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Le Travailleur Alpin

Publié le 23.04.2026 à 17:14

Luc Renaud

Face aux difficultés économiques qui affectent l’entreprise, la direction de Soitec propose actuellement aux organisations syndicales d’ouvrir des négociations sur une rupture conventionnelle collective, dispositif qui s’apparente à un plan de départs volontaires.

Le syndicat se déclare prête « à examiner la possibilité d’un plan de départs volontaires » mais prévient que « cela ne se fera pas au détriment des salarié.es qui resteront. » C’est pourquoi la CGT pose ses conditions à l’ouverture de négociations sur cette rupture conventionnelle.

Elle demande tout d’abord des garanties sur l’évolution de la charge de travail pendant et après la mise en œuvre des départs volontaires et le retour à des procédures d’amélioration des conditions de travail. Concernant le pouvoir d’achat – en cette période d’inflation des prix du carburant – la CGT demande l’ouverture de négociations sur les primes de transport, de partage de la valeur, d’intéressement… et la garantie d’une augmentation des salaires au niveau de l’inflation. Enfin, le syndicat demande une présentation de l’organisation de l’entreprise avant et après les départs, ainsi la participation des organisations syndicales à la définition du nombre de départs envisagés, globalement et par catégorie d’emploi.

« Nous avons exprimé nos préoccupations à plusieurs reprises »

La CGT n’en souligne pas moins que « la gravité de la situation actuelle » a des causes. « L’inaction de nos dirigeants depuis plusieurs mois est particulièrement alarmante, estime le syndicat qui ajoute : nous avons exprimé nos préoccupations à plusieurs reprises lors des réunions du CSE, et nos experts ont souligné la fragilité d’une stratégie reposant sur la spéculation, qui nous place aujourd’hui dans une situation extrêmement délicate. »

La mise en œuvre d’un plan de départ volontaire est conditionnée à l’accord de la CGT, syndicat majoritaire à Soitec.

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Publié le 23.04.2026 à 16:08

Edouard Schoene

Le débat de plus de deux heures était introduit puis animé par Latifa Madani, journaliste à l’Humanité avec une première question, « est-ce que l’IA est un outil comme les autres ? »

Hugo Pompougnac, coauteur de Que faire de l’IA président de « Espace Marx » prend la parole. L’IA est un outil comme les autres.

Marx dans un texte célèbre, Grundgrisse, dit : « la prochaine grande révolution industrielle c’est lorsque la science va devenir une force productive directe. » Avec l’IA on y est.

L’IA est une technologie de stockage et de transmission de l’information. L’humanité depuis l’homme a stocké les informations sur les grottes, le livre, la pellicule, le microsillon…Toutes ces formes coexistent, elles ne s’annulent pas. Les sociétés sont profondément transformées avec ces technologies successives. On débat ainsi depuis des années de l’IA à partir de fictions (livres et films).

Alain Boussard, président de la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité.

L’IA relève t elle de transformations technologiques ou y a‑t-il plus que cela ?

Thierry Ménissier : Je suis très intéressé par l’histoire des techniques. Le terme « progrès » a été remplacé par « l’innovation », l’usager est roi il se fait tondre dans les règles de l’art, sur un modèle capitaliste. Les forces du capital sont concentrées d’où une préoccupation majeure pour la liberté. Les états sont à la remorque de grands groupes. Thomas Hopes, philosophe du XVIIe siècle dit que la pensée n’est rien d’autre que du calcul. Nous sommes plein d’ambigüités sur les questions liées à l’IA.

Tandis que la journaliste énonce « l’IA ne fait qu’amplifier le système capitaliste prédateur », Hugo Pompougnac réagit par un « non » en citant Lequin qui considère que l’IA n’est qu’un moyen de reproduire et diffuser la mémoire de l’humanité. La presse de Gutenberg a donné la bible laquelle a donné la réforme, …la révolution. La société finit par s’approprier les technologies. Certes les capitalistes font du mal mais c’est nous qui déciderons de ce que l’on fera de l’IA.

Hugo Pompougnac, chercheur.

Thierry Ménissier développe alors la notion de pouvoir en faisant état de 12 nouveaux concepts d’ « algocratie », utilisation d’algorithmes pour influencer ou gouverner des secteurs. « Il n’y a rien de plus politique qu’une data (donnée) produite par l’IA, car les données sont construites.

Tout au long de la soirée dans un dialogue respectueux les deux points de vue s’étofferont , celui du philosophe, spécialiste de l’éthique de l’IA, très inquiet sur la place des monopoles produisant l’IA et celle du technicien de l’IA-militant appelant à une intervention citoyenne sur cette avancée technologique.

H. Pompougnac : Le taux d’activité n’a jamais été aussi haut qu’aujourd’hui ; à ce jour l’IA crée plus d’emplois qu’elle n’en détruit. Les emplois de l’industrie textile détruits par le capitalisme en Europe, envoyés au Bangladesh ne sont pas des emplois liés à l’automatisation mais à des technologies traditionnelles avec des emplois d’ouvriers·ères surexploités. L’IA n’est qu’un prétexte de plus des capitalistes pour détruire des emplois.

Thierry Ménissier, philosophe.

T. Ménissier : « les auteurs de mon ouvrage Vocabulaire critique de l’IA sont très partagés . L’IA impose une transformation cognitive qui peut faire de dégâts. Ainsi les algorithmes introduits dans la fonction publique, la maltraitance algorithmique, …

Le professeur, plus optimiste à l’observation de ses étudiants, constate que la jeunesse peut avoir un usage raisonnable et utile de l’IA, mais condamne les tentatives ministérielles de réduire l’enseignement en face à face au profit d’outils de l’IA.

H. Pompougnac dénonce ensuite à plusieurs reprises la multitude de décisions publiques prises sans le moindre débat démocratique. « On oublie de faire une allocation des ressources (matérielles, agricoles, eau, énergétiques…) en fonction des besoins ».

T. Ménissier, « J’ai perdu ma chaire d’enseignement quand j’ai commencé à parler de l’éthique de l’IA dans mes cours ». Le professeur évoque alors les courants « biocentristes », écocentristes qui développent le droit du monde animal, végétal, des sites de la nature. « Je ne suis pas sûr que l’on puisse faire de la politique sur ces questions éthiques ».

Latifa Madani, journaliste à l’Humanité.

Latifa Madani relance l’échange en interrogeant : « Peut on contrôler, orienter l’IA ? »

H. Pompougnac s’appuie sur la contribution de P. Khalfa dans l’ouvrage dont il est coauteur pour demander :

  • • Propriété publique des data centers
  • • Publication des sources de données utilisées pour entrainer les IA
  • • Ouverture des logiciels (opensource)

T. Ménissier notant que Google est la seule firme privée propriétaire de câbles sous marins et terrestres souligne que « la fin de la propriété privée peut aussi apporter des catastrophes »

A l’issue d’une heure trente d’échanges à la tribune, la salle intervient pendant une demi-heure pour interroger et s’exprimer.

Un intervenant souligne la révolution apportée par un nouvel outil IA, « Claude », qui peut désormais utiliser l’ordinateur d’un client, être un assistant virtuel.

H. Pompougnac confirme qu’un tel outil donne le vertige. Il souligne que nombre d’entreprises de l’IA sont très fragiles car actuellement non rentables et reposant exclusivement sur la bourse par la levée de fonds.

T. Ménissier évoque le modèle chinois : « l’état développe des moyens considérables pour le développement avec une main de fer, tandis que le système de financement de l’innovation en Europe est aberrant, ridicule».

La réunion avait pour cadre un amphithéâtre de l’université, au campus de Saint-Martin-d’Hères.

Une intervenante évoque l’importance de la souveraineté de l’IA et souhaite connaître les limites de l’IA pour nous conseiller sur l’action pour l’environnement, contre les idées de l’extrême droite… Un jeune interroge sur le rôle de l’IA sur l’information produite, la manipulation de l’opinion publique. Puis une jeune femme demande ce que serait notre société lors d’une panne générale nous privant de l’IA. Un musicien se prononce sur la propriété intellectuelle. Un étudiant dénonce la réduction des moyens de l’université avec une perspective de mettre en place des outils fantasmés d’IA. Un cuisinier précise que « si on met de la merde dans un congélateur on ne stocke pas pour un bon repas ; si l’IA stocke de mauvaises données elle ne nous fera rien gagner. »

H Pompougnac précise sa pensée : « on laisse entendre que le privé serait plus efficace que le public. En France on a construit le réseau électrique, le rail, les transports, la santé de manière publique. Il ne faut pas se soumettre aux prédateurs privés. La France doit allouer ses ressources de manière démocratique.

Deux sujets importants pour moi que nous développons à l’espace Marx :

T. Ménissier : « à l’université, dans les conseils, nous avons des débats vifs sur les questions évoquées ici. Après les présidents décident. Nous faisons de la politique ici et nous tentons de sauver l’enseignement supérieur.

Le néolibéralisme tue le libéralisme. Le droit d’auteur était une institution forte.

L’ultralibéralisme veut tout dominer avec des monopoles. »

Ainsi se concluait la riche soirée consacrée à l’IA.

Voir :
https://www.espaces-marx.eu/2026/03/24/dossier-ia-lapensee.html
Pour aller plus loin avec Thierry Ménissier et Hugo Pompougnac, sur les enjeux de l’IA
https://www.youtube.com/watch?v=3p47Qlck2W4
https://www.alternative-communiste.fr/2025/12/14/que-faire-de-lia/


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Publié le 23.04.2026 à 15:14

Edouard Schoene

Le tract d’invitation plantait le décor : «  le numérique a envahi nos vies. À sa suite, on nous dit que la déferlante de l’intelligence artificielle, déjà engagée, est inéluctable. Nous l’utilisons quelquefois sans même le savoir. Pour elle, les États dépensent des milliards, des centres de données gigantesques — comme celui d’Eybens — sortent de terre sans aucune concertation des citoyen-ne s. Formidable outil, elle nous permet d’aller plus vite, plus loin, mais au service de quelle idéologie et à quel prix social, écologique, démocratique ? Dans le secteur de la culture, du spectacle et de l’information, rares sont les métiers qui y échappent. Comme dans un film de science- fiction, la machine tend à remplacer l’humain… pour le meilleur ou le pire ? »

Avec Yumi Fujimori, comédienne, qui intervient notamment dans le doublage des films, membre du groupe de travail doublage du SFA-CGT, le public a découvert l’avancée de l’usage de l’intelligence artificielle pour tenter de remplacer les comédiens par des voix artificielles et les actions syndicales pour négocier les cadres conventionnels pour défendre la profession et la qualité du travail.

Clément Pouré, journaliste (notamment à Mediapart), auteur du livre Les Nouveaux contremaîtres a traité, avec des détails passionnants, des questions démocratiques liées à l’arrivée de l’intelligence artificielle.

Claire Boine, professeure en droit des technologies et gouvernance de l’intelligence artificielle à l’institut universitaire européen (Florence) a développé une série de points de vue, d’exemples concrets sur la place du droit, en particulier en Europe, les mobilisations des salariés pour défendre leurs métiers, le droit d’auteur en particulier. Cette juriste a souligné l’offensive libérale monstrueuse des entreprises et pouvoirs politiques des États-Unis contre les protections qui se mettent en place au niveau européen.

Dans un débat riche elle a défendu contre l’avis contradictoire de plusieurs intervenants, l’existence de centre de données construits sur le sol français pour la défense de la souveraineté nationale.

A l’appui de son argumentaire elle a détaillé les sanctions imposées par le pouvoir des États-Unis à des juges de la CPI en leur interdisant l’entrée aux États-Unis et tout accès aux technologies des États-Unis. Conséquences : ces juges n’ont plus de carte de crédit, plus d’accès aux banques et serveurs internets…

Un vaste consensus s’est dégagé pour nier à l’intelligence artificielle la notion d’intelligence en la limitant à des algorithmes permettant de réaliser des taches dans des domaines essentiels de non contribution humaine ; l’IA exclut ainsi le remplacement des métiers manuels, des métiers où l’homme et la femme demeurent indispensables. Un exemple a été cité de perte de compétences de chirurgiens qui s’en remettent trop aux interprétations par l’IA de l’imagerie médicale.

Tous les intervenants (tribune et salle) ont souligné la nécessité que le public le plus vaste comprenne ce qu’est l’intelligence artificielle, la pratique avec esprit critique et intervienne collectivement, en particulier sur le plan syndical, pour la défense et l’extension des droits de salariés.

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Publié le 21.04.2026 à 13:00

Travailleur Alpin

« Moi, j’ai appris à compter en CP » : c’est avec son style inimitable qu’Allan Brunon, leader insoumis grenoblois à la tête d’un groupe de huit élus métropolitains, a interpellé Guillaume Lissy, maire socialiste de Seyssinet-Pariset et candidat de la gauche à la présidence de la Métropole.

Une pratique qui n’est pas sans rappeler la campagne de l’entre-deux-tours grenoblois, où l’insoumis n’avait eu de cesse de multiplier les sorties en forme de tacle à ses partenaires de gauche, s’en prenant notamment publiquement à François Ruffin – qualifié par Allan Brunon d’ « hypocrite » venant « parader sur le thème de l’union » – à l’occasion de sa participation au meeting de second tour de la liste de gauche. Meeting auquel la France insoumise n’avait d’ailleurs visiblement pas souhaité participer.

Les maths et la « fusion technique »

Seul souci : les insoumis ne sont pas en position de « faiseurs de roi » pour l’élection à la présidence de la Métropole, puisque leurs huit voix ne suffisent pas à assurer la victoire du candidat de gauche.

De fait, l’issue du scrutin dépendra du vote de chacun des élus du groupe des « petites communes ». Nombre d’entre eux, de sensibilité de gauche ou ayant participé à la gouvernance durant le précédent mandat, pourraient bien ne pas apprécier une profonde inflexion à droite de l’institution, au travers de la candidature de Raphaël Guerrero et de l’alliance assumée avec les élus de droite qu’elle incarne…

Par ailleurs, alors que les élus insoumis assument une « fusion technique » les positionnant comme le « premier groupe d’opposition municipale » à la ville de Grenoble, on imagine mal leur groupe adopter une position moins ferme à la Métropole.

Changement de ligne politique

En effet, même si des élus LFI ont précédemment occupé de hautes responsabilités dans les précédents mandats – présidence du bailleur ACTIS avec Elisa Martin, vice-présidence aux équipements sportifs avec Thierry Semanaz, présidence de la société mixte gérant les parkings couverts avec Alban Rosa… –, démontrant par là même que les insoumis peuvent être « des élus comme les autres », il semble clair que la nouvelle ligne stratégique incarnée par Allan Brunon n’entend pas s’encombrer des contradictions inhérentes à l’exercice du pouvoir local.

Reste donc la question de fond : cette ligne entend-t-elle servir de marche-pied à la droite, dans une logique de « terre brûlée » bien connue ?

Des conditions programmatiques… conformes aux programmes déjà défendus par les élus de gauche

Pour justifier leur crispation métropolitaine, les insoumis mettent en avant des « lignes rouges » programmatiques, au premier rang desquelles les transports et le logement.

Si la démarche semble louable, on peine à comprendre le degré d’agressivité de son expression. Tous à gauche en effet s’accordent désormais sur la possibilité d’avancer sur la gratuité des transports le week-end, où plus globalement la gratuité des transports est assumée comme une visée tant par les communistes que par les écologistes, et où Laurence Ruffin a annoncé préparer le lancement d’une « brigade municipale de réquisition des logements vacants », dans la lignée du travail de fond réalisé par l’élu communiste sortant Nicolas Beron Perez.

Ce qui est certain toutefois, c’est que le suivi du dossier de l’occupation du siège métropolitain n’aurait pas eu la même tonalité avec une présidence de droite, là où le tandem Christophe Ferrari – Jérôme Rubes n’a pas compté ses heures pour trouver des solutions de relogement dignes et répondre à la crise sociale… pour ne citer qu’un exemple.

La FI au pied du mur

La France insoumise est donc confrontée à son premier choix décisif, au-delà du confort des postures : va-t-elle assumer d’abandonner celles et ceux qu’elle ambitionne de défendre, au prétexte qu’elle n’a pas les moyens d’être majoritaire sur l’intégralité de ce qu’elle réclame ?

Va-t-elle miser sur une défaite de la gauche pour espérer se positionner en recours, quand bien même les premières victimes d’un basculement à droite de l’intercommunalité seraient les classes populaires et les plus précaires, ou est-ce qu’une ligne de responsabilité assumée l’emportera, au nom de l’intérêt de celles et ceux qui lui ont fait confiance dans les urnes ?

La réponse à cette question ne sera connue que le jeudi 23 avril, mais une chose est sûre, elle déterminera plus qu’on ne le croit les capacités d’implantation future de la France insoumise sur le territoire…

Robert W. Wellnes

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Publié le 20.04.2026 à 15:12

Travailleur Alpin

Une expression qui était attendue. Ce dimanche 19 avril, Christophe Ferrari publiait une déclaration où il confirmait ne pas être candidat à sa succession à la tête de la Métropole.

Un texte qui posait également une proposition de cap : conserver une présidence et des orientations clairement de gauche, tout en ouvrant plus largement la gouvernance aux différentes composantes du territoire. Si celui qui avait tenu en 2020 à conserver une majorité et un exécutif ancrés à gauche incite aujourd’hui à faire un pas vers une forme d’ouverture, il n’en demeure pas moins que cette déclaration tranche avec l’orientation incarnée par le maire de Jarrie, lui-même candidat à la présidence.

Raphaël Gerrero assume en effet de porter un projet de « majorité territoriale » sans référentiel politique, afin d’intégrer aussi bien la gauche que la droite, comme si gestion et politique étaient deux mondes séparés hermétiquement…

Gauche et droite : inventaire de désaccords très politiques

Il suffit pourtant de se pencher sur les dernières années du mandat pour mesurer rapidement combien les valeurs politiques des uns et des autres s’incarnent sur des votes importants.

Premier exemple, hautement symbolique dans la société contemporaine : l’égalité femmes-hommes. Le 20 décembre 2024, les groupes de droite [CCM et GO, « droite républicaine » et « droite carrignoniste », ndlr] refusaient de voter le plan d’action métropolitain 2025–2027, tout comme le dispositif d’autorisations spéciales d’absences « deuxième parent », congés menstruel » et « interruption de grosses », s’alignant de fait sur le positionnement conservateur des services de l’Etat.

Second exemple, la politique du logement, dans une agglomération qui compte près de 18 000 foyers-demandeurs en attente de logement social, et où la pression foncière fait peser un coût certain. Ici, la droite s’est frontalement opposée au plan local de l’habitat 2025–2030.

« Il faut être amnésique »

Une constance que l’on retrouve dans de nombreux votes, où les élus de droite refusent de soutenir des projets, émanant y compris de communes de leur propre obédience, à l’image de l’opération initiée par l’EPFL (établissement public foncier local) au 2 rue de la République à Claix…

Ces élus ont aussi refusé de voter le financement du plan « Logement d’abord », et refusé de voter les subventions relatives à la politique de l’habitat, destinées à financer les services assurés par l’agence SOLIHA ou encore l’association Un toit pour tous… Au global, on ne compte plus les délibérations relatives à ces compétences que les élus de droite n’ont pas votées.

À de très nombreuses reprises donc, la droite s’est fermement opposée aux politiques métropolitaines concernant l’habitat, faisant dire à un élu métropolitain qu’« il faut être amnésique pour penser qu’on pourrait maintenant mener ces politiques publiques bras dessus bras dessous avec eux : ils s’y opposent sur le fond ! ».

Le RER métropolitain n’a pas besoin d’un coup de frein

Mais l’inventaire des désaccords marqués par des votes importants ne s’arrête pas là, et les questions d’écologie concrète ne sont pas en reste.

En décembre 2025, les élus de droite ont en effet refusé l’avenant à la convention de financement relative aux études préalables concernant le service express régional métropolitain (SERM), plus communément appelé RER Métropolitain.

Tout comme ils n’ont pas voté la création des réseaux de chaleur urbains sur les communes de Vizille et Varces, lors du conseil métropolitain du 11 juillet 2025…

Des votes là aussi constants, incarnés notamment par le rejet du plan climat air énergie territorial (PCAET), document-cadre récapitulant les ambitions et objectifs en terme de politiques écologiques.

Le 23 avril, la Métropole choisit sa voie

Nombre des politiques auxquelles les élus de droite se sont opposées étaient jusqu’alors conduites par des élus aujourd’hui membres du groupe NMC (« petites communes ») – à l’image des sujets relatifs au plan local d’urbanisme intercommunal, pilotés par le maire de Poisat, Ludovic Bustos. Dans ces conditions, on peine à voir comment l’intégration pleine et entière des élus de droite proposée par Raphaël Gerrero pourrait se traduire par autre chose que par un reniement en actes de nombreuses politiques publiques conduites ces dernières années… Surtout si la proposition de Raphaël Gerrero dépend, ce qui semble se dessiner, du soutien du groupe des héritiers d’Alain Carrignon et des deux élus du RN pour dégager une majorité…

A l’inverse, le maire de Seyssinet-Pariset, candidat soutenu par des communes de gauche de toutes tailles, s’il propose un respect des maires élus et de toutes les composantes du conseil métropolitain, incarne aujourd’hui une continuité et une ambition collective renouvelée sur ce qui faisait jusqu’à présent l’ADN des orientations de la Métropole.

Une Métropole qui est donc bel et bien à la croisée des chemins.

Verdict dans l’après-midi du jeudi 23 avril…

Robert W. Wellnes

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Publié le 19.04.2026 à 17:20

Luc Renaud

La météo printanière était de la partie, les militants à pied d’œuvre : toutes les conditions étaient réunies pour cette belle journée de pleine nature, le safari pêche que les communistes de la vallée organisent chaque année au mois d’avril.

Cette année, c’est dans un nouveau cadre que la manifestation était organisée. Lieu habituel de ce rendez-vous, les étangs de Montfort, à Crolles, ne sont pour l’heure plus susceptibles d’accueillir ce type de pêche, menacés par un risque de phénomène d’eutrophisation. Ce sont donc les étangs de Maupas, au Cheylas, qui ont accueilli l’édition 2026 de ce safari pêche.

Un changement de lieu, mais toujours la convivialité au rendez-vous. Et un beau succès pour les organisateurs. Quarante-neuf pêcheurs ont pu faire la démonstration leur savoir faire, une centaine de repas a été servi et le blanc de Savoie d’un petit producteur a tenu la vedette de la buvette. Sans oublier le bonheur des enfants qui accompagnaient leur famille dans un cadre idyllique.

De belles rencontres, où l’on parle politique et de beaucoup d’autres choses ; un rendez-vous qu’il convient d’inscrire dans ses tablettes.

Un samedi de pleine nature à proximité de l’Isère.
Une centaine de repas, une paella appréciée, a été servie.
La pêche, tout un art.
La buvette, pour échanger les dernières infos.
De très belles prises.
Rendez-vous l’année prochaine.

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Publié le 19.04.2026 à 12:12

Luc Renaud

Christophe Ferrari, président sortant de Grenoble Alpes métropole, ne sera pas candidat à un troisième mandat à la direction de la métropole grenobloise. C’est ce qu’il annonce ce dimanche : « je constate que les conditions politiques d’un rassemblement autour de ma candidature ne sont pas réunies. Je ne serai donc pas candidat à la présidence de la métropole ».

Cette déclaration s’inscrit dans ce qui prend la forme d’un « testament politique ». Il constate tout d’abord que « la gauche demeure aujourd’hui la force majoritaire de l’assemblée métropolitaine. Elle est donc légitime à présider la métropole et à en constituer le socle politique principal. Vouloir contourner cette réalité démocratique reviendrait à nier le verdict des urnes. »

Un socle à gauche, ouvert à la droite, propose le président sortant

C’est dans le cadre de ce constat que le président sortant se prononce pour « une majorité territoriale large, stable et cohérente, en laissant en dehors de l’exécutif métropolitain toutes les oppositions municipales, en respect des maires et de leurs équipes municipales : notamment le RN, les élus de la liste d’Alain Carignon et les élus LFI grenoblois. »

Cette « majorité territoriale », Christophe Ferrari l’oppose à une gouvernance qui associerait les forces de gauche et les petites communes : le maire du Pont-de-Claix estime «  qu’il n’existe pas, à ce stade, de dynamique suffisamment forte, de volonté suffisamment partagée pour envisager ce scénario ». Pour Christophe Ferrari, « majorité territoriale » signifie donc « un socle très majoritaire d’élus de gauche et de petites communes, et une place juste accordée à la droite et au centre droit au sein de l’exécutif et plus largement dans la gouvernance métropolitaine ». Concrètement, « cela pourrait notamment se traduire par des responsabilités confiées au centre droit et à la droite en matière de mutualisations entre les communes et la métropole, ou encore en faveur de la proximité, de la territorialisation de l’action publique, ou encore de travaux de gros entretien et de renouvellement de l’espace public pour lesquels des délégations d’élus de secteur, de toute obédience politique, pourraient être mises en œuvre ».

Si cette perspective que le président sortant appelle de ses vœux ne se concrétisait pas, « alors nous irons vers un système bloqué, lent, impuissant, où chacun cherchera à faire perdre l’autre plutôt qu’à faire gagner le territoire », prédit-il. Difficile, pourtant, d’associer une présidence de gauche et un « socle politique principal » de la métropole à gauche, avec « des responsabilités confiées au centre droit et à la droite » pour mettre en œuvre des politiques publiques de gauche.

Pour l’heure, trois candidats se sont déclarés

Le président sortant de la métropole donne également son avis sur les grands axes de ce que pourrait être les politiques mises en œuvre au cours du prochain mandat. Il cite ainsi la construction de logements, notamment sociaux ; la lutte contre la misère et l’exclusion, le développement économique ; l’entretien des espaces publics ; la transition écologique… Dans le domaine des transports, il appelle à la création d’une police des transports qui permettrait, selon lui, une augmentation de l’utilisation des transports publics.

Trois candidats se sont aujourd’hui déclarés pour succéder à Christophe Ferrari : Guillaume Lissy, maire de Seyssinet-Pariset, soutenus par les élus de gauche, Allan Brunon pour le groupe La France insoumise, et Raphaël Guerrero, maire de Jarrie, choisi pour porter la candidature du groupe Notre métropole commune auquel appartient Christophe Ferrari.

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