Publié le 23.09.2026 à 21:29
Manuel Pavard
C’était il y a dix mois. Le 19 novembre 2025, des livreurs à vélo et leurs familles, expulsés de leurs logements de la place des Géants où ils vivaient sous la coupe de marchands de sommeil, trouvaient refuge au siège de Grenoble-Alpes Métropole, place André-Malraux. Nul ne l’imaginait alors mais cette occupation allait durer 308 jours. Trois cent huit jours à vivre à 150 personnes dans une salle, avec des femmes enceintes et des enfants en bas âge, dans des conditions d’hygiène et de promiscuité très difficiles… Jusqu’à ce mardi 22 septembre : « Aujourd’hui, les portes de la Métro se ferment », se sont ainsi félicités les occupants le soir même, devant la presse.
Amadou, porte-parole des occupants et livreur à vélo CGT, au micro.« Nous avions décidé de rester tant que les 150 personnes n’auraient pas été relogées », ont-ils expliqué. « Les promesses ont été tenues de part et d’autre : la Métropole a relogé les 150, et nous quittons les lieux comme nous l’avions dit. » Après dix mois de lutte marquée par des rassemblements, des manifestations, des conférences de presse, des interventions en conseil métropolitain, la trentaine de sans-logis qui demeuraient sans solution de relogement au début de l’été ont eux aussi obtenu un toit.
Des logements attribués grâce à deux dispositifs, ont-ils détaillé : « l’un porté par la Métropole, avec l’association Un Toit pour tous ; l’autre dans des bâtiments vides de l’Établissement public foncier local (EPFL), avec l’accord des communes concernées ». Il s’agit de Grenoble, Saint-Martin-d’Hères, Échirolles, Saint-Égrève, Meylan, La Tronche, Pont-de-Claix, Gières et Seyssinet-Pariset. Toutes ou presque toutes de gauche — Meylan a certes basculé à droite aux dernières municipales mais la procédure avait été enclenchée par la précédente majorité de gauche.
Les drapeaux de l’UL CGT Grand Grenoble, particulièrement active dans le soutien à l’occupation.De fait, avant cette issue heureuse, rien n’a été facile dans les négociations avec les collectivités, se souviennent Raphaël Beth, militant du DAL 38, et Amadou, ex-occupant et livreur à vélo syndiqué à la CGT. « La Métropole a été à notre écoute et a pris ses responsabilités », estime ce dernier. En revanche, les municipalités n’ont pas toutes pris leur part, loin s’en faut. « Quelques communes ont proposé des biens dès qu’on est arrivés ici, d’autres ont cédé, avec l’appui de la Métro. Mais il y a aussi des communes qui n’ont jamais proposé quelque chose et certaines communes qui n’ont même pas voulu nous recevoir », s’indigne Amadou.
Il cite notamment le cas de Fontaine : « On a visité une maison là-bas. Il n’y avait personne dedans, pourtant elle avait sept chambres, donc elle pouvait accueillir beaucoup de personnes. » Mais la ville de Fontaine n’a pas répondu aux sollicitations des occupants. Pas une grande surprise s’agissant d’une mairie de droite, néanmoins Amadou ne ménage pas non plus certaines municipalités de gauche : « À Gières, on avait identifié deux bâtiments mais la plus grande maison a été refusée par la commune. » Quant à Grenoble, celle-ci « n’a jamais voulu prendre de familles », regrette-t-il. « C’était soit des hommes seuls, soit des couples sans enfants… Car c’était des petits studios. »
Beaucoup de communes se sont longtemps renvoyées la balle, craignant que les autres n’assument pas leur part. Et puis, bien sûr, il y a « les deux grands absents, c’est-à-dire la préfecture de l’Isère et le Département », accuse Raphaël Beth. « La position de la préfecture, ça a été de dire à la Métropole, ‘si vous avez besoin de nous pour expulser, on est là’. Elle n’a pas varié ensuite, même sur des demandes très individuelles, avec des personnes prioritaires, etc. Et le Département, lui, n’a carrément jamais répondu alors qu’héberger une partie des familles relevait pourtant de sa compétence, via l’aide sociale à l’enfance. »
Les occupants ont vivement remercié les nombreux militants et personnes les ayant soutenus durant dix mois.Comme à chaque fois, le problème est lié au « manque criant de budget et d’investissement de l’État dans les questions de logement et d’hébergement d’urgence, mais également de régularisation », souligne le militant du DAL. Lequel évoque en effet ce qui fera l’objet de leur « prochain combat, vis-à-vis de la préfecture ». Explications : « Il y a énormément de personnes qui sont hébergées par la Métropole et la Ville de Grenoble et qui pourraient avoir accès au logement social dès qu’ils sont régularisés — car ce sont pour la plupart des gens qui travaillent. » Ce qui aurait, poursuit-il, « un double avantage. Déjà, pour les personnes, de rejoindre des logements de droit commun et ainsi de pouvoir vivre dignement. Et l’intérêt pour la Ville et la Métro, c’est de pouvoir libérer des places d’hébergement d’urgence pour d’autres personnes qui en ont besoin. »
Raphaël Beth le rappelle en effet, si les 150 occupants présents dès le début ont pu enfin être relogés, ce n’est pas le cas de tout le monde. « Il y a aussi une vingtaine de personnes qui sont arrivées à la Métro ces derniers mois et qui ont participé à ce combat en espérant que des logements se libèrent. » Mais celles-ci ne faisant pas partie de l’accord initial, elles sont restées sur le carreau. « Malheureusement, il n’y a pas eu de solution pour eux alors que l’État aurait pu faire appliquer la loi et reloger les derniers qui restaient », déplore le militant.
Outre cette vingtaine de sans-logis, « des centaines de personnes sont venues toquer à la porte de la Métro tous les jours », raconte-t-il. « Des gens qu’on a dû souvent refouler en leur disant ‘on se bat pour tout le monde mais ce n’est pas possible de t’installer ici’. » Des refus qui ont laissé des traces, selon lui. « Laisser des personnes sans-abri dire non à d’autres personnes sans-abri, c’est d’une inhumanité vraiment révoltante », s’indigne Raphaël Beth.
« On n’a pas demandé la charité. On réclamait simplement l’application de la loi ! »
Une frustration et des regrets qui se doublent toutefois d’une réelle fierté pour les occupants. « Cette mobilisation a permis de prouver que la lutte collective paye », assènent-ils. Et d’ajouter : « Nous ne nous sommes pas battus seuls et pas pour nous seuls. » D’un côté, un large soutien reçu de la part de plusieurs associations (DAL, Cimade, CISEM, RESF…), syndicats (CGT, Solidaires, CNT, FSU) et partis de gauche (PCF, LFI, NPA, LO…). De l’autre, le soutien apporté par les occupants aux luttes des travailleurs sociaux, des salariés en grève de Teisseire ou encore des familles dormant dans les écoles.
Les femmes ont joué un grand rôle dans cette lutte collective exemplaire.Des liens tissés qui leur ont aussi permis de supporter la vie quotidienne au siège de la Métropole, particulièrement dure. Avec la fatigue et le stress permanent, les difficultés pour les livreurs à vélo, les maladies s’attrapant beaucoup plus facilement… « On a perdu des vies ici », rappelle également Amadou, qui se remémore les fausses couches subies par plusieurs femmes enceintes, directement imputées par des médecins aux conditions de vie sur place. Le pire dans tout ça, souligne Raphaël Beth, « c’est qu’on n’a pas demandé la charité. On réclamait simplement l’application de la loi ! »
Les ex-occupants du siège de la Métropole appellent à se retrouver samedi 26 septembre, à partir de 13h30, devant le bâtiment de la place André-Malraux. Une manifestation « pour célébrer la victoire et pour dire que le combat doit continuer » !
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Publié le 22.09.2026 à 16:18
Edouard Schoene
Le local, situé sur l’avenue Jean-Jaurès, à Fontaine, a été acheté par l’atelier Fluo, tout comme le matériel. « Au cœur du projet, annonce l’association, on imprime des choses liées aux luttes sociales et à la contre-culture, des choses non commerciales et militantes. Mais on n’est pas sectaires », assure-t-elle.
Vue de l’exposition des 10 ans de l’Atelier Fluo.Les différents travaux nécessaires sont réalisés par les adhérent·es eux-mêmes. Même philosophie concernant la gestion de l’atelier, qui se fait là aussi collectivement. L’association organise par ailleurs régulièrement des moments de partage des savoirs — sur les logiciels ou le matériel, par exemple.
Pour fêter ses dix ans d’existence en beauté, l’atelier Fluo organisait une exposition à la salle municipale Germinal, à Fontaine, non loin de ses propres locaux. Une réussite indéniable. Véritable vitrine de son travail, l’exposition a en effet fortement impressionné les visiteurs par la diversité et la qualité artistique des nombreuses productions (affiches, publications, livres, jeux, tracts, flyers, pochettes de disques…) ainsi que par la dynamique en cours.
Quelques exemples des œuvres exposées le week-end des 19–20 septembre, à découvrir ci-dessous.





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Publié le 22.09.2026 à 12:36
Bernard Tournier
Quatre-vingt-dix ans après le Front populaire, que peut encore nous apprendre 1936 ? Beaucoup, à l’heure où les questions de salaires, de retraites, de services publics et de partage des richesses reviennent au premier plan, tandis que l’extrême droite occupe une place croissante dans le paysage politique. Le ciné-débat organisé le 11 octobre à Saint-Marcellin propose de mettre cette histoire en débat. Dimanche 11 octobre à 18 h 30, le cinéma Les Méliès de Saint-Marcellin projettera La Rage au cœur, un court métrage de Pierre Verquin consacré au Front populaire. Une soirée organisée avec l’association des lectrices et lecteurs de l’Humanité du Sud Grésivaudan. La projection sera suivie d’un échange avec le réalisateur et son assistante réalisatrice, Louise Lougrada.
La Rage au cœur n’est pas seulement une reconstitution historique. Le film rappelle que les grandes conquêtes sociales ont une histoire, celle des femmes et des hommes qui se sont organisés et mobilisés pour les obtenir. Car en mai et juin 1936, ce sont des millions de salariés qui entrent dans l’action. Les grèves se multiplient, les entreprises sont occupées et un rapport de forces inédit s’installe dans le pays.
De cette mobilisation sortiront des avancées qui bouleverseront durablement la vie quotidienne : hausse des salaires, congés payés, semaine de 40 heures, conventions collectives, reconnaissance des libertés syndicales ou encore élection de délégués du personnel. Autant de droits qui semblent aujourd’hui aller de soi et qui furent pourtant le résultat de luttes.
« La Rage au cœur », de Pierre Verquin (photographie de plateau). DRC’est aussi ce qui rend 1936 très actuel. En 1936 comme en 2026, la question du partage des richesses est au cœur de l’affrontement social alors que c’est sur les plus précaires et le monde du travail que se tournent les gouvernements pour faire face à la crise, comme le montre les premières annonces sur le budget 2027 avec un plan d’austérité de 54 milliards d’euros.
Dans ce contexte, revenir sur le Front populaire rappelle une évidence souvent oubliée : les grandes avancées sociales n’ont jamais été offertes. Elles ont été conquises.
Mais réduire le Front populaire aux congés payés serait passer à côté d’une autre dimension essentielle de son histoire. Le rassemblement se construit dans une Europe où le fascisme progresse. Mussolini est au pouvoir en Italie, Hitler dirige l’Allemagne depuis 1933 et, en France, les ligues d’extrême droite prospèrent dans un climat de crise économique, d’antiparlementarisme et de violentes campagnes antisémites. Face à cette menace, communistes, socialistes, syndicalistes et forces progressistes se rapprochent.
Pour Guillaume Roubaud-Quashie, historien et porte-parole du PCF, « le Front populaire de 1936 était une dynamique antifasciste ». Il souligne également que cette dynamique ne s’est pas limitée à « faire barrage » : elle s’est nourrie des aspirations du monde du travail et des mobilisations qui permettront ensuite d’obtenir des avancées qui ne figuraient pas toutes dans le programme initial du Front populaire. C’est là que l’histoire de 1936 rencontre les interrogations de 2026.
Les deux périodes ne sont évidemment pas identiques et l’histoire ne se répète pas. Mais la progression de l’extrême droite dans la France d’aujourd’hui, sur fond de colère sociale, de sentiment de déclassement et de défiance envers les institutions, donne une résonance particulière au 90e anniversaire du Front populaire.
L’expérience de 1936 rappelle notamment que combat antifasciste et progrès social peuvent être pensés ensemble. « Le pain, la paix, la liberté » : le mot d’ordre du Front populaire associait déjà les conditions d’existence, la démocratie et la paix.
« La Rage au cœur », de Pierre Verquin (photographie de plateau). DRUne question traverse dès lors les décennies : comment répondre aux colères et aux aspirations populaires ? Comment redonner au monde du travail la capacité d’agir collectivement sur son avenir ? Comment transformer le mécontentement en conquêtes sociales plutôt qu’en divisions ?
Car les colères populaires peuvent emprunter des chemins différents. Elles peuvent conduire à rechercher des boucs émissaires parmi l’étranger, l’immigré, le chômeur ou le plus pauvre. Elles peuvent aussi remettre au centre du débat d’autres questions : qui produit les richesses ? Qui se les approprie ? Comment sont-elles réparties ? Qui décide de leur utilisation ?
C’est aussi pour cela que transmettre l’histoire ouvrière reste un enjeu politique. Oublier comment les droits ont été obtenus, c’est risquer de les croire éternels. Raconter les luttes de celles et ceux qui nous ont précédés ne relève donc pas de la nostalgie : cela permet de mieux comprendre les affrontements du présent.
Quatre-vingt-dix ans après 1936, La Rage au cœur invite ainsi moins à commémorer le Front populaire qu’à en débattre : que reste-t-il aujourd’hui à conquérir ?
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Publié le 21.09.2026 à 20:28
Manuel Pavard
« Non au permis de tuer » ! Le même mot d’ordre, le même slogan, la même banderole de tête également. Des mots qu’on a pu lire et entendre ce dimanche 20 septembre, à Grenoble comme dans une trentaine de villes de France métropolitaine et d’Outre-mer. Une journée de manifestation et de mobilisation nationale contre la proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, organisée à l’appel d’une large coalition d’associations (Stop aux violences d’État, Amnesty International, Ligue des droits de l’homme, Justice pour Adama, Flagrand déni…), syndicats (Syndicat des avocat·es de France, Syndicat de la magistrature…) et partis de gauche (LFI, PCF, Les Écologistes, L’Après, NPA…).
Une foule massive dans les rues de Grenoble. DRVoté le 7 juillet dernier par les députés, le texte sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre prévoit en effet que policiers et gendarmes « sont présumés avoir agi » dans le respect de la loi lorsqu’ils « font usage de leurs armes ». Une loi qui, si elle était adoptée, instaurerait un véritable risque de « permis de tuer », les enquêtes habituelles sur la conformité des tirs policiers pouvant de ce fait être freinées — voire pire. D’où la volonté des manifestants d’empêcher son examen au Sénat.
À Grenoble, le cortège est parti symboliquement de l’hôtel de police, boulevard du Maréchal Leclerc, pour rejoindre l’anneau de vitesse du parc Paul-Mistral. Sous un soleil estival, ils et elles étaient près de cinq mille à défiler, au son des chants et slogans dénonçant les violences et bavures policières et s’inquiétant de cette dérive sécuritaire. Certains rappelaient par ailleurs que la pétition contre cette loi avait rassemblé plus de 730 000 signatures sur le site de l’Assemblée… Avant d’être classée par les députés membres de la commission des lois en juillet.
Des pancartes ironiques et acides dans tout le cortège. DRJeunes et moins jeunes, hommes et femmes, étudiants, salariés et retraités… Tous partageaient en tout cas la conviction d’une loi dangereuse, ouvrant une boîte de Pandore. Un texte qui « inverse la charge de la preuve » et qui constitue « un recul par rapport aux principes de proportionnalité et aux standards de la jurisprudence européenne », fustige d’ailleurs la CGT Intérieur. Le syndicat — malheureusement minoritaire dans la police nationale — appelait lui aussi à manifester ce dimanche et « demande le retrait intégral » de la proposition de loi.
Pour beaucoup de manifestant·es, cette dernière symbolise en outre un phénomène inquiétant. Comme le souligne en effet Lucie, jeune salariée grenobloise présente lors de la marche, « le RN n’est même pas encore au pouvoir que le gouvernement applique déjà son programme… Et déroule le tapis rouge à Alliance ! »
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Publié le 21.09.2026 à 20:27
Edouard Schoene
Le mot d’ordre de cette nouvelle marche pour la paix ? « Pour la paix : stop la guerre, stop la violence, stop la misère. Exprimons notre volonté de vivre en paix dans un monde de solidarité, de justice, d’ adelphité. »
Pierre-Jean Crespeau s’est d’abord exprimé au nom du collectif grenoblois (Mouvement de la paix, Trièves Palestine, AFPS, PCF, FSU, Libre Pensée, CGT, LSR, AIAK), avant le départ de la marche, place Victor Hugo : « La guerre est toujours un échec. Elle détruit les vies, jette les populations civiles sur les routes de l’exil, aggrave les inégalités, nourrit les violations des droits humains, les crimes contre l’humanité et détourne des ressources considérables qui devraient être consacrées à I’emploi, aux salaires, à la santé, à l’éducation, au logement, aux services publics et à la transition écologique. Nous refusons que les droits sociaux, les libertés, la dignité humaine, la sécurité des peuples et l’avenir des générations futures soient sacrifiés aux logiques de guerre, de domination et de militarisation. Le droit international doit primer sur la force. Les solutions politiques négociées doivent prévaloir sur la guerre et la violence. Une paix durable ne peut se construire sans justice sociale, justice écologique, coopération entre les peuples, respect de la souveraineté des États et réalisation concrète de tous les droits humains. »
Pierre-Jean Crespeau (Mouvement de la paix Isère), Zohreh (LDH Iran) et Pascal Costarella (La Libre Pensée).Puis la quarantaine de participants se sont rendus en cortège au Jardin de ville. L’occasion pour Pierre-Jean Crespeau, président du comité de l’Isère du Mouvement de la paix, de reprendre la parole : « La promotion de la paix et de la sécurité internationales passe par le droit international, le respect des frontières reconnues et la reconnaissance du rôle essentiel de I’ONU, tant par ses résolutions que par ses agences. »
Et le militant de citer quelques exemples illustrant son propos. « Contre le colonialisme sioniste illégal, nous appelons au respect de la souveraineté du peuple palestinien sur ces terres et des frontières de l’État de Palestine, dans le cadre du droit international. Nous appelons à l’arrêt de la collaboration des entreprises françaises, européennes, avec toutes les entreprises israéliennes profitant de la colonisation de la Cisjordanie et toutes celles qui contribuent à la guerre. Nous appelons à solidarité avec toutes celles et ceux, qui de chaque côté des murs dégoûtants, prennent des initiatives pour la paix entre les peuples israélien et palestinien. »
Les intervenants ont pris la parole à tour de rôle au Jardin de ville.Autre exemple, « pour la fin de la guerre en Ukraine, la Russie doit stopper son agression, mais aussi l’engrenage qui l’enferme dans une logique de repli », a‑t-il poursuivi. « Les Occidentaux, eux, doivent cesser de voir l’Ukraine comme un nouveau marché à conquérir. Contre la militarisation de l’Europe, nous appelons à l’abandon des bases américaines en Europe et à la dissolution de l’OTAN, vestiges de la guerre froide et source d’instabilité et de tensions géopolitiques. »
Pierre-Jean Crespeau n’a enfin pas oublié de « dénoncer la persistance de I’empire colonial français et soutenir les processus de décolonisation de la Kanaky et de la Polynésie Française », tout en fustigeant « le néocolonialisme ».
Pascal Costarella (La Libre Pensée) a pris le relais, centrant son intervention sur la militarisation de la jeunesse et de la société, « militarisation qui prépare les esprits à la guerre ». Extraits : « Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé la mise en place obligatoire d’une cérémonie pour ‘les morts pour la France’ dans les établissements scolaires, à partir du CM1. Une circulaire et un guide sont parus pour accompagner les enseignants qui ne laissent aucun doute quant à la finalité de cette mesure. Ils développent une conception d’un patriotisme sacrificiel : la citoyenneté y est définie en termes d’un engagement parfois douloureux, toujours exigeant, les ‘morts pour la France’ sont présentés comme le ‘symbole d’un sacrifice individuel au nom des valeurs communes’. »
À l’arrivée de la marche pour la paix, au Jardin de ville.Le représentant de la Libre Pensée a également pointé « les documents officiels [qui] préconisent des partenariats, notamment avec les corps en uniforme, nouvelle occasion de faire pénétrer les armées dans les écoles, pour y diffuser une propagande militaire qui n’y a pas sa place. Cette cérémonie obligatoire instrumentalise l’école pour en faire un lieu d’embrigadement, un lieu où l’on conditionne les jeunes esprits à un effort de guerre considéré comme nécessaire. Ces choix politiques, largement portés par l’actuel ministre Edouard Geffray, fervent partisan du renforcement des liens entre l’école et les armées, relaient l’idéologie d’extrême droite », a‑t-il déploré.
Autre militante à prendre le micro, Zohreh, présidente de la Ligue pour la défense des droits de l’Homme en Iran, a dénoncé les guerres au Moyen-Orient, en Ukraine… « Nous sommes là pour dire non à la guerre en Iran, avec les civils victimes de ce conflit. Les citoyens d’Iran, s’ils condamnent la guerre, sont traités d’agent de l’ennemi, du Mossad ou des États-Unis, et réprimés », s’est-elle insurgée.
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Publié le 21.09.2026 à 19:00
Manuel Pavard
« La mobilisation est beaucoup plus forte que d’habitude ! On voit que le rapport de force est en train de se construire. » Le constat de Nelly Bosio, représentante CGT, est partagé par l’ensemble des salariés rassemblés durant la pause méridienne, jeudi 17 septembre, devant l’entrée 1 du CEA de Grenoble, sur la Presqu’île scientifique. Et plus largement par tous ceux participant aux assemblées générales organisées au même moment sur les dix sites français du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives. Tous déterminés à engager la « bataille sur les salaires », à l’appel d’une intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC, CFTC, UNSA) parlant d’une seule voix.
Les militant·es CGT, largement mobilisé·es à Grenoble.Si une telle unanimité existe, c’est parce que les calculs sont irréfutables, y compris pour la direction et les autorités de tutelle. « Le CEA est un établissement public de droit privé et on a une grille salariale exprimée en points, avec une valeur du point qui est gelée depuis 2009. Or, si cette valeur avait suivi l’inflation, elle aurait 30 % de plus aujourd’hui », explique Nicolas Buffet, ingénieur et secrétaire de la CGT au CEA de Grenoble.
« Il y a des gens qui, à cause de cette grille, sont payés en-dessous de la valeur du SMIC — ce qui est illégal — et qui ont des indemnités compensatrices de SMIC », déplore-t-il. Globalement, ce manque à gagner « représente des sommes qui peuvent être assez considérables » et ce, pour tous les salariés. Par exemple, « pour les petits salaires, c’est 30 %. La perte de salaire peut atteindre 760 euros brut par mois », par rapport à une valeur de point corrigée et basée sur l’inflation. « Et pour les salaires les plus élevés, ça va jusqu’à 2000 euros brut », précise Nicolas Buffet.
Au mégaphone, Nicolas Buffet, secrétaire du syndicat CGT du CEA Grenoble.Conséquences, « le CEA n’est plus attractif comme il a pu l’être » et a même « du mal à embaucher ». Pour pallier ces difficultés, il a donc « mis en place une décision unilatérale de l’employeur (DUE) qui a augmenté les niveaux d’embauche des nouveaux salariés », indique le syndicaliste. Une mesure qui a malheureusement généré une nouvelle « injustice », souligne-t-il. « On l’a vu ces dernières années, les gens qui ont été embauchés avec cette DUE en place, sont tous au-dessus des plus anciens salariés. »
« On a besoin de recruter les meilleurs du monde dans nos domaines, donc il faut absolument qu’on soit attractifs sur les salaires sinon ils partent ailleurs : dans le privé ou à l’étranger. »
Cette iniquité et ce sentiment d’être maltraité peuvent en outre avoir des répercussions à une autre échelle. François Legrand, secrétaire adjoint du syndicat CFDT, rappelle en effet que « le CEA a des missions régaliennes », en matière de nucléaire, d’indépendance énergétique. Avec un réel enjeu de « souveraineté » industrielle et technologique, à l’image par exemple du CEA Leti, à Grenoble, qui « contribue à la compétitivité des entreprises en microélectronique ».
Mais pour atteindre et surtout se maintenir au niveau d’excellence requis, « on a besoin de recruter des gens qui sont hyper compétents, les meilleurs du monde dans nos domaines », décrypte-t-il. Et on n’attire pas les mouches avec du vinaigre, comme dit le proverbe. « ll faut absolument qu’on soit attractifs sur les salaires sinon ils partent ailleurs : dans le privé ou à l’étranger pour une carrière internationale », alerte François Legrand, formel sur ce point. « C’est la clé pour les dix ans et vingt ans à venir. »
Les représentants des différentes organisations syndicales ont pris la parole tour à tour.Pour l’élu CFDT, le CEA doit désormais mettre « les moyens à la hauteur de sa stratégie et de ses ambitions ». Ce qui est loin d’être le cas actuellement, de l’avis général. « Ce qu’on veut, c’est une revalorisation structurelle, en partant de la valeur du point. Et pas la foire aux primes individualisées, dans l’opacité la plus totale », prévient-il.
Après les assemblées générales réussies de ce 17 septembre, les syndicats vont maintenant proposer des actions, rencontrer les députés, aller voir les préfectures… « La difficulté, c’est que notre interlocuteur dans le cadre des négociations, c’est notre administratrice générale qui, elle, n’a pas les pouvoirs décisionnels d’augmenter les salaires », confie Nicolas Buffet. « Et on a des ministères de tutelle qui, eux, sont censés le faire », ajoute le responsable CGT.
Une mobilisation supérieure à la moyenne, parmi les quelque 4000 salarié·es du centre de Grenoble.Ce ministère de tutelle, « c’est Berçy. Et on projette d’aller manifester à Berçy », annonce Céline Fleury, secrétaire de la CFDT du CEA de Grenoble. Une manifestation nationale dont la date n’est pas encore fixée. Mais une chose est sûre, ce sera décidé « en collectif », entre les salariés, comme tout ce qui concernera cette lutte, assure la militante syndicale. « L’idée, c’est de retrouver du collectif alors qu’on est dans une société où chacun va de son côté, et face à une direction qui va essayer d’individualiser tous les traitements. »
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Publié le 21.09.2026 à 12:42
Edouard Schoene
Maire de Fontaine de 1959 à 1984, Louis Maisonnat fut auparavant combattant dans les maquis du Vercors puis de la libération de la Drôme, mais aussi directeur du Travailleur alpin et des Allobroges. Il revenait à Renaud Lugli, secrétaire de la section PCF Fontaine rive gauche — Vercors d’ouvrir la cérémonie d’hommage et de donner la parole aux intervenants·es : « Nous sommes réunis ici à Fontaine, sur cette place qui porte son nom. Parler de Louis Maisonnat, c’est parler de Fontaine. Il avait une conviction : une ville populaire doit d’abord être construite pour celles et ceux qui y vivent. »
Les communistes fontainois et le secrétaire départemental du PCF Jérémie Giono, aux côtés notamment de la députée PS de l’Isère Marie-Noëlle Battistel et de son homologue socialiste Guillaume Lissy, président de la Métro et maire de Seyssinet-Pariset.Et le communiste fontainois de poursuivre : « C’est dans cet état d’esprit qu’il agit pour le logement, avec la création de la société d’économie mixte, ‘Le logement ouvrier’, pour répondre à l’arrivée de nouvelles populations. C’est dans cet esprit qu’il accompagne le développement économique de Fontaine et la création d’une des premières zones industrielles de la région. C’est dans cet esprit encore qu’il défend les équipements, la culture, le sport et l’éducation. »
Premier président du Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération grenobloise, créé en 1973, Louis Maisonnat fut l’un des principaux artisans du retour du tramway dans notre agglomération (inauguré en 1987). « Quarante ans après sa disparition, nous ne sommes donc pas ici pour transformer Louis Maisonnat en statue », souligne Renaud Lugli. « Nous sommes ici pour faire vivre ses combats, parce que son héritage n’est pas une pièce de musée. Il est une invitation à continuer, continuer à nous battre, continuer à nous rassembler, continuer à croire que la politique peut changer concrètement la vie des gens. »
Trois maires PCF isérois représentant le « communisme municipal » : Gilbert Biessy (Échirolles), Louis Maisonnat (Fontaine) et Paul Jargot (Crolles). DRAntonine Ronseaux, ancienne institutrice et élue dans l’équipe municipale dirigée par Louis Maisonnat, conte une anecdote : « Je me souviens de la réhabilitation de ces bâtiments que les plus anciens connaissent, qu’on appelait le Mail courbe. J’entends Monsieur le maire, Louis Maisonnat, après avoir rencontré les locataires. C’est urgent, il faut faire quelque chose. Il faut faire des travaux d’isolation. Ce n’est pas possible que ces locataires dépensent autant d’argent pour avoir froid. »
Le public attentif aux prises de parole.Pour Michel Barrionuevo, élu d’opposition à Sassenage et ex-responsable du PCF à Fontaine, « Louis était très proche des femmes et des hommes. Et pour être certain de ne rien oublier d’une demande, d’une sollicitation, il sortait son petit carnet. » Le militant évoque également la bataille des élections législatives 1981, après la victoire de la gauche aux présidentielles. Louis Maisonnat, malade, hésitait alors à partir en campagne. « Ce marathon réalisé en trois semaines, fut accompli avec le soutien de sa femme. Nous commencions chaque jour par la première rencontre à 9 heures. Louis Maisonnat s’était lancé le défi de faire une rencontre dans chacune des 169 communes de l’immense troisième circonscription. »
Michel Barrionuevo, élu d’opposition à Sassenage et ex-responsable du PCF à Fontaine.À l’époque, les maires accueillaient le candidat communiste, quelle que soit sa sensibilité. Une tradition républicaine. Les temps ont changé. Franck Longo, actuel maire de Fontaine (MoDem), brillait ainsi par son absence.
Yvonne Roussin, citoyenne de Fontaine, tient à exprimer son émotion en quelques mots, concluant : « Il reste inoubliable pour ceux qui l’ont côtoyé. Merci Monsieur Louis Maisonnat. »
Yves Contreras, qui fut adjoint au maire Louis Maisonnat puis premier adjoint de Yannick Boulard, se souvient : « Quand nous arrivâmes en 1983 au conseil municipal, ses premiers mots furent pour nous, les plus jeunes élus. ‘Soyez attentifs aux autres, aux fontainois et fontainoises, au personnel communal. À leurs représentants syndicaux, respectez-les.’ Et d’ajouter, ‘votre place d’élu n’est pas dans les bureaux, mais dans la ville, avec la vie associative, dans les quartiers, dans les commerces, sur les marchés, devant les écoles et les entreprises’. Et pour s’assurer que nous avions bien compris, il nous mettait une deuxième couche. ‘La première qualité d’un ou d’une élu, ce n’est pas d’avoir une grande langue mais deux grandes oreilles’. » Yves Contreras cite une autre phrase du maire : « L’important, ce n’est pas de prendre une décision, mais de vérifier si elle est traitée. »
Yves Contreras, ancien adjoint au maire Louis Maisonnat.De nombreux exemples sont égrenés, illustrant le souci quotidien de Louis Maisonnat à répondre aux demandes les plus petites et pressantes des jeunes, des locataires, des syndicalistes en lutte.
Claudine Didier, élue d’opposition à la ville de Fontaine et à la Métropole, évoque les réalisations de l’édile PCF : « Nous lui devons la première ligne de tramway à Fontaine, la zone des Vouillants, l’une des premières zones industrielles de France, un programme de logements accessibles, des équipements publics, des écoles, la bibliothèque, la piscine, des équipements sportifs, la MJC et l’hôtel de ville. Dès 1971, il innove dans l’agglomération en impulsant des réunions de quartier. Il mettra en place des événements festifs. Tel que le carnaval, Fontaine en montagne, la foire d’automne, la fête de la jeunesse. »
Claudine Didier, conseillère municipale et métropolitaine PCF.Louis Maisonnat sera l’un des artisans, en France, du « communisme municipal ». Lequel s’est traduit à Fontaine par des générations d’habitants — dont de nombreux immigrés originaires d’Italie — qui se sont intégrées dans une vie sociale riche. Les municipalités successives conduites par l’élu communiste reflétaient la diversité politique de la gauche ainsi que la diversité sociale de la commune.
Laurent Jadeau, élu communiste d’opposition à Fontaine, salue quant à lui le « promoteur infatigable de la paix et de la solidarité internationale ». Ce que Louis Maisonnat a « concrétisé avec deux jumelages en 1963 : Schmalkaden en Allemagne et Alpignano en Italie. Suivis en 1991 par un troisième avec Sommatino signé par Yannick Boulard. Ce premier jumelage en 1963 était d’une audace et d’une vision incroyables. En effet, nous sommes moins de vingt ans après la fin de la Deuxième Guerre mondiale et en pleine tension de la Guerre froide. Louis Maisonnat signe avec Karl-Heinz Hesse, le maire de Schmalkalden, un jumelage alors que les blessures dans le peuple de France sont encore très vives. Qui plus est, cette ville se situe en RDA, pays qui n’est même pas encore officiellement reconnu par l’État français. Il se développe immédiatement entre nos deux villes par les échanges entre associations. »
Laurent Jadeau, élu d’opposition PCF à Fontaine.Danielle Resta, fille aînée de Louis Maisonnat, prend à son tour la parole au nom de la famille, en remerciant le PCF pour l’hommage rendu : « Être réunis ici, sur cette place qui porte son nom, est un moment émouvant pour nous. Avec les élus, les équipes municipales et le personnel de la ville, Louis a œuvré pour faire avancer Fontaine, développer ses services et améliorer la vie quotidienne des familles, des jeunes et des aînés. Celui et ceux qui ont travaillé avec lui le savent, il avait un caractère bien trempé. Il était exigeant, parfois très exigeant. Mais cette exigence était aussi celle qu’il s’imposait à lui-même et qu’il mettait au service des projets auxquels il croyait. Il était à la hauteur de son engagement. Il avait des convictions fortes, une volonté farouche de les défendre jusqu’au bout. Il pouvait être déterminé, parfois direct, et il ne renonçait pas facilement lorsqu’il estimait qu’une décision était juste. »
La famille Maisonnat.Sa fille rappelle qu’il n’était pas seulement un élu, mais « avant tout un mari, un père, un beau-père, un grand-père, un homme aimant, attentif à sa famille, un homme qui savait écouter, conseiller et qui était à l’écoute de ses enfants et de ses proches. Il était un humaniste profondément attaché à Fontaine et à celles et ceux qui y vivaient. » Et Danielle Resta de conclure : « Aujourd’hui, nous voulons avoir une pensée pour toutes les personnes qui l’ont connu, qui ont travaillé avec lui, qui ont partagé ses combats, qui ont parfois discuté avec lui ou qui ont simplement croisé son chemin. »
La plaque en son honneur sur la place Louis-Maisonnat.La matinée hommage s’est terminée par un buffet et des chants populaires et révolutionnaires (La Marseillaise, Le Chant des partisans, l’Internationale…) interprétés par Claude Belmudes. Parmi les nombreux présents, citons aussi Alfred Gryelec, ancien maire et conseiller général de Vizille, Yannick Boulard et Jean-Paul Trovero, anciens maires de Fontaine, Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF Isère, Salavatore Origlio, ex-principal du collège Gérard-Philipe, Marie-Noëlle Batistel, députée de la quatrième circonscription, Guillaume Lissy, maire de Seyssinet et président de la Métropole, Mitra Rezai, élue à Saint-Martin‑d’Hères, ou encore Sylvette Rochas (Échirolles).
Yves Contreras, Marie-Noëlle Battistel, Laurent Jadeau.La section PCF Fontaine rive gauche Vercors a produit une vidéo relatant l’hommage rendu à Louis Maisonnat : youtube.com/watch?v=7T45IVouvE4
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