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Comment la grève de la faim est-elle devenue un mode d’action politique ? Pourquoi est-elle mobilisée par des profils aussi variés ? Qu’est-ce qui la différencie d’autres formes de contestation ? Pour ce nouvel épisode de "Bouffe de là", Nora Bouazzouni reçoit Johanna Siméant-Germanos, professeure de science politique au département de sciences sociales de l'École normale supérieure rattachée au Centre Maurice Halbwachs, médaille d'argent du CNRS et autrice de "La grève de la faim" (Presses de Sciences Po, 2009).

31.03.2026 à 08:00

Liban : pourquoi Israël s’en va-t-en guerre

Au Poste
Pour la énième fois, le Liban est en guerre. Depuis le 2 mars 2026, les bombardements israéliens ont tué plus de 1 100 personnes et déplacé un million d’habitants,soit un Libanais sur cinq. Pour comprendre ce qui se passe réellement, militairement, humanitairement, politiquement, et dans la durée nous recevons ce matin trois invités de premier choix.

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Le Hezbollah, que l'on disait anéanti après la guerre de 2024, a repris les armes. Le cessez-le-feu de novembre 2024 avait été violé des milliers de fois. L'État libanais, à peine reformé autour d'un nouveau président et d'un nouveau premier ministre, est pris en étau entre les injonctions de Washington et les bombes de Tel-Aviv. Médecins du Monde soigne sur le terrain avec 15 % de son budget habituel.

Pour en parler avec nous: Agnès Levallois, géopoliticienne et présidente de l'iReMMO, Jean-François Corty, médecin et président de Médecins du Monde, et Akhésa Moummi, docteure en études politiques qui a consacré sa thèse à l'école française au Liban comme laboratoire de la socialisation politique. Ensemble, ils nous aideront à comprendre non seulement ce qui brûle, mais pourquoi ça brûle depuis si longtemps.


Texte intégral (1483 mots)

Noémie Levin, juriste à la Quadrature du Net, vient commenter l'arrêt historique rendu la semaine précédente par la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE), qui désavoue les pratiques de fichage français. L'affaire part d'un militant écolo arrêté lors d'une action d'Extinction Rébellion en 2020, à qui la police demande systématiquement empreintes, photo et code de téléphone pour alimenter le fichier TAJ (9 millions de photos) et le FAED (6,5 millions d'empreintes digitales). Il refuse. En France, ce refus constitue un délit autonome — et il est poursuivi pour ça.

La CJUE tranche: «collecter de façon systématique, comme c'est le cas en France, ce n'est pas proportionné.» Elle impose un critère de nécessité absolue que les pratiques françaises ne respectent pas. Elle exige aussi que les policiers motivent chaque collecte — ce que le gouvernement français avait tenté de bloquer en arguant que ce serait «une charge déraisonnable». La cour a balayé cet argument.

Noémie Levin pointe l'illégalité supplémentaire révélée par Disclose: depuis 2022, les téléphones NEO2 des policiers embarquent un module de reconnaissance faciale branché sur le TAJ. «L'État, le ministère, a créé l'illégalité. On donne un outil à des policiers qui n'est pas légal, évidemment qu'ils vont s'en servir.» Les chiffres sont vertigineux: près d'un million de consultations du TAJ associé à la reconnaissance faciale en 2024, soit 2 500 par jour — «or il n'y a pas 2 500 faits graves par jour.»

Elle révèle aussi que la police détourne le fichier TES (passeports et cartes d'identité), pourtant formellement interdit à usage policier, via des réquisitions pour identifier des suspects sur des images de vidéosurveillance. Sur le risque de détournement politique: «à partir du moment où la donnée existe, elle pourra être détournée. C'est pour ça qu'on lutte pour que ces fichiers n'existent même pas à la base.» Sur le piratage massif de fin 2024 — un hacker connecté trois semaines sur le portail Keops grâce à des mots de passe échangés entre policiers — elle note que «c'est hyper grave en termes de sécurité informatique» et que la réponse du ministère a été «très très timide.»

Elle déplore enfin le silence médiatique: «il y a un silence assourdissant de la part du ministère» et des journalistes, qu'elle attribue à «l'extrême droitisation de la manière dont on parle de ces sujets.»

Martin Méchin, avocat membre du collectif Colère Noire, défend l'un des neuf jeunes mis en examen pour la mort de Quentin Déranque à Lyon. Il pose d'emblée un principe de méthode contre le récit officiel: «la présentation simpliste, c'est la présentation dans laquelle la victime des faits est nécessairement irréprochable et dans laquelle les suspects sont forcément des extrémistes à soif de sang.»

Sur la qualification de meurtre retenue par le parquet, il est sans ambiguïté: «ces jeunes qui sont mis en examen n'ont jamais eu l'intention de tuer qui que ce soit.» L'objectif de la défense est double: éclairer le contexte et démontrer l'absence d'intention homicide.

Les révélations de BFM sur la présence des renseignements territoriaux pendant plus d'une heure avant les coups mortels le conduisent à pointer une contradiction majeure. Les agents prétendent n'avoir rien vu des deux minutes fatales. Il n'y croit pas: «comme par hasard, il manque le moment où il se passe des faits». L'argument de la non-intervention faute d'équipement ne tient pas davantage: «si un flic sort pour brandir sa carte et dire "Halte, police", tout le monde va se séparer comme une volée de moineaux.» Pourquoi n'ont-ils pas prévenu les dizaines de policiers de la BAC postés à proximité?

Sur la responsabilité de la chaîne hiérarchique, il affirme: «le procureur avait déjà connaissance de ces éléments quand il a fait sa conférence de presse», et dans un dossier d'une telle ampleur médiatique, «quelques semaines avant les municipales, on n'imagine pas que la hiérarchie n'ait pas été informée» jusqu'aux ministères. Il conclut depuis son rôle strict d'avocat: «si j'étais l'avocat de la famille de Quentin Déranque, je déposerais très rapidement une plainte pour non-assistance à personne en danger.»

Il termine en évoquant le collectif Colère Noire, mobilisé contre le projet de loi SURE de Gérald Darmanin: «ce n'est pas scandaleux pour les avocats, c'est scandaleux pour le justiciable et pour la manière dont la justice risque d'être rendue dans les années à venir.»

François Piquemal, député LFI de Toulouse, candidat à la mairie avec 46,1% des voix au second tour, livre une analyse méthodique de sa défaite face à Moudenc.

Il identifie d'abord un système de clientèle local «redoutable» que le maire sortant sait «surmobiliser entre les deux tours et faire déjouer les arithmétiques» depuis des décennies. S'y ajoute un déséquilibre financier colossal — environ 600 000 euros estimés pour Moudenc contre 200 000 pour lui — et une offensive médiatique documentée: «dans le second tour, juste sur une semaine, on avait eu à peu près 18 articles concernant la campagne et 14 qui étaient à charge contre nous.» Il cite notamment La Dépêche du Midi qui «a fait la campagne de M. Moudenc.»

La révélation centrale porte sur les ingérences numériques étrangères. Le 19 février, l'ANSSI alerte le mouvement Insoumis: une page Facebook diffamatoire — l'accusant de pédocriminalité — et des sites divulguant ses données personnelles circulent. Selon le Canard Enchaîné, une société proche de l'extrême droite israélienne en serait à l'origine. La veille du second tour, des publicités islamophobes sont diffusées sur des sites régionaux. Piquemal relie les points: «si c'est avéré que c'était une société proche de l'extrême droite israélienne, ça veut dire qu'elle a essayé d'influer sur l'élection toulousaine, et ce n'est pas un hasard vu les trois cibles» — lui-même, David Guiraud et Sébastien Delogu, tous trois connus pour leurs positions sur Gaza.

Sur la fracture socialiste, il ne mâche pas ses mots: «il y a une partie du Parti Socialiste qui tristement préfère faire des jeux politiciens et faire gagner la droite, voire l'extrême droite, plutôt que de s'allier avec la France Insoumise.» Il entre néanmoins au conseil municipal avec huit élus et souligne l'espoir: «si on nous avait dit qu'on allait finir en tête de la gauche, qu'on allait faire 78 000 voix, c'est à dire plus que la NUPES en 2022, on aurait eu du mal à y croire.»

Lionel Chouin, scénariste et dessinateur, présente Bleu de Chauffe, sa bande dessinée parue en février aux éditions Glenat, plongée dans l'année 1983 entre luttes ouvrières, punk rock et montée du fascisme.

Le récit suit Karima, jeune punkette dont le père est militant syndical dans l'industrie automobile, au cœur des grandes grèves menées par les ouvriers immigrés qui «sont passés d'une revendication d'ouvriers à un désir de reconnaissance absolue.» Cet espoir immense sera rapidement réprimé par les syndicats-maison. «J'ai voulu qu'au travers du père de Karima, on sente vraiment cet espoir immense» porté par ces luttes.

Chouin ancre son récit sur une citation réelle et glaçante de Pierre Mauroy, Premier ministre socialiste, accusant en 1983 les travailleurs immigrés en grève d'être «agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises.» Pour lui, «cette phrase montre à quel point ça a pu être un détonateur incroyable» et «a une résonance incroyable au travers de ce qu'on a pu entendre ces dernières années.»

La BD intègre aussi la première percée électorale du Front National à Dreux en 1983 avec 16,7% pour Jean-Pierre Stirbois, et l'affrontement entre skinheads et antifas, dans une palette graphique entièrement en bleu, blanc, rouge et noir. «Tous les personnages de cette histoire sont en confrontation permanente» — une contrainte colorée assumée dès le départ. Il conclut sur l'anecdote la plus émouvante de la fabrication: le chanteur des Béruriers Noirs François leur a personnellement accordé les droits de reproduire les paroles du morceau Petit Agité après avoir lu l'album.

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