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19:03 Guerre au Liban   Selon Netanyahu, « les frappes israéliennes visaient un QG du Hezbollah en riposte à une attaque » du groupe chiite

Après le tollé provoqué par les raids israéliens meurtriers contre les deux villages d'Ansar et Deir Zahrani au Liban-Sud et qui ont fait au total 11 morts et 19 blessés, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé dans l’après-midi que le Hezbollah avait violé le cessez-le-feu au Liban en attaquant des soldats israéliens dans la zone de sécurité, blessant grièvement trois militaires.

« Ce matin, le Hezbollah a violé le cessez-le-feu au Liban en attaquant nos soldats dans la zone de sécurité qui protège les communautés israéliennes juste de l'autre côté de la frontière. L'attaque du Hezbollah a grièvement blessé trois de nos soldats », a-t-il souligné dans un communiqué publié par son bureau. Le texte précise que l’armée israélienne a riposté « en frappant un quartier général du Hezbollah qui avait ordonné l’attaque ». Selon le bureau de M. Netanyahu, « ce n'est que plus tard que l’armée israélienne a appris que le Hezbollah avait délibérément placé des civils dans ce complexe militaire ». « Le Hezbollah est prêt à tout, y compris à utiliser ses propres civils comme boucliers humains, pour accuser faussement Israël de cibler délibérément des civils, ce que l'armée n'a clairement pas fait », a-t-il assuré.

Les violations israéliennes du cessez-le-feu ne se comptent plus, parmi lesquels des raids aériens, tirs d'artilleries, dynamitages de maisons et d'infrastructures, traçage de routes et travaux de terrassements. Et ce dans le cadre d'une escalade israélienne qui vise à faire plier le parti chiite.

Malgré les appels à cesser ces attaques formulés par le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berry à l’intention des États-Unis, il semble que Washington ne soit pas disposé à freiner l’élan de son allié tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé, à en croire les propos tenus dans les médias par l’ambassadeur américain au Liban Michel Issa. Ce dernier a promis que « tout s'arrêtera » lorsque le Hezbollah déposera les armes.

18:41    Frappe à Ansar et exode des habitants : « Un seul raid dans la nuit a suffi »

Mohammad fait partie de ceux qui sont rentrés dans son village d’Ansar (Nabatiyé) suite à l’accalmie (très) relative qui a suivi l’annonce d’un cessez-le-feu en juin dernier. Mais l’attaque israélienne dans la nuit de vendredi à samedi, qui a fait sept morts dons plusieurs d’une même famille, l’a décidé à repartir sur les routes.

« Nous nous sommes réveillés au bruit des explosions qui secouaient la maison, j’ai rassemblé ma femme et mes enfants dans une petite chambre pour les mettre à l’abri, où ils ont passé une nuit agitée. Quand le jour s’est levé et que nous avons su qu’une famille entière avait été décimée, nous avons pris sans tarder la décision de retourner à un appartement que nous avions loué dans une région plus sûre, au début de ce conflit », raconte-t-il.

La frappe d’Ansar a provoqué une nouvelle vague d’exode parmi des habitants qui étaient rentrés chez eux après avoir été déplacés une première fois, au cours de ce conflit commencé le 2 mars entre le Hezbollah et Israël, et ayant conduit à l’occupation de dizaines de villes et de villages au Sud. La route menant de Nabatiyé à Saïda était encombrée de voitures durant toute la journée de samedi.

La frappe d’Ansar, la plus meurtrière depuis le cessez-le-feu a fait sept morts dont une mère et ses quatre enfants, ce qui a choqué tout le pays. Parmi les victimes, celles qui sont identifiées sont Ali Samir Hajj Hassan, originaire de la Békaa, et sa famille : sa femme Zeinab Nassereddine, et leurs enfants Hassan, Zahraa, Abbas et Hussein. Dans l’autre frappe meurtrière du jour, celle qui a touché un bâtiment à Deir Zahrani tuant un père et son fils (déplacés de Meis el-Jabal) ainsi que le propriétaire de l’immeuble et un passant, une victime a été identifiée, Hassan Harkous, employé à l’hôpital Cheikh Ragheb Harb.

« Celui qui n’a pas peur est un fou »

Abou Samih, septuagénaire et père de cinq enfants, a eu peur pour ses petits-enfants dont plusieurs dormaient chez lui cette nuit-là. « Celui qui n’a pas peur est un fou », lance-t-il à notre correspondant. Il décrit la vie des habitants du Sud, rythmée depuis plusieurs mois par une inquiétude constante de voir les bombardements se renouveler, sans véritables moments de calme. Pour lui, « le pire serait encore à venir ». « Deux de mes belles-filles ont déjà plié bagage et regagné des régions plus sûres avec leurs enfants », dit-il.

Contrairement aux autres témoins, Ihsane Assi n’a pas entendu les explosions cette nuit, sa maison étant éloignée du bâtiment touché. « Je me suis réveillée le matin en écoutant les nouvelles de la nuit », raconte-t-elle. Elle décrit de véritables scènes de panique, avec des voisins qui se demandaient s’ils doivent rester ou partir. « Trois de mes voisins sont déjà partis de peur d’un renouvellement des frappes », lâche-t-elle, mesurant l'étendue de l'impact psychologique de ces déplacements répétés sur les habitants.

Au plus fort de ce conflit, le nombre de déplacés du Liban-Sud avait dépassé le million de personnes. Il s’agissait de la deuxième crise d'exode en moins de trois ans, après l’intensification de la guerre entre Israël et le Hezbollah entre septembre et novembre 2024. Cependant, avec l’accalmie relative de ces dernières semaines, beaucoup avaient amorcé un retour prudent dans des conditions précaires.

17:36 Guerre au Liban    Le Hezbollah menace Israël d’une « riposte appropriée » en cas de poursuite de ses violations

Réagissant aux deux frappes israéliennes meurtrières contre les localités de Ansar et Deir Zahrani dans la nuit de vendredi et samedi matin, le Hezbollah a menacé les Israéliens d’une « riposte appropriée » en cas de poursuite de leurs attaques en territoire libanais.

Les deux attaques israéliennes ont fait pas moins de 11 morts et plusieurs blessés, et ont été les plus meurtrières depuis le cessez-le-feu très relatif mis en place en juin. Une trêve respectée en apparence par le Hezbollah, alors que l’armée israélienne poursuivait ses opérations de manière générale par des tirs d’artillerie et des destructions d'habitations à grande échelle. Les deux dernières attaques cependant ont été justifiées par l’État hébreu comme étant des représailles contre des opérations que le Hezbollah n’a pas revendiquées.

Le parti chiite a d’emblée accusé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « d’avoir ordonné cette escalade pour consolider sa position politique à la veille des élections législatives en octobre, faisant assumer au gouvernement israélien et aux États-Unis la responsabilité de cette escalade.

Mais c’est contre le gouvernement libanais que le Hezbollah s’est surtout déchaîné, lançant un véritable réquisitoire contre les négociations libano-israéliennes directes sous parrainage américain. « Les autorités devraient renoncer aux négociations directes humiliantes, et arrêter d’offrir des cadeaux gratuits à l’ennemi, en faisant fi de tous ses crimes et ses attaques », affirme le parti dans son communiqué distribué à la presse.

Ces pourparlers directs avaient commencé en avril dernier, donnant lieu à un accord-cadre signé par les deux parties en juin en vue d’un retrait israélien progressif de « zones pilotes », suivi d’un déploiement de l’armée libanaise. Après la mise en place d’une première zone pilote à Zaoutar el-Gharbiyé (Nabatiyé) en juillet, l’application de l’accord a tourné court, et le dernier round de négociations à Rome début août n’a pas permis d’avancées majeures.

Pour le Hezbollah, les autorités libanaises devraient effectuer une « remise en question complète », au lieu de « continuer à courir après des pourparlers sous l’influence de Washington ». « Miser sur la médiation et les garanties américaines est un pari voué à l’échec, car l’Américain est l’allié de l’Israélien et complice de ses crimes au Liban », poursuit le texte.

Le parti pro-iranien en a profité pour fustiger « les derniers propos arrogants et provocateurs de l’ambassadeur des États-Unis au Liban (Michel Issa) qui a appelé au désarmement du Hezbollah au lieu de faire pression sur l’ennemi israélien en vue d’un retrait des régions occupées au Sud ». Vendredi, suite à un entretien avec le président du Parlement Nabih Berry à Aïn el-Tiné, M. Issa avait assuré que « les démolitions israéliennes s’arrêteront quand le Hezbollah remettra ses armes », précisant qu’il avait demandé à M. Berry de faire passer le message à son allié.

« Tous les Libanais doivent comprendre le danger de la méthode adoptée par les autorités au détriment de l’unité, la sécurité et l’indépendance du pays. Et l’ennemi israélien devrait comprendre que ses violations et ses tentatives d’imposer un fait accompli ne peuvent se poursuivre, et qu’elles attireront la riposte qui leur correspond », conclut le communiqué.

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