Publié le 02.05.2026 à 09:29
Le tragique accident qui a couté la vie ce vendredi 1er mai à cinq jeunes gens, s’est déroulé sur la D270 entre Vernosc-les-Annonay et Talencieux. La voiture des cinq victimes a chuté dans un ravin et les conditions de secours ont été rendues compliquées par la physionomie des lieux et de l’accident.
En fin de journée hier, on en a appris plus sur les interventions. « Nous sommes intervenus à l’aide de notre camion incendie, et surtout notre équipement de secours en milieu périlleux et montagne, car la voiture se trouvait en contrebas à 25 mètres dans une zone difficilement accessible. Il a fallu en premier, essayer de porter secours aux victimes et ensuite prêter main-forte pour les opérations judiciaires et la remontée des corps. » précise le colonel Honoré du SDIS 07.
« On redoute les week-ends prolongés avec du beau temps car on note une augmentation des accidents dans ce genre de circonstances, sur le département », a concédé Guillem Gervilla, directeur du cabinet du préfet de l'Ardèche. Photo Fabrice Hébrard
La route D270 qui longe la rivière de La Cance est étroite et sinueuse. Le directeur de cabinet du préfet de l’Ardèche concède aussi sur ce sujet, « on redoute les week-ends prolongés avec du beau temps car on note une augmentation des accidents dans ce genre de circonstances, sur le département ».
Rappelons qu’en 2022, un accident mortel avait eu lieu sur ce même axe. C’était lors du rallye national du bassin annonéen où un équipage savoyard avait perdu la vie, ainsi que l’a confirmé la lieutenant-colonel Laurent commandante de la gendarmerie de Tournon-sur-Rhône. La carcasse du véhicule a été évacuée dès hier soir. La route D270 est, elle, de nouveau ouverte à la circulation.
Publié le 01.05.2026 à 18:10

Éric Amieux est le patron du Pétrin dauphinois, la boulangerie située sur la route de Lyon, entre Bourgoin-Jallieu et Domarin. Ce vendredi 1er mai, il a ouvert sa boutique avec sept employés, profitant du flou juridique qui entoure...
...pour lire la suite, rejoignez notre communauté d'abonnés
et accédez à l'intégralité de nos articles sur le site et l'application mobile
à partir de 1 € le 1er mois, sans engagement de durée
Google : 1€ le 1er mois puis 12,99€
Publié le 02.05.2026 à 07:00

Les bus rouges de BlaBlaCar feront bientôt partie du passé. La compagnie française de transports en autocar a annoncé le 21 avril sa volonté de cesser son activité d’ici au 4 janvier 2027. Malgré six millions de passagers transportés sur 350 lignes en 2025, le spécialiste du covoiturage n’a jamais atteint la rentabilité avec ses cars longue distance depuis le rachat en 2019 de Ouibus, filiale de la SNCF. « Nous souhaitons continuer de vendre des billets de bus sur notre marketplace, notamment ceux d’opérateurs étrangers ou d’autocaristes locaux », explique-t-on du côté de BlaBlaCar, qui souhaite se « concentrer sur son rôle de plateforme technologique sans l’organisation du réseau ». Quarante emplois seront supprimés, comme des spécialistes de la fixation des prix ou de la relation avec les autocaristes ainsi que des agents d’escale.
« C’est une décision extrêmement brutale qui n’avait pas été anticipée », déplore la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), qui représente les 1 500 entreprises du secteur. Car BlaBlaCar Bus ne possède aucun autocar et n’emploie pas directement les chauffeurs. Elle collabore avec 65 PME autocaristes partenaires, aujourd’hui plongées dans l’incertitude.
D’après BlaBlaCar, « l’entreprise ne s’y retrouvait plus entre le taux de remplissage et ce qui était contractualisé avec ses partenaires autocaristes ». Pour expliquer son déficit chronique, la licorne française cite des raisons « structurelles », avec une « hausse des charges », notamment des carburants, mais aussi « l’augmentation de la concurrence, notamment les trains Ouigo ». Après l’émergence des "cars Macron", la SNCF a non seulement multiplié sa flotte de TGV à bas coûts mais aussi développé une offre Ouigo Train Classique. Ces anciens Corail, plus lents mais moins chers, circulent entre Paris et les villes de Bruxelles, Nantes, Bordeaux ou Rennes.
Du côté des voyageurs, la disparition du deuxième acteur du secteur derrière FlixBus inquiète : les deux sociétés représentaient 94 % des passagers transportés en 2024, selon l’Autorité de régulation des transports (ART). Un tiers des passagers qui circulaient avec BlaBlaCar vont-ils se retrouver sans solution ? « Notre objectif est de garder un maximum de la clientèle des cars longue distance qui allait chez notre concurrent », avance Charles Billiard, porte-parole de FlixBus, qui reconnaît une « bonne nouvelle de prime abord » pour son entreprise avec la cessation d’activité de son principal concurrent. « On va étudier les besoins, mais nous voulons garder une offre suffisante et attractive pour que tous les passagers puissent voyager et poursuivre notre développement et celui du secteur », veut-il rassurer. Une des forces dont dispose FlixBus, qui est devenu rentable dès 2022, est sa capacité à ajuster le nombre de trajets proposés avec la demande.
« FlixBus va vouloir profiter de la place laissée par BlaBlaCar pour faire croître ses parts de marché », décrypte Aurélie Jehanno, spécialiste des mobilités au sein du cabinet Systra. « Il est probable que l’entreprise vienne augmenter son offre sur tous les segments intéressants et rentables. Là où il y aura peut-être plus de risque de voir disparaître des liaisons, au moins temporairement, c’est sur celles où le modèle économique n’a pas encore été trouvé aujourd’hui. Cela devrait toutefois rester un phénomène marginal. »
La crainte pour les utilisateurs des « cars Macron » est de voir les prix exploser avec le géant allemand en position de monopole. « Ce sont les tarifs bas qui font notre réussite et nos clients ne comprendraient pas une hausse radicale », balaie-t-on chez FlixBus. « Il n’existe pas de monde où l’on va simplement augmenter nos prix, car nos concurrents sont tous les autres acteurs de la mobilité : le train, notamment Ouigo, le covoiturage et l’avion low cost. »
Pour Aurélie Jehanno, « certes, il y a un concurrent qui disparaît, mais rien n’empêche un nouvel entrant d’arriver sur le marché des cars longue distance ». Un risque qui devrait modérer la marge de manœuvre de FlixBus. Les compagnies de bus étrangères, comme l’Espagnole Alsa ou l’Italienne Itabus, pourraient par exemple profiter de la situation pour tenter de s’imposer en France. Toutefois, le coût d’entrée sur un nouveau marché, avec des dépenses de marketing ou de recrutement, reste cependant un frein qui rend cette option plutôt peu probable à court terme. L’échec de BlaBlaCar Bus pourrait aussi refroidir les ambitions des futurs acteurs en France.
« Une pléiade de clientèles qu’on aurait tort de résumer aux plus modestes »
Michel Quidort, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), a répondu à nos questions.
Qui sont aujourd’hui les principaux utilisateurs des cars longue distance ? Est-ce que le public correspond encore à l’image initiale de voyageurs aux revenus modestes ?
« Il y a une pléiade de clientèles qu’on aurait tort de résumer aux plus modestes ou aux personnes issues de pays tiers. Depuis 2015, l’autocar librement organisé a trouvé son public, dont beaucoup de jeunes. Onze millions de personnes ont pris l’autocar l’an dernier, preuve que c’est un service qui répond à un besoin. C’est un ensemble de profils qui prennent le bus : des familles, des gens isolés, mais aussi des voyageurs dans un cadre professionnel… Il y a également une frange importante d’utilisateurs qui recherchent les liaisons directes vers les aéroports. La ligne entre Grenoble et l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry fait partie des plus prisées dans ce domaine. On peut également évoquer les lignes saisonnières vers la montagne l’hiver et vers la mer l’été. L’autocar est également essentiel pour desservir des villes petites et moyennes qui ne sont plus desservies par le train et réduire la dépendance à la voiture. »
Quelles sont aujourd’hui les principales problématiques rencontrées par les usagers ?
« Une des clés de voute du système a été oubliée en 2015 : les gares routières. Il ne suffit pas de bus qui roulent, mais il faut aussi des endroits pour accueillir les usagers, sans que ce soit au milieu de nulle part. À Lille par exemple, c’est un abribus, un poteau le long du trottoir, et 300 000 voyageurs par an. La Fnaut, au cours d’un groupe de travail de l’Autorité de régulation des transports, a souligné la nécessité de services de base (toilettes, guichets, écrans d’information…) mais aussi d’une connexion aux autres services de transports publics locaux. Il faut faire des gares routières des lieux multimodaux. Nos recommandations ont été reprises dans le projet de loi-cadre présenté au Sénat. C’est fondamental pour l’avenir des cars longue distance. »
Avec la disparition annoncée de BlaBlaCar Bus, comment éviter que certaines liaisons disparaissent ?
« La nouvelle soudaine de BlaBlaCar a surpris tout le monde et il est encore tôt pour savoir les impacts à venir. On peut avoir des craintes sur l’avenir de lignes qui ne constituent pas l’axe majeur du réseau. Une autre préoccupation serait de voir des usagers en difficulté pour trouver leur moyen de transport, notamment ceux qui avaient le réflexe d’utiliser le site de BlaBlaCar Bus pour réserver leur billet. La disparition d’un acteur peut complexifier les recherches et l’achat de ses titres de transport. C’est pourquoi, à la Fnaut, nous militons pour une simplicité d’accès au transport public. Nous voulons des billets de bout en bout, couvert par les droits des voyageurs. Le Sénat et la Commission européenne ont lancé des travaux en ce sens pour obtenir un billet de transport en un clic. »
Comment accéder gratuitement aux contenus du D.L via la NUMOTHEQUE GRENOBLE-ALPES ?
Recherche approfondieIdentifiez-vous d'abord sur la NUMOTHEQUE GRENOBLE-ALPES
Menu > PLATES-FORMES > EUROPRESSE Onglet PUBLICATIONS PDF > L'édition du jour est en vignette dans la page
Un seul jour de parution représente plusieurs centaines d' articles car le DL produit 22 éditions. Les étapes ci-dessous doivent donc être scrupuleusement respectées !