Publié le 19.05.2026 à 19:40
Alpes-de-Haute-Provence. « L'emprise » sur Laëtitia R. : l'accusé vacille face au récit de son fils

Dans la salle du tribunal de Digne-les-Bains, pour ce deuxième jour de procès devant les assises ce mardi 19 mai, tout le monde ou presque le remarque. Dans son box, Guillaume B. flanche une première fois. Mains tremblantes par moments, yeux rougis parfois, l’accusé va...
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Publié le 19.05.2026 à 20:15

« Je suis toujours seule en Belgique, mais ça ne va pas tarder, il y en aura d’autres. » Karine Viseur est la première femme en Belgique à avoir porté plainte pour agression sexuelle contre Patrick Bruel. Mais celle qui est attachée de presse en est persuadée, de nouvelles victimes vont sortir du bois. « Si j’ai décidé de redéposer plainte le 24 mars dernier [elle avait porté plainte en 2010, au moment des faits, avant de se rétracter, NDLR], c’est pour donner du poids aux plaintes déjà déposées en France et espérer avoir d’autres femmes qui, par ce cheminement, se manifestent également », confie Karine Viseur au groupe EBRA, dont fait partie notre journal.
Lorsqu’elle a déposé plainte en mars, deux autres avaient été déposées en France. Deux mois plus tard, au moins 12 femmes ont porté plainte contre le chanteur de 67 ans. La parole se libère. La plainte pour viol déposée la semaine dernière par la journaliste Flavie Flament a grandement contribué a donné de l’écho aux témoignages de ces femmes. « Je sais que ça a été très compliqué pour Flavie Flament, parce que c’est une personne publique. Donc, c’est encore plus lourd de conséquences », reconnaît Karine Viseur. Il aura fallu plusieurs dizaines d’années pour que les victimes osent se manifester. « Si on parle maintenant, c’est parce qu’on se sent suffisamment d’aplomb pour accepter les critiques, les jugements des gens », poursuit l'attachée de presse. Ce mardi, l’avocate de Flavie Flament a annoncé que de nouvelles plaintes pour viols allaient être déposées dans les prochains jours.
Dénoncer des violences sexuelles est un parcours extrêmement difficile, d’autant plus lorsque l’on s’attaque à un monument de la chanson française. Alors quand les premiers témoignages et les plaintes ont commencé à tomber, certaines femmes ont enfin osé prendre la parole, se sentant parfois coupables de le faire des dizaines d’années après. « Les premières années, ma cliente a vraiment essayé d’effacer de sa mémoire tout ce qui s’est passé, de mettre ça sous le tapis et de continuer à vivre. Son traumatisme a été réactivé quand elle a vu les plaintes des autres personnes. Ça lui a fait un électrochoc. Elle s’est dit : c’est pas possible, en fait, je ne suis pas la seule », explique Me Myriam Guedj Benayoun, l’avocate d’Ophélie Fajfer. La jeune femme avait 19 ans en 2015 lorsqu’elle affirme avoir été agressée sexuellement par Patrick Bruel.
En 2021, elle trouve la force de porter plainte. Mais sa plainte est classée sans suite l’année suivante, « faute de preuves ». C’est un nouveau coup de massue pour la jeune femme. « Après le classement sans suite, elle a fait une sévère tentative de suicide. Elle est miraculeusement en vie aujourd’hui. Depuis, elle est effondrée », nous confie Me Myriam Guedj Benayoun. Lundi, le parquet de Nanterre, où sont regroupées l’ensemble des plaintes visant Patrick Bruel, a annoncé rouvrir l’enquête concernant les faits dénoncés par Ophélie Fajfer. Un espoir.
Si la justice rouvre des dossiers qu’elle avait classés, cela n’est pas lié à l’ampleur médiatique que prend l’affaire, selon Me Ambroise Vienet-Legué, « Flavie Flament n’a pas eu d’impact sur l’enquête en tant que telle. Elles étaient déjà en cours avant son dépôt de plainte. C’est simplement d’un point de vue médiatique que ça a eu une influence », développe l’avocat d’une des plaignantes.
Karine Viseur et Ophélie Fajfer font partie des rares victimes à témoigner à visage découvert. Depuis, elles disent recevoir « de nombreux messages agressifs et d’intimidation ». « On m’envoie des messages sur les réseaux sociaux mais aussi des courriers sur mon lieu de travail. On appelle, on essaie d’atteindre mes fils également », témoigne Karine. Pour l’attachée presse, il s’agirait de « fans en colère » : « Patrick Bruel les a accompagnés toute leur vie. S’en prendre à Patrick Bruel, c’est s’en prendre à eux. On se lance dans une guerre contre Patrick Bruel, qui est un pilier français », précise-t-elle. Mais aujourd’hui, elles peuvent compter sur la force du collectif. Les victimes ont créé un groupe WhatsApp, baptisé « Je te crois », qui leur permet de se soutenir et de partager leur expérience.
Toute décrivent le « double visage » de Patrick Bruel. « Quand on croise nos témoignages, c’est quelque chose qui revient constamment. Il a une double personnalité, il change en un claquement de doigts. Le prédateur devient l’artiste et inversement. C’est pour ça qu’il doit être très bon au poker », analyse Karine. Elle va plus loin : « Patrick Bruel va peut-être un peu se cacher, mais c’est en lui, c’est plus fort que lui, c’est son instinct. Il a besoin d’avoir des proies. Chaque spectatrice qui va assister à son spectacle ou à un de ses concerts est une proie potentielle. »
Ophélie Fajfer dit avoir vu ce « double visage ». Les faits se seraient produits en août 2015 dans la maison du chanteur. L’autrice-compositrice est alors agée de 19 ans. Et se rend chez Patrick Bruel pour « apprendre à poser sa voix sur le piano ». « Il lui a dit que ses enfants seraient présents, il n’étaient pas là », nous relate son avocate Me Myriam Guedj Benayoun.
Le chanteur l’aurait « obligée à l’embrasser », selon le récit de l’avocate de la plaignante. « C’était la première fois qu’elle embrassait un garçon. » Le chanteur l’aurait ensuite invitée à le rejoindre dans sa piscine. « Elle lui dit alors “je n’ai pas de maillot de bains”. Ce à quoi il répond “tu n’as qu’à venir en sous-vêtements”. En rentrant dans la piscine, Bruel va lui imposer une pénétration digitale », décrit Me Guedj Benayoun, qui relate une autre scène sur un transat. « Bruel lui enlève son soutien-gorge et lui aspire le téton. “J’ai tout essayé, l’humour, les menaces pour le dissuader, mais rien n’y faisait”, m’a confié ma cliente. Il voulait avoir une relation avec elle et c’était comme ça. »
Ophélie, de foi chrétienne et qui « souhaite conserver sa virginité pour le mariage, se serait sentie coincée », et aurait été contrainte de « masturber le chanteur ». « Ensuite, elle a retrouvé le Patrick Bruel de d’habitude, qui lui a cuisiné un plat de pâtes et lui a même proposé de se rendre le soir même à un concert privé en Suisse, ce qu’elle a refusé », rapporte encore Me Guedj Benayoun.
Contacté, Me Christophe Ingrain, l’avocat de Patrick Bruel, a répondu par mail. Il dément la version relayée par l’avocate d’Ophélie Fajfer. « Le récit de Patrick Bruel est clair et n’a pas varié depuis l’enquête. Après plusieurs semaines d’échanges entre eux et alors qu’ils se trouvaient ensemble chez lui, dans la piscine, il l’a embrassée, il a senti qu’elle ne lui rendait pas son baiser, il s’est arrêté là. Ils ont ensuite déjeuné ensemble. Il regrette profondément les souffrances qu’elle exprime aujourd’hui », nous écrit le cabinet d’avocat. « Ce jour-là, des membres de sa famille se trouvaient avec lui dans la maison de l’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), de même que plusieurs personnes travaillant sur place. La présence de ces proches rend parfaitement impossible le récit que vous présentez. »
Patrick Bruel, qui reste présumé innocent, a affirmé dans un message publié sur les réseaux sociaux n’avoir « jamais forcé une femme », et a nié s’être « jamais servi de [sa] notoriété pour abuser de quiconque et obtenir des relations non consenties ».
3919 - Violences femmes info
Un numéro d'appel national, le 3919, est dédié à l'écoute et à l'orientation des femmes victimes de violence. Appel gratuit et anonyme, service accessible 24h/24 et 7 jours sur 7.
Publié le 19.05.2026 à 20:09

Ce mardi 19 mai en milieu d’après-midi, de nombreux véhicules de gendarmerie ont été déployés aux abords du collège Le Semnoz, sur la commune déléguée de Seynod, à Annecy, suite à une agression au couteau impliquant plusieurs individus mineurs.
Les faits se sont produits aux alentours de 16 h 30 à la sortie de l’établissement. Un adolescent de 14 ans a été légèrement blessé. Touché au niveau du cuir chevelu, ce dernier a été pris en charge par les sapeurs-pompiers mais son état n'a pas nécessité son évacuation à l'hôpital.
Selon nos informations, peu avant 16 h 30, un groupe comptant sept ou huit mineurs, tous habillés en noir de la tête aux pieds, s'en est pris à un collégien à la sortie de l'établissement. Sur la base des premiers témoignages, les gendarmes de la brigade de Seynod, appuyés par les militaires du peloton de surveillance et d'intervention (Psig) d'Annecy, ont quadrillé le secteur pour retrouver les protagonistes.
Cinq mineurs soupçonnés d’avoir participé à l’agression collective, ont rapidement été identifiés, interpellés et placés en garde à vue par les gendarmes. L’un des mineurs activement recherché a été interpellé à un arrêt de bus de l’avenue de Champ Fleuri. Selon nos informations, ces derniers ont tous été formellement reconnus par la jeune victime. Deux mineurs restent activement recherchés.
Une enquête de gendarmerie a été ouverte pour déterminer les circonstances et les raisons ayant conduit à la violente agression en réunion.
« Grâce à l’intervention du personnel du collège puis l’arrivée très rapide des forces de l’ordre et des secours, la vie du jeune n’est pas en danger », a confirmé le maire d’Annecy Antoine Armand qui s’était immédiatement rendu sur place. « Ce n’est pas admissible que des enfants de 14 ans soient armés de couteaux et s’attaquent à leurs camarades devant leur établissement. Face à cette violence, il n’y aura ni banalisation, ni résignation », insiste le maire d’Annecy.
« Face à ce type de situation difficile à gérer pour nos équipes, c’est toujours la stupéfaction », a réagi Frédéric Bablon, directeur académique des services de l’éducation nationale de la Haute-Savoie (Dasen). « Je vais suivre de très près ce dossier. Des gardes à vue sont en cours, je reste en lien étroit avec la gendarmerie et la direction de l’établissement que j’entends accompagner au mieux pour établir les causes de cette agression. »
Si les faits se sont produits à l’extérieur, le directeur académique ne cache pas son inquiétude. « Heureusement que les collèges restent encore des sanctuaires mais on ne peut pas accepter de telle rixe à la sortie de nos établissements », poursuit Frédéric Bablon qui prévient qu’il sera « très attentif au suivi des cas de chacun des élèves impliqués » et qui s’interroge : « Que se passe-t-il dans la tête des jeunes pour en arriver à de tels comportements ? Il nous faut démêler ces histoires de bandes, tout en diffusant à nouveau des messages de prévention et de sensibilisation au sein de l’établissement. »
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