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Le Travailleur Alpin

Publié le 12.03.2026 à 13:03

Manuel Pavard

« C’est un moment fort pour moi. » S’adressant aux quelque mille personnes massées sous le chapiteau installé au Jardin de ville, ce mercredi 11 mars au soir, pour ce dernier grand meeting, à quelques jours du premier tour, Laurence Ruffin n’a caché ni son émotion ni sa fierté. Sa prise de parole, au terme d’une campagne « enthousiasmante », qui a vu les membres de son équipe frapper à « 30 000 portes », venait en outre ponctuer « une journée particulière ». Journée marquée par la venue à Grenoble de soutien de poids à ses côtés.

Près de 1000 personnes sont venues écouter et soutenir Laurence Ruffin au Jardin de ville.

C’est d’abord le militant écologiste et associatif marseillais Amine Kessaci — dont le frère a été assassiné en novembre dernier dans la cité phocéenne — qui a rencontré, dans l’après-midi, la tête de liste de l’union de la gauche. Malgré les menaces de mort qui le visent, le jeune homme de 22 ans, escorté et protégé par de nombreux policiers, avait tenu à faire le déplacement.

Laurence Ruffin a évoqué cette « journée particulière » pour elle.

« Il est venu nous soutenir, nous parler de son combat, des enfants de Marseille, de l’aide aux devoirs, de la lutte contre le narcotrafic, de la vie associative », a raconté Laurence Ruffin. « Ce drame nous pousse à agir pour défendre ces familles victimes, surtout dans les quartiers populaires », a‑t-elle ajouté, évoquant son « point commun avec Amine. On considère que la ville est le bon endroit pour agir. »

Un « duel qui se profile » entre deux visions opposées

Autres personnalités intervenant, elles, au meeting, Clémentine Autain, députée de Seine-Saint-Denis, Pierre Jouvet, député européen et secrétaire général du Parti socialiste, et bien sûr son frère, François Ruffin, député de la Somme. Un trio qui, lors de la conférence de presse précédant le meeting comme sur la scène du Jardin de ville, a insisté sur l’importance du scrutin grenoblois. Ceci, « dans un moment politique intense où le monde vacille et la France inquiète », a souligné Clémentine Autain.

Clémentine Autain, François Ruffin, Jérémie Iordanoff, Pierre Jouvet, tous venus soutenir Laurence Ruffin.

Dans ce contexte, la liste de rassemblement et d’union de la gauche a la capacité « d’améliorer le quotidien et d’apporter des solutions concrètes », a‑t-elle poursuivi. Et de citer, pêle-mêle, la création de centres de santé, les 30 % de logements sociaux, le plafonnement des loyers, la gratuité des transports le week-end ou encore l’amplification de la sécurité sociale de l’alimentation. Un enjeu local donc, mais également national, à savoir « éviter la trumpisation en France ». Pour Clémentine Autain, c’est en effet « notre union de la gauche et des écologistes qui empêche les personnages trumpistes comme Carignon d’accéder au pouvoir ».

Clémentine Autain.

Pierre Jouvet a lui aussi comparé les deux candidats, en perspective du « duel qui se profile ». D’un côté, Alain Carignon, symbole du « retour en arrière » et des « alliances des droites et de l’extrême droite ». De l’autre, Laurence Ruffin qui incarne les valeurs historiques de Grenoble, « résistance et liberté », et le trait d’union avec « Hubert Dubedout, celui qui a créé ce lien qu’on appellerait aujourd’hui la démocratie participative ». « C’est le projet et l’histoire que porte Laurence, face à un homme du passé avec un lourd passif judiciaire », a martelé le dirigeant socialiste, tirant à boulets rouges sur « l’homme politique le plus condamné ».

Pierre Jouvet.

« Cet homme qui a le culot de venir donner des leçons, d’expliquer comment il faudrait gérer une ville […], ce même homme qui, avant de partir avec les menottes derrière les barreaux, vous a laissé un trou de 146 millions d’euros à Grenoble, que les municipalités successives ont mis des années à épurer », a taclé Pierre Jouvet. Face au danger de la droite, il y a « un vote efficace dimanche » et un « bulletin de vote d’espoir », a affirmé l’eurodéputé PS. Lequel s’est dit ravi du retour de son parti dans le giron de la gauche grenobloise rassemblée.

François Ruffin

Pierre Jouvet a par ailleurs, comme François Ruffin avant lui, loué « le bonheur en politique », notion dont « on ne parle pas » mais que symbolise parfaitement la candidature de Laurence Ruffin. « Il faut tout faire pour lever les obstacles au bonheur pour les Grenoblois », a lancé le député de la Somme, qui n’a pas tari d’éloges sur sa sœur, « la meilleure » de la famille. « Je suis l’ombre, elle est la lumière », a plaisanté François Ruffin, avant de confier aux électeurs grenoblois : « Vous avez une chance immense. Mon seul regret, c’est que vous allez priver la France de Laurence, qui devrait déjà être notre ministre de l’Économie. »

« Un moment charnière »

Après avoir remercié ses soutiens et son équipe, Laurence Ruffin a quant à elle présenté son parcours, ses liens avec la capitale des Alpes et les grandes lignes de son projet. « Grenoble, c’est la ville que j’ai choisie pour vivre », a‑t-elle expliqué. « C’est aussi la ville où j’ai été pendant dix-sept dirigeante d’une entreprise coopérative. Ce que j’ai voulu y porter, c’est une structure dans laquelle on se sent bien, où on est heureux, où les salariés sont associés… Ce qu’on a appelé une petite république. »

Ambiance festive.

Ces méthodes et ce modèle coopératifs, elle espère les appliquer — à une tout autre échelle évidemment — ou du moins s’en inspirer à la mairie de Grenoble. Le tout en s’appuyant, s’est-elle félicitée, sur une liste composée pour moitié de représentants des treize partis et mouvements alliés (Les Écologistes, PCF, PS, Génération.s, L’Après, ADES, Parti animaliste, Debout !, Nouvelle donne, Insoumis unitaires, Radicaux de gauche, Réseau citoyen, Go Citoyenneté), et pour moitié de membres de la société civile.

Laurence Ruffin veut s’inscrire dans la « riche histoire » de Grenoble.

Laurence Ruffin n’a pas esquivé l’ampleur de la tâche qui l’attend en cas de victoire le 22 mars. Ni la responsabilité qui lui incomberait alors. « On est à un moment charnière », a‑t-elle souligné, évoquant la situation internationale, les guerres en Ukraine, en Iran, au Liban, la montée de l’extrême droite et du racisme, dans le monde comme en France, le dérèglement climatique… « Dans ce moment de bascule, à Grenoble, on peut proposer autre chose, a assuré la candidate. Car Grenoble a une histoire riche dans laquelle on s’inscrit. C’est ici qu’a eu lieu la Journée des Tuiles, c’est ici qu’a été créé le premier Planning familial, c’est ici qu’on s’est battu pour le lycée Mounier, pour que l’eau redevienne publique », a‑t-elle égrené.

« Parler aux électeurs de gauche mais pas seulement »

Se plaçant dans les pas de ses prédécesseurs de la gauche grenobloise, Laurence Ruffin a toutefois tenu à marquer également sa singularité. Ce « besoin d’un nouveau cycle, d’un nouveau projet » dont elle a esquissé les grandes lignes, détaillant quelques mesures. Un projet « exigeant sur le fond et apaisé sur la forme ». Car la tête de liste souhaite « parler aux électeurs de gauche mais pas seulement ». Et de préciser : « On veut une politique de gauche efficace, une politique du courage. Une gauche qui s’intéresse à tous ceux qui nous disent être éloignés de nous. On veut parler à tous ceux qui ne viennent pas à nos réunions. C’est de ça qu’est né notre projet. »

Les membres de la liste sur la scène, à la fin du meeting.

Ressent-elle une légère appréhension à l’orée de la dernière ligne droite ? Prétendre le contraire serait présomptueux mais le défi à affronter et sa ferme conviction d’œuvrer pour le bien commun ont vite balayé les réticences : « Je suis une nageuse, j’ai décidé de plonger », a‑t-elle confié. Rebondissant sur les propos tenus auparavant par ses soutiens, Laurence Ruffin a en outre indiqué vouloir « du bonheur partagé ». Avant de conclure, rejointe sur scène par ses colistiers et colistières : « Le 15 mars, dites oui à Grenoble ! »

Avec Amine Kessaci, militant marseillais engagé contre le trafic de stupéfiants — et menacé de mort pour cela -, venu lui témoigner son soutien à son local de campagne grenoblois. © Margot Lhermite

Cet article Grenoble. Laurence Ruffin en meeting : « espoir », « bonheur » et « courage » est apparu en premier sur Travailleur alpin.


Publié le 12.03.2026 à 12:25

Luc Renaud

« J’ai pu me loger à Meylan, et je le dois aux efforts de la ville pour développer le logement social. » C’est en substance ce dont témoignait un enseignant devant l’assemblée réunie le 11 mars au soir, en forme de point d’orgue de la campagne électorale de la liste de gauche Aimeylan.

Philippe Cardin a pris la parole devant quelque cent cinquante personnes.

Une liste renouvelée qui n’en défend pas moins le bilan de l’équipe sortante, conduite par le maire Philippe Cardin qui se représente aujourd’hui.

Bilan illustré tour à tour par des Meylanaises et Meylanais qui en bénéficient au quotidien. Comme c’est le cas de la tarification sociale, notamment dans le périscolaire. Mais aussi de l’accessibilité de la ville et des services publics locaux aux personnes en situation de handicap. Et du logement social : en six ans, la commune a atteint le palier de 20 % de logements sociaux, ce qui l’exonère désormais des 500 000 euros qu’elle devait auparavant reverser à l’État, pour cause d’insuffisance de logements sociaux.

Une maison des solidarités

La soirée était aussi largement consacrée aux projets de la liste d’union de la gauche. Une liste dont six des trente-cinq membres sont membres du PS, des Ecologistes, d’Equinoxe ou du Parti communiste et vingt-neuf sont issus de la société civile.

Un projet structurant parmi d’autres était mis à l’honneur par les intervenants, celui de l’édification d’une maison des solidarités. Un bâtiment, à deux pas de l’hôtel de ville qui abritera une maison de santé, un relais d’assistantes maternelle, les services du CCAS, un dispositif d’aide à l’utilisation du numérique… Autre projet qui témoigne de la volonté de prolonger le travail entrepris, celui de l’aménagement du quartier de la Serve, avec la volonté d’associer la population à son élaboration. On pourra encore citer le dispositif d’action pour agir contre les violences intrafamiliales, ou la poursuite du rééquilibrage de l’urbanisme meylanais entre la plaine et les quartiers adossés aux contreforts de la Chartreuse. « La dimension solidaire est essentielle dans notre projet », se félicite Antoine Ancelet-Schwartz, candidat communiste sur cette liste de gauche.

Philippe Cardin accueillait maires et conseillers métropolitains de l’aggloémration.

Autre aspect abordé au cours de la soirée, celui des relations avec la métropole. Des maires de l’agglomération avaient été invités, parmi lesquels la maire d’Echirolles, Amandine Demore ; ainsi que Guillaume Lissy, maire de Seyssinet-Pariset ; Florent Cholat, maire de Champagnier ; ou encore Laurent Amadieu, maire de Saint-Egrève ; Pierre Verri, maire de Gières… Des élus qui partagent une vision, exprimée lors de l’intervention d’Amandine Demore : la métropole, à laquelle la loi a conféré des compétences étendues, doit être construite avec les habitants dans la transparence et non pas au fil de tractations opaques.

Amandine Demore, maire d’Echirolles.

Il revenait à Philippe Cardin de conclure la réunion en insistant que les valeurs qui fondent la détermination des trente-cinq co-listiers : solidarité, écologie et démocratie locale.

Une équipe déterminée à mettre à profit les quelques heures qui restent avant le premier tour de dimanche pour débattre et convaincre de l’utilité du vote à gauche face à deux listes de droite, l’une soutenue par les Républicains et Laurent Wauquiez, l’autre par le président du conseil départemental Jean-Pierre Barbier.

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Publié le 12.03.2026 à 10:50

Gerard Frydman

Soixante adhérents ont participé à cette assemblée générale à la bourse du travail de Grenoble, signe d’une belle vitalité puisque l’association compte cent vingt-deux adhérents en 2025, soit une progression de 20 %. Une illustration l’intérêt grandissant des retraités à l’égard de LSR.

Les valeurs de LSR

Dans son rapport moral, Maryvonne Matheoud, présidente, est revenue sur le contexte national et international dans lesquels évolue l’association et ses adhérents. Un rapport moral qui souligna l’importance de l’existence de LSR, de ses valeurs de solidarité, de justice, de paix qui puisent dans l’héritage du syndicalisme CGT. Des valeurs plus que jamais à déployer dans un contexte marqué par la montée de l’extrême droite, le racisme et l’antisémitisme, les guerres, les inégalités qui se creusent et une précarité grandissante, les difficultés d’accès aux soins et les déserts médicaux.

L’association s’efforce de répondre toujours mieux aux besoins des retraités. Richesse culturelle des activités proposées favorisant au plus grand nombre l’accès au cinéma, théâtre, loisirs, expositions, sorties botaniques, musées, découvertes, ateliers créatifs. Des séjours dans des centres de vacances de grande qualité aux prix des plus abordables avec Senior en vacances et notamment avec Bourse solidarité vacances pour les adhérents non soumis à l’impôt sur le revenu.

Trois femmes à l’honneur

Des applaudissements pour la remise de bouquets de fleurs à trois femmes, Michelle Fourré présidente d’honneur de LSR, Ginette Dunant et Yvette Anselmet pour leurs engagements de longue date au sein de l’association.

L’assemblée s’est conclue par un moment de détente autour d’un repas apprécié par tous et puis la projection du film La Sociale réalisé par Gilles Perret qui souligne combien le ministre du travail Ambroise Croizat en 1946 et la CGT permirent la mise en œuvre de cette grande conquête sociale et démocratique au cœur du programme du CNR, Les jours heureux.

« Les jours heureux », c’est aussi avec LSR!

A l’issue de l’assemblée, le conseil d’administration a été élu. Il comporte sept nouveaux membres.

La réunion s’est tenue en présence de nombreux invités parmi lesquels Nicolas Benoit, secrétaire de l’UD CGT Isère ; Philippe Morel, pour la fédération de LSR ; et des représentants du Crédit mutuel et de la librairie Jean-Jacques Rousseau.

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Publié le 10.03.2026 à 17:23

Travailleur Alpin

« Avec Laurence Ruffin les 15 et 22 mars, battons la droite et son programme dangereux pour Grenoble ! » Un double appel lancé par la section de Grenoble-Meylan du PCF, dans un communiqué daté du 3 mars. À l’approche du premier tour des municipales, dimanche 15 mars, les communistes souhaitaient en effet alerter les électeurs sur « les graves menaces que fait peser le candidat Alain Carignon (LR) sur l’avenir de Grenoble et des Grenoblois·es ».

Face au danger Carignon, les communistes appellent à soutenir le projet porté par Laurence Ruffin et la liste d’union de la gauche.

Dans cette campagne, soulignent-ils, « M. Carignon tente de faire oublier qu’il a souillé l’honneur de notre ville avec ses multiples condamnations judiciaires pour corruption, abus de biens sociaux, faux et usage de faux ». Ce qui ne l’a pas empêché d’être adoubé par Bruno Retailleau ni de recevoir le soutien des représentants locaux de la majorité présidentielle, illustration du « mépris de la droite et des macronistes pour Grenoble ».

Coupes budgétaires, suppression de services municipaux, privatisations

Son passé judiciaire n’est cependant pas le seul élément que le leader de l’opposition municipale de droite essaye d’escamoter. « Il y a une autre chose que M. Carignon tente de faire oublier : son programme politique », affirme ainsi le PCF Grenoble, appelant les Grenoblois à ne pas en « sous-estimer la dangerosité ».

Le programme de la droite faciliterait la spéculation immobilière, au détriment du droit au logement.

De fait, les « promesses alléchantes » et démagogiques vendues par le candidat LR cachent de vraies « mesures de régression sociale ». Et les communistes grenoblois d’évoquer les « 80 millions d’euros de coupes budgétaires », soit « l’équivalent d’environ 1300 postes d’agents municipaux (un quart des effectifs) » ou encore « la suppression de services municipaux (urbanisme, propreté, patrimoine arboré), sous prétexte de ‘doublons’ avec la Métropole ».

Mais Alain Carignon entend aussi « renouer avec les privatisations, qui avaient d’ailleurs fait ses plus grands faits d’arme en matière de corruption ». Et il prône « le laxisme et le libéralisme en matière de droit au logement », s’inquiète la section PCF, qui cite notamment « la fin du permis de louer qui garantit aujourd’hui la sécurité des locataires, la vente à la découpe de logements sociaux ».

Alain Carignon entend notamment supprimer les « Places aux enfants » aménagées devant les écoles (ici devant l’école Paul-Bert, à l’Île verte).

Autres points de son programme, dénoncent les communistes, « la suppression des ‘places aux enfants’ aménagées devant les écoles, qui permettent aujourd’hui de sécuriser et tranquilliser les enfants et familles dans leurs déplacements », et « la casse du Centre communal d’action sociale de Grenoble, pourtant l’un des plus dynamiques de France, en transférant ses compétences à la Métropole ».

« Grenoble a besoin d’un tout autre projet, axé sur la solidarité, la justice sociale et climatique, la démocratie locale. C’est le projet que portent les communistes, aux côtés de citoyen·nes et de onze formations politiques rassemblées avec Laurence Ruffin. »

Face à cela, une alternative, estime le PCF Grenoble : l’union de la gauche, incarnée par le bulletin Laurence Ruffin. Car « Grenoble a besoin d’un tout autre projet, axé sur la solidarité, la justice sociale et climatique, la démocratie locale, conclut le parti. C’est le projet que portent les communistes, aux côtés de citoyen·nes et de onze formations politiques rassemblées avec Laurence Ruffin. »

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Publié le 10.03.2026 à 14:38

Daniel Oriol

À Roussillon, Didier Charpenay, tête de la liste “Roussillon 2026”, a bénéficié d’un changement d’appellation vendredi 6 mars. Classée initialement à l’extrême droite, sa liste est désormais qualifiée par les services de l’État comme divers droite. L’occasion de se souvenir que l’homme était candidat du parti souverainiste de Dupont-Aignan, « Debout la France », aux élections cantonales de 2015.

À Saint-Maurice-l’Exil, Michel Hamadache, candidat d’opposition au maire sortant divers gauche, et très défavorablement connu dans l’agglomération roussillonnaise par ses propos outranciers, mène une campagne injurieuse envers les élu-es sortants. Il se veut « antisystème » et ne recule devant pas grand chose. Ses débordements lui valent d’ailleurs deux plaintes pour diffamation.

À Clonas-sur-Varéze, petit village de 1530 habitant-es, Christophe Dumas, le candidat de « Clonas au cœur », est à la manœuvre. Il a tissé sa toile en investissant des associations de la commune, et créé sa propre association, l’AFJC, association familiale de la jeunesse et culturelle. Ses méthodes évoquent les stratégies actuelles de l’extrême droite : ne jamais afficher de paroles qui fâchent et infiltrer les structures existantes.

Son association a quand même eu les moyens d’organiser un feu d’artifice en juin dernier ! Et la députée Hanane Mansouri, proche de Ciotti – le godillot du RN –, a été invitée par le candidat à venir se montrer lors d’une fête de son association à Clonas…

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Publié le 10.03.2026 à 12:58

Edouard Schoene

Ces événements ont eu un fort retentissement dans le réseau militant fontainois et même au-delà. Avec une interrogation majeure : comment l’information a‑t-elle été transmise par la police municipale ou sa tutelle, l’adjoint ou le maire, aux autorités (rectorat ou/et police nationale) ?

Le Travailleur alpin a sollicité à plusieurs reprises le maire de Fontaine ainsi que Gérard Tardy, adjoint en charge de la sécurité et de la tranquillité publique. Franck Longo a décliné les trois demandes de rendez-vous. De son côté, Gérard Tardy a exprimé oralement, plusieurs fois, qu’il allait se renseigner et donner son point de vue.

Mais ce dernier n’a fourni aucune réponse à la question suivante : « Qui a informé rectorat ou/et police ? » L’élu n’a néanmoins pas caché son agacement. « La personne que la police a interpellée a mis cette banderole sur son balcon, c’est inadmissible », a‑t-il asséné.
Après avoir adressé une demande de rendez-vous – restée à ce stade sans réponse — au proviseur du lycée Pablo-Neruda, le Travailleur alpin a saisi une opportunité. À savoir la présence, le 4 mars, à une réunion publique de Jean-Paul Trovero, de Jean-Claude Borel-Garin, ancien contrôleur général de la police, ex-directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) de l’Isère, et ancien numéro 2 du Raid.

« Une faute professionnelle »

Question du média local : « Le 30 août dernier, dans l’agglo, une femme a été arrêtée par la police municipale. Elle s’apprêtait à développer une banderole de papier appelant aux rassemblements du mouvement ‘Bloquons tout’. Trois policiers l’ont encadrée, effectuant un contrôle d’identité. Le mardi suivant, elle a été convoquée, à la première heure, par le proviseur du lycée où elle enseigne. Celui-ci lui a signalé avoir été informé par la police de ses agissements du dimanche soir. Est-ce légal que la police municipale alerte la police nationale et/ou le rectorat après un tel contrôle d’identité ? »

Avant le départ de la manifestation du 10 septembre, dans le cadre du mouvement « Bloquons tout ».

Réponse de l’ancien « super flic » grenoblois : « La police municipale intervient sur des infractions. Mais dans ce que vous avez énoncé, il n’y a pas d’infraction. La personne interpellée allait coller, donc l’infraction n’avait pas été commise. Si l’affiche avait été collée, il aurait pu y avoir une contravention. L’officier de police judiciaire de la ville pourrait renseigner la DGSI (ex RG). Que le rectorat ait ensuite pu être avisé, c’est possible. Que le proviseur ait convoqué l’enseignante sur des faits qui se sont produits le dimanche, hors activité d’enseignement, c’est une faute professionnelle. »

Et Jean-Paul Borel-Garin de préciser : « Si l’intéressée ou son mari avait fait état de traumatisme psychologique lié à cette convocation, cela aurait pu coûter cher au proviseur. Je le redis, pour les faits énoncés, il n’y avait pas lieu de prévenir la police nationale ou/et le rectorat. »

Ce regrettable événement marque non seulement une atteinte grave aux libertés individuelles, mais il illustre en outre les dérapages de plus en plus nombreux observés de la part des polices municipales, dans des municipalités dirigées par des élus de droite. Franck Longo, mis en avant par la presse locale et nationale pour ses campagnes autour de la sécurité — en particulier à la veille des municipales — est hélas un élu responsable d’écarts aux règles républicaines de respect des libertés d’action de ses concitoyens.

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Publié le 10.03.2026 à 10:50

Didier Gosselin

La coupe est pleine pour les agent·es territoriaux de Bourgoin-Jallieu, qui s’étaient donné·es rendez-vous pour dénoncer publiquement le management néolibéral qu’ils et elles subissent au quotidien dans leur activité professionnelle.

Des personnels méprisés

Les ATSEM par exemple qui s’adressant au maire dans un communiqué, se déclarent « en souffrance ». Investies dans leur travail auprès des plus jeunes berjallien·nes afin de leur apporter toute leur bienveillance et leur expérience sur le temps scolaire et périscolaire, les ATSEM s’indignent de n’avoir reçu comme seules récompenses « la réduction des effectifs en passant d’une ATSEM par classe à une pour trente enfants, la suppression des postes de titulaires remplaçantes, des changements dans les plannings et les horaires sans concertation, des missions en plus (auto-remplacement, pallier au manque d’AESH…) ».

Regrettant l’absence de reconnaissance face à leur investissement et à leurs compétences, les ATSEM de Bourgoin-Jallieu souhaiteraient rediscuter du gel du point d’indice, de leur régime indemnitaire, de leur accès aux chèques déjeuners, de la reconnaissance de la pénibilité, du soutien pour un passage en catégorie B, d’un engagement dans les remplacements, d’un poste par classe, de la gestion des plannings, le tout dans une réelle concertation.

Les personnels entendent être respectés.

Le soutien des candidats de gauche

Plusieurs candidates et candidats de la liste de rassemblement de la gauche étaient venus apporter leur soutien, notamment Frédérique Pénavaire, par ailleurs secrétaire de la section du Parti Communiste de Bourgoin-Jallieu. L’occasion pour elle d’échanger avec des agentes et agents territoriaux « qui souhaitent le changement, car ils et elles sont sous pression ».

Selon Frédérique Pénavaire, le personnel « dénonce une gestion autoritaire, une inflation de « chefs », et le fait que « les agents de terrain ne sont pas remplacés, en tout cas pas tous lorsqu’il y a un départ mais qu’il y a en revanche un renforcement de la hiérarchie ». Laquelle hiérarchie n’est pas perçue par les agent·es territoriaux comme compétente tellement les services peuvent se trouver désorganisés.

Les témoignages font également remonter une suspicion de « flicage » des agents. Par exemple, des badges ont été installés pour accéder aux toilettes aux services techniques du quartier Champfleuri. Les agents doivent badger chaque fois qu’ils se rendent aux toilettes.

« Des économies sont faites partout », dénonce Frédérique Pénavaire, « et les ATSEM disent ne pas avoir le matériel ad hoc pour faire l’entretien des classes ». « Les agents reprochent au maire de ne pas être présent dans les instances paritaires, de ne pas être au courant de leurs revendications ! » poursuit-elle.

Le maire Vincent Chriqui directement interpellé

Interpellant directement le maire devant sa permanence électorale, les agent·es ont pu, via Eric Orcel le délégué CGT des Territoriaux, rappeler un certain nombre de constats et revendications :

  • La détérioration au fil des mois des conditions de travail des agents ;
  • Les multiples réorganisations de service qui affectent la santé mentale des agents ;
  • Les tickets restaurant qui ne sont pas toujours attribués légalement et le refus de rappel au moins sur une année ;
  • L’absence de contrat collectif pour la prévoyance et la mutuelle ;
  • La participation employeur sur les mutuelles qui est toujours sur le minimum imposé ;
  • Le périscolaire en souffrance, les agents qui jouent aux chaises musicales : auto remplacement, suppléer au manque d’AESH…
  • Des écarts de primes injustes.

Eric Orcel a rappelé le rôle irremplaçable des agent·es « qui assurent le fonctionnement de la commune, et qui se sentent aujourd’hui oubliés et non reconnus ». Le délégué CGT a rajouté que les « agent·es demandent plus d’équité, de la reconnaissance pour tous les services et un véritable dialogue social avec la municipalité ».

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