Publié le 23.03.2026 à 21:24
Maryvonne Mathéoud
Un millier de personnes majoritairement des jeunes ont manifesté samedi à Grenoble contre le racisme, le fascisme et les violences d’état. Cette marche de la solidarité qui revêt un caractère particulièrement important compte-tenu du contexte actuel a eu lieu dans une centaine de villes de France.

Les manifestants ont défilé dans les rues en scandant des mots d’ordre contre tous les racismes, le fascisme rampant et décomplexé, contre toutes les violences d’état. Le tract d’appel a été lu à plusieurs voix « d’où que l’on vienne, où que l’on soit né, nous vivons ici, nous travaillons ici, nous étudions ici. Ensemble… nous décidons de nous unir, de résister, de riposter et de construire la solidarité comme un moyen et comme un objectif… chaque fois que l’on s’attaquera à l’un d’entre nous nous nous lèverons ensemble. Chaque victoire des uns et dans autres sera une victoire pour toutes et tous »

Dans son intervention Anne Villegier, responsable à la CISEM, dénonce les lois liberticides et la montée des discriminations raciales. A la violence « ordinaire » s’ajoute la violence administrative, indique-t-elle. « Quand ils ferment les préfectures, qu’ils mettent des mois à accorder les titres de séjour, c’est une violence indigne d’un pays comme la France. Nous continuons la pour les droits au séjour, les droit au travail, le droit au logement, le droit à la santé…. »

« Il n’y a pas de raison qu’il y ait des distinctions entre les êtres humains », déclare un manifestant.
« Nous ne gagnerons qu’en renforçant les luttes sociales, c’est pourquoi avec la CISEM qui regroupe de nombreuses associations, collectifs, syndicat et parties politiques pour agir sur la question des droits des étrangers, et contre le racisme, nous appelons également à rejoindre les mobilisations nationales du 28 mars pour la libération de la Palestine et en soutien aux mal logés avant la trêve hivernale », est la phrase de conclusion du tract d’appel à la manifestation de samedi 21 mars.



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Publié le 23.03.2026 à 18:56
Manuel Pavard
Un « défi existentiel pour la gauche ». Les termes peuvent sembler excessifs mais la fédération de l’Isère du PCF se veut lucide, devant les résultats des municipales. Si l’attention médiatique s’est en effet largement focalisée sur la victoire de Laurence Ruffin à Grenoble, dans le reste de l’Isère, « la gauche est submergée presque partout par une vague bleue marine sans précédent, qui profite très largement à une droite en pleine dérive vers son extrême », déplore Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF, dans un communiqué diffusé ce lundi 23 mars, au lendemain du second tour.
Gilles Vial, maire PCF de Salaise-sur-Sanne réélu au premier tour, parmi les rares lueurs pour la gauche en Nord-Isère.Le responsable communiste détaille ainsi les victoires de la droite, dans le Grésivaudan — où le NFP avait pourtant obtenu des résultats positifs aux législatives -, le Nord-Isère, l’Isère rhodanienne… Avec néanmoins quelques rares motifs de satisfaction, à l’image de la réélection d’Isabelle Flores (divers gauche) à Crémieu ou de celle des maires communistes sortants à Salaise-sur-Sanne (Gilles Vial), Le Péage-de-Roussillon (André Mondange) et Jarcieu (Yann Berhault).
« À Saint-Marcellin, la droite macroniste ne conserve la commune face à l’extrême droite que grâce au retrait républicain de la liste conduite par Christophe Ghersinu, un choix salutaire qui oblige », ajoute Jérémie Giono. De même, Julien Polat, réélu au premier tour à Voiron, voit sa « ligne » triompher dans le « Pays voironnais élargi », faisant tomber dans son escarcelle Saint-Jean-de-Moirans, Moirans et Rives. « Seul les socialistes du bas de la vallée de la Fure résistent encore, à Renage et Tullins », nuance le secrétaire départemental du PCF Isère.
Celui-ci constate l’échec du front républicain qui, lors des législatives 2024, avait « contenu la marée bleu marine aux marges de la neuvième circonscription. Avec ces municipales, le niveau est encore monté, emplissant tout l’espace jusqu’aux portes de la métropole », s’alarme-t-il.
De fait, la métropole grenobloise fait de plus en plus office de bastion, voire de citadelle assiégée, pour « la gauche [qui], malgré ses divisions, tient bon et progresse même par endroits ». Outre Laurence Ruffin, qui a su renverser la vapeur ce dimanche 22 mars, après un premier tour décevant, Jérémie Giono cite notamment les maires PCF de Saint-Martin-d’Hères et Échirolles : « David Queiros et Amandine Demore sont réélus triomphalement » — respectivement aux premier et second tours — « malgré une profusion de listes diverses face à eux ».
Amandine Demore a été « réélue triomphalement » à Échirolles, comme David Queiros à Saint-Martin-d’Hères.Succès également pour Catherine Troton, « brillamment réélue » à Vizille, avec le soutien des communistes locaux. Tout comme l’écrasante majorité des maires écologistes (Laurent Amadieu à Saint-Égrève, Nicolas Richard à Eybens) et socialistes (Guillaume Lissy à Seyssinet-Pariset…). Avec une exception : Meylan, de retour à droite après la défaite du maire PS sortant Philippe Cardin, battu par Joëlle Hours — principale déception pour la gauche, avec Fontaine. Pour finir sur une note positive, citons tout de même les conquêtes du Sappey-en-Chartreuse (Gildas Bouffaud, tombeur de Dominique Escaron, figure de la droite métropolitaine) et de Vif (Guillaume Carassio).
Désormais, les regards sont braqués sur Grenoble Alpes Métropole. La composition du futur conseil métropolitain — qui passe de 119 à 110 élus en 2026 — et la course à la présidence paraissent en effet particulièrement indécises, au regard des nouveaux équilibres, aussi précaires qu’incertains. Pour Jérémie Giono, « la gauche sort renforcée » à la Métropole et « en son sein, le futur groupe ‘communistes & apparentés’ continue de progresser, avec entre quinze et seize élu·e·s dans le futur mandat ».
À quoi ressemblera le futur conseil métropolitain (ici le 12 juillet 2023) ?Quid des projections globales ? Selon nos calculs — susceptibles de modifications, certains élus pouvant changer de groupe -, les écologistes et apparentés obtiendraient vingt-deux élus, le groupe des petites communes (ex-« Notre Métropole commune ») vingt-trois, les socialistes quatorze, les communistes au moins quinze donc, et les insoumis (auparavant membres du groupe UMA avec les écologistes) huit.
De l’autre côté de l’échiquier politique, les centristes et macronistes pourraient avoir onze élus, le RN passerait de un à deux conseillers métropolitains, tandis que la droite était jusque-là divisée en deux groupes, CCM (présidé par Dominique Escaron) et GO-SCDDC (présidé par Alain Carignon), qui seraient crédités respectivement de neuf et cinq élus à ce stade.
« La gauche ne peut plus se payer le luxe d’offrir un tel spectacle, la métropole doit devenir une vitrine positive pour œuvrer à la reconquête du territoire. »
Pour la gauche, majoritaire dans l’absolu, le principal enjeu de mettre fin aux tristes divisions ayant émaillé le dernier mandat. Avec une inconnue concernant le rôle de Christophe Ferrari, élu président de la Métropole grâce aux voix de la droite, en 2020, contre l’écologiste Yann Mongaburu, soutenu par Éric Piolle. Mais cette fois, le maire de Pont-de-Claix n’aura pas forcément la même latitude, idem pour son allié Sylvain Laval. De leur côté, le maire PS de Seyssinet-Pariset, Guillaume Lissy, et son homologue écologiste de Saint-Égrève, Laurent Amadieu, devront composer avec les stratégies de leurs groupes respectifs. Reste aussi à connaître le vote des élus des « petites communes ».
Guillaume Lissy, maire PS de Seyssinet-Pariset, fait partie des noms souvent évoqués pour la présidence de la Métropole.Jérémie Giono en est tout cas convaincu, « la gauche ne peut plus se payer le luxe d’offrir un tel spectacle, la métropole doit devenir une vitrine positive pour œuvrer à la reconquête du territoire ». Le PCF Isère appelle donc « l’ensemble des forces de gauche, écologistes et citoyennes – qu’il s’agisse des partis, mais bien plus largement, de toutes les équipes qui portaient des valeurs progressistes dans ce scrutin – à trouver les temps pour se retrouver dans les territoires d’ici à l’été, afin de construire ensemble des modalités d’échanges d’expériences et d’organisation de la résistance ».
La gauche doit absolument « créer les conditions d’une résistance culturelle locale », affirme le secrétaire départemental, face au discours de repli sur soi porté par la droite et l’extrême droite. Dans ce contexte, « la Foire de Beaucroissant au stand La Terre/Le Travailleur alpin (25 et 26 avril) et la Fête du Travailleur alpin (26 et 27 juin) seront des temps importants », souligne-t-il.
Plus globalement, se projette Jérémie Giono, la gauche n’a plus le choix : « Elle doit s’unir sur la Métropole, autour d’un projet et d’un pacte de gouvernance partagé, pour être capable de soutenir la structuration de cette résistance dans les territoires qui sont tombés ou restés à droite dimanche. » Et de conclure : « Tel est notre responsabilité historique. Soyons-en digne, il est minuit moins une. »
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Publié le 23.03.2026 à 03:18
Manuel Pavard
Si la tendance s’est vite dessinée dans la soirée, l’attente aura été, une nouvelle fois, particulièrement longue, avant l’officialisation des résultats. Il était ainsi 23h30, ce dimanche 22 mars, lorsque l’information a été annoncée, le conditionnel cédant alors enfin la place à l’indicatif : Laurence Ruffin est élue maire de Grenoble, avec 56,59 % des suffrages. Un succès finalement assez confortable, avec un peu plus de treize points d’avance sur Alain Carignon, crédité, lui, de 43,41 %.
L’explosion de joie de Laurence Ruffin, entourée de ses colistiers et colistières, devant le local de campagne.Mais pour les militants et colistiers de « Oui Grenoble », rassemblés au local de campagne de la liste d’union de la gauche écologiste et citoyenne, entre les halles Sainte-Claire et la place Notre-Dame, l’explosion de joie ayant suivi la proclamation officielle était à la hauteur de l’angoisse ressentie durant l’entre-deux-tours, dans une bonne partie de la gauche grenobloise. « Heureux » et « rassurés ». C’est d’ailleurs ce mélange de soulagement et d’allégresse qu’exprimaient nombre de partisans de Laurence Ruffin au moment où la nouvelle édile a fait son apparition, quelques minutes plus tard, sur la scène dressée dans la rue du Président-Carnot.
« Pour la première fois, Grenoble a choisi une maire femme », s’est exclamé Éric Piolle, avant de transmettre le flambeau et la parole, « avec une immense fierté », à celle qui lui succède pour les six prochaines années. Une maire qui avait « préparé deux discours » opposés, au cas où. Et qui ne s’est pas fait prier pour déchirer, sous les acclamations du public, le texte devenu inutile, ne gardant que les mots de la victoire.
Après deux mandats (de 2014 à 2026), Éric Piolle passe le flambeau à Laurence Ruffin.« Je suis très heureuse car c’est un long chemin pour arriver là », a lancé Laurence Ruffin, très émue, remerciant les militants pour leur investissement durant cette campagne. Avec un chiffre édifiant : les « 42 000 portes » auxquelles ont frappé les membres de son équipe, aux quatre coins de Grenoble. Et ce, malgré une semaine « chahutée », référence au climat délétère de ces derniers jours, largement entretenu par ses adversaires. « C’était compliqué mais l’intérêt général est toujours passé au-dessus. Nous sommes restés soudés », s’est-elle félicitée.
Pour Laurence Ruffin, son élection et son projet s’inscrivent dans la riche histoire de la capitale des Alpes et de ses valeurs. « Grenoble, c’est une ville de résistance, […] une ville qui a résisté au pouvoir royal, qui a animé la Révolution française, qui est Compagnon de la Libération. On a résisté à la corruption, à l’entre-soi… Et on va encore devoir résister », a annoncé l’élue, évoquant ensuite la « ville qui invente ». Celle de « la municipalisation de l’eau, du premier Planning familial, de la démocratie participative », a‑t-elle égrené. « C’est ici qu’on a eu la première ville écolo. Et la première maire femme. »
Laurence Ruffin a longuement remercié les militants de Oui Grenoble pour leur investissement.Laurence Ruffin a bien sûr rappelé l’importance de « l’union de la gauche, des écologistes, des citoyens », dans sa victoire. Rassemblement qui s’est manifesté dès le début de la campagne, avec une coalition de treize partis et mouvements, puis lors du second tour, marqué par la « fusion technique » avec la liste de la France insoumise. Sans oublier les consignes de vote et le soutien apporté au lendemain du premier tour par des candidats — à l’image du Grenoble Alpes collectif ou de Romain Gentil (Place publique) — qu’elle a vivement « remerciés » pour cela.
« Je voudrais m’adresser à tous les Grenoblois et Grenobloises, pour leur dire qu’à partir de demain, on s’engage à travailler », a poursuivi la nouvelle maire. Dans cette période de turbulences, entre montée du fascisme et dérèglement climatique, elle promet de faire vivre les « valeurs d’antiracisme, de féminisme, de justice sociale, de collectif ». Et d’ajouter : « Très concrètement, on veut aussi améliorer la vie des gens, répondre à toutes les préoccupations et être élus pour tous les Grenoblois, qu’ils aient voté pour nous ou non. »
Devant le local de campagne, rue du Président-Carnot, après la proclamation officielle des résultats.Laurence Ruffin en a néanmoins conscience, les obstacles à surmonter ne manquent pas. Ceci, dès ce vendredi 27 mars, date de son premier conseil municipal. La maire se retrouvera ainsi face à une droite revancharde — et sans doute aigrie après cette nouvelle élection municipale perdue. Mais également face à une inconnue, à savoir l’attitude des élus LFI et de leur chef de file Allan Brunon qui, après l’accord « technique » du second tour, entendaient rallier l’opposition. De bons nœuds dans le cerveau en perspective certes, mais Oui Grenoble reste majoritaire pour conduire sa politique. Et Laurence Ruffin l’a déjà démontré, elle ne recule pas devant les défis.
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Publié le 22.03.2026 à 21:31
Manuel Pavard
Après avoir frôlé l’élection au premier tour, avec près de 49 % des suffrages, Amandine Demore affrontait le second tour avec très peu d’appréhension, à Échirolles. Le maigre suspense a été vite éteint ce dimanche 22 mars. La maire communiste sortante, qui avait succédé à Renzo Sulli, démissionnaire, en octobre 2023, est de nouveau arrivée largement en tête, approchant les 60 % (59,62 %).
Amandine Demore entamera son premier mandat complet à Échirolles.Opposée dans une triangulaire à Enzo Billon (RN) et Antar Labiod (LFI-EELV), Amandine Demore devance le candidat d’extrême droite (27,30 %) de trente-deux points, tandis que le second candidat de gauche récolte quant à lui 13,08 %. Ravie de ce succès, la maire d’Échirolles a salué le travail de son équipe, réunie dans la commune ce dimanche soir, regrettant toutefois le haut niveau d’abstention. Autre satisfaction, « la perte de trente-six voix pour le Rassemblement national entre les premier et second tours ».
Fortunes diverses pour la gauche iséroise. À Meylan, le maire sortant Philippe Cardin, crédité de 42,80 %, n’a pas réussi à confirmer sa victoire, en 2020, lorsqu’il avait fait basculer la ville à gauche. La centriste Joëlle Hours devance la tête de liste d’union de la gauche avec 57,20% des suffrages. La nouvelle édile a bénéficié notamment du désistement de Sandrine Chaix (divers droite), troisième du premier tour.
Déception également à Rives pour Jérôme Barbieri. Le communiste, candidat de l’Alliance pour Rives (divers gauche) échoue finalement avec 46,76 % des voix, battu par la tête de liste de la droite, Julien Stevant (53,24 %). À Gières en revanche, l’écologiste Mickaël Guiheneuf succède à l’ex-maire PS Pierre Verri (élu depuis 2014) — dont il était adjoint — avec 52,51 %, cinq points devant Sylvain Stamboulian (divers centre).
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Publié le 20.03.2026 à 16:00
Manuel Pavard
Après avoir apporté, la veille, son soutien à Laurence Ruffin à Grenoble, Christophe Ferrari allait-il donner des consignes de votes pour le second tour dans d’autres communes ? Beaucoup attendaient notamment sa prise de position à Meylan et à Échirolles. C’est désormais chose faite dans ce dernier cas. Le président de Grenoble Alpes Métropole appelle ainsi, dans un communiqué diffusé ce vendredi 20 mars à « faire barrage au Rassemblement national » à Échirolles.
Christophe Ferrari ne tranche pas entre la maire Amandine Demore, tête de liste d’Échirolles ensemble, et le candidat LFI Antar Labiod.Au premier tour, Christophe Ferrari et son parti, Place publique, soutenaient la candidate socialiste Laetitia Rabih, finalement éliminée avec 8,49 % des suffrages, à l’issue d’une campagne au climat particulièrement délétère. Mais si le PS a depuis appelé à voter pour Amandine Demore au second tour, le président de la Métropole s’est, lui, bien gardé de trancher entre la maire communiste sortante, arrivée très nettement en tête avec 48,83 % des voix, et Antar Labiod (soutenu par LFI et les Écologistes), troisième avec 15,23 %.
Pour rappel, les deux candidats de gauche affronteront ce dimanche 22 mars, dans une triangulaire, Enzo Billon, tête de liste du RN, crédité de 25,68 % au premier tour. C’est contre le parti d’extrême droite, « porteur d’un programme de division, d’exclusion et de rejet de l’autre », que Christophe Ferrari a choisi de concentrer ses attaques. « Le Rassemblement national représente le contraire des valeurs qui sont les miennes et plus largement le contraire des valeurs qui ont permis à notre territoire de progresser et de prospérer », affirme-t-il.
Et le maire de Pont-de-Claix de conclure : « J’appelle l’ensemble des électeurs échirollois à rester fidèle à notre histoire collective et en particulier à l’histoire d’Échirolles. Celle d’une terre de résistance et d’accueil tout au long de son existence qui ne peut donner aucune de ses voix au Rassemblement national. »
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Publié le 20.03.2026 à 12:00
Luc Renaud
Les organisateurs rappellent la trop longue liste – non exhaustive – d’étrangers qui ont perdu la vie à la suite d’agressions criminelles. « À la mémoire d’Aboubacar Cissé, Malien, sans-papiers, musulman, tué dans une mosquée, nous luttons contre l’islamophobie et la négrophobie. À la mémoire de Djamel Bendjaballah, tué par un militant fasciste, nous nous opposons à la présence des fascistes dans nos quartiers. À la mémoire d’El-Hacen Diarra, Mauritanien, résident d’un foyer de travailleurs immigrés, tué par la police, nous exigeons vérité et justice pour tous les crimes policiers. À la mémoire de Mamadou Garanké Diallo, Guinéen, mort au large de Dunkerque en voulant traverser la Manche pour fuir une OQTF, nous revendiquons la régularisation des sans-papiers et la reconnaissance des mineures isolées… »
En organisant cette manifestation dans le cadre d’un mouvement national, la Cisem appelle notamment à « se mobiliser pour faire obstacle aux rafles policières ; barrer la route au RN et à Reconquête et à tous les groupes fascistes ; s’opposer aux contrôles au faciès, aux armes et pratiques mortelles ; abolir le permis de tuer sur le refus d’obtempérer et la présomption de légitime défense pour la police ; obtenir le retrait des lois islamophobes, de la loi de 2004 dite « sur les signes religieux à l’école », à la loi « séparatisme » ; exiger la régularisation des sans-papiers, la reconnaissance des mineurs isolés, le renouvellement automatique des titres de séjour… » La Cisem demande à Grenoble « le relogement le plus rapide possible des occupants de la Métro et des écoles occupées » en rappelant que « le racisme passe aussi par l’appauvrissement et les politiques d’isolement social dont sont victimes les personnes sans-papiers ».
Sous le titre « Défendre les droits des migrants, c’est défendre l’ensemble du monde du travail ! », le PCF appelle également à cette manifestation.
Pour les communistes, « la stigmatisation de l’immigration est le moteur du processus de fascisation de la société, poussée par les médias de milliardaires comme ceux du groupe Bolloré ». Ce processus est mis en œuvre avec un objectif : « S’en prendre aux migrants, c’est servir l’agenda des tenants du capital, qui ont pour objectif l’intensification de l’exploitation du monde du travail. » De fait, « ce n’est pas et jamais été l’immigration en-soi qui fait pression sur les salaires des travailleurs, mais bien le fait de faire des travailleurs migrants des « sans droits ni titres » qu’il est possible d’exploiter sans limite. » Et « ce n’est pas un hasard si en Italie comme en France, on retrouve parmi les soutiens de l’extrême droite des franges du monde économique qui profitent allègrement du « travail dissimulé », exploitant des migrants traités en esclaves des temps modernes. » Une arme utilisée pour tirer tous les salaires et les conditions de travail vers le bas.
Le PCF insiste : « Notre camp social doit porter une parole forte. Une parole qui unifie, qui rassemble, autour d’un mot d’ordre clair : même travail, mêmes droits ! »
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Publié le 19.03.2026 à 19:40
Manuel Pavard
Dimanche 22 mars, les Grenoblois auront « le choix entre deux projets de société », résume Laurence Ruffin. « Le service public ou le modèle privé », selon Philippe Rio. « Le rejet de l’autre ou la main tendue », pour Guillaume Gontard. « Soit la première femme maire, soit le premier maire condamné », compare Cyrielle Chatelain. « Est-ce que vous voulez la honte ? Est-ce que vous voulez la fierté ? », demande François Ruffin au public.
Le public enthousiaste au Palais des sports.Intervenus à tour de rôle sur la scène du Palais des sports, ce mercredi 18 mars au soir, pour ce dernier grand meeting de la campagne municipale, les différents orateurs ont tous insisté sur ce point. Après la « fusion technique » entre la liste Oui Grenoble et celle de la France insoumise, le second tour donnera en effet lieu à un duel entre deux options antagonistes : Laurence Ruffin, candidate de l’union de la gauche, ou Alain Carignon, celui de LR mais aussi de l’union des droites.
La tête de liste de Oui Grenoble rappelle d’ailleurs que l’ancien maire, arrivé avec 0,7 % d’avance au premier tour, a « siphonné les voix de toute la droite, du macronisme jusqu’à l’extrême droite ». En face, une « gauche dispersée » mais néanmoins majoritaire : un peu plus de 58 % des suffrages en additionnant l’ensemble des listes. Une gauche qui a « su s’unir » en vingt-quatre heures, regroupant désormais quatorze partis — même si LFI n’entend pas faire partie d’une éventuelle majorité municipale. « Nous avons fait ici le Nouveau Front populaire grenoblois », se félicite ainsi Laurence Ruffin.
Laurence Ruffin entre Amandine Demore et Philippe Rio.La candidate se dit « fière de Grenoble, ville de la Résistance et compagnon de la Libération. C’est la ville du premier Planning familial, de la municipalisation de l’eau, de Mounier. Et c’est dans cette trajectoire qu’on s’inscrit aujourd’hui », explique-t-elle. « Grenoble inspire par son histoire, sa remise en question sans cesse, son municipalisme », abonde le maire PCF de Grigny (Essonne) Philippe Rio, président de la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens, citant lui aussi « la municipalisation de l’eau » et celle « du gaz », tout comme les « avancées écologiques et démocratiques ».
« Grenoble doit rester à gauche dimanche », implore l’édile francilien, réélu au premier tour, le 15 mars, pour un troisième mandat, et élu « meilleur maire du monde » en 2021, par la City Mayors Foundation, pour son action contre la pauvreté. Car, ajoute-t-il, « les élections municipales vont donner une tonalité à ce qui va se passer l’an prochain », avec le double rendez-vous des présidentielles et législatives. Chaque commune et chaque métropole remportées par la gauche seront « des espaces de résistance et d’espoir pour gagner en 2027 », affirme Philippe Rio. Et celui-ci de saluer ses camarades communistes présents dans la salle : David Queiros, réélu à Saint-Martin-d’Hères, et Amandine Demore, en ballottage très favorable à Échirolles. « Il y a deux nouveaux maires au féminin que l’on doit élire dimanche : ici Laurence, et à Échirolles, Amandine », s’exclame-t-il.
Philippe Rio, maire PCF de Grigny.Pour Philippe Rio, à Grigny comme à Grenoble, « l’union de la gauche, des écologistes et de tant d’autres » est une condition sine qua non à la victoire. Des militants qui, estime-t-il, « ont compris l’essentiel. Face au danger de la droite et de l’extrême droite, face aux crises sociales, démocratiques, écologiques, nous avons une responsabilité qui nous oblige et nous n’avons pas le droit de nous diviser. Nous n’avons pas ce luxe. »
Les élus communistes ont fait le déplacement.L’élu communiste illustre ses propos en évoquant « l’attachement aux services publics » des Grenoblois. Là aussi, « deux projets de société » s’opposent, souligne-t-il : « Celui du patrimoine de ceux qui n’en ont pas et qui en auront toujours besoin pour faire société. Et ceux qui voudront les privatiser, pour enrichir les actionnaires et les rendre inaccessibles, pour les classes populaires d’abord mais aussi pour les classes moyennes. Et ainsi continuer à diviser notre société. »
Sur la scène du Palais des sports, tous les intervenants insistent sur ce danger représenté par la droite et sur l’espoir qu’incarne l’union de la gauche. Le vote, ce dimanche, sera scruté de près car « Grenoble a toujours été une ville ouverte sur le monde, en avance », vante le sénateur de l’Isère Guillaume Gontard, citant Hubert Dubedout, la municipalisation de l’eau, le Planning familial, la participation citoyenne…
Le sénateur écologiste de l’Isère Guillaume Gontard.Pour le président du groupe écologiste au Sénat, « le choix est plus que simple. Soit un projet qui permet de poursuivre l’adaptation au changement climatique, aux changements sociaux, soit un projet passéiste. Une ville qui tend la main ou une ville qui montre du doigt. » Guillaume Gontard en est convaincu, « en réalité, Alain Carignon n’aime pas Grenoble. Il s’en sert pour la corruption et pour ses magouilles. Mais Grenoble ne mérite pas ça. »
Cyrielle Chatelain, députée de la deuxième circonscription de l’Isère, dénonce quant à elle le programme du candidat Les Républicains et ses « idées en commun avec le Rassemblement national ». Le 31 janvier dernier, rappelle la présidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, « Alain Carignon et Thierry Perez [NDLR : député RN de la dixième circonscription de l’Isère] défilaient derrière la bannière d’Alliance Police nationale ».
Une équipe soudée.Alain Carignon, ironise de son côté François Ruffin, a monté « une école de formation de la corruption : il n’y a que des gens condamnés autour de lui ». Reliant la tête de liste de la droite aux Trump, Poutine, Netanyahou et Milei actuellement au pouvoir dans le monde, le député de la Somme fait l’éloge, en comparaison, de « l’obsession de la coopération » manifestée par sa sœur. « C’est sa vraie originalité, son apport politique. Elle est habitée par ce désir de faire avec les gens », assure-t-il.
François Ruffin, de retour à Grenoble pour soutenir sa sœur.Évoquant « la soif d’unité des gens de gauche, depuis le 12 février 1934 » jusqu’à aujourd’hui, François Ruffin est persuadé que « les Grenoblois sauront trancher entre les deux bulletins ». Et ce, y compris dans la dernière ligne droite, « comme Thomas Ramos inscrivant la pénalité gagnante à la 82e minute » lors du France-Angleterre clôturant le Tournoi des six nations.
« Les heures devant nous sont cruciales », confirme Laurence Ruffin, qui appelle à la mobilisation et « remercie le Grenoble Alpes collectif » dont deux militantes sont venues réitérer leur soutien pour le second tour au Palais des sports. L’ancienne dirigeante de la Scop Alma s’adresse aux électeurs de gauche mais également à ceux de Place publique ou d’Hervé Gerbi, indique-t-elle. Et « à tous les Grenoblois et Grenobloises », inquiets du projet d’Alain Carignon.
Laurence Ruffin lance un appel à la mobilisation.Laurence Ruffin boucle alors la boucle en décrivant le choix que ces derniers auront à faire, dimanche 22 mars, « entre l’hospitalité et l’émancipation ou la régression sociale, entre une maire au travail ou un champion du clientélisme, entre deux méthodes, la corruption ou la coopération ». Et de conclure, sous les acclamations : « Faisons en sorte qu’aucune voix ne manque. Non à la corruption, non à Carignon, oui à Grenoble ! »
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