Publié le 24.03.2026 à 16:33
Luc Renaud
Depuis des années, la Commission européenne exige la mise en concurrence des concessions d’exploitation des installations aux capacités de production supérieures à 4,5 MW détenues par EDF, en application de directives européennes et de lois et décrets français.
La situation pourrait évoluer. Deux députés – Marie-Noëlle Battistel, députée socialiste de l’Isère, et Philippe Bolo, député Modem du Maine-et-Loire – ont fait adopter en première lecture un projet de loi visant à « relancer les investissements dans le secteur de l’hydroélectricité pour contribuer à la transition énergétique ». Il met en place un nouveau dispositif juridique, l’autorisation d’exploitation. Dans ce nouveau système, l’exploitant jouit de droits comparables à ceux d’un propriétaire, mais l’État conserve la propriété de l’installation. « C’est bien le moins pour des équipements qui ont été payés par les Français, par l’impôt et les factures acquittées depuis des décennies », commente Rudy Prepoleski, secrétaire du syndicat CGT de l’énergie Isère.
L’autorisation d’exploitation écarte la mise en concurrence qui est l’une des obligations du régime des concessions. Ainsi, EDF garde la gestion des installations hydroélectriques avec l’autorisation de l’État.
Pour la CGT, c’est une avancée qui permettra effectivement de relancer les investissements. Et ce n’est pas un détail : « En modernisant les équipements et en investissant dans les stations de transfert d’énergie par pompage-turbinage, les STEP, nous pourrions augmenter nos capacités de production dans l’hydraulique de 8 GW, l’équivalent de huit tranches nucléaires », estime Rudy Prepoleski. Préserver la gestion unique par EDF, c’est aussi le moyen de préserver la cohérence du fonctionnement des barrages dans les vallées et d’assurer une gestion de l’eau correspondant à l’intérêt général – approvisionnement des réseaux d’eau potable, irrigation, maintien d’étiage des cours d’eau…
La loi Battistel n’en comporte pas moins des aspects que l’organisation syndicale critique, notamment en termes de « contreparties » accordées aux exigences de la Commission européenne. EDF serait ainsi contrainte de céder 20 % de sa production hydroélectrique à des opérateurs privés. Aucune prise de risque industriel sur la production et des profits à réaliser sur sa commercialisation.
C’était déjà le dispositif mis en œuvre sur l’électricité d’origine nucléaire avec l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH), qui prévoyait une vente à prix fixe à des opérateurs privés – système de spoliation institutionnel remplacé depuis le 1er janvier par des règles potentiellement moins assassines pour EDF.
Une différence d’importance, toutefois : dans la loi Battistel, six GW d’origine hydraulique seraient mis aux enchères sur le marché européen et non plus cédés à prix fixes – et parfois très inférieurs aux cours du marché. Ce système d’obligation de mise sur le marché n’en est pas moins problématique. Il impose la vente à des négociants (Total énergie par exemple) mais aussi le report des enchères en cas de prix de marché négatifs.
Expliquons. Lorsque la production est supérieure à l’offre, le prix de l’électricité est négatif – le producteur paie le consommateur. C’est arrivé pendant 725 heures en 2025. Dans cette situation – mais aussi lorsque la demande est faible –, l’enchère serait infructueuse : personne n’achète un produit à valeur négative. Le projet de loi prévoit que le volume dévolu au privé serait alors reporté à l’enchère suivante. Ce qui pourrait conduire à un cumul des obligations de vente, jusqu’à priver EDF d’une part substantielle de la maîtrise de sa production hydroélectrique.
Rudy Prepoleski, secrétaire du syndicat CGT de l’énergie Isère.« Ce mécanisme incite par ailleurs à gérer la production de sorte que les enchères montent », explique Rudy Prepoleski. Avec une conséquence, l’augmentation des prix du tarif régulé de vente dont le calcul s’appuie pour partie sur le prix du marché de l’électricité. Autant de plus sur le montant des factures.
Raison pour laquelle l’organisation syndicale propose un autre système juridique, celui de la gestion sous statut de service économique d’intérêt général (SIEG).
C’est là une notion reconnue par l’Union européenne. Un SIEG peut être créé par un État membre dès lors que le marché privé s’avèrerait incapable d’assumer les missions de service public correspondant à l’intérêt général. « Nous sommes tout à fait dans ce cas, souligne Rudy Prepoleski, la complexité de la gestion de l’eau dans le contexte du changement climatique nécessite une vue d’ensemble des usages domestiques, industriels, agricoles, avec la prise en compte des impacts environnementaux : ce n’est pas le marché capitaliste qui peut y parvenir. »
Avec un chiffre que le responsable de la CGT garde toujours présent à l’esprit : 13 millions de Français vivent dans la précarité énergétique. Une production d’électricité correspondant à l’intérêt général, c’est aussi une électricité accessible à tous.
En Oisans, le barrage du Chambon est sous surveillance renforcée pour s’assurer de la solidité de ses appuis. La gestion des barrages pose à l’évidence des questions de sûreté.11,4%
c’est la part de l’hydraulique dans la production d’électricité en France en 2025, soit 62,4 TWh des 547,5 TWh toutes origines de production d’électricité confondues. Le nucléaire pèse pour 68,1 % du total, l’éolien est à 9,1 %, le solaire représente 6 % de l’ensemble, le gaz 3 % et les autres origines thermiques (fioul, charbon, déchets…) 2,4 %. Le total « bas carbone » représente 95,2 % de la production électrique française en 2025. (source RTE)
Le kWh – kilowatt-heure –, c’est ce qu’on a à la maison. Le megawatt-heure (MWh), c’est mille kWh. Unité que l’on utilise pour situer la production d’une centrale hydraulique. Le gigawatt-heure (GWh) correspond à un million de kWh : le système hydraulique de Grand’Maison est capable d’une production de 1,8 GWh. Enfin, le térawatt-heure (TWh) – un milliard de kWh – est l’unité de mesure employée pour chiffrer la production électrique d’un pays – 547,5 TWh d’électricité produite en France en 2025.
La CGT a multiplié les initiatives contre la possibilité de privatisation des équipements électriques sous le régime des concessions.Le 5 février, les députés LFI ont voté contre et les Écologistes se sont abstenus sur le projet défendu par Marie-Noëlle Battistel. Ils ont proposé une solution alternative à celle de l’autorisation d’exploitation délivrée par l’État à EDF, dite de la « quasi-régie ». Cette mise en régie de l’exploitation des barrages – avec la possibilité de participation de capitaux privés minoritaires, d’où le terme de « quasi » – est vue par ses partisans comme un pas vers la nationalisation : ce serait un organisme public qui se chargerait de l’hydroélectricité.
Une position que ne partage pas la CGT. « La quasi-régie, c’est le risque d’un éclatement d’EDF », commente Rudy Prepoleski. Si le syndicat n’est pas exempt de critiques sur le contenu du projet de loi Battistel, il n’en demeure pas moins que la quasi-régie contraindrait EDF à se séparer de sa branche hydraulique : pour qu’elle soit créée, il faudrait constituer la quasi-régie en filiale, voire en société indépendante, à l’image de ce qui s’est fait à la SNCF, avec la branche marchandises, celle des voyageurs et l’entreprise Réseau ferré de France. « Ce qui voudrait dire, explicite Rudy Prepoleski, qu’il faudrait doublonner les services d’ingénierie qui travaillent aujourd’hui indifféremment sur l’hydraulique ou les centrales nucléaires : ce sont par exemple des hydrauliciens spécialisés dans l’équipement des barrages qui conçoivent les conduites d’amenée d’eau sur le nucléaire. » Une complémentarité et des synergies qui disparaitraient avec la séparation.
Un autre argument avancé par la CGT est celui de l’ampleur des investissements à réaliser dans l’hydroélectricité – après des années d’abandon – à laquelle une filiale autonome aurait du mal à faire face.
Au total, face au risque d’éclatement qui rappelle le projet Hercule finalement abandonné par la direction d’EDF et le gouvernement, la CGT a pris position pour l’autorisation d’exploitation, non sans formuler une série de réserves.
Le syndicat compte sur le débat parlementaire à venir pour que les amendements qu’il a proposés à différents groupes politiques puissent améliorer le texte initial.
Le Conseil européen réunit les chefs d’État et de gouvernement. Il définit les orientations politiques que la Commission européenne est chargée de mettre en œuvre. © EU2017EE Estonian Presidency, CC BY 2.0, via Wikimedia CommonsLa mise en concurrence de la gestion des barrages hydroélectriques a une histoire. Elle commence avec la loi Sapin, sous un gouvernement socialiste.
C’était en 1993. Dans une loi « anti-corruption », la mise en concurrence des concessions de service public devient obligatoire lors de leur renouvellement. Cette loi s’applique à EDF à partir de 2004 – présidence Chirac – du fait de son changement de statut : d’établissement public industriel et commercial (EPIC), EDF devient une société anonyme.
Cette décision de 2004 est cohérente avec un choix effectué en 2000. A l’issue du sommet européen de Lisbonne, les 23 et 24 mars de cette année-là, le président de la République, Jacques Chirac, et le Premier ministre, Lionel Jospin, signent une déclaration commune des chefs d’État et de gouvernement – le Conseil européen est la direction politique de l’Union européenne ; la Commission européenne étant son exécutif. Dans cette déclaration, on peut lire : « Le Conseil européen demande à la Commission et aux États membres, eu égard à leurs compétences respectives […] d’accélérer la libéralisation dans des secteurs tels que le gaz, l’électricité, les services postaux et les transports. […]. Il s’agit de réaliser un marché intérieur pleinement opérationnel dans ces secteurs ; le Conseil européen évaluera les progrès accomplis […]sur la base d’un rapport et de propositions appropriées de la Commission. »
En 2010 – Nicolas Sarkozy est alors chef de l’État – est adoptée la loi None comme « nouvelle organisation du marché de l’électricité ». Elle contraint EDF à vendre à prix coutant de l’électricité d’origine nucléaire à ses concurrents, indépendamment des prix du marché.
En 2015 – François Hollande est président de la République – la loi dite de « transition écologique pour la croissance verte » impose à EDF d’acheter la production des producteurs d’électricité et de leur payer un complément de rémunération par rapport aux prix du marché pour favoriser la création de micro-centrales photovoltaïques ou éoliennes – ce qui accroît mécaniquement les coûts de production de l’électricité. Ce texte organise les modalités de mise en concurrence des concessions lors de leur arrivée à échéance.
C’est dans ce contexte législatif français que la Commission européenne lance en octobre 2015 une procédure de mise en demeure pour contester la position dominante d’EDF dans l’exploitation des barrages. La privatisation n’est pas assez rapide, en somme. En mars 2019, c’est une nouvelle mise en demeure qui est adressée à la France, mais aussi à sept autres États membres. À la France et au Portugal, la Commission reproche une mise en concurrence trop limitée lors du renouvellement des concessions hydrauliques. Intervient ensuite la crise sanitaire de 2020 qui diffère les négociations.
Au total, voilà plus de dix ans que l’incertitude est de rigueur quant aux modalités d’exploitation des installations d’hydroélectricité. Et que les investissements de modernisation et de développement des capacités de production sont au point mort.
38 %
c’est la part du pétrole dans la consommation d’énergie en France en 2024. L’électricité vient ensuite avec 26 %, puis le gaz (19%), les renouvelables thermiques et les déchets (14%), la chaleur industrielle réutilisée (3%) et le charbon, marginal. Le total de la consommation énergétique s’élevait à 1550 TWh. (source SDES)
L’électrification des usages, la voiture électrique entre autres, reste pour une bonne part à venir.La consommation d’électricité en France est aujourd’hui un peu supérieure à ce qu’elle était en 2000 – 425 en 2000, 499 en 2010, 451 TWh en 2025 (source RTE). Ce qui peut surprendre, à l’heure de l’impératif de la décarbonation de l’économie et des usages et donc de l’augmentation supposée des besoins.
L’essentiel de la baisse est due à la désindustrialisation du pays. Selon RTE et le commissariat au développement durable, la consommation électrique des entreprises industrielles s’élevait en 2009 à 30 % de la consommation du pays ; en 2023, elle était passée à 26 %, un peu plus d’un quart d’une consommation totale pourtant elle-même en baisse. « La part de l’électricité dans la consommation finale d’énergie reste globalement stable depuis de nombreuses années, signe que la bascule des énergies fossiles vers les énergies bas-carbone et en particulier l’électricité n’est pas encore enclenchée », peut-on ainsi lire dans le bilan électrique 2025 produit par RTE.
Les intentions affichées par la Programmation pluriannuelle de l’énergie publiée en février dernier n’en appellent pas moins à une augmentation de 30 % de la part de la consommation électrique à d’ici à 2050 qui atteindrait ainsi – dans le contexte d’une nouvelle baisse de la consommation globale d’énergie – 55 % du total.
La « trajectoire de référence » retenue par RTE dans son étude « Futurs énergétiques 2050 » prévoit une hausse de la consommation électrique de 35 % pour atteindre 645 TWh. Une trajectoire qui repose sur des hypothèses parmi lesquelles « l’industrie manufacturière augmente et sa part dans le PIB cesse de diminuer » ou encore que « près de 95 % du parc de véhicules légers, soit près de 36 millions d’unités, disposent d’une motorisation électrique » en 2050.
Un scénario dit de « réindustrialisation profonde » avance l’hypothèse d’une consommation s’établissant à 752 TWh en 2050, « fondée, pour le secteur industriel, sur un investissement spécifique sur les secteurs stratégiques, ainsi que sur la relocalisation de certaines productions fortement exposées à la concurrence internationale et dont la fabrication à l’étranger est particulièrement intensive en carbone. En corollaire, la valeur ajoutée de l’industrie en 2050 est supérieure de 80 % à celle d’aujourd’hui. »
L’évolution des besoins en électricité, dans toutes les études prévisionnelles, apparaît ainsi largement liée aux choix qui seront faits dans l’industrie. Un changement radical de politique est attendu, en somme.
Le barrage de Grand’Maison, en Oisans, en Isère. © Rémih, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia CommonsLa Programmation pluriannuelle de l’énergie est élaborée par le gouvernement. Sa troisième version est tout récente, elle date de février 2026. C’est une falaise d’investissements qu’elle prévoit.
La puissance installée dans les stations de transfert d’énergie par pompage-turbinage est aujourd’hui de 4,6 GW. La PPE 3 projette d’augmenter ce chiffre d’un tiers, en créant de nouvelles installations d’une puissance de 2,5 GW. Concernant l’ensemble des types d’équipement, l’objectif est d’augmenter les capacités de production du parc hydroélectrique français de 2,8 GW, soit une croissance de 10 % du parc actuel de 25,7 GW.
Autant dire que les investissements, tant en constructions nouvelles qu’en rénovation des installations existantes et notamment de leurs équipements – turbines, alternateurs… – se chiffrent en milliards d’euros.
Des montants qui s’ajoutent aux investissements nécessaires pour la rénovation et le développement du parc nucléaire. Et qui paraissent incompatibles avec le pillage des ressources d’EDF tel qu’il a déjà eu lieu, par exemple avec l’obligation de vendre à bas coût de l’électricité d’origine nucléaire à des opérateurs privés.
En 2017, le cession de la branche énergie renouvelable d’Alstom à General electric s’est traduite par la perte d’un savoir faire majeur pour la filière hydroélectrique. La croissance de la production d’électricité en France est un objectif affiché, à la hauteur du souhait d’une électrification des usages. Qui reste encore problématique, à en juger par les tâtonnements de la voiture électrique.
Ce qui impose la construction de centrales nucléaires, de barrages et la rénovation des installations existantes.
La filière nucléaire française a été mise en jachère pendant des décennies au point que la construction des nouveaux réacteurs de Flamanville s’est faite dans la douleur. Il a fallu faire venir des soudeurs des Etats-Unis pour effectuer certaines opérations.
Plus près de nous, la construction de la centrale hydroélectrique de Gavet, dans la vallée de la Romanche, n’a pas été un long fleuve tranquille. La turbine devait être fabriquée à Grenoble. La liquidation de la branche énergie renouvelable d’Alstom, vendue en 2016 à General Electric sous l’égide d’Emmanuel Macron – à l’époque ministre des Finances – en a décidé autrement. La pièce est partie en Espagne où l’entreprise n’a pas su faire, puis en Italie, subissant le même échec. C’est finalement en Inde qu’elle a pu être fabriquée.
Accroitre les capacités de production électrique en France implique la reconquête de savoir-faire oubliés. En commençant par la formation et la mise en œuvre d’une stratégie industrielle.
1800
MW
soit 1,8 GW, c’est le niveau de la production d’électricité dont sont capables les installations du barrage de Grand’Maison, en Oisans, un record français. Cela représente 9 % des capacités hydroélectriques françaises et l’équivalent de la consommation de 830 000 habitants. Grand’Maison, c’est une station de transfert d’énergie par turbinage-pompage composée de deux barrages, celui de Grand’Maison et celui du Verney, 900 mètres plus bas dans la vallée de l’Eau d’Olle. L’eau est turbinée pour produire l’électricité et remontée du Verney à Grand’Maison pendant les heures de faible consommation – la base de la productivité des STEP.
« Les énergies solaires et éoliennes sont prioritaires sur le réseau », nous explique Rudy Prepoleski. Ce qui signifie que lorsque la production excède la consommation, ce sont les autres sources de production qui doivent s’effacer. L’équilibre se juge au niveau européen, tous les quarts d’heure. Un exemple : « Lorsqu’il y a du vent en mer du Nord, nous utilisons de l’électricité éolienne allemande et les barrages sur le Rhin laissent passer l’eau sans turbiner. » Il y a à cela une raison technique : le solaire et l’éolien produisent quand il y a du vent ou du soleil et la production de ces équipements est moins facilement « écrêtable » en cas de surproduction.
La loi française a encore renforcé cette difficulté. Pour soutenir le développement des énergies renouvelables, les producteurs bénéficient de contrats avec obligation d’achat. EDF se trouve ainsi contrainte d’acheter à des prix fixes l’électricité produite, y compris à des heures de production excédentaire, lorsque les prix de vente en Europe sont négatifs. Ces dispositions réglementaires « historiques » sont en cours d’évolution avec des décrets parus en décembre 2025 pour assurer la contribution à l’écrêtage d’une partie des installations éoliennes et solaires.
Aujourd’hui, l’essentiel de la réduction de production nécessaire en période prix négatifs est assurée par l’hydraulique, le nucléaire et ce qui reste de thermique. « Ce n’est pas sans conséquences, souligne Rudy Prepoleski, on ne réduit pas la production d’une centrale nucléaire ou même d’un barrage en appuyant sur un bouton ; ces ‘marche-arrêts’ entraînent une usure prématurée des équipements, des coûts d’entretien accrus ».
Face au changement climatique, toutes les sources d’énergies bas carbone doivent être développées. La montée en puissance du solaire et de l’éolien pose cependant des questions nouvelles à l’ensemble de l’architecture de la production et de la distribution du courant électrique comme on l’a vu en Espagne.
Le barrage au fil de l’eau de Saint-Egrève, en aval de la confluence de l’Isère et du Drac.Le développement des énergies solaire et éolienne pose des problèmes nouveaux aux réseaux de distribution d’électricité. Ces deux énergies renouvelables sont par nature intermittentes. Leur contribution à la production d’électricité est très variable. Elle peut être importante : jusqu’aux trois quarts de la puissance nécessaire à un instant T.
Cette intermittence est à l’origine de variations de la tension et de la fréquence du courant électrique. Si celles-ci excèdent certains seuils, des systèmes de protection s’activent, ce qui peut aller jusqu’au black out total qu’ont connu l’Espagne et le Portugal le 25 avril 2025 à midi.
Des systèmes de régulation de la tension et de la fréquence existent. Ils reposent sur des centrales de production pilotables à forte inertie, les « machines tournantes », autrement dit les alternateurs qui produisent de l’électricité à la sortie des centrales thermiques, nucléaires et hydrauliques.
Le développement – évidemment souhaitable – des énergies solaires et éoliennes implique par conséquent une attention particulière à la complémentarité des sources de production électrique et à leur localisation pour assurer la stabilisation du réseau. Les barrages hydroélectriques ont un rôle important en la matière.
« Les barrages pyrénéens ont contribué à la défense du réseau français et au rétablissement du réseau espagnol », souligne Rudy Prepoleski.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la production et la distribution des sources d’énergie sont la propriété de multiples sociétés privées et gérées de manière dispersée. Le pays doit alors faire face aux défis de la reconstruction et de l’industrialisation. Pour y faire face, Électricité de France est créée par la loi promulguée le 8 avril 1946 qui nationalise l’essentiel de ces sociétés pour les regrouper en son sein.
Cette nationalisation a été le fait du ministre communiste Marcel Paul – « Je me suis accroché à cette nationalisation comme un chien qui n’a pas mangé depuis huit jours s’accroche à un os » –, ministre de la Production industrielle, ancien résistant et ancien dirigeant de la fédération énergie de la CGT.
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Publié le 23.03.2026 à 21:24
Maryvonne Mathéoud
Un millier de personnes majoritairement des jeunes ont manifesté samedi à Grenoble contre le racisme, le fascisme et les violences d’état. Cette marche de la solidarité qui revêt un caractère particulièrement important compte-tenu du contexte actuel a eu lieu dans une centaine de villes de France.

Les manifestants ont défilé dans les rues en scandant des mots d’ordre contre tous les racismes, le fascisme rampant et décomplexé, contre toutes les violences d’état. Le tract d’appel a été lu à plusieurs voix « d’où que l’on vienne, où que l’on soit né, nous vivons ici, nous travaillons ici, nous étudions ici. Ensemble… nous décidons de nous unir, de résister, de riposter et de construire la solidarité comme un moyen et comme un objectif… chaque fois que l’on s’attaquera à l’un d’entre nous nous nous lèverons ensemble. Chaque victoire des uns et dans autres sera une victoire pour toutes et tous »

Dans son intervention Anne Villegier, responsable à la CISEM, dénonce les lois liberticides et la montée des discriminations raciales. A la violence « ordinaire » s’ajoute la violence administrative, indique-t-elle. « Quand ils ferment les préfectures, qu’ils mettent des mois à accorder les titres de séjour, c’est une violence indigne d’un pays comme la France. Nous continuons la pour les droits au séjour, les droit au travail, le droit au logement, le droit à la santé…. »

« Il n’y a pas de raison qu’il y ait des distinctions entre les êtres humains », déclare un manifestant.
« Nous ne gagnerons qu’en renforçant les luttes sociales, c’est pourquoi avec la CISEM qui regroupe de nombreuses associations, collectifs, syndicat et parties politiques pour agir sur la question des droits des étrangers, et contre le racisme, nous appelons également à rejoindre les mobilisations nationales du 28 mars pour la libération de la Palestine et en soutien aux mal logés avant la trêve hivernale », est la phrase de conclusion du tract d’appel à la manifestation de samedi 21 mars.



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Publié le 23.03.2026 à 18:56
Manuel Pavard
Un « défi existentiel pour la gauche ». Les termes peuvent sembler excessifs mais la fédération de l’Isère du PCF se veut lucide, devant les résultats des municipales. Si l’attention médiatique s’est en effet largement focalisée sur la victoire de Laurence Ruffin à Grenoble, dans le reste de l’Isère, « la gauche est submergée presque partout par une vague bleue marine sans précédent, qui profite très largement à une droite en pleine dérive vers son extrême », déplore Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF, dans un communiqué diffusé ce lundi 23 mars, au lendemain du second tour.
Gilles Vial, maire PCF de Salaise-sur-Sanne réélu au premier tour, parmi les rares lueurs pour la gauche en Nord-Isère.Le responsable communiste détaille ainsi les victoires de la droite, dans le Grésivaudan — où le NFP avait pourtant obtenu des résultats positifs aux législatives -, le Nord-Isère, l’Isère rhodanienne… Avec néanmoins quelques rares motifs de satisfaction, à l’image de la réélection d’Isabelle Flores (divers gauche) à Crémieu ou de celle des maires communistes sortants à Salaise-sur-Sanne (Gilles Vial), Le Péage-de-Roussillon (André Mondange) et Jarcieu (Yann Berhault).
« À Saint-Marcellin, la droite macroniste ne conserve la commune face à l’extrême droite que grâce au retrait républicain de la liste conduite par Christophe Ghersinu, un choix salutaire qui oblige », ajoute Jérémie Giono. De même, Julien Polat, réélu au premier tour à Voiron, voit sa « ligne » triompher dans le « Pays voironnais élargi », faisant tomber dans son escarcelle Saint-Jean-de-Moirans, Moirans et Rives. « Seul les socialistes du bas de la vallée de la Fure résistent encore, à Renage et Tullins », nuance le secrétaire départemental du PCF Isère.
Celui-ci constate l’échec du front républicain qui, lors des législatives 2024, avait « contenu la marée bleu marine aux marges de la neuvième circonscription. Avec ces municipales, le niveau est encore monté, emplissant tout l’espace jusqu’aux portes de la métropole », s’alarme-t-il.
De fait, la métropole grenobloise fait de plus en plus office de bastion, voire de citadelle assiégée, pour « la gauche [qui], malgré ses divisions, tient bon et progresse même par endroits ». Outre Laurence Ruffin, qui a su renverser la vapeur ce dimanche 22 mars, après un premier tour décevant, Jérémie Giono cite notamment les maires PCF de Saint-Martin-d’Hères et Échirolles : « David Queiros et Amandine Demore sont réélus triomphalement » — respectivement aux premier et second tours — « malgré une profusion de listes diverses face à eux ».
Amandine Demore a été « réélue triomphalement » à Échirolles, comme David Queiros à Saint-Martin-d’Hères.Succès également pour Catherine Troton, « brillamment réélue » à Vizille, avec le soutien des communistes locaux. Tout comme l’écrasante majorité des maires écologistes (Laurent Amadieu à Saint-Égrève, Nicolas Richard à Eybens) et socialistes (Guillaume Lissy à Seyssinet-Pariset…). Avec une exception : Meylan, de retour à droite après la défaite du maire PS sortant Philippe Cardin, battu par Joëlle Hours — principale déception pour la gauche, avec Fontaine. Pour finir sur une note positive, citons tout de même les conquêtes du Sappey-en-Chartreuse (Gildas Bouffaud, tombeur de Dominique Escaron, figure de la droite métropolitaine) et de Vif (Guillaume Carassio).
Désormais, les regards sont braqués sur Grenoble Alpes Métropole. La composition du futur conseil métropolitain — qui passe de 119 à 110 élus en 2026 — et la course à la présidence paraissent en effet particulièrement indécises, au regard des nouveaux équilibres, aussi précaires qu’incertains. Pour Jérémie Giono, « la gauche sort renforcée » à la Métropole et « en son sein, le futur groupe ‘communistes & apparentés’ continue de progresser, avec entre quinze et seize élu·e·s dans le futur mandat ».
À quoi ressemblera le futur conseil métropolitain (ici le 12 juillet 2023) ?Quid des projections globales ? Selon nos calculs — susceptibles de modifications, certains élus pouvant changer de groupe -, les écologistes et apparentés obtiendraient vingt-deux élus, le groupe des petites communes (ex-« Notre Métropole commune ») vingt-trois, les socialistes quatorze, les communistes au moins quinze donc, et les insoumis (auparavant membres du groupe UMA avec les écologistes) huit.
De l’autre côté de l’échiquier politique, les centristes et macronistes pourraient avoir onze élus, le RN passerait de un à deux conseillers métropolitains, tandis que la droite était jusque-là divisée en deux groupes, CCM (présidé par Dominique Escaron) et GO-SCDDC (présidé par Alain Carignon), qui seraient crédités respectivement de neuf et cinq élus à ce stade.
« La gauche ne peut plus se payer le luxe d’offrir un tel spectacle, la métropole doit devenir une vitrine positive pour œuvrer à la reconquête du territoire. »
Pour la gauche, majoritaire dans l’absolu, le principal enjeu de mettre fin aux tristes divisions ayant émaillé le dernier mandat. Avec une inconnue concernant le rôle de Christophe Ferrari, élu président de la Métropole grâce aux voix de la droite, en 2020, contre l’écologiste Yann Mongaburu, soutenu par Éric Piolle. Mais cette fois, le maire de Pont-de-Claix n’aura pas forcément la même latitude, idem pour son allié Sylvain Laval. De leur côté, le maire PS de Seyssinet-Pariset, Guillaume Lissy, et son homologue écologiste de Saint-Égrève, Laurent Amadieu, devront composer avec les stratégies de leurs groupes respectifs. Reste aussi à connaître le vote des élus des « petites communes ».
Guillaume Lissy, maire PS de Seyssinet-Pariset, fait partie des noms souvent évoqués pour la présidence de la Métropole.Jérémie Giono en est tout cas convaincu, « la gauche ne peut plus se payer le luxe d’offrir un tel spectacle, la métropole doit devenir une vitrine positive pour œuvrer à la reconquête du territoire ». Le PCF Isère appelle donc « l’ensemble des forces de gauche, écologistes et citoyennes – qu’il s’agisse des partis, mais bien plus largement, de toutes les équipes qui portaient des valeurs progressistes dans ce scrutin – à trouver les temps pour se retrouver dans les territoires d’ici à l’été, afin de construire ensemble des modalités d’échanges d’expériences et d’organisation de la résistance ».
La gauche doit absolument « créer les conditions d’une résistance culturelle locale », affirme le secrétaire départemental, face au discours de repli sur soi porté par la droite et l’extrême droite. Dans ce contexte, « la Foire de Beaucroissant au stand La Terre/Le Travailleur alpin (25 et 26 avril) et la Fête du Travailleur alpin (26 et 27 juin) seront des temps importants », souligne-t-il.
Plus globalement, se projette Jérémie Giono, la gauche n’a plus le choix : « Elle doit s’unir sur la Métropole, autour d’un projet et d’un pacte de gouvernance partagé, pour être capable de soutenir la structuration de cette résistance dans les territoires qui sont tombés ou restés à droite dimanche. » Et de conclure : « Tel est notre responsabilité historique. Soyons-en digne, il est minuit moins une. »
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Publié le 23.03.2026 à 03:18
Manuel Pavard
Si la tendance s’est vite dessinée dans la soirée, l’attente aura été, une nouvelle fois, particulièrement longue, avant l’officialisation des résultats. Il était ainsi 23h30, ce dimanche 22 mars, lorsque l’information a été annoncée, le conditionnel cédant alors enfin la place à l’indicatif : Laurence Ruffin est élue maire de Grenoble, avec 56,59 % des suffrages. Un succès finalement assez confortable, avec un peu plus de treize points d’avance sur Alain Carignon, crédité, lui, de 43,41 %.
L’explosion de joie de Laurence Ruffin, entourée de ses colistiers et colistières, devant le local de campagne.Mais pour les militants et colistiers de « Oui Grenoble », rassemblés au local de campagne de la liste d’union de la gauche écologiste et citoyenne, entre les halles Sainte-Claire et la place Notre-Dame, l’explosion de joie ayant suivi la proclamation officielle était à la hauteur de l’angoisse ressentie durant l’entre-deux-tours, dans une bonne partie de la gauche grenobloise. « Heureux » et « rassurés ». C’est d’ailleurs ce mélange de soulagement et d’allégresse qu’exprimaient nombre de partisans de Laurence Ruffin au moment où la nouvelle édile a fait son apparition, quelques minutes plus tard, sur la scène dressée dans la rue du Président-Carnot.
« Pour la première fois, Grenoble a choisi une maire femme », s’est exclamé Éric Piolle, avant de transmettre le flambeau et la parole, « avec une immense fierté », à celle qui lui succède pour les six prochaines années. Une maire qui avait « préparé deux discours » opposés, au cas où. Et qui ne s’est pas fait prier pour déchirer, sous les acclamations du public, le texte devenu inutile, ne gardant que les mots de la victoire.
Après deux mandats (de 2014 à 2026), Éric Piolle passe le flambeau à Laurence Ruffin.« Je suis très heureuse car c’est un long chemin pour arriver là », a lancé Laurence Ruffin, très émue, remerciant les militants pour leur investissement durant cette campagne. Avec un chiffre édifiant : les « 42 000 portes » auxquelles ont frappé les membres de son équipe, aux quatre coins de Grenoble. Et ce, malgré une semaine « chahutée », référence au climat délétère de ces derniers jours, largement entretenu par ses adversaires. « C’était compliqué mais l’intérêt général est toujours passé au-dessus. Nous sommes restés soudés », s’est-elle félicitée.
Pour Laurence Ruffin, son élection et son projet s’inscrivent dans la riche histoire de la capitale des Alpes et de ses valeurs. « Grenoble, c’est une ville de résistance, […] une ville qui a résisté au pouvoir royal, qui a animé la Révolution française, qui est Compagnon de la Libération. On a résisté à la corruption, à l’entre-soi… Et on va encore devoir résister », a annoncé l’élue, évoquant ensuite la « ville qui invente ». Celle de « la municipalisation de l’eau, du premier Planning familial, de la démocratie participative », a‑t-elle égrené. « C’est ici qu’on a eu la première ville écolo. Et la première maire femme. »
Laurence Ruffin a longuement remercié les militants de Oui Grenoble pour leur investissement.Laurence Ruffin a bien sûr rappelé l’importance de « l’union de la gauche, des écologistes, des citoyens », dans sa victoire. Rassemblement qui s’est manifesté dès le début de la campagne, avec une coalition de treize partis et mouvements, puis lors du second tour, marqué par la « fusion technique » avec la liste de la France insoumise. Sans oublier les consignes de vote et le soutien apporté au lendemain du premier tour par des candidats — à l’image du Grenoble Alpes collectif ou de Romain Gentil (Place publique) — qu’elle a vivement « remerciés » pour cela.
« Je voudrais m’adresser à tous les Grenoblois et Grenobloises, pour leur dire qu’à partir de demain, on s’engage à travailler », a poursuivi la nouvelle maire. Dans cette période de turbulences, entre montée du fascisme et dérèglement climatique, elle promet de faire vivre les « valeurs d’antiracisme, de féminisme, de justice sociale, de collectif ». Et d’ajouter : « Très concrètement, on veut aussi améliorer la vie des gens, répondre à toutes les préoccupations et être élus pour tous les Grenoblois, qu’ils aient voté pour nous ou non. »
Devant le local de campagne, rue du Président-Carnot, après la proclamation officielle des résultats.Laurence Ruffin en a néanmoins conscience, les obstacles à surmonter ne manquent pas. Ceci, dès ce vendredi 27 mars, date de son premier conseil municipal. La maire se retrouvera ainsi face à une droite revancharde — et sans doute aigrie après cette nouvelle élection municipale perdue. Mais également face à une inconnue, à savoir l’attitude des élus LFI et de leur chef de file Allan Brunon qui, après l’accord « technique » du second tour, entendaient rallier l’opposition. De bons nœuds dans le cerveau en perspective certes, mais Oui Grenoble reste majoritaire pour conduire sa politique. Et Laurence Ruffin l’a déjà démontré, elle ne recule pas devant les défis.
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Publié le 22.03.2026 à 21:31
Manuel Pavard
Après avoir frôlé l’élection au premier tour, avec près de 49 % des suffrages, Amandine Demore affrontait le second tour avec très peu d’appréhension, à Échirolles. Le maigre suspense a été vite éteint ce dimanche 22 mars. La maire communiste sortante, qui avait succédé à Renzo Sulli, démissionnaire, en octobre 2023, est de nouveau arrivée largement en tête, approchant les 60 % (59,62 %).
Amandine Demore entamera son premier mandat complet à Échirolles.Opposée dans une triangulaire à Enzo Billon (RN) et Antar Labiod (LFI-EELV), Amandine Demore devance le candidat d’extrême droite (27,30 %) de trente-deux points, tandis que le second candidat de gauche récolte quant à lui 13,08 %. Ravie de ce succès, la maire d’Échirolles a salué le travail de son équipe, réunie dans la commune ce dimanche soir, regrettant toutefois le haut niveau d’abstention. Autre satisfaction, « la perte de trente-six voix pour le Rassemblement national entre les premier et second tours ».
Fortunes diverses pour la gauche iséroise. À Meylan, le maire sortant Philippe Cardin, crédité de 42,80 %, n’a pas réussi à confirmer sa victoire, en 2020, lorsqu’il avait fait basculer la ville à gauche. La centriste Joëlle Hours devance la tête de liste d’union de la gauche avec 57,20% des suffrages. La nouvelle édile a bénéficié notamment du désistement de Sandrine Chaix (divers droite), troisième du premier tour.
Déception également à Rives pour Jérôme Barbieri. Le communiste, candidat de l’Alliance pour Rives (divers gauche) échoue finalement avec 46,76 % des voix, battu par la tête de liste de la droite, Julien Stevant (53,24 %). À Gières en revanche, l’écologiste Mickaël Guiheneuf succède à l’ex-maire PS Pierre Verri (élu depuis 2014) — dont il était adjoint — avec 52,51 %, cinq points devant Sylvain Stamboulian (divers centre).
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Publié le 20.03.2026 à 16:00
Manuel Pavard
Après avoir apporté, la veille, son soutien à Laurence Ruffin à Grenoble, Christophe Ferrari allait-il donner des consignes de votes pour le second tour dans d’autres communes ? Beaucoup attendaient notamment sa prise de position à Meylan et à Échirolles. C’est désormais chose faite dans ce dernier cas. Le président de Grenoble Alpes Métropole appelle ainsi, dans un communiqué diffusé ce vendredi 20 mars à « faire barrage au Rassemblement national » à Échirolles.
Christophe Ferrari ne tranche pas entre la maire Amandine Demore, tête de liste d’Échirolles ensemble, et le candidat LFI Antar Labiod.Au premier tour, Christophe Ferrari et son parti, Place publique, soutenaient la candidate socialiste Laetitia Rabih, finalement éliminée avec 8,49 % des suffrages, à l’issue d’une campagne au climat particulièrement délétère. Mais si le PS a depuis appelé à voter pour Amandine Demore au second tour, le président de la Métropole s’est, lui, bien gardé de trancher entre la maire communiste sortante, arrivée très nettement en tête avec 48,83 % des voix, et Antar Labiod (soutenu par LFI et les Écologistes), troisième avec 15,23 %.
Pour rappel, les deux candidats de gauche affronteront ce dimanche 22 mars, dans une triangulaire, Enzo Billon, tête de liste du RN, crédité de 25,68 % au premier tour. C’est contre le parti d’extrême droite, « porteur d’un programme de division, d’exclusion et de rejet de l’autre », que Christophe Ferrari a choisi de concentrer ses attaques. « Le Rassemblement national représente le contraire des valeurs qui sont les miennes et plus largement le contraire des valeurs qui ont permis à notre territoire de progresser et de prospérer », affirme-t-il.
Et le maire de Pont-de-Claix de conclure : « J’appelle l’ensemble des électeurs échirollois à rester fidèle à notre histoire collective et en particulier à l’histoire d’Échirolles. Celle d’une terre de résistance et d’accueil tout au long de son existence qui ne peut donner aucune de ses voix au Rassemblement national. »
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Publié le 20.03.2026 à 12:00
Luc Renaud
Les organisateurs rappellent la trop longue liste – non exhaustive – d’étrangers qui ont perdu la vie à la suite d’agressions criminelles. « À la mémoire d’Aboubacar Cissé, Malien, sans-papiers, musulman, tué dans une mosquée, nous luttons contre l’islamophobie et la négrophobie. À la mémoire de Djamel Bendjaballah, tué par un militant fasciste, nous nous opposons à la présence des fascistes dans nos quartiers. À la mémoire d’El-Hacen Diarra, Mauritanien, résident d’un foyer de travailleurs immigrés, tué par la police, nous exigeons vérité et justice pour tous les crimes policiers. À la mémoire de Mamadou Garanké Diallo, Guinéen, mort au large de Dunkerque en voulant traverser la Manche pour fuir une OQTF, nous revendiquons la régularisation des sans-papiers et la reconnaissance des mineures isolées… »
En organisant cette manifestation dans le cadre d’un mouvement national, la Cisem appelle notamment à « se mobiliser pour faire obstacle aux rafles policières ; barrer la route au RN et à Reconquête et à tous les groupes fascistes ; s’opposer aux contrôles au faciès, aux armes et pratiques mortelles ; abolir le permis de tuer sur le refus d’obtempérer et la présomption de légitime défense pour la police ; obtenir le retrait des lois islamophobes, de la loi de 2004 dite « sur les signes religieux à l’école », à la loi « séparatisme » ; exiger la régularisation des sans-papiers, la reconnaissance des mineurs isolés, le renouvellement automatique des titres de séjour… » La Cisem demande à Grenoble « le relogement le plus rapide possible des occupants de la Métro et des écoles occupées » en rappelant que « le racisme passe aussi par l’appauvrissement et les politiques d’isolement social dont sont victimes les personnes sans-papiers ».
Sous le titre « Défendre les droits des migrants, c’est défendre l’ensemble du monde du travail ! », le PCF appelle également à cette manifestation.
Pour les communistes, « la stigmatisation de l’immigration est le moteur du processus de fascisation de la société, poussée par les médias de milliardaires comme ceux du groupe Bolloré ». Ce processus est mis en œuvre avec un objectif : « S’en prendre aux migrants, c’est servir l’agenda des tenants du capital, qui ont pour objectif l’intensification de l’exploitation du monde du travail. » De fait, « ce n’est pas et jamais été l’immigration en-soi qui fait pression sur les salaires des travailleurs, mais bien le fait de faire des travailleurs migrants des « sans droits ni titres » qu’il est possible d’exploiter sans limite. » Et « ce n’est pas un hasard si en Italie comme en France, on retrouve parmi les soutiens de l’extrême droite des franges du monde économique qui profitent allègrement du « travail dissimulé », exploitant des migrants traités en esclaves des temps modernes. » Une arme utilisée pour tirer tous les salaires et les conditions de travail vers le bas.
Le PCF insiste : « Notre camp social doit porter une parole forte. Une parole qui unifie, qui rassemble, autour d’un mot d’ordre clair : même travail, mêmes droits ! »
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