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01.07.2026 à 10:41

Prisons: le nombre de détenus toujours en hausse, à 88.829 au 1er juin

FRANCE24
Cela représente une augmentation, sur un an, de près de 4.400 détenus (+5,2%). Alors que le nombre de places opérationnelles était au 1er juin de 63.237 (+1,1% sur un an), celui de matelas posés au sol, faute de lits, s'est établi à 7.608, en hausse de 32,1% par rapport au 1er juin 2025. La densité carcérale était de 173,2% dans les maisons d'arrêt, où sont détenues les personnes condamnées à de courtes peines ou celles en attente de jugement et donc présumées innocentes. Le taux de sur-occupation globale était de 140,5% au 1er juin. Surveillants comme directeurs de prison alertent sans relâche sur un système pénitentiaire au bord de l'explosion. Dans son dernier rapport annuel, publié fin mai, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, a dénoncé une "catastrophe pénitentiaire". "Les conséquences au quotidien sont extrêmement problématiques parce qu'en réalité, toute surpopulation implique l'incapacité des personnels pénitentiaires à faire correctement leur travail, à prendre en charge les personnes qui leur sont confiées", déclare à l'AFP Flavie Rault, secrétaire générale du syndicat national des directeurs pénitentiaires (SNDP-CFDT). "Ça signifie qu'il y a des problèmes en termes de sécurité au quotidien d'une part, mais aussi en termes de prise en charge pour assurer la réinsertion de ces personnes, travailler avec elles sur les évolutions qui sont attendues d'une personne qui a commis un crime ou un délit", a-t-elle ajouté. La France figure parmi les très mauvais élèves de l'Europe en matière de densité carcérale, seules la Slovénie et Chypre faisant pire avec des populations de prisonniers pourtant bien inférieures. Fin janvier, le Conseil de l'Europe avait dénoncé l'état des prisons françaises, alertant dans un rapport sur le risque d'une évolution vers un "entrepôt humain". Surpopulation, insalubrité et violences y sont particulièrement pointées du doigt. Fin mai, c'est le Sous-Comité de l'ONU pour la prévention de la torture (SPT) qui a alerté sur la "grave" surpopulation carcérale en France, qui "porte atteinte aux droits fondamentaux des détenus" et "pourrait constituer un traitement inhumain ou dégradant". Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a exprimé son hostilité à tout dispositif de régulation carcérale, dispositif qui prévoit, comme c'est le cas en Allemagne, qu'au-delà d'un certain seuil, une entrée en détention doive s'accompagner d'une sortie. Le ministère de la Justice compte ouvrir 3.000 places supplémentaires dans des prisons modulaires, dont la moitié dès 2027, alors que moins d'un tiers des 15.000 places de prison additionnelles prévues dans un plan national lancé en 2018 ont été livrées.

01.07.2026 à 10:35

Tour de France: "évidemment qu'on est hypnotisés" par Paul Seixas, souligne Prudhomme

FRANCE24
QUESTION: Que peut-on attendre de cette 113e édition qui s'élance samedi de Barcelone ? R: "L'affiche est formidable. Tadej Pogacar en route vers une cinquième victoire. Vingegaard qui semble avoir récupéré à tous points de vue de sa terrible chute du Tour du Pays Basque il y a deux ans. Et puis derrière, le ou les troisième hommes: Remco Evenepoel, Florian Lipowitz, qui est très constant au plus haut niveau en montagne, Isaac Del Toro, très jeune et très brillant. Et puis évidemment Paul Seixas. Je n'ai pas fait une seule interview depuis le mois de mars en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark sans qu'on me parle de Paul Seixas." Q: Il vous impressionne ? R: "Je n'ai jamais vu un champion français comme ça depuis Bernard Hinault. Je sais très bien que Romain Bardet a fait deuxième et troisième du Tour, que Thibaut Pinot nous a enthousiasmés en 2019, Julian Alaphilippe... mais un gars comme ça, surtout à cet âge-là, ça n'existe pas. C'est une pépite." Q: Que-ce qui vous marque le plus chez lui ? R: "On oublie à quel point il est jeune. Mon premier contact remonte à 2024 lorsque je lui ai mis un message pour le féliciter pour son titre de champion du monde juniors du contre-la-montre. Il me répond quatre jours après, en m'envoyant un petit coeur. +Merci beaucoup Monsieur, mais je n'ai pas pu vous répondre avant, je n'avais pas le forfait en Suisse+. C'est extraordinaire. C'était de son âge et c'était il y a deux ans seulement. Quand tu l'entends parler, quand tu le vois courir, tu vois le champion, mais tu ne te dis pas qu'il a 19 ans. Il a une maturité très impressionnante. C'est déjà un leader." Q: C'est important pour le Tour de France d'avoir un Français qui peut se battre pour le podium ? R: "La vedette du Tour c'est le Tour. Mais, bien évidemment, avoir un champion français qui peut pourquoi pas jouer le podium, pourquoi pas espérer avoir le maillot jaune... évidemment qu'on est hypnotisés par ce champion et pas simplement par ses performances sportives. Après, le Tour de France est une machine qui met dans la lumière les plus forts mais qui peut broyer aussi. Mais il y a une excitation incroyable de le voir au départ. Même si Tadej Pogacar reste l'incontestable favori numéro 1 et Jonas Vingegaard son incontestable challenger." Q: Le Tour de France commence par un contre-la-montre par équipes avec votre nouvelle formule où les temps sont pris individuellement pour chaque coureur. Elle a fait ses preuves ? R: "J'adore cette version-là parce qu'elle représente vraiment le cyclisme, un sport individuel qui se pratique en équipe. C'est le premier contre-la-montre par équipes dans le Tour depuis 2019 et on ne l'aurait jamais fait s'il n'y avait pas eu cette règle-là. Jamais. Et on ne l'aurait pas fait non plus s'il n'y avait pas eu une bosse à la fin car elle est indispensable pour voir arriver certains leaders seuls, d'autres à deux ou à trois." Q: Le Tour de France est ensuite bâti de manière progressive. Pour ménager le suspense? R: "On aura trois jours dans les Pyrénées. Mais en effet elles sont adoucies puisqu'on a voulu un Tour qui va crescendo. Notre volonté depuis des années est aussi de mettre en valeur les autres massifs que les Alpes et les Pyrénées: Massif central, Jura, Vosges où on aura par exemple le col du Haag qui est inédit. Et c'est vrai que l'avant-dernière étape qui arrive à l'Alpe d'Huez est terrible. 5.450 mètres de dénivelé, il n'y a jamais eu une étape aussi dure à la veille de l'arrivée finale à Paris. L'idée c'est que, quel que soit l'écart entre le maillot jaune et ses rivaux, tout puisse encore se passer. Parce que si t'as un coup de moins bien sur une étape comme ça, ce n'est pas en secondes que tu vas perdre du temps." Propos recueillis par Jacques KLOPP

01.07.2026 à 10:33

Des robinets à sec en Hongrie en pleine vague de chaleur

FRANCE24
"C'est surtout pour étancher notre soif, et il faut aussi que nous donnions de l'eau à nos animaux", explique Andras, rencontré mardi par l'AFP. "Nous avons un chien, un chat et une dizaine de poules", ajoute l'étudiant de 23 ans, précisant devoir faire ce trajet trois fois par jour. Comme la plupart des habitants de la petite ville de 6.600 habitants située à 25 kilomètres de Budapest, leur maison est privée d'eau courante depuis presque deux jours. La hausse de la demande a submergé le réseau d'eau vieillissant hongrois, alors qu'une vague de chaleur sans précédent s'est abattue sur le pays, à l'instar du reste de l'Europe. Mardi, la Hongrie a battu un nouveau record de température, avec 42°C enregistré à Szecseny, dans le nord, selon le service météorologique national, dépassant le précédent record de 41,9°C établi en juillet 2007. "Du jamais vu" Environ les trois quarts des habitants de Szada sont confrontés à des coupures d'eau depuis lundi matin. L'approvisionnement ne devrait revenir que mercredi, a indiqué à l'AFP Endre Marton Laszlo, député local du parti au pouvoir Tisza, appelant la population "à utiliser l'eau avec parcimonie" et à s'abstenir d'en stocker. Edina Fabian, employée de bureau de 25 ans, explique qu'elle et son compagnon essaient d'économiser ce qu'ils parviennent à récupérer aux citernes installées par la compagnie régionale des eaux. "On utilise le moins possible", dit-elle dans les vestiaires d'un terrain de sport local transformés en douches temporaires, où elle se réjouit à l'idée de pouvoir enfin prendre une douche rafraîchissante après avoir transpiré pendant plus d'une journée. "Notre chambre est étouffante, même avec la climatisation on a seulement réussi à la refroidir à 27–28 degrés", confie-t-elle. De nombreux habitants expriment leur frustration face à la pénurie d'eau qui perturbe leur quotidien. "C'est vraiment gênant de ne pas pouvoir se laver ou aller aux toilettes", déplore Claudio Pittia, économiste de 53 ans. Par le passé, la petite ville n'a connu que de brèves interruptions d'eau en été, touchant "une ou deux rues situées plus en hauteur", selon le maire Lajos Pinter. "Une coupure d'eau de plus d'une demi-journée, ça ne s'était encore jamais produit ici", dit-il à l'AFP. Outre les quater camions-citernes installés, l'armée hongroise a apporté des milliers de sachets d'un demi-litre d'eau, que des volontaires distribuent aux personnes vulnérables qui ne peuvent pas quitter leur domicile. Des dizaines de localités à travers la Hongrie ont imposé des restrictions d'usage de l'eau pour prévenir les coupures. Les problèmes touchent de nombreuses villes et villages de l'aire métropolitaine de Budapest situés à proximité du Danube, dont le niveau est plus bas que d'ordinaire. Le Premier ministre Peter Magyar a à plusieurs reprises exhorté les Hongrois à modérer leur consommation d'eau et à reporter les usages non urgents comme le lavage des voitures, avertissant que le réseau vieillissant pourrait sinon s'effondrer. A Szada, un couple hongrois venu de Norvège où ils habitent visiter leur famille explique avoir énormément de mal à s'adapter à la chaleur écrasante et aux coupures d'eau. "En tant que personnes de l'extérieur, nous ne comprenons pas non plus pourquoi on n'a pas pu éviter cela", confie Peter, analyste financier qui a refusé de donner son nom, à l'AFP. "Si quelque chose commence à manquer, pourquoi attendre au lieu de suspendre plus tôt certains services, avant que l'eau ne soit complètement épuisée ?", s'interroge-t-il.

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