TéléGrenoble (TG+) a été placée en redressement judiciaire lundi 18 mai 2026 par le tribunal de commerce de Grenoble. à suivre...
Publié le 30.09.2026 à 19:11
Thibault Leduc
Après avoir annoncé à plusieurs reprises sa fermeture définitive ces dernières années, la station de l’Alpe du Grand Serre a signé, ce mercredi 30 septembre, une délégation de service public avec SATA Group pour les 30 prochaines années.
C’est un moment que le maire de La Morte, Raymond Maslo, a qualifié « d’historique ». C’est en tout cas une nouvelle page qui s’ouvre pour la station iséroise, créée il y a près de 90 ans et dont le modèle économique n’était plus viable, selon la communauté de communes de la Matheysine qui en avait la gestion.
Il faut dire qu’avec le réchauffement climatique, un front de neige situé à moins de 1 400 mètres d’altitude ne garantit plus un fonctionnement tout au long de l’hiver. Pour permettre au domaine skiable de poursuivre son activité, le projet d’une télécabine capable de transporter les skieurs plus haut en altitude sur le vallon des Bergeries avait été évoqué. Mais face au montant de l’investissement annoncé (entre 17 et 20 M€), certaines collectivités sollicitées n’avaient pas donné suite.

Après avoir repris en direct la gestion de la station l’an dernier pour éviter sa fermeture définitive, la commune de La Morte a cherché une structure capable d’exploiter durablement le domaine skiable. Un accord a finalement été trouvé avec SATA Group, un poids lourds du secteur qui gère déjà les stations de l’Alpe d’Huez, des Deux Alpes et de La Grave.
Le contrat, signé ce mercredi 30 septembre, lie les deux parties pour 30 ans. Fabrice Boutet, le PDG de SATA Group, a expliqué que son entreprise n’était pas là pour faire des bénéfices mais « pour développer un territoire de montagne : l’objectif, c’est que tous ensemble, on réfléchisse à demain pour faire en sorte que les gens aient envie de venir vivre en montagne, quelle que soit leur profession ».

Sans nier la difficulté de trouver un modèle économique viable, Fabrice Boutet s’est montré optimiste : « C’est un dossier sur lequel chaque ligne a été étudiée pour trouver une solution en face. L’addition de ces solutions fait qu’on peut signer en toute confiance. »
SATA Group s’est engagée à investir 9 M€. Avec l’aide des collectivités comme la Région ou le Département, l’enveloppe est suffisante pour relancer le projet d’une télécabine permettant d’acheminer les skieurs en altitude. Une remontée mécanique qui pourrait fonctionner été comme hiver et même la nuit pour d’autres usages.
En attendant que cette nouvelle infrastructure voit le jour d’ici deux ou trois ans, l’Alpe du Grand Serre ouvrira son domaine skiable, dans sa configuration habituelle, le samedi 19 décembre. Si la neige ne manque pas à l’appel…

Publié le 30.09.2026 à 17:36
La rédaction TG+
Juliette Willmann, l’une des meilleures freerideuses de la planète, est décédée dans une avalanche en Patagonie. La skieuse de 29 ans évoluait avec son mari, retrouvé vivant.
Le monde français de la montagne est en deuil. Juliette Willmann, l’une des figures du ski freeride de ces dernières années, est décédée mardi 29 septembre à l’âge de 29 ans, emportée par une avalanche dans le secteur du Cerro Crestón en Argentine
La skieuse française effectuait une sortie en ski de randonnée avec son mari, Pierre-Idris Mehdi, guide de haute montagne, lorsque l’avalanche s’est déclenchée. Selon les informations communiquées en Argentine, les secours ont retrouvé Juliette Willmann sans vie. Pierre-Idris Mehdi a, lui, été retrouvé vivant et pris en charge par les secours.
Née à Marseille et élevée à Barcelonnette, dans la vallée de l’Ubaye, Juliette Willmann avait grandi dans une famille entièrement tournée vers le ski. Son père était entraîneur, sa mère monitrice et sa sœur avait elle-même évolué en équipe de France de ski alpin. Juliette avait chaussé les skis dès l’âge de 2 ans avant de suivre pendant plus de dix ans la filière classique de la compétition alpine.
Elle avait ensuite choisi une autre voie : celle du freeride, où les skieurs tracent leur propre ligne en terrain non préparé. Installée à Chamonix à partir de 2016, elle s’était progressivement imposée parmi les meilleures Françaises de la discipline (4ᵉ mondiale en 2021).

À partir de 2022, Juliette Willmann avait décidé de tourner la page de la compétition. Une décision qui ne signifiait pas s’éloigner du ski, bien au contraire. Elle souhaitait retrouver davantage de liberté et explorer une montagne plus sauvage, en se formant notamment au ski de haute montagne et à la pente raide.
Cette transition avait donné naissance au film « Rise », présenté notamment lors des Rencontres Ciné Montagne à Grenoble en 2023. Le documentaire racontait son apprentissage d’un nouvel univers, des podiums du freeride aux grandes faces alpines et notamment à l’aiguille Verte, dans le massif du Mont-Blanc. Un univers dont elle connaissait les dangers comme l’atteste cet extrait tiré du film.
..................................................Publié le 30.09.2026 à 15:01
La rédaction TG+
Un piéton a été grièvement blessé mardi soir à Grenoble après avoir été percuté par une voiture boulevard Foch. Il traversait sur un passage piéton. Le conducteur a été interpellé.
Un nouvel accident grave impliquant un piéton s’est produit dans l’agglomération grenobloise. Mardi 29 septembre, peu avant 18 h 30, un homme de 70 ans a été percuté par une voiture sur le boulevard Maréchal-Foch, à Grenoble, à proximité de l’intersection avec la rue du Général-Ferrié.
Selon les premiers éléments fournis par la police, la victime était en train de traverser la chaussée sur un passage piéton lorsqu’elle a été fauchée par le véhicule.
À l’arrivée des secours, le piéton se trouvait en arrêt cardio-respiratoire. Les sapeurs-pompiers et le Samu ont immédiatement engagé des manœuvres de réanimation qui ont permis de faire repartir son cœur.
L’homme a ensuite été transporté en urgence absolue au CHU de Grenoble, où il a été admis au service de déchocage avec un pronostic vital engagé.
Le conducteur de la voiture, un jeune homme d’une vingtaine d’années, a été interpellé. Une enquête doit désormais permettre de déterminer précisément les circonstances de l’accident.
Ce nouvel accident intervient un peu plus de trois semaines après celui survenu le 7 septembre à Jarrie. Ce soir-là, vers 19 heures, une jeune femme de 22 ans qui faisait son jogging avait elle aussi été percutée par une voiture alors qu’elle traversait sur un passage piéton.
Le conducteur avait quitté les lieux après l’accident sans se signaler auprès des gendarmes. Une enquête pour délit de fuite avait été ouverte et une Renault Clio 3 blanche était recherchée. La jeune femme s’en était sortie miraculeusement sans blessure trop grave.
Contrairement à l’accident de Grenoble, où le conducteur a été interpellé, le chauffard impliqué dans l’accident de Jarrie n’a, à notre connaissance, toujours pas été retrouvé par les gendarmes de la brigade de Vizille chargés de l’enquête.
..................................................Publié le 30.09.2026 à 13:28
La rédaction TG+
La journée nationale d’action a rassemblé plusieurs milliers de manifestants à Grenoble ce mardi. Si le cortège syndical s’est déroulé sans incident, des violences ont éclaté aux abords de plusieurs lycées.
La journée de mobilisation a connu deux visages en Isère. D’un côté, des manifestations syndicales qui se sont déroulées dans le calme. De l’autre, des tensions parfois importantes aux abords de plusieurs établissements scolaires, avec des affrontements entre certains participants aux blocages et les forces de l’ordre.
Selon le bilan communiqué par la préfecture de l’Isère, environ 3 000 personnes ont participé à la manifestation organisée par l’intersyndicale à Grenoble et environ 15% des enseignants étaient en grève. Deux autres rassemblements se sont tenus dans le département, avec 500 participants recensés à Bourgoin-Jallieu et une grosse centaine à Vienne. Aucun incident n’a été signalé lors de ces trois manifestations.

La situation a en revanche été beaucoup plus tendue devant plusieurs établissements scolaires. Dès 7 heures, une dizaine de lycées, principalement situés dans l’agglomération grenobloise, ont fait l’objet de tentatives de blocage ou de blocages.
D’après la préfecture, des violences ont été constatées aux abords de plusieurs établissements : tirs de mortiers, jets de projectiles en direction des forces de l’ordre, incendies de poubelles et dégradations de mobilier urbain. Les services de l’État font également état de l’utilisation de cocktails Molotov.
Le bilan humain fait état de six policiers nationaux et trois gendarmes blessés au cours de la journée. Un agent de l’Éducation nationale a également été blessé, portant à dix le nombre de membres des forces de l’ordre et personnels de l’État touchés. Police et gendarmerie avaient été renforcées par des unités de forces mobiles pour faire face aux différents points de tension.


La préfecture souligne également le rôle des proviseurs, personnels administratifs, enseignants et équipes mobiles de l’Éducation nationale dans le dialogue avec les jeunes mobilisés. Selon elle, leur intervention a permis d’assurer la continuité des cours dans la majorité des établissements concernés.
Au total, 17 personnes ont été interpellées, principalement pour des faits présumés de violences envers des représentants de l’autorité publique et de dégradations. Dans son communiqué, la préfète de l’Isère condamne « sans réserve » les violences commises et apporte son soutien aux policiers, gendarmes et personnels blessés.
..................................................Publié le 30.09.2026 à 11:24
Thibault Leduc
Trente rameurs sur une seule embarcation : l’Aviron Sud Grésivaudan a relevé un défi spectaculaire samedi 26 septembre sur l’Isère. Ce bateau géant a été assemblé spécialement pour l’occasion.
L’Aviron Sud Grésivaudan a conclu son traditionnel Défi Aviron par une expérience pour le moins inhabituelle : faire naviguer simultanément 32 personnes sur une embarcation spécialement assemblée pour l’occasion (30 rameurs, un barreur et une vigie).
17 équipes de huit rameurs, issues notamment d’entreprises et de collectivités du territoire, s’étaient auparavant affrontées de façon classique lors des différentes courses organisées par le club.

Pour terminer la journée, le club a changé d’échelle. Quinze éléments du nouveau Rowin’Joy, pouvant chacun accueillir deux rameurs, ont été assemblés pour constituer une embarcation géante de 52 mètres.
L’objectif était notamment de dépasser le format du Stämpfli Express 24, bateau de grande capacité pouvant accueillir 24 rameurs : « Chaque année, nous cherchons à apporter un “p’tit truc en plus” à notre Défi Aviron », explique Alain Menant, vice-président de l’Aviron Sud Grésivaudan, en référence au film d’Artus tourné en partie au club.
Cette année, c’est la modularité du Rowin’Joy qui a inspiré ce défi. « C’est aussi une belle façon de mettre en lumière l’aviron et de rassembler les acteurs du territoire autour d’une même dynamique : tous ramer dans la même direction pour faire avancer le bateau ! », souligne Alain Menant.

Derrière le caractère spectaculaire de l’opération, le club souhaitait également faire découvrir le Rowin’Joy, nouveau bateau de la Fédération Française d’Aviron, conçu avec la participation de l’Aviron Sud Grésivaudan.
Stable, léger et maniable, il a été pensé pour faciliter l’apprentissage de la discipline. Son système modulaire permet de faire varier le nombre de places et d’adapter la configuration du bateau aux différents usages.
Pour Christophe Pialat, directeur du pôle développement et innovation de la Fédération Française d’Aviron, l’expérience a permis de présenter le bateau « dans une configuration aussi spectaculaire qu’inédite », tout en illustrant l’objectif du projet : rendre l’aviron « plus accessible, plus collectif et toujours plus convivial ».

Publié le 29.09.2026 à 19:00
Thibault Leduc
Alors que trois communes du Grésivaudan doivent être ravitaillées en eau par camions-citernes, trois parlementaires isérois demandent à l’État de contrôler le plan de sobriété hydrique de STMicroelectronics à Crolles.
La sécheresse persistante remet la consommation d’eau de STMicroelectronics au centre du débat en Isère. Cyrielle Chatelain et Jérémie Iordanoff, députés écologistes de l’Isère, ainsi que Guillaume Gontard, sénateur écologiste du département, ont saisi la préfète de l’Isère et la Dreal pour demander un contrôle du plan de sobriété hydrique du site industriel de Crolles.
Le chiffre interpelle : le site de Crolles utilise actuellement de l’ordre de 1 000 m³ d’eau par heure, selon les données reprises par les parlementaires. Une consommation importante liée notamment aux procédés de fabrication des semi-conducteurs, qui nécessitent de grandes quantités d’eau ultrapure.
La question prend une dimension particulière après cet été très sec durant lequel trois communes du Grésivaudan — Crêts-en-Belledonne, Sainte-Marie-du-Mont et Saint-Maximin — ont dû être ponctuellement ravitaillées en eau potable par camions-citernes. À Sainte-Marie-du-Mont sur les contreforts de la Chartreuse, 60 m³ sont ainsi acheminés chaque semaine, soit environ les trois quarts de la consommation du village.
Pour les trois parlementaires, ce contraste pose directement la question du partage de la ressource : « Il est indispensable que les efforts de sobriété soient réels, mesurables et équitablement répartis entre les différents usagers », écrivent-ils à la préfète.
STMicroelectronics dispose en effet d’un plan de sobriété hydrique (PSH). Ce dispositif permet, sous certaines conditions, à une installation industrielle de ne pas appliquer automatiquement les mêmes taux de réduction de consommation que ceux prévus par les arrêtés sécheresse. C’est précisément ce document que les élus veulent voir contrôlé.
Selon eux, son contenu n’est actuellement « ni public, ni consultable par les associations ». Ils affirment également que les services de l’État « ne semblent pas avoir connaissance du contenu » du plan. La réglementation impose en revanche à l’entreprise de le tenir à disposition de l’administration en cas de contrôle.
Les trois parlementaires demandent donc à la préfecture de vérifier plusieurs données : les volumes d’eau prélevés et leur évolution, les volumes réellement consommés et restitués au milieu naturel, les économies réalisées par plaquette de silicium, le taux de recyclage de l’eau ou encore les investissements prévus pour réduire les prélèvements.

De son côté, STMicroelectronics assure avoir engagé depuis plusieurs années des investissements importants pour réduire ses besoins. Le groupe a notamment lancé à Crolles une ligne pilote permettant de récupérer une partie des eaux issues de sa station de traitement afin de produire à nouveau de l’eau adoucie et de l’eau ultrapure. Le dispositif avait permis de recycler plus de 130 000 m³ en 2024.
ST indique également viser, à terme, un taux de recyclage supérieur à 60 % sur le site de Crolles. Dans le dossier soumis à enquête publique pour son développement, l’entreprise affichait aussi l’objectif de limiter sa dépendance à l’eau potable et de diversifier ses sources d’approvisionnement en utilisant davantage d’eaux industrielles.
Le débat porte donc moins sur le fait que STMicroelectronics agit pour réduire son empreinte hydrique — plusieurs investissements sont documentés — que sur la possibilité de mesurer précisément les résultats obtenus et de connaître les efforts demandés à l’industriel en période de sécheresse.
Une distinction est notamment essentielle entre l’eau prélevée ou fournie au site, l’eau effectivement consommée, celle recyclée au sein de l’usine et celle qui est traitée puis restituée au milieu naturel.
ST indiquait déjà recycler une part importante de son eau et poursuit ses investissements. Mais les données publiques disponibles ne permettent pas toujours de reconstituer simplement, pour le seul site de Crolles, l’ensemble de ces flux et leur évolution récente.

C’est précisément cette transparence que réclament aujourd’hui les trois élus. « Il ne serait pas acceptable que les particuliers, les agriculteurs, les collectivités et les petites entreprises soient appelés à réduire leurs usages de l’eau tandis qu’un industriel aussi important que STMicroelectronics ne prendrait pas sa part dans les efforts à faire », écrivent-ils.
La balle est désormais dans le camp de la préfecture. Les parlementaires lui demandent d’indiquer si elle entend consulter et contrôler le plan de sobriété hydrique de STMicroelectronics et vérifier concrètement les économies d’eau réalisées sur le site de Crolles.
..................................................Publié le 29.09.2026 à 17:17
La rédaction TG+
Le conseil municipal a été suspendu puis reporté ce mardi 29 septembre suite à de violents accrochages entre la police municipale et des représentants de La France Insoumise. Au cœur des tensions : une contestation liée au jumelage de la commune avec la ville israélienne de Rehovot.
L’incident est survenu dès l’ouverture de la session vers 10 heures 30. Les membres du groupe LFI, emmenés par Allan Brunon, se sont vu refuser l’accès à l’enceinte municipale alors qu’ils arboraient des visuels revendicatifs collés sur leurs équipements informatiques. Le règlement intérieur interdisant ces affichages, la sécurité est intervenue, déclenchant des bousculades dans les accès à la salle.
Les représentants insoumis entendaient protester contre le rejet d’une délibération réclamant la fin du jumelage avec Rehovot. Face à la dégradation de la situation, la séance a immédiatement été arrêtée.
L’exécutif municipal fait état de débordements physiques à l’encontre du personnel de sécurité. Trois policiers ont dû être examinés à l’hôpital et cinq plaintes ont été enregistrées pour dénoncer ces agissements. La maire écologiste Laurence Ruffin a vivement réagi pour condamner ces agissements : « Il est très choquant d’assister à des violences dans l’enceinte de l’hôtel de ville, des violences de la part d’élus qui les amènent, et je veux assurer de tout mon soutien ces agents, mais aussi, plus largement, au service public. »
De leur côté, les représentants LFI contestent toute provocation et affirment n’avoir fait qu’exercer leur rôle démocratique. Allan Brunon soutient que son groupe ne cherchait pas à manifester et reproche à l’édile d’employer « des outils de répression contre des élus », une élue insoumise faisant valoir des contusions après le face-à-face. Une enquête a été ouverte par le parquet pour faire la lumière sur la séquence.
Du côté des rangs de la droite et du centre, le groupe « Réconcilier Grenoble » pointe directement la responsabilité de la municipalité dans cet engrenage. Son chef de file, Clément Chappet, estime qu’un seuil inacceptable a été franchi et impute la dérive au climat politique actuel : « Ce n’est plus seulement une question de compétence de la part de madame Ruffin, c’est une question de faillite morale. Donc, on appelle à la démission de Laurence Ruffin. »
Le conseil municipal du jour a donc été reporté à une date ultérieure.
Publié le 29.09.2026 à 11:45
La rédaction TG+
À Vinay, au pied du Vercors, Ratio transforme des chutes de textiles en sacs conçus pour durer. Fabrication locale, découpe laser et réparation à vie : la marque iséroise conjugue technicité et économie circulaire.
Les marqueurs forts de la marque ont été récompensés dans le cadre de « Succès d’artisans en Isère », initiative portée par Isère Attractivité, le Département de l’Isère et la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Isère, pour valoriser les savoir-faire locaux.
À l’origine, les sacs Ratio étaient principalement destinés aux cyclistes urbains. Des équipements solides, pratiques et adaptés aux déplacements quotidiens. Aujourd’hui, l’entreprise fondée par Thibaut Claisse élargit son terrain de jeu.
Sacoches de guidon ou de selle, sacs bandoulière, accessoires et sacs à dos : la marque se tourne davantage vers les activités de plein air. Avec notamment des équipements polyvalents et modulables, auxquels chacun peut ajouter des accessoires selon ses besoins. « L’idée, c’est de ne produire que ce dont on a besoin et de ne consommer que ce qui est nécessaire », résume le fondateur, Thibault Claisse.

Chez Ratio, la fabrication est entièrement réalisée en France, dans un atelier implanté à Vinay, au pied du Vercors. C’est ici que l’équipe, composée de quatre personnes, imagine les modèles, réalise les prototypes, découpe les matières, assemble les différentes pièces et assure les finitions.
Ce choix d’intégrer l’ensemble de la production permet de faire dialoguer directement la conception et la fabrication. Les produits peuvent ainsi être améliorés rapidement, tout en adaptant les volumes aux besoins réels pour éviter la surproduction.
L’atelier dispose aussi d’un parc de machines spécialement adapté à la bagagerie textile. Parmi ces équipements figure notamment une machine de découpe laser, utilisée pour optimiser le placement des pièces et réduire au maximum les chutes de matière. « Nous souhaitons conjuguer écoconception et performance, en démontrant qu’une démarche écoresponsable peut aussi répondre à un véritable besoin technique », poursuit Thibault Claisse.
L’originalité de Ratio se trouve aussi dans le choix de ses matières premières. L’entreprise utilise principalement des stocks invendus ou déclassés, ainsi que des chutes de production provenant de la filière textile régionale. Ces matériaux, initialement destinés à être détruits ou recyclés, sont encore neufs et conservent donc toutes leurs qualités techniques. C’est le principe du surcyclage, également appelé upcycling.
L’implantation de l’entreprise constitue ici un véritable atout. L’Auvergne-Rhône-Alpes étant le premier bassin industriel textile de France, notamment dans le domaine des textiles techniques utilisés pour la défense, l’outdoor ou le luxe. La proximité de ces industriels permet à Ratio de bénéficier de matériaux particulièrement résistants, parfois supérieurs aux standards habituels du marché.
La toile utilisée pour le sac à dos Big Mess provenait ainsi d’un stock initialement destiné à la fabrication de sacs d’intervention du GIGN, précise l’entreprise sur son site.

Depuis sa création, Ratio affirme avoir donné une nouvelle vie à 25 tonnes de matières. L’entreprise souhaite désormais développer davantage ses partenariats avec les industriels de la filière textile afin de valoriser de nouveaux stocks inutilisés.
Ratio privilégie également les fournisseurs français pour ses autres composants et assure la traçabilité des matières employées. L’objectif est de structurer progressivement une filière locale plus vertueuse et pérenne, fondée sur la coopération entre industriels, artisans et acteurs du réemploi.
La démarche ne s’arrête pas une fois le produit vendu. Tous les sacs et accessoires Ratio bénéficient d’une garantie de réparation à vie ! Couture fragilisée, boucle cassée, fermeture endommagée ou partie usée : l’équipement peut être renvoyé ou directement déposé dans l’atelier isérois. L’équipe remplace alors la pièce défectueuse ou renforce la zone abîmée lorsque cela est possible.
La marque propose même un « sac de courtoisie » aux clients qui viennent déposer leur équipement à Vinay, afin qu’ils puissent continuer à s’équiper pendant la réparation.

L’ambition de Ratio dépasse la seule fabrication de bagagerie. L’entreprise revendique une démarche inscrite dans l’économie sociale et solidaire, associant impact environnemental et utilité sociale.
La formation des salariés est réalisée en interne afin de préserver et de transmettre les savoir-faire de la confection textile. La marque souhaite également participer à la formation de personnes éloignées de l’emploi et mutualiser certaines ressources avec d’autres acteurs du réemploi.
En 2024, son engagement territorial, social et environnemental lui a valu d’être labellisée Initiative Remarquable par le réseau Initiative France.
Cet engagement pour l’économie sociale et solidaire et cet investissement pour l’innovation technique au profit d’une consommation plus responsable ont également été distingués au sein du dispositif « Succès d’Artisans » 2026, porté par Isère Attractivité, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Isère et le Département de l’Isère. Ratio a été récompensée dans la catégorie « Engagement responsable – Transition écologique et énergétique ».
Découvrez le reportage vidéo de Ratio réalisé dans le cadre des « Succès d’Artisans en Isère »
Publié le 29.09.2026 à 07:30
Thibault Leduc
Avec des températures largement supérieures aux normales, l’été 2026 a durement éprouvé notre département À l’échelle nationale, les canicules ont provoqué plus de 8 000 décès supplémentaires. Quel pourrait être le bilan autour de Grenoble ?
On savait l’été exceptionnel. On mesure désormais davantage ses conséquences sanitaires. Selon les premières estimations de Santé publique France, 8 124 décès supplémentaires ont été enregistrés en France pendant les différents épisodes caniculaires de l’été 2026. Un bilan qui en fait l’été le plus meurtrier depuis la canicule historique de 2003.
Lors d’une intervention à l’Assemblée nationale fin juin, la députée écologiste iséroise Cyrielle Chatelain avait avancé un chiffre de 10 000 décès. Elle s’était alors attirée les foudres du Premier Ministre lui reprochant une estimation surévaluée. Finalement, elle n’était pas si loin des chiffres officiels publiés deux mois plus tard.
Les données du programme européen Copernicus confirment le caractère exceptionnel de l’été. À l’échelle de l’Europe occidentale, l’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré avec une température moyenne supérieure de 2,5 °C à la normale 1991-2020. Sur une grande partie de la France, les températures estivales moyennes ont atteint des niveaux records.
Dans la cuvette grenobloise, les fortes chaleurs ont été particulièrement persistantes avec 31 journées répondant localement aux critères de canicule et 44 journées dépassant 35 °C. Juillet et août y ont été les deux mois les plus chauds jamais relevés. Une situation aggravée en ville par le phénomène d’îlot de chaleur urbain.
Santé publique France n’a pas, à ce stade, publié de bilan permettant d’attribuer précisément un nombre de décès à la canicule dans l’agglomération grenobloise. Il est toutefois possible de donner un ordre de grandeur purement statistique. Au prorata du bilan national, plus de 50 personnes auraient succombé à cette vague de chaleur. Une par jour !
La mortalité liée à la chaleur dépend notamment de l’âge de la population, de son état de santé, de la durée d’exposition aux fortes températures, de la qualité des logements ou encore de l’intensité des températures nocturnes. Mais Grenoble étant l’une des villes françaises les plus touchées par la canicule, les décès engendrés sont surement supérieur à la moyenne nationale.

Ces données nationales montrent très clairement qui paie le plus lourd tribut. Plus de 90 % des décès attribués à la chaleur concernent des personnes de 75 ans et plus. Mais l’épisode exceptionnel de juin a montré que le risque ne concernait pas uniquement les personnes âgées. Santé publique France a constaté un excès de mortalité dans toutes les classes d’âge à partir de 15 ans
En Auvergne-Rhône-Alpes, les services d’urgence avaient également enregistré des niveaux exceptionnels de pathologies liées à la chaleur : près de 1 100 passages aux urgences entre le 18 et le 28 juin, dont plus de la moitié avaient débouché sur une hospitalisation. Reste à espérer que ces chiffres records ne soient pas battus dès l’été prochain.
..................................................Publié le 28.09.2026 à 19:00
La rédaction TG+
Plusieurs lycées de l’agglomération grenobloise étaient concernés ce lundi par un appel au blocage. À Mounier, la matinée a été marquée par l’intervention des forces de l’ordre et des tensions avec des jeunes.
Le mot d’ordre circulait depuis plusieurs jours sur les réseaux lycéens isérois, dans le sillage d’un mouvement lancé la semaine dernière en Île-de-France. Plusieurs établissements de l’agglomération grenobloise étaient concernés ce lundi par un appel au blocage.
Les revendications portent principalement sur les conditions d’études : classes jugées surchargées, emplois du temps difficiles, manque d’enseignants, de surveillants et d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Plus largement, les lycéens mobilisés dénoncent un manque de moyens dans l’Éducation nationale.
La mobilisation n’a toutefois pas pris la même ampleur dans tous les établissements. Au lycée du Grésivaudan à Meylan, par exemple, le blocage annoncé n’a finalement pas eu lieu.
La situation a été plus tendue au lycée Emmanuel-Mounier, à Grenoble. Une tentative de blocage a été organisée dès le matin devant l’établissement. Selon plusieurs témoignages, des mortiers ont été tirés et des projectiles envoyés vers les forces de l’ordre qui sont intervenues pour libérer les accès au lycée.

Une séquence vidéo de l’intervention a notamment été relayée par l’élu grenoblois Allan Brunon. Sur les images, on aperçoit plusieurs forces de l’ordre au milieu d’un groupe de jeunes et une personne être plaquée au sol violemment.
Allan Brunon a vivement dénoncé cette scène sur les réseaux sociaux, la qualifiant de « honteuse ». L’élu grenoblois demande des explications à la préfète de l’Isère sur les circonstances de cette intervention. À ce stade, les images seules ne permettent toutefois pas d’établir précisément ce qui s’est produit dans les instants précédant cette séquence.
D’autres lycées de l’agglomération ont été perturbés au cours de la journée. La mobilisation devrait se poursuivre mardi 29 septembre. L’appel lycéen doit cette fois coïncider avec une journée nationale de mobilisation dans la Fonction publique.
Plusieurs organisations syndicales de fonctionnaires appellent à la grève pour réclamer notamment une augmentation des rémunérations et davantage de moyens pour les services publics. A Grenoble, une manifestation partira à 10 heures de la place Victor-Hugo pour aller jusqu’à la Préfecture.
L’intervention musclée de la police diffusée sur les réseaux sociaux