Publié le 09.07.2026 à 18:34
Manuel Pavard
Le 16 juin, soit deux semaines avant l’événement échirollois, le Sénat adoptait le projet de loi autorisant les boulangers et fleuristes à faire travailler leurs salariés le 1er Mai. Une attaque lourde de sens contre le seul jour férié chômé et payé du calendrier, au moment même où la gauche et les syndicats célèbrent les 90 ans des congés payés, créés en 1936, à l’époque du Front populaire. L’un des principaux conquis sociaux issus des accords de Matignon, signés par la CGT et le patronat, sous la tutelle du gouvernement de Léon Blum. Et surtout un héritage direct des grandes grèves et occupations d’usines lancées par les travailleurs dans toute la France.
Le parc Maurice-Thorez s’est vite rempli.Dans ce contexte, l’offensive de la droite et de ses alliés patronaux contre le 1er Mai apparaît comme une provocation aux yeux de la CGT Isère. Une raison de plus pour l’union départementale de fêter ce 90e anniversaire, mercredi 1er juillet, au parc Maurice-Thorez d’Échirolles. Avec la volonté de s’inscrire dans la continuité des mouvements revendicatifs de 1936, tout en rappelant l’importance cruciale des congés payés pour des millions de salariés.
Les militants et élus syndicaux ont débattu toute la matinée avec les acteurs associatifs du tourisme et des secteurs culturel et sportif.Au menu, une matinée de débats et discussions avec les élus CGT des comités sociaux et économiques (CSE), comités d’œuvres sociales (COS) et comités d’action sociale (CAS), des directions de syndicats, ainsi que des acteurs associatifs issus de l’économie sociale et solidaire (ESS) — en particulier dans les domaines du tourisme et des activités culturelles et sportives (FSGT, association Léo-Lagrange, Upcoop…). Puis, dans le cadre d’un partenariat avec la fédération de l’Isère du Secours populaire français, un repas offert à la population des quartiers populaires, bien souvent privée de loisirs et de vacances. Avant des jeux pour enfants, animés par la Maison des jeux, l’après-midi.
L’idée, explique Nicolas Benoit, secrétaire général de l’UD CGT Isère, c’était de concocter « un moment populaire » autour d’un double, voire d’un triple anniversaire : les 90 ans des congés payés donc, mais aussi les 80 ans de la création des comités d’entreprise et les 40 ans de Savatou, association de tourisme social présente à Échirolles en tant qu’intervenante. « On travaille avec Savatou pour faire des propositions aux CSE, COS et CAS sur les activités de tourisme et de loisirs », précise-t-il.
L’UD CGT et le SPF 38 offraient un repas aux habitants.Associés aux représentants du Secours populaire, les militants et élus syndicaux des différentes structures ont débattu, éclaire le responsable CGT, sur « les moyens de changer de paradigme et de ne pas se laisser manger par le tourisme marchand et par l’extrême droite ». Laquelle se matérialise par les figures de « Stérin et Bolloré qui achètent tout, notamment les Relay ». Outil qui permet ensuite à la mouvance d’essayer de « peser idéologiquement en y mettant un peu de propagande ».
Plusieurs stands étaient présents (Savatou, Upcoop, FSGT…).Contre ces attaques réactionnaires, la CGT se fait un devoir de résister et d’engager le bras-de-fer. Comme ses aînés, il y a 90 ans. « En 1936, le patronat et le gouvernement de Léon Blum concèdent aux salariés, sous la pression syndicale, des avancées sociales considérables », rappelle Nicolas Benoit. « À l’époque, le seul jour de repos non payé, c’était le dimanche, pour aller à l’église. On travaillait souvent 45 heures par semaine, voire plus… Donc ça a été un conquis : la semaine de 40 heures, les congés payés. Mais en 1936, les gens sont peu partis en vacances car ils étaient sidérés, ils ne savaient pas comment réagir à ça. En revanche, en 1937, beaucoup de gens sont partis en train, à vélo, etc. »
Malheureusement, qui dit progrès social pour les dominés dit tentative de rejet des dominants. « En 1936, 1945, 1947 ou aujourd’hui, on voit un patronat qui tente, avec certains politiques de droite, de dézinguer les conquis et détricoter tous les acquis du Conseil national de la Résistance (CNR). Et même s’ils sont freinés, ils continuent », déplore le syndicaliste. Et de citer la suppression du jour férié pour le lundi de Pentecôte ou plus récemment les attaques contre le 1er Mai.
Des tables prises d’assaut par la population, dans une ambiance conviviale.Le combat pour sauvegarder ces conquis sociaux n’est toutefois pas une fin en soi, souligne Nicolas Benoit, qui appelle également à se battre pour de nouvelles avancées sociales. « On doit réfléchir au travail autrement », poursuit-il, évoquant notamment « la question des 32 heures, fortement posée aujourd’hui, au regard de l’évolution de l’histoire ». De fait, on peut garder les congés payés et même avoir une semaine supplémentaire, si on ne se penche pas sur la « répartition du travail et des richesses », la lutte restera inachevée.
Une exposition sur les congés payés et l’éducation populaire était présentée dans le parc.En effet, la théorie et les grandes mesures doivent trouver une traduction concrète pour ne pas en rester au stade des belles idées. Ainsi, « les congés payés, c’est une chose, mais tout le monde ne peut pas partir en vacances », nuance le secrétaire général de la CGT Isère. D’où le partenariat avec le Secours populaire qui « offre aux familles les plus défavorisées des vacances pour les enfants », salue-t-il. Un effort auquel contribue également la CGT avec ses comités d’entreprise et ses centres de vacances dédiés. Autant d’éléments que les organisateurs de cette belle journée ont pu présenter à des habitants réceptifs et ravis de l’aubaine.
Militants et militantes CGT ont préparé et servi le repas offert aux Échirollois.Comme chaque année à pareille époque, la CGT donne rendez-vous sur le Tour de France lors du passage du peloton dans la région. Ce sont d’abord les unions locales de Chambéry et Voiron qui seront présentes sur le trajet de la 17e étape reliant les deux villes, le 22 juillet. Puis, le 24 juillet, une équipe cyclo de la CGT s’élancera de Bourg-d’Oisans en début de matinée, en marge de la 19e étape entre Gap et l’Alpe d’Huez, pour gravir les mythiques 21 virages menant à la station iséroise.
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Publié le 06.07.2026 à 18:25
Daniel Oriol
À Roussillon, l’union locale CGT n’a pas attendu la décision du congrès confédéral de Tours de début juin pour créer un syndicat interentreprises. Dès 2023, après avoir contacté l’ensemble des syndiqué.es isolé.es, une assemblée constitutive a permis d’élire un bureau et de rédiger des statuts accompagnés de deux orientations principales : former tous les adhérent.es, et créer des bases syndicales.
Plusieurs résolutions ont été adoptées lors de ce congrès. La première vise à mettre à la disposition des soixante adhérents quelque quarante-cinq stages de formation syndicale. La deuxième a porté sur la création de deux bases syndicales, projet bien avancé qui devrait voir le jour très bientôt.
Une mission a été confiée par l’union locale à ce syndicat inter-entreprises, celle de l’accompagnement des syndicats en difficulté en prenant temporairement en charge la gestion des cotisations, le financement des formations le temps qu’ils retrouvent un effectif suffisant pour fonctionner de façon autonome.
Une vue partielle es congressistes.L’évolution du nombre d’adhérent.es de ce syndicat inter-entreprises montre bien la nécessité de donner toute leur place aux syndiqué.es isolé.es puisque de 33 cotisant.es en 2024, le nombre de cotisants enregistré ce 4 juillet à l’ouverture du congrès est passé à 61.
Une troisième résolution a été votée lors de congrès : donner une place à chaque syndiqué.e dans la vie de la CGT.
A l’issue du congrès une nouvelle équipe de direction a été élue, 100% féminine :
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Publié le 05.07.2026 à 18:32
Luc Renaud
« La région et le département fonctionnement dans la logique de l’appel à projets. Les compagnies sont amenées à proposer des créations qui entrent dans le cadre de critères établis par l’institution. Cela revient à une entrave à la création. Je crois au contraire que nous devons mettre au centre de nos politiques culturelles locales la liberté de création. » Iseult Brenier est adjointe apparentée communiste, à la culture à la mairie de Saint-Martin‑d’Hères. Tout comme le sont Lencka Popravka à Échirolles et Alexis Monge à Grenoble. Trois élus qui échangent et partagent des convictions affirmées.
Alexis Monge situe l’enjeu de ces politiques dans le cadre du pouvoir des Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). « Ces multinationales américaines captent non seulement nos données, mais surtout travaillent à modifier nos imaginaires, à prendre le pouvoir culturel à l’échelle planétaire. Face à cette offensive, notre ambition est celle du renforcement du lien social et de la création culturelle par et pour les habitants. » Cadre posé qui appelle des politiques culturelles non seulement transversales – équipements culturels, associations, services enfance et jeunesse, centres sociaux… –, mais aussi exprimées, exposées, affichées comme telles avec l’objectif de « donner envie de lâcher son téléphone ».
Lencka Popravka l’explicite dans une collaboration entre une institution culturelle reconnue et les politiques de la petite enfance. La scène de la Rampe « organise des résidences d’artistes. L’une des ces résidences a développé un projet dans les crèches et les écoles de la ville. Au départ, les familles – et notamment les mamans – venaient récupérer les gamins à la porte de la salle. Au fur et à mesure, les parents ont été invités à assister aux représentations. Avec leurs enfants, ils sont devenus « légitimes à entrer ». C’est cette déconstruction des murs frontières que nous voulons favoriser ».
Pour ce faire, les trois adjoints communistes ne partent pas de rien, pour le moins. C’est particulièrement vrai à Échirolles et Saint-Martin‑d’Hères. « Je n’imaginais pas la richesse de l’action culturelle de la ville », témoigne Iseult Brenier. « À Échirolles, c’est un foisonnement d’initiatives de programmes, de manifestations très diverses », note Lencka Popravka. À Échirolles, trois musées, une scène conventionnée art et création – la Rampe –, un conservatoire de musique, un centre du graphisme… À Saint-martin‑d’Hères, une salle de spectacle, l’Heure bleue, un centre d’art contemporain – l’espace Vallès, reconnu nationalement –, l’espace culturel René Proby, Mon Ciné, salle art et essai.… Tandis que Grenoble accueille la MC2, mais aussi la Belle électrique ou l’Ampérage, l’Espace 600, le musée de peinture, le musée dauphinois, etc. « La culture représente 10% du budget de la ville », souligne Alexis Monge. Le fruit de décennies d’engagement de municipalités de gauche aux côtés de la création artistique et de ses acteurs.
Des acquis, des atouts, qui sont aujourd’hui confrontés à une crise budgétaire. Les finances des collectivités locales sont gravement affectées par les politiques d’austérité des gouvernements qui se sont succédés. Mais plus encore « nous sommes confrontés à une crise inédite : la consommation d’objets culturels prend le pas sur les pratiques culturelles, les arts vivants », souligne Alexis Monge.
D’où l’ambition partagées par les trois élus de tisser des liens entre les publics, de favoriser la diversité des initiatives des institutions culturelles, de dépasser l’opposition entre « culture savante » et « culture populaire ».
« Nous devons aller vers un appropriation par les habitants des lieux qui portent l’étiquette de la culture », estime Iseult Brenier en prenant l’exemple de l’espace René Proby. « c’est un lieu de création vivante dont le quartier peut peut-être davantage s’emparer ». Ce qui passe parfois par des initiatives simples. « En période de canicule, les enfants ont pu suivre leur cours dans des salles du musée de Grenoble, au milieu de tableaux ; ce n’était pas une visite de musée avec commentaires savants – ce qui est très utile par ailleurs – mais simplement de l’art au quotidien, en plus de la fraîcheur de la climatisation », explique Alexis Monge. Tout comme Lencka Popravka se félicite de l’impact dans le quartier populaire de la Luire de l’activité de l’école de cirque Aux agrès du vent. Un va-et-vient culturel qui peut s’appuyer sur les associations comme sur les acteurs culturels, avec un objectif : valoriser toutes les cultures, permettre l’accès des cultures dites populaires – parce qu’elles sont constitutives d’identités sociales, communautaires ou festives – à la reconnaissance. « Ce n’est pas seulement « aller vers », c’est aussi s’ouvrir et accueillir », résume Lencka Popravka. En utilisant l’outil de « l’hybridité », ajoute Alexis Monge, la capacité à irriguer d’actes culturels l’ensemble des politiques publiques qui s’adressent aux habitants.
Trois mois après leur entrée en fonction, les trois élus découvrent. « J’ai tout de suite été plongée dans le grand bain », sourit Iseult Brenier. « Découvrir les rouages des institutions, rencontrer les associations, les acteurs culturels, l’administration… », décrit Lencka Popravka. Avec un constat commun aux trois villes, l’engagement, l’investissement sans faille des agents qui animent les différents services et équipements culturels.
Trois élus communistes en charge de la culture dans les trois premières villes de l’agglomération grenobloise et une vice-présidente communiste en charge de ce secteur à la métropole, c’est sans nul doute un atout pour les habitants de l’agglomération. « On se connaît, on se parle, on échange sur nos pratiques et nos difficultés… c’est une vraie richesse », souligne Alexis Monge.
Comme un nouveau chapitre qui s’ouvre dans la très riche histoire culturelle de l’agglomération grenobloise.
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Publié le 05.07.2026 à 17:02
Didier Gosselin
La Coalition féministe et enfantiste appelait ce samedi 4 juillet à de grandes marches dans toute la France, en hommage à la collégienne assassinée Lyhanna, et pour exiger la mise en place d’une loi intégrale et son financement, incluant la prévention et la réparation. Suite à l’assassinat de la jeune Lyhanna un mouvement puissant s’est levé dans toute la France à l’initiative des associations et collectifs, fédérés autour la loi intégrale contre les violences faites aux femmes construite par 150 associations, ONG et syndicats, qui travaillent sur son contenu et son financement depuis plusieurs années.
Déambulation dans les rues de Bourgoin-JallieuA Bourgoin-Jallieu, des collectifs locaux comme le Collectif Féministes Berjalliennes ou La Phrase qui tue restent les chevilles ouvrières des actions comme celle de samedi 4 juillet, visant à rassembler largement et dans la diversité jusqu’à la mise en place concrète de la Loi intégrale. Et il y a urgence, car le gouvernement tergiverse qui vient de reporter à octobre l’examen de cette loi. Un gouvernement prompt à augmenter de 36 milliards le budget de surarmement mais qui rechigne à financer cette loi intégrale chiffrée à 2,7 milliards par an par ses auteur·e·s…
Rassemblement devant le commissariat de Bourgoin-JallieuRassemblé·e·s devant le commissariat, les Berjalliennes et Berjalliens ont rendu hommage aux victimes des violences sexistes et sexuelles. Les prénoms des 72 victimes de féminicides depuis le début de l’année 2026 ont été égrenés dans un silence émouvant et un tissu noir à leur nom accroché un à un aux grilles de la rampe d’accès au commissariat.
Le rappel des victimes par leurs prénoms a donné lieu à un moment de recueillement émouvant.Après avoir chanté À la gloire des femmes en deuil, le poing levé, avec Mathilde, les participant·e·s sont convenu·e·s de se retrouver prochainement, l’objectif étant tout à la fois de ne pas oublier les victimes et de continuer à exiger avec force la mise en place de cette Loi intégrale.
Les participant·e·s ont repris en chœur et le poing levé la chanson de Mathilde.Cet article Bourgoin-Jallieu. Marche citoyenne contre les violences sexistes et sexuelles est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 05.07.2026 à 16:51
Didier Gosselin
Venu·es pour porter les revendications des professionnel·le·s qui, chaque jour, assurent l’accompagnement des personnes en situation de handicap, les personnels de l’AFIPH 38 se sont heurtés un service de sécurité chargé de contrôler les accès et de filtrer les allées et venues. Un choix qui en dit long sur la qualité du dialogue social et sur la considération que la direction de l’AFIPH porte aux salarié·e·s de cette institution.
Les revendications des personnels et de leurs représentant·e·s sont claires et essentielles pour l’avenir des 2 300 salarié·e·s :
Les syndicats CGT et SUD de l’AFIPH refusent que les salarié·e·s soient « la variable d’ajustement d’une logique financière qui dégrade les conditions de travail et menace la qualité des accompagnements. Depuis l’inspection de l’IGAS (frais de siège pointés, attractivité en baisse…) et l’annonce d’un déficit, la direction générale pousse et avance sans réelle concertation malgré l’opposition du personnel ».
« La direction générale décide seule du calendrier et impose ses délais », dénoncent les deux syndicats. « Concrètement, les nouvelles organisations du travail proposées annoncent plus de flexibilité pour l’employeur. Est-ce la fin de l‘équilibre vie professionnelle et vie personnelle ? Les salarié·e·s doivent-ils être corvéables à merci ? »
« Ce que la direction générale présente comme une réorganisation nécessaire, se traduit sur le terrain par de nouvelles dégradations : postes gelés, limitation des remplacements, qualité d’accompagnement dégradée, personnel malmené », dénoncent les syndicats CGT et SUD. Les représentant·e·s du personnel constatent une augmentation de la souffrance au travail. Mais leurs demandes d’expertises se retrouvent devant les tribunaux !
Les syndicats CGT et SUD de l’AFIPH exigent « un vrai dialogue social, des augmentations de salaires, de réelles compensations, un accord et des mesures justes, une qualité d’accompagnement non dégradée, des meilleures conditions de travail ». Autant de revendications qui n’ont pas eu l’heur de plaire à la direction, laquelle a préféré utiliser la manière forte et tenté d’intimider les salarié·e·s avec des vigiles à l’entrée de l’assemblée générale.
Des prises de parole ont ponctué le rassemblement.Dans un communiqué publié le 1er juillet, les syndicats CGT de la Santé et Action Sociale, de l’UL de Voiron et de l’AFIPH dénoncent le choix sécuritaire de la direction, « lourd de symbole ». « Les dirigeants de l’AFIPH auraient-ils peur de leurs propres salarié·e·s » demande le communiqué ? « De ces femmes et de ces hommes qui font vivre quotidiennement l’association et accompagnent les personnes accueillies ? »
Face à une mobilisation déterminée, l’AFIPH a finalement accepté de recevoir une délégation syndicale. « Là encore, insiste le communiqué, le symbole est fort : la délégation n’a pas été reçue devant les participants de l’assemblée générale, mais reléguée dans un couloir, à proximité des toilettes, où elle a rencontré quatre administrateurs, la directrice des ressources humaines et un directeur du siège. Le directeur général et le président de l’AFIPH n’ont même pas jugé nécessaire de participer à cette rencontre ! »
Faut-il y voir le reflet du dialogue social pratiqué aujourd’hui au sein de l’association ? « Lorsqu’une association de l’économie sociale et solidaire en vient à filtrer ses propres salarié·e·s par un service de sécurité le jour de son assemblée générale, ce n’est pas seulement le dialogue social qui est en crise : c’est le mode de gouvernance qui interroge, là où tout paraît cloisonné et confidentiel (cf. Rapport définitif de l’IGAS) », accuse le communiqué syndical.
Pour les syndicats CGT, une question demeure : « les administrateur·rice·s et les parents connaissent-ils réellement la situation des professionnel·le·s de l’AFIPH ? Sont-ils informés de la dégradation des conditions de travail, des alertes répétées des représentants du personnel, de la souffrance exprimée par les salarié·e·s et des conséquences sur la qualité des accompagnements et soins dispensés ? »
« Pendant que les salarié·e·s demandent des réponses sur leurs conditions de travail, sur le PRE, sur les organisations du temps de travail et sur la prévention des risques psychosociaux, l’AFIPH répond par des vigiles, des portes closes et l’absence de ses principaux dirigeants. Ce constat est sans appel : les dirigeants de l’AFIPH refusent toujours de répondre aux véritables préoccupations et aux revendications des professionnel·le·s qui, chaque jour, œuvrent avec engagement auprès des personnes qu’ils accompagnent », concluent les syndicats CGT.
La CGT AFIPH affirme qu’elle continuera, avec les salarié·e·s, à défendre un service de qualité, des conditions de travail respectueuses des professionnel·le·s et un dialogue social loyal, transparent et responsable.
Les retraités CGT de l’Union Locale de Voiron ont apporté leur soutien.La CGT AFIPH remercie l’ensemble des personnes qui se sont mobilisées : les salarié·e·s de l’AFIPH ; les salariées d’AFIPH à DOM’, ’Union Locale CGT de Voiron, représentée par son secrétaire et les camarades retraités ; l’union syndicale départementale CGT 38 — Santé et action sociale.
Cette mobilisation a été soutenue par Sandrine Nosbé, députée NFP de la neuvième circonscription de l’Isère. Ce 30 juin, son suppléant, Christian Ferraris, est venu rappeler l’importance de placer au cœur du fonctionnement d’une association militante le dialogue social et le respect des salarié·e·s.
Le 2 juillet, l’union départementale de la CGT de l’Isère a apporté « tout son soutien au personnel de l’AFIPH et de l’AFIPH à DOM mobilisés le 30 juin lors de l’assemblée générale pour faire entendre leurs revendications (…). Pour la CGT de l’Isère, « Le mutisme de la direction lors de l’assemblée générale du 30 juin 2026 sur les problématiques relevées par les organisations syndicales de l’AFIPH et le refus d’échange avec leurs représentant·e·s n’est pas à la hauteur de la réponse à donner pour une qualité de service aux usager·e·s. La CGT Isère, dans l’intérêt de l’association et de ses bénéficiaires, invite la direction de l’AFIPH à reprendre le dialogue avec les représentant·e·s du personnel.
La CGT AFIPH continuera elle, avec les salarié·e·s, à défendre un service de qualité, des conditions de travail respectueuses des professionnel·le·s et un dialogue social loyal, transparent et responsable.
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Publié le 01.07.2026 à 23:27
Manuel Pavard
C’est la goutte d’eau qui a fait déborder un vase déjà bien plein. Au Centre hospitalier Alpes Isère (CHAI) — l’hôpital psychiatrique de Saint-Égrève -, les soignants, déjà éprouvés par le manque chronique de moyens et de personnel, ont eu la désagréable surprise, en novembre dernier, de découvrir le projet de réorganisation du temps de travail envisagé par la direction. Décision qui a mis le feu aux poudres, aboutissant in fine aux deux journées de grève des 8 et 26 juin.
Rassemblement le 8 juin sur le site du CHAI où les grévistes écoutent le discours du sénateur Guillaume Gontard.Après une première mobilisation importante, avec près de 200 personnes manifestant dans les rues de Saint-Égrève et quelque 80 grévistes recensés dans les services, la CGT entendait maintenir la pression en appelant le personnel à se rassembler devant le conseil départemental, vendredi 26 juin. Des agents qui, pour beaucoup, ciblent le nouveau directeur, arrivé en avril 2025 à la tête de l’établissement.
Dès ses premiers pas, ce dernier a commencé à « parler de réorganisation, optimisation, efficience », se souviennent Isabelle Guiga et Rafael de Bortoli-Vargas, respectivement secrétaire générale et secrétaire adjoint du syndicat CGT du CHAI. Bref, la « novlangue managériale » typique, totalement inadaptée à un établissement public de santé mentale. Pour justifier ce choix, la direction invoque le déficit budgétaire évalué au départ à environ 3 millions d’euros. Un montant certes inédit mais à relativiser au regard, par exemple, de la dotation de l’hôpital, comprise entre 120 et 130 millions d’euros.
Une grève très suivie.Avec ce projet, les soignants disposeraient de temps et jours de repos très variables tandis que les jours fériés et RTT leur seraient imposés. Le tout sur des cycles de douze semaines — contre deux semaines actuellement — durant lesquelles les changements d’emploi du temps seraient incessants. « Et au bout de la treizième semaine, on redémarre à zéro », indiquent les responsables syndicaux. « On n’aura plus de stabilité professionnelle et personnelle », déplorent-ils.
Parmi les plus touchés, les agents à temps partiel, qui profitaient jusque-là du mercredi off pour s’occuper de leurs enfants ou s’adonner à une activité culturelle ou sportive, devront y renoncer ou s’adapter. « En fait, la direction décide de ce qui concerne notre vie personnelle. Elle ne veut pas entendre la souffrance générée chez les agents », s’insurgent Isabelle Guiga et Rafael de Bortoli-Vargas.
Les manifestants sont partis du CHAI pour défiler dans les rues de Saint-Égrève.Si l’opposition de la CGT a permis de repousser l’application de ces nouvelles règles du temps de travail de janvier 2026 à janvier 2027, une mauvaise surprise est néanmoins évoquée. « Il y a certains services qui auraient déjà programmé le changement pour le mois d’août », confient les deux syndicalistes, pointant l’absence totale de concertation. « On demande le tableau des emplois pour savoir combien de postes seraient ainsi économisés », puisque l’argument financier est invoqué. « Mais la direction nous répond qu’elle n’a pas les chiffres ! »
Conséquences, les soignants, qui sont déjà « en service minimum et travaillent à trois, en flux tendu », sont à bout, avec une charge de travail qui ne cesse d’augmenter — ou en tout cas qui ne faiblit pas. D’où « une énorme perte de sens du travail » ressentie par de nombreux agents, soulignent Isabelle Guiga et Rafael de Bortoli-Vargas. « Beaucoup de gens nous ont informés de leur futur départ du CHAI. »
Cette réorganisation se fait en outre « au détriment de la santé du personnel » mais aussi de celle des patients dont la prise en charge sera moins longue et moins efficace. Pourtant, il ne faut pas jouer avec la psychiatrie et avec la santé mentale des personnes, s’inquiètent les élus CGT. « C’est compliqué de faire sortir des patients qui ne sont pas stables, ça entraîne des risques pour l’ordre public. Pour l’instant, on a réussi à éviter un drame mais on a l’impression que la direction n’attend que ça… »
Les revendications avancées par la CGT.Que faire alors ? Le syndicat va frapper à toutes les portes. Le 26 juin, l’objectif du rassemblement était ainsi d’interpeller la présidente du conseil de surveillance Annie Pourtier, vice-présidente du département de l’Isère. Et un futur rendez-vous est déjà donné le 16 juillet devant l’antenne grenobloise de l’Agence régionale de santé (ARS) où les manifestants répéteront leur principale revendication : « Des bras et des lits ! » C’est pourtant simple, non ?
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Publié le 01.07.2026 à 16:49
Manuel Pavard
Le Secours populaire de l’Isère accompagne plus de 21 000 personnes chaque année. Quelle est votre mission prioritaire ? La précarité continue d’augmenter, on le constate sur le terrain tous les jours. Avec nos vingt comités, nos six antennes et 3 960 bénévoles, on accompagne plus de 21 000 personnes dans le département. Bien sûr, il y a […]
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