Publié le 26.07.2026 à 20:40
« Regardez ! Le ciel jaunit, cela signifie que les flammes avancent en notre direction. » La colonne de sapeurs-pompiers est sur le qui-vive ce dimanche à Cestas, à 15 kilomètres de Bordeaux (Gironde). Une lueur jaune se dessine derrière les pins. Le feu approche. Ils l’attendent. En prévision, le génie civil et les agriculteurs réalisent un pare-feu : avec leur tracteur, ils retirent arbres et branchages qui pourraient constituer une source de combustible au monstrueux incendie qui ravage la Gironde depuis maintenant quatre jours. L’objectif de ces soldats du feu, venus de Paris, est d’attaquer le feu par les flancs afin de diminuer son intensité.
Comme eux, 2 500 pompiers venus de toute la France et de l’étranger continuaient dimanche de lutter sans relâche contre ce feu historique, qui s’est déclaré mercredi à Saumos, au nord du bassin d’Arcachon, et qui a ravagé 42 000 hectares, l’équivalent de quatre fois la superficie de Paris. Ce feu, dont l’origine accidentelle semble privilégiée, est historique. Il figure déjà parmi les plus importants répertoriés en France depuis la Seconde Guerre mondiale. Près de 98 000 hectares ont brûlé en France depuis le début de l’année, selon le ministère de l’Intérieur. Le record de 2022 où 72 000 hectares avaient brûlé, est déjà tristement dépassé.
En Gironde, la situation restait défavorable dimanche soir, en raison des conditions météorologiques et d’un vent tourbillonnant, qui peut raviver les flammes en un instant. Le mégafeu est aux portes de la métropole de Bordeaux. Au total, 220 000 personnes ont été évacuées en guise de prévention et sont accueillies dans des espaces communaux. Il n’est toutefois pas prévu d’évacuer la ville préfecture et ses 260 000 habitants, a réaffirmé dimanche le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave.
Sur des dizaines de kilomètres, les mêmes scènes de désolation. Des forêts de pins en cendres, où subsistent des fumerolles, susceptibles de s’embraser au moindre coup de vent. Un paysage apocalyptique imprégné d’une odeur de fumée âcre qui ne quitte plus les Girondins depuis mercredi.
Le long des routes, des camions de pompiers à perte de vue et des citoyens venus prêter main-forte avec leur citerne d’eau. Christophe Perès travaille dans le bâtiment. Pour lui, c’était une évidence de mettre sa citerne de 1 000 litres à disposition. « Il faut faire des pare-feu. C’est la seule solution pour venir à bout de ce monstre », estime-t-il, alors qu’un épais nuage de fumée noir s’élève derrière lui.
Le Porge, à une dizaine de kilomètres de Lège-Cap-Ferret, a été évacué. Les maisons sans toit, éventrées, la pierre noircie témoignent de la violence de l’incendie qui s’est propagé dans cette commune de 3 500 habitants. Au sol, des lignes électriques sont arrachées, des tuiles ont volé… Au milieu des carcasses de voitures, certaines habitations sont miraculeusement intactes, le fruit d’un tragique hasard.
Ce couple de quinquagénaires n’a pas les mots. « Notre maison est debout », parvient tout juste à glisser le monsieur les larmes aux yeux. La villa de ses voisins n’a pas eu cette chance. Elle a totalement été détruite par les flammes. Au côté de la piscine, un ballon de volley noirci. La vie s’est arrêtée dans ce jardin. Le silence. Et soudain, trois poules apparaissent. Miraculées, elles recherchent au milieu des décombres et de la végétation calcinée de quoi picorer. Dans le ciel, deux Canadair passent.
À la salle des fêtes de Le Porge, transformée en centre d’accueil, des pompiers se restaurent. Trois habitants sont aussi attablés. Ils ont refusé de quitter les lieux jeudi lorsque l’ordre d’évacuation a été donné. « Nous sommes restés pour sauver nos maisons. Tous les jours, j’arrose le pré derrière chez moi grâce à mon puits. S’il n’y avait pas de gens comme nous, il y aurait plus de dégâts », juge un habitant.
« Les pompiers font le plus gros et ils vont ensuite où il y a le plus de personnes à protéger. Ils n’ont pas le choix », poursuit-il. À l’autre coin de la commune, les soldats du feu ont été rappelés à la suite d’une reprise de feu dans un champ. L’illustration que ce feu est encore loin d’être maîtrisé.
Publié le 26.07.2026 à 19:53
Le mégafeu de Gironde avait ravagé dimanche soir 42 000 hectares. Quel dispositif est mis en place pour faire face ?
« Le dispositif est inédit. 2 500 sapeurs-pompiers sont mobilisés, c’est du jamais-vu. Nous pouvons aussi compter sur 18 moyens aériens et l’aide de 1 500 militaires et 1 200 policiers et gendarmes. Samedi, l’A400M de l’armée a effectué son premier largage. On bénéficie aussi du concours de la population qui nous apporte de la nourriture, de l’eau, et nous envoie des témoignages de soutien. On a aussi des agriculteurs qui acheminent de l’eau au plus près de nos véhicules. Tous ces éléments associés à notre détermination font qu’on arrivera à bout. On dormira plus tard. »
Pourtant la fatigue est bien présente….
« Oui, les pompiers sont fatigués, usés, certains sont abîmés ; 75 pompiers ont été blessés, mais l’état d’esprit demeure combatif. »
Où en est le feu en ce dimanche soir ?
« Le feu est aux portes de la métropole bordelaise, d’où les évacuations préventives qui ont été décidées samedi soir. Il est toujours actif et nous sommes incapables de dire quand il sera fixé. Les passages de pluie ont donné un certain confort, mais il fait tellement chaud, le feu est tellement vif que ces rares passages pluvieux n’ont pas permis de calmer l’incendie. La situation reste toujours très difficile, les conditions sont toujours défavorables, surtout à l’approche d’une quatrième vague de chaleur. »
Les pompiers du Var sont venus vous prêter main-forte alors qu’un important incendie sévit dans leur département…
« Tant que nos homologues du Var considèrent que leur présence en Gironde n’obère pas leur capacité dans le Var, ils resteront là. C’est la traduction concrète de notre adaptation. C’est pourquoi l’étape du Tour de France a été adaptée pour permettre à nos homologues de la région parisienne de venir prêter main-forte chez nous. »
Un deuxième orage de feu a été observé. Ce phénomène météorologique n’avait jamais été vu en France. De quoi s’agit-il exactement ?
« C’est ce que l’on appelle un pyrocumulonimbus. Les conditions météorologiques donnent au feu une capacité de créer lui-même son propre vent. Il est accompagné d’orages et n’est pas anticipable. Cette situation est très complexe car elle redistribue les cartes, et nous oblige à nous adapter en fonction. »
Publié le 26.07.2026 à 23:07

Tadej, que s’est-il passé dans le final de la dernière étape, avec Mathieu van der Poel ?
« On n’a pas vraiment communiqué ensemble, on a juste roulé très fort dans le final. De mon côté, je n’avais plus beaucoup d’énergie, mais je savais qu’il fallait y aller à fond. Je ne gagne pas, mais c’est une super victoire (pour van der Poel), je trouve. »
Qu’est-ce que ça vous fait de gagner un cinquième Tour de France, et donc d’entrer dans l’histoire ?
« Pour l’instant, je veux juste profiter du moment, d’avoir gagné le Tour de France. Que ce soit le premier ou le cinquième, ça m’est égal. Je ne pense pas à l’histoire ou à un club que j’intègre ou même à quoi que ce soit d’autre. Je veux retourner à la maison et profiter des choses simples de la vie. Je suis super fier d’avoir gagné un cinquième tour, mais chacun d’entre eux a une histoire, une émotion, une signification différente. Ils sont tous aussi incroyables les uns que les autres. »
Quels sont vos plans dans les jours et les semaines qui viennent ?
« Je vais rentrer à la maison demain (lundi), déjà. Puis j’aurai des devoirs à faire. J’aurai le Pogichallenge dans ma ville, en Slovénie, le week-end prochain avec des invités spéciaux dont certains viennent du Tour de France. J’aurai aussi des choses à faire pour ma fondation (Fundacija Tadeja Pogačarja). Ensuite, j’espère pouvoir faire des étapes du Tour de France Femmes pour voir Urska (Zigart, sa compagne) courir. »
Allez-vous disputer le Tour d’Espagne (22 août-13 septembre) ?
« Aujourd’hui, j’ai envie de vous dire non. Mais d’ici deux semaines, je pourrai décider. »
Comment vous sentez-vous après trois semaines de course intense ?
« Je dois avouer qu’il est 21h45 et que j’ai sommeil (rires). Mais on a un diner prévu avec l’équipe, les coureurs et les sponsors. On va passer un bon moment ensemble et se raconter ce qu’on a vécu sur le Tour de France. »
Avez-vous senti de la suspicion du fait que vous dominez tant la course ? Notamment en lien avec ce contrôle antidopage au milieu de la nuit ?
« Mon opinion c’est que le contrôle de Jonas (Vingegaard) à 2 heures du matin, c’est fou. Moi, quand j’ai été contrôlé à 5 heures du matin, c’est un peu étrange mais certainement pas le contrôle le plus étrange que j’ai subi depuis que je dispute le Tour de France. On a déjà eu des contrôles bizarres avant les étapes reines de quasiment tous les Tours, avant 7 heures du matin. C’est bizarre, mais ils (les contrôleurs) font leur job. Moi, ça fait partie de ma vie. Quand on frappe à ma porte, maintenant, je pense : ‘’tiens, c’est un contrôle’’. C’est comme aller au supermarché pour moi : ça n’a plus rien d’inhabituel. »
L’année dernière, vous aviez révélé après la course avoir eu des problèmes au genou pendant le Tour de France. Avez-vous eu un souci de santé que vous avez caché cette année ?
« Non, pas du tout, j’ai eu la chance de vivre un super Tour de France. Mais, dans l’équipe, il y a eu quelques problèmes gastriques. Brandon (McNulty) a été malade, Tim (Wellens) ne s’est pas senti très bien non plus. On court pendant trois semaines en peloton, c’est normal que les maladies se répandent vite, mais on a survécu en équipe. C’est dommage que Brandon ait dû abandonner, mais je veux dire que j’ai un immense respect pour toute mon équipe. »
Vous avez eu une grande rivalité avec Jonas Vingegaard qui a dû abandonner en cours de Tour de France. Il y a des jeunes qui arrivent, vous allez vous battre avec eux, maintenant ?
« Oui, il y a de la rivalité avec les jeunes. (Il se tourne vers Isaac Del Toro, à sa droite) On joue devant la caméra qu’on est amis, mais en réalité on est des rivaux avec Isaac (rires). Non, la nouvelle génération est très forte, je suis content de pouvoir être comme un mentor pour quelqu’un comme Isaac qui est déjà très intelligent. Il y a beaucoup de jeunes qui arrivent, très forts, c’est très bon pour le cyclisme. »
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