Publié le 20.05.2026 à 06:00
Témoignages. Affaire Patrick Bruel : les fans du chanteur entre déni et sentiment de « trahison »
Défendre coûte que coûte son idole ou regarder les accusations en face et rompre sa passion. Les fans de Patrick Bruel, comme ceux de Gérard Depardieu ou Richard Berry avant eux, se divisent depuis que l’artiste est accusé de viol et d’agression sexuelle par plusieurs dizaines de femmes, dont au moins 12 ont porté plainte contre lui. Ils sont nombreux à avoir répondu à notre appel à témoignages, autant pour le soutenir et attaquer les victimes présumées que pour faire part de leur déception ou d’un sentiment de trahison.
Marion, 37 ans, se range dans la première catégorie. Cette habitante d’Orgeux (Côte-d’Or) est fan de Patrick Bruel depuis l’enfance. « J’ai acheté mes places pour le concert du mois d’octobre au zénith de Dijon et je compte bien y aller. Je n’ai pas de cas de conscience car, pour l’instant, il n’est coupable de rien, explique-t-elle. Ses musiques m’ont toujours apporté du bien-être et tous ces témoignages ne changent rien. Patrick m’accompagne depuis tellement longtemps que j’aurais vraiment du mal à ne plus l’écouter… Ce serait impossible ! » Originaire de Gap (Hautes-Alpes), Colette, 71 ans, préfère retenir le « formidable acteur ». Elle ajoute que « fut un temps où son charme était ravageur ».
Un argument qui ne dément en rien les accusations qui pèsent contre Patrick Bruel, mais qui est repris par plusieurs de ses fans. Certains sont encore plus durs avec celles qui ont témoigné ces derniers jours. Des « opportunistes qui espèrent obtenir une confortable somme d’argent » pour Michel, 69 ans, d’Emmerin dans le Nord. « C’est un peu facile de coucher avec la star et revenir des années après en disant “j’étais mineure”, etc. », lâche Muriel (51 ans) depuis les Vosges, ignorant le rapport de domination que peuvent induire la notoriété d’un agresseur et la différence d’âge avec sa victime. Flavie Flament, qui accuse le chanteur de l’avoir violée en 1991, est même qualifiée d’« animatrice sur le déclin qui essaie d’avoir son quart d’heure de gloire » par Joël, 72 ans, un habitant de Haute-Saône.
Les réactions divergent au sein du public et des fans de Patrick Bruel, accusé de violences sexuelles. Photo d’archives EBRA/LER /Lionel Vadam
Loin de ces propos à l’emporte-pièce, d’autres choisissent de croire les femmes qui ont brisé le silence. Ce sont les « autres fans » comme le dit Morgane, de Brest. « Celles qui ont profondément aimé l’artiste, mais qui ne peuvent plus le soutenir. » La Bretonne de 40 ans explique être fan de Patrick Bruel « depuis [ses] 15 ans ». « Ses chansons m’ont transpercée et ont accompagné toutes les étapes de ma vie. J’ai été membre du fan-club, j’ai assisté aux balances avant certains concerts. » Mais « aujourd’hui, je réalise aussi à quel point, quand on admire quelqu’un, on peut choisir de ne pas voir ce qui dérange. J’ai pleuré d’avoir eu le sentiment d’avoir été trompée pendant 25 ans et de ne plus savoir quoi faire de tous ces merveilleux souvenirs désormais entachés », raconte-t-elle. Face à « l’impossibilité de dissocier l’homme de l’artiste », elle n’ira pas au concert pour lequel elle avait déboursé 138 euros.
Morgane est loin d’être la seule à avoir tourné la page Bruel. Karim, 43 ans, si dit « extrêmement déçu ». « Il nous a trahis », estime l’Isérois. Même chose pour Pascale, 62 ans, de Besançon (Doubs), qui ressent « presque un sentiment de sidération » depuis l’éclatement de l’affaire. Pour Nathalie, 51 ans, Patrick Bruel, « ce sont des souvenirs qui ont marqué au fer rouge ma jeunesse ». « Les faits dont il est accusé sont venus ébranler ou plutôt détruire ce passé heureux, regrette-t-elle. Je le vis comme une trahison totale à l’égard de son public, à l’égard de mon histoire, à l’égard des femmes. » La Niçoise s’offusque de l’attitude du chanteur, qui poursuit ses représentations malgré le scandale, et elle s’adresse à lui : « Monsieur, faites-vous petit, baissez les yeux. Sans le public vous n’êtes plus rien. Vous le savez et je suis sûre qu’aujourd’hui, vous tremblez. »
3919 - Violences femmes info
Un numéro d'appel national, le 3919, est dédié à l'écoute et à l'orientation des femmes victimes de violence. Appel gratuit et anonyme, service accessible 24h/24 et 7 jours sur 7.
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Publié le 19.05.2026 à 20:09

Ce mardi 19 mai en milieu d’après-midi, de nombreux véhicules de gendarmerie ont été déployés aux abords du collège Le Semnoz, sur la commune déléguée de Seynod, à Annecy, suite à une agression au couteau impliquant plusieurs individus mineurs.
Les faits se sont produits aux alentours de 16 h 30 à la sortie de l’établissement. Un adolescent de 14 ans a été légèrement blessé. Touché au niveau du cuir chevelu, ce dernier a été pris en charge par les sapeurs-pompiers mais son état n'a pas nécessité son évacuation à l'hôpital.
Selon nos informations, peu avant 16 h 30, un groupe comptant sept ou huit mineurs, tous habillés en noir de la tête aux pieds, s'en est pris à un collégien à la sortie de l'établissement. Sur la base des premiers témoignages, les gendarmes de la brigade de Seynod, appuyés par les militaires du peloton de surveillance et d'intervention (Psig) d'Annecy, ont quadrillé le secteur pour retrouver les protagonistes.
Cinq mineurs soupçonnés d’avoir participé à l’agression collective, ont rapidement été identifiés, interpellés et placés en garde à vue par les gendarmes. L’un des mineurs activement recherché a été interpellé à un arrêt de bus de l’avenue de Champ Fleuri. Selon nos informations, ces derniers ont tous été formellement reconnus par la jeune victime. Deux mineurs restent activement recherchés.
Une enquête de gendarmerie a été ouverte pour déterminer les circonstances et les raisons ayant conduit à la violente agression en réunion.
« Grâce à l’intervention du personnel du collège puis l’arrivée très rapide des forces de l’ordre et des secours, la vie du jeune n’est pas en danger », a confirmé le maire d’Annecy Antoine Armand qui s’était immédiatement rendu sur place. « Ce n’est pas admissible que des enfants de 14 ans soient armés de couteaux et s’attaquent à leurs camarades devant leur établissement. Face à cette violence, il n’y aura ni banalisation, ni résignation », insiste le maire d’Annecy.
« Face à ce type de situation difficile à gérer pour nos équipes, c’est toujours la stupéfaction », a réagi Frédéric Bablon, directeur académique des services de l’éducation nationale de la Haute-Savoie (Dasen). « Je vais suivre de très près ce dossier. Des gardes à vue sont en cours, je reste en lien étroit avec la gendarmerie et la direction de l’établissement que j’entends accompagner au mieux pour établir les causes de cette agression. »
Si les faits se sont produits à l’extérieur, le directeur académique ne cache pas son inquiétude. « Heureusement que les collèges restent encore des sanctuaires mais on ne peut pas accepter de telle rixe à la sortie de nos établissements », poursuit Frédéric Bablon qui prévient qu’il sera « très attentif au suivi des cas de chacun des élèves impliqués » et qui s’interroge : « Que se passe-t-il dans la tête des jeunes pour en arriver à de tels comportements ? Il nous faut démêler ces histoires de bandes, tout en diffusant à nouveau des messages de prévention et de sensibilisation au sein de l’établissement. »
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