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Dauphiné Libéré


Publié le 01.04.2026 à 20:31

Haute-Savoie. Incendie du casino d'Évian-les-Bains : une « carte postale » noircie par les flammes

Évian se préparait à se mettre sur son 31 avant d’accueillir les grands de ce monde lors du G7, en juin prochain. Ce mercredi 1er  avril, au matin, la cité thermale est sonnée, marquée par l’incendie qui a ravagé une partie du casino d’Évian et des trois restaurants alentour la veille au soir. Devant le bâtiment, un ruban de barrières...

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Publié le 01.04.2026 à 18:45

Témoignage. « J’étais en train de mourir » : erreur médicale, elle a vécu l'enfer après son opération

« Je mourrais tous les jours un petit peu », se souvient Alice*, qui vient d’obtenir, de la commission de conciliation et d’indemnisation, la responsabilité du chirurgien qui l’a opéré il y a 11 ans d’une dérivation de l’estomac, appelé aussi by-pass.

« Je n’ai pas eu le courage d’aller au pénal, mon...

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Publié le 01.04.2026 à 12:00

Exclusif. « Vidé comme un raisin » : son œil a été « aspiré » par erreur lors d’une opération des sinus

Ce devait être « une opération de routine » : un « simple » nettoyage des sinus - comme il s’en pratique couramment - pour soigner les sinusites à répétition. Mais l’intervention a mal tourné et Maxime K. a perdu son œil gauche. « La chirurgienne a aspiré mon œil par erreur. Elle croyait qu’il s’agissait d’un polype. C‘était en réalité mon globe oculaire. Elle a vidé mon œil comme un raisin », raconte ce père de famille de 35 ans en exclusivité au groupe EBRA, dont fait partie notre journal.

Un accident rarissime. Maxime K. a été opéré le 6 janvier 2026 à la clinique Paris-Bercy, à Charenton-le-Pont (Val-de-Marne). Depuis plusieurs mois, le trentenaire, qui vit en région parisienne, avait les sinus encombrés. Les traitements médicamenteux n’y faisant rien, décision est prise de l’opérer. La chirurgienne ORL devait réaliser « une méatotomie moyenne endonasale du sinus maxillaire gauche ». Il s’agit d’une opération réalisée à l’intérieur du nez, à l’aide d’une petite caméra, visant à agrandir l’ouverture naturelle des sinus pour les nettoyer et améliorer leur drainage. « Paris était bloqué par la neige. Je me souviens avoir hésité à me rendre à l’hôpital, mais j’y suis finalement allé », se rappelle Maxime K.

« Absence clinique du globe oculaire »

L’opération, qui s’est déroulée sous anesthésie générale, devait durer une petite heure. Elle a duré… « cinq heures ». Tout ne s’est pas passé comme prévu. Au cours de l’intervention chirurgicale, la médecin ORL constate « une hémorragie abondante, qui persiste malgré la réalisation de méchages », comme elle l’écrit dans le compte-rendu opératoire que nous avons pu consulter. Elle décide d’utiliser un shaver, un outil doté d’une petite lame rotative et d’un système d’aspiration utilisé pour l’ablation et le retrait de tissus. Car l’ORL indique avoir constaté la présence de « tissus polypoïdes » - des polypes qu’elle souhaite retirer. Mais le saignement impacte la visibilité, selon elle.

Dans son compte-rendu, la docteure ne reconnaît pas avoir commis une erreur. Il est simplement précisé qu’elle a constaté « un saignement palpébral [hémorragie de l’œil, NDLR] ». Comment est survenu ce saignement de l’œil ? Elle ne le dit pas. Elle indique juste avoir retiré le sparadrap qui recouvrait l’œil de Maxime, avant de constater « une absence clinique du globe oculaire ». Pour Maxime, son œil a été « aspiré ». Au réveil, le trentenaire ne réalise pas que son globe oculaire a disparu. Un pansement a été déposé sur son œil : « Il y avait beaucoup de monde autour de moi. J’étais en sueur, des blocs de glace avaient été déposés sur moi. J’étais dans le gaz », décrit-il.

L’opération devait consister à élargir l’ouverture naturelle entre le nez et le sinus maxillaire gauche de Maxime pour améliorer le drainage du sinus, évacuer le mucus et retirer les éventuels polypes. Infographie Visactu

L’opération devait consister à élargir l’ouverture naturelle entre le nez et le sinus maxillaire gauche de Maxime pour améliorer le drainage du sinus, évacuer le mucus et retirer les éventuels polypes. Infographie Visactu

« Jusqu’au bout je pensais avoir mon œil »

Sa compagne Farah s’inquiète, et ne cesse de contacter l’hôpital pour prendre des nouvelles de son conjoint. « Au début, on me dit simplement que l’opération a pris du retard. J’appelle toutes les heures jusqu’à ce qu’on m’indique qu’il y a eu un souci et qu’il faut que je vienne. Mais l’opératrice ne veut rien me dire de plus », confie-t-elle. « Je pensais que Maxime avait fait une crise d’épilepsie ».

À son arrivée à l’hôpital, Farah est invitée à se rendre dans une pièce où l’attend l’équipe médicale. « Il est vivant ? Il est vivant ? », ne cesse-t-elle de répéter. Mais les informations qui lui sont données sont vagues. « En fait, vous lui avez touché l’œil ? », finit-elle par lâcher à l’équipe soignante. « Là le médecin m’a fait simplement oui de la tête », se souvient Farah, qui pensait au début « juste à une égratignure ». Mais la situation est bien plus grave. Maxime est transféré à l’hôpital Fondation Rothschild à Paris, un établissement spécialisé en ophtalmologie. « Je n’ai jamais eu mal. Jusqu’au bout, je pensais avoir mon œil. Je leur disais même que je voyais de la lumière. En fait, c’était dans ma tête », se remémore-t-il.

Maxime K., 35 ans, et sa compagne Farah, 38 ans, vivent en région parisienne. Photo EBRA/A.S.

Maxime K., 35 ans, et sa compagne Farah, 38 ans, vivent en région parisienne. Photo EBRA/A.S.

« On se demande "pourquoi moi" »

À Rothschild, les médecins vont tenter un maximum de réparer l’erreur commise par leur consœur. Au bloc, les chirurgiens constatent bien l’absence du globe oculaire et que la cavité a été comblée par des tulles gras (compresses). Les médecins vont réaliser une greffe dermo-graisseuse, c’est-à-dire prélever de la peau et de la graisse sur le patient afin de combler la cavité oculaire. Ils en profitent également pour nettoyer les sinus de Maxime - ce qui n’avait pas été fait à Paris-Bercy -, et lui retirent une dent, qui était la source de ses sinusites à répétition. « L’équipe de Rothschild m’a sauvé la vie », reconnaît Maxime.

Malgré l’épreuve qu’il traverse, ce père de deux enfants âgés de quatre et sept ans ne se départit pas de son humour. Casquette vissée sur la tête, œil gauche recouvert par un patch noir, ce trentenaire à la barbe rousse parle avec aisance et presque légèreté de son accident - une façon pour lui d’affronter la dure réalité. « L’infirmière qui est venue me faire un pansement à domicile a fait un malaise lorsque je lui ai raconté ce qu’il m’est arrivé », glisse-t-il d’un air malicieux. « J’ai été mal pendant deux trois jours. On se demande "pourquoi moi", mais je suis pragmatique. En fait, c’est plus difficile pour ma famille que pour moi », confie-t-il.

Il lui a fallu apprendre à vivre avec un seul œil – « j’ai 12/10 à mon œil droit », se console-t-il. « Au début, j’avais du mal à viser le verre pour me verser de l’eau ou encore à appuyer sur le bon bouton de l’ascenseur, mais j’ai pu reprendre la conduite et la moto », précise Maxime. Son handicap l’empêche néanmoins de poursuivre les travaux de construction de sa maison. Cet ancien commercial et sa compagne gardent cependant le projet de partir s’installer en Asie.

Maxime K. nous a reçu chez lui en région parisienne. Photo EBRA/A.S.

Maxime K. nous a reçu chez lui en région parisienne. Photo EBRA/A.S.

« La médecin s’est excusée mais elle nous a menti »

Maxime et Farah regrettent que la médecin n’ait jamais admis son erreur. « Elle s’est excusée en nous écrivant une lettre, mais elle nous a menti. Pourtant, c’est un bon médecin », précise Maxime. « Je ne ressens aucune haine, mais de la déception. Je sais qu’elle n’a pas fait exprès. »

Maxime a entamé des démarches pour se faire indemniser. « L’objectif premier est d’obtenir une expertise médicale contradictoire. Elle va permettre de confronter le médecin à la victime et sera la base à une indemnisation », explique Me Philippe Courtois, l’avocat de Maxime, spécialisé dans la défense et l’indemnisation des victimes de dommages corporels. « Nous devrions obtenir cette année l’expertise ainsi que la proposition d’indemnisation », ajoute-t-il. En cas de désaccord, Maxime aura la possibilité de saisir le tribunal judiciaire. Il a également la possibilité de saisir l’ordre des médecins ou encore de déposer une plainte au pénal. « L’erreur n’est pas reconnue par le médecin. Pourtant, elle a eu un acte chirurgical fautif. Ce n’est pas un aléa thérapeutique. Il s’agit bien d’une erreur médicale », insiste Me Courtois, précisant « qu’il n’a jamais vu dans un dossier autant de versions différentes d’un même compte-rendu opératoire ».

Un « super-héros » pour son fils

Il y a quelques jours, Maxime s’est fait poser une prothèse. Mais il est trop difficile pour lui d’accepter ce nouveau visage. « Mon œil ne bouge pas, mon regard est mort à gauche, un peu comme une poupée. Mon reflet est difficile à accepter sans le patch. Avec la prothèse, mon fils a peur de moi. » « Ses enfants vont connaître ce visage toute leur vie. Elle lui a bousillé sa vie », dénonce Farah.

Dans la rue, certains détournent le regard. « Oh regarde le pirate », lui a déjà lancé une petite fille, mais pour son fils, Maxime est un « super-héros », avec son cache-œil.

C’est « la première fois »

Contactée, la clinique Paris-Bercy a tenu à faire part de « sa plus grande compassion envers le patient », et précisé que cet accident avait été « régulièrement déclaré à l’Agence régionale de santé (ARS) ». La clinique précise que « ce type d’événement est très rare », et que c’est « la première fois que survient un accident de ce type dans cet établissement ». « La clinique Paris-Bercy a une activité régulière et reconnue en chirurgie ORL avec une quinzaine de chirurgiens qui prennent en charge chaque année 3 000 patients », précise l’établissement.

De son côté, la Société française d’oto-rhino-laryngologie (SFORL) n’a pas souhaité commenter une procédure en cours. Elle précise cependant que « la chirurgie des sinus expose inévitablement à des risques orbitaires. Les patients en sont systématiquement prévenus. Ils sont évidemment proportionnels au niveau de difficulté de la procédure ».

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