Publié le 07.03.2026 à 06:00
Guerre au Moyen-Orient. Comment l’Iran sème le chaos avec ses drones Shahed low-cost
Après une semaine de guerre, l’Iran est affaibli par les attaques massives d’Israël et des États-Unis mais le régime continue de semer le chaos au Moyen-Orient et dans l’économie mondiale. La stratégie de Téhéran repose en grande partie sur l’utilisation de drones d’attaque Shahed, une arme redoutable par son coût relativement faible et la possibilité d’en produire un grand nombre assez facilement. Le recours aux attaques de drones compense le déséquilibre des forces entre l’Iran et ses deux adversaires, la première puissance mondiale et l’armée israélienne, une des plus puissantes du monde, au moment où le régime de Téhéran semble manquer de missiles à longue portée.
L’Iran a réduit drastiquement ses tirs balistiques depuis une semaine, sous l’effet probablement des destructions de lanceurs et de stocks de missiles par les bombardements américains et israéliens. « Les frappes contre les réseaux de commandement et de contrôle iraniens pourraient également limiter la capacité de l’Iran à lancer des salves de missiles de grande envergure », observe l’Institut pour l'étude de la guerre, un cercle de réflexion américain.
Un drone Shahed 136 est exposé à Téhéran en février à l’occasion d’une célébration de la Révolution islamique de 1979 en Iran. Photo Sipa/Sobhan Farajvan
L’arme low-cost privilégiée par l’Iran s’avère très efficace dans la stratégie de Téhéran pour semer le chaos et la panique dans les pays du Golfe afin de faire pression sur les États-Unis pour qu’ils mettent fin rapidement au conflit. La frappe de représailles la plus meurtrière contre les États-Unis a été menée par un drone kamikaze qui a tué six soldats américains sur une base au Koweït. Les drones iraniens ont également visé des aéroports et un hôtel de luxe de Dubaï, ainsi que des installations du secteur énergétique. La plus grande raffinerie de pétrole d’Arabie saoudite et le premier terminal d’exportation de gaz naturel liquéfié au monde, installé au Qatar, sont à l’arrêt après des attaques de drones. L’onde de choc se ressent déjà aux États-Unis où le prix de l’essence a augmenté de 11 % en une semaine. Il atteint en moyenne 3,32 dollars le gallon, alors que Donald Trump promettait un gallon à moins de deux dollars avant d’être élu.
Les frappes de drones mettent à rude épreuve les défenses aériennes des riches pays du Golfe, qui sont très insuffisantes car ils se croyaient en sécurité en dépit de l’instabilité de la région. L’Iran concentre même ses attaques sur les Émirats arabes unis, visés par cinq fois plus de drones qu’Israël. Les stocks de missiles utilisés par les pays du Golfe pour se protéger des drones commencent à s’épuiser. Le coût de ces interceptions est disproportionné et la facture salée. Il faut dépenser jusqu’à trois millions d’euros - le prix d'un missile d'interception Patriot - pour abattre un drone low-cost qui ne coûte que de 20 000 à 45 000 euros.
Ces derniers jours, les pays du Golfe ont demandé de l’aide au président ukrainien Volodymyr Zelensky. L’Ukraine pourrait leur fournir des intercepteurs de drones bon marché qui ont fait leurs preuves dans la guerre contre la Russie. Les Ukrainiens sont même devenus les meilleurs experts au monde de la lutte contre les drones Shahed que l’armée russe achetait à l’Iran avant de les fabriquer en Russie. En échange, le président ukrainien espère recevoir les missiles Patriot qui lui font cruellement défaut pour repousser les offensives russes. Selon Volodymyr Zelensky, plus de 800 de ces coûteux engins ont été tirés au Moyen-Orient pour contrer l’Iran depuis une semaine. C’est plus que tous les missiles Patriot que l’Ukraine a pu utiliser en quatre ans de guerre.
Les drones Shahed mis au point par l’Iran sont si efficaces que les États-Unis les ont copiés. La version américaine s’appelle Lucas ("Low-cost Unmanned Combat Attack System", en français système d’attaque de combat sans pilote à bas coût). Ces nouveaux drones ont été déployés cette semaine pour la première fois par les États-Unis. « Nous l’avons amélioré et nous l’avons renvoyé contre l’Iran », a affirmé l’amiral Brad Cooper, commandant des forces américaines au Moyen-Orient. Mais pour l’instant, ce sont les drones originaux iraniens qui déstabilisent la région.
Publié le 07.03.2026 à 06:45
Le conflit au Moyen-Orient est entré ce samedi dans sa huitième journée. Les bombes israélo-américaines continuent de ravager l'Iran. Les États-Unis ont affirmé vendredi qu'ils avaient frappé plus de 3 000 cibles en une semaine et Israël a mené dans la nuit des frappes « de grande envergure » sur Téhéran.
La République islamique réplique en s'en prenant notamment à ses voisins du Golfe avec ses drones Shahed. La situation est aussi très inquiétante au Liban, où le bilan humain continue de s'alourdir et où le nombre de déplacés se compte en centaines de milliers.
Suivez l'évolution de la situation en direct :
Retrouvez ci-dessous les informations essentielles de ce direct.
07:13
Les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé samedi « attendre » les forces américaines qui doivent escorter les navires marchands à travers le détroit stratégique d'Ormuz, où le trafic maritime est quasiment paralysé à cause de la guerre dans la région.
« Nous attendons leur présence », a déclaré le porte-parole des Gardiens, Ali Mohammad Naini, après l'annonce par le ministre américain de l'Énergie Chris Wright que la marine américaine se préparait à escorter les navires dans le détroit. « Nous recommandons aux Américains, avant de prendre toute décision, de se souvenir de l'incendie du superpétrolier américain Bridgeton en 1987 et des pétroliers qui ont récemment été pris pour cible », a ajouté M. Naini, selon l'agence de presse Fars.
07:07
Le ministre saoudien de la Défense Khaled ben Salmane a appelé samedi l'Iran à la « sagesse » et l'a mis en garde contre « toute erreur d'appréciation », au moment où son pays est pris pour cible par les drones et missiles de Téhéran.
« Nous avons souligné que de telles actions compromettent la sécurité et la stabilité régionales et avons exprimé l'espoir que la partie iranienne fasse preuve de sagesse et évite toute erreur d'appréciation », a écrit le prince Khaled ben Salmane sur X à l'issue d'une rencontre avec le chef de l'armée pakistanaise Asim Munir.
07:00
L'armée iranienne a annoncé ce samedi matin avoir lancé une nouvelle « vague massive d'attaques de drones » contre Israël et les forces américaines, selon un média d'État.
« La marine iranienne a ciblé des bases américaines et les territoires occupés (Israël, non reconnu par l'Iran, NDLR) avec une vague massive d'attaques de drones », ont déclaré les forces armées dans un communiqué transmis par l'agence de presse officielle iranienne Irna. Parmi les cibles mentionnées se trouvent la base d'Al Minhad, aux Émirats arabes unis, qui accueille des soldats américains, une autre base au Koweït ainsi qu'une « installation stratégique » en Israël, selon la même source.
06:58
La stratégie iranienne s’appuie sur les drones Shahed à bas coût qui visent surtout les pays du Golfe. Pour abattre ces engins à moins de 45 000 euros, un missile d’interception coûte jusqu’à trois millions d’euros. L’Ukraine est ainsi appelée à l’aide pour son expertise dans la lutte contre les drones de fabrication iranienne utilisés par la Russie.
>> Lire notre article : Comment l’Iran sème le chaos avec ses drones Shahed low-cost
06:55
Des explosions ont retenti samedi matin à Dubaï, aux Émirats arabes unis, et dans la capitale du Bahreïn Manama. « Les citoyens et les résidents sont invités à rester calmes et à se rendre à l'endroit sûr le plus proche », a notamment écrit le ministère de l'Intérieur du Bahreïn sur X.
06:52
Le ministère saoudien de la Défense a annoncé tôt samedi avoir détruit un missile balistique qui se dirigeait vers la base aérienne du prince Sultan, qui abrite des militaires américains.
« Un missile balistique lancé en direction de la base aérienne du prince Sultan a été intercepté et détruit », a écrit le porte-parole du ministère sur X, sans fournir plus de détails. Le site se trouve au sud-est de la capitale, Ryad.
06:50
Israël bombardait tôt samedi la capitale iranienne Téhéran, après que Donald Trump a dit vouloir la « capitulation » de l'Iran. « Tsahal a entamé une vague de frappes de grande ampleur » contre des cibles gouvernementales dans la capitale iranienne, selon un communiqué de l'armée israélienne diffusé dans la nuit de vendredi à samedi.
Cela survient peu après que l'armée a dit avoir détecté une nouvelle salve de tirs de missiles iraniens en direction d'Israël. Une série d'explosions a été entendue à Tel-Aviv après ces tirs iraniens, provenant apparemment de l'interception des missiles par les défenses israéliennes. L'armée a ensuite publié un communiqué indiquant que les habitants étaient libres de quitter leurs abris « dans toutes les régions du pays ».
Les opérations militaires « se déroulent très bien », s'est félicité vendredi soir le président américain, qui avait assuré auparavant sur son réseau Truth Social qu'il n'y aurait « pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION ! »
06:46
Des frappes « de grande envergure » sur Téhéran. Israël a lancé tard vendredi des frappes « de grande ampleur » sur la capitale iranienne, tandis que la télévision d'État de la République islamique faisait état d'une explosion dans la partie ouest de la ville. Cette annonce est intervenue peu après que l'armée de l'État hébreu a dit avoir détecté une nouvelle salve de tirs de missiles iraniens en direction d'Israël.
Trump veut la « capitulation » de l'Iran. Donald Trump a exigé vendredi une « capitulation » de l'Iran et indiqué qu'il entendait s'impliquer à la fois dans le choix des futurs dirigeants du pays et dans sa reconstruction future. « Il n'y aura pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION! », a-t-il écrit sur son réseau Truth Social. De son côté, le président russe, Vladimir Poutine a appelé à un cessez-le-feu « immédiat ».
De nouveaux morts et déplacés au Liban. Israël ne frappe pas seulement l'ennemi iranien. L'État hébreu vise aussi les formations pro-Iran, comme le Hezbollah au Liban. Vendredi soir, au moins 9 personnes ont été tuées et 17 autres blessées dans des frappes sur l'est du Liban. Des recherches étaient en cours pour récupérer des survivants sous les décombres. Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) estime que 300 000 personnes sont déplacées à l'intérieur du Liban.
Le prix du pétrole continue de flamber. En une semaine de conflit au Moyen-Orient, le prix du baril de pétrole a bondi de près de 30%. Le baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, a clôturé à 92,69 dollars vendredi, soit une augmentation de plus de 8% par rapport à la veille, et de 27,88% sur la semaine. Son équivalent américain, le baril de WTI, a terminé à 90,90 dollars, en hausse de plus de 12% sur la séance et de 35,63% sur la semaine.
En France, une concertation des partis politiques mercredi. Le Premier ministre réunira mercredi prochain les partis politiques, ainsi que les présidents des deux chambres et des commissions parlementaires concernées, pour les informer de « l'état de la menace et du positionnement de la France » face à la guerre au Moyen-Orient, a annoncé Matignon vendredi. Le briefing sera conduit par Sébastien Lecornu et plusieurs ministres « dans un cadre confidentiel ».
06:45
Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré à l'évolution de la situation au Proche et Moyen-Orient.
Publié le 07.03.2026 à 06:30

À peine l’encre des négociations commerciales sèche, les cartes risquent d’être rebattues. Et d’amener les consommateurs à revoir (encore) leurs habitudes de courses. Comme chaque année, grande distribution et industriels de l’agroalimentaire se sont accordés sur les prix en rayon. Si le chocolat a cristallisé les tensions, en définitive, la hausse des tarifs restera limitée sur la majorité des produits de grande consommation.
On se dirige vers une augmentation globale de 1 %, selon le cabinet de Serge Papin, le ministre du Commerce. Cette hausse est dans la lignée de celle l’année précédente. « Il y a eu une très violente hausse de tarifs en 2022-2023 mais qui était assez exceptionnelle » avec la guerre en Ukraine « et a concerné tous les rayons », en raison « du coût de certaines matières premières notamment du prix de l'énergie et des céréales », explique Grégory Caret, directeur de l’Observatoire de la consommation de l’UFC-Que Choisir. Depuis, les prix ne sont pas redescendus, mais évoluent peu d’une année sur l’autre.
Sauf sur la viande de bœuf et de veau. « On observe quasiment 7-8 % sur un an », note Grégory Caret. « La principale raison de la hausse des prix des viandes bovines et de veau est la décapitalisation du cheptel bovin, en France comme en Europe, aggravée récemment par les crises sanitaires, ce qui réduit progressivement le potentiel de production. En huit ans, la France a perdu plus d’un million de vaches, réduisant mécaniquement l’offre disponible, soit une baisse de 15 %. À cela s’ajoute l’inflation générale, qui a touché l’ensemble des produits alimentaires ces dernières années et qui contribue aussi à l’évolution des prix », répond Interbev, l’Association nationale interprofessionnelle du bétail et des viandes.
Avec pour conséquence, des changements d’habitudes d’achat. La hausse des prix en 2022 a conduit les acheteurs à « trouver des parades et ils ont adapté leur panier de consommation. Ils ont en partie décidé de mettre un peu plus de marques de distributeurs plutôt que des marques nationales. Et puis ils ont sorti certains produits chers du panier et les ont remplacés par d’autres. Par exemple, il y a moins d’achats de viande, d’alcool, de boissons sucrées, de sodas, etc. Et davantage d’œufs », explique Grégory Caret. Avec la guerre au Moyen-Orient, les consommateurs vont-ils devoir à nouveau s’adapter à une hausse des prix ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais la hausse du pétrole pourrait entraîner une reprise de l’inflation jusque dans les rayons.
Près d’un quart des Français (21 %) restreignent leurs achats alimentaires pour des questions de budget, selon la dernière étude du Credoc (*) publiée mercredi. Et sur ce pourcentage, « ce sont 7 consommateurs sur 10 qui se privent en priorité des achats plaisirs comme les confiseries, les biscuits ou le chocolat », précise Mathilde Gressier, cheffe de projet au sein du centre de recherche et coautrice de l’étude. Cet arbitrage - qui avait déjà été constaté au deuxième semestre 2025 sur fond d’incertitude politique et budgétaire – va-t-il se poursuivre après les négociations commerciales qui viennent de prendre fin ?
La hausse des prix du chocolat a été au cœur des tensions. Le cours du cacao a flambé il y a un an. Mais est à la baisse depuis l’été 2025. La grande distribution voulait des réductions de prix, les industriels, eux, ont plaidé que le chocolat fabriqué aujourd’hui l’a été avec les fèves de cacao achetées au prix fort. L’augmentation finale pourrait atteindre jusqu’à 25 %. À tel point que le patron du groupe Les Mousquetaires (Intermarché), Thierry Cotillard, a annoncé mardi « déréférencer » de ses rayons plusieurs grandes marques de chocolat. Il va falloir s’habituer à voir grimper les prix de certains produits. « C’est une situation à laquelle les consommateurs vont malheureusement devoir s’adapter. Entre les tensions d’approvisionnement dues au changement climatique, aux crises internationales et la croissance de la demande, la hausse des cours sur certaines matières premières est inévitable », selon le cabinet du ministre du Commerce.
« Il faut que les acteurs puissent ajuster leurs tarifs en fonction des besoins »
Pour Philippe Goetzmann, expert de la grande distribution, la hausse des prix en supermarché restera sous contrôle… sauf si la guerre au Moyen-Orient dure.
Comment vont évoluer les prix en rayon à l’issue des négociations commerciales qui viennent de s’achever ?
« La hausse des prix sera limitée, de l’ordre de 1 %. Les consommateurs ne la verront pas immédiatement en rayon : entre la fin des négociations commerciales et leur application, il faut compter quelques semaines. Elles devraient être effectives à la mi-avril, avec des impacts limités. Nous sommes sur la même tendance que les années d’avant-Covid, marquées par des petites hausses et des petites baisses sur certains produits. Les évolutions des prix ne sont pas nouvelles, elles sont dans la suite des hausses des matières premières observées ces derniers mois. »
Lesquelles ?
« On a vu par exemple des tensions sur le cacao, qui ont impacté le chocolat. Mais aujourd’hui, avec le début du conflit au Moyen-Orient, les paramètres changent. Ce n’est pas tant les prix des denrées agricoles qui vont avoir un impact, que la hausse possible des coûts de l’énergie. Or, ces données sont nouvelles, et n’étaient pas dans les négociations qui se sont achevées début mars.
Il est encore trop tôt pour le dire, mais en 2022, lors du déclenchement de la guerre en Ukraine, les hausses des prix étaient d’abord liées à des problématiques de transport d‘énergie, de coût du cartonnage, de coût de la logistique… De mon point de vue, le système de négociation actuel en France est totalement obsolète et n’est plus adapté à la réalité. Il faut que les acteurs économiques puissent ajuster leurs tarifs en fonction des besoins du moment, qu’ils soient liés à des événements géopolitiques ou des événements climatiques. En 2022, le gouvernement avait dû rouvrir les négociations, à peine celles-ci achevées, pour s’adapter au nouveau contexte mondial. »
Quelles sont les évolutions des comportements des consommateurs avec l’inflation ?
« Les consommateurs arbitrent non pas en fonction de l’inflation globale mais du niveau de prix sur certains produits. Prenons l’exemple de la viande : quand le prix leur semble trop élevé, les consommateurs se tournent vers d’autres viandes ou d’autres protéines. C’est une des clés de l‘évolution de la consommation de volaille. Avec un risque pour ces produits : une fois qu’on s’en détourne, la consommation ne revient pas un niveau identique. »
Propos recueillis par Élodie Bécu
(*) Centre de recherche pour l‘étude et l’observation des conditions de vie.
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