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Source : Orient XXI - Monde arabe et musulman

25.09.2026 à 17:35

Yémen : pourquoi le retour de la guerre aggrave la crise au Moyen-Orient

Après quatre ans de trêve au Yémen, en guerre civile depuis 2014, les rebelles Houthis qui contrôlent l'ouest du pays ont pris possession d'un détroit crucial pour le commerce maritime régional. Un échec pour la coalition armée menée par l'Arabie saoudite, qui peine à mobiliser ses alliés occupés par le conflit en Iran.
Quatre ans après la trêve, les combats ont fini par reprendre au Yémen. Bien que la guerre civile n'ait jamais cessé depuis 2014, date à laquelle les rebelles Houthis (…)

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Texte intégral (1334 mots)

Après quatre ans de trêve au Yémen, en guerre civile depuis 2014, les rebelles Houthis qui contrôlent l'ouest du pays ont pris possession d'un détroit crucial pour le commerce maritime régional. Un échec pour la coalition armée menée par l'Arabie saoudite, qui peine à mobiliser ses alliés occupés par le conflit en Iran.

Quatre ans après la trêve, les combats ont fini par reprendre au Yémen. Bien que la guerre civile n'ait jamais cessé depuis 2014, date à laquelle les rebelles Houthis issus du nord du pays ont étendu leur offensive jusqu'à prendre la capitale Sanaa, la trêve de 2022 avait calmé les violences entre ce groupe et l'Arabie saoudite, qui soutient militairement le pouvoir en exil, toujours reconnu comme légitime et qui contrôle l'est du pays.

Mais l'instabilité causée par le conflit entre les États-Unis et l'Iran (allié des Houthis) a eu raison de ce répit : le 10 septembre, les forces rebelles « se sont emparés du port de Mokha, jusqu'alors aux mains du gouvernement basé en Arabie saoudite, raconte Jacobin. Puis, le 11 septembre, ils se sont emparés de l'île de Périm, dans le détroit de Bab-el-Mandeb ». L'objectif, analyse le média étasunien : prendre le contrôle de ce détroit « large de 27 kilomètres, dont l'Arabie saoudite dépend de plus en plus pour ses exportations de pétrole depuis que l'Iran a fermé le détroit d'Ormuz ».

Un levier de négociations pour la conquête du Yémen

Car la première cible de cette opération reste la coalition militaire menée par le royaume saoudien, qui soutient les forces loyalistes actives dans le reste du Yémen. Les Houthis affirment « que leur blocus [du détroit] ne concerne que la navigation saoudienne et qu'il n'existe aucune menace pour le transport maritime commercial en mer Rouge », rapporte The Guardian, qui évoque également plusieurs bombardements d'installations pétrolières nécessaires pour l'Arabie saoudite cette semaine.

Le chercheur en sciences politiques Mahad D. Darar estime dans The Conversation que « les Houthis misent peut-être sur une escalade militaire au Yémen, où le coût pour l'Arabie saoudite est élevé, afin de contraindre Riyad à revenir à la table des négociations. Ils estiment peut-être disposer d'un moyen de pression pour obtenir la reconnaissance politique qu'ils ont toujours souhaitée », en plus de la levée des sanctions économiques imposées par le royaume saoudien et son allié étasunien.

L'Arabie saoudite et les Yéménites laissés pour compte

Les médias indépendants sont toutefois plus nombreux à souligner l'autre conséquence de cette capture de Bab-el-Mandeb : l'alliance Iran-Houthis a désormais la main sur les deux voies maritimes majeures de la région pour le commerce international, faisant planer la menace d'une déstabilisation encore plus importante du cours du pétrole et de l'économie mondiale. « Cela incite les ennemis des Houthis à réagir par la force, ce qui pourrait affaiblir les capacités du groupe », juge Mahad D. Darar.

Ceux-ci ne semblent pourtant pas pressés de répondre à l'affront, remarque la Taz : appelé deux fois à la rescousse cette semaine par le prince héritier saoudien, « Trump n'a publiquement pris aucun engagement à l'approche des élections de mi-mandat » aux États-Unis. De même, « aucune aide militaire concrète contre les Houthis ne s'est encore concrétisée dans le cadre de l'accord de défense de La Mecque », signé mi-août entre l'Arabie Saoudite, la Turquie et le Pakistan. C'est dans ce contexte que la France et le Royaume-Uni ont annoncé respectivement l'envoi de « moyen militaires » et de ravitaillements d'avions de chasse saoudiens afin de protéger des infrastructures pétrolières.

Tandis que les chefs États négocient leur aide dans l'espoir de faire baisser les cours mondiaux de l'énergie, les principales victimes du retour de la guerre civile restent les Yéménites. Selon une déclaration mardi du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les combats « ont contraint plus de 130.000 personnes à quitter leurs foyers depuis début septembre », cite l'agence Bianet, tandis que « plus de 22 millions de personnes […] nécessite une aide humanitaire » dans le pays.


Texte intégral (1334 mots)
Source : TruthOut - États-Unis

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