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Le Travailleur Alpin

Publié le 05.04.2026 à 11:16

Travailleur Alpin

Depuis la fin de la trêve hivernale au 31 mars, les expulsions reprennent de plus belle. Grenoble Habitat, office public du logement et bailleur social, a ainsi signifié son expulsion à une femme vivant seule avec trois enfants.

« Sa situation était connue des institutions depuis plus de deux ans. En effet, nous avons alerté à de nombreuses reprises sur la vulnérabilité de sa famille et des failles institutionnelles qui aboutissent aujourd’hui à cette aberration : la préfecture de l’Isère n’a pas renouvelé son titre de séjour entraînant donc une perte d’emploi et de l’intégralité de ses revenus. La procédure d’expulsion a été enclenchée sans chercher de solution au préalable. Sa situation révèle les failles quasi systématiques de la « prévention » des expulsions : comment peut-on en arriver à valider la mise à la rue d’une femme élevant seule ses trois enfants, sans ressource et avec de graves problèmes de santé ? », s’indigne le DAL 38. La mobilisation engagée par les militants du DAL38 et d’autres associations a pour l’instant empêché la police d’exécuter l’expulsion. Aujourd’hui, une solution d’hébergement devrait lui être proposée par le CCAS de la ville de Grenoble pour éviter la mise à la rue.

Jeudi 2 avril, un rassemblement de plus 80 personnes devant les locaux de Grenoble Habitat à l’appel du DAL 38, l’UL CGT Grand Grenoble et d’autres associations et citoyens de la ville a permis d’obtenir de la direction de l’office l’engagement de ne pas expulser dans les prochains jours et de voir la situation de cette personne avec le service social de la ville de Grenoble.

60 000 expulsions l’an dernier en France

« Au vu des chiffres records des expulsions de l’an dernier (60 000 personnes expulsées manu militari soit l’équivalent de la population de la ville de Chambéry), nous savons que cette situation n’est pas isolée, que de nombreux-es Iséroi-ses connaissent en ce moment la même peur de l’‘expulsion et le sentiment d’impuissance qui lui est associe. Nous serons présent-es pour les soutenir et obtenir des vraies mesures politiques pour lutter contre ce fléau : baisse des loyers et des charges, production de logements HIM pas chers, réquisition des immeubles vides et arrêtés anti-expulsion, comme l’a fait le nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko », précise le DAL.

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Publié le 04.04.2026 à 19:03

Maryvonne Mathéoud

« C’est par nos mobilisations que nous, les retraités, sommes entendus » indique Yves Richard secrétaire CGT USR Isère dans son intervention. Puis il poursuit : « en 2025 nous avons gagné l’abandon de mesures néfastes pour les retraités prévues dans le PLFSS 2026 :

  • Une « année blanche ou plutôt noire » avec le gel des pensions.
  • La suppression de l’abattement fiscal de 10 % sur le revenu.
  • Le blocage des barèmes, ce qui aurait augmenté à la fois l’impôt sur le revenu et la CSG, en particulier des plus bas revenus. Des personnes non imposables le seraient devenues et auraient perdues des prestations sociales.
  • Le gel de l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) pour les plus démunis.
  • La remise en cause partielle des ALD et le doublement du plafond des franchises médicales.

Autant de mesures dont les premières victimes sont les retraité·es à commencer par les plus fragiles. alors la lutte continue car les attaques se poursuivent aussi avec comme première mesure prise par le gouvernement : l’augmentation au 1er mars 2026 du forfait hospitalier de 15 % et le forfait patient urgence de 33 %. » Puis Yves Richard liste toutes les revendications portées par les manifestants.

« Sans jamais évoquer ni les 211 milliards d’aide publiques aux entreprises sans contrepartie ni les 100 milliards de dividendes records versés aux actionnaires en 2024, les gouvernements agitent en permanence le spectre du « déficit » de la Sécurité sociale dont ils sont les premiers responsables par leurs choix politiques ! Ce sont ces revendications légitimes que nous rappellerons à 16h30 en préfecture puisque nous serons reçus par le secrétaire général de Mme la préfète qui est trop occupée pour nous recevoir directement. »

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« Nous disons non à l’abandon de la loi grand âge, indique Jacques Fogliarini de la FGR-FP retraités fonction publique. En 2025, l’Assemblée nationale vote le principe d’une loi qui prend en compte les besoins. Elle défend la nécessité d’une loi de programmation en termes de financement et de création d’emplois. Ce vote sera ignoré par le gouvernement et il n’aura aucune suite. Ainsi, le président de la CNSA a dénoncé, concernant la Branche autonomie, l’abandon de l’objectif de 50.000 postes ETP en Ehpad prévus pour 2030. Cela indique donc la volonté gouvernementale de ne plus financer les besoins des personnes âgés qui seront en nombre croissant… puis il développe les répercutions de cet abandon. «  La situation est grave : notre santé est en danger ! Exigeons des budgets à la hauteur des besoins ! Refusons cette politique d’austérité imposée ! », conclut Jacques Fogliarini

Pour Jacques Agnès (Fédération syndicale unitaire), le collectif intersyndical lutte pour le pouvoir d’achat des retraités qui se dégrade. Le pouvoir d’achat de nos pensions et retraites ne cesse de diminuer depuis plusieurs décennies alors que la rémunération du capital augmente de façon faramineuse.

Jacques Agnes.

« Bien au rebours de l’image que veulent donner certains médias laquais d’un pouvoir politique lui-même valet des milliardaires et multimillionnaires, profiteurs parasites des richesses créées par les travailleurs de notre pays, les retraités ne sont pas des nantis, mais connaissent comme les travailleurs actifs, une paupérisation grandissante. Les causes de cette paupérisation croissante des retraités sont multiples. »

Pour Pierre Brocard du Syndicat retraité.es CGT de Bourgoin-Jallieu décrit la situation inquiétante pour nombre de retraités ou de citoyens plus jeunes, face à l’accès aux soins.

Les attentes spécifiques de la journée d’action, à savoir l’accès au système de santé, et la prise en charge du droit à l’autonomie sont mis à mal par la politique du gouvernement.

Le secteur dispose d’un cabinet de ville dénommé  »sept sur sept », ce dispositif a le mérite d’exister, mais il ne peut en aucune façon, pourvoir au manque de médecin référent.

Au fil de la manifestation.

Les organisations du groupe des 9 exigent :

  • Un service de santé public permettant à toutes et tous de se soigner sans avoir à faire des choix.
  • L’abandon du doublement des franchises médicales.
  • Le maintien des droits familiaux et conjugaux, indispensables pour compenser en partie les
  • inégalités entre pensions féminines et masculines.
  • L’indexation des pensions à minima sur l’inflation au 1er janvier 2026.
  • La revalorisation des pensions indexées sur le salaire moyen.
  • Le maintien de l’abattement fiscal de 10%.
  • Le maintien et le développement des services publics sur l’ensemble du territoire

Une délégation a été reçue par par le chef de cabinet de la préfète et par une assistante qui a pris des notes. Mme la préfète était en réunion des préfets à Paris.

Monsieur M. Diarra s’est dit à l’écoute des représentants syndicaux et associatifs, en poursuivant son propos par le fait que selon les chiffres de l’ONDAM, les frais de santé étaient en constante augmentation et qu’il y avait d’autres priorités budgétaires.

La délégation a contesté cette affirmation en rappelant la perte de pouvoir d’achat des retraités. « Au cours des 10 années antérieures cette perte équivaux à 4 mois de pension se qui entraine de nombreuses et nombreux retraités dans la précarité. 30 % des retraités perçoivent moins de 100 euros par mois.» argumente Yves Richard.

Jacques Agnès fait référence à la non augmentation du point d’indice dans la fonction publique. Il rappelle également que pour beaucoup de retraités la charge d’une mutuelle santé représente un mois de retraite sur un an ce qui est énorme.

Il a été rappelé que la situation actuelle de la Sécurité sociale provenait du manque de recettes. En effet 211 milliards d’aides et d’allègement de cotisations sociales, ainsi que le travail non déclaré sont des cotisations en moins pour la Sécurité sociale. Les abus en matière de dépenses dont le gouvernement fait état restent marginaux.‘

La présidente de LSR évoque les petites retraites de nombreuses femmes, qui ont subi des carrières discontinues et des salaires inférieurs à celui des hommes. L’accès à la culture et aux loisirs est un facteur important pour vivre sa retraite en bonne santé

Jacques Fogliarini de la FGR-FP a développé largement un argumentaire sur la situation des EHPAD et de leur financement. Le coût est exorbitant pour bon nombre de retraités.

Les membres de la délégation ont unanimement déploré les problèmes liés à l’accès aux soins, le besoin de créations et de sauvegarde des centres de santé, les dépassements d’honoraires et l’augmentation des cotisations des mutuelles complémentaires qui est inévitable dans ce contexte de désengagement de la Sécurité Sociale sur les remboursements de santé.

Sans oublier d’évoquer le problème de l’accès aux services publics et les difficultés pour les retraités avec le tout numérique.

Le groupe des 9 (L’UCR-CGT, FO-UCR, CFTC retraités, CFE-CGC, FSU, SOLIDAIRES retraités, FCR (Confédération française des retraités), LSR (Loisirs et solidarité des retraités, créée à l’initiative de la CGT), Ensemble & Solidaires-UNRPA (Union nationale des retraités et des personnes âgées.

Place de Verdun, devant la préfecture de l’Isère.

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Publié le 04.04.2026 à 18:19

Edouard Schoene

Une des premières manifestations autour du 90e anniversaire du Front populaire s’est tenue à Fontaine. 1936 : le grand tournant, le film documentaire d’Henri de Turenne (1970) a donné à voir une période historique mouvementée, 1934–1939, avec la montée de l’extrême droite et la tentative de coup d’état de février 1934 en France, Mussolini en Italie, Hitler en Allemagne. Le front populaire est traité dans toute sa complexité, ses grèves, ses avancées sociales et sa défaite.

Thibaud Fréchet, président du Fil rouge, et Claire Tranchant, de la Société des levctrices et lecteurs de l’Humanité.

Le débat qui a suivi a été l’occasion d’allers et retours entre cette période historique et le présent chargé des menaces d’extrême droite. La soirée était l’occasion de la présentation de la publication conjointe de l’Humanité, Blast, Street press, les Inrockuptibles, Radio Nova  intitulée Front commun contre l’extrême droite diffusée à plusieurs centaines dans l’agglomération dont 70 à Fontaine, un événement de la presse indépendante rassemblée.

Thibaud Fréchet, président du Fil rouge, association qui est connue en Isère pour une vaste production de films documentaires, notamment, annonçait que cette séance de ciné club se poursuivrait les mois prochains par d’autres soirées cinéma.

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Publié le 03.04.2026 à 20:18

Manuel Pavard

Les élections municipales sont terminées depuis quasiment deux semaines maintenant, pourtant aucune date n’a encore été fixée pour la séance d’installation du nouveau conseil métropolitain. Seule certitude : celle-ci devra obligatoirement se tenir au plus tard le vendredi 24 avril. Problème, le flou entourant le calendrier facilite la multiplication des rumeurs et bruits de couloir concernant le futur exécutif métropolitain et par dessus tout le nom du successeur de Christophe Ferrari à la présidence de Grenoble-Alpes Métropole.

Le prochain conseil métropolitain doit être installé d’ici le 24 avril.

Sur le papier, la gauche semble avoir toutes les cartes en main. « Les élections municipales des 15 et 22 mars ont confirmé une réalité politique claire : les idées progressistes sont majoritaires sur le territoire de Grenoble-Alpes Métropole. Une majorité des habitantes et habitants sera administrée par des municipalités de gauche et écologistes », souligne ainsi le groupe Communes, coopération et citoyenneté (CCC), dans un communiqué daté du vendredi 3 avril.

« Ce résultat traduit une attente forte : celle d’une gauche utile, rassemblée et capable d’agir concrètement pour améliorer la vie quotidienne. »

« Les équipes municipales rassemblées autour des maires communistes Amandine Demore à Échirolles et David Queiros à Saint-Martin‑d’Hères ont été largement reconduites, ajoute-t-il. Ce résultat traduit une attente forte : celle d’une gauche utile, rassemblée et capable d’agir concrètement pour améliorer la vie quotidienne. » Mais si les élus communistes et apparentés à la Métropole ont décidé de s’exprimer, ce n’est pas pour verser dans l’auto-satisfaction.

Amandine Demore a été largement élue à Échirolles.

Chat échaudé craint l’eau froide en effet. Car tout le monde a en mémoire le précédent de 2020. Soutenu par Éric Piolle et la majeure partie de la gauche et des écologistes, Yann Mongaburu avait finalement été battu par Christophe Ferrari, réélu grâce aux voix de la droite. Un casus belli originel dont la gauche locale, ressortie profondément fracturée de l’épisode, ne s’était jamais remise. Et qui avait conduit le maire de Grenoble et le président de la Métropole à s’affronter durant une grande partie de la mandature.

Pour les communistes, pas question de revivre ces sombres années et de laisser de nouveau la droite jouer les arbitres. Avec « une situation internationale de plus en plus préoccupante », associée aux « politiques d’austérité menées par le président Emmanuel Macron », la Métropole doit être « protectrice », affirment-ils. Et de poursuivre : « Alors que la métropole a renforcé ses compétences et ses moyens d’action, nous refusons une métropole technocratique, éloignée des communes et des habitants. Elle doit désormais engager une nouvelle phase de démocratie territoriale et de proximité avec les élus communaux. »

« Notre groupe proposera une candidature à la présidence »

Les élus communistes et apparentés appellent donc à « rassembler les progressistes » et à construire « une majorité métropolitaine claire et déterminée, autour de priorités fortes ». Parmi elles, la défense des services publics, un développement équilibré entre les territoires, une plus grande place données aux communes dans les décisions métropolitaines, « des politiques ambitieuses pour répondre à l’urgence sociale et écologique », et une vraie politique de mobilité « mêlant investissement et gratuité ».

Qui succédera à Christophe Ferrari à la présidence ?

Le futur groupe lance également un appel à « toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans une gauche de transformation, écologiste et solidaire », afin de « proposer une candidature à la présidence de la Métropole ». Les communistes présenteront ainsi des noms aptes à défendre ce projet collectif au premier tour du scrutin métropolitain, mais d’autres — à condition de souscrire aux priorités précitées — pourront aussi incarner cette large candidature. Laquelle sera « porteuse d’un projet clair : une métropole plus juste, plus écologique et pleinement au service des communes et de leurs habitantes et habitants ».

Les quinze élus communistes et apparentés du futur groupe métropolitain

Amandine Demore (maire d’Échirolles), David Queiros (maire de Saint-Martin‑d’Hères), Zaim Bouhafs
(Échirolles), Eva Cantero (Échirolles), Brahim Cheraa (Saint-Martin‑d’Hères), Claudine Didier (Fontaine),
Aurélien Farge (Échirolles), Isabelle Gmira (Échirolles), Diana Kdouh (Saint-Martin‑d’Hères), Pierre Labriet
(Échirolles), Alexis Monge (Grenoble), Isabelle Peters (Grenoble), Lencka Popravka (Échirolles), Jérôme Rubes
(Saint-Martin‑d’Hères), Michelle Veyret (Saint-Martin‑d’Hères).

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Publié le 03.04.2026 à 19:10

Manuel Pavard

« Ce sont les montagnes russes », reconnaissent Séverine Dejoux et Olivier Six. Au fond du trou il y a une semaine, les porteurs du projet Exalia sont aujourd’hui « au sommet de la montagne »… Tout en ayant conscience de pouvoir « redescendre très vite demain ». En attendant, l’ancienne déléguée CGT de Vencorex et le PDG de CIC Orio savourent cette réunion qui s’est « très bien passée », ce vendredi 3 avril, à Bercy.

Lors des assises du Made in France, le ministre de l’Industrie Sébastien Martin s’était engagé, devant Sophie Binet, à réunir tous les acteurs du projet Exalia à Bercy, la semaine suivante.

Comme il l’avait annoncé lors de sa venue aux assises CGT du « Made in France », le 26 mars, à Pont-de-Claix, le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a réuni l’ensemble des acteurs : les porteurs de projet donc, les représentants de la Métropole et de la Région, le sous-préfet, le directeur de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), la BPI, la Caisse des dépôts et consignations, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet… L’objectif ? Redonner vie au projet de renaissance industrielle de la plateforme chimique de Pont-de-Claix, rejeté le 25 mars par le tribunal des activités économiques de Lyon (ex-tribunal de commerce), au profit du ferrailleur drômois All Metal.

Des discussions avec le ferrailleur la semaine prochaine

Ce dernier — dont un représentant était également présent à Paris, sans mandat pour négocier — s’était ainsi vu attribuer la totalité des structures et équipements métalliques, des métaux et des installations industrielles, les juges cédant par ailleurs une partie du foncier à Suez et PDC Chemical (filiale française du groupe chinois Wanhua, repreneur de Vencorex) et l’électrolyseur à la société Vynova, dans l’est de la France. Un énorme coup de massue pour les promoteurs d’Exalia, qui dénonçaient une décision « totalement incompréhensible » et purement « financière », sans logique industrielle.

Décidés à épuiser toutes les voies de recours, le trio des porteurs de projet — Séverine Dejoux, Olivier Six et le président de la Métropole Christophe Ferrari — avaient évoqué initialement un potentiel recours de la procureure générale. Solution qui s’est avérée finalement impossible sur le plan juridique. Tout reposait donc sur la réunion parisienne de ce vendredi. Unanimement convaincus de la « solidité du projet », selon Olivier Six, les différents acteurs se sont surtout accordés sur la mise en place, dans les prochaines semaines, « de solutions techniques et opérationnelles qui permettent de financer le portage de la période de transition ».

Les trois porteurs de projet désabusés le 25 mars, à Pont-de-Claix… avant de reprendre confiance moins de dix jours plus tard.

Pour justifier son regain d’optimisme, l’industriel grenoblois cite un échange avec Sébastien Martin. Lorsqu’il s’est inquiété de la « deadline » concernant le saumoduc et la mine de sel de Hauterives, le 31 mai prochain, le ministre de l’Industrie lui a répondu : « On aura une solution bien avant ! » Si rien n’est encore acquis, Séverine Dejoux informe ainsi que « des discussions seront menées avec le ferrailleur la semaine prochaine ».

« Dans deux semaines, soit le projet est sûr, soit on devra arrêter »

C’est bien là en effet que se situe tout l’enjeu. Si les offres de Suez ou Vynova étaient complémentaires de celle d’Exalia, aujourd’hui, « le gros du sujet, c’est le ferrailleur », confirme Olivier Six. Car c’est bien « lui qui est propriétaire des installations ». Quid des délais pour conclure un accord ? « Il faut aller très vite, répond le dirigeant de CIC Orio. Mon avis, c’est que dans deux semaines, soit le projet est sûr, soit on devra arrêter. On a des salariés [NDLR : anciens de Vencorex] qui arrivent en fin de droit au chômage et risquent de se retrouver au RSA. Et mon groupe a déjà investi plus d’1 million d’euros. »

Olivier Six et Séverine Dejoux vont maintenant tout faire pour parvenir à « une solution fiable et définitive » courant avril. Côté financier, ils ne souhaitent pas donner trop de détails. « Mais on a des pistes de financement à court terme », assure la syndicaliste. Et si tous deux restent prudents et « mobilisés », on les sent revigorés. L’espoir renaît.

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Publié le 03.04.2026 à 13:56

Manuel Pavard

Édouard Schoene et son avocat, Me Bernard Schmid, espéraient voir l’instruction se poursuivre, trois ans après les odieuses inscriptions antisémites, anticommunistes et pro-nazies découvertes dans la nuit du 18 au 19 mars 2023, dans le jardin de son domicile, à Fontaine. Las, l’arrêt rendu ce jeudi 2 avril par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble est venu en partie doucher les espoirs du militant et ancien élu communiste fontainois. « Les appels formés par Édouard Schoene et son conseil doivent […] être déclarés irrecevables », indique-t-elle en effet.

Edouard Schoene et Me Schmid souhaitent que la justice enquête sur les éléments incriminant potentiellement Franck Sinisi.

Ceux-ci avaient interjeté appel de l’ordonnance de non-information rendue le 20 août 2025 par la juge d’instruction, qui rejetait leur plainte avec constitution de partie civile. Ce qui avait conduit à une convocation devant la cour d’appel le 10 février — avec une trentaine de manifestants présents sur place en soutien. Audience au cours de laquelle Me Schmid avait contesté les arguments de la juge d’instruction sur une prétendue absence de qualification pénale. « J’ai cité dans la plainte des articles de la loi sur la liberté de la presse pour l’incitation à la haine raciale et l’apologie de crime contre l’humanité. Et un article du code pénal pour les menaces de mort », avait indiqué l’avocat.

« Avec mon avocat, Bernard Schmidt, nous pensons lancer une nouvelle procédure de constitution de partie civile, sur la base de ma plainte de novembre dernier (sur de nouveaux faits antisémites). »

Mais la présidente et surtout l’avocate générale s’étaient, elles, abritées derrière un point de procédure, cette dernière reprochant à Édouard Schoene d’avoir déposé son dossier au greffe du tribunal judiciaire et non de la cour d’appel. Et malheureusement, c’est ce vice de forme qu’a invoqué la juridiction pour rejeter sa demande, ce jeudi 2 avril, refusant d’examiner le fond de l’affaire. La cour d’appel estime ainsi dans son arrêt que les déclarations d’appel de Me Schmid et son client « ne sont pas conformes aux prescriptions des articles du code de procédure pénale ».

Une trentaine de militants et sympathisants (du PCF, du MRAP, de la LICRA) étaient venus soutenir Edouard Schoene, le 10 février, avant l’audience à la cour d’appel.

Déçu de cette décision, Édouard Schoene n’entend pas pour autant abandonner. « Avec mon avocat, Bernard Schmidt, nous pensons lancer une nouvelle procédure de constitution de partie civile, sur la base de ma plainte de novembre dernier (sur de nouveaux faits antisémites) », annonce-t-il. Il s’agit en effet de nouveaux tags antisémites et haineux retrouvés, le 16 novembre 2025, sur la porte de la salle accueillant le meeting de la liste d’union de la gauche « Fontaine nous rassemble », conduite par Claudine Didier, qui lançait sa campagne municipale ce jour-là. Des inscriptions qui ciblaient à la fois la France insoumise… et Édouard Schoene, lequel avait déposé plainte dès le lendemain.

Franck Sinisi devant le tribunal correctionnel le 10 avril

Pour ces faits comme pour ceux de 2023, le militant PCF a un suspect dans le viseur : l’ancien élu d’extrême droite Franck Sinisi, dont l’ombre plane sur l’ensemble des actes antisémites et racistes commis ces dernières années à Fontaine. Un personnage au profil particulièrement sulfureux, déjà condamné pour incitation à la haine raciale en 2017, après avoir proposé, en plein conseil municipal, de « récupérer les dents en or » des Roms. Ce qui lui avait valu d’être exclu du FN, avant de rejoindre Civitas.

Surtout, Franck Sinisi comparaîtra de nouveau devant le tribunal correctionnel de Grenoble le 10 avril prochain, pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion ». Il est cette fois mis en cause dans l’affaire des inscriptions racistes et des ossements de porc découverts devant une salle de prière musulmane de Fontaine, le 19 septembre 2025. Son ADN ayant été retrouvé sur l’un des os, il avait été placé en garde à vue le 13 janvier dernier.

Les os de porc et le saucisson retrouvés devant une salle de prière musulmane, à Fontaine, le 19 septembre 2025.

Bien sûr, Franck Sinisi reste « présumé innocent » à ce stade, rappelle Me Schmid. Lequel évoque néanmoins « des indices concordants dirigeant les soupçons » vers l’ex-conseiller municipal d’extrême droite. Pour lui comme pour Édouard Schoene, aucun doute, il s’agit « évidemment du même auteur » dans cette sombre série. D’où leur espoir de voir enfin la justice lancer de véritables investigations et notamment « une expertise graphologique ». Me Schmid fera d’ailleurs face à Franck Sinisi dès le 10 avril, cette fois en tant qu’avocat du MRAP.

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Publié le 02.04.2026 à 10:54

Luc Renaud

« La mobilisation doit continuer jusqu’à la fin de la procédure et l’abandon de toute sanction », insiste Damien Bagnis, secrétaire de l’union syndicale départementale CGT santé.

Baptiste Anglade, éducateur spécialisé et syndicaliste CGT, est en effet convoqué le 16 avril devant le délégué du procureur de la République, pour un « classement sous conditions en vue d’un avertissement pénal probatoire ». Autrement dit, une procédure débouchant sur la reconnaissance de sa culpabilité, ce à quoi Baptiste Anglade évidemment se refuse.

Ce que qu’on lui reproche ? Une activité syndicale, tout simplement. Le 10 septembre dernier, Baptiste Anglade avait participé à un piquet de grève devant Ocellia, un institut de de formation en travail social implanté à Echirolles, pour soutenir étudiants et salariés en lutte. La direction de l’établissement a porté plainte pour « intrusion », accusant le syndicaliste d’être un « fauteur de troubles ».

Le 5 février, Baptiste Anglade était convoqué au poste de police d’Echirolles et un rassemblement de soutien était organisé avec la participation d’une cinquantaine d’organisations et plus de 120 personnes venues dénoncer la répression antisyndicale.

Damien Bagnis, secrétaire de l’union syndicale départementale CGT santé.

Damien Bagnis appelle aujourd’hui à la poursuite de la mobilisation. « Tous les soutiens ont dénoncé une tentative de criminalisation de l’action syndicale et une volonté claire d’intimidation envers les travailleurs et les étudiants mobilisés », écrit le secrétaire de l’USD santé CGT. Il précise que de nombreux « courriers de soutien ont été envoyés à la direction générale et à la direction locale d’Ocellia par des syndicats et collectifs du secteur social, en Isère et dans toute la France ». Damien Bagnis souligne que « cette répression ne vise pas un militant isolé mais l’ensemble du mouvement social » et exige, avec l’ensemble des soutiens qui se sont exprimés, « l’arrêt immédiat de la procédure ».

« Il est encore temps pour la direction d’Ocellia de retirer sa plainte », conclut le dirigeant syndical.

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