Publié le 26.05.2026 à 18:46
Art contemporain
Au Magasin, une très belle journée avec Adrien Fregosi
/ Par Benjamin Bardinet
Artiste de la marge, plus favorable aux courants alternatifs qui circulent dans les squats qu’à celui continu qui alimente les institutions, Adrien Fregosi fut un trublion actif de l’underground grenoblois des années 2000. Graffitis, fanzines, dessins et photographies témoignent d’une pratique fortement marquée par une approche inventive, expérimentale et sensible. Une sensibilité à laquelle la scénographie de l’exposition rend hommage grâce à des choix aussi modestes que pertinents – en accord avec la pratique d’Adrien. Ainsi, l’ambiance lumineuse qui évolue d’une salle à l’autre renvoie aux différents moments de la journée que le visiteur est invité à traverser comme un parcours de vie évoquant tout aussi bien les copains, la fête et les sorties au parc, que la maladie, la mort et les fantômes. Et si le titre désuet Dès potron-minet désigne la première heure du matin, c’est par le début de soirée que s’ouvre le parcours avec une invitation à faire le mur suggérée dans un dessin de Fregosi et une peinture murale réalisée sur place par un de ses proches, Roméo Julien. Car le choix a été fait pour cette rétrospective d’inviter des artistes (amis ou mentors) à dialoguer avec son œuvre. On y retrouve chez les uns le goût de la récupération (plastique fondu d’Anita Molinero, papier-mâché de Laurent Faulon), chez les autres l’intérêt pour ce qui se joue en marge (les détritus fantomatiques de Delphine Reist) ou dans la rue (le graffiti géant et les chiens à roulettes de Noé Nadaud).
À travers sa pratique, Fregosi interroge les normes et la manière dont elles nous conditionnent. Quand il adopte un code comme l’alphabet, c’est pour mieux le réinventer à grands coups d’aérographe, quand il arpente les rues c’est pour y déceler d’improbables sculptures involontaires faites de déchets, et lorsqu’il se rend à l’université c’est pour relever les graffitis des étudiants sur les tables des amphis. Passionné par les expressions spontanées, affranchies de la notion de savoir-faire, Adrien Fregosi revendiquait un style volontairement naïf en réaction à la virtuosité stérile alors en pleine croissance dans le street art. Il parvient ainsi à créer, grâce aux moyens qui sont les siens, des formes d’une complexe simplicité témoignant d’une expression singulière et d’une sensibilité remarquable. Alors on peut s’interroger sur sa place dans une institution comme le Magasin, mais rejoindre la norme, de temps en temps, est sans doute une manière d’être à la marge… et inversement.
Photo ©Grégoire d’Ablon
Publié le 26.05.2026 à 15:35
Cirque
Au Parc des arts, le Circo Paniko entre ombre et lumière
Sept circassiens et trois musiciens vous attendent sous un chapiteau à la lumière tamisée… Une atmosphère intrigante plane dans l’air, les visages sont grimés de traits noirs…
Le Circo Paniko est un collectif de 25 artistes italiens qui sillonnent les routes depuis 17 ans pour imprégner nos rétines d’acrobaties, de poésie, d’humour et de mystères à percer. Les numéros s’enchaînent tandis que les lumières et les jeux d’ombre ont la part belle. Vous y verrez du pole dance, de la suspension par les cheveux, du jonglage… et même un xylorimba (xylophone géant). À partager en famille ! / DR
Photo ©Stefano Scheda
Publié le 25.05.2026 à 16:18
Projection
Un documentaire tourné à bord de l’Ocean Viking, le bateau de SOS Méditerrannée qui sillonne les eaux internationales afin de secourir les migrants en difficulté. On n’a pas vu Save our souls, de Jean-Baptiste Bonnet, mais rien que le sujet du film – il n’est pas fréquent de voir de telles images – nous interpelle.
Photo ©DR
Publié le 25.05.2026 à 15:53
autre style de musique
En ce week-end hyper chargé, il faudra trouver un créneau pour passer aux traditionnelles Portes ouvertes du Ciel, pour assister à l’un des très nombreux concerts prévus, suivre un atelier, profiter d’une sieste sonore dans la salle ou briller au blind test du soir.
Photo ©DR
Publié le 25.05.2026 à 15:01
autre type d'événement lecture, rencontre, conférence
La Poésie est une oreille : au cœur du langage contemporain
Loin est le temps où nous devions apprendre les poèmes de Maurice Carême ou de Jean de la Fontaine par cœur, avant de les réciter devant la classe. Aujourd’hui, la poésie contemporaine prend bien des formes et bien des couleurs. C’est ce que le festival La Poésie est une oreille, organisé par l’Office des transports poétik, cherche à valoriser. Douze poète·esses venus de toute la France prendront résidence dans des librairies, cafés, bibliothèques et autres lieux de vie, à Grenoble et en Isère. Depuis la première édition en 2022, l’association a la volonté ne pas restreindre les artistes, alors, carte blanche totale ! « Je ne veux pas thématiser la littérature, je trouve ça très scolaire », assure Katia Bouchoueva, directrice artistique du festival. Il n’y a ainsi pas de thème pour sélectionner les textes, même si un fil rouge commun peut parfois se dégager : « L’année dernière, par exemple, c’était plutôt les déplacements. »
Déplacer la poésie, c’est aussi le propos du festival. L’un des lieux où le poète Pierre Soletti intervient peut étonner. Pourtant, c’est peut-être l’un des plus importants : la maternité du Groupe hospitalier mutualiste. L’objectif est d’aller « au plus près de la naissance des mots », oui, littéralement. À travers des échanges directs avec le personnel médical, un parcours est organisé dans les chambres, avec les (futurs) parents volontaires. Au-delà de la communication, le langage devient un moyen d’apaisement et de reconnexion.
Mais la poésie, ce n’est pas seulement réciter un poème, cela peut aussi être… un DJ set électro. Le 25 juin, la poétesse Élisabeth Chabuel et l’artiste DJ Actress M proposeront un set « poétik électro » au Bifurk Café. Un événement axé sur le partage de connaissances, entre interprètes ou avec les spectateurs. Car eux aussi pourront étoffer leur âme d’artiste, lors de scènes ouvertes, accessibles à tous·tes. / TP
Photo ©Marc Ginot
Publié le 25.05.2026 à 12:29
Festival
On avait prévu, comme l’an passé, d’évoquer Les Délices perchés dans notre numéro spécial festival (qui paraît bientôt). Mais surprise : cette année (« un peu particulière »), l’équipe propose une version raccourcie sur une soirée, avec le spectacle burlesque La Cuisine et un repas composé de viande à la broche et mezzés.
Photo ©Damien Bossis
Publié le 25.05.2026 à 11:51
autre style de musique
Grosse ambiance en perspective à l’Écho avec Legiana Collective, neuf musiciens venus de pays différents (Danemark, Pays-Bas, Italie, Espagne) qui distillent avec une redoutable bonne humeur des compositions et reprises issues des folklores du monde entier. Ça va être beau !
Photo ©Maricruz photo
Publié le 18.05.2026 à 15:20
Non classé
Jean-Marc Rochette en dédicace, Verlaine et NTM dans un même concert, un apéro fluo à la Casemate, une balade nocturne dans le Jardin des plantes… Musées en fête, événement isérois construit autour de la Nuit européenne des musées, c’est éclectique, insolite, et impossible à résumer dans un aussi petit article.
Photo ©Silence