LePartisan.info

MÉDIAS

Lien du flux RSSPortail des médias indépendantsMédia indépendant d'investigation sans publicité et sans actionnaires en ACCÈS LIBRE


Source : Mother Jones - États-Unis

18.03.2026 à 15:15

Guerre au Moyen-Orient : l'hypothèse de l'envoi de troupes en Iran se concrétise

Depuis fin février, les États-Unis et Israël ont amorcé deux opérations militaires contre leur ennemi commun : la République islamique d'Iran. Tandis que les États-Unis peinent à trouver une issue à ce conflit, Israël intensifie peu à peu sa guerre au Liban.
Moins de deux mois après l'attaque au Venezuela, la politique belliqueuse de Donald Trump est à nouveau à l'œuvre. Samedi 28 février 2026, les États-Unis et leur allié Israël ont lancé deux opérations militaires aériennes jugées (…)

- Politique / , , , ,

Texte intégral (2751 mots)
Format : dossier

Depuis fin février, les États-Unis et Israël ont amorcé deux opérations militaires contre leur ennemi commun : la République islamique d'Iran. Tandis que les États-Unis peinent à trouver une issue à ce conflit, Israël intensifie peu à peu sa guerre au Liban.

Moins de deux mois après l'attaque au Venezuela, la politique belliqueuse de Donald Trump est à nouveau à l'œuvre. Samedi 28 février 2026, les États-Unis et leur allié Israël ont lancé deux opérations militaires aériennes jugées illégales contre la République islamique d'Iran, avec l'objectif de faire tomber le pouvoir en place.

Un but partiellement atteint : le lendemain, l'Iran confirmait la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême à la tête du pays depuis 1989, ainsi que de plusieurs commandants militaires. Au total, au moins 1568 civils auraient été tués en Iran du fait des salves israélo-étasuniennes, selon l'ONG Human Rights Activists le 29 mars. Dont 175 victimes (en majorité des jeunes filles) tuées dans le bombardement d'une école primaire à Minab, vraisemblablement par un missile étasunien.

Quelles sont les raisons de cette agression militaire ?

Comme pour le Venezuela, cette agression militaire survient après des semaines de tensions et de menaces entre Washington et Téhéran, désigné par Donald Trump comme l'un de ses principaux ennemis depuis son premier mandat. Quelles semaines plus tôt, le déploiement progressif de forces navales étasuniennes au Moyen-Orient – le plus important depuis l'invasion de l'Irak – avait contraint le pouvoir iranien à négocier. La veille de l'attaque, un accord de paix était même « à portée de main », selon le principal médiateur.

Pour justifier cette soudaine déclaration de guerre, le président étasunien a évoqué au départ « les menaces imminentes que représente le régime iranien » pour son pays. Trois jours plus tard, le secrétaire d'État aux Affaires étrangères admettait toutefois que Washington s'était vu obligé de frapper « préventivement » l'Iran du fait d'une « action » imminente d'Israël contre Téhéran. Et ce, afin d'éviter des représailles iraniennes « plus importantes ». Bien que Donald Trump conteste cette version, l'État israélien a confirmé plus tard son projet initial d'une attaque « pour le milieu de l'année » 2026.

Que se passe-t-il au Liban ?

Le conflit a très vite débordé sur le reste de la région, et en particulier au Liban. Le 3 mars, une salve de missiles du Hezbollah libanais (officieusement soutenu par l'Iran) ciblant Israël, en représailles à la mort de Khamenei, a provoqué la reprise du conflit armé entre les deux acteurs.

Depuis, le pays, et notamment sa capitale Beyrouth, sont régulièrement bombardés par l'armée israélienne. Au total, Le gouvernement libanais estime que 1238 personnes auraient été tuées au Liban par des tirs israéliens, selon un bilan publié le 29 mars. En parallèle, Israël a pris le contrôle d'une partie du sud du pays pour créer une « zone tampon » le long de sa frontière avec le Liban. En tout, au moins « 1 049 000 personnes » ont été déplacées de force depuis le début de la riposte israélienne, selon un bilan de l'ONU publié le 17 mars. Soit près d'un Libanais sur cinq.

L'annonce le 17 mars d'une extension des zones occupées au sud du Liban fait craindre d'une opération militaire plus longue et intense. Un haut responsable israélien a indiqué vouloir y « faire ce que nous avons fait à Gaza » auprès du média étasunien Axios, tandis qu'un communiqué du ministère de la Défense d'Israël a annoncé que les Libanais déplacés « ne retourneront pas dans les zones situées au sud [...] tant que la sécurité des habitants du nord [d'Israël] ne sera pas assurée. »

Quelles sont les conséquences dans le reste de la région ?

En réaction aux attaques des États-Unis et d'Israël, Téhéran a riposté en bombardant Israël ainsi que des cibles militaires dans au moins huit pays du Moyen-Orient. Une base navale française aux Émirats arabes unis a notamment été touchée au deuxième jour du conflit, impliquant un peu plus la France dans cette guerre. Quelques missiles iraniens ont par ailleurs visé Chypre, la Turquie et l'Azerbaïdjan.

Depuis, le régime iranien bombarde régulièrement des objectifs militaires aux Émirats arabes unies, au Qatar, au Koweït et à Bahreïn. L'Iran vise également l'Irak voisin, et en particulier le Kurdistan irakien où sont regroupés des groupes d'opposition kurdes armés. Le 13 mars, un soldat français est tué par un missile iranien ciblant cette région. Si tous ces états font preuve de retenue pour le moment, le risque d'une escalade militaire plus large est sur toutes les lèvres.

Un mois pile après le début de l'agression israélo-étasunienne, un nouvel acteur régional est entré en guerre : les rebelles Houthis, officieusement au pouvoir au Yémen grâce au soutien de l'Iran. Deux tirs de missiles sur Israël ont été revendiqués par le pouvoir yéménite les 28 et 29 mars. Les Houthis pourraient ouvrir un nouveau front dans cette guerre en perturbant le commerce maritime en mer Rouge, comme ce fut le cas entre 2023 et 2025 en réaction à la guerre d'Israël à Gaza.

Qu'est-ce que le détroit d'Ormuz, qui déstabilise l'économie mondiale ?

Dès le premier jour, le puissant groupe armé iranien des Gardiens de la Révolution a annoncé la quasi-mise à l'arrêt du détroit d'Ormuz (co-géré par l'Iran) : une voie commerciale majeure du transport maritime du globe, par lequel transite 20 à 25 % du pétrole brut et du gaz naturel mondial. Les menaces de couler les bateaux qui l'emprunterait et les rumeurs de dépôt de mines sous-marines iraniennes provoquent ainsi la fermeture de fait du détroit. Le 25 mars, l'Iran a toutefois indiqué que les « navires non hostiles » sont autorisés à passer, dont ceux de la Chine, de la Russie, de l'Inde, de l'Irak et du Pakistan.

Cela a des conséquences mondiales, en particulier pour de nombreux pays africains et et asiatiques très dépendants du pétrole (pour leur consommation d'énergie) et des engrais (pour leur agriculture) transitant par ce détroit. Par ailleurs, la baisse de l'offre de pétrole a fait grimper les prix (le baril de référence a dépassé les 100 dollars le 9 mars), faisant mécaniquement augmenter les prix de l'essence à la pompe, notamment aux États-Unis et en France.

Quelles sont les réactions face à ce blocage ?

En réaction, Donald Trump a réclamé à plusieurs reprises l'implication militaire des pays de l'Otan pour sécuriser le détroit d'Ormuz, sans succès. En revanche, vingt-deux pays (dont la France, l'Allemagne, la Corée du Sud ou encore l'Australie) ont indiqué le 21 mars par un communiqué commun qu'ils se tiennent « prêts à contribuer aux efforts appropriés visant à garantir la sécurité du passage dans le détroit », citant la Convention des Nations unies sur le droit de la mer. Si elle ne précise pas par quels moyens, cette déclaration semble en tout cas appeler à l'implication de l'ONU.

Le lendemain, le président des États-Unis a préféré quant à lui la menace : « Si l'Iran n'ouvre pas TOTALEMENT, SANS AUCUNE MENACE, le détroit d'Ormuz dans les 48 HEURES à compter de cet instant précis, les États-Unis frapperont et anéantiront ses différentes CENTRALES ÉLECTRIQUES ». Depuis, il a repoussé deux fois cet ultimatum (fixé pour le moment au 6 avril) du fait de « très bonnes et productives discussions » avec l'Iran. Des pourparlers démentis par des sources iraniennes.

Jusqu'où prévoient d'aller les États-Unis et Israël ?

Le doute pèse sur l'ampleur finale de l'opération étatsunienne et les objectifs réels des États-Unis. Censé durer initialement « deux ou trois jours », le conflit pourrait se poursuivre durant « quatre à cinq semaines », table Donald Trump, ou bien « jusqu'en septembre », selon un document interne révélé par Politico. Le 9 mars, le chef d'État indiquait pourtant à l'inverse que « la guerre est pratiquement terminée ».

De même, le président étasunien multiplie les annonces et stratégies visant à renverser le régime iranien, sans que ça ne se concrétise. Si Donald Trump promettait au départ de laisser les Iraniens « prendre le contrôle de [leur] gouvernement » en affaiblissant la dictature depuis le ciel, il a plus tard envisagé un soutien militaire aux combattants kurdes iraniens opposés au régime.

L'option diplomatique semble quant à elle au point mort : après que Donald Trump ait fermé la porte à un accord début mars « sauf en cas de CAPITULATION INCONDITIONNELLE ! », le département américain aux Affaires étrangères a reconnu fin mars que le régime avait rejeté sa proposition de plan de paix.

Est-ce qu'une invasion terrestre par les États-Unis est envisagée ?

L'hypothèse de l'envoi de troupes étasuniennes sur le sol iranien se fait de plus en plus crédible. Envisagée pour la première fois le 2 mars « si nécessaire », Donald Trump avait finalement rejeté cette option comme « une perte de temps ». Mais l'hypothèse est revenue sur la table : peu de temps après l'envoi de 3 500 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, le Washington Post révélait le 30 mars que le Pentagone se prépare à mener des raids terrestres ciblés en Iran « durant plusieurs semaines ».

Questionné le soir même par le Financial Times, Donald Trump a déclaré son souhait de « s'emparer du pétrole en Iran. » Le chef d'État n'a également pas exclu de « prendre l'île de Kharg », par laquelle transite la majorité pétrole iranien, affirmant que les États-Unis pourraient « s'en emparer très facilement. » Ces délarations pourraient toutefois s'arrêter là, alors que Donald Trump a a récemment renoncé à plusieurs menaces envers l'Iran face à la panique des marchés financiers.


Texte intégral (2751 mots)
Source : El Salto - Espagne

⬅️ 9 / 10 ➡️

  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Ctrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique ‧ Asie ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
G.I.J
I.C.I.J
 
  OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Catastrophes naturelles
Conspis
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Information
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie