17.03.2026 à 11:00
Les #MedSeaLeaks permettent de dresser un panorama très inquiétant
Les garde-côtes libyens ont transformé la mer en un lieu de plus en plus violent, grâce à des années de financement. Officiellement, les diplomates européens saluent les résultats de cette collaboration, mais des documents internes révèlent des craintes d’attaques contre les ONG.
Des coups de feu retentissent sans avertissement dans les eaux internationales. Les balles frappent les radars, mettent hors service quatre canots de sauvetage et brisent le verre de protection de la passerelle. L'équipage tente de mettre en sécurité les 87 migrants à bord tout en exigeant, d'abord en anglais puis en arabe, que l'attaque cesse. En vain.
Le 24 août 2025, l'Ocean Viking, un navire de recherche et de sauvetage exploité par l'ONG SOS Méditerranée, a été touché par plus d'une centaine de balles pendant plusieurs minutes. Les dégâts causés au navire sont finalement estimés à environ 194.000 . Pour la directrice de la branche italienne de l’ONG, Valeria Taurino, cet incident constitue « un acte de guerre illégitime contre des travailleurs humanitaires et des personnes en fuite ». Il a été perpétré par les garde-côtes libyens à bord du Houn 664, un patrouilleur offert par l’Italie à Tripoli grâce à des fonds européens.
Plus de six mois après, cette attaque n’a eu aucune conséquence. Personne n’a remis en cause la fourniture de navires, d’équipements et de formations aux garde-côtes libyens. Même face à une nouvelle preuve de leur utilisation abusive.
MedSeaLeaks : comprendre comment la violence est financée
Reflets (France), IrpiMedia (Italie) et Infolibre (Espagne) se sont associés au sein d’un pool de médias pour analyser une fuite de documents émanant de l’opération EUNAVFORMED IRINI (que nous avons baptisée #MedSeaLeaks) visant à faire...