Publié le 09.03.2026 à 17:00
Manuel Pavard
« Mon corps, mon choix, et ferme ta gueule ! » ; « Patron, patriarcat, même racine, même combat »… Ils et (surtout) elles étaient près de cinq mille à scander ces slogans, ce dimanche 8 mars, entre l’hôpital couple-enfant de La Tronche et le centre-ville de Grenoble. Une manifestation organisée, comme chaque année, à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, à l’appel de plusieurs collectifs et associations féministes, syndicats et partis de gauche.
Banderole de l’intersyndicale de l’Isère (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, CFE-CGC, Unsa, CFTC). © Maryvonne MathéoudSi le soleil printanier et le grand ciel bleu étaient de nature à faciliter la mobilisation, la réussite de cette édition était cependant loin de ne tenir qu’à la météo. Pour nombre de manifestantes, c’est bien le contexte global d’attaques incessantes contre les droits des femmes qui nécessitait — et nécessite toujours — une réaction massive. Avec cette conviction partagée qu’en la matière, rien n’est totalement acquis et beaucoup reste à gagner.
Le contexte, c’est d’abord, à l’échelle locale et nationale, les élections municipales dont le premier tour est programmé une semaine après le 8 mars. Scrutin qui a poussé l’intersyndicale de l’Isère (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, CFE-CGC, Unsa, CFTC) à adresser, mardi 3 mars, une lettre ouverte aux candidates et candidats, afin de les interpeller sur la place de l’égalité hommes-femmes dans leur programme.
Un cortège festif, coloré et revendicatif. © Maryvonne MathéoudLes syndicats pointaient notamment les inégalités salariales persistantes entre hommes et femmes, le manque de moyens affectés à la lutte contre les violences faites aux femmes, la situation compliquée de la santé reproductive et sexuelle (parcours du combattant pour accéder à l’IVG, insuffisance de l’éducation à la vie affective et sexuelle…). Et ce, sans oublier d’alerter sur « la montée des idées d’extrême droite et des discours masculinistes et fémonationalistes ». Ce qui constitue un « danger spécifique pour les femmes ».
Le patriarcat dans le viseur. © Maryvonne MathéoudSur ce point, les inquiétudes des militantes féministes sont en outre nourries par la situation internationale, avec un recul dramatique pour les droits des femmes dans de nombreux points du globe. En Iran, la lutte héroïque des femmes iraniennes, symbolisée par le mouvement « Femmes, vie, liberté », a été réprimée dans le sang par le régime des mollahs, avant de subir les bombardements indiscriminés de la coalition américano-israélienne. En Afghanistan, les talibans les réduisent au silence. En Pologne, en Hongrie ou en Argentine, l’extrême droite au pouvoir remet en cause le droit à l’avortement. Aux États-Unis, les masculinistes, soutenus par Donald Trump et représentés au gouvernement, ont le vent en poupe…
Claire Tranchant (PCF), engagée pour le féminisme et contre l’extrême droite. © Maryvonne MathéoudPartout, les politiques réactionnaires et fascistes s’attaquent aux droits conquis de haute lutte par des générations de féministes. À un an des prochaines élections présidentielles et législatives, le message est clair pour les militantes françaises : les femmes ont tout à perdre d’un exécutif d’extrême droite. Et elles devront se battre pour gagner l’égalité.
Les femmes sont aussi impliquées dans la lutte des occupant-es du siège de la Métropole de Grenoble. © Maryvonne Mathéoud
Des banderoles et slogans offensifs. © Maryvonne MathéoudCet article Grenoble. Près de 5000 personnes dans les rues pour défendre les droits des femmes est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 08.03.2026 à 14:02
Edouard Schoene
Adrimes, jeune chanteur-poète, ouvre la soirée avec un texte vif qui retrace son chemin de vie à Fontaine et son engagement autour de « Fontaine nous rassemble ».
Elisa Martin, députée, se réjouit d’être présente et appelle les militantes et militants à gagner voix, par voix la victoire de la liste de rassemblement.
Adrimes, jeune chanteur-poète, a animé la soirée.Fabien Gay, « meilleur sénateur de l’année 2025 », a envoyé un message vidéo :
« Après 6 ans de droite il est temps que Fontaine renoue avec son histoire.
Avec Claudine Didier vous aurez une maire engagée auprès de vous.
Je compte sur vous ! »
Guillaume Gontard, sénateur :
« Très heureux d’être parmi vous. J’ai un attachement particulier avec votre ville, moi qui ancien maire du Percy, sait que vous aviez une belle colonie de vacances, significative de ce qu’a été l’esprit de gauche de Fontaine. Six années de droite ! Il va falloir changer les choses, rendre la ville accueillante et construire l’avenir avec C. Didier et son équipe.
Le 15 repli sur soi avec la droite ou on choisit de construire démocratiquement un avenir meilleur. »
Guillaume Gontard, sénateur de l’Isère.Trois témoignages vidéo de soutien suivent les premières interventions : Anne Habozit, Esma Agoun, Renaud Lugli.
Puis Adrimes revient sur scène pour recueillir dix mots auprès du public. Les dix premiers mots proposés : Solidarité, droits, vacances, amour, justice, paix, propreté, égalité, respect, fête
L’artiste improvise un texte à partir de ces dix mots.
Il conclut : « quand la paix t’y vas, tout va ». Les droits humains la véritable priorité !
Frank Bonnaud, jeune militant écologiste, candidat, développe avec humour en quoi c’est facile d’être de droite avec une part importante des médias qui vous soutiennent .
« Moi je préfère qu’on soit de gauche pour discuter avec les Fontainois, comme l’ont fait depuis longtemps les communistes avec les cahiers Fontainois. »
Il se dit fier de défendre le beau programme de « Fontaine nous rassemble » et de porter le combat antifasciste.
Slimane Raïs se présente à l’écran devant « La Source » : professeur d’art à l’ESAD (école d’art de Grenoble), militant associatif. Puis sur scène il s’adresse comme Africain, homo sapiens.
« Nos ancêtres sont nés en Afrique. Chaque rencontre, chaque métissage a enrichi.
Il développe les enjeux face aux guerres qui se développent. « Rejeter l’autre c’est se rejeter soi même. La diversité est notre plus vieille invention durable qui nous permet de rêver un monde meilleur. A Fontaine renouons avec les valeurs de solidarité, faisons reculer les peurs ! »
Claudine Didier, tête de liste de l’union de la gauche à Fontaine. Photo YBClaudine Didier conclut cette soirée .
Elle remercie les élus·es présents·es et les soutiens : Yannick Boulard, maire de Fontaine de 1984 jusqu’en 2014, la section Iséroise de l’Alliance pour la République écologique et sociale (l’Après) , de Victoire Populaire et du NPA, Manon Aubry, Marie-Noëlle Battistel, députée, Guillaume Lissy, maire de Seyssinet-Pariset, Laurent Amadieu, maire de St Egrève, Marianne Floch, secrétaire nationale des jeunes écologistes , Gérard Brion, ancien défenseur des droits de l’Isère… les camarades des Amis du TA pour la technique et le matériel.
« Il y a un mois, j’annonçais qu’une seule liste à gauche était présente à ces élections municipales. Toutes les listes sont maintenant déposées. Je vous confirme bien qu’une seule liste à gauche, écologiste et citoyenne est présente pour notre ville, et c’est « Fontaine nous rassemble». Aucune autre liste ne peut se réclamer progressiste-ouverte, tolérante et transparente, autant de valeurs que nous portons et que je ne retrouve dans aucune des deux autres listes en lice dans notre commune. »
« Je ne vous cacherais pas que c’est avec plaisir que j’ai accueilli ces dernières semaines, les Fontainoises (et Fontainois) heureuses et heureux d’avoir une femme candidate à la tête d’une liste. Cette liste que j’ai l’honneur et la responsabilité de conduire.
Comme promis, nous nous attacherons à faire vivre des instances de concertation avec vous pour guidernos prises de décisions. Mon ambition est simple et exigeante : écouter, dialoguer, faire preuve de transparence, être présent avec les élu.es dans tous les quartiers, être attentif à toutes les générations. Dès le premier tour le 15 mars prochain, chaque voix comptera pour faire gagner la liste d’union « Fontaine nous rassemble » ».
Cet article Fontaine : dynamique de campagne est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 07.03.2026 à 14:24
Didier Gosselin
Les élu·es du SNES (Syndicat national des enseignements du second degré) au conseil d’administration du lycée La Pléiade avaient déjà dénoncé, lors d’une motion majoritairement adoptée en CA le 26 février, « une nouvelle coupe dans les moyens alloués à la dotation horaire pour la rentrée 2026 ». La baisse continue du ratio heures/élève, méthode de décision purement comptable d’attribuer ou non des heures d’enseignement, s’est effectivement traduite depuis 2024 par la suppression de 200 heures d’enseignement. Pour les élu·es du SNES « l’organisation proposée par la direction pour fonctionner avec cette enveloppe est préjudiciable aux élèves, à leur liberté de choix, aux conditions d’apprentissage et d’enseignement, au rayonnement de l’établissement ».
Toute l’architecture pédagogique développée au lycée la Pléiade se trouve de fait menacée. Les représentant·es des personnels enseignants listent concrètement ce qui risque d’arriver si la direction du lycée et le rectorat persistent dans leurs choix :
Soulignant que « ce recul des conditions d’enseignement est historique au lycée la Pléiade, et inacceptable », les élu·es demandent à ce que la dotation 2026–2027 « soit abondée à minima des 200 heures postes perdues ».
Pour la section syndicale SNES du lycée La Pléiade, « la variété des spécialités et options face à la concurrence du privé est un réel atout qu’il convient de maintenir et développer ». Elle rappelle l’apport concret de ces options et s’indigne de ce que « plusieurs d’entre elles soient menacées, comme la langue vivante 3 italien, malgré des projets de jumelages et d’échanges menés depuis longtemps, et reconnus par les familles, les élèves, et la mairie de Pont-de-Chéruy… ».
« L’option théâtre, en partenariat avec le TNP, est menacée également, ce qui pose la question de l’équité territoriale pour les options d’enseignement artistique au lycée, en milieu péri-urbain », s’inquiète le syndicat.
La section syndicale SNES appelle à poursuivre la mobilisation. Un rendez-vous revendicatif se dessine déjà le lundi 9 mars à 12h30 au lycée avec les parents d’élèves devant le lycée.
Les représentants du personnel ont d’ores et déjà obtenu une audience au rectorat le lundi 9 mars à 17h30.
Cet article Pont-de-Chéruy. 200 heures d’enseignement supprimées, le lycée la Pléiade en lutte est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 07.03.2026 à 14:12
Didier Gosselin
Avec près de 57 000 habitant·es, le canton connait un réel développement démographique, sans échapper toutefois à la tendance du vieillissement de sa population et d’un nombre toujours plus grand de retraités. Avec comme conséquence, selon le syndicat CGT des retraités, l’émergence « de nouveaux besoins de plus en plus importants », et donc, « des investissements, des financements pour des services publics de proximité divers, indispensables ».
Le syndicat, qui rappelle que dans chaque commune, « chaque citoyen·ne doit avoir le même droit d’accès aux services publics », insiste également sur les difficultés budgétaires des municipalités « malmenées par des politiques d’austérité instaurées par le gouvernement et votées au parlement, des baisses des dotations nationales, des baisses de rentrée d’impôts (suppression de la taxe d’habitation) qui, mal compensées par l’Etat, grèvent les budgets locaux ».
Pour le syndicat CGT des retraités de Bourgoin-Jallieu, une municipalité ou une communauté de communes (ici la CAPI), « est, certes, un lieu de décision dans la réalité, mais qui doit aussi s’inscrire dans une démarche combative, rassembleuse, démocratique, au-delà de la simple gestion des décisions prises ailleurs ».
Les retraités CGT de Bourgoin-Jallieu interpellent les candidats sur cinq grands thèmes en avançant des propositions.
Le droit à l’accès à la santé pour tous dans tout le territoire. Avec la mise en place de centres de santé municipaux, le développement du centre hospitalier Pierre Oudot dans une logique réellement publique, un développement de la filière psychiatrique, notamment psycho gériatrique, la gratuité pour le parking du centre hospitalier. Pour le syndicat des retraités, les élus doivent agir de concert avec les habitants auprès des institutions concernées pour rendre effectif, avec du personnel qualifié et en nombre suffisant, la prise en charge du grand âge (aide à domicile, repas, foyers logements, EHPAD…) et celui des handicapés à travers des établissements d‘accueil. L’amélioration de l’accès aux locaux des institutions sociales pour les retraités victimes de la fracture numérique doit être prise en compte, et les contrats de complémentaires santé proposés par les collectivités ne devraient relever que de mutuelles au statut non lucratif.
Des transports publics accessibles et gratuits. « La possibilité de se déplacer au sein de la commune et au-delà est un droit fondamental » souligne le syndicat. « Faire les courses, aller au cinéma, rendre visite, aller au service public, participer aux activités culturelles, sportives… » sont autant d’activités pour lesquelles « la voiture n’est pas le seul outil de déplacement ». « Au contraire, précise le syndicat CGT, avec l’augmentation du prix d’utilisation de celles-ci, les embouteillages, la pollution… la possibilité d’utiliser un service de transport public gratuit devient une évidence, pour peu que des décisions soient prises pour le développer ».
« Le Ruban (transports en commun de la CAPI) existe mais se pose la réflexion de son développement pour que tous les quartiers, communes, services publics, commerces soient mieux desservis mieux cadencés, avec des parkings décentralisés d’accès aux arrêts, en lien avec les autres que sont les transports du département, la SNCF… et aussi co-voiturage… La gratuité en fera un vrai outil pour tous ! », conclut le syndicat CGT des retraités.
Les services publics sont indispensables. La présence des services publics font l’âme d’une ville, refusons les cités ou les territoires péri-urbains dortoirs qui en sont dépourvu.
Pour le syndicat CGT, « l’obsession sur les économies à réaliser dans les Services Publics, Municipaux et autres est une trahison de l’esprit républicain ! Un plan d’accès aux services publics territorial garanti à tous doit être mis en débat dans toutes communes de notre bassin ».
La démocratie pour construire de bonnes réponses. Les syndicat CGT des retraités propose « que sur un certain nombre d’enjeux, santé, transports, services publics dans les communes, la CAPI, des structures démocratiques soient instaurées (s’inspirant du modèle des conseils économiques) réunissant acteurs de la société civile organisée (élus, employeurs, syndicats, associations…) pour faire des propositions aux conseils municipaux, communautaires. Ce qui implique une dynamique visant, selon le syndicat, à une meilleure considération et installation des organisations syndicales sur le territoire ».
Les services publics, ce sont les agents territoriaux qui les font vivre ! « Des services publics de qualité ce sont les agents qui le font vivre, le développent, sont là pour échanger avec nous, assurent propreté, sécurité, enjolivement, sont dans les écoles, les services sociaux, pour le logement, la voirie, etc., etc. », insiste le syndicat. « Ainsi, poursuit-il, nous sommes solidaires de leur initiative pour l’accès à tous les agents au statut de fonctionnaire, à lutter contre la précarité de l’emploi, pour leur pouvoir d’achat (salaire indiciaires, déroulement de carrière, promotion, formation, primes, …), leurs conditions de travail, leur droit à la négociation collective sérieuse et respectueuse… ». « Le personnel municipal, conclut-il, et autres, bien dans son travail et sa vie, c’est un service public amélioré ! »
Cet article Bourgoin-Jallieu. Les retraités CGT interpellent les candidats du canton est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 06.03.2026 à 22:29
Daniel Oriol
En présence de Léa Martinez Comeli, secrétaire vie syndicale, animatrice du collectif droits des femmes de l’union départementale CGT 38, l’union locale CGT Roussillon/Beaurepaire tenait un point presse ce vendredi 6 mars afin de lancer une vaste campagne sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Cette campagne démarre à l’occasion de la journée internationale de lutte pour le droit des femmes, mobilisant les syndicats du territoire et leurs élu es.
En effet, malgré les obligations légales et les « beaux » discours patronaux, les inégalités demeurent fortes dans les entreprises : écarts de rémunération (22% inférieur pour les femmes), carrières bloquées, temps partiels imposés (une femme sur quatre), conditions de travail dégradées, violences sexistes et sexuelles. Six personnes sur dix payées au SMIC sont des femmes, par le fait des rémunérations moindres les femmes perçoivent une pension de retraite inférieure de 38% à celle des hommes !
Durant plusieurs semaines, l’union locale va conduire un recensement des accords « égalité professionnelle » dans les entreprises du territoire. Ce travail permettra de dresser un état des lieux précis, d’identifier les entreprises dépourvues d’accord, d’accompagner les syndicats dans leurs revendications afin de faire respecter la loi et d’obtenir des avancées importantes pour les femmes dans les entreprises comme dans la société. Une loi européenne va être traduite en droit français dans les semaines prochaines obligeant les entreprises à la transparence salariale !
Entre 2022 et 2024 une hausse de 28% des violences conjugales enregistrées, explosion des violences sexuelles + 43% dans le cadre conjugal. Des chiffres effrayants : 107 féminicides et 270 tentatives en 2024.
Des manifestations auront lieu partout en France ce dimanche 8 mars, plus particulièrement à Grenoble pour le département où ne seront pas tolérés les groupuscules d’extrême droite tel Némesis ou Eclats de femmes qui visent à créer un buzz xénophobe et des troubles à l’ordre public.
Cet article Roussillon. La CGT veut faire progresser les droits des femmes est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 06.03.2026 à 18:46
Manuel Pavard
« Censure anti-démocratique » pour le Grenoble Alpes collectif (GAC), « boycott » pour le NPA-Révolutionnaires… À un peu plus d’une semaine du premier tour des élections municipales à Grenoble, le choix des invités aux débats organisés par Le Dauphiné libéré et France 3 fait couler de l’encre à gauche de l’échiquier politique. Et pour cause. Pour leurs événements respectifs des jeudi 5 et lundi 9 mars, les deux médias n’ont convié que six des dix candidats déclarés : Allan Brunon (LFI), Alain Carignon (LR), Valentin Gabriac (RN), Romain Gentil (Place publique), Hervé Gerbi (Horizons) et Laurence Ruffin (union de la gauche écologiste et citoyenne).
Le NPA‑R organisait un meeting à la Maison du tourisme, jeudi 5 mars au soir, avec sa tête de liste, Baptiste Anglade, et ses porte-paroles nationaux, Gaël Quirante et Selma Labib.Nulle trace des autres têtes de liste : Thomas Simon pour le Grenoble Alpes collectif, Baptiste Anglade pour le NPA-Révolutionnaires, Catherine Brun pour Lutte ouvrière. Sans oublier la dixième et dernière liste déposée en préfecture, conduite par Geneviève Kryzak et soutenue par le Parti des travailleurs. Or, si le timing serré peut être invoqué concernant cette dernière, officialisée tout récemment, il n’en va pas de même pour les trois autres, en campagne depuis de longues semaines.
« Au nom de l’éthique et de l’équité démocratique entre les listes, nous vous demandons de revenir sur ce choix et d’inviter le Grenoble Alpes collectif tout comme le NPA‑R et Lutte ouvrière », écrit le GAC dans une lettre ouverte adressée le 3 mars aux deux rédactions en chef. « Au Dauphiné, vous nous avez répondu que ce choix s’explique par “un manque de place” et “un choix éditorial”. Cette réponse est inacceptable », s’indigne le collectif.
Thomas Simon, tête de liste, et Nadia Belaïd, en huitième position sur la liste du GAC pour les municipales.Le Dauphiné libéré a également tenté de se justifier en expliquant avoir choisi « d’inviter les candidat.es potentiels du second tour même si tous n’y seront pas ». Argument là encore irrecevable, rétorque le GAC dans un communiqué diffusé ce jeudi 5 mars, quelques heures avant le débat du quotidien régional : « Rien ne permet de garantir que les six candidat.es seront au second tour et encore moins le sondage […] sur lequel iels se basent. C’est un choix éditorial qui favorise clairement la droite et l’extrême droite ainsi que la gauche de pouvoir mais toutes les voix qui proposent un autre modèle démocratique sont censurées. »
De son côté, Baptiste Anglade dénonce, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux ce jeudi 5 mars, le « caractère arbitraire de cette sélection » opérée par le DL. « Ça nous interroge sur les choix de sa direction et son indépendance vis-à-vis de l’actionnaire du journal, la banque du Crédit mutuel, poursuit le candidat du NPA‑R. En janvier dernier déjà, le directeur du groupe Ebra — auquel appartient Le Dauphiné libéré — avait été épinglé par le Syndicat national des journalistes pour son soutien officiel à la candidate d’extrême droite [NDLR : à la mairie de Paris] Sarah Knafo », députée européenne Reconquête et proche d’Éric Zemmour.
Baptiste Anglade, candidat du NPA-Révolutionnaires, pointe les liens troubles de la direction du Dauphiné libéré avec ses actionnaires.En intervenant au débat, l’éducateur spécialisé aurait pu pointer « le caractère réactionnaire et pro-patronal de cette extrême droite que les patrons de presse affectionnent autant », déplore-t-il. Baptiste Anglade aurait en outre eu l’occasion d’évoquer le « rôle néfaste » des grands patrons de presse, « les Bolloré, les Arnault, les Saadé ». Lesquels constituent, selon la tête de liste du NPA‑R, de sérieux « obstacles » au travail des journalistes présents sur le terrain.
Ces regrets et cette incompréhension, le GAC les partage également. « Nous avons défendu une autre façon de faire de la politique, joyeuse et festive, avec un plébiscite et une désignation de liste avec une élection sans candidat.e, indique le collectif. Nous sommes dans un réseau de 700 listes citoyennes à travers la France (plus que Place publique et Horizon réunis) dont certaines ont gagné en 2020 des villes comme Poitiers. N’est-ce pas des éléments suffisants pour pouvoir présenter notre programme lors de ce débat ? »
Catherine Brun, candidate de Lutte ouvrière, n’a pas été invitée non plus aux deux débats. © LOÀ ce stade, Laurence Ruffin et Romain Gentil ont apporté leur soutien aux listes mises sur la touche, tout comme quelques élus et responsables politiques, à l’image de Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF Isère, Simon Billouet, conseiller départemental du groupe Union de la gauche écologiste et solidaire (UGES), ou Antoine Back, adjoint au maire de Grenoble. Reste toutefois un petit espoir, conclut le Grenoble Alpes collectif : « Il est encore temps pour France 3 de nous inviter à leur débat. »
Cet article Grenoble. Des listes de gauche écartées des débats du Dauphiné libéré et France 3 est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 05.03.2026 à 12:49
Manuel Pavard
La lettre ouverte, datée du 3 mars, s’inscrit dans une double actualité. À cinq jours du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, et douze du premier tour des élections municipales. L’intersyndicale de l’Isère (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, CFE-CGC, Unsa, CFTC) interpelle donc les différentes candidates et candidats du département sur « l’urgence de placer l’égalité femmes-hommes au coeur de [leurs]programmes » respectifs. Elle attend de leur part « des engagements clairs, chiffrés et opposables ».
Banderole lors de la manifestation pour la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le 8 mars 2025, à Grenoble.Première question soulevée, celle de « l’égalité professionnelle [qui] commence dans les territoires », estime l’intersyndicale. Laquelle rappelle les inégalités persistantes, notamment au niveau salarial : « À travail égal, les femmes gagnent toujours moins que les hommes. À la retraite, les pensions sont d’un quart en moins pour les femmes. Elles représentent 62 % des personnes payées au SMIC et subissent massivement la précarité et le temps partiel contraint. » À cet égard, la fonction publique territoriale, qui emploie plus de 60 % de femmes, a un grand rôle à jouer.
Les syndicats demandent donc aux têtes de liste de s’engager à « mettre en œuvre une politique de rattrapage salarial dans leurs fonctions publiques territoriales ; imposer des clauses d’égalité professionnelle dans les marchés publics attribués par leurs communes ; pérenniser ou mettre en place des structures publiques petite enfance et de soin aux proches aidant et au grand âge, dont le déficit d’offre publique pénalise l’activité professionnelle des femmes ».
Second point évoqué, les violences faites aux femmes. Les féminicides se poursuivent à un niveau dramatique. Depuis le début de l’année 2026, on compte ainsi déjà seize femmes mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Et les violences conjugales ont augmenté de 16 % entre 2022 et 2024 en Isère. Or, l’intersyndicale pointe des « dispositifs locaux insuffisants » et des « territoires encore sous-dotés », particulièrement dans les zones rurales et de montagne, qualifiées de « déserts médicaux et sociaux pour les victimes ».
Pancarte sur les féminicides d’une manifestante grenobloise, le 8 mars 2025.Là aussi, trois revendications principales. Les candidats sont priés de « maintenir et augmenter les subventions aux associations locales d’aide aux victimes ; créer ou pérenniser des places d’hébergement d’urgence spécifiquement dédiées aux femmes victimes de violences ; soutenir la formation des agent·e·s municipaux (polices municipales, CCAS, personnels scolaires) au repérage et à l’accueil des victimes ».
Troisièmement, la situation de la santé reproductive et sexuelle, « un service public en danger », selon les organisations syndicales. Les femmes, déjà fortement touchées par la baisse des dotations aux hôpitaux et la fermeture de lits, connaissent, dans certains territoires, de grosses difficultés pour l’accès à l’IVG, « droit fondamental pourtant constitutionnalisé ». Quant à l’éducation à la vie affective et sexuelle, celle-ci reste « largement insuffisante ».
Banderole sur l’éducation à la sexualité à la manifestation du 8 mars 2025.L’intersyndicale appelle les futurs élus à « soutenir activement les centres de planification et d’éducation familiale de leurs territoires ; favoriser l’implantation et le maintien de structures de soin gynécologique et obstétrique ; promouvoir dans leurs communes des actions d’éducation à l’égalité et à la sexualité, l’EVAR et l’EVARS, dans vos écoles municipales, en lien avec l’Éducation nationale et les associations progressistes et féministes ».
Enfin, les syndicats achèvent cette lettre ouverte par un quatrième point en forme de mise en garde. Ils alertent en effet sur « la montée des idées d’extrême droite et des discours masculinistes et fémonationalistes » — à l’image de l’irruption de Némésis. « Un danger spécifique pour les femmes », affirment-ils. De fait, « l’extrême droite porte un projet de société qui, partout où elle gouverne, se traduit par des coupes dans les services publics, un recul des droits des femmes et une hostilité assumée envers les associations féministes », constate l’intersyndicale.
« Les premières victimes de cette idéologie sont les femmes, poursuit-elle. Celles qui subissent des violences et trouveront moins de structures pour les accueillir, celles qui travaillent et verront leurs droits sociaux démantelés, celles qui sont racisées et subiront une double discrimination, celles qui sont LGBTQIA+ et seront niées dans leur existence. »
Les organisations iséroises lancent un avertissement : « Voter pour des listes qui pactisent avec l’extrême droite ou qui ne placent pas l’égalité au cœur de leur projet, c’est prendre la responsabilité de fragiliser encore davantage la situation des femmes dans nos communes. » Avant de conclure : « Les femmes de l’Isère comptent sur vous pour ne pas les oublier une fois les urnes refermées. »
Cet article Municipales. L’intersyndicale Isère interpelle les candidats sur les droits des femmes est apparu en premier sur Travailleur alpin.