Publié le 04.02.2026 à 20:00

À cinq semaines du premier tour des élections municipales, c’est la douche froide, voire glacée, pour les mairies écologistes. L’enquête exclusive (*) que nous publions sur la gestion des villes dirigée par Les Écologistes est sans appel. À Grenoble, Lyon, Strasbourg, Besançon et Annecy, soit les cinq villes vertes de la zone de diffusion du groupe EBRA (auquel appartient votre journal), le rejet des équipes en place apparaît net, accompagné d’un fort sentiment de dégradation de la qualité de vie.
Six ans après la vague écologiste qui a porté ces majorités dans plusieurs grandes villes françaises, une part significative de leurs habitants estime que la situation s’est détériorée plutôt qu’améliorée. À Annecy, 59 % des habitants jugent que la qualité de vie s’est dégradée. Ils sont 52 % à Grenoble, et autour de 40 % dans les trois autres villes. À Annecy, seuls 13 % des sondés estiment que la qualité de vie s’est améliorée.
Ces chiffres recueillis au bout...
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Publié le 04.02.2026 à 19:30
La méthodologie du sondage
▶ Le sondage a été effectué du 13 au 27 janvier auprès de 609 habitants inscrits sur les listes électorales à Grenoble, âgés de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de cette population.
▶ Les critères et sources de représentativité de l’échantillon reposent sur les catégories suivantes : sexe, âge, profession de la personne interrogée, quartier de résidence.
▶ Les résultats sont analysés en respectant les méthodes d’analyse statistique (intervalle de confiance au regard de la taille de l’échantillon, tests de significativité).
C’est une demi-surprise mais une surprise quand même. Malgré son âge (77 ans fin février), son passé judiciaire et l’émiettement des candidatures au centre, à droite et à l’extrême droite, Alain Carignon est aujourd’hui le seul à pouvoir se réjouir de son score (25 %) du premier tour dans notre sondage.
Revenu au conseil municipal de Grenoble par la fenêtre en décembre 2019 , l’ancien maire (1983-1995) de la capitale des Alpes a, depuis, labouré le terrain, écarté toute velléité de lui contester le leadership à droite et s’est imposé comme l’opposant numéro un à la majorité écologiste à la Ville.
Laurence Ruffin et Alain Carignon se détachent nettement au premier tour parmi les dix concurrents en lice pour diriger la ville de Grenoble, d'après notre sondage. Photo Le DL/Anouk Anglade
En gagnant plus de cinq points par rapport à son résultat aux municipales 2020, il balaye ses potentiels adversaires et file tout droit vers ce qu’il nomme depuis quelques semaines déjà « la finale ». Une demi-surprise qu’il faut également corréler à ces 52 % de Grenoblois affirmant que leur qualité de vie s’est détériorée depuis 2020. Ils sont même 69 % à ne pas souhaiter la reconduction de l’actuelle équipe municipale.
En portant majoritairement son discours sur l’insécurité, la propreté, la fiscalité et l’image de la ville, Alain Carignon capitalise ainsi sur la grogne des Grenoblois qui, dans notre enquête, ont placé ces quatre items en tête de leur insatisfaction à l’égard du travail conduit par Éric Piolle. Une part de mécontentement qui s’accroît d’ailleurs avec l’âge, sachant que les plus de soixante ans sont traditionnellement ceux qui votent le plus…
Alors bien sûr, dans une ville qui penche clairement à gauche depuis plus de trente ans, Alain Carignon est nettement devancé par Laurence Ruffin (34 %). Bien qu’arrivée tardivement dans le paysage politique grenoblois, elle est même la seule, avec son probable adversaire du 22mars, à dépasser la barre des 50 % de notoriété.
Adoubée par Éric Piolle, la candidate sans étiquette, qui a réuni écologistes et socialistes, a pris le large avec ses concurrents du même bord puisqu’Allan Brunon ne bénéficie pas (du tout) de la vague LFI enregistrée à Grenoble aux dernières élections (législatives et européennes). Le matelas de 9 % dont elle dispose sur Alain Carignon, ajouté aux pourcentages des autres listes de gauche, sera-t-il suffisant pour l’emporter ? C’est bien possible.
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En cas de second tour, seules peuvent se présenter
les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés. Elles peuvent alors être modifiées pour inclure des candidats ayant figuré au premier tour sur d’autres listes, à condition qu’elles aient obtenu, au premier tour, au moins 5 % des suffrages exprimés.
Mais la gauche est malgré tout en recul à Grenoble : là où elle totalisait 64 % des suffrages au premier tour 2020, il n’en reste « plus que » 56 %. Or, selon Ipsos/BVA, 9 % des personnes certaines d’aller voter n’ont pas exprimé d’intention de vote, un intervalle suffisant pour amplifier l’incertitude d’une élection que beaucoup, surtout à gauche, pensaient déjà gagnée au regard de l’évolution de la sociologie électorale de la commune et des derniers scrutins. Un élément pourrait toutefois rassurer Laurence Ruffin : à l’exception des électeurs LR et RN, deux tiers des sondés, centre droit inclus, ont une mauvaise image d’Alain Carignon.
Cette photographie du corps électoral à deux mois du premier tour (le sondage a été effectué en janvier et ne concerne pas le second tour) reste toutefois soumise aux soubresauts dont sont friandes les dernières semaines de campagne et à ces élans qui viennent parfois balayer les certitudes d’hier. Mais à moins d’un tremblement de terre, Laurence Ruffin et Alain Carignon ont rendez-vous en tête à tête le 22 mars.
Qui soutient qui ?
▶ Baptiste Anglade, soutenu par le Nouveau Parti Anticapitaliste – Révolutionnaires
▶ Thomas Simon, Grenoble Alpes Collectif, sans étiquette
▶ Catherine Brun, soutenue par Lutte ouvrière
▶ Allan Brunon, soutenu par La France insoumise
▶ Pierre-Édouard Cardinal, “Grenoble, la belle ambition”, soutenu par Renaissance et le Modem
▶ Alain Carignon, “Réconcilier Grenoble”, soutenu par Les Républicains
▶ Valentin Gabriac, “Grenoble capitale des Alpes”, soutenu par le Rassemblement national
▶ Romain Gentil, “Grenoble capitale citoyenne”, soutenu par Place publique, Équinoxe et le Parti radical de gauche
▶ Hervé Gerbi, “Nous Grenoble”, soutenu par Horizons
▶ Laurence Ruffin, “Oui Grenoble”, soutenu par Les Écologistes, le Parti socialiste, le Parti communiste, Génération.s, Parti animaliste
Publié le 04.02.2026 à 20:15

C’est un drame qui peut servir d’exemple. Mercredi 4 février, le tribunal correctionnel de Valence a jugé pour la première fois de son histoire une affaire d’homicide routier, un délit instauré par une loi de juillet 2025(*). Il a condamné Rhanym Chaabi, Romanais de 21 ans, à cinq ans de prison.
Comme KO debout, le vingtenaire, moustache brune, cheveux...
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