Publié le 20.06.2026 à 18:47
Luc Renaud
« Lorsque nous nous sommes tous retrouvés à l’aéroport d’Istanbul, j’ai vu le regard de certains d’entre nous ; il avait changé, ils seront traumatisés pour longtemps. » Le monde entier a eu un aperçu de ce que l’État d’Israël avait été capable de commettre en découvrant la vidéo publiée par le ministre de la Sécurité nationale, suprémaciste d’extrême droite, Itamar Ben Gvir.
Cette expérience, si l’on peut dire, Antoine Jacquet l’a vécue. Voileux dans l’âme, skipper confirmé, il avait candidaté à l’été dernier pour faire partie de la flottille de Gaza. Il a embarqué le 13 avril 2026, après plusieurs semaines de préparation et de formation. Avec une simple motivation, faire quelque chose contre l’oppression, les dominations, le génocide des Palestiniens bien sûr. Dimension humanitaire qui fait partie de son ADN : dans les favellas de Rio-de-Janeiro, il enseignait la musique avant de rejoindre Barcelone.
Composée de soixante-dix bateaux à voile et à moteur, l’escadre de la Global Sumud Flotilla a fait route sur Marseille et puis la Sicile où d’autres navires sont venus la grossir. C’est déjà en Crète qu’une première attaque a eu lieu. Des bateaux ont été sabotés et trente-cinq personnes ont dû être hospitalisées en Grèce… où les dossiers médicaux ont été perdus. « Le gouvernement grec a prêté main forte aux Israéliens, par exemple pour débarquer les militants capturés », constate Antoine Jacquet. Saif Abukesek, citoyen hispano-suédois d’origine palestinienne, et Tiago Avila, Brésilien, ont été emmenés en Israël et détenus pendant plusieurs jours. « Ces deux enlèvements, ce n’était pas au hasard, ils savaient tout sur nous, qui avait quel rôle, quelle responsabilité. »
La flottille, amoindrie, s’est alors dirigée vers la Turquie. Elle a ensuite mis sur le cap sur Gaza et a été attaquée, le 18 mai, au large de Chypre par la marine israélienne. « Comme chaque fois, ça s’est passé dans les eaux internationales et c’est ce qu’on appelle un acte de piraterie, en droit international », s’indigne Antoine Jacquet.
Pour kidnapper l’ensemble des 430 passagers des bateaux de la flottille, les militaires israéliens ont mis 36 heures – les bateaux de la flottille s’étaient espacés en prévision de l’attaque. Les assauts sont perpétrés par des marins sur des vedettes rapides ; leur premier geste étant de tirer sur les caméras embarquées. Les militants sont ensuite parqués dans des bateaux prison, débarqués dans le port d’Ashdod, près de Tel Aviv, puis conduits dans la prison de Ktziot dans le désert du Néguev avant qu’ils ne soient expulsés dans des avions turcs qui les ont déposés à Istambul le 21 mai. Deux Français sont restés plus longtemps hospitalisés en Turquie, leur état ne leur permettant pas de voyager.
L’une des images que l’on pourra voir parmi celles de l’exposition présentée à la fête du Travailleur alpin, au stand de la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité. En 2024, après le retrait partiel de l’armée israélienne à Khan Yunis. Bande de Gaza, 2024. © Ehad Al-Sharafi« J’ai pris des coups, témoigne Antoine Jacquet, dans le bateau, puis lors d’interrogatoires arrivé en Israël, à la prison… » Les membres de la flottille ont été privés d’eau potable, nourris au pain sec, connu l’humiliation des fouilles à nu… Antoine Jacquet estime cependant s’en être « bien sorti ». D’une part parce que « ce que nous avons subi, ce n’est rien à côté de ce que vivent les Palestiniens », et puis aussi parce qu’il était « dans le bon bateau prison ». Ce que lui ont raconté les kidnappés de l’autre bateau relève de l’horreur : « ils étaient battus en permanence, il y a eu des agressions sexuelles ». Des récits qui disent les heures passées à genoux, front contre le sol, mains menottées dans le dos, les privations de sommeil, la musique assourdissante, l’utilisation de tasers, de balles en caoutchouc, de grenades assourdissantes et de chiens ; trainés à terre par les cheveux.
Ce que retient Antoine Jacquet, c’est aussi la fébrilité avec laquelle les soldats israéliens tentaient de justifier par les massacres du 7 octobre le génocide du peuple palestinien. « Ils nous ont projeté des vidéos de l’attaque du Hamas, certains d’entre nous ont vu des films de décapitation ; il y avait comme une sorte de volonté pathétique de justifier l’injustifiable. » Avec un racisme décomplexé, en français dans le texte : « ils me disaient, ‘vous êtes français, vous parlez arabe alors, il n’y a plus de vrais Français chez vous’ ».
Avec le recul – sur le moment, il fallait tenir – Antoine Jacquet tente une analyse. « Ça vaut ce que ça vaut ; il m’a semblé que les plus jeunes n’étaient pas fiers de ce qu’ils faisaient ; sur le port, une soldate était chargée de moi et elle me tapait dessus chaque fois que je bougeais, mais j’avais l’impression qu’elle le faisait pour obéir aux ordres ; j’en ai vu d’autres, plus âgés, qui en rajoutaient dans les brutalités, par plaisir, avec de la haine dans les yeux. »
Lorsque nous nous sommes rencontrés, Antoine Jacquet était en retard. Il sortait du cabinet d’un médecin où il avait fait constater les traces corporelles des brutalités qu’il avait subies, trois semaines avant, en vue des procédures en cours. Le 5 juin, compte tenu des témoignages des militants, une enquête a été ouverte à Paris pour tortures et crimes de guerre par le Parquet national antiterroriste. Une enquête préliminaire a été confiée à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH) des chefs de « tortures, au sens de la convention de New-York du 10 décembre 1984, et de crimes de guerre » a annoncé le PNAT.
Les rendez-vous « solidarité Palestine » à la fête du Travailleur alpinOn aura bien sûr rendez-vous au stand de l’Association France Palestine solidarité où l’on trouvera toute la documentation utile à l’information et à l’action solidaire avec le peuple palestinien, mais aussi de l’huile d’olive et des keffiehs vendus au profit de projets humanitaires en Palestine ainsi que des falafels et autres propositions gastronomiques palestiniennes.
Moment fort dès l’ouverture de la fête avec le vernissage de l’exposition d’images issues de l’initiative I Grant You Refuge (Je t’accorde l’asile), une œuvre photographique collective poignante réalisée par six photojournalistes palestiniens (Jehad Al-Sharafi, Mahdy Zourob, Mohammed Hajjar, Omar Ashtawy, Saeed Jaras, Shadi Al-Tabatibi), qui nous plonge au cœur de l’enfer de la bande de Gaza. Le vernissage aura lieu le vendredi 26 à 17h, au stand de la Société des lectrices et lecteurs de l’Humanité.
Autre rendez-vous à la librairie Joséphine Baker : Michel Cambon y dédicacera l’ouvrage 100 dessins pour la Palestine auquel il a contribué aux côtés de plumes internationales comme Art Spiegelman et Joe Sacco. Il sera accompagné de Lara et de son reportage BD sur l’élection présidentielle de 2022, Du pied gauche, vers 2027. Ce sera le samedi 27 juin de 16h à 19h. Une rencontre débat avec les auteurs est prévue à 16h45.
On notera également le débat qui aura lieu à l’espace débat le vendredi 26 à 17h15, dans la foulée du vernissage de l’exposition de photos gazaouies, sur le thème « L’extrême-droite contre le droit international ». Avec Otto Vaillant Frias, ambassadeur de Cuba en France ; Youssef Habash, président de la branche européenne du syndicat des journalistes palestiniens ; Leila Moussavian-Huppe, dirigeante nationale du PCF et Pascal Torre, historien et co-président de France Kurdistan.
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Publié le 20.06.2026 à 12:32
Antonin Grandfond
Un rassemblement s’était déjà tenu le 27 mai dernier devant le commissariat de police de Grenoble tandis que Pierre et Benoit, deux inspecteurs du travail militants syndicaux de Sud Travail Affaires sociales et représentants du personnel à la F3SCT, étaient auditionnés par la police. Leur tort : ils se seraient rendus coupables de harcèlement vis-à-vis d’une supérieure hiérarchique, responsable d’unité de contrôle (RUC). Il s’agit d’une procédure bâillon et de représailles pour les syndicalistes puisque cette même responsable, avait elle-même fait l’objet d’un signalement pour harcèlement moral en décembre 2024. Ce signalement a depuis été enterré par la hiérarchie.
Cette situation n’est pas un cas isolé et s’inscrit au contraire dans le contexte de conditions de travail très dégradées pour les inspecteurs du travail, pourtant eux-mêmes garants des conditions de travail des salariés du privé. L’intersyndicale CGT, SUD, CNT et FSU appelait donc au rassemblement ce 18 juin à Grenoble et Paris pour soutenir Benoit et Pierre, victimes de répression syndicale, mais aussi pour dénoncer la situation générale dégradée au ministère du Travail, de l’emploi et des solidarités, une F3SCT (formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail) ministérielle se tenant ce jour.
Pierre Boutonnet témoignant de son audition par des policiers mettant en cause le bienfondé de son action syndicale.Car un rapport a été remis au ministère le 18 décembre dernier par le cabinet indépendant APTEIS, qui confirme qu’il est devenu difficile de travailler dans ce ministère et que « l’organisation du travail des agents […] est génératrice de risques psychosociaux ». Cela n’est certainement pas gratuit mais plutôt cohérent avec la volonté politique plus ou moins avouée depuis plusieurs années d’empêcher l’inspection du travail d’assurer sa mission, à savoir faire respecter le droit du travail. Baisse de 10% des effectifs depuis 10 ans (1800 inspecteurs pour 21 millions de salariés), restriction des prérogatives et mise sous tutelle des DDETS par les préfectures, les actes ne manquent pas pour neutraliser l’inspection du travail.
Et violer le Code du travail ne semble plus relever de l’infraction selon le gouvernement. Le 1er mai en a été une édifiante illustration cette année. Alors que les inspecteurs du travail de l’Isère s’étaient déjà réunis le 27 avril devant la DDETS pour dénoncer l’obstruction de leur hiérarchie à leur action pour faire respecter la législation sur le 1er mai, le Premier ministre Lecornu s’était permis d’assurer de son soutien par téléphone un boulanger du nord-Isère. Celui-ci venait de contrevenir au Code du travail et d’être contrôlé par un inspecteur suite à l’ouverture illégale de son commerce.
Plus d’une centaine de personnes étaient présentes ce jeudi, avec des participants venus de nombreux départements en soutien de Benoit et Pierre et pour refuser le sort qui est fait aux inspecteurs, à l’institution et ses missions. Les interventions se sont succédées, notamment pour rappeler que le cas de la DDETS de l’Isère s’inscrit dans un contexte d’intimidation et de répression de l’action syndicale de plus en plus systématiques. Ainsi, Nicolas Benoit, secrétaire de l’UD CGT, établit le lien avec le cas du groupe SEB, implanté à Vienne, qui, en plus de sanctionner une représentante syndicale qui a mis en évidence l’exposition et la pollution aux PFAS, attaque la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le sénateur communiste Fabien Gay pour avoir dénoncé cette répression syndicale.
Nicolas Benoit, secrétaire de l’union départementale CGT, participait au rassemblement.Mais concernant l’inspection du travail, l’enjeu prend une importance toute particulière. Lorsque les inspecteurs du travail ne peuvent plus accomplir leur mission, ce sont les droits de l’ensemble des salariés qui sont menacés. C’était le thème de l’intervention de David Majewski, de la CGT STMicroeletronics à Crolles, qui rappelait combien l’appui de l’inspection du travail avait été indispensable à leurs combats menés face à une direction obtuse.
La détermination des agents du ministère du travail est forte, et malgré les obstacles dressés par le gouvernement et leur hiérarchie, il est certain que cette lutte va se poursuivre.
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Publié le 19.06.2026 à 22:16
Manuel Pavard
« Notre service, pourtant indispensable à la prise en charge des patients, est en souffrance. Notre santé est en danger. » Les mots, prononcés au micro lors du rassemblement organisé devant le pavillon Dauphiné du CHU Grenoble Alpes (CHUGA), sont forts. Ils traduisent l’ampleur du malaise ressenti par l’équipe de la stérilisation, en grève ce vendredi 19 juin, à l’appel de la CGT. Des agents qui n’hésitent pas à parler de « danger imminent », pour eux comme pour les patients.
Les agents se sont rassemblés devant le pavillon Dauphiné en fin de matinée.En cause principalement, le sous-effectif. « La direction nous promet de recruter six agents mais ce n’est pas assez. Il en faudrait au moins dix ou onze », indique Cynthia, ouvrière professionnelle (OP) à la stérilisation depuis treize ans, qui travaille sur le poste du gravage. « Un poste à part du processus de stérilisation, explique-t-elle. On s’occupe de la création, la modification des boîtes de chirurgie, et aussi de tracer chaque instrument dans les boîtes. »
Aujourd’hui, tous ou presque affirment prendre en charge des missions supplémentaires sans aucune contrepartie. « Les agents sont épuisés, moralement et physiquement, ce qui entraîne de nombreux arrêts et accidents de travail », observe une agente au micro. « Des non-renouvellements de contrats de travail, des démissions ou des mutations dans d’autres services ont diminué l’effectif présent en poste. »
Une agente du processus a pris longuement la parole.Quant à l’absentéisme, celui-ci concerne « un tiers des agents ces douze derniers mois », précise-t-elle. En outre, « les personnels absents ne sont pas remplacés ». D’où une surcharge de travail et d’activité quasi généralisée. « Nous sommes régulièrement sollicités pour occuper plusieurs postes dans la même journée », ajoute la même agente.
« On prend des responsabilités qu’on ne devrait pas assumer avec le salaire qu’on a. »
Un constat que fait également Cynthia, à son poste de gravage. « On nous a sollicités il y a deux ans pour prendre des missions en plus que les IBOD (infirmières de bloc opératoire), elles, effectuent depuis des années. Du coup, on est OP et on fait fonction d’IBOD, mais sans salaire d’IBOD », déplore-t-elle.
Une mobilisation très suivie.Idem pour les agents du processus, qui sont ouvriers professionnels ou agents d’entretien qualifiés (AEQ). « Anciennement, la recomposition des boîtes de chirurgie était effectuée par des IBOD. Elles ont été remplacées petit à petit par des aide-soignantes, puis par des OP et AEQ », raconte Cynthia. Pour tout cela, ces derniers n’ont eu ni reconnaissance ni revalorisation salariale. Pourtant, « on prend des responsabilités qu’on ne devrait pas assumer avec le salaire qu’on a », confie l’agente.
La reconnaissance devrait aussi porter sur la « pénibilité », estime Cynthia. « Parce que notre travail est physique. Il y a de plus en plus de procédures, de plus en plus de traçabilité. » Sa collègue précitée ne dit pas autre chose : « Les gestes répétitifs ainsi que le port de charges lourdes sont le quotidien de notre travail. C’est d’autant plus difficile avec l’augmentation d’activité et majoré par l’absentéisme non remplacé. »
La CGT aux côtés des grévistes.Dès lors, que revendique le personnel de la stérilisation ? En priorité « des recrutements immédiats à hauteur réelle des besoins actuels et anticipés ». Indispensable, selon Cynthia, qui souhaite simplement « un effectif suffisant pour toute la hausse d’activité qu’on a eue ». « Normalement, on est 54 — soit 51,8 équivalents temps plein (ETP) — mais au final, avec tous les arrêts, on se retrouve à 46, constate-t-elle. Donc on est déjà en sous-effectif. »
Le personnel a décliné ses revendications, soumises ensuite à la direction par une délégation de grévistes.Côté salaire, les agents réclament « une prime exceptionnelle pour tout ce qu’on a vécu depuis un an ». Cependant, toute augmentation est limitée, fonction publique oblige, par leur statut — en l’occurrence catégorie C. Les OP et les AEQ demandent donc le passage en catégorie B. Ce qui entraînerait automatiquement une revalorisation salariale.
Ces différentes revendications ont été soumises par la délégation reçue, après le rassemblement, par la direction de l’hôpital. Laquelle n’a pas encore fourni d’engagements écrits, promettant de le faire au terme d’un délai de quinze jours. « Le point bloquant, c’est le nombre de postes à recruter », rapporte Sandra Coulouvrat, trésorière de la CGT CHUGA et membre de la délégation. La direction reste ainsi sur sa proposition de six recrutements, loin de la grosse dizaine exigée par les grévistes.
Sandra Coulouvrat, trésorière de la CGT CHUGA.La rencontre a néanmoins donné lieu à quelques avancées. Concernant l’évolution de carrière, « un concours sera ouvert aux AEQ pour passer OP, au premier trimestre 2027. Et la direction s’engage pour passer les OP2 en première catégorie », se félicite la représentante syndicale. Autre motif de satisfaction, la proposition d’externaliser une partie de la production, envisagée par le CHU, est finalement repoussée sine die.
En revanche, « ils sont très frileux à propos de la revalorisation salariale », regrette Sandra Coulouvrat. Sans surprise, la direction botte en touche et reporte toute la responsabilité sur l’État. Et pour le changement de statut de la fonction publique, « elle s’engage simplement à appuyer le dossier des agents ».
Damien Bagnis, secrétaire de l’union syndicale départementale CGT santé et action sociale.Maintenant, les agents de la stérilisation vont attendre les engagements écrits promis sous quinze jours. « On refera le point après », annonce la syndicaliste CGT. « Nous, soignants, travailleurs sociaux, citoyens, on se mobilise pour leur dire que ça suffit », lance Damien Bagnis, secrétaire de l’union syndicale départementale CGT santé et action sociale, en clôture du rassemblement. « Car on n’aura jamais, jamais, jamais d’argent si on ne se mobilise pas tous ensemble. Toutes les professions ! »
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Publié le 19.06.2026 à 19:22
Edouard Schoene
Dans une ambiance très lourde, Julien Bouvier, adjoint à l’enfance et à l’éducation, a expliqué à une cinquantaine de parents être désolé de devoir annoncer la fermeture de l’école du quartier La Poya. Il a fondé la décision sur la baisse du nombre d’enfants en dix ans (- 400) et surtout sur une situation financière critique de la ville, notamment pour assumer la dépense (17 millions d’euros) pour le groupe scolaire Rose Valland qui devrait remplacer l’école Robespierre.
La représentante du collectif « non à la fermeture de l’école Labourbe » a énoncé les questions et arguments en six points d’un texte remis aux élus : pourquoi une telle décision, quel avenir du site ? Quelle répartition des élèves ? Quelles garanties de sécurité et d’accessibilité ? Quelles conditions d’accueil dans les écoles ? Quelles conséquences pour les élèves ? Impacts sur les familles et le quartier ? Exigence de transparence des projections démographiques.
La représentante des parents d’élèves du groupe scolaire Labourbe a exprimé les demandes des familles.Très vite la colère est montée dans la salle, plusieurs intervenants ne comprenant pas la précipitation d’une telle décision, quelques semaines après les élections municipales, tandis que cette perspective de fermetures n’était pas avancée dans le programme municipal de l’équipe de Franck Longo. Les parents d’élèves, dont la mémoire n’est sans doute pas courte, se souviennent que les candidats de droite s’étaient vantés d’avoir eu un mandat exemplaire en matière de gestion des groupes scolaires et une santé budgétaire remarquable.
Vincent Arpin, élu en charge de « la stratégie budgétaire », a plutôt énervé la salle en expliquant que chaque 100 000 € de dépenses de fonctionnement en moins permettent à la ville d’emprunter 1 million d’euros aux banques. Il évoquait les économies possibles avec de noires perspectives.
Côté « salle 38 bis » se tenait la réunion pour justifier la fermeture du groupe Marcel Cachin. Les services de la ville avaient pour consigne d’interdire l’entrée à tous les non parents d’élèves dont… les élus d’opposition. Ceci n’a pas calmé l’ambiance.
Une centaine de parents d’élèves écoutaient le maire qui s’est expliqué très longuement. « Il y a quelques années, en 2020, au début du mandat précédent, la volonté de notre équipe municipale était de refaire des groupes scolaires, surtout des groupes qui sont dans des situations de dégradation très avancées. Nous avions des ambitions. Mais […]il y a eu la guerre en Ukraine, qui a coûté entre 2023 et 2024 1,7 million d’eurossur un budget de 30 millions. […]Il nous faudrait faire deux millions d’euros d’économies pour pouvoir dégager suffisamment d’argent pour pouvoir réemprunter à la banque, sinon la banque ne vous prête pas. » Évoquant des charges inattendues de réparation d’écoles, le maire affirme qu’aucune alternative n’existe à la fermeture des deux écoles envisagées aujourd’hui.
Parmi les réactions dans une salle surchauffée et bruyante : « Moi qui suis ancienne élève, j’avoue, c’est violent. Parce que vous n’avez pas prévenu ! » « Cette fermeture n’a jamais été évoquée lors de la campagne des élections municipales. Cette question engage durablement la ville sans avoir été portée ni au débat public ni au vote des habitants. » Un parent d’élève, fâché dit regretter son vote pour la liste Longo. De nombreux intervenants font état de colère, tristesse, incompréhension devant une décision précipitée sans concertation. Face aux multiples questions de parents inquiets pour l’avenir Franck Longo tente une diversion « ne vous inquiétez pas on examinera cas par cas ».
Laurent Jadeau, élu d’opposition PCF, a apporté son soutien aux parents.Au sortir de la réunion Laurent Jadeau, élu d’opposition (PCF), nous a fait part de sa réaction. « M. Longo a annoncé brutalement la fermeture de trois écoles sans aucune concertation, en laissant des centaines de familles dans la stupeur et l’incompréhension. Cette façon d’agir est inadmissible ! J’apporte mon soutien aux familles », nous dit-il
Pour lui, il ne s’agit pas de contester la nécessaire « réflexion globale sur les périmètres scolaires et le nombre d’établissements. Je rappelle qu’au précédent mandat, les élus d’oppositions avaient interpelé à plusieurs reprises le maire et sa majorité à ce sujet, sans jamais avoir obtenu le moindre début de réponse. »
Quant à l’argument financier, Laurent Jadeau remarque que« M. Longo cherche à économiser 2 millions d’euros sur son budget de fonctionnement alors qu’il n’a eu cesse de vanter la bonne santé financière de son équipe et nous expliquait, lors du dernier budget prévisionnel, que grâce à eux, le financement de l’école Rose Valand passait sans problème ! » Laurent Jadeau souligne également « que « le maire se plaint que les communes soient maltraitées financièrement par le gouvernement. Ce sont pourtant ses amis politiques qui sont aux manettes ! » Et de conclure sur ce point :« il est évident que ces décisions de fermetures étaient dans les cartons du maire depuis plusieurs années. Les parents d’élèves l’ont fait savoir au maire ! En le taisant, il a donc menti par omission tout au long de sa campagne électorale ».
Plus généralement, Laurent Jadeau estime que « la révision complète de la sectorisation scolaire impacte, la vie d’une ville, de ses quartiers, de ses habitants. Il ne s’agit pas ici d’une simple retouche entre deux secteurs, mais d’une redistribution globale. Toutes ces questions méritaient une réflexion et une concertation de grande ampleur. C’était une occasion de penser avec les Fontainoises et les Fontainois, les premiers intéressés, le Fontaine que nous voulons pour demain. »
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Publié le 18.06.2026 à 21:45
Manuel Pavard
Classes fermées, postes supprimés, moyens en berne… Pas une semaine ne passe, depuis le début du printemps, sans une mobilisation des enseignants, AESH ou parents d’élèves dans un établissement scolaire de l’agglomération. Quand il ne s’agit pas des écoles primaires — seize écoles grenobloises concernées par des fermetures de classes à la rentrée -, ce sont des collèges qui sont emportés par cette vague contestataire. Mardi 16 juin, les personnels des collèges Vercors et Jules-Vallès, situés respectivement à Grenoble et Fontaine, étaient ainsi en grève pour demander le « rétablissement des moyens supprimés ».
Si les griefs sont nombreux, une revendication prédominait chez les grévistes rassemblés le midi devant le rectorat : le refus de la fermeture d’une classe, mesure prévue dans chacun des deux établissements, d’après les annonces des services académiques. Au collège Jules-Vallès, c’est ainsi une classe de sixième qui passera à la trappe en septembre. Avec, à chaque fois, le même argument employé par le rectorat comme par le ministère de l’Éducation nationale, à savoir la baisse démographique.
Si « l’argument est a priori réel nationalement », Aurélien Lapierre, professeur d’EPS à Jules-Vallès et syndiqué au SNEP-FSU (Syndicat national de l’éducation physique), regrette le choix systématique du nivellement par le bas : « C’est dommage de ne pas en profiter pour maintenir les moyens. On ne demande même pas d’augmenter les moyens mais de les maintenir, pour améliorer les conditions d’apprentissage. »
Les collèges Vercors et Jules-Vallès vont perdre respectivement une classe de cinquième et une classe de sixième à la rentrée de septembre 2026.Concrètement, les effectifs 2026–2027 passeront à 26 élèves par classe en moyenne, dans les trois classes de sixième du collège fontainois. « Sans la fermeture, on serait entre 19 et 20 élèves par classe », souligne l’enseignant. « Ça aurait été une belle occasion de pouvoir rejoindre la moyenne européenne qui est à 21 élèves par classe dans le secondaire — contre 26 en France », déplore-t-il.
Aurélien Lapierre évoque également les dispositifs destinés aux « élèves qui peuvent arriver au fil de l’eau », comme l’unité pédagogique pour élèves allophones arrivants (UPE2A). Toutes les classes étant quasiment pleines, « on aura très peu de places pour ces élèves non francophones qui ont vraiment besoin d’un accueil spécifique », prévient le prof d’EPS.
« Ça aurait été une belle occasion de pouvoir rejoindre la moyenne européenne qui est à 21 élèves par classe dans le secondaire — contre 26 en France. »
Le constat global effectué par ce dernier est aussi valable pour ses collègues du collège Vercors. L’établissement du quartier Abbaye-Jouhaux perd, lui, une classe de cinquième. Chrystelle Blanc-Lanaute, professeure de français, dénonce un tour de passe-passe, voire une manipulation de la part du rectorat. Déjà car la dotation horaire avait été allouée sur la base d’une prévision d’effectifs, en février dernier, de 288 élèves. Ce, alors que le total se monte aujourd’hui à 304 élèves.
Quant aux cinquièmes, ceux-ci se répartiront en trois classes à la rentrée prochaine. « On avait des classes de sixième peu chargées, avec plutôt 19–20 élèves et effectivement, en cette fin d’année, ils étaient 74 », précise l’enseignante. Soit tout proche du seuil de 76 qui permettrait l’ouverture d’une quatrième classe — on ne peut pas dépasser les 25 élèves par classe. « On trouve ça scandaleux parce qu’à cette époque de l’année, on n’est pas à 76 pile en effet, il en manque deux », ajoute-t-elle. Mais avec l’arrivée des UPE2A et des élèves ULIS non encore affectés au collège, le seuil sera en réalité largement atteint et les effectifs avoisineront donc les 25 élèves par classes.
« Sur certains niveaux, dont la cinquième, on a sept ou huit élèves à besoins particuliers par classe, soit près du tiers », poursuit Chrystelle Blanc-Lanaute. À ses côtés, l’un de ses collègues abonde : « On a des élèves qui sont réellement en difficulté, des élèves qui ne parlent pas français, d’autres qui devraient être en IME mais qui n’y sont pas et qui se retrouvent dans nos classes. À 19, c’était déjà compliqué. Et là, on va être à 24, 25… Ça ne laisse aucune chance à ces élèves de s’en sortir. »
AESH (au premier plan, assises sur le muret) et enseignants luttent ensemble dans les deux collèges.L’enseignant du collège Vercors met en balance les 4 000 suppressions de postes annoncées — « ça représente 40 heures supprimées dans notre établissement » — et les « 10 milliards donnés pour construire un porte-avions ». Difficile pour lui de cacher son amertume : « Il y a de l’argent qui déborde des caisses pour les marchands d’armes. Et de l’autre côté, une école où la seule promesse pour les élèves, ça va être de marcher au pas avec le nouveau service militaire. »
En outre, les collèges Vercors et Jules-Vallès font partie des 800 collèges dits « en progrès ». Ceux qui concentrent les situations de plus grande difficulté scolaire. « On nous demande donc d’avoir une réflexion, au niveau des équipes de la communauté éducative, sur les dispositifs pédagogiques, sur l’organisation de l’établissement pour améliorer la réussite des élèves… Ce qui est très bien », reconnaît Aurélien Lapierre. « Mais éluder complètement la question des moyens humains et du taux d’encadrement, ça va à l’encontre de l’objectif affiché et ça, c’est problématique. »
Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) des collèges Vercors et Jules-Vallès étaient également en grève et mobilisées mardi 16 juin. Elles réclament notamment une revalorisation de leur statut, avec une titularisation comme fonctionnaires de catégorie B, et de leur salaire. « Aujourd’hui, on ne gagne même pas 1000 euros par mois, on est à 960 euros pour 24 heures », indique Katia, AESH au collège Vercors. « On n’a aucune reconnaissance du rectorat ou du gouvernement. Pour eux, ce n’est même pas un métier mais une fonction », s’emporte-t-elle.
Sa collègue Florence rappelle par ailleurs un point crucial : pour les AESH, ces 24 heures en valent bien 35. « C’est le concept de temps plein émotionnel, explique-t-elle. Parce que vous faites 24 heures en présence d’élèves avec des besoins lourds, avec une hyper-vigilance constante pour faire en sorte que ça se passe bien. Concrètement, quand on a fini les 24 heures, on est complètement rincés ! » L’AESH l’assure, « on ne peut pas faire 35 heures sur ces fonctions-là en étant disponible pour les élèves, en étant dans la bienveillance. Ce n’est pas possible. »
Si leur lutte rejoint celle de l’ensemble des personnels, c’est car tous sont touchés par la suppression d’une classe. Suivre des élèves dans une classe de 25 ou de 19, dans un groupe ou dans un demi-groupe, ce n’est pas la même chose. « La jeunesse, c’est vraiment le parent pauvre dans le pays aujourd’hui », se désolent Katia et Florence. « Que ce soit les enfants qui sont en danger — on l’a vu la semaine dernière avec les manifestations contre les VSS — et ici, l’éducation… L’État n’investit pas dans son avenir. »
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Publié le 17.06.2026 à 17:43
Manuel Pavard
Le choix du lieu comme de la date ne devait rien au hasard. Ce mardi 16 juin, l’union départementale CGT Isère avait convié la presse et une poignée de militants à un rassemblement devant la chambre de commerce et d’industrie de Grenoble, place Robert-Schuman, pour envoyer un message. « La CCI, c’est le centre d’affaires et le lieu où le patronat exerce », souligne Nicolas Benoit, secrétaire général de la CGT 38. « On ne pense pas qu’on sera reçus — de toute manière, on n’a pas fait de demande — mais on est là pour exiger du patronat qu’il ouvre le coffre-fort et sorte la machine à cash… Car à un moment, ça suffit d’engraisser les actionnaires et les grands groupes qui délocalisent et licencient ! »
Nicolas Benoit s’adresse aux militants CGT et aux journalistes réunis devant la CCI de Grenoble.Quant au 16 juin, il s’agissait du jour où le Sénat examinait un projet de loi visant à créer une exception au droit du travail pour le seul jour férié du 1er Mai, normalement chômé et payé. Et malheureusement, les sénateurs, majoritairement de droite, ont adopté, par 229 voix contre 110, ce texte autorisant les boulangers et les fleuristes à faire travailler leurs salariés le 1er Mai.
Banderole de l’intersyndicale lors de la manifestation grenobloise du 1er mai 2026.« Un nouveau coup contre les salariés », s’emporte Nicolas Benoit, qui replace cet épisode dans la vaste offensive menée depuis plusieurs mois par le patronat, le gouvernement et l’ensemble de la droite — extrême droite comprise. Le 1er mai dernier en effet, « des commerces ont ouvert, notamment dans le Nord-Isère, avec le soutien du Premier ministre, M. Lecornu, qui s’est engagé à ne pas respecter la loi, en tout cas à en dispenser ces personnes », rappelle le syndicaliste, dénonçant « une honte absolue ».
Autres sujets de mobilisation, les salaires, l’inflation et le pouvoir d’achat. Thèmes étroitement imbriqués, en particulier à l’approche des vacances estivales. Le secrétaire de l’UD fustige notamment cette incongruité incitant les employeurs à ne surtout pas revaloriser les rémunérations : « Plus les salaires sont bas, plus les exonérations de cotisations sociales sont élevées. » Conséquences, les patrons « tassent les salaires sur le bas. Et en attaquant le salaire brut et les cotisations sociales, ce n’est pas seulement notre fiche de paie qui diminue, ce sont nos droits en cas de licenciement, d’accident du travail, de maladie, de congés parentaux et de retraite », énumère-t-il.
À partir du 22 juin, la CGT lance une grande initiative nationale sur la question des salaires. « On demande la réouverture de négociations dans les entreprises et dans les collectivités. Il y a besoin de pouvoir d’achat sinon les gens ne pourront pas partir en vacances », anticipe Nicolas Benoit, évoquant ce qui est « devenu pour beaucoup un luxe quasi inaccessible ». Plus globalement, poursuit-il, « avec l’inflation, vivre de son travail devient un parcours du combattant ». Et ce, pour « s’évader quelques jours en vacances » comme pour les choses du quotidien : « faire le plein de carburant, remplir le frigo, acheter des vêtements pour enfants… »
Concernant le carburant justement, « les annonces du Premier ministre sont insuffisantes », déplore le représentant syndical. « On ne nous fera pas avaler des miettes ! » La CGT revendique ainsi, pêle-mêle, « un service public de l’énergie, le blocage des prix du carburant, une véritable augmentation générale des salaires, l’égalité salariale, la garantie de vivre dignement de notre travail ».
La CGT Isère avait volontairement choisi de se rassembler devant la CCI pour s’adresser indirectement au patronat.Quid de l’inflation et de ses effets délétères sur le pouvoir d’achat ? « La CGT exige une loi pour indexer les salaires sur les prix », explique Nicolas Benoit. « Quand les prix augmentent, les salaires doivent augmenter d’autant. C’est le principe de l’échelle mobile des salaires, appliqué en France jusqu’en 1983 et toujours en vigueur en Belgique aujourd’hui. Ce n’est pas une mesure extrême, c’est une mesure de justice pour ne pas perdre notre niveau de vie. »
Côté mobilisation, la CGT Isère a déjà coché plusieurs dates sur son calendrier. À commencer par ce jeudi. « Le 18 juin, nous serons aux côtés des personnels de la DDETS pour soutenir nos inspecteurs du travail que leur propre direction criminalise », annonce le secrétaire général. « Ils subissent des pressions intolérables et nous ne les laisserons pas tomber. » L’intersyndicale du ministère du Travail (SUD TAS, CGT TEFP, CNT Travail, FSU TEFE) donne ainsi rendez-vous à 10h30 devant les locaux de l’avenue Marie-Reynoard, pour dire « stop à l’autoritarisme patronal ».
Dès le lendemain, vendredi 19 juin, à 11 heures, direction le CHU Grenoble Alpes pour un rassemblement de soutien aux infirmiers de bloc opératoire (IBODE) et agents de service hospitalier (ASH), à l’appel de la CGT. « Ces personnels soignants qui se donnent sans compter pour nos proches ne peuvent plus supporter les conditions de travail dégradées. Allons les soutenir massivement », lance Nicolas Benoit.
Un rassemblement est prévu le 19 juin à Écully, devant le siège du groupe Seb, qui a déposé plainte pour « diffamation » contre Sophie Binet.Toujours ce vendredi 19 juin, à midi, les unions départementales CGT 38, 69 et 74 et la CGT du groupe Seb (détenteur de Tefal) appellent les militants à se mobiliser à Écully (Rhône), devant le siège de la société. « Le groupe Seb, non content d’avoir injustement sanctionné une mandatée syndicale CGT dans l’exercice de son mandat syndical, a porté plainte contre notre secrétaire générale Sophie Binet, pour avoir dénoncé la répression syndicale dans l’entreprise, confirmant par ce seul acte, son attitude répressive à l’encontre de tout exercice des droits syndicaux », s’insurgent les syndicats dans un communiqué commun.
Là encore, « c’est une honte », s’indigne Nicolas Benoit. Et celui-ci de dénoncer « la casse de l’emploi alors qu’ils [NDLR : les filiales du groupe Seb : Calor, Tefal, Moulinex, etc] jettent dehors 500 salariés sans justification économique et sans aucune perspective industrielle » ainsi que « la dissimulation de la pollution avérée aux perfluorés et le risque sanitaire pour le personnel et la population ».
« Maintenant, il faut que la richesse qui est créée dans le pays revienne aux salarié·es et aux agents et agentes des collectivités. »
Le 54e congrès confédéral de la CGT a lancé, début juin à Tours, « un appel clair. La mobilisation s’intensifie à partir du 22 juin sur les salaires », prévient-il. Le responsable de l’UD cite notamment l’appel à la grève, dès le 22, des personnels d’Agir à dom Meylan, pour exiger des augmentations. Puis le 26 juin, le rassemblement des agents du Centre hospitalier Alpes Isère (CHAI) de Saint-Égrève devant le conseil départemental, « pour interpeller les élus, exiger des moyens humains et financiers et exiger l’arrêt des économies faites sur le dos du personnel ».
Nicolas Benoit liste les nombreux points de mobilisations des prochaines semaines en Isère.Des exemples parmi d’autres pour la CGT Isère, qui entend bien impulser une large dynamique, « secteur après secteur ». Car aujourd’hui, le coupe est pleine, estime Nicolas Benoit. Avant de formuler un vœu qui devrait relever de l’évidence : « Maintenant, il faut que la richesse qui est créée dans le pays revienne aux salarié·es et aux agents et agentes des collectivités. »
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Publié le 16.06.2026 à 14:36
Luc Renaud
Ce sera sans doute l’un des lieux forts en symboles et en colère de cette édition 2026 de la fête du TA. Une exposition de dix-neuf photographies sera présentée par le stand de la Société des lecteurs et lectrices de l’Humanité. Dix-neuf images prises à Gaza.
Elles sont issues de l’exposition I Grant You Refuge (Je t’accorde l’asile), une œuvre photographique collective poignante réalisée par six photojournalistes palestiniens (Jehad Al-Sharafi, Mahdy Zourob, Mohammed Hajjar, Omar Ashtawy, Saeed Jaras, Shadi Al-Tabatibi), qui nous plonge au cœur de la bande de Gaza. Un témoignage, au travers d’images fortes et émouvantes, des atrocités et des souffrances endurées par le peuple palestinien. Le titre de l’exposition s’inspire du poème éponyme de l’écrivaine et poétesse palestinienne Hiba Abu Nada, tuée dans sa maison dans le Sud de Gaza, à Khan Yunis, lors d’un raid israélien le 20 octobre 2023.
Alors que plus de 200 journalistes palestiniens ont été tués et malgré le risque vital, les photojournalistes ont persisté à documenter la vie sous siège et au milieu d’un bombardement implacable et quotidien. Ces images racontent avec force la réalité de l’un des conflits les plus dévastateurs de notre époque, soulignant le rôle fondamental du journalisme indépendant dans la dénonciation des violations et des injustices.
Le vernissage de cette exposition aura lieu le vendredi 26 juin à 17h, en ouverture de la fête en présence notamment de Youssef Habash, président de la branche européenne du syndicat des journalistes palestiniens, d’Anne Tuaillon, président de l’Association France Palestine solidarité et d’Antoine Jacquet, membre de la flottille de Gaza 2026.
Les rendez-vous « solidarité Palestine » de la fêteOutre cette exposition de photojournalisme, on aura bien sûr rendez-vous au stand de l’Association France Palestine solidarité où l’on trouvera toute la documentation utile à l’information et à l’action solidaire avec le peuple palestinien, mais aussi de l’huile d’olive et des keffiehs vendus au profit de projets humanitaires en Palestine ainsi que des falafels et autres propositions gastronomiques palestiniennes.
Autre rendez-vous à la librairie Joséphine Baker : Michel Cambon y dédicacera l’ouvrage 100 dessins pour la Palestine auquel il a contribué aux côtés de plumes internationales comme Art Spiegelman et Joe Sacco. Il sera accompagné de Lara et de son reportage BD sur l’élection présidentielle de 2022, Du pied gauche, vers 2027. Ce sera le samedi 27 juin de 16h à 19h. Une rencontre débat avec les auteurs est prévue à 16h45.
On notera également le débat qui aura lieu à l’espace débat le vendredi 26 à 17h15, dans la foulée du vernissage de l’exposition de photos gazaouies, sur le thème « L’extrême-droite contre le droit international ». Avec Otto Vaillant Frias, ambassadeur de Cuba en France ; Youssef Habash, président de la branche européenne du syndicat des journalistes palestiniens ; Leila Moussavian-Huppe, dirigeante nationale du PCF et Pascal Torre, historien et co-président de France Kurdistan.
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