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Lien du flux RSSHuman Rights Watch NewsHumans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

15.05.2026 à 19:40

Un an depuis l'arrestation au Tchad d'un dirigeant de l'opposition

Human Rights Watch
Click to expand Image Succès Masra, président du parti d'opposition Les Transformateurs, devant le siège du parti à N'Djamena, le 8 avril 2021. © 2021 Marco Longer/AFP via Getty Images

Un an après que les autorités tchadiennes ont arrêté puis condamné Succès Masra, éminent dirigeant de l’opposition et ancien Premier ministre, son maintien en détention fondé sur des accusations à caractère politique souligne l’intolérance du gouvernement à l’égard de la dissidence.

Succès Masra, dirigeant du parti d'opposition Les Transformateurs, a été arrêté à son domicile à N'Djamena tôt le matin du 16 mai 2025. Il a été accusé d'incitation à la haine et à la révolte par le biais de publications sur les réseaux sociaux à la suite des affrontements intercommunautaires du 14 mai dans la province du Logone Occidental, qui ont fait des dizaines de morts. Immédiatement après ces meurtres, il s’est exprimé sur les réseaux sociaux pour présenter ses condoléances aux victimes et a déclaré que « la vie d’aucun Tchadien ne doit être banalisée ».

En août 2025, un tribunal tchadien a reconnu l’opposant coupable de « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et « complicité de meurtre, » le condamnant à 20 ans de prison. Succès Masra, qui a plaidé non coupable, a été jugé aux côtés de dizaines de coaccusés, dont la plupart ont également reçu des peines de 20 ans d’emprisonnement. Le tribunal a de plus infligé de lourdes amendes aux accusés.

Immédiatement après la condamnation, les avocats de Succè Masra ont interjeté appel, qui est toujours en instance.

Si les affrontements entre les communautés d’éleveurs et d’agriculteurs sont récurrents dans le sud du Tchad, l’arrestation de Succès Masra s’inscrit dans un contexte plus large de rétrécissement de l’espace politique. Avant l’élection présidentielle de mai 2024, lors de laquelle il s’était présenté contre le président de transition de l’époque, Mahamat Idriss Déby, Succès Masra et ses partisans avaient fait l’objet de menaces et d’arrestations arbitraires. Une figure éminente de l’opposition avait été assassinée à l’approche du scrutin sans qu’aucune justice ne soit rendue par la suite.

Après l’élection, Succès Masra a allégué que le scrutin avait été truqué.

Les forces de sécurité ont également fait usage d’une force excessive contre des manifestants, notamment lors des manifestations de 2021 et 2022 qui ont fait des dizaines de morts et de blessés. Des centaines de personnes ont été détenues arbitrairement, certaines ayant subi des mauvais traitements. Le 8 mai 2026, huit dirigeants de l’opposition ont été jugés et condamnés à huit ans de prison pour « rébellion » et « mouvement insurrectionnel », après avoir tenté d’organiser une manifestation pro-démocratique qui avait été interdite.

Cela fait maintenant un an que Succès Masra a été arrêté, et la Cour suprême du Tchad devrait examiner son appel.

Les acteurs régionaux, notamment la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), qui n’ont jusqu’à présent pas réussi à protéger les principes démocratiques au Tchad, ont également un rôle à jouer. Ils devraient faire pression sur les autorités tchadiennes pour qu’elles rétablissent les droits politiques et respectent les accords antérieurs tels que l’accord de Kinshasa, qui visait à garantir la sécurité des activités politiques des partis d’opposition, y compris celui de Succès Masra.

14.05.2026 à 09:00

États-Unis : Les coupes dans l’aide étrangère portent atteinte aux droits dans le monde entier

Human Rights Watch
Click to expand Image Des débris de cartons de l'USAID, l’agence américaine pour le développement international, éparpillés sur le sol d’un entrepôt du Programme alimentaire mondial à Bukavu, en République démocratique du Congo, le 21 février 2025. Des actes de pillage ont été commis lors de la prise de contrôle de cette ville par le M23, quelques jours auparavant. © 2025 Luis Tato/AFP via Getty Images

(Washington) – Les coupes abruptes opérées par le gouvernement des États-Unis dans la quasi-totalité de son aide étrangère en 2025 ont porté préjudice au mouvement mondial en faveur des droits humains ainsi qu’à d’innombrables personnes en danger, a révélé Human Rights Watch dans un rapport de 42 pages rendu public aujourd’hui.

Every Autocrat’s Dream: A Global Snapshot of the Human Rights Harms of US Foreign Aid Cuts

Ce rapport, intitulé « Every Autocrat’s Dream: A Global Snapshot of the Human Rights Harms of US Foreign Aid Cuts » (« Le rêve de tout autocrate : Aperçu mondial des atteintes aux droits humains causées par les coupes dans l’aide étrangère américaine », examine les conséquences immédiates de ces coupes budgétaires sur le travail des défenseurs des droits à travers le monde. Des enquêtes sur des exactions ont été interrompues, le soutien aux victimes a été fortement réduit, et des organisations qui contribuaient à la prévention des violations ont été contraintes de limiter voire parfois de cesser leurs activités.

« Le retrait du soutien du gouvernement américain au mouvement mondial des droits humains a été une véritable bénédiction pour les autocrates », a déclaré Sarah Yager, directrice du bureau de Washington de Human Rights Watch. « Les coupes dans l’aide étrangère ont rendu plus difficile la documentation des violations des droits humains, la protection des communautés menacées et la poursuite en justice des auteurs de ces violations. »

Le gouvernement des États-Unis a été le principal donateur en faveur des initiatives de défense des droits humains à travers le monde pendant des décennies, jusqu’à ce que l’administration Trump démantèle l’aide étrangère américaine entre janvier et mars 2025. Même si certains programmes ont fait l’objet de critiques légitimes, les réductions soudaines et massives de l’aide étrangère ont eu des effets néfastes immédiats à l’échelle mondiale.

Human Rights Watch a examiné l’impact de ces coupes budgétaires sur la liberté des médias, l’accès à l’information et la sécurité numérique ; sur la lutte contre la discrimination et la violence ciblée ; ainsi que sur la justice, la reddition de comptes et l’état de droit. Cet aperçu inclut des études de cas réalisées dans 16 pays : l’Afghanistan, le Bangladesh, le Cameroun, la Corée du Nord, la Géorgie, le Guatemala, Haïti, le Myanmar, le Nicaragua, la République démocratique du Congo, le Salvador, la Tanzanie, la Thaïlande, le Turkménistan, l’Ukraine et le Venezuela.

Ces études de cas portent sur les semaines et les mois qui ont immédiatement suivi les coupes dans l’aide, et visent à illustrer les répercussions sur les droits humains des décisions prises par l’administration Trump dans divers contextes. 

Bien qu’aucun gouvernement ne soit tenu de fournir une aide étrangère, la manière dont les États-Unis ont mis fin à cette assistance a causé des préjudices prévisibles, exigeant que des comptes soient rendus, a déclaré Human Rights Watch. Le Congrès américain devrait exiger un examen indépendant afin d’évaluer les conséquences sur les droits humains des réductions d’aide et des suppressions de programmes prévues pour 2025, et rétablir les financements alloués à la défense des droits humains dans les futures lois budgétaires. Les législateurs, les autres pays donateurs et les acteurs du secteur philanthropique devraient agir d’urgence pour reconstruire le soutien au mouvement mondial de défense des droits humains, d’une manière durable et respectueuse de ces droits.

« En mettant fin aux financements de manière si rapide et si radicale, le gouvernement américain a retiré des bouées de sauvetage cruciales pour de nombreuses personnes confrontées à des abus », a conclu Sarah Yager. « La résilience des organisations de défense des droits humains face à la montée de l’autoritarisme et aux crises mondiales a été extraordinaire ; toutefois, leur détermination ne saurait se substituer à un soutien durable. »

14.05.2026 à 06:01

RD Congo : Les rebelles du M23 ont commis des atrocités dans une ville de l'est du pays

Human Rights Watch
Click to expand Image Des combattants du groupe armé M23 patrouillaient dans un véhicule (en arrière-plan de la photo) à Uvira, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 13 décembre 2025. © 2025 Jospin Mwisha / AFP via Getty Images Le groupe armé M23 et les forces militaires rwandaises ont mené une occupation violente d'une ville de l'est de la République démocratique du Congo pendant un mois à partir de décembre 2025.Au cours de cette période, ces forces ont tiré sur des civils qui fuyaient, exécuté sommairement plus de 50 personnes lors d’opérations de fouille menées de porte à porte, violé au moins huit femmes et fait disparaître de force au moins 12 personnes.Des enquêtes pénales, notamment par la Cour pénale internationale, sont nécessaires pour garantir que ces crimes ne restent pas impunis.

(Kinshasa) – Le groupe armé M23 et les forces militaires rwandaises ont mené une occupation abusive de la ville d’Uvira, située dans l’est de la République démocratique du Congo, pendant un mois, à partir de décembre 2025, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui.

14 mai 2026 « Nous sommes des civils ! »

Le rapport de 26 pages, intitulé « “Nous sommes des civils !” : Meurtres, violences sexuelles et enlèvements commis par le M23 et les forces rwandaises à Uvira, en République démocratique du Congo », documente l’occupation d’Uvira, la deuxième plus grande ville de la province du Sud-Kivu, par le M23 et les forces rwandaises, du 10 décembre 2025, quelques jours seulement après la signature des Accords de Washington négociés par les États-Unis, au 17 janvier 2026, date de leur retrait. Pendant cette période, ces forces ont tiré sur des civils qui fuyaient, exécuté sommairement plus de 50 personnes lors d’opérations de fouille menées de porte à porte, violé au moins huit femmes et fait disparaître de force au moins 12 personnes.

« Après avoir pris le contrôle d’Uvira, les combattants du M23 et les forces rwandaises sont allés de porte en porte pour tuer sommairement des hommes et des garçons et ont commis des viols et des enlèvements », a déclaré Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Human Rights Watch a documenté de nombreux abus horribles, mais n’a peut-être qu’effleuré la surface. Des enquêtes pénales, notamment par la Cour pénale internationale, sont nécessaires pour garantir que ces crimes ne restent pas impunis. »

Ce rapport, issu de la première enquête de terrain sur les exactions commises à Uvira pendant l’occupation du M23 et des forces rwandaises, s’appuie sur plus de 120 entretiens menés en mars et en avril 2026. Human Rights Watch a écrit au gouvernement du Rwanda et à Bertrand Bisimwa, chef du M23, pour leur communiquer les conclusions préliminaires du rapport, mais n’a reçu aucune réponse.

Le 2 mars, le gouvernement des États-Unis a imposé des sanctions à l’armée rwandaise et à ses commandants pour leur rôle dans la prise et l’occupation d’Uvira.

Le M23, initialement formé en 2012 en tant que mouvement de rébellion contre le gouvernement congolais, a refait surface fin 2021 avec le soutien du Rwanda. Depuis lors, les combats entre d’une part le M23 et les forces rwandaises et d’autre part les forces armées congolaises et leurs alliés, y compris les milices responsables d’abus connues sous le nom de « Wazalendo », ont déplacé des centaines de milliers de personnes dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu, dans l’est de la RD Congo. Les parties belligérantes ont commis des meurtres illégaux et des viols, et sont également responsables de recrutement et de travail forcés.

Lors de la prise de contrôle d’Uvira, le M23 et les forces rwandaises ont tiré à plusieurs reprises sur des civils, les tuant et les blessant, y compris ceux qui tentaient de fuir pour se mettre en sécurité. Un homme qui a tenté de fuir avec des membres de sa famille a vu quatre d’entre eux se faire tirer dessus alors qu’ils tentaient de quitter la ville le 10 décembre. « C’était le chaos », a-t-il déclaré. « Nous avions de petits sacs que nous avons jetés et nous avons couru. Je n’ai pas été touché, alors j’ai simplement couru vers le lac. J’ai vu mon frère, sa femme et deux de ses enfants tomber. »

Une fois qu’elles ont pris le contrôle d’Uvira, le M23 et les forces rwandaises ont commencé à traquer des hommes et des garçons lors d’opérations de porte-à-porte, les accusant d’avoir des liens avec les Wazalendo et en exécutant beaucoup sur-le-champ. Human Rights Watch a documenté les exécutions sommaires de 53 civils par le M23 et les forces rwandaises, la plupart le 10 décembre.

Human Rights Watch a également documenté huit cas de viols de femmes commis par des combattants du M23 et des soldats rwandais à Uvira et dans ses environs. Les survivantes ont évoqué le manque quasi total de services de santé accessibles pendant l’occupation, en particulier l’absence de traitement prophylactique post-exposition (PEP) en temps voulu pour prévenir la contamination par le VIH, ainsi que de soins adéquats pour les blessures et infections résultant de violences sexuelles.

Le M23 a également enrôlé des civils de force dans ses rangs pendant l’occupation d’Uvira. Dans au moins 12 cas documentés, on ignore toujours où ces civils se trouvent.

Les autorités congolaises et rwandaises, avec le soutien de la communauté internationale, devraient s’engager à rendre compte, de manière exhaustive, des abus commis par le M23 et les forces militaires rwandaises pendant l’occupation d’Uvira.

Le Rwanda devrait cesser de soutenir le M23 responsable d’abus a déclaré Human Rights Watch. Le gouvernement congolais, en collaboration avec les organismes internationaux, devrait mener des enquêtes rapides, transparentes et impartiales sur les violations graves du droit international humanitaire et relatif aux droits humains commises par les parties au conflit, et veiller à ce que les responsables soient traduits en justice dans le cadre de procès équitables et transparents.

Des fosses communes subsistent dans toute la ville. Le gouvernement congolais devrait faciliter les enquêtes menées par des observateurs indépendants des droits humains et ordonner aux autorités militaires et administratives de leur faciliter l’accès, de protéger les témoins et de préserver toutes les preuves. Les autorités congolaises devraient garantir la protection des civils d’Uvira, notamment en mettant fin à leur soutien aux milices Wazalendo responsables d’abus et en les retirant de la ville.

Les partenaires internationaux de la RD Congo et du Rwanda devraient soutenir la Commission d’enquête indépendante sur la situation des droits de l’homme dans les provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu, mandatée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en 2025, afin qu’elle puisse remplir son mandat. Ces gouvernements devraient également sanctionner les commandants rwandais et du M23 ainsi que toute autre personne impliquée dans des violations graves, et réexaminer l’aide et la coopération militaires et sécuritaires avec le Rwanda afin de s’assurer que ce soutien n’alimente pas de nouvelles violations.

« L’occupation d’Uvira a mis en lumière les méthodes abusives utilisées par le M23 et les forces rwandaises », a conclu Philippe Bolopion. « Les victimes ainsi que leurs familles à Uvira demandent la justice et la fin de l’impunité qui alimente ces crimes. Les pays qui soutiennent la RD Congo devraient se mobiliser pour appuyer ces efforts. »

………….

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