Publié le 10.01.2026 à 20:16

Une avalanche a fait deux morts à Val-d’Isère ce samedi 10 janvier. Les deux skieurs, de nationalité française, ont été ensevelis par une coulée de neige sur le secteur hors-piste de l’envers de Bellevarde alors qu’ils n’étaient pas équipés de détecteur de victime d’avalanche (DVA). Les secours n’ont pas pu les réanimer.
L’alerte a été donnée à 14 h 26 à la régie des pistes de Val-d’Isère. Deux personnes inquiètes de ne pas voir revenir leurs amis ont signalé leur disparition aux pisteurs. Leurs dernières positions GPS d’une application de messagerie bornaient dans le secteur hors-piste de l’envers de Bellevarde. Arrivés sur place, les pisteurs ont constaté une importante avalanche d’une cassure estimée entre 60 et 70 centimètres dans ce canyon. L’avalanche aurait eu lieu environ une heure plus tôt.
Une quinzaine de secouristes, dont trois maîtres-chiens, sont dépêchés sur place pour commencer les recherches. Les deux skieurs n’étaient pas équipés de détecteurs de victime d’avalanche (DVA). Les pisteurs ont dû procéder à un sondage sur une zone de dix par quinze mètres, déterminée à l’aide des derniers points GPS émis par leurs smartphones.
Ensevelis sous 2,50 m de neige, les deux skieurs sont finalement extraits de la coulée en arrêt cardiorespiratoire. Les secouristes ont ensuite entamé les premiers soins. Malgré leurs efforts, les skieurs sont déclarés décédés peu après. Il s’agissait de deux hommes adultes venus pour des vacances.
Dans un communiqué envoyé samedi 10 janvier au soir, la station de Val d’Isère adresse ses « sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes ». Il est également recommandé à tous les pratiquants « d’évoluer sur les zones sécurisées et balisées du domaine skiable ».
Publié le 10.01.2026 à 20:30
Iran. Peine de mort et coupure internet : une répression sanglante à huis clos

L’Iran va entrer dans sa troisième semaine de contestations contre le régime. Le pays a été secoué par de nouvelles manifestations de grande ampleur dans la soirée de vendredi, après celles de jeudi soir qui s’étaient étendues à plus d’une centaine de villes. L’importance du mouvement reste difficile à mesurer depuis que le gouvernement a plongé le pays dans un « black-out » en coupant l’accès à internet et aux communications téléphoniques internationales. Comme en 2022 après la mort de Mahsa Amini, la jeune Iranienne victime de la police des mœurs, le régime utilise l’arme de la répression pour tenter d’étouffer la contestation.
Le service en langue perse de la BBC a pu obtenir le témoignage de médecins iraniens grâce au réseau Starlink qui permet de maintenir un accès à Internet par satellites. Un praticien de l’hôpital de Chiraz a affirmé que l’établissement avait reçu un grand nombre de blessés, dont beaucoup présentaient des blessures par balles à la tête et aux yeux. Le médecin a expliqué dans son message vidéo et audio que l’hôpital n’avait pas assez de chirurgiens pour faire face à l’afflux de manifestants blessés. Les services d’urgence sont également débordés dans un des grands hôpitaux de Téhéran, placé en situation de crise, selon un médecin joint par la BBC. Une vidéo authentifiée par le New York Times montre pour sa part au moins sept corps gisant sur le sol d’un hôpital de la capitale.
« Les autorités iraniennes ont mené une répression meurtrière contre des manifestants dans tout le pays », dénoncent Amnesty International et Human Rights Watch. « Les forces de sécurité ont illégalement recouru à la force en employant des armes à feu, et ont procédé à des arrestations arbitraires massives », ajoutent les deux ONG.
Cette brutale répression à huis clos est confirmée par le procureur général iranien qui a averti ce samedi que les poursuites judiciaires contre les émeutiers seraient menées « sans clémence, sans pitié et sans apaisement ». Il a prévenu que « tous les criminels impliqués » seraient considérés comme « des ennemis de Dieu », un chef d’accusation passible de la peine de mort en Iran. La peine capitale est de plus en plus utilisée par la justice iranienne pour réprimer les troubles dans le pays. Plus d’un millier de prisonniers ont été exécutés en 2025.
« Depuis le soulèvement "Femme, Vie, Liberté" en 2022, les autorités iraniennes ont intensifié leur recours à la peine de mort comme instrument de répression étatique et pour écraser la dissidence. En 2025, elles ont aussi multiplié les condamnations à mort sous couvert de sécurité nationale, au lendemain de l’escalade des hostilités entre Israël et l’Iran au mois de juin », observe Amnesty International.
L’importance de la colère populaire qui s’exprime depuis le 28 décembre dernier pourrait toutefois déjouer le mécanisme de répression sanglante. « Les manifestations ont peut-être pris une telle ampleur qu’elles mettent à l’épreuve la capacité des forces de sécurité iraniennes à les réprimer », estime l’ISW (Institute for the study of war), un think-tank américain spécialisé dans l’analyse des conflits dans le monde.
En fin de semaine, avant la coupure d’internet, le nombre de manifestants en Iran avait été estimé à au moins un million par une source diplomatique, même s’il n’avait pas encore atteint le même niveau de mobilisation que les manifestations du mouvement « Femme, Vie, Liberté » en 2022.
Une des principales forces du régime théocratique reste la division de l’opposition qui n’a pas de projet politique alternatif crédible. La frange la plus conservatrice de la population (entre 15 % et 25 % des Iraniens) continue de soutenir le gouvernement des mollahs. Une autre partie des Iraniens détestent le régime, mais ont peur du chaos.
Les experts qui suivent l’Iran n’ont pas eu connaissance de défection à ce stade au sein des dirigeants, mais le pouvoir iranien reste complexe à analyser, avec des factions rivales qui vont chercher à tirer leur épingle du jeu. On sait par exemple que les ultraconservateurs espèrent une chute du président réformiste Massoud Pezeshkian pour retrouver davantage de pouvoir à Téhéran. Le chef de l’État, qui dispose de très peu de marge de manœuvre face au Guide suprême, avait qualifié de « légitimes » les revendications économiques des manifestants et nommé un nouveau gouverneur de la banque centrale, sur fond d’inflation supérieure à 40 %. Les griefs de la foule en colère sont désormais très politiques, puisqu’ils scandent des slogans hostiles à la République islamique.
La crise économique risque toutefois de revenir au premier plan. Selon des médias iraniens d’opposition, les Iraniens ne pouvaient plus retirer d’argent liquide dans la plus grande banque du pays en fin de semaine. Ce manque de liquidités risque de rendre la situation encore plus explosive.
Publié le 10.01.2026 à 16:25
« Je suis dévasté », « je me sens responsable de n'avoir pas su protéger » les victimes, a déclaré Jacques Moretti aux enquêteurs, le 1er janvier, juste après l'incendie de son bar Le Constellation qui a fait 40 morts et 116 blessés. « C'est le drame de ma vie », « je ne sais pas comment je vais tenir », a déclaré sa femme Jessica Moretti, par ailleurs co-gérante de ce bar situé dans la station suisse de Crans Montana, dans des témoignages que BFMTV et la RTS se sont procurés.
Les deux gérants du bar, aujourd'hui mis en examen, ont été entendus séparément par les enquêteurs suisses, au premier jour du drame.
« J'ai vu de la lumière orange vers l'angle du bar. J'ai tout de suite hurlé : "tout le monde sort!" et j’ai tout de suite pensé à faire appel aux pompiers. Je suis sortie de l'établissement par l'entrée principale, en prenant les escaliers, pour dire à l'agent de sécurité faire sortir tout le monde. Une fois dehors, j'ai fait le 118. Il était 1h28 », se souvient Jessica Moretti.
A ce moment-là, son mari n'est pas présent sur les lieux. Dans sa déclaration, elle évoque l'étroite relation qu'elle partageait avec l'une des victimes, serveuse au sein de l'établissement : « Cyane était comme ma petite soeur. Elle avait passé Noël avec nous. Je suis dévastée ».
Arrivé sur place après un appel de sa femme, Jacques Moretti raconte aux enquêteurs avoir fait le tour avec deux autres personnes, pour aller vers la porte de service, « fermée et verrouillée de l'intérieur, avec un loquet ». Une voie d'issue qui n'était habituellement pas verrouillée, selon ses propos.
Cette issue est encore différente de celle de secours située au sous-sol. « Nous avons forcé et elle a fini par céder en quelques secondes », rapporte l'homme qui décrit alors une scène d'horreur. Au sol, plusieurs personnes sont inanimées. « Nous les avons tirées vers l'extérieur et mises en PLS », avant de faire des massages cardiaques, dit-il.
Concernant la mousse qui a pris feu au plafond du sous-sol, le gérant a reconnu l'avoir changée lors de travaux de rénovation, mais assuré que « le service du feu a effectué deux ou trois contrôles incendie » en dix ans d'exploitation, sans jamais exiger « de demandes de réaménagement ou de modification des lieux », précisant qu'il y avait des extincteurs, mais pas de système d'arrosage automatique en cas d'incendie.
Il a par ailleurs expliqué que l'utilisation de feux de Bengale était une pratique habituelle au sein de l'établissement, notamment « lors des anniversaires de clients », et qu'aucun incident n'avait jusqu'alors été enregistré.
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