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Dauphiné Libéré


Publié le 19.05.2026 à 06:20

Alpes-de-Haute-Provence. Calvaire conjugal de Laëtitia R. devant la justice : « Si emprise il y avait, c’était désiré » maintient l’accusé

Il est 20 heures largement dépassées, lundi 18 mai, lorsque les deux protagonistes s’expriment pour la quasi première fois au sein du tribunal de Digne-les-Bains. La cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence, ouverte en début d’après-midi, vient d’entendre deux témoignages clés dans l’affaire du calvaire conjugal de Laëtitia R. : son amie qui, le 31 mai 2022 après avoir recueilli ses confidences, contacte la police ; et la voisine...

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Publié le 19.05.2026 à 06:45

Justice. Patrick Bruel face à Flavie Flament : l’épineuse question de la prescription des violences sexuelles

Bétharram, PPDA, Richard Berry, l’abbé Pierre et maintenant Patrick Bruel. Dans plusieurs affaires médiatiques relevant des violences sexuelles et sexistes, la question de la prescription est devenue une donnée incontournable. Primordiale dans l’établissement de la culpabilité pénale des mis en cause, essentielle dans la possibilité que se donne la justice de rechercher une vérité judiciaire, cette notion est aussi mise en avant par les victimes et plaignantes pour expliquer leur démarche.

« La prescription ne doit pas faire barrage aujourd’hui à l’éclatement d’une vérité devant laquelle il ne faut pas baisser les yeux », explique ainsi Flavie Flament, citée par Mediapart, dans le cadre de sa plainte contre Patrick Bruel. C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que se sont placés les gouvernements et parlementaires successifs qui, ces dernières années, ont fait évoluer cette composante du droit pénal, au risque de la complexifier. Autrefois (avant 1994), la règle était simple : un an pour les contraventions, trois ans pour les délits, dix ans pour les crimes. Depuis, de nombreuses réformes ont modifié la règle, pour l’adapter aux enjeux de l’époque, notamment en matière de lutte contre les violences sexuelles et de protection des enfants. Mais au risque de faire miroiter aux victimes des procès difficiles à monter, entre preuves disparues et témoins décédés…

Vers une imprescriptibilité ?

À ce jour, la prescription d’un viol sur une personne majeure est de 20 ans, et celle d’un mineur de 30 ans à compter de la majorité de la victime. C’est-à-dire jusqu’à ses 48 ans. Flavie Flament étant aujourd’hui âgée de 51 ans, les perspectives de voir sa plainte pour viol, commis quand elle avait 16 ans, prospérer pourraient paraître faibles. Sauf à regarder l’affaire sous l’angle de la « sérialité », récemment introduite dans le droit à travers différentes affaires, notamment celle visant Patrick Poivre d’Arvor. La célèbre animatrice compte d’ailleurs parmi ses conseils Me Corinne Herrmann, pénaliste spécialiste des “cold cases” et des questions de prescription.

Nombre de victimes, mode opératoire, date des faits, non-rétroactivité de la loi… Devenue dentelle, la prescription pénale doit désormais s’apprécier au cas par cas. Pour chaque victime, elle peut être différente, même si l’auteur présumé est identique. La tendance, dans le sillage du mouvement de libération de la parole, reste à un allongement de la prescription en matière d’infractions sexuelles. Dernière en date, la loi du 21 avril 2021 sur les crimes et délits sexuels touchant les mineurs a ainsi introduit la prescription glissante en matière de viol sur un enfant, dans le cas d’un auteur commun. « En cas de commission sur un autre mineur » d’une autre infraction à caractère sexuel, par la même personne, « le délai de prescription de ce viol est prolongé, le cas échéant, jusqu’à la date de prescription de la nouvelle infraction », ordonne désormais le code de procédure pénale.

Dès lors, faut-il aller au bout de la logique et rendre certains faits imprescriptibles, au-delà des crimes contre l’humanité qui le sont déjà ? Le ministre de la Justice Gérald Darmanin s’y dit favorable pour les crimes commis sur les mineurs. « Le temps est venu de consacrer une justice au service de la dignité de l’enfant », a-t-il justifié le week-end dernier dans La Tribune Dimanche.

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Publié le 18.05.2026 à 19:15

Reportage. Florian chasse les pédocriminels sur internet : « C’est un acte citoyen ! »

En un clic, Florian fait apparaître Linda sur un de ses écrans d’ordinateurs. La jeune fille de 14 ans prend la pose devant le miroir de sa chambre. En réalité, cette collégienne n’existe pas. Elle a été intégralement générée par un outil d’intelligence artificielle (IA). C’est grâce à ce type de profil que Florian, alias Monsieurfox, traque les pédocriminels sur les réseaux sociaux. Et quand les hommes lui réclament d’échanger vocalement, le streameur, suivi par 145 000 personnes sur Instagram, utilise un logiciel pour modifier sa voix.

Florian est chasseur de pédocriminels. Une activité qui a été mise en lumière à la suite de l’arrestation la semaine dernière d’un ancien responsable de l’Union nationale du sport scolaire en Haute-Saône. Le sexagénaire a été piégé en direct par le streamer Finnyzyy, qui traque lui aussi les pédocriminels sur internet à l’aide d’enfants virtuels générés par IA. Sur une vidéo devenue virale, on voit cet ancien professeur de sport faire des propositions sexuelles à celle qu’il croit être une jeune fille de 14 ans.

Florian, alias Monsieurfox, retransmet tous les soirs à 21h30 sur TikTok et Twitch ses échanges dans lesquels il se fait passer pour une adolescente prépubère. Photo EBRA /Matis Gardent

Florian, alias Monsieurfox, retransmet tous les soirs à 21h30 sur TikTok et Twitch ses échanges dans lesquels il se fait passer pour une adolescente prépubère. Photo EBRA /Matis Gardent

« J’échange avec une trentaine d’hommes actuellement »

Dans sa maison du nord de la France, Florian s’est créé un petit espace dédié dans son salon où il a installé ses écrans d’ordinateurs, son micro, deux spots lumineux. L’équipement d’un streameur, car il retransmet tous les soirs à 21h30 sur TikTok et Twitch ses échanges dans lesquels il se fait passer pour une adolescente prépubère. Ces live sont suivis par des milliers de personnes.

Actuellement, Florian échange avec « une trentaine d’hommes » sur Snapchat. « En cinq mois, j’ai totalisé plus de 11 000 abonnés sur un compte où je dis avoir 12 ans. Sur une quinzaine d’ajouts quotidiens, dix vont accepter d’échanger avec une mineure », décrit-il.

Édifiant. Florian vient de signaler un pasteur de 70 ans, « très influent en Afrique de l’Ouest et jusqu’en Irlande, qui va visiter des orphelinats ». Durant leurs nombreux échanges, le religieux lui a confié avoir déjà accompli un acte sexuel avec une enfant de 13 ans. Les prédateurs n’ont pas de profil type, tient à souligner Florian, citant l’exemple d’un jeune homme de 20 ans qui a rapidement demandé à une enfant virtuelle de 12 ans de lui faire une fellation avant de lui envoyer des images à caractère sexuel.

La jeune fille de 14 ans prend la pose devant le miroir de sa chambre. En réalité, cette collégienne n’existe pas. Elle a été intégralement générée par un outil d’intelligence artificiel (IA). Photo EBRA /DR

La jeune fille de 14 ans prend la pose devant le miroir de sa chambre. En réalité, cette collégienne n’existe pas. Elle a été intégralement générée par un outil d’intelligence artificiel (IA). Photo EBRA /DR

Des règles à respecter

Chaque chasseur de pédocriminel se fixe ses propres règles. Par exemple, Finnyzyy, qui a piégé le sexagénaire de Haute-Saône, n’hésite pas à montrer le visage des prédateurs et à aller à leur rencontre, ce que Monsieurfox refuse de faire. « Avec Finnyzyy, on a le même combat, mais pas la même façon de combattre. Je le soutiens sur la forme, mais pas le fond », commente Florian.

Autre règle que s’impose Florian : ne pas pousser à l’infraction. Cela signifie qu’il ne demandera jamais un homme en ami sur les réseaux, ni n’entamera une conversation. « Je dois également veiller à ne pas entretenir leurs fantasmes », glisse le vidéaste.

Pendant un temps, le streamer se rendait au rendez-vous que lui fixaient les prédateurs. « Je les filmais en caméra cachée, histoire d’avoir des preuves supplémentaires. Aujourd’hui, c’est quelque chose que je ne ferai plus », confie le streameur, qui ne veut pas se substituer aux forces de l’ordre.

« Des centaines » de signalements

Le vidéaste, qui dit pouvoir compter sur les conseils avisés de gendarmes, plaide pour une meilleure collaboration entre les chasseurs de pédocriminels et les policiers.

L’objectif de Monsieurfox est de recueillir un maximum de preuves (photos, captures d’écrans, vidéos) pour constituer un dossier de signalement qu’il adressera au procureur. « Depuis quatre ans, j’ai adressé des centaines de signalements à Pharos. Depuis un mois, sur conseil d’associations de lutte contre la pédocriminalité, je les envoie directement au procureur. J’en ai réalisé une petite quinzaine, dont l’un a donné lieu à l’ouverture d’une enquête. »

« Si tu ne fais rien, fatalement tu cautionnes »

« Je ne me sens pas justicier. Pour moi, c’est un acte citoyen. Quand on sait la dangerosité d’internet, si tu ne fais rien, fatalement tu cautionnes », ajoute-t-il.

Faire prendre conscience aux parents et aux adolescents que les prédateurs sont partout sur internet est le but des vidéos de Florian. « Quand je reçois des messages de parents qui me disent que grâce à mes vidéos ils ont pu en parler à leurs enfants ou leur faire visionner mes vidéos pour les mettre en garde, je me dis que j’ai gagné », sourit le créateur de contenus.

Tatoué sur le visage, la casquette à l’envers, Monsieurfox est devenu la bête noire des pédocriminels. Le vidéaste s’est lancé dans ce combat après avoir lui-même été victime d’un prédateur en ligne qui lui avait fixé rendez-vous et s’est déplacé alors qu’il avait 13 ans. Rendez-vous que Florian n’a pas honoré. « Il a été condamné et se trouve désormais en hôpital psychiatrique », glisse-t-il. Derrière ce combat, se cache aussi une blessure intime : « J’ai perdu mon fils, et peut-être que j’ai aussi le sentiment à travers cela de faire quelque chose de bien pour les enfants. »

119 - Allo enfance en danger

Toute victime ou témoin de violences physiques, psychologiques, sexuelles ou de négligences sur un enfant peut appeler le 119, confidentiel et gratuit, 7j/7 et 24h/24, même en cas de doute sur une situation.

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