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Dauphiné Libéré


Publié le 02.06.2026 à 21:28

Doubs. Accusé à tort pour cruauté animale sur des chatons, un jeune Savoyard menacé de mort : sa famille témoigne

La vidéo est glaçante. Le rire strident de l’adolescent en arrière-plan ne fait qu’ajouter à l’horreur des images. Depuis quelques jours, un enregistrement d’une minute montrant un garçon en train d’empaler des chatons avec une fourche, et d’en écraser un autre avec sa botte, est relayé massivement sur les réseaux sociaux. À l’heure où nous écrivons ces lignes, plusieurs millions de personnes en France et à l’étranger ont visualisé cette infamie.

Rapidement, les internautes se sont mis en quête de retrouver l’auteur des faits. Ignorant que ce dernier, un adolescent de 16 ans, avait été interpellé dès ce lundi matin 1er  juin par les gendarmes du Doubs, comme l’ont révélé nos confrères de L’Est Républicain. Malheureusement, la machine n’a cessé de s’emballer. Sans que les enquêteurs ne soient en mesure de l’expliquer, des centaines de personnes ont diffusé un nom, celui de Quentin Laby, un Savoyard âgé de 19 ans. Avec son adresse, celle de ses parents et du reste de sa famille. Une fausse information qui continue aujourd’hui de prendre de l’ampleur, au point de devenir désormais « un phénomène européen », comme l’indiquent plusieurs sources judiciaires.

« Mon fils Quentin Laby n’y est pour rien dans tout ça »

Car « mon fils Quentin Laby n’y est pour rien dans tout ça », hurle sa mère, Marie. La famille de ce jeune homme victime d’usurpation d’identité a accepté de témoigner en exclusivité au Dauphiné Libéré. Et de raconter, non sans mal, le calvaire qu’elle subit depuis près de 48h. « Tout a commencé ce lundi soir. En l’espace de quinze minutes, j’ai reçu un coup de fil de mon frère, puis de mes amis, qui me disaient que le nom de mon fils était partout sur Snapchat et TikTok. On m’a envoyé la vidéo ignoble à laquelle des gens l’associaient et j’ai immédiatement compris que ce n’était pas lui. »

« On va venir vous cramer, toi et tes parents »

Reste que le supplice ne faisait que commencer. « Alors que je me rendais avec mon enfant au commissariat pour porter plainte, j’ai commencé à recevoir des dizaines d’appels et de messages d’inconnus, qui me menaçaient de mort. Et depuis on nous a appelés au moins 300 fois », s’émeut la mère de famille. Qui ne comprend toujours pas comment son numéro de téléphone personnel a pu se retrouver sur ces plateformes. Lors de notre entretien, la main tremblante et les larmes aux yeux, elle se désole de constater que le flot d’insultes et de menaces ne désemplit pas.

Chaque minute ou presque, le téléphone sonne. Des appels en provenance de toute la France, mais aussi de Suisse ou encore de Belgique. « On va venir vous cramer, toi et tes parents, dans votre maison de merde », lance une jeune fille. « Faites attention à vous, vous n’êtes plus en sécurité nulle part », s’écrie un jeune homme.

Face à tant de haine, « nous n’avons pas dormi depuis deux jours, s’émeut Thomas, le beau-père de Quentin, en tenant la main de sa compagne pour la réconforter. On a peur pour nos enfants. Certaines de ces personnes ont pris en photo la maison des grands-parents et l’ont diffusée. La police nous a dit que d’autres individus se sont organisés en groupe de trente pour venir sur Chambéry nous faire la peau et filmer leur acte. » Depuis lundi soir, la famille vit calfeutrée, sans même aller au travail. « Nos gamins, on va les envoyer ailleurs pour le moment, pour être sûr qu’il ne leur arrive rien. Mais, nous, on se dit que demain on peut crever à cause de cette fake news », s’énerve Thomas, abasourdi par l’ampleur de cette affaire.

Les forces de l’ordre et la justice pleinement mobilisées

Une affaire prise très au sérieux par les forces de l’ordre et la justice, « au niveau national ». La gendarmerie et le service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ) de Chambéry sont pleinement mobilisés afin de retrouver le ou les responsables de cette fausse information.

Le SIPJ confirme que le véritable auteur des actes de cruauté « a été identifié et interpellé dans une autre région ». Et d’ajouter : « Les auteurs de menaces ou de fausses accusations sont passibles de sanctions. Sur les réseaux sociaux l’injure est un délit puni de 12 000 euros d’amende. La dénonciation mensongère est un délit puni de 6 mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende. » Une chose est sûre, « une fois que cette affaire sera derrière nous, nous demanderons des réparations. Tous les numéros ont été communiqués au procureur. Ceux qui font injustement subir de telles choses à des familles doivent être punis », conclut la mère de Quentin Laby.

« L’école a participé à diffuser cette fausse information »

L’autre élément important de cette affaire est très certainement l’implication d’un établissement scolaire dans la diffusion de cette fausse information. En effet, le CFA maison familiale et rurale Le Fontanil, situé à Saint-Alban-Leysse, près de Chambéry, dans lequel Quentin Laby est scolarisé, a publié un communiqué sur ses réseaux sociaux ce mardi. Indiquant, par la voie de son directeur M. Jacob, qu’il se désolidarisait des faits de cruauté envers un animal, imputés à son apprentis.

Précisant, par ailleurs, que ce dernier était absent de l’école depuis six mois. Et que la vidéo n’avait pas été réalisée dans l’enceinte du CFA. Un communiqué également envoyé à l’ensemble des élèves et de leurs parents. Ce qui n’a pas manqué de mettre de l’huile sur le feu et de raviver l’acharnement contre le jeune homme sur les réseaux sociaux. « C’était une fake news et je m’en excuse. Nous avons reçu une centaine de coups de fil dans la journée donc nous nous sommes dit qu’il fallait communiquer rapidement. Quentin faisait bien partie de notre établissement, mais la police m’a dit qu’il n’avait rien à voir avec toute cette affaire. Il subit une usurpation d’identité. Nous allons immédiatement publier un nouveau communiqué pour rectifier tout ça. »

Pour Marie, la mère de la victime, « c’est déjà trop tard. Le mal est fait. Comment ont-ils pu faire ça sans vérifier ? Ne sont-ils pas censés protéger leurs élèves ? s’emporte la quadragénaire. En réalité, l’école de mon fils a participé à diffuser cette fausse information et donc à mettre notre famille en danger. Nous allons également porter plainte contre eux. » Affaire à suivre…

G.B.

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Publié le 02.06.2026 à 21:14

Gers. Disparition de Lyhanna, 11 ans : le suspect était visé par une plainte pour viols

Les recherches, coordonnées par les gendarmes, continuent ce mardi pour tenter de retrouver Lyhanna, collégienne de 11 ans portée disparue à Fleurance, dans le Gers, au lendemain de la mise en examen d'un homme de 41 ans pour enlèvement. La jeune fille a été vue pour la dernière fois vendredi vers 15 heures devant le collège de Fleurance, un bourg de 6 000 habitants à 80 km à l'ouest de Toulouse.

Le principal suspect interpellé samedi et placé en garde à vue a été mis en examen lundi pour enlèvement et placé en détention provisoire. Il connaissait bien Lyhanna car sa fille est une amie de la disparue.

Le parquet de Toulouse a fait savoir qu'il fait l'objet d'une plainte pour viols sur une fillette de 10 ans. « Une plainte a été déposée le 22 août pour viols sur mineure de moins de 15 ans à la brigade de gendarmerie de Plaisance du-Touch (près de Toulouse). Ces faits ont donné lieu à un début d’enquête, mais comme les faits s’étaient déroulés à Montastruc-sur-Gers, mon parquet a demandé que cette procédure soit adressée au parquet d’Auch, parquet compétent. Le dessaisissement a été acté début novembre », a déclaré à l’AFP le procureur de Toulouse David Charmatz, confirmant une information de BFM-TV.

La famille dans l'attente

Lundi soir au tribunal d'Agen, devant le juge, ce père de famille a refusé de s'exprimer et de répondre aux questions lors de son interrogatoire de première comparution, a informé le procureur d'Agen Olivier Naboulet. Dimanche, la procureure d'Auch Clémence Meyer avait annoncé que l'homme avait déclaré avoir déposé Lyhanna à la piscine de la commune, des déclarations « jugées incohérentes et imprécises ». Contacté, l'avocat de la famille de la disparue, François Roujou de Boubée, dit que la seule attente de ses proches « est de retrouver Lyhanna ».

Sur le terrain, à Fleurance et dans les environs, les efforts de recherche pour retrouver Lyhanna ont été accentués lundi avec le renfort d'un escadron de gendarmes mobiles, portant à près de 200 le nombre de militaires mobilisés pour « maximiser notre couverture terrain », a indiqué lundi en fin d'après-midi le colonel Philippe de Laforcade, commandant du groupement de gendarmerie du Gers. Ils ratissent les environs de Fleurance, ont organisé une battue, sondé lacs et rivières, inspecté des champs et des zones boisées, aidés par des drones et hélicoptères, pour l'instant en vain.

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Publié le 02.06.2026 à 18:00

Économie. La France compte 4,8 millions de riches, dont 145 milliardaires : qui sont-ils et que font-ils ?

De 5 000 à 16 900 euros nets par mois : dans son nouveau « rapport sur les riches en France », publié ce mardi, l'Observatoire des inégalités fait le point sur les différences de revenus et dresse, entre autres, la liste des métiers aux plus hauts salaires dans le privé.

En 2026, la France compte 4,8 millions de riches, soit des personnes qui vivent avec plus du double du niveau de vie médian après impôts. À savoir plus de 4 292 euros nets mensuels pour une personne seule, 6 438 euros pour un couple sans enfant ou 10 730 euros pour un couple avec deux adolescents. Cela représente 7,5 % de la population en 2023. « Franchir le seuil de richesse n’est pas donné à tout le monde », développe l'Observatoire. « Il faut une rémunération élevée : 74 % des actifs riches sont des cadres supérieurs du privé ou du public et 13 % sont chefs d’entreprise. L’âge joue aussi : 73 % des riches ont plus de 45 ans. » Et mieux vaut être un homme (sur 10 riches, sept sont des hommes en moyenne). Sans surprise, une grande partie se trouve à Paris et en banlieue parisienne, notamment à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Suit Divonne-les-Bains (Ain).

La très aisée famille Hermès

« Environ 6,5 % des ménages français sont millionnaires », poursuit le rapport. Et « on compte 145 milliardaires. Les grandes fortunes atteignent des sommes colossales que l’on peine à se représenter. La famille Hermès, par exemple, avec ses 163 milliards d'euros, pourrait s'offrir l'équivalent de tous les logements de Strasbourg et de Marseille. » « Au cours des 30 dernières années, les inégalités de revenus et de patrimoine se sont accrues », remarque le rapport. Le niveau de vie moyen pour les 10 % les plus riches a même progressé de 40 %. « Au sommet, les 500 plus grosses fortunes de France ont vu leur valeur globale multipliée par 6,6 au cours des 20 dernières années. »

« Jusqu'où va-t-on aller dans cette société d'accumulation ? », se demande Louis Maurin, directeur de l'Observatoire. « Les ultrariches sont l'arbre qui cache la forêt. Le discours du "1 % contre 99 %" me semble démagogique. C'est très problématique. L'éloignement des classes pose bien plus problème. » L'Observatoire prévient cependant : ses données ne concernent que les salariés. « Les professions de santé, tout comme le métier d’avocat, s’exercent plus fréquemment de manière libérale, avec des revenus souvent supérieurs. » 

Le seuil d'entrée au « club des 10 % les mieux rémunérés » a évolué au fil des ans, analyse l'Observatoire, et selon l'augmentation du salaire moyen en France. Ainsi, en 30 ans, il est passé de 3 875 euros en 1994 à 4 285 euros en 2024. 

Quels sont les métiers aux salaires les plus élevés (secteur privé) ?

Dans le secteur privé :

  1. Chefs des grandes entreprises (500 salariés et plus) : 16 900 euros net (6 600 salariés dénombrés)
  2. Cadres des marchés financiers : 11 100 euros net (17 400 salariés dénombrés)
  3. Cadres d'état-major de grandes entreprises : 10 800 euros net (41 900 salariés dénombrés)
  4. Chefs des moyennes entreprises (50 à 499 salariés) : 10 500 euros net (20 100 salariés dénombrés)
  5. Pilotes de ligne et assimilés : 9 500 euros net (11 200 salariés dénombrés)
  6. Directeurs techniques des grandes entreprises : 8 500 euros net (24 100 salariés dénombrés)
  7. Chirurgiens-dentistes salariés : 7 400 euros net (7 400 salariés dénombrés)
  8. Médecins salariés non hospitaliers : 7 100 euros net (18 000 salariés dénombrés)
  9. Directeurs d’agence bancaire : 5 700 euros net (31 300 salariés dénombrés)
  10. Cadres commerciaux des grandes entreprises : 5 600 euros net (96 600 salariés dénombrés)
  11. Ingénieurs et cadres du secteur de l'énergie : 5 600 euros net (25 500 salariés dénombrés)
  12. Directeurs financiers des grandes entreprises : 5 500 euros net (51 700 salariés dénombrés)
  13. Capitaines de la marine marchande et assimilés : 5 500 euros net (4 900 salariés dénombrés)
  14. Cadres chargés d'études économiques : 5 400 euros net (113 000 salariés dénombrés)
  15. Avocats salariés : 5 300 euros net (3 700 salariés dénombrés)
  16. Cadres commerciaux des PME : 5 300 euros net (199 700 salariés dénombrés)
  17. Cadres des opérations bancaires : 5 300 euros net (27 900 salariés dénombrés)
  18. Ingénieurs en informatique : 5 200 euros net (37 200 salariés dénombrés)
  19. Chefs des entreprises de services : 5 000 euros net (102 400 salariés dénombrés)
  20. Cadres des services administratifs et financiers : 5 000 euros net (150 700 salariés dénombrés) 

Données Insee 2024, publiées dans le « Rapport 2026 sur les riches de France » de l'Observatoire des inégalités.

Les sportifs font rêver, mais ne sont pas les mieux placés

Loin des idées reçues, les métiers les plus visibles ou les plus médiatisés ne sont pas toujours les mieux lotis. « Les sportifs de haut niveau ne forment que 1 % de ce club le mieux rémunéré : la voie du football professionnel, par exemple, qui fait rêver tant de jeunes notamment pour ses gains mirobolants, ne concerne en fait que très peu de personnes », poursuit le rapport. « Parmi les 1 000 salariés français les mieux rémunérés, on trouve ainsi environ 130 sportifs et autant de traders ou de cadres du secteur bancaire. Les dirigeants d’entreprise sont deux fois plus nombreux dans cette catégorie. »

Pour autant, l'Observatoire souligne l'énorme écart entre les métiers les mieux rémunérés de la liste et les cinq patrons les mieux payés en France : Francesco Milleri (EssilorLuxottica) ; Cyrille Bolloré (Bolloré) ; Pascal Daloz (Dassault) ; Patrick Pouyanné (TotalEnergies) ; et Gilles Gobin (Rubis). « Chacun a touché entre 10 et 23 millions d’euros au titre de 2024 », rappelle le rapport. Et ce, sans prendre en compte leur patrimoine.

Qu'en est-il du secteur public ?

L'Observatoire n'a pas pu obtenir de chiffres sur l'ensemble de la fonction publique. Mais les 10 % les mieux payés (580 000 agents) ont un salaire mensuel d'au moins 3 800 euros net. Et 1 % des fonctionnaires (58 000 agents) touche au moins 7 500 euros net. Pour rappel, le salaire moyen dans la fonction publique est de 2 650 euros net.

« Les postes d’encadrement dits "à la décision du gouvernement" (préfets, ambassadeurs, PDG des entreprises publiques, etc.) touchent beaucoup plus, 11 000 euros par mois en moyenne », relève le rapport. Une grande partie des plus hauts salaires (au moins 9 600 euros mensuels) est constituée de médecins et de directeurs d’hôpitaux.

La France dans la norme européenne

La France est-elle alors un paradis ou un enfer pour les riches ? Pas plus qu'ailleurs. « Un grand patron touche en moyenne cinq millions d’euros en Grande‑Bretagne et quatre millions en Allemagne (données 2024). Au Japon, les 10 patrons les mieux payés ont touché entre 5,2 et 27 millions d’euros environ en 2023. Aux États-Unis, les rémunérations des dirigeants de très grandes entreprises atteignent des sommets : 28 patrons ont touché plus de 50 millions de dollars chacun pour l’année 2024, c’est-à-dire un peu plus de 43 millions d’euros. »

« Les riches Français, même après impôts, sont bien plus riches que dans de nombreux pays européens », décrypte Anne Brunner, directrice des études de l'Observatoire. « La richesse n'est pas qu'une question de revenus, mais aussi de pouvoir », renchérit Louis Maurin.

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