"Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré, […] mercredi 30 septembre, que le Royaume-Uni devait envisager différentes options pour sa future relation avec l'Union européenne, y compris un retour au sein de l'UE, réaffirmant son message selon lequel le Brexit avait 'fait plus de mal que de bien'", rapporte L'Express. À l'occasion du congrès […]
Dix ans après le référendum du Brexit, Londres s'interroge sur la nature de son futur partenariat avec Bruxelles - Crédits : Simon Dawson / Flickr No 10 Downing Street CC BY-NC-ND 4.0
"Le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré, […] mercredi 30 septembre, que le Royaume-Uni devait envisager différentes options pour sa future relation avec l'Union européenne, y compris un retour au sein de l'UE, réaffirmant son message selon lequel le Brexit avait 'fait plus de mal que de bien'", rapporte L'Express.
À l'occasion du congrès du parti travailliste à Liverpool, le chef du gouvernement britannique a affirmé que le Brexit "[n'avait] pas permis de tenir la promesse de ses partisans de 'reprendre le contrôle'"[Ouest-France]. Andy Burnham a souligné que "quitter l'UE avait affaibli la coopération de la Grande-Bretagne avec les pays de l'UE" [The Guardian], alors qu'un "niveau plus élevé de croissance et de prospérité doit être de nouveau atteint" [Die Zeit].
"En 2016, la Grande-Bretagne a voté pour quitter l'Union européenne, mettant fin à plus de quatre décennies d'adhésion et déclenchant des années de bouleversements politiques", rappelle L'Express. Les déclarations du Premier ministre britannique annonceraient ainsi "l’examen le plus ambitieux du Brexit depuis que la Grande-Bretagne a quitté l’UE", analyse Politico. Lors de ce discours, le locataire du 10 Downing Street "a développé une vision pour la décennie à venir, un plan, plus qu’un programme de gouvernement pour les deux prochaines années de son mandat", note Le Monde.
Les pistes envisagées par Londres
Dans sa prise de parole, "le Premier ministre a évoqué le prochain sommet avec l'UE plus tard cette année" [Die Zeit]. Andy Burnham "profiterait de l'occasion […] pour exposer au pays, ce [qu'il] considère comme des options" [L'Express]. "Initialement prévu le 22 juillet, [le sommet] a été reporté après la démission de Keir Starmer de son poste de Premier ministre. Il pourrait désormais avoir lieu en novembre", indique l'hebdomadaire.
S'agissant des scénarios envisagés, Andy Burnham a déclaré que "le gouvernement pourrait maintenir les arrangements actuels, demander une union douanière, retourner au marché unique ou 'aller jusqu'au bout' dans ce qui serait l'adhésion à part entière de l'UE" [The Guardian]. Réintégrer le marché unique imposerait d'accepter "un alignement plus étroit sur les règles de l'UE", alors que "la Grande-Bretagne participera à nouveau au programme Erasmus + en 2027" et que les discussions se poursuivent sur "le marché de l'électricité […], le commerce alimentaire et la mobilité des jeunes", précise le quotidien britannique.
Le Premier ministre britannique a précisé que "les options devaient être évaluées en fonction de 'ce qui est faisable' pour le pays" [L'Express]. Andy Burnham entend néanmoins "travailler pour assurer le succès de […] l'industrie britannique, qui a le plus souffert du Brexit", relevant la nécessité de "parvenir à une voie claire [avec l'UE], qui reste [leur] plus grand marché" [Die Zeit].
En réaction, les dirigeants européens se sont montrés enthousiastes face aux propos d'Andy Burnham. Emmanuel Macron, en déplacement à Madrid, a répondu "Welcome back !", estimant que "cette volonté de réintégration serait une très bonne nouvelle pour son pays, et pour les Européens" [Ouest-France]. La France "[sera] là pour essayer de faire les choses. Revenez", a poursuivi le président français. Aux côtés du président français, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a partagé ce constat, affirmant que "le Brexit a été une énorme perte" et que l’Espagne "ouvrirait de nouveau les bras à un peuple frère", complète le quotidien régional.
Outre-Manche, le parti populiste Reform UK "a critiqué les projets de Burnham" [L'Express]. "Andy Burnham a à peine été Premier ministre cinq minutes et il essaie déjà de nous faire revenir à Bruxelles par la porte dérobée", a déclaré le leader adjoint de Reform UK, Richard Tice [Politico]. "Reform UK ne laissera jamais cette trahison rester incontestée", a soutenu le bras droit de Nigel Farage.
"Dans une enquête publiée en juin […], 55 % des personnes interrogées au Royaume-Uni ont déclaré qu’elles voteraient pour l’adhésion à l’UE lors d’un nouveau référendum. En 2016, 51,9 % avaient voté pour le départ" [Die Welt]. "Les sondages montrent qu'une majorité de Britanniques seraient favorables à un retour dans l'UE, mais ce soutien s'estompe souvent lorsque l'on prend en compte les conditions requises", conclut L'Express.
"Emmanuel Macron au chevet de l'Europe", entame France info. "En visite d’État de deux jours en Espagne [mardi 29 et mercredi 30 septembre, ndlr], le président français a consacré une partie de son intervention à l’Université Complutense à la 'fatigue démocratique' qui touche selon lui le continent" [20 Minutes]. Le chef de l'État a livré […]
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre Pedro Sánchez partagent des positions communes sur de nombreux sujets européens. Ici les deux dirigeants réunis à Paris le 13 juillet 2026 - Crédits : Jorge Villar / Flickr La Moncloa - Gouvernement espagnol CC BY-NC-ND 4.0
"Emmanuel Macron au chevet de l'Europe", entame France info. "En visite d’État de deux jours en Espagne [mardi 29 et mercredi 30 septembre, ndlr], le président français a consacré une partie de son intervention à l’Université Complutense à la 'fatigue démocratique' qui touche selon lui le continent" [20 Minutes].
Le chef de l'État a livré mardi à Madrid "ses recettes pour répondre à la crise démocratique et la montée des 'extrêmes'", poursuit France info. Alors que se rapproche la fin du second mandat d'Emmanuel Macron, Marine Le Pen est donnée "favorite dans les sondages pour lui succéder et les forces aux deux extrémités de l’échiquier politique dépassent ensemble 55 % des intentions de vote", contextualise 20 Minutes. En Espagne aussi, le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez, "fragilisé par des affaires judiciaires et confronté à une grave crise du logement, est menacé à quelques mois des législatives par une hypothétique alliance entre la droite et l'extrême droite", analyse France 24.
Crise démocratique européenne
Selon Emmanuel Macron, "cette crise démocratique a commencé avec la désindustrialisation car 'on n'a plus tenu la promesse' d'une économie qui permettrait à tous de 'vivre mieux'" [France 24]. "Cela s'est aggravé avec la 'crise démographique' que les Européens ont rééquilibré 'par l'immigration', ce qui a 'bousculé' le 'consensus' dans leurs sociétés" [France info].
Il a également affirmé, comme le rapporte 20 Minutes, que "la complexité des décisions [dans les démocraties] et la multiplication des contre-pouvoirs alimentent aussi une crise 'd’efficacité' qui 'crée une fascination pour les régimes autoritaires'". Cette situation a favorisé, selon lui, "l’émergence de forces 'démagogiques' proposant des solutions 'beaucoup plus rapides', mais 'simplistes'", relate le média français.
Le chef de l'État a aussi pointé "le rôle des réseaux sociaux et de leurs algorithmes" [20 Minutes] et le "pouvoir croissant accumulé par les entreprises technologiques", appelant à "réhumaniser" les réseaux sociaux [El País] et à "'reprendre le contrôle' de ces plateformes et de l'intelligence artificielle" [France 24]. Ce thème est l'une des dernières batailles du président français, "qui espère, avant de quitter le pouvoir en mai, interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, malgré les obstacles juridiques - un objectif partagé par Pedro Sánchez, pour les moins de 16 ans", commente L'Indépendant. "C'est une bataille européenne", a-t-il lancé dans l'amphithéâtre [France info].
Mais alors que "cette visite avait précisément pour objectif affiché de resserrer les liens entre les deux pays", elle a coïncidé avec le rejet mardi soir par le Sénat espagnol, dominé par la droite, de "la ratification du traité d'amitié et de coopération avec la France" [Euronews]. "Ce vote porte un coup dur au traité, signé en janvier 2023 par Pedro Sánchez et Emmanuel Macron et déjà ratifié par la France en 2025", décrypte le média européen.
L'objet du litige ? "Un articleprévoyant qu'un membre du gouvernement d'un des deux pays soit invité au Conseil des ministres de l'autre au moins une fois tous les trois mois", renseigne BFM TV. Pourtant, la justice espagnole, saisie sur ce point, avait estimé le 23 septembre "que le traité d'amitié franco-espagnol était bien constitutionnel", relève la chaîne d'information française.
Malgré ce camouflet, le président français et le roi Felipe VI ont participé dans la matinée du mercredi à "un forum économique franco-espagnol, en présence de nombreux chefs d’entreprise" [Le Télégramme].
Le média espagnol ABC rappelle que "la France est le premier partenaire commercial de l’Espagne au monde et le troisième qui alloue plus d’investissements […] au pays. En outre, ils partagent des liens importants en termes de sécurité et de défense et aussi d’immigration".
"Le programme d'Emmanuel Macron se [poursuit également aujourd'hui] avec sa rencontre avec Pedro Sánchez au palais de la Moncloa". La réunion de mi-journée doit permettre "d'aborder les questions relevant de l'agenda bilatéral, européen et international" [Euronews].
Le président français "a assuré sur X vouloir 'renforcer notre souveraineté européenne et notre agenda de compétitivité", en investissant "dans notre avenir, par un budget européen à la hauteur des enjeux et doté de nouvelles ressources propres" [L'Indépendant].
"En pleines négociations [sur le budget pluriannuel] au sein de l’Union européenne, il espère trouver un allié à Madrid face à l’opposition de plusieurs pays, dont l’Allemagne, à une trop forte augmentation de ce budget, et sur la possibilité de recourir à l’emprunt commun", souligne Le Télégramme.
"Les deux dirigeants, arrivés au pouvoir entre 2017 et 2018, partagent un positionnement pro-européen sans avoir affiché une grande intimité", relate 20 Minutes. "Ils se sont aussi récemment retrouvés sur la reconnaissance d'un État de Palestine et leur opposition à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, même si la gauche française reproche au président de ne pas être aussi ferme que le dirigeant espagnol" [L'Indépendant].
À l'Université Complutense, le président français a prévenu : "malgré un 'réveil' depuis le Covid, la guerre en Ukraine et le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, [le Vieux Continent] est 'trop lent' face à la Chine et aux États-Unis, 'qui pour la première fois de leur histoire sont deux immenses puissances hostiles à l'idée européenne'" [France 24].
La cheffe des sociaux-démocrates suédois, Magdalena Andersson, "a annoncé lundi [28 septembre] lors d'une conférence de presse avoir échoué à former un nouveau gouvernement", annoncent Les Échos. À cette occasion, l'ancienne Première ministre (2021-2022) a constaté qu'elle n'avait "actuellement aucune possibilité" d'y parvenir [Le Monde]. "À l’origine de la décision d’Andersson se trouve un conflit […]
Après dix jours de tractations, Magdalena Andersson a renoncé à former un gouvernement en Suède. - Crédits : Conseil européen
La cheffe des sociaux-démocrates suédois, Magdalena Andersson, "a annoncé lundi [28 septembre] lors d'une conférence de presse avoir échoué à former un nouveau gouvernement", annoncent Les Échos. À cette occasion, l'ancienne Première ministre (2021-2022) a constaté qu'elle n'avait "actuellement aucune possibilité" d'y parvenir [Le Monde].
"À l’origine de la décision d’Andersson se trouve un conflit avec un allié potentiel de coalition : le Parti de gauche suédois a annoncé son vote en faveur du candidat des Modérés à la présidence du Parlement", Andreas Norlén [La Matinale européenne]. Un choix qui a permis à ce dernier d'être réélu lundi, au détriment de "la candidate des sociaux-démocrates, Johanna Haraldsson", observe Le Monde.
"Une nouvelle constellation"
À la tête de "l'opposition de gauche, composée des sociaux-démocrates, du Parti de gauche, des Verts et des centristes" [Le Monde], Magdalena Andersson avait "remporté une majorité étroite avec 176 sièges au Parlement" lors des législatives du 13 septembre, contre 173 pour la droite menée par le Premier ministre sortant, Ulf Kristersson [Die Zeit]. Une courte avance qui avait conduit "à la démission de ce dernier", rappelle Politico. La cheffe de file des sociaux-démocrates a alors été chargée il y a 10 jours "de former un gouvernement" [Les Échos].
Prenant acte de la décision du Parti de gauche de ne pas soutenir sa candidate, Magdalena Andersson a renvoyé ce dernier à ses responsabilités. "Le Parti de gauche s'est allié aux Modérés" formant ainsi une "nouvelle constellation", a affirmé l'ancienne Première ministre, jugeant alors logique que l'un de ces partis "ait la possibilité d'entamer des consultations" pour tenter à son tour de former un gouvernement [Expressen].
La cheffe du Parti de gauche, Nooshi Dadgostar, a toutefois rejeté cette lecture, niant "avoir formé un nouveau bloc avec les Modérés" [Politico]. Elle justifie son vote en qualifiant Norlén de président "apolitique et impartial", souligne Le Monde. Surtout, le Parti de gauche "se méfie des sociaux-démocrates, qu'il soupçonne de vouloir former un gouvernement sans sa participation", analyse le journal du soir.
Andreas Norlén "rencontrera mercredi individuellement les leaders de chaque parti, avant d'annoncer à qui sera confié le prochain mandat de former une coalition. L'option la plus probable est le Premier ministre sortant, Ulf Kristersson, leader des Modérés", explique La Matinale européenne.
Le chef des Modérés devrait alors "rallier les centristes à sa cause", mais sa promesse d'intégrer au gouvernement "le parti d'extrême droite les Démocrates suédois risquerait néanmoins de lui compliquer la tâche", observent Les Échos. Magdalena Andersson, elle, "semble déterminée à reprendre les négociations comme Premier ministre désigné, une fois que Kristersson aura échoué", note La Matinale européenne.
"Former une coalition gouvernementale, en Suède, peut prendre du temps", rappelle Le Monde. Le record date de janvier 2019, avec "134 jours d'attente après les législatives du 9 septembre 2018", alors qu'en 2022, Ulf Kristersson avait réuni la droite et l'extrême droite "en 37 jours seulement". "On a l'impression de se diriger à nouveau vers un scénario comme en 2018 où il n'y avait pas de majorité claire", conclut Marius Perrin, chercheur à Sciences Po cité par Les Échos.