Publié le 07.03.2026 à 14:24
Didier Gosselin
Les élu·es du SNES (Syndicat national des enseignements du second degré) au conseil d’administration du lycée La Pléiade avaient déjà dénoncé, lors d’une motion majoritairement adoptée en CA le 26 février, « une nouvelle coupe dans les moyens alloués à la dotation horaire pour la rentrée 2026 ». La baisse continue du ratio heures/élève, méthode de décision purement comptable d’attribuer ou non des heures d’enseignement, s’est effectivement traduite depuis 2024 par la suppression de 200 heures d’enseignement. Pour les élu·es du SNES « l’organisation proposée par la direction pour fonctionner avec cette enveloppe est préjudiciable aux élèves, à leur liberté de choix, aux conditions d’apprentissage et d’enseignement, au rayonnement de l’établissement ».
Toute l’architecture pédagogique développée au lycée la Pléiade se trouve de fait menacée. Les représentant·es des personnels enseignants listent concrètement ce qui risque d’arriver si la direction du lycée et le rectorat persistent dans leurs choix :
Soulignant que « ce recul des conditions d’enseignement est historique au lycée la Pléiade, et inacceptable », les élu·es demandent à ce que la dotation 2026–2027 « soit abondée à minima des 200 heures postes perdues ».
Pour la section syndicale SNES du lycée La Pléiade, « la variété des spécialités et options face à la concurrence du privé est un réel atout qu’il convient de maintenir et développer ». Elle rappelle l’apport concret de ces options et s’indigne de ce que « plusieurs d’entre elles soient menacées, comme la langue vivante 3 italien, malgré des projets de jumelages et d’échanges menés depuis longtemps, et reconnus par les familles, les élèves, et la mairie de Pont-de-Chéruy… ».
« L’option théâtre, en partenariat avec le TNP, est menacée également, ce qui pose la question de l’équité territoriale pour les options d’enseignement artistique au lycée, en milieu péri-urbain », s’inquiète le syndicat.
La section syndicale SNES appelle à poursuivre la mobilisation. Un rendez-vous revendicatif se dessine déjà le lundi 9 mars à 12h30 au lycée avec les parents d’élèves devant le lycée.
Les représentants du personnel ont d’ores et déjà obtenu une audience au rectorat le lundi 9 mars à 17h30.
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Publié le 07.03.2026 à 14:12
Didier Gosselin
Avec près de 57 000 habitant·es, le canton connait un réel développement démographique, sans échapper toutefois à la tendance du vieillissement de sa population et d’un nombre toujours plus grand de retraités. Avec comme conséquence, selon le syndicat CGT des retraités, l’émergence « de nouveaux besoins de plus en plus importants », et donc, « des investissements, des financements pour des services publics de proximité divers, indispensables ».
Le syndicat, qui rappelle que dans chaque commune, « chaque citoyen·ne doit avoir le même droit d’accès aux services publics », insiste également sur les difficultés budgétaires des municipalités « malmenées par des politiques d’austérité instaurées par le gouvernement et votées au parlement, des baisses des dotations nationales, des baisses de rentrée d’impôts (suppression de la taxe d’habitation) qui, mal compensées par l’Etat, grèvent les budgets locaux ».
Pour le syndicat CGT des retraités de Bourgoin-Jallieu, une municipalité ou une communauté de communes (ici la CAPI), « est, certes, un lieu de décision dans la réalité, mais qui doit aussi s’inscrire dans une démarche combative, rassembleuse, démocratique, au-delà de la simple gestion des décisions prises ailleurs ».
Les retraités CGT de Bourgoin-Jallieu interpellent les candidats sur cinq grands thèmes en avançant des propositions.
Le droit à l’accès à la santé pour tous dans tout le territoire. Avec la mise en place de centres de santé municipaux, le développement du centre hospitalier Pierre Oudot dans une logique réellement publique, un développement de la filière psychiatrique, notamment psycho gériatrique, la gratuité pour le parking du centre hospitalier. Pour le syndicat des retraités, les élus doivent agir de concert avec les habitants auprès des institutions concernées pour rendre effectif, avec du personnel qualifié et en nombre suffisant, la prise en charge du grand âge (aide à domicile, repas, foyers logements, EHPAD…) et celui des handicapés à travers des établissements d‘accueil. L’amélioration de l’accès aux locaux des institutions sociales pour les retraités victimes de la fracture numérique doit être prise en compte, et les contrats de complémentaires santé proposés par les collectivités ne devraient relever que de mutuelles au statut non lucratif.
Des transports publics accessibles et gratuits. « La possibilité de se déplacer au sein de la commune et au-delà est un droit fondamental » souligne le syndicat. « Faire les courses, aller au cinéma, rendre visite, aller au service public, participer aux activités culturelles, sportives… » sont autant d’activités pour lesquelles « la voiture n’est pas le seul outil de déplacement ». « Au contraire, précise le syndicat CGT, avec l’augmentation du prix d’utilisation de celles-ci, les embouteillages, la pollution… la possibilité d’utiliser un service de transport public gratuit devient une évidence, pour peu que des décisions soient prises pour le développer ».
« Le Ruban (transports en commun de la CAPI) existe mais se pose la réflexion de son développement pour que tous les quartiers, communes, services publics, commerces soient mieux desservis mieux cadencés, avec des parkings décentralisés d’accès aux arrêts, en lien avec les autres que sont les transports du département, la SNCF… et aussi co-voiturage… La gratuité en fera un vrai outil pour tous ! », conclut le syndicat CGT des retraités.
Les services publics sont indispensables. La présence des services publics font l’âme d’une ville, refusons les cités ou les territoires péri-urbains dortoirs qui en sont dépourvu.
Pour le syndicat CGT, « l’obsession sur les économies à réaliser dans les Services Publics, Municipaux et autres est une trahison de l’esprit républicain ! Un plan d’accès aux services publics territorial garanti à tous doit être mis en débat dans toutes communes de notre bassin ».
La démocratie pour construire de bonnes réponses. Les syndicat CGT des retraités propose « que sur un certain nombre d’enjeux, santé, transports, services publics dans les communes, la CAPI, des structures démocratiques soient instaurées (s’inspirant du modèle des conseils économiques) réunissant acteurs de la société civile organisée (élus, employeurs, syndicats, associations…) pour faire des propositions aux conseils municipaux, communautaires. Ce qui implique une dynamique visant, selon le syndicat, à une meilleure considération et installation des organisations syndicales sur le territoire ».
Les services publics, ce sont les agents territoriaux qui les font vivre ! « Des services publics de qualité ce sont les agents qui le font vivre, le développent, sont là pour échanger avec nous, assurent propreté, sécurité, enjolivement, sont dans les écoles, les services sociaux, pour le logement, la voirie, etc., etc. », insiste le syndicat. « Ainsi, poursuit-il, nous sommes solidaires de leur initiative pour l’accès à tous les agents au statut de fonctionnaire, à lutter contre la précarité de l’emploi, pour leur pouvoir d’achat (salaire indiciaires, déroulement de carrière, promotion, formation, primes, …), leurs conditions de travail, leur droit à la négociation collective sérieuse et respectueuse… ». « Le personnel municipal, conclut-il, et autres, bien dans son travail et sa vie, c’est un service public amélioré ! »
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Publié le 06.03.2026 à 22:29
Daniel Oriol
En présence de Léa Martinez Comeli, secrétaire vie syndicale, animatrice du collectif droits des femmes de l’union départementale CGT 38, l’union locale CGT Roussillon/Beaurepaire tenait un point presse ce vendredi 6 mars afin de lancer une vaste campagne sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Cette campagne démarre à l’occasion de la journée internationale de lutte pour le droit des femmes, mobilisant les syndicats du territoire et leurs élu es.
En effet, malgré les obligations légales et les « beaux » discours patronaux, les inégalités demeurent fortes dans les entreprises : écarts de rémunération (22% inférieur pour les femmes), carrières bloquées, temps partiels imposés (une femme sur quatre), conditions de travail dégradées, violences sexistes et sexuelles. Six personnes sur dix payées au SMIC sont des femmes, par le fait des rémunérations moindres les femmes perçoivent une pension de retraite inférieure de 38% à celle des hommes !
Durant plusieurs semaines, l’union locale va conduire un recensement des accords « égalité professionnelle » dans les entreprises du territoire. Ce travail permettra de dresser un état des lieux précis, d’identifier les entreprises dépourvues d’accord, d’accompagner les syndicats dans leurs revendications afin de faire respecter la loi et d’obtenir des avancées importantes pour les femmes dans les entreprises comme dans la société. Une loi européenne va être traduite en droit français dans les semaines prochaines obligeant les entreprises à la transparence salariale !
Entre 2022 et 2024 une hausse de 28% des violences conjugales enregistrées, explosion des violences sexuelles + 43% dans le cadre conjugal. Des chiffres effrayants : 107 féminicides et 270 tentatives en 2024.
Des manifestations auront lieu partout en France ce dimanche 8 mars, plus particulièrement à Grenoble pour le département où ne seront pas tolérés les groupuscules d’extrême droite tel Némesis ou Eclats de femmes qui visent à créer un buzz xénophobe et des troubles à l’ordre public.
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Publié le 06.03.2026 à 18:46
Manuel Pavard
« Censure anti-démocratique » pour le Grenoble Alpes collectif (GAC), « boycott » pour le NPA-Révolutionnaires… À un peu plus d’une semaine du premier tour des élections municipales à Grenoble, le choix des invités aux débats organisés par Le Dauphiné libéré et France 3 fait couler de l’encre à gauche de l’échiquier politique. Et pour cause. Pour leurs événements respectifs des jeudi 5 et lundi 9 mars, les deux médias n’ont convié que six des dix candidats déclarés : Allan Brunon (LFI), Alain Carignon (LR), Valentin Gabriac (RN), Romain Gentil (Place publique), Hervé Gerbi (Horizons) et Laurence Ruffin (union de la gauche écologiste et citoyenne).
Le NPA‑R organisait un meeting à la Maison du tourisme, jeudi 5 mars au soir, avec sa tête de liste, Baptiste Anglade, et ses porte-paroles nationaux, Gaël Quirante et Selma Labib.Nulle trace des autres têtes de liste : Thomas Simon pour le Grenoble Alpes collectif, Baptiste Anglade pour le NPA-Révolutionnaires, Catherine Brun pour Lutte ouvrière. Sans oublier la dixième et dernière liste déposée en préfecture, conduite par Geneviève Kryzak et soutenue par le Parti des travailleurs. Or, si le timing serré peut être invoqué concernant cette dernière, officialisée tout récemment, il n’en va pas de même pour les trois autres, en campagne depuis de longues semaines.
« Au nom de l’éthique et de l’équité démocratique entre les listes, nous vous demandons de revenir sur ce choix et d’inviter le Grenoble Alpes collectif tout comme le NPA‑R et Lutte ouvrière », écrit le GAC dans une lettre ouverte adressée le 3 mars aux deux rédactions en chef. « Au Dauphiné, vous nous avez répondu que ce choix s’explique par “un manque de place” et “un choix éditorial”. Cette réponse est inacceptable », s’indigne le collectif.
Thomas Simon, tête de liste, et Nadia Belaïd, en huitième position sur la liste du GAC pour les municipales.Le Dauphiné libéré a également tenté de se justifier en expliquant avoir choisi « d’inviter les candidat.es potentiels du second tour même si tous n’y seront pas ». Argument là encore irrecevable, rétorque le GAC dans un communiqué diffusé ce jeudi 5 mars, quelques heures avant le débat du quotidien régional : « Rien ne permet de garantir que les six candidat.es seront au second tour et encore moins le sondage […] sur lequel iels se basent. C’est un choix éditorial qui favorise clairement la droite et l’extrême droite ainsi que la gauche de pouvoir mais toutes les voix qui proposent un autre modèle démocratique sont censurées. »
De son côté, Baptiste Anglade dénonce, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux ce jeudi 5 mars, le « caractère arbitraire de cette sélection » opérée par le DL. « Ça nous interroge sur les choix de sa direction et son indépendance vis-à-vis de l’actionnaire du journal, la banque du Crédit mutuel, poursuit le candidat du NPA‑R. En janvier dernier déjà, le directeur du groupe Ebra — auquel appartient Le Dauphiné libéré — avait été épinglé par le Syndicat national des journalistes pour son soutien officiel à la candidate d’extrême droite [NDLR : à la mairie de Paris] Sarah Knafo », députée européenne Reconquête et proche d’Éric Zemmour.
Baptiste Anglade, candidat du NPA-Révolutionnaires, pointe les liens troubles de la direction du Dauphiné libéré avec ses actionnaires.En intervenant au débat, l’éducateur spécialisé aurait pu pointer « le caractère réactionnaire et pro-patronal de cette extrême droite que les patrons de presse affectionnent autant », déplore-t-il. Baptiste Anglade aurait en outre eu l’occasion d’évoquer le « rôle néfaste » des grands patrons de presse, « les Bolloré, les Arnault, les Saadé ». Lesquels constituent, selon la tête de liste du NPA‑R, de sérieux « obstacles » au travail des journalistes présents sur le terrain.
Ces regrets et cette incompréhension, le GAC les partage également. « Nous avons défendu une autre façon de faire de la politique, joyeuse et festive, avec un plébiscite et une désignation de liste avec une élection sans candidat.e, indique le collectif. Nous sommes dans un réseau de 700 listes citoyennes à travers la France (plus que Place publique et Horizon réunis) dont certaines ont gagné en 2020 des villes comme Poitiers. N’est-ce pas des éléments suffisants pour pouvoir présenter notre programme lors de ce débat ? »
Catherine Brun, candidate de Lutte ouvrière, n’a pas été invitée non plus aux deux débats. © LOÀ ce stade, Laurence Ruffin et Romain Gentil ont apporté leur soutien aux listes mises sur la touche, tout comme quelques élus et responsables politiques, à l’image de Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF Isère, Simon Billouet, conseiller départemental du groupe Union de la gauche écologiste et solidaire (UGES), ou Antoine Back, adjoint au maire de Grenoble. Reste toutefois un petit espoir, conclut le Grenoble Alpes collectif : « Il est encore temps pour France 3 de nous inviter à leur débat. »
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Publié le 05.03.2026 à 12:49
Manuel Pavard
La lettre ouverte, datée du 3 mars, s’inscrit dans une double actualité. À cinq jours du 8 mars, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, et douze du premier tour des élections municipales. L’intersyndicale de l’Isère (CGT, CFDT, FSU, Solidaires, CFE-CGC, Unsa, CFTC) interpelle donc les différentes candidates et candidats du département sur « l’urgence de placer l’égalité femmes-hommes au coeur de [leurs]programmes » respectifs. Elle attend de leur part « des engagements clairs, chiffrés et opposables ».
Banderole lors de la manifestation pour la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le 8 mars 2025, à Grenoble.Première question soulevée, celle de « l’égalité professionnelle [qui] commence dans les territoires », estime l’intersyndicale. Laquelle rappelle les inégalités persistantes, notamment au niveau salarial : « À travail égal, les femmes gagnent toujours moins que les hommes. À la retraite, les pensions sont d’un quart en moins pour les femmes. Elles représentent 62 % des personnes payées au SMIC et subissent massivement la précarité et le temps partiel contraint. » À cet égard, la fonction publique territoriale, qui emploie plus de 60 % de femmes, a un grand rôle à jouer.
Les syndicats demandent donc aux têtes de liste de s’engager à « mettre en œuvre une politique de rattrapage salarial dans leurs fonctions publiques territoriales ; imposer des clauses d’égalité professionnelle dans les marchés publics attribués par leurs communes ; pérenniser ou mettre en place des structures publiques petite enfance et de soin aux proches aidant et au grand âge, dont le déficit d’offre publique pénalise l’activité professionnelle des femmes ».
Second point évoqué, les violences faites aux femmes. Les féminicides se poursuivent à un niveau dramatique. Depuis le début de l’année 2026, on compte ainsi déjà seize femmes mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Et les violences conjugales ont augmenté de 16 % entre 2022 et 2024 en Isère. Or, l’intersyndicale pointe des « dispositifs locaux insuffisants » et des « territoires encore sous-dotés », particulièrement dans les zones rurales et de montagne, qualifiées de « déserts médicaux et sociaux pour les victimes ».
Pancarte sur les féminicides d’une manifestante grenobloise, le 8 mars 2025.Là aussi, trois revendications principales. Les candidats sont priés de « maintenir et augmenter les subventions aux associations locales d’aide aux victimes ; créer ou pérenniser des places d’hébergement d’urgence spécifiquement dédiées aux femmes victimes de violences ; soutenir la formation des agent·e·s municipaux (polices municipales, CCAS, personnels scolaires) au repérage et à l’accueil des victimes ».
Troisièmement, la situation de la santé reproductive et sexuelle, « un service public en danger », selon les organisations syndicales. Les femmes, déjà fortement touchées par la baisse des dotations aux hôpitaux et la fermeture de lits, connaissent, dans certains territoires, de grosses difficultés pour l’accès à l’IVG, « droit fondamental pourtant constitutionnalisé ». Quant à l’éducation à la vie affective et sexuelle, celle-ci reste « largement insuffisante ».
Banderole sur l’éducation à la sexualité à la manifestation du 8 mars 2025.L’intersyndicale appelle les futurs élus à « soutenir activement les centres de planification et d’éducation familiale de leurs territoires ; favoriser l’implantation et le maintien de structures de soin gynécologique et obstétrique ; promouvoir dans leurs communes des actions d’éducation à l’égalité et à la sexualité, l’EVAR et l’EVARS, dans vos écoles municipales, en lien avec l’Éducation nationale et les associations progressistes et féministes ».
Enfin, les syndicats achèvent cette lettre ouverte par un quatrième point en forme de mise en garde. Ils alertent en effet sur « la montée des idées d’extrême droite et des discours masculinistes et fémonationalistes » — à l’image de l’irruption de Némésis. « Un danger spécifique pour les femmes », affirment-ils. De fait, « l’extrême droite porte un projet de société qui, partout où elle gouverne, se traduit par des coupes dans les services publics, un recul des droits des femmes et une hostilité assumée envers les associations féministes », constate l’intersyndicale.
« Les premières victimes de cette idéologie sont les femmes, poursuit-elle. Celles qui subissent des violences et trouveront moins de structures pour les accueillir, celles qui travaillent et verront leurs droits sociaux démantelés, celles qui sont racisées et subiront une double discrimination, celles qui sont LGBTQIA+ et seront niées dans leur existence. »
Les organisations iséroises lancent un avertissement : « Voter pour des listes qui pactisent avec l’extrême droite ou qui ne placent pas l’égalité au cœur de leur projet, c’est prendre la responsabilité de fragiliser encore davantage la situation des femmes dans nos communes. » Avant de conclure : « Les femmes de l’Isère comptent sur vous pour ne pas les oublier une fois les urnes refermées. »
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Publié le 03.03.2026 à 19:15
Manuel Pavard
Que signifie « être communiste » aujourd’hui ? La question a servi de fil conducteur à Thomas Petit et Xavier Saconney, des prémices du projet jusqu’à sa réalisation. Initialement pourtant, « cet univers [leur]était complètement inconnu », reconnaissent les deux auteurs, venus présenter Portraits communistes, vendredi 27 février, au siège de la fédération du PCF de l’Isère, à Grenoble. Un bel ouvrage de 113 pages, édité en ce début d’année 2026 par Le Travailleur alpin.
Thomas Petit (à gauche) et Xavier Saconney, auteurs de « Portraits communistes ».L’idée du livre n’est cependant pas venue instantanément. C’est plutôt le fruit d’un « long cheminement de neuf mois », indique Thomas Petit. Ingénieur en mécanique et fiabilité, celui-ci avait, comme son acolyte photographe, une sensibilité de gauche, mais sans connaître plus que ça le PCF, dont tous deux n’étaient ni militants ni sympathisants. À l’origine, raconte le rédacteur de Portraits communistes, « tout a commencé avec Michel », son voisin devenu ami, militant communiste depuis plus de cinquante ans.
Au fil des discussions, des récits, des rencontres avec les camarades de Michel, Thomas Petit sent la « curiosité » le piquer. En parallèle, il est amené, dans son contexte professionnel, à se former à la sociologie et à l’enquête de terrain. Ce qui le conduit à effectuer une première série d’interviews. « L’exercice m’a plu, se souvient-il. Mais je ne savais pas où j’allais. » Xavier Saconney abonde : « C’est l’histoire d’un traquenard, plaisante-t-il. Au départ, Thomas me sollicite pour faire quelques photos en vue d’articles à paraître dans Le Travailleur alpin. Tout ça pour finir sur une expo et un bouquin ! »
À gauche, Michel, voisin et premier « témoin » de Thomas, et au micro, Antonin.C’est la rencontre avec un autre Michel, également militant communiste, qui sera décisive pour Thomas Petit. Après quelques échanges et hésitations, ceux-ci décident finalement de sortir un livre, s’accordant sur le choix des douze militants interrogés et photographiés, issus des sections PCF de Grenoble, Échirolles et Fontaine. Un panel varié, mêlant hommes et femmes de plusieurs générations, de l’étudiante de 25 ans au retraité de 88 ans.
Lucie, étudiante et militante communiste, benjamine des personnes interviewées.« Mon objectif, c’était de rendre compte de quelque chose qui m’impressionnait chez les communistes, à savoir leur engagement inconditionnel », explique Thomas. De mai à décembre 2025, Xavier et lui réalisent ainsi douze entretiens biographiques, « assez libres ». Le but, précise-t-il, n’était « pas de faire un compte-rendu exhaustif ». Au contraire, « chaque portrait est anglé », au sens journalistique du terme, confie Michel.
Lenka, Antonin, Lucie, François, Isabelle, Murielle, Catherine, Maryline, Christian, Michel, Anne-Marie, Romain. Douze portraits, sublimés par de magnifiques photos et relatant chacun une histoire différente. Des communistes tombés dans la marmite car nés dans une famille militante, d’autres s’étant politisés plus tard (à la JC ou directement au PCF), avec des portes d’entrée très diverses — au lycée ou à la fac, via le syndicalisme (Unef ou CGT), au service militaire, dans les tribunes…
Thomas Petit, ingénieur formé à la sociologie et auteur de son premier livre.Tous évoquent leur attachement très fort envers le parti, tout en faisant preuve d’une réelle « autonomie intellectuelle », salue Thomas Petit, agréablement surpris sur ce point. Au contact des militants, les clichés qu’il pouvait avoir au sujet d’un parti monolithique volent rapidement en éclats. Une partie d’entre eux sont plus « animés par la vie des idées » et le bagage théorique, d’autres par le militantisme au quotidien et le travail sur le terrain. « Certains assument ne pas être d’accord avec toutes les positions majoritaires du groupe, constate le rédacteur. Plusieurs m’ont dit que s’ils approuvaient 95 % de la ligne, ce n’était pas grave pour les 5 % restants, ils faisaient avec. »
Les militants présents dans le livre ont tous évoqué, lors de la présentation du livre, le plaisir qu’ils ont eu à plonger dans leurs souvenirs.In fine, le principal enseignement, souligne Michel (numéro 2), c’est que « chacun a des raisons particulières d’être lui et d’être communiste ». Conclusion : « Chaque personne a sa place au parti. » Et le meilleur moyen de le découvrir, c’est de lire ce superbe livre offrant des témoignages et images d’une rare profondeur. Car « c’est bien ça le communisme », assène Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF Isère, dans la préface. « Des hommes et des femmes qui relèvent la tête, et œuvrent ensemble pour rendre ce monde meilleur, ici et maintenant, et pour demain. »
Expo photo à la fédé PCFEn complément de la parution de Portraits communistes, une exposition de photographies en noir et blanc — différentes des images présentes dans le livre — des douze militants et militantes interviewés, réalisées par Xavier Saconney, est actuellement visible dans les locaux du PCF Isère, au 20 rue Émile-Gueymard, à Grenoble (en face de la gare), aux horaires d’ouverture (en semaine, de 9h à 12h et de 14h à 17h environ).
Pour acquérir l’ouvrage, se renseigner auprès de la fédération PCF de l’Isère. Prix : 10 euros.
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Publié le 03.03.2026 à 15:28
Maryvonne Mathéoud
Contre la République islamique d’Iran. Pour « Femme Vie Liberté ». C’est aux peuples d’Iran de décider de leur avenir ! Plusieurs interventions ont été faites par des organisations appelant au rassemblement et toutes ont la même tonalité résumée dans l’appel au rassemblement.
C’est une mobilisation organisée en urgence explique Zohreh Baharmast, responsable de la LDH Iran. Puis elle donne lecture de l’appel : « En solidarité avec les peuples d’Iran pris en étau entre les bombardements israélo — états-uniens et la répression de la République islamique d’Iran. Non à l’intervention militaire d’Israël et des États-Unis en Iran. Non à la propagande impérialiste : les USA défendent leurs intérêts au Moyen Orient, ils ne sont en rien les alliés des peuples de la région. Non au régime sanguinaire de la République islamique d’Iran, ennemi de la jeunesse, des femmes, des travailleurs et des minorités nationales : massacres, répressions, Internet coupé, absence d’abris, de sirènes et d’alertes. Non aux courants réactionnaires et aux monarchistes qui soutiennent la guerre et portent un projet autoritaire et ultra libéral. Soutien à la lutte des peuples d’Iran pour le renversement de la République islamique d’Iran et dans leur combat pour la justice sociale, pour les droits des femmes et des minorités, pour la liberté, la laïcité, la démocratie et l’égalité. Femme, Vie, liberté ! »
Le rassemblement a eu lieu le lundi 2 mars, aux lendemains de l’agression israélo-états-unienne.Dans son intervention Mazdak Kafai, militant iranien indique que déjà prés de 600 civils ont déjà péri sous les frappes états-uniennes et israéliennes, dont 150 élèves d’une école, puis il rappelle le triste décompte des victimes de la répression du gouvernement des mollahs. Depuis 28 décembre 2025 au 23 février 2026, le nombre de personnes tuées au cour des manifestations est faramineux : 7007 tuées et identifié.e.s, 17 091 tuées et non identifié.e.s, 11 021 blessé.e.s, 53 777 personnes arrêtées, 306 personnes exécutés depuis 1er janvier de cette année, 1303 personnes exécutés en 2025.
Masdak Kafai.Ensuite il donne lecture du communiqué de Solidarité socialiste avec les travailleurs d’Iran.
« Ni guerre impérialiste contre les peuples d’Iran ! Ni République islamique d’Iran ! Soutien aux luttes des peuples d’Iran pour la justice sociale, l’égalité et la liberté! C’est aux peuples d’Iran de décider de leur avenir ! »
Les États-Unis et l’État d’Israël ont déclenché une nouvelle guerre au Moyen-Orient, dont nul ne peut aujourd’hui mesurer l’ampleur des conséquences dramatiques pour l’Iran et l’ensemble de la région. La campagne de frappes lancée contre l’Iran est dévastatrice pour les populations civiles. Donald Trump et Benyamin Netanyahou annoncent déjà leur volonté de poursuivre les bombardements dans les jours à venir.
Ces attaques ont certes conduit à l’élimination de dirigeants de premier plan du régime dictatorial, dont le Guide Ali Khamenei et de hauts responsables des Gardiens de la révolution. Le dictateur suprême a certes disparu, mais la dictature ne tombera pas sous les bombes. Les peuples d’Iran veulent pouvoir juger, eux-mêmes, leurs bourreaux responsables de plus de quarante-sept années de répression, de massacres et d’oppression.
L’histoire l’a montré : les guerres impérialistes n’ont jamais libéré les peuples. L’élimination physique de dictateurs comme Saddam Hussein ou Khadafi n’a pas libéré pour autant le peuple irakien ou libyen. Ce n’est d’ailleurs pas le but de Trump et de Netanyahou qui ne sont pas les alliés des peuples et des défenseurs de la liberté.
Netanyahou porte la responsabilité du génocide à Gaza et des guerres répétées contre les peuples palestinien, libanais et syrien. Trump, quant à lui, accélère une politique impérialiste et belliciste visant à renforcer l’hégémonie des États-Unis et à imposer des dirigeants soumis à leurs intérêts. Leur objectif n’est pas l’émancipation des peuples, mais la reconfiguration des rapports de force géopolitiques dans le monde et au Moyen-Orient, au service de leur ordre impérialiste, colonialiste et capitaliste.
De son côté, la République islamique d’Iran riposte en menaçant de fermer le détroit d’Ormuz, et en lançant des missiles contre Israël ainsi que contre des pays de la région abritant des bases militaires américaines.
Au delà d’être meurtrière, cette nouvelle guerre fait peser des risques immenses sur les populations. La République islamique d’Iran va utiliser cette guerre pour accroître encore sa répression contre les secteurs en lutte en Iran. Le régime va prendre appui sur cette guerre pour imposer son récit sur les mobilisations populaires de janvier, expliquant que celles-ci étaient fomentés par Israël et les Etats-Unis. Cette guerre fera passer au second plan le massacre massif commis par la République islamique d’Iran en janvier dernier. Cette guerre va mettre un coup d’arrêt momentané à la reprise des luttes que l’on voyait dans les universités notamment.
Ni les interventions militaires impérialistes ni la République islamique ne défendent les intérêts des peuples d’Iran. L’émancipation ne peut venir que des luttes menées par les peuples d’Iran.
La seule voie pour se libérer à la fois de l’emprise impérialiste, de la dictature des mollahs et des Gardiens de la révolution, de l’exploitation et des oppressions, réside dans l’organisation indépendante des travailleurs, des femmes, de la jeunesse et des minorités opprimées. Nous soutenons le renforcement des mobilisations populaires qui visent à renverser la République islamique et à ouvrir la voie à une société fondée sur la justice sociale, l’égalité réelle et la liberté.
Les courants réactionnaires, en particulier monarchistes, soutiennent l’intervention de Trump et de Netanyahou dans l’espoir de revenir au pouvoir grâce à cette guerre criminelle. Ils bénéficient du relais des médias dominants pour promouvoir Reza Pahlavi comme alternative politique. Leur projet est en totale contradiction avec les aspirations démocratiques et sociales des peuples d’Iran. Reza Pahlavi n’a jamais rompu avec l’héritage dictatorial de la monarchie de son père. Son orientation pro-impérialiste, pro-sioniste, ultralibérale et autoritaire ne saurait représenter les travailleurs/euses, les femmes, la jeunesse et les minorités nationales.
La société iranienne lutte depuis des années pour en finir avec la République islamique. Elle se bat pour la justice sociale, l’égalité, la liberté et le droit à l’autodétermination. Ces aspirations sont incompatibles avec toute restauration monarchique et avec le retour des anciennes « élites » renversées en 1979.
Nous réaffirmons notre solidarité pleine et entière avec toutes celles et ceux qui, en Iran, luttent pour renverser la République islamique et construire par en bas une société démocratique, égalitaire et libre.
Arrêt immédiat de la guerre impérialiste ! À bas la République islamique d’Iran ! Solidarité avec les travailleurs/euses, les femmes, la jeunesse et les peuples d’Iran. Vive la justice sociale, l’égalité et la liberté ! »
Mariano Bona.Mariano Bona intervient au nom de AIAK (Association iséroise des ami.es des Kurdes)
« Il s’agit d’une guerre qui vient se rajouter à l’ensemble des agressions contre les peuples au Moyen-Orient. C’est une violation très grave du droit international, et un risque d’embrasement de l’ensemble du Moyen-Orient. »
Puis il explique : « Il ne s’agit en aucune façon de défendre un régime qui a causé la mort de dizaines de milliers de personnes ces dernières semaines, a multiplié les condamnations à mort. La répression du mouvement de contestation en Iran a touché et touche encore tous les secteurs de la société iranienne : femmes, hommes, jeunes, Kurdes, Baloutches, Azéris, étudiants, commerçants, salariés, artistes… Les manifestations du Rojhelat (Kurdistan iranien) ont été immédiatement réprimées : les forces de sécurité ont tiré à balles réelles et ont attaqué un hôpital pour arrêter les blessés. Lors du mouvement « Femme, vie, liberté » en 2022, déclenché après la mort d’une jeune femme d’origine kurde, Mahsa Amini, la répression avait déjà été très violente dans les régions kurdes. »
Mariano poursuit : « Il faut être très clair sur un point : les Etats-Unis défendent leurs intérêts et n’ont que faire des droits des peuples. Ils manoeuvrent pour contrôler la société iranienne et disposer de ses richesses… Aucune issue favorable ne sortira de figures comme Reza Palavi. Nous n’oublions pas qu’il est l’héritier du régime du Shah d’Iran, marqué par la corruption, le bradage des richesses pétrolières d’Iran aux multinationales états-uniennes, les inégalités massives, la SAVAK, la police secrète pratiquant la torture et les assassinats. »
Puis Mariano lance un appel : « Les Iraniennes et Iraniens ont besoin de notre solidarité internationaliste. Nous devons exiger massivement et publiquement le respect du droit international et l’arrêt des bombardements, manifester notre soutien au combat des Iraniennes et des Iranien pour les droits fondamentaux, pour les droits des femmes, les droits politiques, sociaux et culturels des peuples d’Iran, kurde, azéri, baloutche… »

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