Publié le 22.08.2026 à 15:48
Luc Renaud
Jean Giard est décédé à l’hôpital de Grenoble dans la matinée du 21 août, à la veille de son centième anniversaire.
Il était né le 30 septembre 1926, à Paris. Dès l’âge de dix ans, il entra au petit séminaire de Saintes (Charente-Maritime) et poursuivit sa formation religieuse au grand séminaire de L’Houmeau. Il se rapprocha alors de la Mission de France, qui regroupait des catholiques soucieux d’une intervention au sein de la classe ouvrière. À l’issue d’un stage à Montceaux-les-Mines, embauché comme maçon, il devint secrétaire du syndicat CGT puis dirigeant de l’union locale de 1952 à 1953.
Le Vatican ayant décidé de fermer le séminaire de la Mission de France pour cause de dérive progressiste, il se vit fermer la possibilité d’être ordonné prêtre-ouvrier. « C’est plus l’Église qui m’a quitté que moi ai quitté l’Église ! En renonçant aux prêtres ouvriers, j’ai pensé qu’elle trahissait une de ses missions fondamentales… », disait-il.
En 2023, lors du banquet républicain organisé par les Société des lecteurs et lectrices de l’Humanité. De gauche à droite, Jean-Louis Millet, François Perez, Alain Boeuf, Charles Rollandin et Jean Giard.Il se maria le 7 février 1953 avec Françoise Chapuis, alors ouvrière dans la métallurgie de Montceau-les-Mines, et le couple s’établit ensuite à Grenoble. Jean Giard, ouvrier du bâtiment, fut licencié pour activité syndicale : il devint secrétaire de l’union locale CGT en 1956.
C’est en 1954 que Jean Giard adhéra au PCF, parti au sein duquel il assuma rapidement des responsabilités : membre du secrétariat fédéral dès 1961, chargé des ingénieurs, cadres et techniciens et des nouvelles technologies, secrétaire des communistes grenoblois en 1963. Candidat à des différentes élections à Grenoble, il fut élu en 1977 avec la liste conduite par Hubert Dubedout et adjoint aux finances de la ville de 1977 à 1983 puis siégea dans l’opposition aux municipalités Carignon jusqu’en 1995. Il fut élu député de 1986 à 1988, à l’occasion du scrutin législatif organisé à la proportionnelle départementale.
« Pour ma part, je l’ai connu un soir de janvier 1955, au cours d’une modeste réunion publique qu’il animait portant sur l’affrontement militaire qui s’amorçait en Algérie. Nous avons ensuite beaucoup défilé, distribué, collé des affiches, organisé de multiples réunions, débats, colloques et autres soirées culturelles, colloques et animations », se souvient François Perez.
En septembre 1921, Jean Giard participait à une rencontre à la fédération du PCF sur le thème du bien vieillir.Jean Giard quitta le bureau fédéral du PCF en 1990. En avril 1991, il participa à la création du mouvement Refondations puis devint l’un des animateurs de la coordination nationale des « refondateurs communistes ». Il démissionna du PCF en 1994 tout en participant, dès 1992, à la création du mouvement Go citoyenneté qui se donnait l’objectif de ramener la gauche gauche à la direction de la ville en 1995 – ce qui fut fait avec l’élection du socialiste Michel Destot.
« Il est toujours resté un observateur très attentif de la vie politique », témoigne Jean-Louis Millet, qui fut l’un de ses proches collaborateurs à la mairie de Grenoble, de 1977 à 1983. Jusque dans ses derniers mois, Jean Giard suivait avec assiduité les confrontations d’idées, par exemple « lors des débats du congrès du PCF en juin dernier ». « Il s’était engagé dans la campagne municipale de Laurence Ruffin », rappelle Jean-Louis Millet. « En mars 2026, Jean Giard s’inquiétait encore des résultats des élections municipales Grenoble et soutenait ardemment la liste de rassemblement conduite par Laurence Ruffin », renchérit François Perez. Chaque jour, il lisait la presse quotidienne. Et « il suivait chaque étape du Tour de France à la télé. », sourit François.
Jean Giard et Yannick Boulard à la fête du Travailleur alpin, en juin 1983.Toujours syndiqué à la CGT, Jean Giard s’était en outre investi dans le tissu associatif en occupant la vice-présidence France Alzheimer Isère. Il créa l’association Alerte 38 dont la raison d’être est la promotion de la citoyenneté des personnes âgées et du vivre ensemble intergénérationnel. Jean Giard, parmi les nombreux ouvrages dont il fut l’auteur ou le co-auteur, avant publié en 2018 Vieillissement et citoyenneté, aux éditions l’Harmattan. Ainsi en janvier 2026, « il a offert son témoignage à des étudiants brésiliens venus prendre part à un colloque sur le grand âge organisé par l’université de Grenoble », note François Perez.
Ceux qui l’ont connu garderont le souvenir d’un homme « d’une très grande modestie et d’une brillante lucidité », souligne Jean-Louis Millet. Un homme qui savait se ressourcer dans la nature, et plus particulièrement dans le Vercors dont il était tombé amoureux. « C’était un grand voyageur », dit encore Jean-Louis Millet. L’Afrique, l’Asie, l’Europe… une curiosité qui l’amenait par delà les frontières.
À ses enfants, Claire, Thérèse et Jean-Pierre, la rédaction du Travailleur alpin présente ses condoléances attristées.
À l’heure où nous écrivons ces lignes, la date des obsèques de Jean Giard n’était pas encore connue.
Le 10 décembre 2025, Jean-Louis Millet, François Perez et Jean Giard.
Jean Giard aux côtés d’Yvette Anselmet, lors d’un débat sur la sécurité sociale le 11 octobre 2025.Cet article Ancien député de l’Isère, Jean Giard nous a quittés est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 21.08.2026 à 20:09
Luc Renaud
Un chiffre. « Quand j’ai été embauché, en octobre 2017, nous étions dix bouchers pour un chiffre d’affaires de 40 000 euros par mois ; aujourd’hui, nous sommes sept, pour un chiffre de 55 à 60000 euros », témoigne Jean-Michel Gatta, délégué CGT. Une croissance du chiffre de l’ordre de 40 %, avec une inflation sur la période de 21,31 %… et une diminution d’un tiers du nombre de salariés employés.
On comprend dans ces conditions que la charge de travail augmente. De même que les dividendes versés aux actionnaires, majoritairement à la famille Despinasse – qui compte parmi les grandes fortunes de France – : la CGT a calculé que « les 116 millions d’euros versés aux actionnaires ces trois dernières années […] correspondent à une ponction de plus de 19 000 € par salarié et par an. » Le syndicat en tire une conclusion : « Il y a largement de quoi satisfaire nos revendications ».
Jean-Michel Gatta, délégué CGT des boucheries Despi en Isère.Une prise de position qui semble partagée par les quelque deux mille salariés et apprentis que comptent les boucheries Despi dans les trois cents étals du pays. Le 15 août dernier, ils étaient appelés à la grève. 70 % d’entre eux ont pris part au mouvement. Plusieurs établissements ont compté 100 % de grévistes, comme la boucherie Despi de Grand frais, à Crolles.
Les revendications, ce sont notamment une augmentation des salaires, reconnaissant tout à la fois la pénibilité et les technicité du métier de boucher d’aujourd’hui. « Nos salaires, même si c’est difficile à estimer tant les conditions sont variables en fonction des magasins et des postes de travail, c’est de l’ordre de 1600 euros nets par mois », précise Jean-Michel Gatta. Un peu plus que le SMIC – 1 477,93 net mensuels depuis le 1er juin dernier –, mais loin des réalités du métier. « Nous travaillons dans les chambres froides, nous portons du poids, nous avons la responsabilité des normes d’hygiène et de traçabilité, nous mettons en œuvre des techniques de découpes et de présentation… » Jean-Michel Gatta ajoute immédiatement que « ça fait partie du jeu, du métier, mais ça doit être reconnu », comme doivent l’être l’augmentation des charges de travail apparues ces dernières années avec l’orientation choisie du « travail artisanal » dans la préparation des viandes. « Pour les brochettes, par exemple, nous découpons les viandes et les légumes, nous les marinons, nous les fabriquons… on est loin des procédés industriels d’il y a une dizaine d’années et c’est tant mieux ».
A Crolles, la grève a été suivie à 100%.Ce que demande la CGT, c’est dont une augmentation générale des salaires de 5 % pour rattraper une partie du pouvoir d’achat perdu – la direction voudrait s’en tenir à l’augmentation prévue par la convention collective de 1,5 % tandis que le SMIC a augmenté de 2,41 % au 1er juin.
Mais le syndicat met aussi en avant la dégradation de la santé des salariés qu’il estime due à la dégradation des conditions de travail. « Nous sommes partout en sous-effectifs, insiste Jean-Michel Gatta, par le passé, nous avions des inaptitudes au travail constatées à partir de 55 ans ; aujourd’hui, ça arrive à 40 ans, voire moins. »
La CGT prévient : « en l’absence d’avancées et de réponses satisfaisantes de la direction, […] des actions sont prévues dans les prochains mois et un appel à la grève est renouvelé jusqu’au 31 décembre 2026. »
Ce 15 août, une mobilisation visible.Les boucheries Despi constituent l’un des trois piliers des magasins que l’on connaît sous la bannière « Grand frais » – tout en étant présentes sous d’autres enseignes. Des « marchés couverts » que l’on trouve dans trois cents communes du pays dont onze en Isère (Crolles, Echirolles, Salaise-sur-Sanne, Voiron, Bourgoin…)
Despi, ce sont les étals de viande, la distribution alimentaire fraîche est gérée par la société Prosol, tandis que l’épicerie est un secteur dévolu à Euro Ethnic Foods – trois affaires au départ familiales.
En décembre dernier, Prosol a changé de mains – une opération à quatre milliards d’euros. C’est désormais le fonds de pension américain Apollo qui détient 70 % des actions de la société. Apollo n’est pas inconnu en France. Le fonds est détenteur d’actions de l’équipementier aéronautique Latécoère, il a échangé une partie des dettes de Vallourec contre des actions ensuite revendues à Arcelor-Mittal pour près d’un milliard d’euros, il est encore actif dans des montages financiers avec Air France, EDF ou TotalEnergie. Il était l’actionnaire de référence de Kem one dans la chimie lyonnaise depuis 2021 avant de s’en retirer en juin dernier.
L’annonce de cet accord avec le fonds américain indique que vingt-cinq nouveaux magasins Grand frais pourraient ouvrir d’ici l’année prochaine, sur des sites de magasins Gifi, comme à Pont-de-Beauvoisin.
Prosol n’est pas seul concerné dans ces évolutions des périmètres de propriétés du capital. En juin 2024, la famille Despinasse avait mis en vente les boucheries Despi. Le projet a depuis été abandonné. Reste aujourd’hui à savoir si l’arrivée du fonds américain en position dominante au sein de la structure de Grand frais ne va pas rebattre les cartes.
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Publié le 20.08.2026 à 18:08
Luc Renaud
Le chiffre force le respect. 800 enfants, plus d’une cinquantaine d’accompagnateurs. La fédération de l’Isère du Secours populaire avait vu les choses en grand pour cette journée des oubliés des vacances qu’elle organise chaque année – comme l’ensemble des fédération de l’organisation solidaire. D’autant que ce n’est pas la seule initiative prise cet été. Comme le rappelait Nabil Chetouf, secrétaire général de la fédération, il faut encore compter avec les « journées bonheur ». Là ce sont les comités locaux de l’organisation qui sont à la manœuvre. Bilan, six à sept enfants et leurs familles qui ont pu bénéficier d’une sortie à la journée au cours de l’été. « Nous sommes une des seules organisations à rester ouverte l’été », note Nabil Chetouf tout à la fois pour s’en féliciter et pour le regretter, tant sont nombreux les enfants privés de vacances – un sur trois au niveau national.
Nabil Chetouf, secrétaire général de la fédération de l’Isère du Secours populaire français.Ce 19 août, la journée des oubliés des vacances avait pris ses quartiers dans le parc Walibi, aux Avénières, dans le Nord Isère. Une habitude prise depuis plusieurs années, toujours récompensée par les sourires et les émerveillements devant les manèges et autres attractions spectaculaires.
Et des bénévoles heureux de pouvoir ouvrir un coin d’aventure dans un quotidien qui ne sourit pas tous les jours. « Ce n’est qu’une journée, bien sûr, mais c’est une journée que les enfants pourront raconter à leurs copains lorsqu’on leur posera la question à la rentrée : « et toi, qu’est-ce tu as fait pendant les vacances ? » »
70000
euros
C’est le budget consacré à l’organisation des cette journée par la fédération de l’Isère du Secours populaire français. Il comprend notamment les entrées payées au parc Walibi, le transport en cars, le petit-déjeuner et le goûter.
Lors de la présentation à la presse de cette initiative, Nabil Chetouf insistait sur le développement de la précarité – dont les enfants comptent parmi les premières victimes – qui induit toujours davantage d’engagement de la part des bénévoles du Secours populaire. Ce dont se félicitait Jean-Yves Brenier, président de la communauté de communes des Balcons du Dauphiné, pour qui le Secours populaire « intervient en complément des politiques publiques » — de quoi confirmer que les dites politiques ne sont pas à la hauteur. En soulignant que le proportion d’un enfant sur trois qui ne part pas en vacances « ne s’améliore pas », le sénateur Guillaume Gontard évoquait les congés payés – dont c’est cette année le 90e anniversaire – pour relever que « l’État doit aujourd’hui d’engager pour assurer le droit aux vacances pour tous » en citant les colonies de vacances : « le moyen de créer du lien social, d’apporter aux enfants une autre perspective que celle des yeux rivés sur les écrans des réseaux sociaux », disait-il.
Guillaume Gontard, sénateur apparenté écologistes de l’Isère.Cette journée des oubliés des vacances ne résume pas, loin s’en faut, le bouillonnement estival de l’activité du Secours populaire. Elle était réservée aux enfants, sans leurs parents, pour permettre aux uns comme aux autres de souffler un peu, aux côtés des « journées bonheur » destinées aux familles. D’autres dispositifs de solidarité sont à l’œuvre, comme ces aides directes, par le biais d’un partenariat avec l’Agence nationale pour les chèques-vacances qui ont permis à une centaine de familles de partir en vacances. Des aides ont encore permis à une cinquantaine d’enfants de séjourner en colonie tandis qu’un séjour est programmé pour le mois d’octobre à l’attention des seniors. Et il faut également citer les collectes de solidarité pour les sinistrés des incendies mais aussi au profit du peuple cubain, entre autres, et les villages « Copains du monde » organisés par le Secours populaire au niveau national en Arménie, à Cuba ou en Chine.
Elus, responsables du parc et bénévoles du Secours se sont retrouvés pour la présentation de cette journée.
Prendre de la hauteur pour un grand frisson.
Le petit train, un indémodable.
Les montagnes russes et leurs cris d’effroi.


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Publié le 18.08.2026 à 19:30
Didier Gosselin
Depuis la canicule historique débutée en juin 2026 et ce qui s’en est suivi en matière de feux durant tout l’été, la place de l’Office national des forêts dans la lutte contre les feux n’a jamais été évoquée, ni par les médias, ni par les politiques. Pour David Druesne, il n’y a rien d’étonnant à cela puisque l’ONF est dans la ligne de mire des politiques européennes de soumission des services publics à « la concurrence libre et non faussée », et que le même ONF subit d’autre part depuis plus de vingt ans une transformation juridique, sociale et économique, avec une baisse des moyens et un développement de l’emploi contractuel de droit privé. Une transformation visant à mettre cette institution en concurrence avec des entreprises privées, tout en l’orientant vers une disparition en tant qu’entité publique nationale au profit d’une absorption par la régionalisation ou la départementalisation. Une logique que combat la CGT qui promeut un véritable service public national de gestion de la forêt.
David Druesne insiste sur le fait que dans son syndicat CGT ONF/Droit privé, les syndicalistes mandatés s’attachent à « garder un lien avec le terrain. Tout le monde va faire un tour sur un chantier quand il peut, quand il veut, c’est une volonté du syndicat CGT de garder le lien avec le métier et de ne pas se contenter de prendre des mandats et sortir des chantiers. Pour parler des ouvriers, pour parler des salariés, pour pouvoir les représenter, faire remonter ce qu’il se passe sur les chantiers et être crédible, on se doit de se donner le temps et les moyens de se rendre sur ces chantiers », souligne le syndicaliste.
Concernant la prévention des feux de forêt, David Druesne rappelle que la DFCI (Défense des forêts contre les incendies) est une mission d’intérêt général (MIG) de l’ONF pour le compte de l’Etat, créée dans les années 1990. « Chaque région de France s’organise comme elle veut et comme elle peut avec ce système de DFCI, poursuit le syndicaliste, sachant que les régions Méditerranée et Sud-Ouest fonctionnent depuis des années avec ce système, où c’est un véritable métier que de patrouiller, de prévenir, de surveiller et d’agir en amont sur les départs de feu, sur une saison allant de juin à septembre, modulable par le préfet en fonction des risques et des crédits alloués ». Pour les autres régions, moins touchées par les méga-feux mais où le réchauffement climatique progresse également, l’ONF intervient là aussi à la demande des préfets sur la base d’une commande établie par leurs services, pour patrouiller et faire de la prévention, en partenariat ou pas, et plus ou moins bien structuré selon les départements, avec les SDIS (service départemental d’incendie et de secours).
Les 4x4 jaunes utilisées pour les patrouilles de la DFCI. CC-BY-SA‑4.0Concrètement et pour simplifier précise le syndicaliste « c’est la DDT qui nous embauche (direction départementale du territoire placée sous l’autorité du préfet) » sur la base des fonds attribués par l’Etat. « Les patrouilles fonctionnent en binôme, de 11h00 à 19h00, sur un secteur déterminé, avec un 4X4 équipé de 700 litres d’eau et l’équipement nécessaire d’intervention sur les feux, notamment les EPI (équipement de protection individuelle). On intervient s’il y a un appel sur un départ de feu naissant et le reste du temps on fait de la prévention auprès du public, des particuliers, des touristes, sur les règles de sécurité, les arrêtés préfectoraux en vigueur. On fait appliquer les interdictions dans les zones à risques, et éventuellement on évacue les gens si on fait face à des conditions extrêmes. En cas de départ de feu, le SDIS nous informe et nous envoie des coordonnées DFCI, un point GPS très précis, et on intervient sur le feu. Si on peut le gérer on agit en conséquence, sinon ce sont les pompiers qui interviennent et décident des moyens à mettre en œuvre en fonction des informations que nous leur relayons : ampleur du feu, conditions géographiques, essences d’arbres, habitations, routes, sens du vent, lignes électriques etc. ».
Les agents ONF de droit privé qui interviennent dans le cadre de la DFCI ne maîtrisent pas les amplitudes horaires ni les plannings de cette mission saisonnière, indique David Druesne. « Dans la DFCI, il y a beaucoup de dysfonctionnements » et des décisions pratiques peuvent être prises sans vraiment de cohérence et pour justifier une dépense ou l’activité d’un décisionnaire qui méconnaît le terrain, « comme par exemple rallonger le temps d’une patrouille qui épuise les équipes quand ce n’est pas forcément nécessaire… ». Les plannings pour deux mois de mission ne sont pas anticipés. « On nous l’envoie deux ou trois jours avant la prise de fonction et on doit s’adapter. Peu importe s’il y a une vie privée, une famille et des enfants. « On fait quatre jours de patrouille, deux jours de repos, il n’y a plus de jour férié, de dimanche et de week-end. Pour les vacances, il y a des primes qui sont activées. Si on ne prend pas de jour de congés la prime est intégrale, si on prend cinq jours on en perd une partie et ainsi de suite jusqu’à la perte intégrale si on est un père de famille qui souhaite prendre, et c’est bien compréhensible, quinze jours avec ses enfants pendant l’été ». Une curieuse façon effectivement de récompenser l’investissement contraint par le type de mission que de supprimer une prime qui peut permettre justement de partir un peu en congés… sachant que le salaire moyen d’un ouvrier forestier qualifié est de 1800 euros brut…
« Sur des forêts domaniales (appartenant à l’Etat et gérée par l’ONF) où il y a une gestion sylvicole assez cohérente, les départs de feu sont quand même moins virulents », souligne le syndicaliste. « Dans les Landes où c’est 90% de forêt privée, c’est de la forêt industrielle qui n’est là que pour rapporter du fric, c’est de la monoculture. Du coup, quand il y a un problème, celui-ci est généralisé très rapidement », poursuit David Druesne, « que ce soit pour l’incendie ou le côté sanitaire ».
« Le sylviculteur privé qui gère sa forêt, lui il veut gagner du fric. En domaniale, on n’a pas idée de perdre de l’argent non plus, mais l’Etat est capable d’injecter de l’argent même si on sait que c’est pas rentable. Car l’Etat se doit d’avoir une gestion de la sylviculture et de montrer plus ou moins l’exemple. Les forêts publiques (25% du parc forestier), domaniales ou communales ne sont pas moins touchées par les départs de feux, mais fatalement les forêts privées qui représentent 75% du parc forestier sont massivement plus touchées » conclut notre interlocuteur.
Les forêts publiques n’échappent pas à la foudre, aux problèmes électriques, aux pyromanes et aux imprudences humaines, mais « il y a un côté hétérogène dans la forêt domaniale, explique le syndicaliste, de sorte que le feu va progresser moins vite selon les parcelles. On va avoir des mélanges de résineux et de feuillus, une diversification aussi au niveau de l’âge des arbres, et puis sur les pistes il y a déjà les BDS (bandes débroussaillées de sécurité), entretenues régulièrement, pour aider à l’intervention des pompiers, et qui peuvent faire aussi office de coupe-feu ».
Les feux sont d’origine humaine à 90% et leurs développements est favorisé par le réchauffement climatique. Mais la gestion de la forêt n’en joue pas moins un rôle essentiel. CC BY-SA 4.0Si le réchauffement climatique impose une adaptation des essences, on ne peut pas accuser de tout ce seul phénomène. « C’est l’activité humaine qui est en cause. Une forêt qui a chaud, qui transpire, qui est en souffrance, si on n’y met pas l’allumette, ça flambe pas », précise le représentant syndical. « La foudre, elle tombe, ça peut rester quinze jours comme ça et un coup de vent va favoriser un déclaration d’incendie, mais ce n’est pas tous les jours. Là, en ce moment, on a plus affaire à de la criminalité ».
« En revanche, continue David Druesne, on adapte la sylviculture en fonction de la sécheresse, qui est plus longue, et du stress hydrique. Donc, en sylviculture, on doit sélectionner des arbres d’avenir plus tôt, et les mettre à distance plus tôt pour qu’il y ait un stress hydrique au sol qui soit moins impactant pour les sujets d’avenir. Donc, là clairement il y a ce changement au niveau de la sylviculture. Concernant par ailleurs l’adaptation des pins par exemple, on constate que le cycle des aiguilles de pins, qui est d’ordinaire de quatre ou cinq ans, est ramené aujourd’hui à deux ou trois ans, et génère donc plus de matière combustible au sol ». Il s’agit là, poursuit David Druesne, d’une adaptation de l’espèce qui consiste à donner moins d’énergie à la production de l’arbre, qui se met en sécurité ; l’arbre s’adapte en perdant plus tôt et en plus grand nombre chaque année ses aiguilles de pin ».
Pour faire face à la situation, l’ONF aurait besoin de se développer ou de retrouver des capacités qu’il avait antérieurement. « Les effectifs s’élèvent à 8 200 aujourd’hui, dont 1 000 sur le terrain, ouvriers, de droit privé », indique David Druesne, alors que l’ONF comptait près de 13 000 forestiers, fonctionnaires et de droit privé, au début des années 2000. Aujourd’hui, sous statut fonction publique il reste des garde-forestiers, qui « ont des missions temporaires comme le martelage des arbres à récolter ou la patrouille, qui administrent l’ONF ou contractualisent des accords avec les collectivités locales et les préfectures, mais qui ne font pas le travail des ouvriers. Il faudrait qu’on soit 3 000 sur le terrain, déclare le syndicaliste, pour se rapprocher des effectifs des années 1990 où « nous étions 4 000 ouvriers sur le terrain ».
Les agents de l’ONF travaillent à la reconstitution de forêts résilientes sur le long terme.« Et là tout est une question de budget et de la priorité du gouvernement, dont on dépend, poursuit le syndicaliste CGT. « On entend parler du Plan de relance forêt ou de Planification écologique France nation verte, mais ce n’est pas avec 1 000 personnes qu’on va réussir à changer l’état des lieux… L’ONF est un EPIC (établissement public à caractère industriel et commercial), donc une entreprise publique qui a des entreprises privées, dont l’Agence travaux, et ses 1 000 ouvriers, qui constituent la vitrine environnementale du gouvernement… Avec le Plan de relance où il faut planter un milliard d’arbres, le projet conduit à faire débroussailler des semis naturels pour planter de l’arbre de pépinière qui n’a pas d’adaptation, qui n’a pas d’apprentissage, et à en mettre un tous les deux mètres… On n’est pas loin du génocide sylvicole ; c’est artificiel, alors que les arbres qui sont là se sont transmis l’apprentissage, l’adaptation, propres à un écosystème donné. Eh bien, on a décidé qu’ils n’avaient pas leur place, qu’il fallait prendre des arbres de pépinières qui, on le voit, ne se développent pas ou mal, ne s’adaptent pas, ont des problèmes génétiques. De la part du gouvernement, c’est juste de la communication, pour dire « On a fait ce qu’on a dit » mais en réalité, pour en planter cent on en a enlevé deux mille… Et l’Office national des forêts, face à ça, ne dit rien, s’indigne David Druesne, il prend l’argent et il organise même des contrôles, inspecte des parcelles pour vérifier si on a bien planté tel arbre, c’est à l’arbre et au piquet près, en respectant le cahier des charges etc. »
« Avec le Plan de relance où il faut planter un milliard d’arbres, le projet conduit à faire débroussailler des semis naturels pour planter de l’arbre de pépinière qui n’a pas d’adaptation, qui n’a pas d’apprentissage, et à en mettre un tous les deux mètres… On n’est pas loin du génocide sylvicole. »
« L’ONF c’est la boutique facile pour faire du green washing, dénonce le syndicaliste CGT. « 50% des plantations, c’est Total, Roland Garros, CMA CGM, Colas, Michelin, IKEA, Décathlon, Castorama, LVMH, etc. » Soit 4 millions d’euros collectés en 2025 auprès de 127 mécènes, pour le soutien à 118 projets, la plantation de 153 000 arbres et la reconstitution de 140 hectares de forêts publiques (rapport ONF 2025 « Agir pour la forêt »). « Pour se déculpabiliser de polluer ailleurs, ces entreprises financent des plantations pour se dire « On est une entreprise verte » … Et l’ONF est friand de ça car c’est de l’argent facile qui rentre, et ça occupe tout le monde… En fait, c’est la vitrine écologique du gouvernement. Lorsque la CGT s’exprime dans les instances nationales de l’ONF, elle dénonce bien évidemment ce « sponsoring » et cette façon de faire rentrer de l’argent qui porte atteinte à l’éthique de l’ONF et de ses agents. C’est une vision à court terme qui coûtera chère dans l’avenir… alors que la base même d’un forestier c’est d’avoir une vision sur cent ans ».
« Pour nous, dit David Druesne, il y a moyen d’avoir de l’argent autrement et de financer d’autres missions plus conformes au rôle de protecteur de la forêt qui est celui de l’ONF. Et ce, conclut le syndicaliste, dans le cadre d’un véritable service public forestier dégagé des menaces européennes et de la privatisation en cours, et donc des règles de l’industrie capitaliste, peu compatibles avec une vision de long terme et une planification maîtrisée socialement et économiquement ».
Cet article Prévention. Le rôle indispensable des ouvriers forestiers de l’ONF est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 01.08.2026 à 17:52
Didier Gosselin
« Des dysfonctionnements graves, mettant en danger la santé, le bien-être et la sécurité des enfants, ont été relevés » souligne le communiqué.

« Nos premiers mots vont aux familles, plongées dans l’angoisse, et aux enfants, qui n’auraient jamais dû subir de telles pratiques.
Ce triste événement interroge notamment la gestion de la politique de la petite enfance par les intercommunalités, en lien avec les communes. En effet, l’affaiblissement du service public a favorisé la multiplication des crèches privées, et notamment des micro-crèches. Depuis l’ouverture du secteur de la petite enfance aux entreprises en 2003, ces structures se sont fortement développées, grâce notamment aux subventions publiques et à l’assouplissement des règles d’accueil. Aujourd’hui, une micro-crèche peut accueillir jusqu’à 14 enfants grâce à des dérogations. Elles sont par ailleurs soumises à moins de normes, notamment en matière d’encadrement et de surveillance.
En appoint des structures gérées par le pôle public de la petite enfance, les micro-crèches privés répondent à un besoin, pour la plupart fort bien. Mais nos intercommunalités devraient veiller à l’équilibre public/privé. Toutes les familles de la Capi (communauté d’agglomération Porte de l’Isère) devraient pouvoir avoir accès à une solution de garde, en proximité, quelques soient ses capacités financières.
La PMI (Protection maternelle et infantile) est responsable de la conformité de ces micro-crèches. Ses contrôles visent à garantir la sécurité, la santé et le bien-être des jeunes enfants. Ils s’appuient sur une mission de police administrative pour vérifier la conformité des locaux, des qualifications du personnel et des pratiques professionnelles. La PMI peut constater des écarts et demander des mesures correctives, tout en ayant le pouvoir de proposer des suites administratives si nécessaires.
Dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, il est regrettable qu’un élu de la République (Eric Giordano, co-fondateur de Callihop est également conseiller municipal de Bourgoin-Jallieu, NDLR) remette en question le travail et l’honnêteté intellectuelle des agents de la PMI du Département de l’Isère.
Par ailleurs, les professionnelles de la petite enfance nous alertent depuis des années sur les conditions de travail dégradées : effectifs insuffisant, précarisation des équipes, pressions permanentes, turn-over important…
Et, à l’instar du scandale des EHPAD, plusieurs enquêtes journalistiques ont révélé les traitements indignes que certaines crèches réservent aux enfants : limitation du nombre de couches à trois par jour, restrictions sur les repas, les animations, le matériel d’éveil…etc. La logique du profit écrase l’exigence de soin, d’attention et de dignité.
La responsabilité de l’État est immense. Mais les élus locaux ne peuvent pas se réfugier derrière l’impuissance. Être aux responsabilités donne l’obligation d’agir et d’être exemplaire. Ils doivent refuser la marchandisation de la petite enfance, répondre aux besoins et aux attentes des familles, mettre les moyens nécessaires, et remettre l’humain au cœur des politiques publiques », conclut le communiqué du groupe GRECS.
Profitant du vide créé par les politiques d’austérité et de désengagement envers la petite enfance depuis les années 2000 par les gouvernements successifs, le groupe Callihop a créé un réseau de micro-crèches entre 2012 et 2018, à Bourgoin-Jallieu, Saint-Chef, Morestel, Chavanoz et la Tour-du-Pin.
En 2018, Callihop a même ouvert un centre de formation spécialisé en petite enfance, avec une branche CFA (centre de formation d’apprentis) en 2021, pour le diplôme du CAP AEPE, avec obtention de l’agrément Qualiopi (Certification Qualité / Loi du 05 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel).
En 2022 le groupe a lancé un système de franchise, officialisant dix signatures en 2024.
Le système de franchise est bien rodé avec un concept clé en main, depuis la recherche du local jusqu’au suivi de gestion. Callihop accompagne toutes les étapes et prévoit une formation de vingt jours… dont 15 en distanciel. Le franchisé doit bénéficier d’un apport de 19 000 euros, payer un droit d’entrée de 20 000 euros, engager un investissement global de 120 000 euros en moyenne pour un CA garanti en deux ans de 230 000 euros.
Les promoteurs du business de la petite enfance ne s’y trompent pas qui louent « un cadre réglementaire structurant et un modèle économique attractif ». Pour eux, « ouvrir une micro-crèche représente une opportunité à la fois pérenne et engagée ». Et Callihop accompagne ses franchisés « pour réussir dans ce marché porteur et essentiel au bien-être des jeunes enfants ». Si le bien-être des enfants semble le cadet des soucis de Callihop, ce groupe a en revanche vu son résultat net progresser régulièrement (+11% entre 2024 et 2025) et son taux de rentabilité se maintenir à près de 30%.
Contre la privatisation et la course au profit, seule la création d’un véritable service public de la petite enfance — non obligatoire mais gratuit – permettrait d’offrir à tous les petits un mode de garde adapté et de répondre par le haut à l’enjeu contemporain de l’articulation des temps professionnels et familiaux. Chaque parent doit avoir la possibilité de mener de front, de façon satisfaisante et sereine, son rapport parental et sa vie active.
Propositions du PCF pour un service public de la petite enfance.
Le parti communiste rappelle que de nombreuses municipalités se sont engagées à développer l’accueil de la petite enfance. Pour autant, le déficit persiste et se développe avec la crise organisée du financement des collectivités locales tandis que le caractère non obligatoire conduit à des inégalités. Les petites villes ainsi que les zones rurales souffrent d’une pénurie criante (45% des places en crèches se situent dans la région parisienne). Comment accepter une telle inégalité de l’offre ?
La notion de service public permettrait de garantir une desserte égale sur tout le territoire. C’est pourquoi le vote d’une loi-cadre, affirmant l’obligation d’offrir autant de places en crèches qu’il y a de demandes, s’avère indispensable. Le multi-accueil doit dans le même temps être favorisé : donner la priorité aux crèches collectives doit s’accompagner d’une volonté de regrouper les autres modes de garde dans le cadre unifiant d’un service public d’accueil de la petite enfance. Les assistantes maternelles doivent être mises à la même enseigne que les auxiliaires puéricultrices, notamment en termes de formation et de rémunération : leur rattachement aux crèches collectives doit permettre d’ouvrir des « maisons de la petite enfance ». Ainsi, l’enfant pourra passer en douceur d’un mode de garde à un autre.
Les objectifs devront être planifiés pour construire dans le temps des crèches collectives en nombre suffisant et couvrant tout le territoire. La gestion de ces équipements, qui bénéficieraient d’une aide importante de l’État en investissement et en fonctionnement, pourrait continuer à relever des collectivités locales. Une telle proposition est évidemment ambitieuse. Elle requiert une farouche volonté politique mais n’est pas irréaliste. En France, nous pourrions affirmer ce droit et se fixer l’objectif de créer un million de places dans les quinze années à venir. Pendant ce temps, aucune solution de garde collective actuellement existante ne doit être abandonnée : les nombreuses associations gérant des crèches ou haltes-garderies doivent pouvoir perdurer en bénéficiant de l’aide publique. Enfin, tout nouveau projet immobilier devra légalement être assorti de la création d’une ou plusieurs crèches.
Par ailleurs, une attention particulière devra être portée au personnel de ces équipements publics. En effet, la difficulté à recruter aujourd’hui est réelle : il faut susciter des vocations. Favoriser le développement de l’accueil collectif public des petits, c’est aussi assurer un revenu décent, une formation de qualité et un emploi stable à de nombreuses personnes. Un million de places en crèches supplémentaires correspond à la création d’environ 150 000 nouveaux emplois. Les assistantes maternelles devront bénéficier d’un système de validation des acquis permettant d’intégrer des crèches publiques, avec le statut de la fonction publique territoriale afférent.
Le coût d’une telle mesure est difficile à chiffrer. Les budgets en investissement sont variables d’un lieu à l’autre et suivant le type de structure d’accueil. Un million de places représenterait donc un effort de l’ordre de 20 milliards d’euros, soit environ un peu plus d’un milliard par an. Chacun s’accorde à estimer que la plus grosse difficulté n’est pas l’investissement mais le coût de fonctionnement. Aussi l’objectif d’un million de berceaux supplémentaires correspond-il à un effort de l’ordre de 12 milliards d’euros annuels, traditionnellement répartis entre différents budgets (État, collectivités, familles). La taxation des revenus financiers des entreprises que nous proposons rend possible le financement de cette proposition. C’est une question de choix et de volonté politiques. Enfin, des péréquations importantes pourraient être opérées au sein de la branche famille.
Vers la gratuité
La question à mettre en débat est celle du projet pédagogique pour un collectif d’enfants de moins de trois ans. Non seulement chaque enfant doit trouver une place mais la gratuité doit être de mise. Cette gratuité serait le gage pour les femmes que l’argument comptable n’entrerait, à aucun moment, en compte dans le choix de l’organisation familiale. La gratuité constituerait un argument pour aider les femmes à être autonomes financièrement et contribuerait à assurer une mixité sociale dans les crèches.
A l’issue de la seconde guerre mondiale, sur la base de l’ordonnance du 2 novembre 1945, initiée par le ministre communiste de la santé François Billoux, pour la création des centres de Protection maternelle et infantile, un puissant effort a été collectivement consenti pendant plus de trente ans pour assurer la préscolarisation d’enfants et la scolarisation d’adolescents autrefois exclus du système éducatif. Parce que nous l’avons collectivement jugé légitime et nécessaire, nous avons dégagé les moyens permettant de multiplier par trois le nombre d’écoles maternelles entre 1960 et 1990, soit un rythme exceptionnel ! La politique familiale a ainsi contribué à une phase de croissance économique sans précédent. Le temps des crèches est venu ! C’est une nécessité sociale et économique.
Le 2 novembre 1945, le ministre communiste François Billoux acte par ordonnance la création des centres de PMI. (Visuel, Département Saône & Loire)Cet article Après le scandale des EHPAD, celui des micro-crèches dans le Nord-Isère ? est apparu en premier sur Travailleur alpin.
Publié le 30.07.2026 à 16:47
Luc Renaud
La succession des canicules conduit l’Union pour la gratuité et le développement des transports publics à demander à nouveau la mise en œuvre de la gratuité des transports publics dans l’aire grenobloise.
L’organisation rappelle que « même si le phénomène est inédit par son intensité, ce n’est pas une surprise, tout est connu : depuis sa création en 1988, le GIEC alerte, rapport après rapport, sur le dérèglement climatique provoqué par les émissions de gaz à effet de serre, et ses conséquences catastrophiques ». L’UGDTP constate qu’alors que les pouvoirs publics envisagent un réchauffement de 4 degrés, « on voit ce que cela donne » à 1,5 degré, seuil aujourd’hui pratiquement atteint. « Il faut arrêter avec les demi-mesures et agir sur les causes. En France les transports sont responsables de 34 % de l’émission des gaz à effet de serre et que pour les réduire, il faut favoriser un usage massif des transports en commun », estime le collectif qui souligne les bons résultats obtenus en terme de fréquentation par les agglomérations – l’Artois, 650 000 habitants, depuis janvier dernier – qui ont déjà opté pour la gratuité.
D’où des revendications au premier rang desquelles l’instauration par Grenoble Alpes métropole de « la gratuité des transports en commun pour toutes et tous le week-end, dans la perspective de la gratuité totale demain ».
Pour l’UGDTP, « c’est urgent est c’est avant tout une question de volonté politique. Continuer comme si de rien n’était, maintien du statu quo ou avec des améliorations à la marge, ne sont pas des options. Il n’y a de place pour l’inaction ou des demi mesures. »
L’Union pour la gratuité et le développement des transports publics conclut : « Vivre bien en préservant la planète, c’est possible, et c’est maintenant ! »
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Publié le 30.07.2026 à 15:59
Travailleur Alpin
Jean-Claude Pommet, militant communiste de Pont-de-Chéruy vient de décéder. Ouvrier métallo chez Treficable-Pirelli jusqu’à sa retraite. Il y était rentré tout jeune, faisant tous les jours la route en vélo depuis Leyrieu, sur le plateau de Crémieu, une route avec des virages et un fort dénivelé, très dangereuse l’hiver, à remonter après une journée de travail dans les pattes. Faire le jardin le soir. Probable qu’en 1961 il connaît la collecte pour acheter le local de la section PCF… Syndiqué CGT. Il est représentant du personnel.
Avec Josiane, ils habitent ensuite à Pont-de-Chéruy. Il est plus près du travail. Il devient conseiller municipal communiste de la mairie d’union de la gauche en 1983, avec à leur actif, la bataille pour l’ouverture du lycée, sur le coteau Les vignes : un lycée ouvert sur la ville, par ses quatre entrées, tout à côté des usines, ce qui ne plaît pas du tout aux maires de la droite locale, 5000 ouvriers et ouvrières dans les ateliers… A leur actif d’équipe municipale aussi, les logements sociaux seniors pour personnes non dépendantes, pour que des veufs ou veuves puissent rester dans la ville et y vivre dignement.
Comme notre camarade Jacquot élu, nous saluons sa mémoire et son engagement. On allait le voir en dernier pour les souscriptions, car il sortait la petite poire, le café… Il avait témoigné au lycée, comme ancien conseiller municipal, de la vie ouvrière dans l’agglomération avec les différentes communautés, que le patronat rêvait de garder séparées, les Grecs, les Arméniens, puis ceux venus de Maghreb, et que le syndicat savait réunir quand il fallait. Il y a peu il avait aussi témoigné au lycée de sa vie d’ouvrier à lui, de la vie des ouvriers d’à côté.
Toujours le sourire, la blague…
Josiane a dû prendre beaucoup sur elle depuis plusieurs années car il perdait la mémoire immédiate. Ses camarades ne l’oublient pas, toute la section communiste lui rend hommage.
La cérémonie d’hommage a eu lieu à Tignieu-Jameyzieu le mercredi 22 juillet. Lors des obsèques, hommage de la section PCF, de l’union locale CGT par la voix de Geo Vert, et présence du maire de Pont-de-Chéruy, Franck Bron et d’adjoints actuels.
Cécile Dhainaut
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