Publié le 16.02.2026 à 14:05

Quentin D., étudiant de 23 ans, a perdu la vie après avoir été victime d’une violente agression après une rixe entre militants identitaires et antifascistes, jeudi 12 février, en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan (La France Insoumise) à Sciences Po, à Lyon. Depuis son décès, les réactions se multiplient dans la classe politique, entre hommages au jeune homme et accusations contre l’ultragauche.
Dimanche 15 février, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a, sur le plateau du 20 h de France 2, clairement pointé du doigt le groupe antifasciste La Jeune Garde en annonçant que « l’enquête permettra de confirmer ou pas si c’étaient des militants de La Jeune Garde. Mais les témoignages vont en ce sens manifestement. »
Le collectif a, de son côté, nié en être responsable, mais le ministre de l'Intérieur en a rajouté une couche ce lundi 16 février, sur France Inter, en assurant que La Jeune Garde « est un mouvement qui appelle à la violence, qui est structuré autour de la violence et qui organise des formations de ces militants au combat ». Il a aussi critiqué le lien entre ce collectif, qui fait l’objet d’une procédure de dissolution après un décret pris en juin 2025, et La France Insoumise (LFI).
S’il y a au moins un dénominateur commun entre LFI et La Jeune Garde, c’est Raphaël Arnault. Né en 1995, à Lyon, Raphaël Archenault (son vrai nom) a grandi dans un quartier de la Croix-Rousse aux côtés de parents orientés à gauche sans être actifs politiquement. Ce militant antifasciste a ensuite étudié à l’Université Lumière Lyon 2, fac réputée pour son ancrage à gauche. Il s’est d’abord illustré en cofondant en 2018 La Jeune Garde (avec Safak Sagdic, Jacques-Élie Favrot, Arnaut Monteiro et Alexandre Lélé), dont il a longtemps été le porte-parole.
Positionné du côté du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Raphaël Arnault s’est présenté une première fois en 2022 aux élections législatives, dans la 2e circonscription du Rhône, alors même que la Nupes (ancienne coalition de partis politiques de gauche) avait choisi d’investir un candidat macroniste pour contrer le Rassemblement national (RN). Il s’était incliné dès le premier tour en remportant 6,81% des voix.
Mais les projecteurs se sont soudainement braqués sur lui, au niveau national, après sa candidature deux ans plus tard aux élections législatives de la 1re circonscription de Vaucluse, sous l’étiquette LFI-Nouveau Front Populaire. Élection qu’il remportera à la surprise générale avec 54,98% des suffrages, contre la députée sortante du RN, Catherine Jaouen (45,08%).
Pourtant, pendant cette campagne, Raphaël Arnault s’était retrouvé au cœur de plusieurs polémiques. Alors que Farys Faryssi, avocat et représentant insoumis local, aurait justement dû faire face à Catherine Jaouen, il a été subitement mis sur la touche au profit du Lyonnais Raphaël Arnault, provoquant une incompréhension chez beaucoup d'élus locaux de gauche. Car sa personnalité était déjà controversée à l’époque.
Accusé d’être violent, Raphaël Arnault traîne derrière lui une réputation de « fiché S ». Il avait cependant expliqué en juin 2024, lors d’une conférence de presse en pleine campagne des législatives, ne pas être « au courant » de l’information. « Il n’y a aucune raison que je sois fiché S, mais aujourd’hui avec la dérive autoritaire, certains militants syndicalistes ou écologistes le sont », avait-il affirmé, en soutenant que « des actions violentes connues de la Jeune garde n’existent pas ».
Violent ou pas, la justice a tranché et condamné en première instance et en appel le député du Vaucluse à quatre mois de prison avec sursis pour des faits de violences en réunion survenus en juin 2021, à Lyon, en marge d’une manifestation en faveur des droits des personnes LGBT. La situation avait dégénéré après que le service d’ordre du rassemblement a repéré des militants d’extrême droite qui auraient voulu perturber le défilé. L’un des activistes affirme alors avoir été molesté et déshabillé, mais Raphaël Arnault continue de nier les faits et dénonce depuis le début une « construction » de l’extrême droite pour discréditer son combat. À noter également que Raphaël Arnault fait l’objet d’une plainte pour menaces de mort déposée par Alice Cordier, cheffe du groupe féministe et identitaire Nemesis.
Avant même que Laurent Nuñez ne pointe du doigt La Jeune Garde dans la mort de Quentin, Raphaël Arnault avait réagi le 14 février sur X (ex-Twitter) en écrivant : « J’apprends ce décès avec horreur et dégoût. Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue. J’adresse mes condoléances à la famille de ce jeune homme et je souhaite que toute la lumière soit faite sur ce drame. »
Ce lundi, on a appris que la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet avait suspendu les droits d’accès de l’assistant parlementaire de Raphaël Arnault, Jacques-Élie Favrot. Plusieurs témoins ont en effet affirmé que ce dernier est en cause dans le lynchage de Quentin, ce qu’il nie.
Publié le 16.02.2026 à 12:13
Quentin Deranque, décédé après une violente agression à Lyon, était un étudiant en mathématiques de 23 ans, un jeune homme « joyeux » récemment converti à la religion catholique, proche de la mouvance nationaliste et qui prônait, selon l'avocat de sa famille, un « militantisme pacifique ».
L'étudiant fréquentait la paroisse Saint-Georges, dans le 5e arrondissement de Lyon, près du quai Fulchiron, en bord de Saône, ce même quai où il a été pris en charge par les secours, jeudi en fin de journée, dans un état grave. Selon le collectif Némésis, proche de l'extrême droite, Quentin aurait été agressé par des militants antifascistes, alors qu'il faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité de ses militantes qui manifestaient contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon, dans le 7e arrondissement, à près de 2 km du quai Fulchiron.
Transporté avec un pronostic vital engagé à l'hôpital Edouard Herriot, où il sera placé sous coma, le jeune homme est décédé samedi des suites de ses graves blessures. Selon l'avocat de la famille, Fabien Rajon, lors de son agression, il « aurait reçu des coups à la tête alors même qu’il gisait au sol inanimé ». « Il faut prier pour le repos de l'âme de Quentin, il faut prier pour sa famille, pour ses amis », dit l'abbé Laurent Spriet, sur le parvis de l'église Saint-Georges dont il est le recteur, avant le premier office dominical en latin de 08h30.
C'est ici que le jeune homme « venait habituellement à la messe tous les dimanches », ajoute l'abbé, qui connaissait « très bien » Quentin, mais n'en dira pas plus « par respect ». « Maintenant c'est la compassion, le respect, la prière et laisser faire la police et la justice », ajoute-t-il. Peu avant 10 heures, les paroissiens affluent pour le principal office, comme Thierry, 53 ans, qui ne souhaite pas donner son nom.
« Toute la paroisse, ici, est en deuil, évidemment. Quentin a reçu les derniers sacrements. Il a été accompagné par un prêtre, mais il était déjà en état de mort cérébrale », dit-il. Selon lui, le jeune homme « était investi dans l'accueil Saint-Martin qui s'occupe de servir des soupes populaires aux plus pauvres. Il venait régulièrement dans l'équipe », ajoute-t-il.
« Certains disent qu'il était membre de la sécurité du groupe Némésis. Non, c'était un homme qui encadrait, qui entourait, qui accompagnait. C'était un pacifiste. Ce n'était pas du tout un extrémiste, comme certains veulent bien vouloir le dire », assure le paroissien.
Un jeune homme qui souhaite garder l'anonymat explique qu'il fréquentait la même paroisse, à Saint-Georges ou une autre dans la région de Vienne (Isère), d'où Quentin était originaire. « Je retiens que c'était quelqu'un de joyeux, qui avait envie de partager sa foi » récente, après s'être « converti au catholicisme, et (qui) avait transmis sa foi à son père », explique-t-il.
Quentin était inscrit en BUT Sciences des données depuis cette année, a indiqué dans un communiqué l'Université Lumière Lyon 2, indiquant avoir appris « avec une immense tristesse » son décès « tragique ». Pour l'avocat de la famille, le jeune étudiant en mathématiques, qui pratiquait « le tennis et la philosophie », a « toujours défendu ses convictions de manière non-violente », « prônant un militantisme pacifique » et n’a « jamais été mis en cause dans la moindre affaire par le passé ».
Selon le groupe « nationaliste-révolutionnaire » lyonnais Audace, Quentin était un de leurs « sympathisants », après avoir été membre du mouvement royaliste Action Française à Vienne. « Il participait à de nombreux entraînements sportifs à nos côtés, encore la semaine dernière », pour faire de la boxe ou du footing, a affirmé un « porte-parole » du groupuscule d'ultra-droite, sous couvert d'anonymat.
« C'était quelqu'un de très calme », il n'était « ni violent ou agressif », « ce n'était pas du tout un loubard, un costaud, un gros dur. Lui, au contraire, s'il pouvait éviter l'affrontement, il l'évitait », a affirmé cette source. Il était « très intellectuel, il aimait beaucoup lire l'actualité, la presse », « c'est aussi ça qui l'a beaucoup aidé dans sa foi ». Selon lui, après son agression, Quentin aurait « marché quelques centaines de mètres pour rejoindre certains camarades, mais il était complètement désorienté, perdu [...] et quand les pompiers ont été appelés, en fait, c'était trop tard ».
Publié le 16.02.2026 à 12:55
Valence. Une femme tuée par son concubin : l'homme déjà connu pour des faits de violences

Un homme âgé d'une vingtaine d'années a téléphoné aux policiers valentinois, leur annonçant qu'il venait de tuer sa femme. Le drame se serait noué dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 février, peu avant minuit. L'homme est déjà connu pour ses antécédents de violences intrafamiliales, a indiqué à l'AFP une source policière.
Il attendait les forces de l'ordre à son habitation lorsque ces derniers sont venus l'interpeller sur place, après avoir découvert le corps sans vie de sa compagne.
Âgé d'une vingtaine d'années, le suspect de ce fémincide a été placé en garde à vue. La victime va faire l'objet d'une autopsie afin de déterminer les causes de sa mort.
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