Publié le 27.03.2026 à 20:20

« Je souhaite que soit consigné au procès-verbal que des élus insoumis ont été violemment repoussés par un membre de l’équipe de M. Chappet. » À peine la séance ouverte, l’élu La France insoumise Allan Brunon donne le ton du conseil municipal d’installation de Grenoble,...
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Publié le 27.03.2026 à 20:49

Gims a-t-il joué un rôle dans une vaste affaire de blanchiment ? Le célèbre rappeur a été arrêté mercredi à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Sa garde à vue a été prolongée jeudi et s'est terminée ce vendredi. Il a été présenté à un juge et mis en examen dans la soirée, notamment pour blanchiment aggravé. La mégastar a été remise en liberté à l'issue de celle-ci et placée sous contrôle judiciaire, avec « l'obligation de verser un cautionnement » dont le montant n'a pas été précisé.
Gandhi Djuna, de son vrai nom, est un chanteur ultra-populaire, qui cumule plus de 18 millions d'auditeurs mensuels sur Spotify. Sacré meilleur artiste masculin aux 40e victoires de la musique en 2025, il a été interpellé par les douanes judiciaires, à sa descente d'avion.
Selon Le Parisien, sa garde à vue s'est déroulée à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) dans les locaux de l’Onaf (Office national anti-fraude). Il a été entendu par la police dans le cadre d'une enquête, menée par des juges d'instruction, sur un réseau présumé de blanchiment en bande organisée. C'est le parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) – créé en début d'année pour regrouper à Paris les dossiers de criminalité organisée les plus complexes – qui suit les investigations.
Gims est soupçonné d'être lié à ce réseau de blanchiment, qui, d'après nos confrères, aurait été actif entre 2019 et 2025. Preuve de son ampleur, l'affaire porterait sur un montant de « 319 millions d’euros ». Elle pourrait impliquer « une myriade de sociétés spécialement constituées dans différents pays pour se jouer de la TVA et autres taxes françaises, faciliter l'émission de fausses factures, blanchir des fonds provenant d'activités illégales et en dissimuler l'origine », révèle le site Africa Intelligence.
« Cinq ex-trafiquants de drogue franciliens reconvertis dans la criminalité financière » auraient déjà été « mis en cause » dans ce dossier, selon Africa Intelligence. Le Parisien précise qu'une femme a été arrêtée lors d'une deuxième vague d'arrestations. Elle est présentée par nos confrères comme le « bras droit » de Lahoucine Aourik Soussi, un homme d’affaires suspecté d'être « la tête » du réseau.
Ce franco-marocain est lui-même lié à la société "Horizon Development", derrière la marque "Horizons Morocco", qui regroupe plusieurs projets immobiliers au Maroc. L'un d'entre eux, le Sunset Village Private Residences, est promu depuis des années par Gims. Ce projet, toujours en cours, prévoit la construction de 118 villas de grand luxe sur la route d'Amizmiz, non loin de Marrakech, au Maroc.
Dans une vidéo publiée sur le compte Instagram d'"Horizons Morocco" en octobre 2024, Gims dit s'être « entouré des meilleurs » pour ce projet résidentiel, dont le chiffre d’affaires potentiel est estimé à 100 millions d’euros. « Terrain de 400 à 1200m² » pour une valeur comprise entre « 500 000 à un million d'euros », « première plage privée en lagon d’Afrique de l’Ouest »...
Un article sponsorisé en juin 2024 sur le site Forbes vante l'opération. Gims y assure avoir obtenu l'opération du roi « pour tout ce qu('il) entreprend au Maroc », où il s'est installé depuis de nombreuses années. Ce projet immobilier a-t-il été utilisé pour faire transiter ou dissimuler des fonds, via des montages financiers ? Gims est-il impliqué et si oui, de quelle manière ? C'est ce que les enquêteurs cherchent à savoir.
Se pose toutefois la question de son passeport diplomatique : Jeune Afrique souligne que l'artiste, né à Kinshasa, en République démocratique du Congo, s'est vu délivrer en 2022 un passeport diplomatique en qualité d’ambassadeur de la culture congolaise. À ce titre, deux officiels congolais ont déjà pris attache avec le Quai d’Orsay pour s’enquérir de la situation du chanteur.
Gims pourrait-il échapper à la justice française ? Son passeport diplomatique lui octroie certes des avantages (notamment pour se déplacer), mais cela ne veut pas nécessairement dire qu'il bénéficie d'une immunité diplomatique. Selon Le Parisien, cette dernière peut être conférée soit dans le cadre d'une mission, soit au personnel d'une ambassade. Or, on ne sait pas si c'est le cas de Gims. Interrogé par le quotidien francilien, le Pnaco n'a pas voulu s'exprimer sur le sujet.
Publié le 27.03.2026 à 18:00
« Je considère que j’ai tout essayé. Vraiment tout. » Sa décision est prise depuis « au moins six mois ». Le comédien Arnaud Denis (trois nominations aux Molière) est sur le point de voir sa demande d’euthanasie accordée en Belgique, où il est hospitalisé en soins palliatifs depuis le 18 mars. Malgré la dégradation de son état de santé, le dramaturge et metteur en scène de 42 ans a accepté de se confier dans une longue interview accordée en exclusivité au groupe EBRA, dont fait partie votre journal. Il nous parle de cette démarche personnelle, évoque le débat en cours en France sur la fin de vie (« Je trouve indigne qu’il y ait un tabou en France », commente-t-il), mais surtout pousse un ultime cri d’alerte contre les implants anti-hernie.
Implanté en 2023 à la suite d’une hernie inguinale droite, Arnaud Denis a dû se faire retrier sa prothèse en polypropylène quelques mois plus tard aux États-Unis. Mais le mal était fait. Une encéphalomyélite myalgique sévère (une maladie neurologique et immunitaire) et un syndrome Asia lui ont été diagnostiqués. Ce dernier est un syndrome inflammatoire caractérisé par l’apparition de divers symptômes physiques et/ou neurologiques (fatigue intense, trouble cognitif, douleurs chroniques, etc.) à la suite d’une exposition à un adjuvant. Arnaud Denis a été le premier à tirer la sonnette d’alarme contre ce « scandale sanitaire ». Par l’intermédiaire du collectif de victimes qu’il a fondé, il a recueilli entre « 600 et 700 témoignages ». C’est à elles qu’iront ses dernières pensées.
Vous êtes hospitalisé dans un service de soins palliatifs en Belgique. Est-ce que cela signifie que votre état de santé s’est dégradé ?
« Oui, très gravement. Il continue de se dégrader inexorablement depuis cette opération où je me suis fait implanter une prothèse pour hernie en juillet 2023. Je suis reçu pour une altération très grave de l‘état général, découlant de multiples complications liées à cette chirurgie. Les médecins reconnaissent, à la lecture de mon dossier médical, le lien de causalité avec l’implant. Je souffre d’une encéphalomyélite myalgique sévère (une maladie neurologique et immunitaire) ainsi que d’un syndrome ASIA, c’est-à-dire que mon corps a fait une réaction inflammatoire disproportionnée par un rejet de l’implant. Il y a aussi un doute sur une possible infection nosocomiale de la prothèse, mais qui n’a jamais pu être objectivée car elle n’a pas été analysée après l’explantation, malgré ma demande préalable. »
Quels sont vos symptômes ?
« Aujourd’hui, c’est la même chose qu’il y a un an, mais en pire. C’est-à-dire que je ne peux plus marcher, je ne peux plus me laver tout seul, je ne peux plus digérer correctement. Je stagne autour de 69 kilos pour 1,84 mètre, mais je fais à peine un repas par jour. J’ai développé une instabilité cervico-cranienne. Cela signifie que je n’arrive plus à porter mon cou. Je suis alité quasiment 24 heures sur 24. Mon quotidien consiste à arriver à manger un repas par jour et faire quelques pas dans la chambre. On me donne beaucoup d’antidouleurs à cause de la fonte musculaire. Je prends de la Gabapentine. Pour l’instant, j’essaie de résister, mais je ne suis pas loin de la morphine. »
Est-ce que vous pensez revenir en France ?
« Je ne sais pas si j’en aurai la force. Je n’ai pas très envie de revenir en France parce que le voyage jusqu’ici m’a déjà beaucoup coûté physiquement en termes de douleur. »
Vous êtes en Belgique pour une demande d’euthanasie…
« J’avais obtenu lors d’un premier voyage le feu vert de deux médecins. Je ne peux pas le confirmer officiellement, mais le troisième médecin devrait donner un rapport positif pour cette demande. Donc, a priori, ma demande sera accordée. »
Quelle sera la suite une fois ce feu vert obtenu ?
« Une fois que j’aurai le feu vert officiel, je choisirai une date en fonction de l’évolution de mes souffrances. »
Votre décision est ferme et définitive ?
« Ma décision est prise depuis au moins six mois, quand j’ai commencé à ne plus pouvoir me laver tout seul et à tomber d’indignité en indignité. J’ai gardé espoir pendant un an et demi à peu près, en me battant, en faisant tout ce qu’on me conseillait de faire, de la renutrition, de la reprise de l’effort. À ce jour, je sais au fond de moi que ça n’ira pas mieux, Je considère que j’ai tout essayé. Vraiment tout. »
Est-ce que vous avez peur ?
« J’avais peur de mourir il y a un an. Maintenant, j’ai plus peur de continuer comme ça que de mourir. La peur s’inverse. Plus vous avancez vers la déchéance, moins vous avez peur de la mort. »
Que ressentez-vous ? De la tristesse ? De la colère ? De la déception ?
« J’essaie de faire un travail avec les psychologues en Belgique pour partir le plus en paix possible. Notamment avec mes proches, c’est ça qui m’importe le plus à ce stade. Je suis trop fatigué pour avoir de la colère, mais j’ai encore beaucoup de rancœur contre un déni institutionnel que je lis chez trop de victimes(*). J’ai encore beaucoup de rancœur contre le système médical qui permet que le patient ne soit pas informé des complications liées à l’implant et pas accompagné quand elles surviennent. J’ai également de la rancœur contre le système judiciaire français, de qui je n’attends rien, rien du tout. Je le dirai jusqu‘à mon dernier souffle : il n’y a pas en France de justice pour les victimes de scandales sanitaires, comme l’ont montré le scandale des bandelettes sous-urétrales en polypropylène, les implants Essure ou encore le scandale Dentexia. »
Pourtant vous avez porté plainte contre X en janvier dernier à Paris pour « blessures involontaires »…
« J’ai déposé plainte pour laisser une trace dans les archives juridiques. Je pense que ni les juges, ni les experts médicaux ne vont m’aider, ni aider ma famille après mon décès, à établir un lien de causalité avec cet implant. Je pense que ça va être l’inverse. »
Est-ce que vous savez comment ça va se passer le jour où vous aurez choisi la date de votre fin de vie ?
« Euthanasie, je crois, veut dire belle morte en grec, donc ça n’est pas une mort violente. Ça n’est pas non plus un suicide assisté. C’est le médecin qui donne ce dernier soin de compassion quand il n’y a plus d’espoir thérapeutique. C’est d’abord une première injection. On s’endort comme une anesthésie générale et ensuite il y a une deuxième injection qui est létale. On ne ressent aucune douleur, simplement on s’arrête de respirer petit à petit. Pour moi, cette demande est l’aboutissement du déni et de l’abandon médical de mes complications en France. »
Vous faites confiance au médecin qui va réaliser ce geste ?
« Oui, totale confiance. J’ai été reçu dans cet hôpital en Belgique, avec toute l‘écoute et la bienveillance qui m’a manqué pendant trois ans dans le système de santé français. »
Est-ce que vous regrettez de ne pas avoir pu recourir à cette procédure en France ?
« Oui, je trouve ça inacceptable qu’en France, à cette heure, ce dernier soin ne soit pas accordé dans des cas d’atténuation très grave de l‘état général et de perte de dignité, parce que, déontologiquement, même si on ne sait pas ce qu’il y a après la mort, je vois ici, en soins palliatifs, souffrir des gens. Je trouve indigne qu’il y ait un tabou en France. »
Avant ce drame, vous aviez des projets…
« J’avais plein de projets, plein de spectacles que je voulais monter au théâtre. J‘étais en train de monter une pièce de Jean Anouilh, Pauvre Bitos ou le dîner de tête, je devais monter Le Bourgeois Gentilhomme dans un théâtre parisien. Tous les projets que j’avais, je les ai vus disparaître et être attribués à d’autres sous mon nez. J’ai dû, depuis cette opération faire le deuil successif de tout ce qui constitue la dignité d’une vie d’homme à 42 ans. Mon travail, ma sexualité, ma digestion… »
Depuis 2023, vous alertez sur les effets indésirables provoqués par les implants anti-hernies. À quoi souhaiteriez-vous que votre mobilisation aboutisse ?
« Je souhaite que la méthode de suture [pratiquées avant l’arrivée des implants] revienne en France à la demande des patients qui ne souhaitent pas être implantés. Je voudrais que la notice des implants soit présentée aux patients lors de la première consultation, et pas envoyée par le fabricant après qu’une plainte a été déposée. Je souhaite aussi que les 15 complications liées à ces implants et les maladies qui en découlent soient reconnues par les chirurgiens, et suivies par le corps médical, parce qu’on ne propose rien aux patients en souffrance. Nous demandons aussi que cesse la psychologisation de la douleur des patients. Il n’est plus acceptable d’entendre de la part des chirurgiens "vos douleurs sont dans la tête". C’est la dernière insulte institutionnelle qui pousse au suicide.
Les chirurgiens français doivent aussi se former à l’explantation. On souhaite aussi que les dispositifs médicaux, surtout les prothèses pour hernie, bénéficient de plus d’essais cliniques sur les humains, comme pour les médicaments.
Je tiens aussi à alerter sur la composition de ces prothèses en polypropylène. Certains immunologues et chercheurs font le lien direct entre la dégradation des microplastiques et les cancers colorectaux chez les jeunes. On ne peut pas, d’un côté, dire qu’on n’a plus le droit de boire un cocktail avec une paille en plastique parce que les microplastiques, c’est dangereux pour le corps, et en implanter directement sur le système digestif. On veut savoir d’où vient le polypropylène qui compose ces prothèses ! »
Les implants anti-hernie se présentent comme des filets composés de polymères non résorbables tricotés tels que le polyester ou le polypropylène. Photo © Superbass / CC-BY-SA 4.0 (via Wikimedia Commons)
Par l’intermédiaire du collectif de victimes que vous avez créé, vous avez recueilli des témoignages de patients implantés alors qu’ils étaient mineurs ainsi que de femmes enceintes. En quoi cela vous alerte ?
« Notre collectif a répertorié, à ce jour, six mineurs implantés : trois bébés, dont un qui avait 14 mois lorsqu’il a été implanté il y a dix-sept ans, et une adolescente de 15 ans. Dans la notice des implants, il est marqué qu’il ne faut pas implanter des personnes en croissance parce que le dispositif ne va pas s‘étendre avec la croissance. Il en va de même avec les femmes enceintes. On a recueilli deux cas de naissance prématurée sur le groupe de victimes, parce que la prothèse comprimait le fœtus. Les jeunes femmes qui ont des hernies doivent être prévenues, puisque les chirurgiens ne les préviennent pas. On a aussi des cas de femmes enceintes implantées et qui ont dû avorter. »
Vous dénoncez également des conflits d’intérêts entre certains chirurgiens digestifs et des fabricants…
« Grâce au site Transparence Santé, une plateforme de données publiques accessibles à tous, notre collectif a constaté que parmi les chirurgiens les plus haut placés, des versements réguliers très importants allant jusqu‘à 19 000 euros pour un contrat d’expert avaient été versés par des laboratoires fabricants de prothèses. Les conflits d’intérêts sont dangereux pour les patients parce que ça peut pousser des chirurgiens peu scrupuleux à implanter même quand il n’y a pas d’indication directe : nous avons recueilli plusieurs témoignages de personnes qui ont été implantées alors qu’elles n’avaient pas de hernie. Elles présentaient un lipome graisseux ou une pubalgie ! »
Quelle image souhaiteriez-vous que l’on garde de vous ?
« Je voudrais qu’on garde en mémoire d’abord que j‘étais comédien et metteur en scène, que j’ai voué ma vie et cette passion, et que j’aurais continué de le faire pour mon plus grand bonheur, sans cette mutilation, sans cet empoisonnement. Je voudrais aussi qu’on se souvienne de moi comme lanceur d’alerte, que mon décès ne soit pas vain car il est pire que mourir, ce serait mourir pour rien. Je souhaite que mon décès serve à agir sur les consciences. Je sais que ma parole dérange, mais je représente des centaines de victimes partout en France. Mon but n’est pas de semer la peur mais d’avertir sur les dangers de ces implants. »
À qui ira votre dernière pensée ?
« À ma famille, mes amis et aux gens que j’aime, mais aussi aux victimes françaises de prothèses pour hernie, de tous âges, et à celles qui ignorent encore qu’elles sont victimes. »
Vous croyez en une vie après la mort ?
« Pas en une vie, mais en un ailleurs serein mais pas tel que raconté par la main de l’homme donc pas tel qu’écrit dans la notice (rires). »
* Contactée, la Société française de chirurgie pariétale-Club Hernie (SFCP-CH) a refusé de répondre à nos questions. « Le comité de l’association a voté le fait que la communication se ferait exclusivement via les supports officiels de l’association », nous a-t-on répondu. Leur communiqué de presse est à retrouver en intégralité sur le site https://www.sfchirurgiedigestive.fr/actualites/communique-de-presse-de-la-sfcp-ch-sfcd-et-le-cnpcvd/
**Il est possible sur le site internet du collectif de victimes protheseshernies.fr de consulter les notices médicales de certains implants.
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