"Si la Hongrie est suspectée depuis longtemps d’agir comme un cheval de Troie de la Russie dans l’Union européenne, c’est la première fois qu’un enregistrement aussi accablant est rendu public", entame Le Monde. Mardi 31 mars, le média d'investigation russe basé en Lettonie The Insider a dévoilé une conversation téléphonique dans laquelle "le ministre hongrois […]
Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, est accusé d'avoir divulgué des informations sensibles sur les discussions européennes à son homologue russe, Sergueï Lavrov - Crédits : Conseil européen
"Si la Hongrie est suspectée depuis longtemps d’agir comme un cheval de Troie de la Russie dans l’Union européenne, c’est la première fois qu’un enregistrement aussi accablant est rendu public", entame Le Monde. Mardi 31 mars, le média d'investigation russe basé en Lettonie The Insider a dévoilé une conversation téléphonique dans laquelle "le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, affiche sa déférence envers son homologue russe, Sergueï Lavrov, en discutant des sanctions prises au niveau européen en représailles de l’invasion de l’Ukraine" [Le Monde].
L'extrait publié mardi indique que "[Péter] Szijjártó a agi pour le compte du Kremlin, notamment en faisant pression pour que des oligarques visés par des sanctions soient retirés des listes noires de l'UE, parmi lesquels la sœur du milliardaire Alisher Ousmanov", souligne The Insider.
Ce nouvel épisode corrobore les premières révélations faites le 21 mars dernier par le Washington Post qui dévoilait l'existence d'une "Kremlin hotline", autrement dit d'échanges entre Moscou et Budapest sur des sujets particulièrement sensibles, notamment durant les sommets des chefs d'État et de gouvernement.
En réponse à ces nouvelles révélations, le gouvernement hongrois, qui rejette ces accusations, "a ouvert une enquête contre le journaliste qui a révélé l'affaire. [Ce dernier] est soupçonné d'espionnage au profit de l'Ukraine", précise La Libre.
L'extrait dévoilé par The Insider démontre la possible implication d'un autre État membre dans cette affaire. La télévision polonaise TVP note que les Hongrois sont parvenus à leurs fins le 14 mars dernier lors du renouvellement de la liste des sanctions à l'encontre de la Russie, avec l'aide d'un de leurs voisins. "Avec les Slovaques, nous soumettons une proposition à l’UE pour retirer [la sœur d'Alisher Ousmanov] de la liste. […] Elle sera inscrite à l’ordre du jour. Nous ferons tout notre possible pour obtenir son retrait", indique une voix attribuée à Péter Szijjártó dans l'enregistrement.
EU Observer souligne que "le gouvernement de [Robert] Fico a tenté à plusieurs reprises de faire retirer Ousmanov de la liste des sanctions" et "dénoncé le fait que [sa sœur] se soit également retrouvée sur les listes de sanctions". "Cela s'est produit environ neuf mois après que le ministre hongrois des Affaires étrangères eut promis à Lavrov qu'elle serait retirée de la liste", précise le média.
Sabotage d'un paquet de sanctions à l'encontre de Moscou
The Insider affirme que cet exemple est loin d'être un cas isolé. Le site d'investigation explique avoir eu accès à d'autres enregistrements indiquant que la Hongrie a tout fait pour bloquer le 18e paquet de sanctions à l'encontre de Moscou, proposé par la Commission européenne le 10 juin 2025. "Je fais tout mon possible pour que [le paquet de sanctions] soit abrogé. Le fait est que j'ai déjà retiré 72 [entités] de la liste, mais il y en avait 128. J'essaie de poursuivre dans cette voie, mais je dois dire que c'est dans l'intérêt de la Hongrie [pour justifier cette position, ndlr]", aurait ainsi expliqué Péter Szijjártó au vice-ministre de l'Énergie Pavel Sorokin.
Le ministre hongrois aurait même demandé au membre du gouvernement russe "de lui fournir des arguments pour démontrer qu’un tel retrait serait dans l’intérêt de la Hongrie" [Courrier international].
Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, est l'un des premiers à avoir réagi à ces révélations. "Ce que nous avons entendu aujourd’hui et ce que nous soupçonnions ne fait que confirmer la dépendance politique très inquiétante du gouvernement de Viktor Orbán […] vis-à-vis des autorités de Moscou", a indiqué l'ancien président du Conseil européen [TVP]. "Nous sommes heureux de faire partie, aux côtés de la Hongrie, de la communauté européenne. Il est regrettable que le gouvernement de Viktor Orbán [ait] depuis longtemps quitté l’Union européenne" a-t-il également ajouté.
Durcissement de la campagne pour les législatives
"Ces révélations interviennent douze jours avant les élections législatives du 12 avril, qui s’annoncent très compliquées pour Viktor Orbán", rappelle Le Monde. Après 16 ans au pouvoir, l'hégémonie du chef du gouvernement hongrois n'a jamais été aussi menacée. Acculé, le Premier ministre sortant a donc durci le ton. "Jamais campagne électorale n’aura été aussi houleuse en Hongrie", alerte ainsi Libération. Celle de Viktor Orbán "s'articule presque exclusivement autour de discours sur la politique étrangère", analyse The Guardian."L'Ukraine, en particulier, a été présentée comme une menace existentielle pour la Hongrie. Les slogans du gouvernement laissent entendre que Kiev cherche à 'coloniser' la Hongrie", poursuit le quotidien britannique.
Enfin, Libération revient également sur "une nouvelle affaire d’espionnage [qui] secoue le pays. Les services secrets hongrois auraient tenté de saper le système informatique du parti Tisza (centre droit) de l’opposant Péter Magyar, afin de paralyser la formation et miner ses chances aux élections". "Cet 'Orbángate' rappelle les pires périodes de l’ère communiste ! C’est encore plus grave que le Watergate", s'est indigné le candidat qui, pour l'instant, fait la course en tête dans les sondages.
"Le maquereau, poisson très apprécié des consommateurs pour sa grande teneur en oméga 3 et son prix démocratique, est-il en train de vivre son chant du cygne ?", s'interroge La Libre. Lors d'une réunion du Conseil de l'Union européenne à Bruxelles lundi 30 mars, les ministres de la pêche ont "revu à la hausse [les] […]
Alors que les scientifiques préconisaient pour 2026 174 000 tonnes de captures de maquereaux, l'UE a acté 299 000 tonnes, soit près du double - Crédits : Marc Chesneau / iStock
"Le maquereau, poisson très apprécié des consommateurs pour sa grande teneur en oméga 3 et son prix démocratique, est-il en train de vivre son chant du cygne ?", s'interroge La Libre. Lors d'une réunion du Conseil de l'Union européenne à Bruxelles lundi 30 mars, les ministres de la pêche ont "revu à la hausse [les] quotas de pêche de maquereaux [de l'UE] en 2026 dans l’Atlantique nord" [Le Huffington Post].
Conformément à "une recommandation du Conseil international pour l'exploration de la mer (Ciem), un organisme scientifique" qui fait autorité [France 24], l'UE avait provisoirement "prévu une baisse de 70 % des captures de maquereaux en décembre" par rapport aux niveaux de 2025 [Le Monde]. Elle "a finalement décidé de s’en tenir à une baisse de 48 %".
Le maquereau, "poisson emblématique de tout le littoral européen, se porte mal, victime de surpêche depuis des années" [Ouest-France]. Fuyant le réchauffement climatique et les océans en surchauffe, "le maquereau de l’Atlantique a migré ces dernières années vers le nord pour se retrouver pris au piège de la surpêche", rappelle Le Huffington Post.
"De près de 13 millions de tonnes en 2014, la biomasse du maquereau d’âge de frai [en âge de se reproduire, ndlr] a chuté à moins de 3 millions de tonnes en 2025", contextualise France 24. Pour 2026, le Ciem "recommandait de diviser par quatre la pêche de maquereaux dans l’Atlantique nord, pour atteindre environ 174 000 tonnes en 2026, pour les pays de l’UE et hors UE. Le but : éviter un effondrement de l’espèce", poursuit Le Huffington Post.
Mais la baisse de 48 % actée lundi "correspond à environ 299 000 tonnes de captures, soit près du double" [Le Monde]. "Une décision irresponsable" et "une honte absolue", a dénoncé auprès de Libération l'association de protection de l'océan Bloom, qui "regrette que depuis quinze ans les recommandations scientifiques sur les captures de maquereaux ne soient pas suivies".
Car la pêche au maquereau est aussi au cœur de frictions entre l'UE et ses voisins. En pratique, ceux-ci cherchent à se coordonner pour les stocks partagés en Atlantique nord, mais l'alignement n'est ni automatique ni contraignant. Dans le cas présent, l'UE accuse "le Royaume-Uni, la Norvège, les îles Féroé et l’Islande de trop puiser dans la ressource. La pêche est d’ailleurs l’un des points les plus inflammables des discussions entre Bruxelles et l’Islande, qui pourrait reprendre ses négociations d’adhésion à l’UE, si le oui l’emporte lors d’un référendum fin août dans le pays" [Le Monde].
"Plus tôt ce mois-ci, Bruxelles s'était plainte de l'absence de progrès dans les pourparlers avec ses voisins côtiers", selon France 24. "L'UE a été la seule partie à constamment susciter des inquiétudes quant à la nécessité de respecter les avis scientifiques fournis par le Ciem", justifie la Commission européenne.
"Faute de parvenir à un accord avec eux sur la réduction drastique de la pêche, les pays européens se sont alignés sur leur scénario alternatif : une réduction de 48 % des captures", précise BFM TV. L'Union répond ainsi "aux alertes des pêcheurs français qui réclamaient'd’harmoniser l’effort de réduction avec celui des pays nordiques'et de'limiter la brutalité de la baisse'des quotas" [Le Monde].
"La France ne s’est pas opposée à cette révision à la hausse des quotas", précise d'ailleurs Le Monde, laquelle entre en vigueur aujourd'hui. Mais à plus long terme, la ministre française chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, réclame que l'UE se "remette autour de la table pour négocier un accord multilatéral" avec les pays voisins sur le maquereau, afin "d’éviter la surpêche", car il "est urgent de ne pas trop pressuriser la ressource".
"Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a indiqué dimanche 29 mars se trouver en visite en Jordanie, dernière étape d'une tournée au Moyen-Orient lors de laquelle il a signé des accords de défense avec des pays du Golfe, notamment sur les drones", résume France 24. Une tournée "surprise" [TF1], entamée le 26 mars en Arabie saoudite. […]
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (ici lors d'une réunion du Conseil européen en décembre 2025) a signé des accords avec des monarchies du Golfe, qui font face aux attaques aériennes de l'Iran - Crédits : Conseil européen
"Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a indiqué dimanche 29 mars se trouver en visite en Jordanie, dernière étape d'une tournée au Moyen-Orient lors de laquelle il a signé des accords de défense avec des pays du Golfe, notamment sur les drones", résume France 24.
Une tournée "surprise" [TF1], entamée le 26 mars en Arabie saoudite. "Après avoir rencontré jeudi le prince héritier Mohammed ben Salmane, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé, vendredi 27 mars, sur les réseaux sociaux, la signature d'un 'accord important' avec l'Arabie saoudite sur la coopération 'en matière de défense'" [France info].
L'enjeu pour Kiev : "vendre son expertise, alors que les équipements iraniens sont dotés d'une technologie également utilisée par la Russie, d'après l'Ukraine", observe BFM TV.
Au total, trois accords ont été signés. Outre l'Arabie saoudite, "les Émirats arabes unis et le Qatar" ont également paraphé des accords avec l'Ukraine [Le Parisien]. Autant de pays qui "font face aux drones et missiles iraniens[Shahed]". Ces partenariats, décrits comme "mutuellement avantageux", doivent muscler le secteur de la défense "pour une durée d'au moins dix ans", souligne Politico. "Au cours de [cette période], nous nous sommes engagés dans la construction d'usines, avec des chaînes de production en Ukraine et dans ces pays [du Golfe, ndlr]", a déclaré Volodymyr Zelensky [Le Parisien].
"Aujourd’hui, l'Ukraine n'a pas seulement besoin d'aide, elle est aussi prête à soutenir ceux qui nous soutiennent", a déclaré le président ukrainien, dans des propos relayés par La Nouvelle République. Si les regards sont braqués sur le Moyen-Orient, l'ombre de la guerre avec la Russie continue de planer. L'Ukraine "a proposé d'échanger ses intercepteurs de drones contre des missiles de défense antiaérienne, beaucoup plus coûteux, que les pays du Golfe utilisent pour abattre les drones iraniens. Kiev affirme avoir besoin de davantage de ces missiles pour contrer les frappes de missiles de la Russie", poursuit le quotidien régional.
Car pour Kiev, "il ne fait aucun [doute] que les drones qui frappent quotidiennement l'Ukraine sont d'origine iranienne" [RFI].
Obtenir des moyens que ni Trump ni l'UE n'accordent à l'Ukraine
Le rapprochement de l'Ukraine avec les pays arabes intervient alors que son éloignement vis-à-vis des États-Unis "est à son paroxysme, en raison de la guerre en Iran et de l'entente entre le Kremlin et la Maison-Blanche", écrit le quotidien espagnol Diario Público. "Elle intervient également à un moment où l'Union européenne, principal contributeur à l'effort de guerre ukrainien, rencontre de nombreuses difficultés pour faire parvenir à Kiev l'aide de [90] milliards d'euros qu'elle a accordée et que la Hongrie bloque, après que l'Ukraine a coupé l'approvisionnement en pétrole russe de ce pays", complète le média.
En Jordanie, l'objectif est le même. "Le plus important, c'est la sécurité, et il est essentiel que tous les partenaires déploient les efforts nécessaires pour la garantir", a indiqué le chef d'État ukrainien dans un message sur Telegram [The Kyiv Independent].
L'Ukraine recherche un parapluie, alors que l'incertitude demeure sur l'avenir du conflit qui l'oppose à la Russie. Vendredi dernier, "le secrétaire d'État américain Marco Rubio a nié l'affirmation faite plus tôt dans la semaine par Volodymyr Zelensky selon laquelle l'administration Trump subordonnait son offre de garanties de sécurité en vue d'un accord de paix en Ukraine à la cession par Kiev de l'ensemble de la région orientale du Donbass à la Russie", écrit Politico. Les accords conclus avec les pays du Golfe sont une consolation pour Kiev, qui espère ne plus naviguer en eaux troubles encore très longtemps.