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01.10.2026 à 17:56

Les enjeux des élections brésiliennes

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Le 4 octobre, les Brésiliens redéfiniront leur paysage politique lors d’élections générales. Dans ce contexte, 13 candidats s’opposeront pour la présidentielle. Ce scrutin attire tous les regards. Deux enjeux majeurs le caractérisent : une forte polarisation entre la gauche de Luiz Inácio Lula da Silva et l’extrême droite de Flávio Bolsonaro ; une ingérence de Washington dans la campagne. Une victoire de Flávio Bolsonaro, soutenu par l’administration Trump, pourrait ainsi faire basculer toute la région du côté des projets du président américain visant à repositionner l’Amérique latine comme zone d’influence des États-Unis. Quels sont les véritables enjeux de ces élections ? Alors que la polarisation domine la vie politique nationale, l’influence de Washington pose une question cruciale : jusqu’où l’ingérence américaine peut-elle aller ? Nouvelle chronique de l’Amérique latine avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS et responsable du Programme Amérique latine/Caraïbe.

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Le 4 octobre, les Brésiliens redéfiniront leur paysage politique lors d’élections générales. Dans ce contexte, 13 candidats s’opposeront pour la présidentielle.

Ce scrutin attire tous les regards. Deux enjeux majeurs le caractérisent : une forte polarisation entre la gauche de Luiz Inácio Lula da Silva et l’extrême droite de Flávio Bolsonaro ; une ingérence de Washington dans la campagne.

Une victoire de Flávio Bolsonaro, soutenu par l’administration Trump, pourrait ainsi faire basculer toute la région du côté des projets du président américain visant à repositionner l’Amérique latine comme zone d’influence des États-Unis.

Quels sont les véritables enjeux de ces élections ? Alors que la polarisation domine la vie politique nationale, l’influence de Washington pose une question cruciale : jusqu’où l’ingérence américaine peut-elle aller ? Nouvelle chronique de l’Amérique latine avec Christophe Ventura, directeur de recherche à l’IRIS et responsable du Programme Amérique latine/Caraïbe.

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01.10.2026 à 15:51

Rupture de l’ordre international et regain d’actualité du non-alignement actif

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L’attaque contre l’Iran menée par les États-Unis et Israël, lancée le 28 février 2026, qui a affaibli le gouvernement avec la mort de l’ayatollah Ali Khamenei et de plusieurs des plus hauts dirigeants du pays, n’est que la manifestation la plus récente de la polycrise qui affecte l’ordre international. Vingt jours après le début de cette guerre, elle avait déjà causé la mort de 1 400 Iraniens (dont 165 élèves de l’école primaire de filles, Shajareh Tayebe, dans le sud du pays), blessé 18 000 Iraniens et 3 700 Israéliens, causé une flambée du prix du pétrole à 105 dollars le baril de Brent — soit une hausse de 50 % — qualifiée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de « plus grande menace pesant sur l’énergie mondiale de l’histoire ». Le refus des autres membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de répondre à la demande de Washington de soutenir avec des navires de guerre ses efforts pour rouvrir le détroit d’Ormuz, afin de permettre le flux ininterrompu de gaz et de pétrole face au blocus imposé par l’Iran, a créé une fracture supplémentaire entre les États-Unis et l’Europe, faisant naître de nouvelles interrogations quant à l’avenir de l’Alliance transatlantique, bastion de l’axe occidental depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il ne fait guère de doute que l’ordre international traverse une mutation structurelle. La longue hégémonie unipolaire des États-Unis, consolidée après la fin de la Guerre froide, a cédé la place à une compétition stratégique ouverte avec la Chine, à une reconfiguration du rôle de la Russie et à l’émergence de puissances moyennes cherchant à élargir leur marge d’autonomie. Dans ce contexte, le discours du Premier ministre du Canada, Mark Carney, prononcé au Forum économique mondial de Davos en février 2026, a marqué un tournant. Loin […]

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Texte intégral (889 mots)

L’attaque contre l’Iran menée par les États-Unis et Israël, lancée le 28 février 2026, qui a affaibli le gouvernement avec la mort de l’ayatollah Ali Khamenei et de plusieurs des plus hauts dirigeants du pays, n’est que la manifestation la plus récente de la polycrise qui affecte l’ordre international. Vingt jours après le début de cette guerre, elle avait déjà causé la mort de 1 400 Iraniens (dont 165 élèves de l’école primaire de filles, Shajareh Tayebe, dans le sud du pays), blessé 18 000 Iraniens et 3 700 Israéliens, causé une flambée du prix du pétrole à 105 dollars le baril de Brent — soit une hausse de 50 % — qualifiée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de « plus grande menace pesant sur l’énergie mondiale de l’histoire ».

Le refus des autres membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de répondre à la demande de Washington de soutenir avec des navires de guerre ses efforts pour rouvrir le détroit d’Ormuz, afin de permettre le flux ininterrompu de gaz et de pétrole face au blocus imposé par l’Iran, a créé une fracture supplémentaire entre les États-Unis et l’Europe, faisant naître de nouvelles interrogations quant à l’avenir de l’Alliance transatlantique, bastion de l’axe occidental depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Il ne fait guère de doute que l’ordre international traverse une mutation structurelle. La longue hégémonie unipolaire des États-Unis, consolidée après la fin de la Guerre froide, a cédé la place à une compétition stratégique ouverte avec la Chine, à une reconfiguration du rôle de la Russie et à l’émergence de puissances moyennes cherchant à élargir leur marge d’autonomie.

Dans ce contexte, le discours du Premier ministre du Canada, Mark Carney, prononcé au Forum économique mondial de Davos en février 2026, a marqué un tournant. Loin de l’attitude de soumission adoptée jusque-là par de nombreux dirigeants européens face à l’escalade des exigences de l’administration de Trump, Mark Carney a nommé la crise actuelle en exposant un diagnostic clair. Il a souligné qu’il n’est plus possible de parler de « transition » de l’ordre libéral international qui prévaut depuis huit décennies, car, en réalité, le monde est confronté à sa « rupture ». Selon Mark Carney, il ne s’agit pas seulement d’une fragmentation de l’ordre international, mais du début d’une phase de rivalités structurelles prolongées : « Les grandes puissances ont commencé à se servir de l’intégration économique comme moyen de pression, des droits de douane comme levier, de l’infrastructure financière comme outil de coercition, et des chaînes d’approvisionnement comme vulnérabilités à exploiter ». Et de conclure : « Il est impossible de continuer à vivre dans l’illusion d’un bénéfice mutuel tiré de l’intégration lorsque celle-ci devient la source même de sa propre subordination ».

Son argument est que la mondialisation telle qu’on la connaissait — fondée sur les chaînes de valeur, des règles multilatérales relativement stables, le libre-échange et la primauté financière occidentale — est en train d’être remplacée par une logique de blocs, de résilience stratégique et de sécurité économique. Ce constat, venant du cœur même du pouvoir établi financier occidental et d’un ancien gouverneur de la Banque d’Angleterre, confirme que la compétition géopolitique n’est plus un phénomène épisodique, mais bien une dimension constitutive du nouvel ordre.

Pour l’Amérique latine, et plus généralement pour les pays dotés d’économies ouvertes et dépendantes du commerce extérieur, ce tournant pose un dilemme central : faut-il s’aligner de façon automatique sur l’une des grandes puissances, ou construire une stratégie qui préserve l’autonomie décisionnelle et l’intérêt national ? D’où l’importance de chercher à répondre à cette question en soulignant que cette rupture de l’ordre international, mise en évidence avec tant d’éloquence par le Premier ministre Carney, souligne la pertinence renouvelée de la notion de non-alignement actif.

Nous avions formulé ce concept dans une édition de Foreign Affairs Latinoamérica, en 2020, comme proposition stratégique pour la région. Avec le temps, il a démontré sa validité pour l’ensemble du Sud global, et même au-delà.

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30.09.2026 à 17:45

Israël – Palestine aux sources de l’échec diplomatique. Avec Robert Malley

Déborah Yapi

Les accords d’Oslo signés le 13 septembre 1993 sous l’égide des États-Unis, avaient porté l’espoir d’un règlement pacifique du conflit israélo-palestinien après des décennies de violence. L’échec des accords de Camp David II et l’éclatement de la deuxième Intifada en 2000 ont cependant démontré l’ampleur des divisions qui persistaient entre les deux camps. Aujourd’hui, le choc des attentats du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas, la riposte israélienne à Gaza – régulièrement qualifiée de génocide – et l’intensification de la colonisation israélienne en Cisjordanie rendent plus improbable que jamais toute perspective de paix durable. La poursuite des violences est-elle pour autant inévitable ? Comment l’histoire du conflit israélo-palestinien éclaire-t-elle la situation actuelle ? En quoi les accords d’Oslo peuvent-ils être qualifiés d’échec ? Quelles leçons peut-on tirer des précédentes tentatives de règlement du conflit ? La solution à deux États est-elle la seule option réaliste ? Comment l’opinion évolue-t-elle à ce sujet aux États-Unis ? Autant d’enjeux abordés avec Robert Malley, enseignant à l’université de Yale et ancien conseiller des présidents Bill Clinton et Barack Obama sur le Proche-Orient.

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Les accords d’Oslo signés le 13 septembre 1993 sous l’égide des États-Unis, avaient porté l’espoir d’un règlement pacifique du conflit israélo-palestinien après des décennies de violence. L’échec des accords de Camp David II et l’éclatement de la deuxième Intifada en 2000 ont cependant démontré l’ampleur des divisions qui persistaient entre les deux camps. Aujourd’hui, le choc des attentats du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas, la riposte israélienne à Gaza – régulièrement qualifiée de génocide – et l’intensification de la colonisation israélienne en Cisjordanie rendent plus improbable que jamais toute perspective de paix durable. La poursuite des violences est-elle pour autant inévitable ?

Comment l’histoire du conflit israélo-palestinien éclaire-t-elle la situation actuelle ? En quoi les accords d’Oslo peuvent-ils être qualifiés d’échec ? Quelles leçons peut-on tirer des précédentes tentatives de règlement du conflit ? La solution à deux États est-elle la seule option réaliste ? Comment l’opinion évolue-t-elle à ce sujet aux États-Unis ?

Autant d’enjeux abordés avec Robert Malley, enseignant à l’université de Yale et ancien conseiller des présidents Bill Clinton et Barack Obama sur le Proche-Orient.

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