TéléGrenoble (TG+) a été placée en redressement judiciaire lundi 18 mai 2026 par le tribunal de commerce de Grenoble. à suivre...
Publié le 20.10.2026 à 07:30
Thibault Leduc
Après les violences et les pillages qui ont secoué Grenoble, deux nouveaux rassemblements sont annoncés samedi prochain. Une perspective qui soulève de sérieuses interrogations sur la sécurité dans le centre-ville.
Une semaine seulement après les scènes d’émeutes qui ont marqué la journée du samedi 17 octobre à Grenoble, la capitale des Alpes pourrait connaître une nouvelle journée de mobilisation. La coordination des Gilets jaunes appelle en effet à un « acte II » du mouvement, samedi 24 octobre, avec deux rendez-vous annoncés dans le centre-ville grenoblois.
Le premier rassemblement est prévu à 10 heures devant l’hôtel de ville, le second à 13 h 30 place Victor-Hugo. Ces deux appels s’inscrivent dans une mobilisation nationale qui entend prolonger le mouvement de contestation engagé le 17 octobre. Plusieurs dizaines d’actions sont déjà annoncées à travers la France.

À Grenoble, ces nouveaux appels à manifester interviennent dans un contexte particulièrement tendu. Samedi dernier, alors que plusieurs cortèges ont rassemblé jusqu’à 13 000 personnes selon la préfecture, le centre-ville a été le théâtre de graves violences.
En marge des manifestations, quelque 300 individus cagoulés et équipés, selon les autorités, se sont attaqués aux forces de l’ordre avant de commettre de nombreuses dégradations. Près d’une quarantaine de commerces ont été pillés, du mobilier urbain détruit et des voitures incendiées dans plusieurs secteurs du centre-ville transformés en scènes d’affrontements.
Des événements qui ont profondément marqué les commerçants et les habitants. Dès dimanche, la préfète de l’Isère, Catherine Séguin, s’est rendue auprès des professionnels touchés, accompagnée notamment de la maire de Grenoble, Laurence Ruffin, et du président de la Métropole, Guillaume Lissy. Des réunions de travail ont été annoncées pour renforcer la sécurisation des commerces et accompagner les victimes.
L’annonce de nouvelles manifestations pose inévitablement la question des moyens de sécurité qui seront déployés samedi prochain. Ils étaient 550 policiers et gendarmes ce samedi dans les rues de l’agglomération.
Les autorités devront donc apprécier le risque de voir des groupes violents profiter une nouvelle fois des rassemblements pour commettre des dégradations. Faut-il renforcer massivement la présence policière ? Restreindre certains parcours dans les rues commerçantes ? Prendre des arrêtés d’interdiction dans les secteurs les plus sensibles ?
Autant de questions auxquelles la préfecture devra répondre dans les prochains jours. Le Premier ministre a demandé à certains préfets de déclencher des couvre-feux partiels et localisés dès lundi soir dans des grandes villes françaises. Mais Grenoble n’est pour l’instant pas concernée.
Pour les commerçants du centre-ville, dont certains viennent à peine de mesurer l’ampleur des dégâts, la perspective de nouvelles manifestations va susciter de fortes inquiétudes. La question d’éventuelles fermetures préventives de magasins pourrait se poser même si le samedi est un jour important pour le chiffre d’affaires.

La situation place également les pouvoirs publics devant un équilibre délicat : garantir la liberté de manifester, droit fondamental, tout en assurant la protection des personnes et des biens.
Car les violences du 17 octobre ne doivent pas conduire à assimiler l’ensemble des manifestants aux casseurs. La très grande majorité des 13 000 personnes mobilisées samedi dernier participaient à des cortèges revendicatifs sans prendre part aux pillages. La préfecture estime qu’environ 800 individus ont participé à ces exactions.
Les organisateurs du nouvel appel national souhaitent poursuivre la mobilisation autour des questions de pouvoir d’achat et de justice sociale, des revendications largement éclipsées par les violences de samedi dernier.
..................................................Publié le 19.10.2026 à 21:35
La rédaction TG+
Après les pillages et dégradations du 17 octobre à Grenoble, la Chambre de Commerce et d’Industrie se mobilise pour soutenir les commerçants sinistrés. Elle réclame des aides financières et un renforcement de la sécurité.
Au lendemain des scènes de violences qui ont frappé le centre-ville de Grenoble, samedi 17 octobre, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Grenoble monte au créneau. Face à l’ampleur des dégâts subis par de nombreux commerces, son président Pierre Streiff dénonce fermement les actes de vandalisme et appelle les collectivités à prendre des mesures d’urgence.
« Ce sont bien plus que des locaux qui sont aujourd’hui dévastés », souligne la CCI dans un communiqué, rappelant que derrière les vitrines brisées et les magasins pillés, ce sont des commerçants qui perdent leur outil de travail, leurs revenus et parfois des années d’investissement.
Un constat partagé par plusieurs organisations patronales, dont le Medef Isère, présidé par Sophie Sidos, et les Entrepreneurs Isère, représentés par Pascal André, qui affichent leur solidarité avec les professionnels touchés.
Si la CCI salue la réactivité de la Ville de Grenoble et de la Métropole, notamment pour les opérations de nettoyage du centre-ville, elle estime que les collectivités doivent aller beaucoup plus loin.
Elle demande notamment la création rapide d’un fonds d’urgence pour les commerçants sinistrés, mais aussi un renforcement durable de la sécurité, avec davantage de vidéoprotection et une présence accrue de la police municipale.
La chambre consulaire souhaite également le lancement d’un plan de relance économique pour soutenir les commerces de proximité, déjà fragilisés par une conjoncture difficile.
Autre préoccupation : les prochaines manifestations annoncées à Grenoble. La CCI réclame une anticipation maximale des risques, avec des dispositifs permettant d’empêcher les casseurs d’accéder au centre-ville, une meilleure sécurisation des chantiers et une information renforcée des organisations professionnelles.
Sur le terrain, la CCI assure être mobilisée depuis samedi 17 octobre à 20 heures, sous la coordination de son vice-président chargé du commerce, Emmanuel Lenoir, et de son directeur général, Joris Benelle.
Dès samedi soir, elle a notamment financé la présence de deux agents de sécurité pour protéger quatre commerces dont les locaux ne pouvaient plus être sécurisés après les dégradations.
Depuis ce lundi 19 octobre, un numéro unique doit permettre aux commerçants de signaler leurs difficultés. La CCI travaille également, avec l’association des commerçants Labelville, au recensement des établissements touchés et à leur accompagnement individuel.
Des entreprises et artisans sont sollicités pour fournir des matériaux et participer à la sécurisation des boutiques. Une coordination avec les services de police est également engagée afin de faciliter les dépôts de plainte.
..................................................Publié le 19.10.2026 à 18:55
La rédaction TG+
Après les scènes de violence survenues samedi 17 octobre à Grenoble, l’insoumis Allan Brunon a adressé un signalement au procureur de la République. Il dénonce un coup porté au visage d’une femme par un policier.
Les événements qui ont secoué Grenoble samedi pourraient connaître des prolongements judiciaires. Quinze personnes interpellées samedi au cours de ces violences urbaines ont été présentées à un juge ce lundi. Cinq ont reconnu préalablement leur culpabilité.
En attendant de connaître la nature des sanctions prononcées par la justice contre les casseurs, une vidéo circule sur les réseaux sociaux. Elle semble incriminer cette fois l’autre camp, celui des forces de l’ordre.
La scène se déroule rue de Bonne dans l’entrée du magasin de prêt à porter Marie Chantal. On y voit un policier porter un coup au visage d’une femme qui, à ce moment là, est dans une attitude calme. Il est difficile d’apprécier les circonstances mais le coup « gratuit » semble bien réel.
Allan Brunon, élu de La France insoumise au conseil municipal de Grenoble a décidé de saisir le procureur de la République pour dénoncer des faits de violences policières présumées. Il effectue ce signalement au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale qui oblige un élu à dénoncer sans délai un délit ou un crime dont il aurait connaissance.
« Ces images soulèvent de sérieuses interrogations quant aux circonstances de cette intervention et à la proportionnalité de l’usage de la force par les forces de l’ordre », écrit l’élu dans un courrier adressé au parquet de Grenoble.
Allan Brunon estime que les faits méritent un examen approfondi par l’autorité judiciaire afin de déterminer si une infraction pénale a été commise. Dans sa lettre, il insiste sur la nécessité de garantir l’intégrité physique des personnes lors des interventions policières, quelles que soient les circonstances.
L’élu insoumis demande au procureur que les faits signalés fassent l’objet de « toute l’attention nécessaire » et que les éventuelles violences commises soient « pleinement établies et sanctionnées ». Il se dit également prêt à transmettre aux autorités judiciaires la vidéo concernée ainsi que tout élément complémentaire en sa possession.
Ce signalement intervient dans un contexte particulièrement tendu à Grenoble. Samedi 17 octobre, plusieurs manifestations avaient rassemblé jusqu’à 13 000 personnes selon la préfecture de l’Isère. En marge des cortèges, de violents affrontements avaient opposé des groupes d’individus aux forces de l’ordre, tandis que des commerces étaient pris pour cible et que du mobilier urbain et des voitures étaient incendiés.
À ce stade, les circonstances précises de la scène dénoncée restent à établir. Le courrier de l’élu constitue un signalement à l’autorité judiciaire et ne préjuge ni de l’existence d’une infraction ni de la responsabilité du fonctionnaire concerné. Cette vidéo de quelques secondes est-elle aussi choquante que les pillages de samedi ?
Ce lundi soir, le parquet de Grenoble n’avait enregistré aucune plainte concernant d’éventuelles violences policières et le courrier d’Allan Brunon ne lui avait pas encore été transmis. Avec l’utilisation de plus en plus fréquente de l’intelligence artificielle, il faut rester prudent face aux vidéos des réseaux sociaux mais cette séquence qui y circule n’est pas de nature à apaiser les tensions alors qu’un nouvel appel à manifester à Grenoble a été lancé par les Gilets jaunes pour le samedi 24 octobre.
..................................................Publié le 19.10.2026 à 15:22
La rédaction TG+
Du 19 au 28 octobre, Vizille et Villard-Bonnot accueillent la 28ᵉ édition du Festival du film pour enfants. Plus de 40 films, 250 séances et de nombreuses animations sont au programme des vacances de la Toussaint.
Pendant dix jours, les jeunes spectateurs vont pouvoir faire le plein d’images et d’émotions. Devenu l’un des grands rendez-vous culturels des vacances de la Toussaint en Isère, le Festival du film pour enfants propose cette année 41 films et plus de 250 séances, accessibles dès l’âge de 3 ans.
Cette année, le festival a choisi pour thème « De la page à l’image », avec une sélection de films adaptés de la littérature jeunesse. Une invitation à découvrir comment les personnages et les histoires des livres prennent vie au cinéma.
La programmation fait également la part belle aux nouveautés, aux grands classiques à redécouvrir en famille et aux films d’animation. Les tout-petits disposent de séances spécialement adaptées à leur âge, tandis que les adolescents pourront explorer des univers plus audacieux, notamment grâce à la sélection de films d’animation asiatiques.
Mais le festival ne se limite pas aux projections. Vingt-quatre ateliers et animations permettront aux jeunes spectateurs de découvrir les coulisses du septième art, de rencontrer des professionnels du cinéma et de mieux comprendre la fabrication des films. Six avant-premières sont également annoncées.
Autre particularité : les enfants auront leur mot à dire sur le palmarès. Un jury composé de onze jeunes de 8 à 11 ans sera chargé de départager huit films en compétition et de désigner le lauréat du Grand Prix du festival. Une manière de transformer les spectateurs en véritables critiques de cinéma.

Avec un tarif unique de 5 euros par séance, le Festival du film pour enfants entend rendre le cinéma accessible au plus grand nombre. Les projections se déroulent au cinéma Le Jeu de Paume à Vizille et à l’Espace Aragon de Villard-Bonnot.
Programmation complète sur festivaldufilmpourenfants.fr
L’émission Le + consacrée à l’édition 2026 du Festival du film pour enfants
Publié le 19.10.2026 à 12:00
Thibault Leduc
Après six années chaotiques, le Groupement hospitalier mutualiste de Grenoble va être repris par la Fondation Boissel. Une victoire pour les défenseurs de la clinique, ternie par la suppression annoncée d’une centaine d’emplois.
C’est l’aboutissement de six années de combat pour les défenseurs de la clinique mutualiste de Grenoble. Le tribunal judiciaire a choisi la Fondation Boissel pour reprendre le Groupement hospitalier mutualiste désormais baptisé « Cité hospitalière des Alpes ».
Une décision accueillie avec soulagement par les Amis des cliniques mutualistes de Grenoble et l’Union de quartier Berriat-Saint-Bruno-Europole. Le choix d’une fondation à but non lucratif marque la fin de l’ère Bernard Bensaid et du groupe Doctegestio, devenu AVEC, dont la gestion était vivement contestée depuis la cession de l’établissement en 2020.
Mais cette victoire est amère : la reprise s’accompagne du licenciement annoncé d’une centaine de salariés, une conséquence jugée particulièrement injuste par les associations.
Les collectifs saluent le résultat d’une longue mobilisation citoyenne et syndicale, soutenue par Grenoble Alpes Métropole puis par la Ville de Grenoble. Ils dénoncent toutefois l’inaction des pouvoirs publics et des instances mutualistes face aux dérives financières présumées de l’ancien gestionnaire.

Pour les défenseurs de la clinique mutualiste, cette reprise constitue donc une étape décisive, mais pas la fin du combat. Bernard Bensaid doit être jugé le 2 février 2027 pour des faits présumés de prise illégale d’intérêts et de détournement de fonds publics. Il bénéficie de la présomption d’innocence.
Les associations poursuivent également leur action pour contester la cession de 2020. Elles réclament notamment la restitution de 9,2 millions d’euros versés à un fonds de dotation et remettent en cause la vente des murs de la clinique à Icade Santé pour 50 millions d’euros. Selon elles, le retour de ces bâtiments dans le patrimoine du GHM permettrait d’économiser plus de 3 millions d’euros de loyers annuels, qui pourraient être consacrés aux soins et à l’emploi.
Du côté du repreneur « la priorité est de sécuriser l’existant et de redonner des perspectives à un établissement essentiel pour le territoire avec la volonté de préserver ce qui fait la force et l’identité de la Mut’.» explique Heidi Giocacchini, déléguée générale de la Fondation Georges Boissel.
Implantée sur l’ensemble du territoire isérois, cette fondation s’appuie sur un réseau d’une douzaine d’établissements et près de 1 000 professionnels. Elle développe des actions complémentaires allant du soin à l’insertion par le logement et le travail, au service des besoins des territoires.
..................................................Publié le 19.10.2026 à 07:00
Alexandre Martinez
Les violences et dégradations commises samedi 17 octobre dans le centre-ville de Grenoble auront des conséquences sur les transports ce lundi. Plusieurs lignes de tramway sont partiellement impraticables.
Les conséquences des scènes de violences et de pillages survenues samedi 17 octobre, en marge des manifestations à Grenoble, vont se prolonger au-delà du week-end. M réso annonce d’importantes perturbations sur les lignes de tramway pour la journée du lundi 19 octobre, en raison des nombreuses dégradations subies par ses infrastructures.
Les dégâts occasionnés aux rails, aux stations et à la voirie ne permettent pas de rétablir une circulation normale dans le centre-ville, dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Les équipes techniques doivent poursuivre leurs interventions pour permettre une reprise progressive du trafic.
La ligne A circulera uniquement entre Fontaine-La Poya et Gares, d’une part, et entre Verdun-Préfecture et Pont-de-Claix L’Étoile, d’autre part. Aucun tramway ne circulera entre les stations Gares et Verdun-Préfecture.
La ligne B sera également interrompue dans le centre-ville. Elle fonctionnera entre Oxford et Gares, puis entre Notre-Dame-Musée et Gières Plaine des Sports. Dans les deux cas, aucun bus de substitution ne sera mis en place pour assurer la liaison entre les tronçons interrompus.
La ligne D sera limitée au parcours entre Étienne Grappe et Notre-Dame-Musée. La ligne E circulera normalement, mais ne desservira pas la station Alsace-Lorraine. Seule la ligne C devrait fonctionner normalement sur l’ensemble de son parcours ainsi que les lignes de bus.
M réso précise que la situation pourra évoluer au fil de la journée, en fonction de l’avancement des réparations et des conditions de sécurité. Les voyageurs sont invités à anticiper leurs déplacements et à consulter régulièrement les informations.
..................................................Publié le 18.10.2026 à 19:00
Thibault Leduc
La Commission nationale des comptes de campagne a dévoilé les dépenses des candidats aux municipales de mars 2026 à Grenoble. Au total, près de 800 000 € ont été engagés.
Combien a coûté la bataille des municipales à Grenoble ? La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a publié il y a quelques jours, les dépenses électorales des candidats aux élections de mars 2026.
Premier enseignement : la campagne grenobloise a coûté près de 800 000 €, pour les 9 listes confondues (contre 911 378 € en 2020 pour 7 listes). Une facture conséquente, dont une bonne partie sera prise en charge par les finances publiques. Le montant des remboursements de l’État approche en effet les 450 000 €.
Les listes de Laurence Ruffin et Alain Carignon, présentes au second tour, ont engagé des moyens financiers quasiment identiques, avec environ 210 000 € dépensés chacune pour tenter de convaincre les électeurs grenoblois.
Des montants importants, mais qui restent inférieurs au plafond légal fixé à 232 295 € pour les listes qualifiées au second tour. Pour celles qui n’ont participé qu’au premier tour, le plafond était de 169 109 €.
Ces dépenses couvrent notamment l’impression des documents électoraux, l’organisation des réunions publiques, la communication et les différents frais nécessaires à la conduite d’une campagne.
A noter qu’Hervé Gerbi est le candidat qui aura le plus dépensé par rapport au nombre de voix récoltées (23 € par suffrage). A l’opposé, Geneviève Krzyzak n’aura dépensé que 2 € par voix mais n’en a obtenu que 89…
En France, une partie des dépenses de campagne est pris en charge par l’Etat. Mais toutes les listes ne peuvent pas prétendre à un remboursement. Pour bénéficier de cette aide publique, elles devaient recueillir au moins 5 % des suffrages exprimés au premier tour.
Au-delà des résultats dans les urnes, cette publication permet de mesurer les moyens financiers mobilisés pour conquérir la mairie de Grenoble. Avec près de 800 000 € de dépenses cumulées, les municipales de 2026 représentent aussi un investissement électoral important, dont plus de la moitié est financée par l’argent public.

Publié le 18.10.2026 à 12:00
Thibault Leduc
Deux ans après la crue dévastatrice, le village de La Bérarde est toujours convalescent mais la magie de son environnement demeure. En cette période d’automne, ces hautes vallées de l’Oisans offrent un spectacle saisissant aux amoureux de nature et de la randonnée.
Il est des paysages dont on ne se lasse jamais. Au bout de la vallée du Vénéon, à 1 700 mètres d’altitude, La Bérarde reste l’un de ces lieux à part, où la montagne s’impose dans toute sa grandeur. Et l’automne est sans doute la plus belle saison pour découvrir ce bout du monde, au cœur du massif des Écrins.

Ici, les mélèzes se parent de jaune et d’or, les premières neiges saupoudrent les sommets et les lumières rasantes révèlent toute la beauté minérale de la haute montagne. Malheureusement privée d’une part importante de sa fréquentation touristique depuis deux ans, la vallée offre une atmosphère presque irréelle de calme et de quiétude.
Impossible pourtant d’oublier ce qui s’est passé le 21 juin 2024. Ce jour-là, une crue torrentielle d’une violence exceptionnelle a ravagé La Bérarde, emportant des bâtiments, bouleversant le paysage et laissant derrière elle un village profondément défiguré.

Plus de deux ans après, les stigmates de la catastrophe restent visibles. Là où se dressaient autrefois des maisons, des commerces et des lieux de vie, les amas de pierres et les traces laissées par les torrents rappellent la puissance de la nature.
Mais au-delà de ces blessures, le décor demeure grandiose. Les sommets qui dominent la vallée, les glaciers, les parois vertigineuses et les torrents continuent de composer l’un des panoramas les plus sauvages des Alpes françaises.

Pour les amoureux de grands espaces, le secteur reste une destination exceptionnelle. Les sentiers impactés par la crue ont été reconstruits et permettent de retrouver les paysages sauvages qui ont fait la réputation de La Bérarde, notamment en direction du vallon des Étançons, face à la Meije, ou du refuge du Carrelet, au pied des grandes parois des Écrins.
Venir marcher dans le Haut-Vénéon, c’est aussi une façon de ne pas oublier ce territoire et ceux qui continuent de le faire vivre. Les habitants ont d’ailleurs affiché des banderoles à plusieurs endroits pour qu’on ne délaisse pas leur vallée.

Même s’il est toujours interdit d’y résider, l’accès à La Bérarde est possible. La route est praticable presque jusqu’au bout et en cette période, il n’y a plus de restriction de circulation. La traversée du village à pied est un moment marquant puisque certaines maisons détruites sont restées en l’état comme si le temps s’était figé depuis le 20 juin 2024.
Le maire fait le point sur l’avenir du village dans l’émission Le +





Publié le 18.10.2026 à 07:18
Thibault Leduc
Les manifestations du samedi 17 octobre à Grenoble ont dégénéré en violentes émeutes. Plus de 30 commerces ont été pillés, plusieurs bâtiments publics saccagés et 51 personnes interpellées. Trois membres des secours et des forces de l’ordre ont été blessés.
Grenoble a connu une journée de violences particulièrement graves ce samedi 17 octobre. Selon le bilan communiqué samedi soir par la préfecture de l’Isère, les quatre manifestations déclarées ont rassemblé jusqu’à 13 000 personnes, tandis que plusieurs centaines d’individus se sont livrés à des affrontements avec les forces de l’ordre et à des dégradations dans le centre-ville.
Dès 11h30, un groupe d’environ 300 individus cagoulés, pour la plupart armés selon la préfecture, s’est détaché d’un premier cortège pour attaquer les policiers à coups de mortiers et de jets de pierres. Des poubelles et des véhicules ont été incendiés, des abribus détruits et des équipements de vidéoprotection dégradés.
Vers 13 heures, plusieurs centaines d’individus ont pris pour cible l’hôtel de ville de Grenoble, puis le rectorat, brisant des vitres et saccageant plusieurs accès. L’église Saint-Louis a également subi des dégradations après l’intrusion de plusieurs personnes.
Plus d’une trentaine de commerces et d’agences bancaires ont été pillés, parfois simultanément dans différents secteurs du centre-ville. La préfecture estime à environ 800 le nombre de personnes ayant participé à ces pillages opportunistes.
Les sapeurs-pompiers ont effectué 55 interventions pour des incendies d’origine criminelle, notamment un important feu dans un bâtiment à proximité de l’arrêt de tramway Alsace-Lorraine.

Face à ces violences, plus de 550 policiers et gendarmes avaient été mobilisés, avec des renforts de CRS et de gendarmes mobiles. Au total, 51 personnes ont été interpellées, selon le bilan provisoire de la préfecture. Deux policiers et un sapeur-pompier ont été blessés. Deux véhicules de police ont également été endommagés, dont un rendu inutilisable.
La préfète de l’Isère, Catherine Séguin, a fermement condamné ces violences, rappelant que le droit de manifester devait s’exercer dans le respect de la loi. Elle a également exprimé son soutien aux forces de l’ordre, aux secours, aux commerçants et aux habitants touchés par les événements.
..................................................Publié le 17.10.2026 à 19:21
La rédaction TG+
La mobilisation en nombre des Gilets jaunes et des lycéens a été marquée par des tensions ce samedi 17 octobre à Grenoble. Après des blocages et des affrontements avec la police, des scènes de violences et des pillages se sont multipliés en fin de journée.
La journée avait commencé par des opérations de blocage et s’est poursuivi par des manifestations contre la vie chère. Mais ce samedi 17 octobre, le retour des Gilets jaunes dans les rues de Grenoble a été marqué aussi par des tensions avec les forces de l’ordre, avant de graves débordements en fin de journée.
Dès 8h45, une cinquantaine de manifestants ont installé un barrage filtrant sur l’A480, à hauteur de la sortie Catane. L’opération a provoqué d’importants embouteillages dans les deux sens de circulation. Les forces de l’ordre sont intervenues vers 10 heures pour rétablir le trafic.

La mobilisation s’est ensuite déplacée vers le centre-ville, notamment dans les secteurs de la gare, du cours Jean-Jaurès et du cours Berriat. Vers 11 heures, une centaine de personnes étaient rassemblées aux abords de l’avenue Alsace-Lorraine. Des tensions ont éclaté et les policiers ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les participants. Plusieurs commerçants ont préféré fermer leurs établissements par précaution.
Ils étaient des milliers à défiler dans le calme mais malheureusement ce qui était redouté par les autorités s’est produit en fin de journée. Des petits groupes de casseurs très déterminés en ont profité pour attaquer des commerces et incendier des voitures.

De nombreuses boutiques situées dans les rues piétonnes ont été pillées comme le magasin Lacoste place du docteur Léon Martin ou JD Sports dans lequel des dizaines de voleurs ont vidé les stocks (vidéo ci-dessous). L’agence bancaire BNP Paribas a également été saccagée. Les casseurs ont même volé le petit train touristique de Grenoble…
Le principal rassemblement officiel était organisé à 13h30 place Victor-Hugo, à l’appel d’anciens Gilets jaunes, avec l’ambition de réunir également lycéens, étudiants et organisations syndicales. Les manifestants entendaient dénoncer la hausse du coût de la vie, les inégalités sociales et le manque de moyens accordés aux services publics et notamment à l’Education nationale.
Il faudra attendre demain ou les prochains pour tirer le bilan définitif de ce vandalisme urbain et de ses conséquences. Mais on peut déjà dire que quelques centaines de casseurs ont relégué au second plan les revendications de milliers de citoyens qui sont descendus crier leur colère ce samedi dans les rues de Grenoble.
Le pillage du magasin JD Sports
Une voiture incendiée place Vaucanson