05.03.2026 à 10:45
Erwann Fangeat, Coordinateur de pole, Ademe (Agence de la transition écologique)
Le télétravail s’est installé depuis quelques années dans nos habitudes professionnelles. Il peut contribuer à la décarbonation de l’économie… mais seulement à certaines conditions. Ses bénéfices restent par ailleurs marginaux au regard d’autres efforts à mener.
En 2024, 22 % des salariés du secteur privé télétravaillaient au moins une fois par mois, selon l’Insee. Le télétravail intensif, c’est-à-dire supérieur à trois jours hebdomadaires, qui avait connu un boom à la suite de la pandémie de Covid-19, est de son côté en diminution. Si elle n’est pas encore stabilisée, la pratique semble de toute façon appelée à s’inscrire dans le temps.
Dans le cadre d’un travail mené à la demande de l’État sur le rôle que pourrait jouer le numérique dans la décarbonation de l’économie, l’Agence de la transition écologique (Ademe) a évalué quels effets sur l’environnement pourrait avoir une généralisation du télétravail et à quelles conditions ils sont les plus bénéfiques.
Pour cela, l’Ademe a mené une analyse de cycle de vie (ACV) dite conséquentielle, qui s’intéresse aux conséquences environnementales à long terme. Le principe était de mesurer les impacts environnementaux provoqués par une massification du télétravail par rapport à un scénario de référence représentatif des pratiques de télétravail en 2025. La différence permet d’estimer les effets directs et indirects positifs et négatifs ainsi que les effets rebond.
La comparaison a ainsi porté sur trois scénarios, comparés au même scénario de référence :
Le scénario de massification apparaît comme intéressant sur le plan environnemental, mais le bilan des effets est très contrasté et dépend de certains facteurs précis.
Le principal effet positif de la massification du télétravail concerne les émissions de gaz à effet de serre et la consommation de ressources fossiles qu’il permettrait d’éviter. Cela tient, avant tout, à la réduction des déplacements en voiture.
L’étude a été menée sur trois types de territoire : les petites « aires d’attraction » (50 000 à 200 000 habitants), les moyennes (200 000 à 700 000 habitants) et les grandes (plus de 700 000 habitants).
Elle montre que ce bénéfice se vérifie surtout dans les petites aires d’attraction, où le nombre de télétravailleurs a le plus de probabilités d’augmenter par rapport au scénario de référence, et où la dépendance à la voiture individuelle est plus forte du fait de trajets plus longs et de transports en commun moins présents. Dans ces zones, le télétravail peut éviter jusqu’à 8 kg d’équivalent CO₂ par habitant et par an.
D’autres effets positifs pourraient être observés en cas de généralisation du télétravail, comme la fermeture temporaire de certains bureaux permettant d’en abaisser le chauffage, ou encore une moindre construction de nouvelles surfaces de bureau.
Le bilan n’est toutefois pas entièrement rose. Travailler chez soi induit souvent une hausse du chauffage à domicile, surtout en hiver. Cela représente en moyenne 1,4 kilowattheure (kWh) supplémentaire par jour, soit entre 3,5 % et 7 % de la consommation journalière d’un foyer, selon une étude menée en 2023 par l’Ademe et l’Institut français pour la performance du bâtiment (IFPEB) sur l’impact énergétique du télétravail.
Un autre impact négatif est l’achat de mobilier (fauteuil) ou d’équipements informatiques (écran supplémentaire) ainsi que l’utilisation de la connexion Internet du domicile. Cela peut peser sur l’épuisement des ressources, quand on sait les coûts environnementaux et les dépendances générés par la numérisation de la société : un smartphone contient à lui seul une cinquantaine de métaux, par exemple.
Par ailleurs, le télétravail peut avoir des effets indirects sur les déplacements, en engendrant des trajets supplémentaires. Par exemple pour des courses, qui autrefois étaient réalisées sur le chemin du travail, ou bien en provoquant des déménagements vers des zones plus éloignées. Tous ces effets peuvent atténuer les gains évoqués précédemment.
Certaines pratiques organisationnelles pourraient limiter ces effets négatifs et maximiser l’impact positif du télétravail.
Sur la gestion des bâtiments, une fermeture totale de l’édifice pendant au moins 48 heures permettrait, selon une expérimentation menée par l’Ademe et l’IFPEB sur dix bâtiments administratifs, de diminuer leur consommation énergétique quotidienne de 25 % à 40 % grâce à l’arrêt du chauffage, de l’éclairage et de la ventilation dans les locaux vides. On peut maximiser cet effet en privilégiant un télétravail total et simultané de tous les travailleurs sur certains jours de la semaine.
En outre, favoriser le télétravail en été et encourager le recours des télétravailleurs à des tiers-lieux à proximité de leur logement peut limiter son effet rebond sur le chauffage à domicile.
L’autre dimension porte sur les pratiques numériques : une meilleure gestion des outils est indispensable pour contenir leurs effets néfastes. Il s’agit, par exemple, de couper la caméra lors d’une visioconférence pour réduire par dix la consommation de données ou de privilégier le Wi-Fi au réseau mobile.
L’analyse multicritères utilisée ici s’est intéressée à une quinzaine d’indicateurs, dont les trois principaux sont les gaz à effet de serre, l’épuisement des ressources fossiles et l’épuisement des ressources métalliques. Dans chaque cas, l’étude fait le bilan net entre les gains et les pertes. Le résultat montre que la massification du télétravail est positive sur la plupart des indicateurs d’un point de vue environnemental.
Toutefois, elle révèle aussi que ces gains sont assez modestes, en particulier sur les gaz à effet de serre, au regard des objectifs de décarbonation des déplacements en voiture à l’échelle d’une collectivité. La massification du télétravail y contribuerait, selon le type d’agglomération, à hauteur seulement de 2 % à 4 %.
En outre, ces gains risquent de diminuer dans le temps, puisqu’ils sont principalement liés à la mobilité, appelée à s’électrifier. Une moindre utilisation de la voiture aura donc moins de bénéfices à l’avenir. Par conséquent, le télétravail, s’il participe à la décarbonation, ne doit pas se substituer à des efforts de décarbonation plus profonds : il fait partie de la solution, mais dans des proportions très modestes.
Erwann Fangeat ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
05.03.2026 à 10:45
Bérangère Legendre, Professor, Université Savoie Mont Blanc
Sarah Le Duigou, Enseignante-chercheuse en sciences économiques, Université Savoie Mont Blanc

Intuitivement, la généralisation du télétravail ne peut qu’avoir certainement un effet bénéfique sur nos émissions de gaz à effet de serre, mais, lorsqu’on examine les chiffres, cela se révèle moins probant.
Télétravailler pour réduire son empreinte carbone : l’idée semble évidente. Moins de trajets domicile-travail, moins de voitures sur les routes, donc moins d’émissions. Cette intuition a largement accompagné l’essor du télétravail depuis la crise sanitaire.
En France, plus d’un salarié du secteur privé sur cinq télétravaille aujourd’hui au moins une fois par mois. Ils n’étaient que 4 % avant la crise sanitaire. Or, les trajets entre le domicile et le travail représentent une part importante des émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements. Entre 1999 et 2019, la distance entre le domicile et le travail a augmenté en France, en particulier pour les habitants des zones rurales. Près du trois quarts de ces trajets se font en voiture, et cette part dépasse 90 % dans les zones peu denses. En moyenne, en 2019 un salarié émettait donc environ 700 kg de CO₂ par an pour ses seuls déplacements domicile-travail, et jusqu’à 1,3 tonne pour les personnes qui se déplacent le plus.
Dans ce contexte, le télétravail pourrait apparaître donc comme une solution évidente : en supprimant une partie de ces déplacements, les émissions devraient mécaniquement diminuer. Mais cette logique suppose que le télétravail n’affecte que les trajets entre le domicile et le travail, sans modifier les autres comportements de mobilité, ce qui est loin d’être évident.
Pour mieux comprendre ces dynamiques, nous avons mené une grande enquête entre décembre 2022 et février 2023 auprès de 3 530 actifs français, qui ne télétravaillaient pas avant la crise sanitaire. Une partie d’entre eux est passée au télétravail après 2020, ce qui permet de comparer leurs comportements de mobilité avant et après cette transition.
À première vue, les résultats semblent sans appel. Les télétravailleurs émettent moins d’équivalent CO₂ pour leurs déplacements entre le domicile et le travail : environ - 34 % pour les trajets directs et - 26 % lorsque l’on inclut les détours quotidiens (courses, accompagnement des enfants, etc.). À l’échelle de l’ensemble des mobilités (hors avion), leurs émissions annuelles apparaissent également plus faibles, de l’ordre de - 12 %.
Pris tels quels, ces chiffres pourraient suffire à conclure que le télétravail est bénéfique pour le climat. Pourtant, cette lecture est incomplète, et potentiellement trompeuse.
Déjà, il faut noter que les télétravailleurs ne sont pas des travailleurs « comme les autres ». Ils occupent plus souvent des emplois qualifiés, résident dans des zones spécifiques, ont des revenus plus élevés et des contraintes de mobilité différentes. Autrement dit ils n’auraient pas nécessairement eu les mêmes émissions que les non-télétravailleurs, même sans télétravail.
Comparer directement ces deux groupes revient donc à confondre potentiellement l’effet du télétravail avec des différences préexistantes. Pour isoler l’effet propre du télétravail, il faut raisonner en termes d’analyse d’impact : comparer ce qui s’est effectivement produit à un scénario de référence crédible, dans lequel les mêmes individus n’auraient pas télétravaillé.
Une fois cette approche mise en œuvre, le diagnostic se nuance. Le passage au télétravail, tel qu’il s’est opéré en France entre 2020 et 2023, a entraîné une baisse des émissions liées aux déplacements domicile travail, de l’ordre de 400 kg de CO₂ par an pour les personnes télétravaillant au moins deux jours par semaine. Cet effet est robuste et s’explique directement par la réduction du nombre de trajets.
En revanche, cette baisse est en partie compensée par d’autres ajustements : légère hausse des déplacements privés, réorganisation des trajets dans la semaine, ou encore disparition de certains « détours » auparavant intégrés au trajet domicile-travail. Ces effets, appelés « effets rebond » ne suffisent pas à annuler totalement les gains, mais ils en réduisent l’ampleur.
Au final, le télétravail a réduit les émissions liées à la mobilité, mais dans des proportions plus modestes que ce que l’intuition initiale laisse penser. Rapporté à l’empreinte carbone moyenne d’un Français, et sachant que tous les travailleurs ne télétravaillent pas, l’effet reste limité.
Par ailleurs, si l’enquête dont sont issus ces résultats permet de renseigner finement les habitudes hebdomadaires de mobilité et l’organisation du travail d’un échantillon représentatif de la population en emploi en France, elle n’intègre pas d’autres effets qui méritent tout autant l’attention des chercheurs : l’empreinte carbone de l’usage du numérique en situation de télétravail, ou encore les comportements de consommation d’énergie à domicile et au travail des salariés.
Faut-il en conclure que le télétravail est inutile pour le climat ? Pas nécessairement. Mais ces résultats invitent à dépasser une vision simpliste.
La question n’est pas seulement de savoir si le télétravail réduit les émissions, mais dans quelles conditions il peut réellement le faire. En effet, il est important de s’intéresser également aux mécanismes économiques de long terme qui sont à l’œuvre. C’est précisément ce que permet la modélisation théorique en économie : simuler l’ajustement de l’économie lorsque de profonds changements interviennent.
Sur le marché du travail, les individus arbitrent entre le salaire proposé et les coûts associés à l’emploi, au premier rang desquels figurent les coûts de mobilité. Plus un emploi est éloigné du domicile, plus les coûts de mobilité sont élevés, ce qui peut dissuader certains travailleurs d’accepter certaines offres d’emploi.
Le télétravail modifie donc profondément les arbitrages des travailleurs. En réduisant le nombre de jours de déplacement, il diminue le coût de mobilité associé à un emploi donné. Cela permet à certains travailleurs d’accepter des emplois plus éloignés, qu’ils n’auraient pas acceptés autrement, et améliore l’accès à l’emploi pour les personnes vivant loin des centres d’activité.
Du point de vue de l’emploi, cet effet est donc théoriquement positif. Du point de vue environnemental, il est ambigu : accepter des emplois plus éloignés peut conduire à des distances domicile-travail plus longues les jours de présence sur site.
Le télétravail induit donc une segmentation géographique. Les travailleurs vivant loin des centres d’emploi sont plus enclins à accepter des postes offrant du télétravail, tandis que ceux vivant à proximité continuent plus souvent à travailler sur site.
Cette segmentation a un double effet. D’un côté, elle concentre le télétravail chez les travailleurs pour lesquels la réduction des déplacements est la plus importante en termes de kilomètres évités. De l’autre, elle modifie la répartition spatiale des travailleurs et influence les comportements de mobilité de l’ensemble de la population active.
Peu de travaux ont pour l’instant documenté les mobilités résidentielles liées au télétravail en France. En 2022, les économistes Marie‑Laure Breuillé, Julie Le Gallo et Alexandra Verlhiac ont cependant montré que le télétravail tendait à accentuer certaines tendances de migrations des villes vers les campagnes grâce à la flexibilité offerte par le télétravail.
Un autre mécanisme, moins intuitif, concerne le choix du type de véhicule. Si les véhicules électriques coûtent cher à l’achat, leur utilisation au quotidien est moins onéreuse : charger son véhicule électrique coûte moins cher que faire le plein d’une voiture thermique. Les véhicules électriques deviennent donc rentables au-delà d’un certain nombre de kilomètres parcourus.
En réduisant la fréquence des déplacements domicile-travail, le télétravail peut faire passer certains travailleurs en dessous de ce seuil de rentabilité. Résultat : l’adoption des véhicules électriques peut ralentir chez certains télétravailleurs, ce qui constitue un effet rebond susceptible de réduire les gains environnementaux attendus.
Les simulations issues des modèles montrent également que l’impact environnemental du télétravail dépend fortement de l’intensité à laquelle il est pratiqué. Un scénario dans lequel une grande proportion de travailleurs télétravaille un seul jour par semaine n’est pas nécessairement le plus favorable.
À l’inverse, une part plus réduite de travailleurs télétravaillant deux ou trois jours par semaine peut conduire à des réductions d’émissions plus importantes. Autrement dit il vaut parfois mieux peu de télétravailleurs faisant beaucoup de télétravail que beaucoup de télétravailleurs en faisant peu.
Enfin, le télétravail n’agit pas isolément. La modélisation théorique permet de simuler l’impact du télétravail dans un contexte où sont menées des politiques environnementales qui ne sont pas actuellement en place : que se passerait-il dans une économie avec une taxe carbone respectant la trajectoire du prix du carbone initialement prévue par le rapport Quinet ? Dirigé par l’économiste Alain Quinet pour France Stratégie, ce document de référence fixe une valeur de long terme au carbone afin d’aider l’État, les entreprises et les citoyens à orienter leurs choix vers des solutions compatibles avec la lutte contre le changement climatique.
Cette valeur donne donc une trajectoire de long terme, une référence scientifique sur laquelle s’appuyer pour fixer par exemple le niveau d’une taxe carbone compatible avec des objectifs de neutralité carbone. En France, la taxe carbone actuellement en vigueur n’a pas évolué depuis le mouvement des gilets jaunes (2018-2019), elle est donc inférieure à la trajectoire identifiée par le rapport Quinet.
Que se passerait-il en particulier si les recettes d’une telle taxe étaient reversées à la population sous forme de subvention à l’adoption du véhicule électrique ?
Dans ce contexte, une politique climatique ambitieuse peut réduire l’effet marginal du télétravail sur les émissions. Mais le télétravail peut aussi améliorer l’acceptabilité sociale de ces politiques, en réduisant la part du revenu consacrée aux coûts de transport, en particulier pour les travailleurs les plus éloignés des centres d’emploi.
Le télétravail peut donc contribuer à la décarbonation des mobilités, mais seulement sous certaines conditions : intensité suffisante, articulation avec les politiques de mobilité et prise en compte des effets rebond.
La question n’est donc pas de savoir si le télétravail est bon ou mauvais pour le climat, mais comment l’intégrer intelligemment dans une stratégie plus large de transformation des mobilités et de l’organisation du travail.
Bérangère Legendre a reçu des financements de la chaire de l'économie environnementale (CLEE).
Sarah Le Duigou ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d'une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n'a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
04.03.2026 à 16:23
Amélie Beaudet, Paléoanthropologue (CNRS), Université de Poitiers
Dominic Stratford, Professor of Archaeology, University of the Witwatersrand
What did the face of our ancestors look like 3 million years ago? Meet the reconstructed face of “Little Foot” – the most complete biological Australopithecus specimen that ever existed.
What did the face of one of our ancestors look like more than 3 million years ago? Our international team has answered this question by virtually reconstructing the facial fragments of Little Foot, the most complete Australopithecus skeleton yet discovered. This reconstruction sheds light on the influence of the environment on how our face evolved. Our findings have just been published in the Comptes Rendus Palevol journal, and the new 3D face of Little Foot can be explored online on the MorphoSource platform.
The search for human origins has never been more fruitful, with fossil discoveries pushing back the appearance of the earliest humans (members of the genus Homo) to 2.8 million years ago, and the development of cutting-edge methods for analysing these remains such as recovering genetic information from fossils over 2 million years old.
Yet, while our knowledge of extinct human species grows with each discovery, the story of our ancestors before the first humans appeared remains blurry. It is during this pivotal period that the traits defining our humanity emerged, enabling our genus’ evolutionary success.
Although the identity of our direct pre-Homo ancestor is far from resolved, one fossil group plays a central role in this search: Australopithecus. This genus, to which the famous “Lucy” belongs (discovered 50 years ago in Ethiopia), inhabited much of Africa and survived for over 2 million years. Australopithecus is known from many fossil remains, but often these are highly fragmentary, isolated, and have sometimes been distorted over the millions of years they have been buried. Notably, only a handful of skulls preserve nearly the entire face, a part of our anatomy that has profoundly shaped who we are today.
Through digestive, visual, respiratory, olfactory and non-verbal communication systems, the face is at the heart of interactions between individuals and their physical and social environments.
Significant changes occurred in the facial region throughout human evolution, with most structures generally becoming less robust. However, the factors driving these changes remain unclear. Were they caused by shifts in diet, social behaviour, or both? Only the discovery of more complete skulls can clarify this debate, and this is why the skull of Little Foot is crucial.
South Africa has been and remains a crucial region for researching into human origins. A century ago, the iconic “Taung Child” was published in Nature as a representative of a new African branch of humanity, Australopithecus. While scientific attention had previously focused on Eurasia, this discovery inspired decades of exploration and major finds across Africa. In particular, South Africa saw a proliferation of palaeontological sites in a region now UNESCO-listed and known as the “Cradle of Humankind.” Among these, Sterkfontein has proven exceptionally rich in fossils, many attributed to the hominin genus Australopithecus, and including numerous remarkably preserved specimens. But it was in 1994 and 1997 that Sterkfontein yielded its most spectacular find: the skeleton of Little Foot, over 90% complete, and the oldest human ancestor found in Southern Africa. To date, it is the most complete Australopithecus skeleton ever discovered, far surpassing Lucy, of which only 40% of the anatomy is preserved.
Our team has been studying this skeleton since its complete excavation concluded in 2017. The skull, in particular, has been the focus of our attention, as it is relatively complete, preserving all parts of the head – the cranium and mandible. However, 3.7 million years of burial underground have fragmented and displaced parts of its fossilised face. This process is especially visible in the forehead and eye sockets (orbits), making it impossible to quantitatively analyse these informative areas. Given the exceptional and unique nature of this fossil, we decided to harness the most recent technological advances in imaging to restore the face of Little Foot.
Creating a digital copy of Little Foot was essential to allow the virtual isolation and repositioning of the fragments without damaging the original skull. However, conventional X-ray scanning technologies have limitations. Through burial and fossilisation process, cavities were created in Little Foot’s skull as soft tissues disappeared and filled with sediment. As a result, X-rays struggle to penetrate this extremely dense sedimentary matrix, limiting image contrast and quality. After several unsuccessful attempts, we turned to a more powerful alternative: synchrotron radiation scanning. A synchrotron is a high-energy particle accelerator used to produce ultra-high-resolution images (at micron or even sub-micron scale).
With this in mind, we took Little Foot’s skull to England for scanning at the I12 beamline of the Diamond Light Source synchrotron. In the summer of 2019, Little Foot made its first journey outside Africa, carefully escorted across the world and housed in a secure vault during its stay in the UK.
Several days were required to scan the entire skull at a resolution of 21 microns. The exceptional images generated revealed intimate details of Little Foot’s anatomy, and also provided the necessary data for facial reconstruction. However, the high quality of the data came at a computational cost: over 9,000 images were generated, representing terabytes of information to process. To virtually isolate the fragments, these images were processed using the supercomputer at the University of Cambridge (England). Once rendered in 3D, the fragments were repositioned according to their anatomical location, and missing parts were recreated to finally restore the complete face of Little Foot.
The size and shape of Little Foot’s orbits, previously obscured by displaced fragments, are among the most striking features of our reconstruction. In primates, the orbital region is heavily influenced by functional (visual) and behavioural (ecological) adaptations. Little Foot’s proportionally large orbits compared to other hominins suggest a strong reliance on sensory information, likely for foraging. This hypothesis is supported by a previous study showing that its visual cortex was more developed than that of modern humans.
The second major result of this study has implications for our understanding of the relationships between Australopithecus groups living in Africa between 4 and 2 million years ago. Although the comparative sample is limited, it includes specimens from both East and South Africa. Surprisingly, Little Foot, from a South African site, shows strong similarities with East African specimens. These similarities may indicate that Little Foot shared close ancestors with East African populations, while its probable descendants in South Africa later developed distinct anatomy through local evolution.
While the face provides valuable insights into our ancestors’ adaptations to their environment, the rest of Little Foot’s skull will offer further key elements for understanding our evolutionary history. Notably, the braincase, affected by “plastic” deformation, will require similar work to reconstruct and explore the neurological features of this fossil group.
This research was supported by the Agence Nationale de la Recherche, the Centre National de la Recherche Scientifique, the Claude Leon Foundation, the DST-NRF Center of Excellence in Palaeosciences, the French Institute of South Africa, Diamond Light Source, and the ISIS facility of the Science and Technology Facilities Council (STFC).
Dominic Stratford est membre de organisation: Department of Anatomical Sciences, Renaissance School of Medicine, Stony Brook University, Stony Brook, NY, 11794, USA Funding: Already stated by Dr Beaudet