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Le Travailleur Alpin

Publié le 17.02.2026 à 15:00

Régine Hausermann

« Un espace volontairement pauvre »

Dans l’espace intime du Petit théâtre, le public attend l’entrée en scène de l’acteur. Deux immenses miroirs, un banc rouge, une ampoule allumée sur un pied de lampadaire, un espace blanc au sol, de petite dimension. L’espace scénique est exigu, à l’image de la cellule de 9 m² de l’homme emprisonné qui en retient deux éléments : son lit et son miroir. « Et voilà, les grandes lignes de la scénographie étaient posées », précise le co-auteur, metteur en scène et scénographe Enzo Verdet.

Le banc rouge deviendra le lit, mais aussi, les barreaux de la prison, un siège de l’appartement familial, et plus tard l’estrade de la libération par le théâtre. L’ampoule sur pied deviendra punching ball, arme défensive… Les miroirs deviendront les murs de la cellule mais aussi l’espace des possibles à travers leur capacité à démultiplier le corps. Dans la note d’intention Enzo Verdet — animateur d’ateliers de théâtre avec des prisonniers dit qu’il voulait « un espace volontairement pauvre, parce que si ces neuf années en prison m’ont bien appris quelque chose, c’est qu’on y fait beaucoup avec très peu ».

Un homme se confie

« J’ai été un petit garçon heureux, entre une mère adorée et une tante magicienne. J’ai été un adolescent bagarreur et un militaire obéissant. J’ai été un boxeur professionnel qui, un jour, a cogné trop fort. J’ai été un prisonnier, reclus à l’isolement durant deux ans. J’ai été un père privé de ses enfants. Et puis il y a eu le théâtre, et tout a changé. »

Redwane Rajel évoque son enfance dans un quartier populaire d’Avignon, avec des parents venus de Kabylie, une Tatie travaillant à la médiathèque, adorant le théâtre et initiant son neveu et sa nièce à des jeux de rôle. Et l’on adoptait le langage et les manières d’une marquise et d’un vicomte. Rires garantis. Il évoque aussi la fragilité de sa mère, sa mauvaise habitude de vouloir lui parler avant qu’il parte à l’école, au point de le mettre en retard. Ce qu’il détestait, parce que l’école c’est important !

Successivement vendeur de beignets sur la plage du Grau-du-Roi, vendeur de voitures, major de sa promotion à l’armée, major de sa promo à nouveau à la Légion ce qui lui offre l’opportunité de suivre la formation de sous-officier. Mais voilà, un sous-off prétentieux l’accuse d’avoir menti sur sa probité et annule le projet de formation. Ebahi, le jeune homme affirme ne pas avoir menti jusqu’à ce qu’il s’entente reprocher avoir volé une paire de chaussettes quand il avait onze ans. Stupeur ! Mais j’avais onze ans, je me suis excusé et ma mère a remboursé. Rien n’y fait ! L’acteur Redwane Rajel interprète le rôle du Légionnaire et le sien, des années plus tôt, allègrement, de façon convaincante.

Va-et-vient entre la vie d’avant et la vie carcérale

Les épisodes de la vie d’avant la prison alternent avec les séquences carcérales marquées par la solitude, la rudesse, la violence. Les deux années en quartier d’isolement où il a pensé devenir fou. Son apprentissage du russe et son initiation à la « poudre » avec son voisin d’isolement, Anton, un mafieux russo-arménien. Les promenades à heures fixes dans une cour exiguë, même pas à l’air libre. La seule possibilité d’apercevoir le ciel en se contorsionnant près du vasistas de la cellule du rez-de-chaussée. L’inactivité qui tue. Les exercices et rituels institués pour maintenir son intégrité physique. Les mots transmis à l’administration pénitentiaire du Centre de détention de Luynes à Aix-en-Provence – le CD comme il dit -, la plupart du temps sans réponse : pour aller voir le médecin, pour demander des explications sur l’interruption des parloirs avec ses enfants après deux visites seulement.

Avant son jugement en cour d’assises, Redwane Rajel est transféré à la maison d’arrêt d’Avignon-Pontet où un miracle va se produire grâce à un détenu, un certain William aux dents pourries, qui lui parle de l’atelier théâtre, chaque fois qu’il le croise sur une coursive. Redwane devient vite accro aux ateliers du mardi et du jeudi animé par Enzo et un autre animateur Olivier. Il se voit confier un petit rôle dans Antigone de Sophocle, se retrouve quelque temps après sur le quai de la gare d’Avignon avec l’équipe de détenus-comédiens accompagnés par Enzo et Olivier en partance pour un festival dans le Nord parisien.

©Gaby Claire

Se sauver grâce au théâtre et à ses passeurs

A partir du moment où le mot théâtre est prononcé sur la coursive, la vie de Redwane bascule. Il ne le sait pas encore. Mais grâce à Enzo, Olivier et Joël, il va se métamorphoser, retrouver son humanité, grâce aux passeurs qui lui ont tendu la main et aux textes fondateurs qui parlent si puissamment de notre humaine condition. Inclus dans le groupe qui répète Antigone où il n’a qu’un petit rôle de garde, il est saisi par les situations et les mots : deux frères qui s’entretuent, une sœur qui veut rendre hommage au « mauvais » frère et s’oppose à la loi de la cité. Il s’immerge dans cet univers, il s’en nourri, au point de pouvoir – un plus tard, au pied levé– remplacer William — qui s’est fait la belle – en reprenant le rôle de incarnant Créon. A Antigone succèdent Les Perses d’Eschyle, Macbeth de Shakespeare. L’humain ! Enzo et Olivier ont atteint leur but à la prison du Pontet : « Depuis que j’ai commencé le travail à la prison du Pontet […] mon seul but a été, en utilisant les œuvres du grand répertoire classique, de montrer l’humain. Que ce soit chez les personnages ou chez les acteurs. » Une scène à la prison en montre les effets : un jour Redwane va laver son linge à la machine collective, comme la machine est pleine de linge propre, il le sort et fait tourner son linge sale quand arrive le propriétaire du linge propre qui se met en colère et sort les poings. Interloqué Redwane ouvre les bras, lui propose de plier son linge. On ne va pas se battre pour ça ! L’interlocuteur est désarmé et viendra s’excuser quelques jours plus tard.

Quand il sortira de prison, Redwane se verra proposer des rôles par un certain Joël. En septembre 2023, il s’adresse à Enzo pour monter une pièce sur sa vie. Le moment est venu d’exposer sur scène les moments les plus difficiles de sa vie et comment il s’en est relevé.

« Continuer inlassablement de montrer l’être humain tel qu’il est. C’est-à-dire faillible. » Enzo Verdet a travaillé sur le texte avec Bertrand Kaczmarek, ancien directeur adjoint dans plusieurs établissements pénitentiaires de la région Rhône-Alpes. Il est aujourd’hui professeur agrégé de philosophie dans l’académie d’Aix-Marseille. En janvier 2024, il a soutenu une thèse intitulée « Mythe de la neutralité carcérale : éléments pour une culture pénitentiaire ».

La pièce ne dit pas ce qui a conduit Redwane Rajel en prison, elle ne prononce jamais les noms de famille d’Enzo, Olivier et Joël. Metteur en scène et comédien né en 1992, Enzo Verdet rejoint en 2015 Olivier Py, né en 1962, directeur du festival d’Avignon de 2013 à 2022, pour animer des ateliers au Centre pénitentiaire Avignon — Le Pontet. Il y créera avec les détenus Prométhée enchaîné en 2015, Hamlet en 2016 repris au Festival d’Avignon en 2017, Antigone en 2017 repris au Festival d’Avignon en 2018 et Les Perses en 2018. Quant à Joël, c’est Joël Pommerat, né en 1963, auteur-metteur en scène, plusieurs fois invité à la MC2.

Bravo à vous les passeurs de culture qui font entrer le théâtre, la littérature, la musique… en prison et contribuent à changer le destin d’hommes et de femmes abîmé·es ! Bravo à Redwane Rajel !

Cet article MC2 — Grenoble – A l’ombre du réverbère. De la prison à la scène. Poignant ! est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 16.02.2026 à 15:50

Luc Renaud

Aujourd’hui échirolloise après avoir été élue municipale à Grenoble, Amel Zenati, membre du PS, s’était engagée aux côtés de Laëtitia Rabhi pour travailler à la constitution d’une liste alternative à celle conduite par la maire Amandine Demore. Une expérience décevante dont elle tire les enseignements en termes particulièrement clairs.

« L’action politique doit pour moi se construire dans le respect des partenaires mais surtout dans le respect des habitantes et des habitants dans leur diversité, notamment pour celles et ceux qui sont les plus éloignés de la vie publique », écrit-elle dans un communiqué avant de préciser : « Ces valeurs, Laëtitia Rabih m’avait dit les partager tout en promouvant une vision de l’action politique basée sur l’échange, le partage des enjeux et le dialogue. Pourtant, après plusieurs semaines d’engagement à ses côtés, j’ai pu constater un fonctionnement complètement contraire. A la tête de la liste Vivre unis, madame Rabih ne partage quasiment pas les décisions avec ses colistiers et colistières et ne souhaite aucune discussion sur les choix et orientations de la liste. Elle les impose. Plus qu’un véritable projet alternatif solide et sérieux, c’est une critique permanente et non-constructive de la maire qui est au centre de son discours, avec pour seul objectif d’attaquer la majorité sortante dont elle a pourtant fait partie. »

« Un glissement vers les idées d’une droite dure qui pousse au repli »

Amel Zenati évoque également ce qu’elle estime être la dérive politique de l’équipe au sein de laquelle elle s’était investie. « Je ne peux cautionner un glissement vers les idées d’une droite dure qui pousse au repli et qui est à l’opposé des valeurs de vivre ensemble qui font l’identité échirolloise. » Elle fait ici notamment allusion au ralliement de David Vignon, membre des Républicains, qui a rejoint les soutiens de Laëtitia Rabih.

Amel Zenati demeure attachée à une exigence de cohérence qui motive l’expression publique d’un « désaccord profond avec les orientations de madame Rabih. Notre ville tire sa richesse de sa diversité et de son vivre ensemble ».

« La volonté d’agir avec transparence et loyauté envers ce que je crois juste »

Pour l’élection du 15 mars prochain, Amel Zenati annonce un choix sans ambiguïté : « par fidélité à mes convictions, j’apporte aujourd’hui mon plein soutien à madame la maire, Amandine Demore. Son action incarne la ligne de valeurs claires et l’ouverture nécessaire pour garantir l’avenir et la mixité de notre territoire. Mon engagement reste entier, avec la volonté d’agir avec transparence et loyauté envers ce que je crois juste. »

Le mois dernier, Jean-Luc Blache (PS) et Abdelaziz Serrag, qui avait été désigné chef de file échirollois de Place publique, avaient annoncé leur rupture avec Laëtitia Rabih et leur soutien à la liste conduite par Amandine Demore.

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Publié le 16.02.2026 à 11:41

Edouard Schoene

Sur place, rue Félix Poulat, des dizaines de jeunes militants de l’association YS (Young Struggle) venaient de manifester avec la communauté kurde de Grenoble, mobilisée ce dimanche, pour la solidarité avec les Kurdes de Turquie et de Syrie, en particulier.

Diana, de l’association ACIP-ASADO.

Diana, de l’association ACIP-ASADO dénonce d’entrée dans son intervention le blocus criminel : « Depuis des décennies, le peuple cubain subit une politique d’hostilité systématique de la part des États-Unis. Ce, n’est pas seulement une divergence politique, c’est une guerre économique qui frappe les plus vulnérables. »

Elle exige :

  • 1. La levée immédiate et inconditionnelle du blocus économique.
  • 2. Le retrait de Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme.
  • 3. Le respect de la souveraineté de l’île et l’arrêt des politiques d’ingérence.
Nicolas Benoit, secrétaire de l’union départementale CGT.

Nicolas Benoit, secrétaire de l’UD CGT : « Malgré les condamnations quasi unanimes du blocus américain contre Cuba aux Nations unies, le blocus sévit depuis 60 ans. Trump a décidé d’aggraver ce blocus et d’asphyxier Cuba avec l’embargo complet sur le pétrole. Il est temps que le gouvernement français agisse pour la levée de l’embargo. La CGT réaffirme son soutien et sa pleine solidarité au peuple cubain et à la centrale des travailleurs de Cuba. »

Pierre-Jean-Crespeau, responsable du Mouvement de la paix.

Pierre-Jean Crespeau, pour Le Mouvement de la Paix, rappelle « que pour la paix, les peuples doivent rester maîtres de leur avenir. La culture de la paix, telle que définie par les résolutions des Nations unies, ne peut se satisfaire uniquement d’actions pour combattre les logiques de guerre. Elle appelle un engagement à côté des forces multiples qui mènent un difficile chantier pour concrétiser les aspirations à une vie meilleure dans l’esprit du « Bien Vivre », « Buen Vivir » porté par les cultures des peuples d’Amérique du Sud et des Caraïbes. En Amérique du Sud et aux Caraïbes, des peuples dont la population cubaine se sont engagés dans cette voie difficile de développer un processus de libération vis-à-vis des puissances financières étrangères ou nationales qui les ont asservies ».

Il conclut en demandant la levée de l’embargo économique, commercial et financier imposé par les USA à Cuba depuis 1962.

David Pascal, engagé dans le Vaucluse pour la solidarité avec Cuba, intervient pour le PCF.

David Pascal, représentant du PCF.

« Partout en France, les 14 et 15 février, nous appelons les communistes, en lien avec les forces syndicales et associatives, à multiplier les actions de solidarité avec Cuba, à inonder les réseaux sociaux, à sensibiliser la population face au blocus criminel et à exiger que la France rompt avec sa complicité vis-à-vis de Washington !

Les faits : dans la nuit du 29 au 30 janvier, D. Trump a publié un décret visant à empêcher toute livraison de pétrole à Cuba en pénalisant très fortement les pays qui continueraient à exporter des matières premières. Depuis, la communauté internationale alerte sur la crise humanitaire sans précédent qui pourrait s’abattre sur l’Île, l’ONU parle même « d’effondrement humanitaire ».

Il conclut : « Les États-Unis bafouent le droit international, mettons-le en œuvre ! Ils ferment la porte aux médicaments, aux aliments, au pétrole, alors imposons à notre gouvernement qu’il en envoie, comme le font le Mexique, le Venezuela, la Chine, la Russie et tant de pays ! »

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Publié le 16.02.2026 à 11:04

Luc Renaud

«  Nous interpellons aujourd’hui officiellement les partis de gauche qui ont annoncé leur soutien initial à cette liste : une coalition avec des partisans de Bruno Retailleau, Laurent Wauquiez et Jean-Pierre Barbier est-elle acceptable pour vous ? », interroge la fédération iséroise du parti communiste.

A Echirolles, de fait, les dernières évolutions de la campagne de l’élection municipale interrogent. La liste de droite — Un renouveau pour Échirolles, qui rassemblait des représentants du MoDem, des Républicains et de Renaissance- a renoncé, apprend-on dans les colonnes du Dauphiné libéré. Le résultat de tractations avec celle pour l’heure soutenue par le Parti socialiste et conduite par Laëtitia Rabih : David Vignon, qui s’affiche comme membre des Républicains, ne fait pas mystère de son soutien à cette candidature. Et David Vignon de vanter dans la foulée sur les réseaux sociaux une « union de la droite, de la gauche et du centre ».

Le vote nécessaire, face à l’extrême droite

Le PCF pose la question au Parti socialiste : « N’est-il pas temps d’éviter le déshonneur, et de reconnaitre la démarche des socialistes sincères qui construisent l’union de la gauche et des écologistes sur la commune d’Echirolles au sein de l’équipe conduite par Amandine Demore, aux côtés de communistes, insoumis unitaires, écologistes de terrain, divers-gauche et citoyens engagés ? »

Quoiqu’il en soit, il restera de cet épisode une clarification. « Le paysage est désormais clair : face à l’extrême-droite qui menace, un seul vote utile à gauche à Echirolles, Echirolles Ensemble avec Amandine Demore ! », constate la fédération communiste de l’Isère.

Florilège des prises de position de David Vignon sur le réseau social X

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Publié le 13.02.2026 à 15:05

Régine Hausermann

Pour créer sa pièce, SoaRatsifandrihana – née en Franche-Comté — a séjourné à Madagascar, en 2023. Elle y a rencontré une historienne, une conteuse, une slameuse… Elle y a appris appris le malgache, a creusé les questions de la colonisation et de la langue puis elle s’est entourée de trois partenaires issus de diasporas variées pour danser, chanter et raconter leurs histoires d’origines et de migrations.

Audrey Merilus, née de parents haïtiens, Stanley Ollivier, dont la mère est antillaise, ainsi que le guitariste Joël Rabesolo, originaire de Madagascar. « C’est un spectacle où j’ai décidé de me faire plaisir, insiste Soa Ratsifandrihana. Même si l’on traite de l’éloignement, de l’oubli de la langue et de la culture de nos parents, on se construit face à un manque et l’on crée pour le combler. »

Dommage que les intentions se diluent à travers la disparité des séquences !

Co-accueil avec Le Pacifique — CDCN Grenoble
Dans le cadre du Hip-Hop Never Stop Festival de Saint-Martin d’Hères en scène

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Publié le 12.02.2026 à 19:23

Luc Renaud

Les revendications syndicales portent d’abord sur « réel service public de l’électricité intégré ». Le syndicat demande ainsi de « sortir du marché les énergies qui sont des biens de première nécessité » ; une baisse de la TVA à 5,5 % pour des tarifs plus justes, « une planification énergétique de long terme » et « la maîtrise publique de l’ensemble de la filière ». Des revendications qui s’accompagnent de « la défense des acquis sociaux des industries électriques et gazières considérés comme indispensables au maintien d’un service public performant ».

Dans le même temps, les délégués ont estimé que l’égalité femmes hommes est un « chantier majeur ». En effet, « la filière énergie reste marquée par des inégalités : écarts salariaux, déroulement de carrière, faible mixité, présence de violences sexistes ». D’où la nécessité de « réduire les écarts de rémunération ; d’ouvrir davantage de métiers aux femmes ; d’améliorer l’articulation entre vie professionnelle et personnelle et de renforcer les dispositifs de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. »

Un congrès, c’est aussi le moment d’un examen du fonctionnement du syndicat. Les délégués ont estimé nécessaire de renforcer la participation du syndicat « à l’union locale et à l’union départementale, afin de peser davantage dans les débats et mobilisations du territoire » et de mieux jouer son rôle au sein du « collectif nucléaire (COLNUC), où le syndicat entend continuer de porter des propositions sur l’avenir de la filière ».

Le congrès a également décidé de développer la formation syndicale et son implantation locale avec « une présence renforcée sur le terrain, un meilleur suivi des nouveaux adhérents, la montée en compétence des élus et un travail spécifique auprès des cadres ».

Enfin, « le syndicat réaffirme son soutien au modèle solidaire des activités sociales des IEG, accessibles à tous les agents, actifs comme retraités et s’oppose à toute évolution qui irait vers un système individualisé et défend le maintien d’un financement collectif garant de leur pérennité ».

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Publié le 12.02.2026 à 19:18

Manuel Pavard

« Maintenant, il faut passer des paroles aux actes et rapidement ! » La phrase prononcée par un militant CGT résume le sentiment unanimement partagé par les quelque 125 sans-logis — sur 150 au départ — qui occupent encore le siège de la Métropole de Grenoble. Et ce, depuis le 19 novembre. De fait, le vote d’une délibération-cadre lors du dernier conseil métropolitain, vendredi 6 février, a fait souffler un vent d’espoir au-dessus du bâtiment de la place André-Malraux. Mais une semaine plus tard, les livreurs à vélo et leurs familles sont toujours là, dans « ce lieu [qui]n’est pas fait pour vivre », selon un occupant.

Les femmes, dont plusieurs mères de famille, décrivent un quotidien difficile à vivre pour elles et leurs enfants.

Pourtant, assure Raphaël Beth, militant de Droit au logement Isère (DAL 38), depuis le vote positif des conseillers métropolitains, « il n’y a plus aucun frein à ce relogement. Il n’y a plus aucun obstacle administratif et politique. Les travaux sont en train d’être faits dans tous les logements, les personnes sont prêtes à partir à tout moment… Alors on ne comprend pas pourquoi ça prend autant de temps », s’interroge-t-il. Car à ce jour, seule une poignée de familles a pu être relogée, à Pont-de-Claix et à Meylan.

Une date butoir

C’est pour cette raison que les occupants et leurs soutiens (associatifs, syndicaux et politiques) avaient convié la presse sous des barnums installés devant le siège de la Métropole, ce jeudi 12 février. Avec un double objectif. D’abord interpeller les mairies (Cf. encadré) ayant accepté de réquisitionner des logements vacants appartenant au patrimoine municipal. Et surtout, leur fixer un ultimatum, doublé d’une date butoir. « Nous avons décidé de quitter la Métropole au plus tard le 25 février, plus personne ne veut rester ici après cette date », explique Mohamed Fofana, secrétaire général du syndicat CGT des livreurs à vélo et président de l’association Adali.

Une majorité des occupants sont livreurs à vélo pour les plateformes comme Deliveroo ou Uber Eats.

« Nous demandons aux communes qui ont mis à disposition ces biens de nous donner les clés. On a absolument besoin des clés avant le 25 février », martèle-t-il, évoquant « une urgence ». Et d’ajouter, indigné : « C’est une honte, c’est inadmissible de laisser des êtres humains, des femmes enceintes, des bébés, vivre dans ces conditions ! » La majorité d’entre eux, rappelle en outre Mohamed Fofana, sont « des travailleurs », livreurs à vélo pour les plateformes de livraison de repas, qui « font tourner l’économie du pays ». Quant aux enfants nés à Grenoble, sur le sol français, ceux-ci sont bel et bien « Français ».

« Sans la lutte, ces logements seraient restés vides »

Raphaël Beth souligne, lui, un point essentiel : les logements fournis par les municipalités « étaient vides depuis des années et étaient censés rester vides pendant un long moment, en attendant des projets urbains ». D’où cette première victoire que savoure le militant du DAL 38 : « Un logement, ce n’est pas fait pour spéculer, c’est fait pour loger des gens. Ce dispositif est quelque chose d’assez inédit, qui a été gagné par la lutte, poursuit-il. Sans cette lutte collective admirable, ces logements seraient restés vides. »

Plusieurs occupants ont pris la parole à tour de rôle pour évoquer leur ras-le-bol mais aussi leurs espoirs de relogement.

Il reste désormais une douzaine de jours aux villes concernées pour achever les travaux, signer les conventions et remettre les clés aux futurs résidents. « Si on n’a pas réussi à loger tout le monde au-delà de ce délai, les maires peuvent financer des appart-hôtels », anticipe Raphaël Beth, précisant que le budget et les solutions existent pour les élus.

Mohamed Fofana et sa fille dans les locaux de la Métropole occupés depuis près de trois mois par près de 150 personnes.

Pour lui comme pour la plupart des occupants, le compte à rebours est enclenché. Car tous concèdent une crainte : que ces communes attendent les élections municipales, susceptibles — en cas de changement de majorité — de remettre en cause leurs engagements. D’où la volonté affichée de mettre fin à cette situation avant le 25 février. On aura alors dépassé les trois mois d’occupation…

Les communes participant au relogement des occupants

Neuf communes mettent à disposition des logements vides appartenant au patrimoine municipal et gérés par l’Établissement public foncier local (EPFL) : Grenoble, une quinzaine de studios ; Saint-Martin-d’Hères, un hôtel avec une trentaine de places ; Échirolles, deux logements ; Pont-de-Claix, quatre appartements et quatre chambres ; Seyssinet-Pariset, un logement ; Gières, deux logements ; La Tronche, un logement ; Meylan, un logement ; Saint-Égrève, un logement et une maison en cours de travaux. Une offre globale qui répond à la quasi-totalité des besoins, même s’il manque encore, selon le DAL, une petite dizaine de places pour pouvoir reloger l’ensemble des occupants.

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