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Le Travailleur Alpin

Publié le 30.09.2026 à 03:25

Manuel Pavard

Assis sur un muret, derrière l’arrêt de tram Mounier, le petit groupe de lycéens n’est pas peu fier de sa « punchline ». Ousmane et Rayan [les prénoms ont été modifiés] la ressortent en chœur : « On prépare le bac et on nous envoie la BAC ! » Derrière la formule et la rime se cache toutefois une triste réalité. Car depuis la veille, une bonne partie des élèves du lycée Mounier ont expérimenté la répression policière et les jets de grenades lacrymogènes. Le prix à payer pour un établissement qui se trouve une nouvelle fois à l’épicentre de la contestation dans le département.

Poubelles brûlées et renversées devant l’entrée du lycée Mounier, mardi 29 septembre.

Dès le lundi 28 septembre, le lycée Mounier a ainsi été bloqué, à l’aide notamment de poubelles brûlées ou renversées, disséminées devant le portail d’entrée et sur les rams du tramway. Un blocage reconduit dès le début de matinée, ce mardi 29 septembre, à Mounier donc mais aussi aux lycées André-Argouges, Stendhal, Les Eaux-Claires, Vaucanson, Lesdiguières, Le Clos d’Or, Marie-Curie (à Échirolles)… Soit « une dizaine d’établissements scolaires, majoritairement dans l’agglomération grenobloise », selon la préfecture de l’Isère.

Blocage au lycée Stendhal, mardi en début de matinée.

De retour de la manifestation des agents de la fonction publique, qu’ils ont rejoints le matin au sein d’un important cortège lycéen, les lycéens précités tentent de synthétiser leurs principales revendications. Celles-ci mêlent, pêle-mêle, des demandes liées à leurs conditions d’études — des classes trop chargées aux salles trop chauffées -, au manque de professeurs, à la sélection jugée « injuste » sur Parcoursup, aux nouvelles restrictions vestimentaires…

Les moyens et la liberté

« Même nous, aujourd’hui, on était en grève en tant que prof pour dire ‘le gouvernement nous prend pour des cons depuis très longtemps’. Et ça, les élèves le ressentent aussi, même s’il ne l’expriment pas de cette façon », explique une enseignante au lycée professionnel Mounier [NDLR : lycée polyvalent, Mounier propose des voies générale, technologique et professionnelle], syndiquée au SNUEP-FSU et venue en soutien sur le blocage, ce mardi midi.

Les enseignants du lycée Argouges, dans le cortège des agents de la fonction publique, à Grenoble.

Selon elle, les revendications lycéennes se répartissent en deux catégories principales. Tout d’abord la question des moyens et des conditions d’études, prioritaire dans tous les établissements mobilisés. « Le lycée Mounier est quand même plutôt bien doté mais ce n’est pas le cas partout : il y a plein de lycées où le bâti est en mauvais état, où il n’y a pas assez d’ordinateurs, pas assez de vidéo-projecteurs, etc. Tout ça, les élèves le voient et ça les saoule ! »

La deuxième grande question est, elle, liée à la « liberté » ou plutôt l’absence de liberté. « C’est la tenue professionnelle qu’on leur impose, c’est l’obsession autour du voile et des signes religieux », détaille l’enseignante. « Ils ressentent aussi une forme de discrimination sur le mode ‘t’es en jogging, t’es en crocs, bah tu dégages’. Donc plus globalement, ils en ont ras-le-bol ! »

« Nos élèves se sont habitués à cette répression. (…) Pour eux, manger des lacrymos, c’est devenu normal. »

Et puis, impossible de ne pas évoquer les interventions des forces de l’ordre, après une matinée passée à jouer au chat et à la souris pour de nombreux lycéens. Dans son bilan communiqué en fin de journée, la préfecture annonce dix-sept interpellations, « principalement pour des faits de violences à l’encontre de représentants de l’autorité publique et dégradations ». Mais pour la professeur de Mounier syndiquée au SNUEP, « la répression policière n’a fait qu’accentuer la colère » des lycéens.

Les élèves du lycée Mounier sur l’avenue Albert 1er de Belgique, alors que des voitures de police arrivent à l’horizon.

Son constat est même terrible et particulièrement symptomatique d’une époque : « On se disait avec les collègues que nos élèves se sont habitués à cette répression. Là, ils voient les flics arriver, il y a une vague, ils courent tous et ils reviennent direct. Pour eux, manger des lacrymos, c’est devenu habituel, normal. Ils se disent que la police fait ça… Et clairement, ça les calme pas du tout, ils attendent la deuxième manche, pour refaire le match. »

Un élève de première passant à proximité ne dit pas autre chose : « Vous savez, quand on vient d’un quartier, on a grandi avec les contrôles et la violence policière… Ce n’est pas parce qu’on est au lycée que ça va s’arrêter. » Ce traitement répressif de la jeunesse désolé profondément l’enseignante : « À aucun moment, l’institution ne vient les voir en leur demandant quelles sont leurs demandes. On leur envoie une seule chose : la police ! »

Devant l’entrée du lycée Stendhal.

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Publié le 29.09.2026 à 18:58

Manuel Pavard

« Une honte », « du jamais vu »… Les mots employés sont forts et traduisent l’indignation de Laurence Ruffin après ces nouveaux faits impliquant le groupe grenoblois de la France insoumise. Une affaire qui pourrait laisser des traces et marquer un point de non-retour dans les relations entre LFI et la majorité municipale à Grenoble. À la suite des heurts survenus ce mardi 29 septembre entre les élus insoumis et des policiers municipaux, la maire a en effet annoncé l’ouverture d’une enquête administrative et le report du conseil municipal, qui sera « reconvoqué dans un bref délai ».

Alors, que s’est-il passé exactement en marge de la séance, ce mardi matin ? Sur ce point, les versions diffèrent assez nettement selon les parties. Le conseil municipal venait de débuter par l’appel — les élus LFI n’étaient d’ailleurs pas encore présents — puis un hommage rendu par Laurence Ruffin à différentes personnes, dont Jean Giard, récemment disparu. « Pendant ces hommages, on a entendu du bruit et des heurts dans le hall, qui faisaient suite à des altercations entre les agents et des élus LFI qui voulaient tenir une manifestation », raconte-t-elle. « Or, notre règlement intérieur ne permet pas de manifestation au sein du conseil municipal. »

Pancartes ou stickers ?

Les insoumis ont voulu rentrer dans la salle du conseil, « ce qui a donné lieu à des violences de ces élus contre des policiers municipaux », poursuit la maire de Grenoble, qui a « dû suspendre la séance, le temps d’avoir les premiers éléments de l’enquête ». Selon ces premiers éléments, Allan Brunon, président du groupe LFI Grenoble, et ses colistiers entendaient protester contre le jumelage de Grenoble avec la ville israélienne de Rehovot. Un sujet que les insoumis espéraient inscrire à l’ordre du jour de ce conseil municipal, avant de voir leur délibération repoussée par la municipalité.

Laurence Ruffin a vivement condamné les violences dont se rendraient coupables selon elle les élus insoumis depuis des semaines.

Certaines informations faisaient état de pancartes avec les inscriptions « Palestine Ruffin censure », que ces élus auraient tenté d’introduire au conseil. Affirmation que conteste fermement Allan Brunon. « Nous n’étions pas en train de manifester, nous avions des stickers sur nos ordinateurs », dément le conseiller municipal. « Par contre, c’est vrai qu’on n’a pas le droit de rentrer avec des banderoles mais je mets au défi quiconque de trouver une seule banderole de la part de mon groupe politique. »

« C’est d’autant plus grave que l’on est sur une journée de mobilisation où des milliers de Grenoblois sont dans la rue pour soutenir le service public. »

Quoiqu’il en soit, le ton est monté et les choses se sont rapidement envenimées entre les élus LFI et les policiers municipaux cherchant à leur barrer l’accès au conseil. Une violente empoignade, possiblement assortie de coups. De la part de qui ? Là encore, les récits s’opposent. Laurence Ruffin entend « laisser la justice faire son travail », le parquet de Grenoble confirmant avoir ouvert une enquête. Mais d’après les éléments qui lui ont été communiqués par la police municipale, il y aurait eu « des faits de violences et des coups portés de la part d’élus, ce qui est particulièrement grave ».

Trois agents de la police municipale, légèrement blessés, ont dû se rendre à l’hôpital et cinq de ces policiers municipaux ont déposé plainte pour « violences sur personne dépositaire de l’autorité publique ». « C’est d’autant plus grave que l’on est sur une journée de mobilisation où des milliers de Grenoblois sont dans la rue pour soutenir le service public. Et moi, je sais à quel point les agents sont essentiels pour la bonne réalisation de notre service public », assène Laurence Ruffin, désireuse de marquer son « complet désaccord envers ce type de fonctionnement qui abîme la démocratie ».

LFI dépose plainte également

De leur côté, les conseillers municipaux LFI livrent sans surprise une tout autre version des faits. Allan Brunon dénonce ainsi « les violences de ces agents de police qui nous ont insultés, qui nous ont attrapés à la gorge. Il y a un constat médical — le premier d’une série à venir — qui atteste du fait que ma collaboratrice a le poignet tuméfié. » La France insoumise a ainsi fourni à la presse une copie de ce certificat médical.

Une partie des élus LFI (Abdelnour Djebbouri, Bastien Castillo, Allan Brunon) impliquée dans cette affaire.

Le groupe LFI assure par ailleurs que la conseillère municipale Kenza Doukhi a subi « une entorse attestée par médecin suite à l’agression d’un agent de la police municipale ». Ce qui lui a valu un arrêt de travail prescrit jusqu’au 20 octobre, ainsi qu’une béquille et une attelle pendant dix jours. Allan Brunon, lui aussi blessé selon ses dires, annonce ainsi que la France insoumise va également déposer plainte pour « violences » contre les agents impliqués.

Laurence Ruffin « n’accepte aucun acte de violence »

Pour Laurence Ruffin, c’est pourtant ce dernier qui est le premier responsable de la situation actuelle. Elle pointe ainsi les « dérives de violences manifestes de la part du président local de la FI ». Dérives qui se traduisent de différentes manières, selon elle. « On voit qu’on a, de conseil municipal en conseil municipal, une augmentation de la violence », s’insurge l’édile. « Je pense que l’affaire Barbara Butch était elle-même un élément marquant de cette montée de la violence, avec le fait de s’en prendre à une femme seule sur scène et de montrer qu’on est prêt à tout pour faire du buzz médiatique ».

La maire le répète, « il n’est pas acceptable d’avoir des actes de violence, quelles que soient les raisons », dans l’enceinte du conseil municipal et plus globalement à Grenoble. Rappelant qu’il n’y a « pas de co-construction sur des dossiers puisque LFI est dans l’opposition et pas dans l’exécutif », Laurence Ruffin réaffirme néanmoins avoir « toujours porté à Grenoble l’union de la gauche, des écologistes et des citoyens ».

Les élus de la majorité municipale, après la suspension et le report de la séance du conseil municipal.

Pour elle, « ce qui relie la gauche dans son ensemble, c’est la défense des services publics, de la santé, de l’école, la justice fiscale… » Des sujets sur lesquels la gauche doit pouvoir s’unir et se rassembler, à l’échelle locale comme au niveau national… Mais pas à n’importe quel prix. Et de marteler : « Sur la manière de faire, nous n’acceptons aucun acte de violence ! »

Pour le PCF, « ce n’est pas en cartonnant la gauche qu’on est plus fort contre la droite et l’extrême droite »

La section de Grenoble Meylan du PCF a réagi dans un communiqué, jugeant la situation « inacceptable ». Sans nier les désaccords qui peuvent exister à gauche, elle estime que ceux-ci doivent être assumés « sur le terrain politique, dans le respect des personnes et du cadre démocratique », et non par « la violence » ou « l’intimidation ». Pour les communistes, La France insoumise a fait le choix de l’opposition à Grenoble, une position qu’ils considèrent comme « parfaitement légitime », celle-ci devant permettre de contester, proposer des alternatives et contrôler l’action de la majorité. Cependant, « la radicalité d’une position politique ne se mesure pas à la violence des mots ou des comportements », soulignent-ils mais aux propositions et aux actes.

La section PCF demande en outre que les faits survenus au conseil municipal soient « clairement établis et mis en lumière ». Avant d’élargir sa critique au contexte national : « À l’heure où la droite et l’extrême droite progressent, ce n’est pas en cartonnant la gauche que nous serons plus forts pour les combattre », affirme-t-elle. Et d’ajouter : « Ce n’est pas par la violence que l’on élargit l’indispensable soutien à la lutte du peuple palestinien contre le génocide et l’épuration ethnique dont il est l’effroyable victime. »

« Entre mouvements de gauche, nous continuerons à avoir des désaccords, parfois même importants », poursuivent les communistes grenoblois. « Mais nous voulons les avoir sur le terrain politique, dans le respect des personnes et du cadre démocratique. » Le PCF assure ainsi vouloir continuer à « construire une majorité qui empêchera la droite et l’extrême droite de dominer le pays ». Ceci, « pour les citoyens et citoyennes, pour l’intérêt général, pour combattre l’injustice sociale face à un gouvernement qui gonfle les fortunes et réduit le pouvoir d’achat, pour la paix dans le monde et la solidarité avec les peuples victimes de l’oppression, en Palestine notamment », conclut la section.

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Publié le 29.09.2026 à 18:57

Manuel Pavard

En tête de cortège, les représentants de l’intersyndicale iséroise de la fonction publique (CGT, FSU, UNSA, Solidaires, CFDT, FO) défilant derrière la banderole « Pour les services publics, pour le progrès social ». Quelques mètres derrière, un imposant cortège lycéen entonnant les slogans phares des manifestations lycéennes et étudiantes : « Et on est jeunes, déter’ et révolutionnaires » ou le plus caustique « Plus de place au lycée pour pas finir policier, plus de place au Capes pour pas finir CRS, plus de place à la fac pour pas finir à la Bac ». Deux générations, deux ambiances, et pourtant une réelle unité et une même volonté de défendre les services publics.

Des drapeaux CGT en nombre.

Ils étaient ainsi plus de 7000, selon les organisateurs, à battre le pavé ce mardi 29 septembre, dans les rues de Grenoble, à l’occasion de cette journée nationale de grève et de mobilisation de la fonction publique. Une foule dense, joyeuse et déterminée, qui s’est élancée de la place Victor-Hugo pour rejoindre la place de Verdun, via les boulevards Gambetta et Jean-Pain, sous un soleil estival.

Les salaires, thème omniprésent.

Parmi eux, des agents des différents corps de la fonction publique : enseignants, territoriaux, soignants, retraités… En grève pour le dégel du point d’indice, pour l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, pour de nouveaux moyens dans leurs services respectifs, pour des recrutements à la hauteur des besoins. Des manifestants refusant l’austérité promise par le gouvernement dans son budget 2027.

« Les avantages qu’on avait n’existent quasiment plus »

« Le gouvernement se moque vraiment de nous », s’insurge David, salarié au CEA de Grenoble. « Tout augmente : la nourriture, le logement, l’électricité, le carburant… sauf nos salaires qui sont bloqués et qui ne bougent quasiment pas depuis quinze ans. Si on compare l’évolution de nos rémunérations avec celle de l’inflation, on pleure. Et je ne parle même pas de comparer avec les salaires de ceux qui travaillent dans le privé — à poste égal — sinon on pleure encore plus ! »

Les salariés du CEA, mobilisés pour la revalorisation du point d’indice.

Même constat pour la plupart des catégories professionnelles représentées dans le cortège. « Les avantages qu’on avait avant en tant que fonctionnaires, comme la sécurité de l’emploi, n’existent quasiment plus », déplore Karine, enseignante. Elle l’assure, « la proportion de collègues contractuels, en salle des profs, est de plus en plus importante. On voit de moins en moins de profs titulaires, comme nous, qui restent plusieurs années de suite dans un même établissement, qui conduisent des projets sur le long terme, etc. » La faute, entre autres, au « manque d’attractivité » de la profession, selon elle.

Les lycéens de Mounier, comme toujours à la pointe de la mobilisation lycéenne.

Karine désigne les nombreux lycéens venus des différents lycées bloqués depuis le matin — voire la veille — dans l’agglomération (Mounier, Argouges, Stendhal, Eaux-Claires à Grenoble, Marie-Curie à Échirolles…). « Quand on voit leurs conditions d’études et l’avenir qu’on leur réserve, comment s’étonner qu’ils manifestent ? Je trouve même qu’ils sont plutôt sages vu le contexte », lance la mère de deux adolescents, « évidemment présents ce matin ».

« Lutte exemplaire » et « répression inacceptable »

Les manifestants lycéens ont également été rejoints par des étudiants de l’Université Grenoble Alpes (UGA) — certes en nombre plus réduit — mobilisés notamment pour l’inscription des sans-facs et contre le plan Bienvenue en France — qui généralise les frais d’inscription différenciés pour les étudiants extra-communautaires. Pour l’UNEF Grenoble, « la date du 29 était importante », confirme son président Léonce Subtil, « mais elle a pris une tournure autre avec les blocages de lycées ».

Les étudiants luttant pour l’inscription des sans-facs;

Le syndicaliste étudiant vante même la « lutte exemplaire » des lycéens. Une lutte assez spontanée et échappant assez largement à l’emprise des organisations politiques et syndicales, reconnaît-il. « Mais leur colère est légitime et la répression policière en face est inacceptable », dénonce Léonce Subtil, persuadé que « le gouvernement veut faire taire ceux qui se mobilisent ».

Les militants communistes étaient présents.

Une répression policière qui se double d’une répression patronale et institutionnelle tout aussi forte à l’encontre de certains salariés et agents, souligne un agent de l’inspection du travail, rappelant le cas emblématique de ses deux collègues, représentants syndicaux Sud Travail, Pierre et Benoît : « L’idée, c’est vraiment de faire taire toutes les voix discordantes et contestataires. Ça fait peur d’un côté, mais ça montre aussi que le gouvernement et la bourgeoisie ne sont pas si sereins que ça… »

Betty Demange, représentante des territoriaux de la CGT, au micro à l’arrivée, place de Verdun.

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Publié le 29.09.2026 à 16:30

Daniel Oriol

Dans le cadre de la journée d’action de la fonction publique, l’union locale CGT Roussillon/Beaurepaire avait appelé à un rassemblement devant l’EHPAD Bellefontaine à Péage-de-Roussillon.

Près d’une centaine de militants y ont participé. Plusieurs interventions se sont succédées.

Le syndicat de l’établissement fait remarquer les retombées néfastes sur les résident es causées par le manque d’effectif provoquant stress, fatigue et absence de personnel. Le syndicat revendique des embauches.

Le syndicat de la centrale nucléaire est dans l’action depuis le 15 septembre pour le maintien du statut du personnel mais aussi pour la réduction du montant de la TVA sur l’électricité à 5,5% afin d’aider les plus démunis. Il revendique aussi la sortie de l’énergie du secteur marchand.

À France Travail, la CGT souligne souligné là aussi le manque de personnel et les changements qui s’accumulent au fil des différentes directives. C’est la baisse des allocations aux personnes en recherche d’emploi, la baisse de la durée d’indemnisation et plus récemment la refonte de la rupture conventionnelle. Aujourd’hui, les agents de France Travail sont dans l’obligation de plus de contrôle et moins d’accompagnement des demandeurs d’emplois.

La dernière intervention fut à l’adresse du député afin qu’il prenne en compte toutes ces demandes avant le vote du budget national dont le Premier ministre a indiqué qu’il le souhaitait amputé de 54 milliards d’économie.

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Publié le 28.09.2026 à 12:32

Travailleur Alpin

« Contre le racket sur les carburants, nationalisons TotalEnergies ! » : c’est sous ce slogan qu’une dizaine de militantes et militants étaient mobilisés dès potron-minet pour distribuer les tracts de campagne aux automobilistes arrêtés aux feux de la Porte de France.

Alors que les prix peuvent avoisiner les 2€50 à certains endroits, le sujet est électrique : si la moyenne de la part du budget consacré au carburant pour un ménage se situe autour de 4%, elle monte à entre 8% et 15% en zone rurale et périurbaine, voir davantage pour les ménages modestes… donc une augmentation de près de 30% en moins d’un an, ça fait mal, voire très mal.

Face à cette flambée, les libéraux tentent de présenter des mesures ciblées d’accompagnement – chèques carburants et aides pour certaines professions –, que l’extrême droite tape sur les taxes, et qu’à gauche on parle parfois de blocage des prix.

Patrick Pouyanné & Louis Renault, même combat ?

Mais s’ils reprennent tant le blocage des prix que la modulation des taxes – que la gauche plurielle avait appliquée entre 1997 et 2002 –, les communistes vont plus loin en s’attaquant à la source du problème : les multinationales pétrolières. Avec une mesure phare : la nationalisation-sanction de TotalEnergie.

Quitte à défrayer la chronique, en comparant les pratiques de l’entreprise à celles de « profiteurs de guerre » et de « traitres à la France », quand d’autres candidats de gauche radicale comme Jean-Luc Mélenchon n’y sont pas favorables, estimant que « Total défend ses intérêts capitalistes. Nous, nous défendons les intérêts du peuple français. Bon, il doit bien y avoir moyen de trouver une solution qui nous tire d’affaire ».

Un tract qui propose la nationalisation-sanction de TotalEnergie.

Une position forte qui entend répondre au niveau de colère qui s’exprime dans le pays, et prendre appui sur les faits : la multinationale profite très largement de la crise, doublant ses bénéfices sur les six premiers mois de l’année, avec 5,4 Milliards d’euros de profits de mars à juin… Une situation que le PDG Patrick Pouyanné assume, saluant la capacité du groupe à « capturer la hausse des marges en s’appuyant sur un modèle intégré dans le pétrole, le gaz et l’électricité. »

Pour un pôle public de l’énergie

Un « modèle intégré », c’est bien ce que défendent les communistes… pas pour gaver des actionnaires, mais bien pour répondre aux besoins du pays, au travers d’un pôle public de l’énergie. Ce groupe public intégrant EDF, Engie et TotalEnergies serait une pièce maitresse de la politique de planification prônée par le Plan climat empreinte 2050.

Mobiliser pour construire la mobilisation

Alors que le mouvement des gilets jaunes avait surpris largement en 2018, le PCF entend désormais jouer son rôle, et l’exprime dans le tract distribué, qui appelle à rejoindre les cortèges syndicaux de la grève du 29 septembre. Partir du vécu et des problèmes du quotidien, pour contribuer à reconstruire la conscience de classe.

Une action qui a rencontré un franc succès auprès des automobilistes, et que les différentes sections du département seront appelées à décliner sur leurs territoires dans les semaines qui viennent.

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Publié le 25.09.2026 à 19:04

Manuel Pavard

On l’avait vu lors du Covid, on l’a de nouveau constaté cet été avec la canicule, les incendies et la sécheresse. « Les crises le montrent systématiquement, les services publics sont le ciment de la nation ! » Réunis ce jeudi 24 septembre, à la bourse du travail de Grenoble, pour annoncer la journée de grève et de manifestation du 29 septembre, Betty Demange (CSD CGT), Damien Bagnis (USD CGT santé et action sociale), David Sujobert (FSU) et Stephan Amozigh (UNSA retraités) acquiescent. Ils représentent les différents pans de la fonction publique (territoriale, hospitalière, enseignants, retraités) mais peuvent tous en témoigner, les applaudissements et les éloges adressés aux agents, à chaque crise majeure, ne durent pas : « ça retombe très vite »… Avant l’inévitable contrecoup.

Nouvelle illustration avec le budget 2027, le dernier du quinquennat d’Emmanuel Macron, actuellement en préparation. Le gouvernement prévoit encore une fois des économies et les premières annonces n’augurent rien de bon pour les services publics ni pour les rémunérations et conditions de travail des agents.

Plus de 700 000 agents payés en-dessous du SMIC

David Sujobert, co-secrétaire départemental de la FSU, évoque ainsi de « graves problématiques de pouvoir d’achat, avec le maintien du gel du point d’indice annoncé par le gouvernement, dans un contexte inflationniste ». Certains chiffres sont édifiants : depuis 2009, l’inflation a ainsi atteint 27,8 % alors que l’augmentation du point d’indice a été de 14,6 %. « Le coût de la vie augmente deux fois plus que ce qu’on gagne », décrypte le syndicaliste enseignant. « L’idée est donc de faire pression sur le gouvernement pour inverser la tendance qui dégrade la qualité des services publics, les conditions des agents. »

Une banderole qui résume un lien évident.

Des fonctionnaires qui, malgré cela, répondent toujours présents. Tout simplement car ils et elles ont cette « culture du service public » profondément ancrée et « souhaitent rendre le service à l’usager », souligne Betty Demange. « Mais à un moment, il faut aussi que ces agents puissent manger et payer leurs factures », ajoute la coordinatrice de la CSD CGT des territoriaux.

Pour certains d’entre eux en effet, même ces besoins vitaux deviennent difficiles à assumer. « En mai 2026, il y a plus de 700 000 agents dont la rémunération est passée en-dessous du SMIC » et qui n’ont plus de prime pour compenser, s’insurgent ainsi les représentants syndicaux. Damien Bagnis fustige le « peu de considération des gouvernements », rappelant quant à lui le cas des soignants contraints, pendant le Covid, de « se fabriquer des protections avec des sacs poubelle ».

« On ne veut pas plus de primes mais un dégel du point d’indice »

Effectivement, ceux-ci ont été « applaudis tous les soirs », poursuit le secrétaire départemental de l’USD CGT 38. « Et pour essayer de faire passer la pilule, l’ancien ministre de la Santé Olivier Véran a inventé la prime Ségur. Sur le moment, les agents étaient contents sauf que tout le monde ne l’a pas touchée. Depuis 2020, tous les agents logistique et catégorie C de la fonction publique hospitalière n’y ont pas droit alors qu’ils y ont droit dans le privé », déplore-t-il.

C’est là qu’est toute la différence entre les primes et le salaire. « On ne veut pas plus de primes mais un dégel du point d’indice », martèle David Sujobert. « C’est ça qui garantit un salaire suivant l’inflation. » Sans oublier la retraite, complète Stephan Amozigh, délégué départemental de l’UNSA retraités et ex-délégué du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN), « puisque c’est le salaire qui fait l’indice de base pour les retraites ».

Cette revendication essentielle du maintien du pouvoir d’achat s’ajoute en outre à la dégradation des conditions de travail et plus largement du service public. « De plus en plus, on fait appel soit à de l’externalisation, soit à des contrats précaires, même dans l’Éducation nationale », regrette le militant UNSA. Son camarade David Sujobert dégaine alors un autre chiffre éloquent : « En 2023, 70% des nouveaux agents recrutés étaient des contractuels. » Un « choix délibéré » d’abandonner le statut et toutes les garanties allant avec — en matière d’indépendance, de formation, d’engagement — pour privilégié un personnel précaire.

Les femmes victimes de la contractualisation croissante

Le syndicats soulèvent également la question de l’égalité salariale, rappelant qu’à mission égale, l’écart moyen entre les femmes et les hommes est de 400 euros par mois, dans la fonction publique. Or, « statistiquement, ce sont les hommes qui prennent des tâches supplémentaires liées à des primes ». D’où la nécessité « d’augmenter le point d’indice qui est le même chez les femmes et les hommes » — contrairement aux primes donc.

La remarque est loin d’être négligeable quand on sait que 63 % des fonctionnaires aujourd’hui sont des femmes. Un pourcentage qui monte à « 80 % dans la fonction publique hospitalière et presque 88 % dans les filières médico-sociales », précise Damien Bagnis. Et même jusqu’à 97 % chez les AESH dans les écoles, « toutes payées à temps partiel et en-dessous du SMIC ». Des femmes qui, quelle que soit la filière, « sont souvent les moins bien rémunérées et les plus pénalisées, avec le temps partiel », pointe Betty Demange.

Auparavant, « le statut de la fonction publique permettait de garantir une équité », souligne Damien Bagnis. Mais aujourd’hui, on se retrouve avec « des contractuels permanents qui ne suivent pas les grilles de la fonction publique et qui peuvent aller négocier tous les deux ou trois ans leur salaire ». Ou plus exactement des primes, négociées sur le budget propre de chaque établissement.

Un PLFSS qui inquiète

Le responsable de l’USD CGT 38 s’inquiète par ailleurs du nouveau projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), attendu en octobre au Parlement. Pour l’instant, le gouvernement a surtout « lancé des pistes à droite, à gauche, pour voir les retours ». Damien Bagnis cite ainsi l’augmentation du reste à charge ou encore la hausse de l’Objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) que le gouvernement espère limiter à 2,1 %. Pourtant, « même la Fédération hospitalière de France (FHF) parle d’un Ondam à 3,9 % minimum », note le syndicaliste.

Damien Bagnis et la CGT du CHUGA ont manifesté notamment contre les prévisions du PLFSS 2027, en septembre.

En France, confie ce dernier, « il n’y a pas un seul hôpital qui n’est pas en surendettement ». Tout cela implique donc des économies, prévues par le gouvernement, de « 5 à 9 milliards d’euros sur les établissements de santé » ainsi qu’une « baisse drastique des aides aux collectivités ». Une cure d’austérité qui concernera tous les fonctionnaires. Et « quand il y a moins de budget, la variable d’ajustement, c’est le personnel », traduisent les représentants syndicaux.

« On ne va pas piquer dans les bonnes poches »

Dans un tel contexte, ceux-ci appellent à descendre massivement dans les rues ce mardi 29 septembre, pour clamer qu’il y a « d’autres choix budgétaires possibles », fondés sur une meilleure répartition des richesses, sur la justice sociale et fiscale. Et avec des moyens à la hauteur des besoins et des missions des services publics. « On ne va pas piquer dans les bonnes poches ; le service public est financé sur le dos des plus pauvres », dénoncent-ils.

Le gouvernement, lui, « cible les services publics, les pensionnés, les retraités, qui sont pointés comme des espèces de rentiers… Alors que les vrais rentiers sont ailleurs et ont beaucoup, beaucoup plus d’argent que les retraités ordinaires », affirment les syndicalistes, accusant l’exécutif d’alimenter un conflit entre générations. Pourtant, « il y a des moyens de chercher cet argent qui ont été systématiquement repoussés par le gouvernement, comme la taxe Zucman, par exemple », déplore David Sujobert.

« La paupérisation qu’on constate en ce moment chez les agents de la fonction publique, c’est le fruit de dix ans de macronisme. »

Pour le responsable de la FSU Isère, « la paupérisation qu’on constate en ce moment chez les agents de la fonction publique, c’est le fruit de dix ans de macronisme ». Pendant longtemps, il existait une contrepartie tacite dans la fonction publique, explique de son côté Damien Bagnis : « Cette contrepartie, c’était, on gagne un peu moins que dans le privé mais on a la sécurité de l’emploi. Aujourd’hui, on n’a même plus ça… »

Tous rappellent que l’argent existe pourtant, à l’image des 211 milliards d’euros versés sans contrôle ni contrepartie aux entreprises ou de l’impôt sur la fortune (ISF) qui a été supprimé. Et les idées ne manquent pas, selon eux : « On pourrait imaginer des systèmes qui garantissent l’égalité salariale, des salaires indexés sur l’inflation, etc. Tout cela pourrait être réinjecté dans les services publics ».

« Le mode dégradé est devenu le mode normal »

Au lieu de cela, « on arrive aujourd’hui au bout d’un système qui produit de l’insécurité climatique et environnementale, de l’insécurité sociale, de l’insécurité salariale, alors que les services publics sont, eux, un outil de sécurité à très long terme, qu’il convient de réinvestir à hauteur de ce que ça apporte à la société », ajoutent-ils. Un outil qui s’annonce encore plus indispensable dans les années présentes et futures, marquées par le changement climatique.

Betty Demange relève en outre ce qui devrait constituer une évidence : « Moins d’agents, ça signifie moins de services rendus à l’usager et donc des services publics beaucoup plus dégradés. » Mais aujourd’hui, « le mode dégradé est souvent devenu le mode normal » dans la fonction publique, constate Damien Bagnis. Si l’on y ajoute une répression syndicale de plus en plus forte, on en arrive à un point où « le public est managé comme le privé ».

Motifs d’espoir et dangers à éviter

Alors, que faire ? Les motifs d’espoir ne sont pas totalement absents. Déjà car, assure Betty Demange, « lorsqu’on interroge les usagers, ils sont très satisfaits de l’investissement des agents et réclament plus de services publics de proximité ». Donc un soutien populaire est possible, tout comme la convergence des luttes. Les représentants syndicaux citent d’ailleurs l’exemple du combat contre la réforme des retraites : « Tout le monde était là. »

La bataille contre la réforme des retraites, un exemple à suivre.

Ils appellent aussi les salariés à ne pas céder aux sirènes de l’extrême droite, en cette année pré-électorale. « On rappelle que ce n’est pas du tout une solution pour 2027. Le RN ne s’est jamais opposé aux votes du gouvernement et a toujours voté contre la hausse du SMIC, contre la taxation des grandes fortunes. »

Tous espèrent voir les agents de la fonction publique manifester en nombre le 29 septembre. Et la population les rejoindre dans les luttes : « Il faut qu’on se réveille tous car on va avoir des lendemains difficiles. » L’enjeu est clair, en plus, résume Stephan Amozigh : « Le service public, c’est le symbole du bien commun ! »

Manifestations à Grenoble et Bourgoin-Jallieu

Les rendez-vous, mardi 29 septembre :
- À 10 heures, place Victor-Hugo, à Grenoble.
- À 10 heures, place Saint-Michel, à Bourgoin-Jallieu.

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Publié le 25.09.2026 à 10:52

Travailleur Alpin

Yvette Anselmet s’est éteinte au matin de ce jeudi 24 septembre. Elle allait fêter son centième anniversaire le 28 novembre prochain.

Elle était née en 1926 dans une cité ouvrière de la banlieue de Rouen. Elle perdit très tôt son père – fils de l’assistance publique – dans un accident mortel en usine. Expulsées sans scrupule de leur logement ouvrier, Yvette, sa sœur et leur mère connurent l’évacuation sous les bombardements allemands, ainsi que la menace qui pesait sur leur origine ; elles étaient juives par leur mère.

Dès la libération Yvette s’engagea dans l’action militante communiste. Elle y rencontra son futur époux, Roland, cheminot de profession, lors d’une formation centrale du parti en région parisienne.

Yvette Anselmet et ses petites filles.

Quittant sa Normandie pour Grenoble, elle y fut une militante syndicale et politique infatigable, à la CGT et au PCF, à EDF où elle a travaillé jusqu’à sa retraite, en 1984. En 2019, pour la rédaction du numéro spécial du Travailleur alpin consacrée au 90 anniversaire de la fête du TA, elle nous avait confié son enthousiasme militant.

Toujours fidèle à ses idéaux de jeunesse, elle est décédée dans son fauteuil ce 24 septembre, son Huma à la main…

La rédaction du Travailleur alpin présente à sa famille et à ses proches ses condoléances attristées.

L’Obstinée, une biographie éditée à la demande de ses petites filles

À la demande de ses petites filles, Yvette avait accepté de témoigner dans un livre biographique : L’obstinée — biographie d’Yvette Anselmet, de Adèle Duminy, 109 p., édition indépendante, ISBN-13 ‏ : ‎ 979–8863686929, octobre 2023.

La

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