Publié le 07.02.2026 à 06:00
Circulation. Les six raisons pour lesquelles vous restez scotchés dans des bouchons en Savoie

C’est sans aucun doute le principal nœud du problème : lorsque le réseau routier actuel de la Savoie a été finalisé, Danse avec les loups cartonnait au cinéma et les tubes qui passaient à la radio étaient Wind of change de Scorpions, Saga Africa de Yannick Noah ou encore Ice Ice baby de Vanilla Ice. Toute une époque, capillaire notamment. Ici, on préparait surtout les Jeux olympiques de 1992. Gros coup de boost pour l’infrastructure de transport, avec l’objectif de pouvoir absorber un flux de 20 000 véhicules dans chaque sens. Une dinguerie, dans le contexte d’alors.
Sauf que voilà, cette ambition a aussi mal vieilli que Vanilla Ice. Le trafic a continué à croître, encore et encore. Même hors vacances scolaires, on dépasse aujourd’hui régulièrement les 30 000 véhicules. Les gros chassés-croisés de février, on est au-delà des 50 000 le samedi dans chaque sens en Savoie (record à 42 215 à la montée rien que dans la vallée de la Tarentaise en 2020). Bref, la thrombose est chronique et incurable. La société a aussi changé, car même avec la perspective des JO 2030, personne n’ose parler d’une mise à niveau du réseau. Pour vous consoler, considérez qu’avant l’époque des Bronzés font du ski, il fallait affronter des routes nationales à partir de Bourgoin-Jallieu. De Paris et au-delà, un voyage en un seul jour était inenvisageable.
Pour faire des bouchons, il faut aussi beaucoup de gens qui vont au même endroit parce que c’est cool. Sachez que la Savoie compte 52 à 58 stations, ça dépend comment on compte, et que selon des sources officielles, près de 50 % de sa richesse produite chaque année vient de l’industrie de la neige. Directement ou par ruissellement, comme dirait l’autre. Le département compte plus de 750 000 lits touristiques, soit juste un peu moins que la population de la ville de Marseille. Et si vous voyez autant de plaques étrangères autour de vous, c’est parce qu’au moins trois méga-domaines de Tarentaise bataillent dans le top 10, voire le top 5 mondial, avec une neige encore quasi-garantie.
La Plagne, par exemple, est considérée comme l’espace de sports d’hiver le plus fréquenté au monde avec quelque 2,5 millions de journées-skieurs chaque hiver. Sachant qu’en Maurienne, dans les Bauges, en Chartreuse et dans le Beaufortain, on trouve aussi une belle offre de stations plus familiales. Toutes ces clientèles se retrouvant joyeusement sur les mêmes autoroutes.
Et si on vous disait qu’en plus, on crée volontairement des bouchons rien que pour vous ? On vous entend déjà râler à l’approche du tunnel de l’Épine, du Siaix ou de Dullin. “Mais pourquoi ils ferment les barrières ces idiots ?” “Mais pourquoi on doit rouler sur une voie et pas sur deux, ça fluidifierait tout bon sang !” Arrêtez de brasser de l'air, c’est pour votre sécurité et ça ne changera jamais.
Au fin fond de votre mémoire, vous connaissez même l’origine de ces procédés. L’incendie du tunnel du Mont-Blanc, mars 1999, 39 morts brûlés vifs dans des conditions atroces, 53 heures de brasier à 1 000 °C, des secours totalement impuissants. Depuis, en Savoie comme ailleurs en France, on ne laisse sous aucun prétexte un bouchon se former dans un tunnel. Le système est aussi conçu pour éviter de se prendre un rocher de 30 tonnes sur le coin de la figure, comme l’an dernier sur la RN90. Et si vous mettez trois heures à traverser le massif de la Chartreuse, faites coucou à la grosse boîte vitrée avant l’Épine et au bâtiment genre Rubix’cube à la sortie d’Albertville : ce sont les PC César et Osiris, où sont gérées toutes ces régulations.
L’autre héritage de l’époque héroïque des stations, c’est l’habitude de proposer des réservations du samedi au samedi. Toute l’organisation des séjours aux sports d’hiver était calée sur cette norme, avec pour conséquence de voir tout le monde arriver ou repartir le même jour. Aujourd’hui, le séjour du dimanche au dimanche n’est plus un tabou : des hébergeurs aux écoles de ski, le “dimanchisme” gagne des points. Mais pas encore assez. Sur le dernier week-end de janvier par exemple, déjà teinté de rouge et de noir sur les prévisions, le samedi représentait encore 44 % des trajets, le dimanche 27 % et le vendredi 29 %. L’effet “vacances scolaires” ne faisant en général qu’accentuer le trafic du samedi.
D’après l’Association nationale des maires des stations de montagne, en près de 10 ans, c’est une centaine de trains vers les stations qui ont été supprimés. Les personnes transportées en train dans les grandes destinations ski ne représentaient l’an passé que 0,6 % des vacanciers. Des liaisons directes depuis l’étranger ont été supprimées, puis rétablies, ou pas, mais quoi qu’il en soit, l’offre reste ténue. Ou ridicule, selon les points de vue.
Alors oui, suite à la mobilisation des acteurs locaux, les choses commencent à bouger un peu. Mais pas de quoi soulager réellement les routes. Notons aussi que personne ne s’est vraiment attaqué aux principaux problèmes du train pour aller à la neige, à savoir la gestion du volume de bagages et l’intermodalité sur le dernier tronçon, entre la gare de destination et les stations.
Marrant, le coup de la loi qui existe mais qui ne sert strictement à rien ? La plaisanterie dure et finit par agacer vraiment beaucoup en Savoie. Les équipements spéciaux (pneus hiver, chaînes, chaussettes) sont obligatoires du 1er novembre au 31 mars sur toutes les routes de Savoie depuis 2021, mais en théorie seulement. Suite à l’épisode des gilets jaunes, les ministères concernés ont une monstre trouille (expression chamoniarde sous copyright) à l'idée de faire réellement appliquer la loi à coups de contraventions et d’immobilisation de véhicules. Résultat, le 10 janvier dernier, la circulation a encore viré au cauchemar sur les axes menant à la vallée des Belleville (Les Menuires, Val Thorens) et 800 naufragés de la route ont été accueillis.
Notamment en raison d’un nombre conséquent d’automobilistes non-équipés, plantés ans la neige comme des otaries en plein désert. Pour que les choses bougent, il faudra donc attendre un nouvel Armageddon de la circulation, tel celui du 27 décembre 2014 où 15 000 personnes avaient dû être prises en charge dans toute la Savoie suite à un chassé-croisé généreusement arrosé de neige. Ce qui n’est, concrètement, qu’une question de temps.
Publié le 07.02.2026 à 08:26

L'avocat du père d'une victime de l'incendie de Crans-Montana, qui a fait 41 morts et 115 blessés la nuit du nouvel an dans la station de ski suisse, a réclamé vendredi la récusation des procureures chargées de l'enquête, qu'il accuse de « grave manquements ».
Dans une « requête de récusation », l'avocat Garen Ucari a réclamé le désistement des magistrates du fait de « l'existence d'un nombre inédit de graves manquements et de graves erreurs (...) dans la conduite de la procédure ».
Ces manquements sont selon lui « incompatibles avec les exigences d'une procédure équitable (...) a fortiori dans un dossier d'une telle ampleur et d'une telle sensibilité ».
L'avocat, qui représente le père d'une jeune victime décédée, accuse le trio de procureures chargées de l'enquête de laxisme, et demande leur récusation, ainsi que celles de la procureure générale du canton du Valais, Béatrice Pilloud, et de son adjointe, Catherine Seppey.
En écho aux critiques de plusieurs avocats et proches de victimes depuis le début de l'affaire, Me Ucari a notamment pointé l'absence de mesures « visant à pallier un risque de collusion », notamment la privation de liberté du couple de Français propriétaire du bar, dès le début des investigations.
Il a également regretté que les magistrates aient tardé à effectuer des « perquisitions de locaux et des séquestres de documents », d'enregistrements et de téléphones portables.
Selon lui, ces « erreurs ont conduit notamment à la disparition ou à la pollution potentielle de moyens de preuve, en particulier ceux à charge, à la favorisation objective des prévenus et à la violation des droits des parties plaignantes ».
Cette requête a été adressée au ministère public valaisan, qui devra se déterminer avant de transmettre au tribunal cantonal, qui sera chargé de statuer, a expliqué une source proche du dossier. « Cette demande de récusation ne pouvait pas ne pas advenir. La multiplication des interrogations et des improbations en est la source. Pour les victimes, nous ne pouvons qu’espérer des décisions rapides des instances judiciaires », a réagi Me Sébastien Fanti, qui représente quatre familles de blessés.
Cette requête survient au moment où les magistrates conduisent une série d'auditions dans cette affaire. Vendredi, l'actuel responsable sécurité et incendie de Crans-Montana était interrogé sur l'absence de contrôles incendie dans le bar Le Constellation depuis 2019, alors que ces contrôles doivent être effectués tous les ans.
Jacques Moretti, le co-propriétaire du bar incendié a assuré vendredi que le couple ne passait « pas un seul instant » sans penser aux victimes du drame. « Pas un seul instant nous ne pensons pas aux victimes, pas un seul instant que Dieu fasse », a assuré Jacques Moretti à son arrivée à Sion pour une nouvelle audition dans le cadre de l'enquête pénale ouverte contre le couple pour « homicide par négligence, lésions corporelles par négligence et incendie par négligence ». « La procédure continue, on va se battre en espérant que la vérité soit mis à jour », a-t-il ajouté.
Publié le 06.02.2026 à 23:43

Les Jeux olympiques peuvent enfin commencer ! Après la première épreuve jeudi, le snowpark de Livigno a revêtu son habit de lumière ce vendredi soir pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Pendant que San Siro faisait la fête, à 237 km de là, la station de la Valtelline lançait, elle aussi, ses festivités, comme dans tous les autres clusters de ces Jeux d’hiver.
À la nuit tombée, plusieurs milliers de personnes se sont massées au pied du snowpark, postées devant les deux écrans géants qui retransmettaient en direct l’événement. L’ambiance a alors mis du temps à prendre, même pendant l’hymne national italien. C’est au moment du défilé des athlètes, traversant l’aire d’arrivée, que la cérémonie a pu enfin prendre vie sur place à Livigno. Mais le public éloigné à plusieurs dizaines de mètres du défilé n’a pas vraiment pu s’enflammer jusqu’au passage de l’importante délégation italienne, qui suivait les Français.
Les Bleus, emmenés par les porte-drapeaux Chloé Trespeuch et Clément Noël ont pu fièrement représenter la délégation française, à l’image d’une petite chorégraphie improvisée au moment de s’élancer. Un beau moment pour le skieur : « C’est un moment unique, particulier dans une carrière. C’est court, on n’a pas fait un grand grand défilé, mais c’était de bons moments de partage avec toute la délégation et on était quand même pas mal ici à Livigno. Ce n’est pas le stade San Siro et je pense que c’était une ambiance un peu différente, mais on en a profité, on était tous heureux d’être là et je suis fier d’avoir porté le drapeau avec Chloé et toute la délégation. Je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir vécu une cérémonie, il faut se l’avouer. J’ai vécu un défilé avec un drapeau, ce qui est déjà magnifique. Je prends conscience de cette chance-là, peu de gens l'ont dans une carrière et j’espère pouvoir vivre des cérémonies dans de gros stades avec plein de gens, mais là, pour la logistique, c’était pratique de faire ça à Livigno et ils ont très bien organisé ça. C’était un beau moment, je n’ai pas forcément vécu la cérémonie d’ouverture, j'ai eu beaucoup d'attente et un petit moment suspendu après. »
Même bonheur pour la snowboardeuse : « C’était chouette. C'était beaucoup de préparation mais à la fois, ça fait monter l’ambiance et c’est aussi l’occasion de partager un peu avec les athlètes ce moment. Ça passe hyper vite en fait, c’est super court, donc super intense. On a essayé de faire une petite chorégraphie, sûrement que ça s’est pas vu, mais nous, on a apprécié le moment. On s’est dit que c’était tellement court et qu’une seule fois dans une vie donc qu’on pouvait essayer d’initier une petite idée en cercle. Moi ça venait de ma famille qui me disait « Chloé tu ne peux pas défiler en faisant rien, c’est impossible. C’est une fois dans une vie donc tu essaies de faire quelque chose d’original. Ça a fait une petite émulation de groupe aussi donc c’était cool. Les autres cérémonies que j’ai faite, c’était dans le stade, donc peut-être plus d’ambiance extérieur mais là avec ce rôle de porte-drapeau et juste d’avoir le grand drapeau dans les mains, ça rend le rôle un peu symbolique, assez fort. Emotionnellement, c’est des jolis moments. C’est qu’une fois dans une vie, donc tu as envie de profiter. »
Un petit moment cocasse au moment du passage des Bleus : à Predazzo, le fondeur Jules Lapierre a lancé le défilé avec une chute tout en contrôle. Les JO sont lancés.
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