Publié le 17.03.2026 à 20:42

Des yeux rougis et beaucoup de pudeur. À la sortie de l’école élémentaire du Vernay, après l’accident qui a causé la mort d’un enfant de 7 ans, les parents sont arrivés un peu avant 16h30. Ils témoignent discrètement entre eux de ce qu’ils ont vécu, ou même vu, ce mardi matin quand un bus...
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Publié le 17.03.2026 à 17:01
Pendant que certains rêvaient, d’autres se sont préparés au cauchemar. Dans la nuit de lundi à mardi, l’armée française a simulé un raid aérien nucléaire : l’“opération Poker”. Un entraînement hautement stratégique préparé dans le secret par l’armée de l’Air et de l’Espace auquel nous avons pu assister. Six heures durant, toutes les capacités ont été mobilisées pour épauler les Rafale des Forces aériennes stratégiques (FAS) dans leur mission au-dessus du territoire hexagonal : réaliser une frappe nucléaire, factice, sur une position donnée. Face à eux, des avions de chasse, des missiles sol-air, des brouilleurs sont déployés pour faire échouer leur plan et ainsi les entraîner dans un environnement des plus réalistes. « C’est toute l’armée de l’Air et de l’Espace qui est au combat ce soir », a détaillé mardi vers 2 heures du matin le général Stéphane Virem, à la tête des FAS, dans son briefing d’avant mission.
Rafale biplace, Rafale monoplace, Mirage 2 000-5… Au total, près de 40 avions de chasse ont été déployés, plusieurs ravitailleurs MRTT les ont épaulés afin de prolonger leur vol et qu’ils soient en capacité de s’infiltrer en profondeur, les radars et satellites ont été mis à contribution pour fournir les renseignements nécessaires à la progression et la survie des aéronefs, tout comme des brouilleurs pour créer un environnement dégradé. Le tout commandé depuis le mont Verdun, près de Lyon.
L’avion de ravitaillement MRTT de l’armée française est une version militarisée de l’Airbus A330. Photo EBRA/Étienne Ouvrier
Les bases militaires de Saint-Dizier, Nancy, Luxeuil-les-Bains, Orange, Avord, Istres, Évreux ont notamment été mobilisées… L’exercice est d’une telle ampleur que, selon une source militaire, la moitié de l’espace aérien français a été fermée le temps de l’opération. « C’est bien plus qu’un raid aérien massif, c’est un laboratoire grandeur nature où toute la chaîne de mise en œuvre et d’engagement est testée en procédure réelle de temps de guerre », explique le général Virem.
Si l’armée aime à qualifier ses “opérations Poker”, qui ont lieu quatre fois par an, de « réussies », les déconvenues éventuelles restent confidentielles. Une fois le bilan précisément établi, un compte rendu remontera jusqu’au bureau d’Emmanuel Macron, chef des armées et par ailleurs seul décisionnaire du feu nucléaire.
Outre l’entraînement essentiel à l’armée de l’Air et de l’Espace, “Poker” est également un message adressé au monde. Bien que n’ayant pas de lien direct avec la guerre qui déchire le Moyen-Orient ou encore de l’agression russe en Ukraine, la tenue d’un tel exercice positionne de facto l’armée française parmi les plus crédible au monde. « Nous savons très bien que nous sommes observés par nos adversaires et nous ne faisons pas en sorte de nous cacher. Cette opération, par son ampleur, renforce la crédibilité de notre capacité nucléaire et in fine, notre dissuasion », assure le général Etienne Gourdain. « On s’inscrit dans la dynamique du président de la République », assure-t-il. Emmanuel Macron avait conforté, début mars, la doctrine de dissuasion française, annonçant une augmentation du stock de têtes nucléaires.
« L’opération s’appelle “Poker” car, si notre adversaire nous considère comme crédibles et ne souhaite pas prendre le risque de monter les enchères, nous pouvons gagner sans avoir à montrer notre jeu », explique le général Virem qui précise : « En revanche, que tout le monde sache, nous ne bluffons jamais. »
Comment s’articule la dissuasion nucléaire française ?
« Si nous devions utiliser notre arsenal nucléaire, aucun État, si puissant soit-il, ne pourrait s’y soustraire. Aucun, si vaste soit-il, ne s’en remettrait », a réassuré Emmanuel Macron le 2 mars dernier, à l’île Longue, devant le nouveau sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) L’Invincible. Comme lui, tous les présidents de la Ve République se sont appuyés sur les capacités nucléaires françaises pour dissuader tout État hostile de nuire aux intérêts vitaux de la France.
Héritage de la volonté farouche du général de Gaulle, la dissuasion nucléaire permanente française s’appuie aujourd’hui sur deux composantes : les forces aériennes stratégiques (FAS) et les forces sous-marines (FOST). Le caractère dissuasif repose sur l’impossibilité, pour l’ennemi potentiel, de savoir exactement d’où la France pourrait frapper. C’est pourquoi les quatre SNLE français ont pour mission de se fondre dans les océans du globe, prêts à déclencher le feu nucléaire, quand bien même le territoire et le commandement français seraient dévastés. Ils sont « les gardiens ultimes de notre liberté d’action, de notre indépendance », d’après les mots du président de la République. Les missiles nucléaires sol-sol dont disposait l’armée française, enfouis dans le Vaucluse et la Drôme orientés de manière à frapper les pays d’Europe de l’Est, ont été démantelés en 1996, après la fin de la guerre froide.
Au sein de la classe politique, l’existence de la dissuasion nucléaire française est très rarement remise en cause. Aussi, la France est souveraine dans le processus de fabrication et d’utilisation de son feu nucléaire, contrairement au Royaume-Uni - seule autre puissance européenne dotée - qui dépend des États-Unis. Cette stabilité politique et cette indépendance stratégique rendent sa dissuasion crédible aux yeux des adversaires de la France comme à ceux de ses partenaires.
Qui dit frappes nucléaires dit charges nucléaires. Le président de la République a annoncé le 2 mars dernier l’augmentation prochaine de l’arsenal nucléaire français, sans préciser le nombre de têtes nucléaire qu’il souhaitait y voir figurer. Jusqu’ici, l’arsenal français était estimé à un peu moins de 300 têtes.
La gestion de ces armements, dans leur production comme dans leur conservation, présente un coût non négligeable. Autant d’argent qui n’ira pas dans les équipements conventionnels (munitions, tanks, fusils…). Sur les 413 milliards d’euros initialement prévus dans le budget des armées sur la période 2024-2030, 54 milliards (13 %) étaient destinés à moderniser et entretenir les armes nucléaires et leurs moyens de transport. Un chiffre forcément revu à la hausse après les annonces du président.
Publié le 17.03.2026 à 19:23

« Nous nous sommes rendues toutes les trois au bureau de vote Painlevé-5 dans l’après-midi de ce dimanche 15 mars, comme nous l’avions prévu. Et sur place, on nous a indiqué que notre sœur Thérèse avait déjà voté le matin même par procuration ». Une surprise pour ses deux sœurs, Mathilde et Emma qui, sur les conseils des...
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