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Dauphiné Libéré


Publié le 27.07.2026 à 19:43

Gironde. « On a peur de retrouver des morts » : au Porge, colère et appréhension après l’incendie dévastateur

Les larmes aux yeux, Bruno et son fils Gabriel ne peuvent que constater les dégâts. Leur villa construite en 1988 au Porge (Gironde) est dévastée. « Là c’était la cuisine, ici les chambres. Regardez ce qu’il reste de la télé ! », montre Gabriel au milieu des tuiles brisées et des cendres. Les flammes ont été impitoyables. Jeudi dernier, les 3 500 habitants de cette petite commune située au nord du bassin d’Arcachon ont reçu l’ordre d’évacuer. « Si j’avais su, je serais resté pour sauver ma maison », regrette Bruno. « Il faudra au moins deux ans pour tout reconstruire », se lamente-t-il.

Père et fils, comme de nombreux autres habitants, estiment avoir été « abandonnés » par les pompiers le soir où l’incendie, qui s’est déclaré mercredi dernier dans la commune voisine de Saumos, a ravagé Le Porge. « Ils ont préféré aller sauver les riches » plutôt que nos villas, accuse Bruno, en faisant référence à la presqu’île du Cap Ferret, où une trentaine d’habitations auraient été détruites. Au Porge, 183 maisons ont été réduites en cendres. Au milieu d’un pré calciné, où gît un chevreuil, demeurent les souches noires des pins ravagés, avec en toile de fond des villas éventrées et leurs piscines détruites.

« On savait très bien que le Cap Ferret serait protégé en priorité, car c’est l’image de carte postale du bassin d’Arcachon. Si le Cap avait été touché, Emmanuel Macron serait venu tout de suite », insiste un autre habitant.

Ce lundi après-midi, le président de la République, accompagné de son ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, se sont rendus en Gironde auprès des forces de sécurité et des élus mobilisés contre cet incendie, désormais stabilisé mais pas fixé, qui a ravagé la superficie record de 42 000 hectares. « Notre priorité, c’est de sauver des vies », a balayé la préfète de la Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde, Sophie Brocas, ce lundi depuis Le Porge. « Ce n’est pas le temps des critiques, des polémiques », a jugé la représentante de l’État, même si « les gens ont le droit d’être en colère », a-t-elle ajouté.

Des moyens aériens jugés trop tardifs

Le maire (SE) Martial Zaninetti considère aussi que « les moyens ne sont pas extensibles ». Il estime toutefois que « les moyens aériens ont mis du temps à arriver » au Porge.

Assis sur un banc devant la salle des fêtes, Hervé (*) assiste de loin à la venue de la préfète. Lui aussi ne décolère pas. Il raconte sa soirée de l’enfer : « Je voyais les camions de pompiers passer devant nos maisons en feu sirènes hurlantes direction le Cap vendredi soir. Heureusement que des locaux étaient restés pour éteindre les incendies », souligne-t-il, tout en mettant en avant l’aide apportée par de nombreux civils munis de citernes d’eau. Hervé est resté jusqu’au dernier moment pour arroser sa maison et son jardin pour éviter qu’elle ne brûle. « Quand j’ai vu les grosses flammes, je suis parti. Je suivais l’avancée du feu sur mes caméras de vidéosurveillances. Soudain, elles se sont arrêtées, je me suis dit que c’était fichu », rapporte-t-il. De retour sur place plus tard dans la nuit, cet habitant du Porge a finalement eu la bonne surprise de découvrir que sa maison était toujours debout.

« Mes poules ont grillé »

« J’en ai profité pour récupérer mon chat que j’avais oublié en partant dans la précipitation. Malheureusement, j’ai retrouvé deux de mes poules grillées », continue-t-il. Aujourd’hui, Hervé est inquiet : « On a peur de retrouver des morts », évoquant d’éventuelles personnes qui n’auraient pas évacué et seraient restées bloquées chez elles. Pour l’heure, ce feu historique n’a heureusement fait aucun mort. 88 sapeurs-pompiers ont en revanche été blessés en intervention.

Il est encore trop tôt pour savoir quand les habitants pourront regagner Le Porge. Viendra ensuite la question des indemnisations par les assurances pour ces villas estimées à plusieurs centaines de milliers d’euros : « Le retour va être brutal. Certains risquent de vriller », prophétise, amer, Hervé.

(*) Le prénom a été modifié.

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Publié le 27.07.2026 à 20:15

Gironde. « On n’a plus rien à perdre » : au Porge, des habitants sur les dents face au risque de pillages

Moment de tension à l’un des points de contrôle installés autour de la commune du Porge, en Gironde. Vêtus de gilets orange, des habitants montent la garde et ils ne rigolent pas : « Même CNN [chaîne de télévision américaine, NDLR], on ne les a pas laissés passer. N’insistez pas ! On n’a plus rien à perdre… », lance un des gardiens à des journalistes. Pour entrer dans ce village de 3 500 âmes ravagé par l'incendie, il faut bénéficier d’un laissez-passer, délivré par la municipalité. Les villageois sont sur les dents : ils craignent que des individus mal intentionnés ne viennent profiter de la vulnérabilité des habitations, laissées vacantes depuis leur évacuation, pour venir cambrioler… Une brigade citoyenne s’est ainsi constituée au Porge. Une trentaine de bénévoles patrouille à titre préventif afin de dissuader les éventuels malfaiteurs.

« Il y a des personnes qui sont dépourvues de toute morale qui essaient de profiter de la situation. Il y a peut-être un ou deux individus qui ont commencé à essayer de visiter les maisons restées en état. Mais pour l’instant, ce phénomène est maîtrisé. Les CRS et les gendarmes sont en action pour sécuriser le village », assure le maire Martial Zaninetti.

Dix-sept gendarmes opèrent sur la commune ainsi que cinq CRS et deux policiers municipaux. Ils gèrent les flux de circulation, afin de ne pas entraver le travail des sapeurs-pompiers, et patrouillent jour et nuit pour surveiller les habitations.

Une vingtaine de gendarmes patrouillent dans la commune du Porge pour protéger les habitations. Photo EBRA/Alexandra Simard

Une vingtaine de gendarmes patrouillent dans la commune du Porge pour protéger les habitations. Photo EBRA/Alexandra Simard

44 grands crus dérobés

Au total, 220 000 personnes ont dû être évacuées en Gironde à la suite de ce feu hors-norme. Plus qu’une réalité, ce risque de pillage constitue davantage une crainte. Samedi, un homme a toutefois été interpellé par des policiers à Eysines, dans la métropole bordelaise, soupçonné d’avoir dérobé 44 bouteilles de grands crus. En Gironde, 1 440 forces de sécurité intérieure ont été mobilisées. Contactée, la Gendarmerie nationale indique que ses militaires n’ont de leur côté procédé à aucune interpellation sur leur zone d’intervention et qu’aucun fait de cette nature ne leur a été signalé pour le moment.

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Publié le 27.07.2026 à 20:36

Vaucluse. Coup de gueule d'un soldat du feu : « On a les camions, mais pas les pompiers à mettre dedans ! »

Alors que la France fait face à son été le plus incendiaire , le manque de moyens et d’effectifs chez les combattants du feu n’a jamais été aussi flagrant. Un “système à bout de souffle” reposant depuis trop longtemps en France sur les 200 000 sapeurs-pompiers volontaires (SPV) - soit 80 % des effectifs - pour 40 000...

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