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Le Travailleur Alpin

Publié le 10.06.2026 à 14:43

Luc Renaud

Otist a grandi dans la peinture. Sa maman a étudié à l’école des Beaux arts, il a toujours dessiné, photographié… Premier déclic : un voyage à Londres. « J’ai vu des œuvres de Banksy, et je me suis dit, un peu naïvement sûrement : « pas si difficile ! » Un artiste important du street art était né.

Otist commence à travailler et trouve la technique qui lui convient, celle du pochoir. Dans l’univers des cultures urbaines, mais peut-être « une autre mentalité que le graff, plus ouverte ». Vient ensuite un second déclic, la naissance de son fils. « Dans quel monde va-t-il grandir ? », s’interroge le jeune père. A la maîtrise technique s’ajoute ce questionnement qui s’exprime dans ses œuvres : ce seront des tableaux qui expriment des messages de paix et de justice, comme celui qui évoque le génocide à Gaza, avec une peluche d’enfants éclatée.

Otist utilise la technique de street art du pochoir.

La technique du pochoir offre la possibilité d’un travail, d’une réflexion en amont. L’œuvre murit avant d’affronter la rue. Une dimension qui est aussi celle du collage. Le principe est de créer à domicile, puis de coller le tableau sur un mur, un support… une autre expression du street art – du coup, comme « il n’existait pas de festival de collage en France et nous l’avons créé au Minimistan », se réjouit Otist ; pour sa deuxième édition en octobre dernier, le festival a réuni les créations de quatre cents artistes du monde entier.

Et c’est la conjugaison de cette maîtrise technique et de cette envie de dire au monde qui fait la force du travail d’Otist.

« Le street art est devenu un produit de spéculation, enfermé dans des galeries qui lui retirent son âme. Cette peinture, c’est ma réponse : un retour à la rue, à l’état sauvage. À une époque de conformisme absolu, sortir du cadre est un pur réflexe de liberté. C’est refuser de suivre le troupeau pour tracer sa propre voie. L’humain détruit, calcule et spécule ; l’animal, lui, reste digne, indomptable et authentique. L’art est dans la rue. Restons sauvage » , commente Otist sur Insta à propos de ce tableau.

Un travail désormais reconnu par ses pairs du street art et par un public plus large. « Peindre dans la rue, c’est s’exposer au risque d’être recouvert ; mais il arrive maintenant que des dessins soit entourés d’autres tableaux, sans être abîmés. »

Des tableaux que l’on pourra découvrir à la fête du Travailleur alpin où Otist peindra au pochoir deux œuvres pendant la fête sur des supports de 5 mètres carrés prévus à cet effet. Cette fête « je la découvre », concède Otist. Il a lui-même pris contact avec les organisateurs après qu’un ami lui en ait parlé et qu’il ait noté la présence de Rim’K dans la programmation de cette édition 2026. « Je suis un enfant du rap, 113, j’ai été bercé avec ça ». Contact pris, entente immédiate. « Je partage ces valeurs ; c’est une belle histoire, de festival, ça fait partie du patrimoine de Grenoble », et puis, « coco, c’est pour le peuple, ça me parle », nous dit-il, lui qui, dans le civil, est ouvrier dans les ateliers d’une entreprise de transport. Ses œuvres témoignent régulièrement de son engagement contre l’extrême droite et le racisme.

Otist a hâte du « plaisir de l’événement ; j’aurai l’impression d’être chez moi », assure-t-il. Un plaisir assurément partagé par le public de la fête qui pourra voir travailler l’artiste vendredi et samedi 26 et 27 juin à Saint-Egrève, juste au milieu du parc Marius Camet.

L’art est mon arme.

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Publié le 10.06.2026 à 09:24

Didier Gosselin

Les Berjalliennes et Berjalliens sont venus en nombre devant le palais de justice exprimer tout à la fois leur solidarité, leur colère et leur détermination suite au meurtre de Lyhanna, lequel a mis en évidence à quel point le fonctionnement du système judiciaire était attaqué par les politiques d’austérité.

« Aujourd’hui, nous sommes réunies devant un palais de justice. Mais nous pourrions aussi nous rassembler devant un commissariat, une gendarmerie ou une préfecture » a déclaré Stella Brunet du collectif Féministes berjalliennes. « Nous voilà ici, pour Lyhanna, ses parents et toutes celles et ceux qui l’aimaient. Aujourd’hui, nous voulons exprimer la douleur immense qui nous traverse. Notre colère aussi est immense car cet infanticide n’aurait jamais dû se produire. La police, la gendarmerie et la justice auraient dû faire leur travail. Le gouvernement n’a pas pris ses responsabilités. L’Assemblée nationale n’a pas daigné se pencher sur ce sujet. Pourtant, une loi intégrale contre les violences sexuelles contre les enfants et les femmes attend d’être examinée à l’assemblée nationale » a insisté, avec force et dignité, Stella Brunet.

Les intervenantes à l’issue du rassemblement. Au centre, Stella Brunet, co-fondatrice, avec sa sœur Ophélie, du collectif Féministes berjalliennes

Gabrielle, de l’association La phrase qui tue, a rappelé que « chaque année 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles ou violé.e.s soit 483 par jour, un enfant sur dix donc trois par classe. Parmi elles et eux, plusieurs enfants ont porté plainte contre Jérome Barella mais notre pays ne les a pas protégés. En toute impunité, cet homme, le père de sa meilleure amie, s’est senti autorisé à tuer une enfant de 11 ans, Lyhanna ». Et la militante féministe de souligner que Lyhanna « aurait dû devenir une femme » et que « son meurtre constitue le 67° féminicide de l’année 2026 ».

« Nous ne pouvons plus nous taire »

« Nous ne pouvons plus nous taire », a‑t-elle poursuivi, « nous ne pouvons plus minimiser, nous ne pouvons pas ignorer : cela se passe aussi près de chez nous ».

Dans un communiqué de la Fondation des femmes, lu lors de ce rassemblement, c’est une « défaillance systémique des institutions » qui est dénoncée. « En France, il y a deux fois moins de juges et quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne. 94% des plaintes pour viol sont classées sans suite, la plupart du temps parce qu’aucune enquête n’est menée, faute de moyens et de volonté ». La Fondation des femmes exige une loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants, financée, et qui comprenne la prévention, la justice et la réparation !

« En France, il y a deux fois moins de juges et quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne. »

La mise en œuvre de cette loi, portée par 130 associations féministes et enfantistes et par 114 parlementaires, nécessiterait un investissement de 2,6 milliards d’euros annuel. Un chiffre à mettre en regard des 9 milliards d’aide militaire de la France à l’Ukraine, des 36 milliards supplémentaires qui viennent d’être attribués à la loi de programmation militaire, des 80 milliards d’évasion ou d’optimisation fiscale, des 211 milliards d’aides publiques aux entreprises sans contreparties, etc.

Il s’agit donc bien de choix politiques et financiers. Ceux de Macron visent à mettre la France et les services publics au pas selon les exigences du capital. D’autres choix sont possibles et nécessaires pour accroître les dépenses publiques, pour embaucher et former en s’en donnant les moyens financiers, afin de développer le pays, d’avoir des services publics à la hauteur et de vivre toutes et tous mieux.

La pluie n’a pas découragé, ni dispersé les manifestant·es…

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Publié le 09.06.2026 à 13:47

Manuel Pavard

Séverine Dejoux et Olivier Six avaient parlé eux-mêmes de « montagnes russes », le 3 avril. Ce jour-là, l’ancienne salariée et élue CGT de Vencorex et le PDG de CIC Orio, porteurs du projet de reprise Exalia, voyaient l’espoir revenir au sortir d’une réunion encourageante à Bercy, dix jours après le coup de massue du tribunal des activités économiques de Lyon (ex-tribunal de commerce) qui avait rejeté leur offre. Conscients des difficultés à venir, ils appelaient toutefois à ne pas s’emballer. Une prudence malheureusement justifiée… Car ce mardi 9 juin au matin, tous deux ont annoncé dans un communiqué « l’abandon définitif » du projet Exalia. Décision à laquelle ils ont été « contraints ».

Cette fois, plus de place au doute malheureusement. Les porteurs de projet évoquent ainsi le « retrait définitif et irrévocable » de leur offre visant à la renaissance industrielle de la plateforme chimique de Pont-de-Claix. « Les impératifs de délais, l’inertie et les verrous procéduraux actuels condamnent définitivement un projet qui représentait pourtant l’avenir d’une filière industrielle régionale et nationale stratégique », déplorent Séverine Dejoux et Olivier Six, avec « un profond sentiment de révolte, d’amertume ».

« Les aberrations de la gestion d’une liquidation judiciaire »

Outre les « centaines de milliers d’euros investis à fonds perdus en études techniques et juridiques », il s’agit avant tout, selon eux, d’un « gâchis industriel, social et humain inacceptable ». Ce, à l’image du « travail colossal » abattu durant un an par l’équipe pilotant le projet, finalement en pure perte. « L’échec d’Exalia est l’histoire d’un projet industriel stratégique, solide et unanimement soutenu, percuté par les aberrations de la gestion d’une liquidation judiciaire », résume le duo.

Les porteurs de projet sur le site de Pont-de-Claix, au lendemain du rejet du tribunal de commerce.

Un « fiasco » qui s’est écrit en deux temps. D’abord avec la décision du 24 mars du tribunal de commerce, qui a préféré céder l’essentiel des installations au ferrailleur drômois All Metal, « sur la recommandation du liquidateur judiciaire ». Un choix « court-termiste », regrettent Séverine Dejoux et Olivier Six. Dictée par « la recherche d’un gain immédiat de 1,5 millions d’euros », cette décision « occulte totalement l’abysse financier que devraient représenter, à terme, les coûts réels de démantèlement et de dépollution de la plateforme », soulignent-ils.

La deuxième étape correspond à la seconde offre formulée par les promoteurs d’Exalia. Refusant d’abandonner, ceux-ci se sont appuyés sur le soutien de leurs partenaires, notamment le « support financier renforcé de l’État et de la ville du Pont-de-Claix », pour tenter de racheter les actifs restants et négocier le rachat des installations nécessaires auprès du ferrailleur. Proposition qui s’est là encore heurtée à un refus, malgré d’intenses discussions.

« La vente à la découpe plutôt que la continuité d’un projet industriel »

Pour le binôme, le responsable est clairement désigné : « le cadre procédural de la liquidation judiciaire et la rigidité de l’application de ce cadre revendiquée par le liquidateur judiciaire. En privilégiant la vente à la découpe plutôt que la continuité d’un projet industriel d’avenir, le liquidateur a revendiqué la prévalence d’une logique comptable immédiate sur l’intérêt général », dénonce-t-il.

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet avait évoqué le dossier avec le ministre de l’Industrie Sébastien Martin, lors des assises CGT du made in France, le 26 mars, à Pont-de-Claix.

Les porteurs de projet pointent « un coup d’arrêt dramatique ». Exalia avait pour vocation « de recréer plus de 250 emplois directs à court terme, de sauver une mine de sel stratégique et de permettre le développement sur la plateforme du Pont-de-Claix, d’une chimie d’avenir, moderne et décarbonée ». Les conséquences de cet abandon s’annoncent lourdes, avec une « perte de souveraineté majeure » et la disparition d’un « actif hautement stratégique » pour le pays.

Séverine Dejoux et Olivier Six avertissent : « Le projet Exalia devait sécuriser la production nationale de matières premières stratégiques indispensables à nos industries clés, notamment pour le nucléaire, l’armement, le traitement de l’eau et à la chaîne agroalimentaire. » Ainsi, « l’arrêt de cette production force désormais la France à importer massivement ces composants essentiels ». D’où une nouvelle « dépendance » et d’inévitables « surcoûts » pour les entreprises et les collectivités. Sans compter le coût humain pour les ex-salariés de Vencorex arrivés en fin de droits, qui espéraient encore une embauche chez Exalia.

Perte de souveraineté, surcoût et hérésie écologique

Les deux partenaires fustigent enfin « une hérésie écologique », avec l’augmentation de l’empreinte carbone de produits importés de l’étranger — au lieu d’une production locale « moderne et décarbonée ». « C’est un contresens écologique total à l’heure de la transition environnementale », s’insurgent-ils.

Séverine Dejoux et Olivier Six appellent à tirer les leçons de ce « désastre inadmissible ». Cet échec est en effet « inacceptable », concluent les porteurs du projet Exalia. « Il doit aujourd’hui servir de contre-exemple absolu et de jurisprudence de ce qui ne doit plus jamais se produire en France. Le droit des procédures collectives ne peut plus être le fossoyeur de notre souveraineté industrielle. »

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Publié le 08.06.2026 à 22:27

Manuel Pavard

Sur le campus de l’Université Grenoble Alpes, à Saint-Martin-d’Hères, les allées comme les amphis se vident progressivement, à mesure que sonne la fin de l’année universitaire dans les différentes filières. Mais pour les militants de l’Unef, l’heure n’est pas encore aux vacances. Assemblée générale le 5 mai, rassemblement le 12 mai — aux côtés de la CGT Université de Grenoble, de l’UEG ou de Solidaires étudiant-e‑s -, manifestations les 21 et 26 mai, conférence de presse le 2 juin, rencontre avec le président de l’UGA le 4 juin… Ces dernières semaines, le syndicat étudiant fait feu de tout bois, à la fois contre la hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers et contre la sélection à l’entrée à l’université.

Conférence de presse de l’Unef devant la présidence de l’UGA, le 2 juin, contre la sélection à l’université à l’issue de Parcoursup et pour lancer la campagne de défense des sans-facs.

Deux luttes distinctes mais complémentaires car s’opposant à la vision, défendue par l’Unef, d’une université ouverte à toutes et tous. Preuve de l’utilité de ces combats, les trois semaines de mobilisation contre le décret Baptiste ont fini par faire reculer la présidence de l’UGA. Le ministre de l’Enseignement supérieur entendait en effet supprimer l’exonération des frais d’inscription différenciés pour les étudiants extra-communautaires. Lesquels devaient, selon le plan « Bienvenue en France » instauré en 2019, s’acquitter de droits multipliés par quinze ou seize : 2895 euros pour une année de licence et 3941 euros pour une année de master — contre respectivement 178 et 254 euros actuellement.

Des enseignants et personnels du CUEF mobilisés contre les frais d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers, le 21 mai, à l’appel de la CGT Université de Grenoble.

Finalement, seuls ces derniers montants seront dus pour l’année universitaire 2026–2027, l’Université Grenoble Alpes ayant décidé d’accorder une exonération totale des droits différenciés à tout étudiant qui en fait la demande. En revanche, l’augmentation prévue par le décret devrait s’appliquer à partir de septembre 2027. D’où la prudence affichée par le syndicat, qui se félicite toutefois de cette « première victoire ».

Parcoursup, 80 000 demandes à Grenoble, qui compte 60 000 étudiants

Désormais, les regards sont majoritairement tournés vers celles et ceux que l’on surnomme les « sans-facs ». Autrement dit les recalés de Parcoursup et Mon Master, soit des centaines de milliers de jeunes refusés en licence ou en master dans l’ensemble des universités françaises. C’est donc pour lancer sa campagne que l’Unef s’est adressée aux médias, devant le bâtiment de la présidence, le mardi 2 juin, jour du début de la phase d’admission sur Parcoursup.

Les drapeaux de l’Unef flottant sur la place des Damiers, le 2 juin.

« On entame une phase de permanence : toutes celles et tous ceux qui ont été refusés en licence et en master pourront nous contacter pour commencer à monter un collectif des sans-facs », explique Léonce Doulat, président de l’Unef Grenoble. Objectif, « exiger des inscriptions auprès de l’université ». De fait, poursuit l’étudiant, « chaque université en France a le pouvoir d’inscrire qui elle veut. C’est ce qu’on appelle un recours gracieux, qui relève du président de la fac. »

Léonce Doulat, président de l’Unef Grenoble, prend la parole, le 2 juin, devant la présidence.

Combien sont-ils aujourd’hui à postuler à l’UGA et à se retrouver le bec dans l’eau, à trois mois de la rentrée ? « Parcoursup, c’est 80 000 demandes à Grenoble », indique Léonce Doulat. Mais difficile de déterminer précisément lesquelles s’apparentent à des sans-facs puisque les néo-bacheliers ont formulé plusieurs vœux — soit dans plusieurs universités, soit différents vœux dans la même fac. Néanmoins, « les 80 000 demandes sont juste pour les L1 alors que Grenoble compte 60 000 étudiants au total, donc il n’y a pas 60 000 places en licence. Ce n’est pas du tout à la hauteur », souligne-t-il, pointant « un manque de places criant ».

« Une sélection par l’argent assumée et décomplexée »

Léonce Doulat entend s’appuyer sur la dernière campagne menée par l’Unef qui a réussi à inscrire la dizaine d’étudiants mobilisés au sein du collectif des sans-facs, au début de l’année 2025–2026. Parmi eux, Cyprien, ex-sans-fac aujourd’hui étudiant en master, après avoir dû batailler à la même époque, l’an passé. « L’administration va dire aux lycéens qui sont refusés en licence ou aux étudiants de licence qui ne sont pas pris en master que c’est de leur faute », s’insurge-t-il. « Tout au long de ma licence, les profs nous ont répété que tous ceux qui valideraient leur licence seraient acceptés en master. Pourtant, j’ai validé mon année et on m’a refusé dans mon master qui était la suite logique. »

Cyprien, étudiant en master et ancien sans-fac, revient au micro sur son combat pour l’inscription, il y a quelques mois.

Dénonçant une « politique mise en place pour attaquer la jeunesse », Cyprien appelle l’ensemble des étudiants et des jeunes exclus via Parcoursup ou Mon Master à « s’organiser collectivement pour combattre les politiques d’austérité, les politiques racistes, nationalistes et anti-sociales ».

Alara, étudiante turque en L3 et sans-fac, a vivement dénoncé la « sélection par l’argent » à l’université.

Autre sans-fac, Alara, étudiante turque en L3 souhaitant intégrer un master, fustige, elle, le bien mal-nommé plan « Bienvenue en France ». « Sous ce titre cynique, le gouvernement a institutionnalisé une sélection par l’argent assumée et décomplexée », accuse-t-elle. Appliquer des frais différenciés de 3000 à 4000 euros revient, selon elle, à « fermer les portes de l’enseignement supérieur public à des milliers de jeunes ».

« Refuser cet avenir qu’on nous réserve »

Alara incarne ainsi la synthèse entre les luttes contre « Bienvenue en France » et Parcoursup / Mon Master. Deux systèmes et dispositifs qui cachent une même logique de sélection à l’entrée à l’université. « Parcoursup, c’est la face immergée de l’iceberg », affirme Léonce Doulat. Et de citer « les coupes de budget chaque année, avec des places supprimées dans toutes les facs, la hausse des frais d’inscription qui est une sélection au portefeuille ». Quant à Parcoursup, « c’est une sélection sociale et raciste », estime-t-il. « Si tu ne viens pas du bon lycée, si tu es enfant d’immigré, tu n’as pas les mêmes chances d’aller à la fac. »

Sur la banderole tendue devant le bâtiment de la présidence, un slogan symbolisant la lutte de l’Unef et des sans-facs.

Pour le militant de l’Unef, la volonté du gouvernement de « casser l’université » est également à relier au reste de l’actualité : « Ils mettent en place le nouveau service national, pensé exactement pour ceux qui sont refusés à Parcoursup. Si tu ne vas pas à la fac, que fais-tu de ta vie ? Soit tu vas travailler à McDo, soit tu fais le nouveau service militaire. C’est un peu ce que le gouvernement nous propose. » Face à cela, le but de la campagne des sans-facs est double, conclut Léonce Doulat. Il s’agit ainsi « d’exiger le droit d’étudier — qui est un droit fondamental — et de refuser cet avenir qu’on nous réserve ».

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Publié le 08.06.2026 à 15:57

Luc Renaud

« Ce que je peins vient souvent de quelque chose que j’ai vécu, qui résonne en moi et qui n’est pas forcément compréhensible par quelqu’un qui ne connaît pas l’histoire. » Est-ce là ce qui donne le force des œuvres de Lotus ?

Voilà trois ans que l’artiste de street art s’est lancé. Il peint exclusivement à la bombe. Son inspiration est plutôt figurative et sa technique utilise la transparence de formes abstraites sur lesquelles s’invitent des figures humaines et des objets qui lui sont familiers : l’influence est là celle des vanités, ces tableaux du XVIIe siècle qui interrogent la vacuité des passions et activités humaines.

Les œuvres de Lotus que l’on peut trouver sur les murs de Grenoble sont de grande dimension. Il a notamment eu l’occasion de s’exprimer sur la friche Dolomieu, sur les pentes de la Bastille.

Lotus vient de réaliser sa première exposition, Intériorité. Elle est visible à la maison des associations de Pont-de-Claix. Ses tableaux ont été peints sur des panneaux de bois récupérés, une dimension de l’engagement de l’artiste. Ce qui permet aussi d’assurer leur pérennité.

C’est sur un panneau de ce type que Lotus s’exprimera à la fête du Travailleur alpin les 26 et 27 juin. « La fête du TA, ça fait longtemps que je connais ; je suis aussi musicien. Elle témoigne d’un engagement politique que je soutiens, même si je ne suis pas pleinement impliqué. » On pourra le voir peindre à la bombe pendant toute la durée de la fête, au cœur du parc Marius-Camet, à Saint-Egrève. Lotus a déjà décidé du thème et du message qu’il exprimera à la fête du TA, le public en aura la primeur.

Rendez-vous à Saint-Egrève pour un moment spectaculaire et passionnant.

Intériorité, une exposition à découvrir à la maison des associations du Pont-de-Claix

Jusqu’au 3 juillet, entrée libre aux horaires d’ouverture de la maison des associations, les lundis, mardis, jeudis et vendredis de 8h30 à 12h.

29 avenue du Maquis de l’Oisans
38800 Pont de Claix

Lors du vernissage de l’exposition de Lotus, son ami Otist, qui participera lui aussi à la fête, s’est exprimé sur un mur de la cour de la maison des associations du Pont-de-Claix.

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Publié le 07.06.2026 à 17:19

Edouard Schoene

Cette initiative était également portée par l’association de gestion des centres de santé de Grenoble AGESCA, le pôle de santé interprofessionnel de Saint-Martin‑d’Hères et le centre de santé Village 2 d’Echirolles.

Depuis 2021, une expérimentation financière dans le cadre de l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale, nommée SECPa, concerne vingt-six structures de santé communautaire réparties sur l’ensemble de la France. Cette expérimentation vise à sécuriser le modèle économique de ces structures de santé.

Une conférence de presse se tenait en fin de journée.

Patricia Ospelt, l’une des responsables du collectif.

Patricia Ospelt, l’une des responsables du collectif pour la création d’un centre de santé communautaire à Saint-Bruno, a pris la parole : « les vingt-six structures intégrées dans l’expérimentation, portent une transformation de l’organisation des soins, une approche globale et collective, fondée sur la promotion de la santé et la réduction des inégalités sociales. Alors, lorsque nous avons appris le 29 janvier 2026 que nos collègues des vingt-six structures voyaient leurs financements menacés, nous les avons rejoints dans leur lutte. »

Le blocage des financements a été repoussé du printemps au 31 décembre 2026.

L’incertitude demeure au-delà.

« Le 9 février dans un courrier, madame la ministre Stéphanie Rist a rappelé son attachement aux structures SECPa, mais sans donner des garanties suffisantes sur le cadre du financement. Elle n’évoque pas non plus toutes les autres structures hors expérimentation ou en préparation d’ouverture. »

Ainsi le devenir du centre de santé communautaire de Saint-Bruno est incertain.

Les députés Chatelain (EELV) et Elisa Martin (LFI) présentes à la conférence de presse ont assuré les associations de leur engagement pour porter leurs légitimes revendications au Parlement (financement pérenne financé par la CNAM pour toutes les structures de santé communautaire).

C’est tout un quartier qui se mobilise pour la création d’un centre de santé.

Elisa Martin : « Il va falloir mener la discussion à l’assemblée pour que dans le PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027) soit inscrit dans le droit commun, la capacité d’asseoir le financement de ces structures et bien sûr, pourquoi pas, d’en développer d’autres puisqu’elles ont fait la démonstration qu’elles étaient tout à fait utiles. Pour ça, il faut de l’argent. Et pour ça, il faut sortir des logiques financières qu’on appelle la tarification à l’acte. »

Les associations soulignent que « la santé communautaire est en plein essor car elle répond aux besoins de santé de la population et aux aspirations des nouvelles générations de soignant.es. Elle est l’une des solutions en France pour lutter contre les inégalités de santé et l’une des pistes les plus sérieuses pour réussir à répondre aux épidémies de pathologies chroniques et aux crises sanitaires qui nous attendent. »

Amandine Germain, adjointe à la santé l’alimentation et la restauration collective à la ville de Grenoble est intervenue en fin de conférence.

L’adjointe à la maire de Grenoble en charge de la santé soutient le projet

« Oui nous soutenons la création du centre de santé communautaire à Saint-Bruno. C’est notre priorité. Il sera localisé au sein du quartier Saint-Bruno. Nous n’abandonnons pas pour autant un projet dans le quartier Flaubert. » Le collectif qui s’est constitué pour promouvoir la création d’un centre de santé à Saint-Bruno a travaillé sur l’implantation de ce centre dans un bâtiment situé place Saint-Bruno.

La ville de Grenoble choisira-t-elle ce bâtiment ? L’adjointe donnera priorité à l’association pour répondre à cette question lors d’une réunion de travail programmée le 12 juin. « À Grenoble, nous avons des centres de santé qui dépendent de l’association de gestion des centres de santé qui sont situés sur les quartiers prioritaires de la ville. La ville les finance à hauteur importante. Nous le faisons, bien que ce ne soit pas dans les obligations légales. Nous le faisons de manière extrêmement volontariste parce qu’on croit à cette vision de la santé sous l’angle de la prévention, parce qu’on croit que sur les quartiers qui ont plus de précarité sociale et économique il faut mettre les bouchées doubles sur les questions de prévention. Et donc c’est dans ce cadre-là que nous accompagnons bien sûr l’association pour le centre de santé Saint-Bruno qui s’est constitué dans l’objectif de créer un centre de santé dans cette dynamique de santé communautaire et participative sur le quartier Saint Bruno. Nous sommes dans une phase de travail en commun pour définir un modèle économique pour ce centre de santé. »

Amandine Germain a conclu en insistant sur la volonté de la municipalité de finaliser le dossier d’ici la fin de l’année.

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Publié le 05.06.2026 à 20:26

Daniel Oriol

Ce jeudi 4 juin , l’Institut d’histoire sociale de l’Isère rhodanienne a fêté ses vingt ans.

Crée en 1982 à l’initiative de Georges Séguy l’Institut d’histoire sociale est une association consacrée à l’histoire du mouvement ouvrier et plus particulièrement à celle de la CGT. Tenant compte des luttes des salarié-es du textile, de la chimie et de l’énergie qui ont marqué le territoire, trois militants C. Christou, J.P. Guy et R. Gallardo proposent de créer en 2006 une antenne de cet institut.

Depuis vingt ans un travail colossal d’archivage sur les femmes et les hommes, leurs luttes, leurs conditions de travail afin de sauvegarder et transmettre auprès des jeunes générations les batailles et les conquis des salarié-es de la zone Vienne, Roussillon, Beaurepaire.  Des expositions, des colloques permettent de faire connaître les événements de la vie syndicale, l’I.H.S. véritable passeur de mémoire.

L’histoire n’est pas un passage figé: c’est une force qui oblige. Comprendre d’où viennent les injustices, c’est commencer à les combattre !

Il fallait s’abriter pour éviter la pluie.

La météo de ce jeudi 4 juin n’a pas permis l’affluence qu’aurait méritée cette belle exposition qui aura sans doute l’occasion d’être présentée à d’autres publics.

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