ par enfant scolarisé jusqu’au CM2 pour toute inscription à une association sportive locale, la construction d’une halle dédiée au multisport, l’affirmation de la biodiversité comme richesse communale, la poursuite de plantation d’arbres dans l’espace public, la désimperméabilisation des cours d’école en les végétalisant, le recrutement d’un éducateur spécialisé au sein du service enfance/jeunesse, la transformation de l’espace Aragon en salle de spectacle de 600 places assises, la création de comités de quartier…
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Publié le 13.03.2026 à 17:25
Didier Gosselin
Comme dans de nombreuses villes, c’est l’assistant parlementaire du député RN Alexis Jolly, qui se présente aux Avenières Veyrins-Thuellin. Il a face à lui deux autres listes qui n’affichent pas la couleur mais que l’on peut, derrière le « sans étiquette », qualifier de centre-droit. Faute de représentation politique locale, la gauche est absente de ce scrutin. Néanmoins, la candidate du NFP avait obtenu 30% des voix aux dernières législatives et les militants communistes locaux affichent régulièrement leur présence, distribuent leur journal L’Aveyrlinois, initient ou soutiennent des actions comme celles contre la fermeture de la poste et des écoles primaires de deux hameaux…
Manifestation contre la fermeture programmée de deux écoles, le 24 février 2024.C’est pourquoi, même si le RN affiche une confiance absolue dans sa victoire, y compris parce qu’il n’a eu aucun mal à recruter localement des candidats, rien n’est joué, et une défaite serait un revers incontestable dans sa conquête sur ces terres historiquement de droite.
Les propositions municipales du RN ne se différencient pas beaucoup de celles de ses concurrents. Renforcer la police municipale et la vidéosurveillance, redynamiser le centre ville, s’engager à investir dans une ou deux nouvelles infrastructures (dont le boulodrome !), à sauver l’église de la démolition et à ne pas augmenter la fiscalité… Démagogique toujours, il annonce défendre les services publics et le centre social et annonce qu’il s’opposera aux terrains familiaux locatifs (gens du voyage) pour « préserver la tranquillité » …
Souhaitant réagir à ce discours apparemment policé, les communistes se sont adressés à la population à travers un tract rappelant les enjeux de ces élections locales :
« La politique se réfère à la pratique du pouvoir, et en philosophie est définie « comme l’art de gouverner le bien commun ».
Pour les communistes aveyrlinois, « ces élections en préfigurent d’autres et représentent la manière dont nous, citoyens, souhaitons être entendus et associés aux décisions qui nous concernent — la démocratie locale — et choix qui ont été faits. Comme par exemple la fermeture du service public de la poste ou les tentatives de fermetures des écoles des hameaux de Buvin et Curtille, décisions prises sans concertation par l’équipe municipale de la mandature actuelle ».
« La situation est grave, tant sur le plan international que national, poursuivent-ils, et c’est un choix de société que nous avons à faire lors de ces élections, ainsi que lors des prochaines, même si à l’échelon communal les élus ont été dessaisis, au fil des réformes, de moyens financiers alors que dans le même temps l’Etat leur transférait de plus en plus de compétences, et les obligeait à se substituer à lui en organisant une réponse à des besoins non satisfaits, comme les soins (déserts médicaux et il ne s’agit que d’un exemple). »
« Quand on parle de la société que nous voulons, on parle aussi et surtout de valeurs, et du respect des principes de nos institutions républicaines, fruits de notre histoire. Les mots inscrits au fronton de nos mairies, Liberté Egalité Fraternité, doivent rester cette lumière qui nous éclaire, au moment où nous traversons une triste époque qui pourrait présager des lendemains noirs, très noirs. »
« En ces temps troublés, les défenseurs de la démocratie, du progrès social, de la solidarité, de la paix, du climat, de l’écologie, sont présentés comme des ennemis de la République, parce qu’ils défendent les salariés (syndicats), l’interdiction de l’usage de certains pesticides néfastes à la santé, des exploitations agricoles familiales à taille humaine, la non-confiscation de l’eau au profit de l’agro-industrie, ou encore dénoncent le génocide perpétré en Palestine, le non-respect du droit international etc… De leur côté, les partisans d’une France blanche, obsédés par l’immigration qui a pourtant contribué à construire notre pays, sont décidés à utiliser avec cynisme la gravité des heures sombres que nous vivons pour tenter d’asseoir leur hégémonie. Par un formidable renversement des valeurs, l’extrême-droite dont on connait l’histoire, notamment sa violence raciste et antisociale, se présente comme une victime de la gauche et de l’antifascisme… ! On croit rêver mais au contraire c’est un mauvais cauchemar dont il va falloir se réveiller ! »
« Nous appelons à un sursaut républicain, en allant voter pour la liste faisant apparaitre au moins une logique de concertation et de dialogue avec les habitants, à défaut d’un véritable projet et d’un programme pour notre commune. Et en espérant que la logique participative permette de construire un projet avec les habitants, et ce sur la base du respect des différences de chacun ».
Les communistes rappellent que « la liste « divers droite » est soutenue par l’Union des droites pour la République et le Rassemblement national, parti politique sous le coup de poursuites judiciaires pour détournement d’argent public (affaire des assistants parlementaires européens du Front national de 2004 à 2016) ». Que cette liste « déclare entre autres dans son programme local vouloir s’opposer aux terrains familiaux locatifs. Il s’agit là non seulement d’une opposition à une obligation prévue par la loi, donc un non-respect de celle-ci, mais également d’un rejet d’une partie de la population, ici les gens du voyage, et une façon démagogique d’alimenter ainsi les préjugés et les stigmatisations dont le RN est coutumier. Derrière la façade de la « dédiabolisation » du RN, poursuit le communiqué du PCF, il y a une histoire et des enjeux. Le Rassemblement national, l’enfant du Front national fondé en 1972 par des sympathisants nazis et de l’OAS, a bien une histoire, et elle n’est pas glorieuse… »
Par respect pour celles et ceux qui ont combattu le nazisme lors de la seconde guerre mondiale, souvent au sacrifice de leur vie, nous ne pouvons décemment pas accepter l’idée que ce parti réactionnaire arrive au pouvoir, que ce soit localement ou nationalement.»
« Sous ses apparences de défense des classes populaires, voici ce à quoi, concrètement, le Rassemblement national s’est opposé au sein de l’assemblée nationale en votant contre :
En revanche, c’est vrai qu’il a, au motif de « réduire le millefeuille territorial », voté pour une baisse de 4,9 milliards de la dotation publique aux collectivités locales notamment les intercommunalités. Ce qui en dit long ! Si les communes ont pour compétences le logement, l’urbanisme, l’aide sociale, les écoles, l’accueil du jeune enfant, le patrimoine, la culture…, les intercommunalités ont pour objet l’élaboration de projets communs comme le développement économique, l’assainissement, l’aménagement du territoire, la prévention des inondations, la collecte et le traitement des déchets, la promotion du tourisme etc.
Enfin, le RN est dans une logique libérale exacerbée, un capitalisme débridé, pour preuve les soutiens médiatiques, politiques et patronaux dont il dispose, de la part de milliardaires comme Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Sterin, qui contrôlent des médias, s’opposent à tout progrès social et promeuvent des idées d’extrême-droite.
Aussi, ne nous appuyons pas sur les promesses, les beaux discours, la démagogie, les amalgames, les mensonges, mais allons toujours vérifier à la source les informations délivrées par les médias sponsors du RN… Pour notre part, nos sources, ce sont celles des Bulletins Officiels de l’Assemblée nationale.
Les élections municipales sont un enjeu local et avec des incidences à l’échelon intercommunal, chaque commune ayant des représentants au conseil communautaire ».
« Le PCF appelle toutes celles et tous ceux qui sont attaché(e)s aux valeurs de la République laïque et sociale, et par respect de notre histoire, à se manifester en leur âme et conscience en allant voter le 15 mars afin que cesse ce climat de haine et de rejet. Nous avons besoin de progrès social, de paix, de tolérance, et de développer le vivre-ensemble. »
La pétition contre la fermeture de la poste, initiée par les communistes, avait réuni près de 900 signatures en mai 2023.Cet article Les Avenières Veyrins-Thuellin. Empêcher le RN de conquérir la ville est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 13.03.2026 à 14:15
Manuel Pavard
Sa voix, en prononçant ses premiers mots, trahissait une « émotion » qu’elle a volontiers reconnue, fière de la composition et de l’engagement de cette « liste à l’image d’Échirolles ». Entourée de ses quarante colistières et colistiers, Amandine Demore s’est adressée une ultime fois à ses quelque 500 partisans rassemblés, ce jeudi 12 mars au soir, à la salle des fêtes d’Échirolles, pour sa réunion publique de fin de campagne. La quinzième et dernière organisée par Échirolles ensemble, à trois jours du premier tour des élections municipales.
Les 41 membres (Amandine Demore incluse) de la liste Échirolles ensemble ont été présentés un par un au public.L’occasion pour la tête de liste et maire PCF de saluer les différents élus venus la soutenir. D’autres communistes, à l’image de son prédécesseur Renzo Sulli — auquel elle a succédé en octobre 2023 — ou du conseiller régional Éric Hours. Mais aussi des écologistes, comme le maire de Grenoble Éric Piolle — qui a fait une apparition en début de soirée — ou celui de Champagnier, Florent Cholat, et des socialistes, à l’instar de Guillaume Lissy, maire de Seyssinet-Pariset. Une prise de position notable de leur part alors que le PS et Les Écologistes soutiennent respectivement Laetitia Rabih et l’insoumis Antar Labiod.
« Le rôle de la gauche, c’est de s’unir et se rassembler. Quand l’extrême droite est aux portes du pouvoir, quand les fascistes, partout dans le monde, prennent des responsabilités, nous n’avons pas le droit de nous diviser. »
Avant de présenter un par un les membres de la liste, les adjoints échirollois Aurélien Farge et Pierre Labriet, animateurs de la soirée — et eux-mêmes colistiers de leur édile -, ont d’ailleurs transmis le micro à Guillaume Lissy et Florent Cholat. Espérant poursuivre sa collaboration avec Amandine Demore qu’il qualifie de « femme courageuse et intègre », le premier nommé s’est exprimé « en tant que maire, homme de gauche et militant socialiste », glissant une pique aux instances du PS.
Guillaume Lissy, maire PS de Seyssinet-Pariset, soutient Amandine Demore.« Le rôle de la gauche, c’est de s’unir et se rassembler. Quand l’extrême droite est aux portes du pouvoir, quand les fascistes, partout dans le monde, prennent des responsabilités, nous n’avons pas le droit de nous diviser », a ainsi asséné Guillaume Lissy. Et de rappeler que, malgré les différences entre partis, « ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous divise ».
Florent Cholat, maire écologiste de Champagnier, également aux côtés d’Amandine Demore.Comme son homologue de Seyssinet-Pariset, Florent Cholat s’est démarqué, par sa simple présence ce jeudi soir, de son parti, Les Écologistes. Soulignant la qualité de leur travail commun à la Métropole, le maire de Champagnier a apporté son « soutien plein et entier » à Amandine Demore. « On a des valeurs communes de solidarité, d’entraide, et un respect très important », a‑t-il ajouté, appelant les électeurs à leur « permettre de poursuivre ce travail, dès le dimanche 15 mars ».
Reconnaissante pour le positionnement de ses collègues premiers magistrats, Amandine Demore a également tenu à remercier celles et ceux qui, sur sa liste, ont « fait le choix de l’unité contre des décisions prises nationalement sans connaître le contexte local et les forces en présence ». Décisions qu’elle juge « déconnectées du réel ». Citant les noms de ses colistiers concernés, la candidate a notamment salué « les insoumis unitaires qui refusent la division » ainsi que « les socialistes qui ont refusé l’aventure personnelle et opportuniste portée par la liste Vivre unis ». Sans oublier le militant écologiste Antoine Fléchet, conseiller municipal grenoblois ayant rallié Échirolles ensemble.
Cette liste, qui comprend également des militants communistes et des citoyens n’appartenant à aucun parti, représente « toute la diversité d’Échirolles », a‑t-elle indiqué. « Ces différentes sensibilités politiques sont rassemblées pour un même objectif : protéger les habitants et habitantes, défendre les services publics et agir pour la justice sociale et écologique. »
Aurélien Farge et Pierre Labriet, adjoints à la maire d’Échirolles, colistiers et également animateurs improvisés.Amandine Demore a aussi loué l’engagement de son équipe, présente « toute l’année, au quotidien, sur le terrain ». Des personnes qui ont mené, depuis des mois, « une campagne d’une intensité rare », enchaînant quinze réunions publiques, des porte-à-porte tous les soirs, des déambulations, des tractages sur les marchés… « On a fait le choix d’une campagne de proximité », a abondé Aurélien Farge, qui s’est notamment félicité du nombre de dons approchant au total les 10 000 euros.
Intense, cette campagne s’est malheureusement distinguée par ailleurs par son climat particulièrement délétère. Amandine Demore a ainsi évoqué une « violence politique comme [elle n’en avait] jamais vue » à Échirolles. Certes, « la conflictualité fait partie de la politique. Mais les coups bas, les attaques personnelles, les insinuations, les mensonges, les fake news, colportés volontairement par des opposants d’opportunité, je ne peux m’y résoudre », a‑t-elle déploré.
Dans son viseur, la candidate PS Laetitia Rabih, pourtant élue au sein de la majorité municipale. « Son équipe a tenté de calomnier mes colistiers par voie de presse », a en effet accusé la maire PCF. « L’ennemi de Laetitia Rabih, ce n’est pas l’extrême droite, c’est nous », a‑t-elle affirmé, ironisant sur cette tête de liste qui « quitte la ville pour le confort supposé d’un petit village voisin et ne revient s’installer à Échirolles que quelques mois avant les élections ».
Malgré les attaques de cette ancienne alliée, la liste Échirolles ensemble ne se trompe pas de combat, assure Amandine Demore. « Notre véritable ennemi politique, c’est le RN » qui, pendant ce temps-là, « continue tranquillement son chemin ». Elle l’a d’ailleurs martelé à la fin de son intervention : « Face à l’extrême droite, le barrage, c’est nous ; la résistance, l’espoir, c’est nous. » Le danger est clairement identifié : « Le RN au pouvoir ici, c’est le risque de disparition de notre ADN. C’est l’inégalité de traitement entre les quartiers. C’est la fin de ‘la république au coin de la rue’. Il faut faire de nos communes des terres de résistance. »
Les quelque 500 personnes présentes se sont réunies autour d’un banquet, après le discours d’Amandine Demore.Montée de l’extrême droite, crise sociale et écologique… « Je mesure la gravité du moment, a admis la candidate. Mais je crois profondément en la force d’Échirolles. » Pour affronter ces menaces, elle mise sur un « programme ambitieux ». Un projet qui répond à « des aspirations très concrètes : mieux vivre, mieux se déplacer, mieux respirer, mieux se protéger, mieux voir grandir et s’épanouir ses enfants ». Et un projet où « personne ne doit être laissé de côté ».
Devant le public conquis de la salle des fêtes, Amandine Demore a ainsi déroulé les grandes lignes de son programme, détaillant une partie des nombreuses mesures proposées — liste non exhaustive. Pour les aînés avec le portage de repas ou les aides personnalisées. Le soutien au pouvoir d’achat avec la baisse des tarifs de la cantine pour les enfants et le gel du taux communal des impôts locaux. Sur le plan de la santé, avec la volonté de créer deux centres de santé. Face au changement climatique avec la production d’énergies locales renouvelables — grâce notamment aux deux centrales photovoltaïques -, le plan fraîcheur et la végétalisation des cours d’école, la création de nouveaux parcs, la plantation de mille arbres supplémentaires…
Et puis, impossible de ne pas citer la sécurité, « un service public » rendu à la population, auquel l’édile s’est montrée particulièrement sensible durant le mandat actuel. Dans ce domaine, elle refuse à la fois de « fermer les yeux » et d’approuver « les discours de gros bas et de tolérance zéro ». « Nous continuerons la bataille pour un commissariat de plein exercice, tout en renforçant la prévention », a promis la candidate à ses électeurs. Avant de leur annoncer avoir enfin obtenu une réponse du ministre de l’Intérieur, qui a mis « à l’étude » sa proposition de création du commissariat. Un combat global qui a conduit les trafiquants à s’impliquer dans cette campagne, allant jusqu’à incendier sa voiture de service. « Ils n’ont aucun intérêt à nous voir gagner », a‑t-elle souligné, attestant de sa « détermination ».
La soirée s’est terminée en musique.À trois jours du scrutin, Amandine Demore a achevé son discours par un appel lancé à l’ensemble de ses colistiers, militants et sympathisants : « Aucune voix ne doit manquer dimanche. Ramenons aux urnes ceux qui hésitent. (…) Les 15 et 22 mars, faisons gagner une ville protectrice et solidaire. » Une parfaite conclusion, avant de poursuivre la soirée par un banquet et des concerts.
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Publié le 13.03.2026 à 11:55
Luc Renaud
Le choix avait été fait d’une campagne très décentralisée. Aussi la réunion publique de ce 12 mars était-elle la dernière d’une série de rencontres dans les quartiers de la ville organisées par l’équipe de campagne de David Queiros.
La dernière, et logiquement celle de remerciements appuyés. « Ça fait chaud au cœur de voir cette mobilisation au porte-à-porte, sur les marchés, devant les écoles », souriait ainsi David Queiros. Chaud au cœur, ces messages de remerciement des Martinérois, recueillis dans la rue, dans les immeubles, au détour d’une conversation.
Jérôme Rubes a présenté les co-listiers de David Queiros.Cette assemblée publique était également mise à profit pour une présentation des candidats qui constitueront l’équipe municipale autour de David Queiros. Une liste plurielle à l’image de Saint-Martin‑d’Hères, composée de citoyens engagés dans des associations, des clubs sportifs, des partis politiques – le PCF, le PS, LFI dans sa tradition martinéroise – souvent des engagements à plusieurs titres. Une union qui, par delà les différences de sensibilité, s’est construite autour d’un projet commun pour Saint-Martin‑d’Hères. Ce qui amenait David Queiros à regretter la division à gauche, et notamment le choix des Ecologistes de se tourner vers des macronistes pour présenter une liste d’opposition à l’union de la gauche.
Ce projet commun, David Queiros en brossait les grandes lignes. Avec une idée force : la municipalité doit être un rempart contre les injustices subies par ses habitants, une ville qui protège contre les effets de décisions prises au niveau national.
Ce projet, c’est aussi un foisonnement de projets concrets. La poursuite de l’aménagement de l’avenue Gabriel Péri, sa transformation en boulevard urbain dans la suite de la création du centre d’activité Neyrpic. « Saint-Martin‑d’Hères est une ville, la deuxième du département, c’est une ville à part entière avec son cœur de ville», lançait David Queiros. La poursuite de la transformation architecturale de l’entrée de ville que constitue l’avenue Gabriel Péri va dans ce sens.
Cette dernière réunion décentralisée s’est déroulée salle Fernand Texier, avenue Ambroise Croizat.De même que les réalisations au service de la vitalité de chacun des quartiers martinérois, de leurs artères et de leurs places. La plantation d’arbres et la désimperméabilisation des sols, c’est pour toute la commune. Mais il faut citer l’aménagement de la zone verte dans la continuité du parc Madeleine Barathieu, la modernisation de l’axe Marcel Cachin avec une attention particulière au commerce de proximité, la poursuite de l’effort de rénovation des écoles, la poursuite, là encore, de la rénovation des voiries – 27 km de pistes cyclables l’ont déjà été ainsi que 55 km de rues. Projet encore, celui de la prolongation du tram D vers Grand Place pour lequel il faudra faire entendre la voix de Saint-Martin‑d’Hères à la métropole et au syndicat des mobilités.
Le maire rappelait au passage l’engagement de la municipalité pour préserver la colline du Mûrier de l’urbanisation : « Le Mûrier, c’est un tiers de la biodiversité de l’agglomération. »
David Queiros a été victime d’ignobles attaques personnelles au cours de la campagne électorale.David Queiros ne manquait pas de souligner combien ces perspectives tranchent avec celles que proposent les listes d’opposition. « Personne ne critique notre bilan, mais il ne faut pas se tromper sur ce que nos concurrents proposent : agiter une baisse des impôts à la façon d’un chiffon rouge, c’est promettre la réduction des services municipaux, de la solidarité, c’est plonger la ville dans les déficits ». David Queiros dénonçait également la campagne haineuse du RN. Et cette campagne ignoble contre le maire et son équipe : un tract a été diffusé mettant en cause directement David Queiros sous le titre « Wanted David Queiros ». « C’est idiot, pas la peine de me rechercher, on peut me trouver partout ! » Plainte a été déposée.
Dans cette intervention consacrée à l’élection municipale, à ses enjeux et projets locaux, David Queiros n’omettait cependant pas d’évoquer la situation internationale, fidèle en cela à la tradition martinéroise de solidarité internationale. « Nous vivons aujourd’hui le cauchemar de la guerre ; alors que des enfants meurent sous les bombes, les médias dominants nous parlent du prix de l’essence », disait-il. L’extrême droite, partout dans le monde, est à l’origine des guerres et des conflits meurtriers.
Une motivation supplémentaire, s’il en fallait, d’une mobilisation dans les urnes le 15 mars pour défendre les valeurs de solidarité et de fraternité.
Cet article Saint-Martin‑d’Hères. Un foisonnement de projets pour la ville est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 13.03.2026 à 10:22
Didier Gosselin
Jeudi 12 mars 2026, les enseignant·es du lycée Léonard de Vinci, à Villefontaine, étaient en grève pour exiger des moyens permettant de maintenir une réelle qualité d’enseignement. Dans leur communiqué, les enseignant·es dénoncent la dégradation des conditions de travail et d’étude.
Outre l’insuffisant nombre d’assistants d’éducation (AED), six équivalents temps plein pour 1500 élèves, censés veiller à l’encadrement et la sécurité des élèves pendant les intercours, les enseignant·es soulignent l’inégalité en quotité d’horaires d’enseignement. « 65 heures de moins par semaine que les autres établissements du secteur… pour des élèves issus de catégories sociales moins favorisées ! ». Face à cette réalité et malgré des démarches entreprises, le rectorat reste sourd.
© Ilaria GalanteLes moyens matériels et humains insuffisants fragilisent l’encadrement éducatif et pédagogique.
« Nos classes débordent » s’indignent les enseignant·es qui constatent au quotidien un manque de salles pour proposer des emplois du temps décents aux élèves et un manque de places pour le nombre d’élèves à venir. Concernant le personnel de direction, il est également insuffisamment doté avec « un seul proviseur-adjoint pour plus de 1500 élèves, des filières générales, technologiques, professionnelles et un pôle supérieur en design et en audio-visuel… ». Le communiqué rappelle également que « des postes de personnels administratifs, techniques, de santé ne sont pas pourvus et que les absences ne sont pas remplacées », ce qui ne fait que « détériorer à la fois les conditions de travail et les conditions d’accueil dans l’établissement ».
Un climat scolaire qui se dégrade.
Il résulte de ces choix de réduction et d’insuffisance des moyens, dans le cadre d’une politique nationale d’austérité budgétaire publique menée depuis des années, une grave dégradation des conditions de vie et d’études. Pour les enseignant·es du lycée Léonard de Vinci, cette situation se traduit par « moins de suivi pour les cas particuliers d’élèves (absentéisme, décrochage) », par« des dégradations matérielles (WC saccagés, tags insultants, boitiers incendies détruits…) et ainsi un gâchis d’argent public qui serait mieux utilisé ailleurs, que dans des réparations ! ». Plus d’élèves à venir, dont de nombreux issus de collèges classés REP ou de quartiers prioritaires, plus de formations… mais pas de postes créés !
Tout cela dégrade les conditions de vie et de travail des agent·es, des élèves, des enseignant·es, qui dénoncent « le traitement défaillant des incidents –tels que menaces envers les personnels‑, le manque d’encadrement et de sanctions ». Tout aussi grave, « un management toxique (…), une gestion improvisée de l’établissement, un mépris des instances démocratiques », et en fin de compte déplorent les enseignants « une relation avec nos élèves qui en pâtit, car nous ne sommes plus capables de leur fournir un environnement serein et sécurisé ».
Des difficultés chroniques de communication.
La situation du lycée Léonard de Vinci est inquiétante. « Globalement notre lycée manque de tout » s’indigne Caroline Bouchier du syndicat SUD, qui dénonce également le mépris du rectorat qui, malgré plusieurs courriers argumentés sur la situation, refuse de reconnaître l’ampleur des problèmes. « Les nombreuses fiches SST (Sécurité et Santé au Travail) transmises par les personnels », poursuit la syndicaliste, « ont bien donné lieu à une audience au rectorat et à la mise en place d’un suivi par un Inspecteur d’Académie », mais sans résultats… « Ce que nous avons récolté », s’insurge Caroline Bouchier, « c’est un projet de charte de communication » ! « Vendredi 6 mars », conclut-elle, « le président de la Région est venu visiter le lycée avec le Dasen (Directeur académique des services de l’éducation nationale), les agents ont été reçus, mais nous, nous attendons toujours d’être informés de cette visite… Nous sommes traités comme de dangereux agitateurs alors que nous n’avons de cesse de consacrer un temps important à communiquer et à faire connaître les problèmes publics qui touchent cet établissement ».
© Ilaria GalanteCet article Villefontaine. Le lycée se mobilise pour un service public d’éducation de qualité est apparu en premier sur Travailleur alpin.