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31.08.2026 à 17:00

Kandinsky a-t-il inventé l’abstraction par hasard ?

Malika Bauwens
A-t-il vraiment suffi d’une toile accrochée à l’envers pour bouleverser la peinture ? L’histoire de …

31.08.2026 à 15:41

Le trésor en or de Villena, précieux témoin de l’âge du bronze, dérobé en Espagne en quatre minutes

Joséphine Bindé
Il s’agissait de l’un des plus précieux ensembles d’orfèvrerie de l’âge du bronze en Europe. …

31.08.2026 à 07:00

Augustin Lesage en 2 minutes

Amandine Coqueraut
Guidé par les esprits, Augustin Lesage (1876-1954) a réalisé près de 800 toiles sous l’influence …

30.08.2026 à 07:00

L’art vu par… Melvil Poupaud

Fabrice Bousteau
Entre le cinéma, la photo, l’écriture et la musique, il n’a pas choisi et passe …
Texte intégral (2004 mots)
Entre le cinéma, la photo, l’écriture et la musique, il n’a pas choisi et passe …

29.08.2026 à 07:00

5 abbayes où visiter de belles expos dans toute la France

Françoise-Aline Blain
Envie de prolonger un peu l’été tout en changeant d’air ? Cloîtres, jardins, vieilles pierres …
Texte intégral (3082 mots)

Envie de prolonger un peu l’été tout en changeant d’air ? Cloîtres, jardins, vieilles pierres et expositions, les abbayes offrent de parfaites escapades quand vient la rentrée. De Beaulieu-en-Rouergue à Daoulas, en passant par Auxerre ou l’Escaladieu, Beaux Arts Magazine a sélectionné cinq lieux où prendre un nouveau souffle.

Il y a les abbayes que l’on visite pour leurs pierres, leurs cloîtres et leurs histoires. Et puis celles qui offrent, le temps d’une visite, un autre regard sur leur patrimoine. À Beaulieu-en-Rouergue, Lee Bae dialogue avec l’architecture cistercienne ; à Auxerre, le Centre Pompidou s’invite à l’abbaye Saint-Germain tandis que les sorcières prennent possession de Daoulas. Et ce n’est que le début du voyage !

De la Bourgogne au Finistère, en passant par le Tarn-et-Garonne, les Landes et les Hautes-Pyrénées, voici cinq destinations où l’art se découvre au fil de monuments chargés d’histoire. De quoi s’offrir une dernière échappée avant que l’été ne tire définitivement sa révérence.

1. Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue : le geste noir de Lee Bae

Lee Bae « En attendant » à l’Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue, Ginnals
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Lee Bae « En attendant » à l’Abbaye de Beaulieu-en-Rouergue, Ginnals, 2026

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Photo Tanguy Beurdeley / Courtesy Lee Bae, Centre des monuments nationaux et Perrotin

Au fond d’une vallée du Tarn-et-Garonne, l’ancienne abbaye cistercienne de Beaulieu-en-Rouergue cache une histoire peu banale. Tombée dans l’oubli puis sauvée de la ruine dans les années 1960 par les collectionneurs Geneviève Bonnefoi et Pierre Brache, elle abrite aujourd’hui l’une des plus belles collections d’art moderne. Hans Hartung, Alfred Manessier, Simon Hantaï, Georges Mathieu ou Jean Dubuffet y côtoient désormais des artistes contemporains invités à investir les lieux.

Cet été, c’est le Sud-Coréen Lee Bae (né en 1956) qui prend possession de l’abbaye avec 23 œuvres de la série « En attendant ». Ses noirs profonds, ses morceaux de charbon et ses surfaces brûlées répondent aux pierres blondes et aux volumes dépouillés de l’ancienne église. Une confrontation tout en silence, où la matière semble faire écho à celle du bâtiment.

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Lee Bae. En attendant

Du 25 juin 2026 au 30 septembre 2026

www.beaulieu-en-rouergue.fr

2. Abbaye Saint-Germain d’Auxerre : la mer en héritage

À gauche l’abbaye Saint Germain à Auxerre. À droite, “Canoe-Island” de Peter Doig, 2000
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À gauche l’abbaye Saint Germain à Auxerre. À droite, “Canoe-Island” de Peter Doig, 2000

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Photo Titouan Rimbault. © Peter Doig. All Rights Reserved, DACS / Adagp, Paris 2026 / Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Philippe Migeat/Dist. GrandPalais Rmn presse

Mais que vient donc faire la mer à Auxerre, à plusieurs centaines de kilomètres du littoral ? Pour le découvrir, direction l’ancienne abbaye Saint-Germain, dont les cryptes carolingiennes comptent parmi les plus anciennes de France. Dans ce vaste ensemble monastique, les œuvres du Centre Pompidou prennent place là où l’on ne les attend pas.

Pour « La mer est ton miroir », les salles de l’abbaye se peuplent de bateaux, de paysages sous-marins, de créatures étranges et d’images d’abysses. Robert Delaunay, Man Ray, Peter Doig, Gilles Aillaud, Hicham Berrada ou Adel Abdessemed se répondent du cellier à la salle capitulaire, tandis que Nicolas Floc’h a conçu trois vitraux spécialement pour cette dernière, à partir des couleurs de l’Yonne, de la Seine et de son aval. Un voyage maritime sans quitter la Bourgogne, inspiré par le célèbre vers de Baudelaire.

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La mer est ton miroir

Du 20 juin 2026 au 1 novembre 2026

www.abbayesaintgermain.fr

3. Abbaye de l’Escaladieu : l’art au fil de l’eau

Le Chant de l’eau à l’abbaye d’Escaladieu
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Le Chant de l’eau à l’abbaye d’Escaladieu, 2026

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Photo P Meyer Ae Médias

De l’eau, de l’eau, encore de l’eau ! Au pied des Baronnies, dans les Hautes-Pyrénées, l’ancienne abbaye cistercienne de l’Escaladieu est installée dans un vallon verdoyant où ruisseaux et montagnes composent un décor particulièrement rafraîchissant. Fondée au XIIe siècle, elle conserve son église, son cloître et plusieurs bâtiments monastiques.

Pas étonnant donc que l’eau soit au cœur du « Chant de l’eau », une exposition qui réunit des artistes comme Hicham Berrada, Léa Barbazanges ou Charlotte Denamur. Installations, sculptures et œuvres immersives prennent place dans l’abbaye et ses abords, faisant dialoguer l’eau avec les pierres, les jardins et le paysage. Une bonne raison de s’attarder ici.

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Le chant de l’eau

Du 3 avril 2026 au 1 novembre 2026

www.abbaye-escaladieu.com

4. Abbaye des Prémontrés : quand la terre prend feu

À gauche, l’abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson. À droite, “Cap intérieur” de Lauriane Firoben
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À gauche, l’abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson. À droite, “Cap intérieur” de Lauriane Firoben

De l’argile, du feu et un peu d’imagination… À l’abbaye des Prémontrés, à Pont-à-Mousson, la terre cuite raconte toute une histoire. Cet ancien monastère du XVIIIe siècle accueille « Terres d’ar(t)gile », une exposition qui fait remonter à la surface une histoire lorraine de la céramique, de l’Art nouveau à la création contemporaine.

Ici, les fours ont laissé place aux salles d’exposition, mais la matière est toujours là. Émile Gallé, Victor Prouvé, Géo Condé et les frères Mougin côtoient des céramistes d’aujourd’hui dans un parcours qui traverse formes, couleurs et techniques. Faïence, grès, porcelaine ou sculpture, la terre change de visage au fil des œuvres et des époques.

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Terres d’ar(t)gile

Du 3 octobre 2026 au 13 décembre 2026

www.abbaye-premontres.com

5. Abbaye de Daoulas : dans les pas des sorcières

À gauche, le cloître de l’abbaye de Daoulas. À droite, “Marguerite au Sabbat” de Pascal Dagnan-Bouveret
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À gauche, le cloître de l’abbaye de Daoulas. À droite, “Marguerite au Sabbat” de Pascal Dagnan-Bouveret

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© Jon Arnold Images/ hemis. Coll. musée d'art et d'histoire de Cognac

La figure de la sorcière n’en finit pas de nourrir les imaginaires. Sorcières, guérisseuses ou devineresses ? Qui étaient vraiment ces femmes auxquelles on a prêté tant de pouvoirs ? Après Nantes et Pont-Aven, elle s’invite encore à Daoulas avec « Ma sorcière mal nommée », qui explore les savoirs, les pratiques et les représentations associés à ces femmes longtemps diabolisées. Œuvres, objets ethnographiques, archives et témoignages contemporains composent un parcours aussi documenté que surprenant.

L’exposition réunit des pièces rares prêtées notamment par le Louvre, le musée du quai Branly ou les Archives nationales. Le cadre vaut également le détour. Fondée au XIIe siècle, l’ancienne abbaye conserve un remarquable cloître roman, l’un des derniers encore préservés en Bretagne, ainsi que des jardins où plantes médicinales et espèces venues d’ailleurs poussent à l’ombre des vieilles pierres.

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Ma sorcière mal nommée. Pouvoir et magie au féminin

Du 11 juin 2026 au 29 novembre 2026

www.cdp29.fr

28.08.2026 à 17:00

Genève, Lausanne, Vevey, Bâle… 8 expos à voir en Suisse, c’est de la dynamite !

Malika Bauwens
Cet automne, direction la Suisse tout schuss ! De Vevey à Bâle, en passant par …
Texte intégral (3810 mots)

Cet automne, direction la Suisse tout schuss ! De Vevey à Bâle, en passant par Lausanne, Genève et Martigny, cette programmation helvétique ravira tous les amateurs d’art, entre photographie, surréalisme, arts décoratifs, sculptures…

Quoi de beau chez nos voisins suisses ? Beaux Arts s’est promené de l’autre côté de la frontière, pour élaborer un carnet de voyage artistique automnal, entre grandes signatures et découvertes.

À Vevey, la biennale Images fête ses dix ans ; à Bâle, une collectionneuse oubliée sort de l’ombre aux côtés de Van Gogh et de Hodler ; quand Genève fait cap sur le futur avec notamment une expo à voir en famille ! Direction la Suisse, c’est de la dynamite !

À Vevey, une biennale des images en fête

Inside Out Project, un projet de JR, Biennale Images Vevey, 2012
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Inside Out Project, un projet de JR, Biennale Images Vevey, 2012

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© JR-Art

Famille, je vous aime ! Pour sa dixième édition, la biennale Images Vevey convoque 55 pays comme on réunirait ses frères et ses sœurs, tantes, oncles et cousins. Toutes les tribus sont conviées dans la ville de Vevey, à ciel ouvert. JR y célèbre les quinze ans de son « Inside Out Project », Douglas Gordon et Philippe Parreno ressuscitent Zidane, et Richard Billingham rouvre l’album de son enfance à Birmingham. Avec 50 installations gratuites dans toute la ville, la photo se savoure comme un grand banquet de famille.

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Dixième édition de la biennale Images Vevey « We are Family! »

Du 5 au 27 septembre 2026 à Vevey

À Lausanne, l’art subversif de Ted Joans

Ted Joans, MAU MAU Mona Lisa
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Ted Joans, MAU MAU Mona Lisa, 1953–1957

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Huile sur panneau • 61 × 44,5 cm • Coll. particulière • © Ted Joans Estate, Courtesy Laura Corsiglia et Zürcher Gallery New York/Paris Photo Adam Reich

Il se qualifiait de « surréaliste noir », fréquentait Salvador Dalí et André Breton, était l’ami de Jack Kerouac, et a joué de la trompette aux côtés de John Coltrane. C’est dire si l’univers de Ted Joans (1928–2003) promet de vous transporter ! Longtemps resté en marge des grands récits, l’artiste qui ne rentre dans aucune case se révèle à travers une toute première monographie au musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne (MCBA). Dessins, collages et films font dialoguer surréalisme, jazz et panafricanisme, de Louisville à Tombouctou, en passant par Tanger et Paris.

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Ted Joans - Black Flower

Du 9 octobre 2026 au 28 février 2027

Du verre et du manga : deux expositions originales au mudac

À gauche, Martens Dino (pour Aureliano Toso), Perroquet, 1954. À droite, Le Conte de la princesse Kaguya, 2013
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À gauche, Martens Dino (pour Aureliano Toso), Perroquet, 1954. À droite, Le Conte de la princesse Kaguya, 2013

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Coll. Saint-Cloud, département des Hauts-de-Seine, musée du Grand Siècle, donation Pierre Rosenberg / © CD92 / Philippe Abergel. © 2013 Isao Takahata, Riko Sakaguchi/Studio Ghibli, NDHDMTK

Bienvenue au temple du mignon ! À Lausanne, le musée cantonal de Design et d’Arts appliqués contemporains (mudac) s’est changé en arche de Noé de verre, à admirer encore pendant quelques semaines. Plus de 300 animaux soufflés par les maîtres verriers de Murano, réunis pendant six décennies par l’historien d’art Pierre Rosenberg, ont envahi Plateforme 10 avec une cohorte d’éléphants, de bassets et autres poulpes interrogeant notre manie de mettre le vivant en vitrine. En écho, le musée rend hommage à Isao Takahata (1935–2018). Cofondateur du célèbre Studio Ghibli, le cinéaste de Heidi et du Tombeau des lucioles a construit, entre le Japon et la Suisse alpine, un pont animé unique. Storyboards et celluloïds composent les salles de l’expo à arpenter jusqu’au 27 septembre.

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Et nous alors ? Les animaux en verre de la collection Pierre Rosenberg

Du 24 avril 2026 au 27 septembre 2026

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Isao Takahata

Du 24 avril 2026 au 27 septembre 2026

À Genève, la stimulante carte blanche à John M Armleder

AjAnnik Wetter 2026 01 27 45474
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AjAnnik Wetter 2026 01 27 45474

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Annik Wetter Photographie

Chaque année, depuis 2021, le musée d’Art et d’Histoire de Genève confie les clés de ses réserves à un artiste. Pour cette édition 2026, c’est John M Armleder, figure tutélaire de la scène suisse, qui a pioché dans les 800 000 pièces de la collection pour rebattre les cartes. Bouchons de liège surmontés d’animaux en argent, boule disco dévalant l’escalier, salle des armures muée en « salle du vide »… À 78 ans, l’artiste iconoclaste prouve que le musée et l’art restent un formidable terrain de jeu.

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Observatoires. Carte blanche à John M Armleder

Du 29 janvier 2026 au 25 octobre 2026

www.mahmah.ch

À voir en famille à Genève

Daruma – cinq étapes de fabrication au Japon dans les années 1970
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Daruma – cinq étapes de fabrication au Japon dans les années 1970

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Ces cinq poupées en bois et papier mâché ont été collectées sur le terrain par l’ancien conservateur du MEG Jean Eracle en 1977 • © MEG, Demian Tschumi

Et si l’on emmenait les enfants faire un tour dans le futur ? Le musée d’Ethnographie de Genève (MEG) a coconstruit avec deux classes genevoises sa nouvelle exposition, pensée pour être accessible dès huit ans, sans pour autant être niaise pour les grands. Robots ratés, cartes de tarot, daruma japonais ou casque censé dialoguer avec les animaux : au total 200 objets interrogent notre besoin de deviner ce que sera demain. Un cabinet de curiosités ludique et coloré, où les familles envisagent cette question : le futur, c’est quoi ? Avec un tas de pistes !

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Le futur c’est quoi ?

Du 7 mai 2026 au 10 janvier 2027

À Martigny, Rodin sous la plume de Rilke

Rainer Maria Rilke et Auguste Rodin devant le péristyle du Pavillon de l’Alma à Meudon en 1906
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Rainer Maria Rilke et Auguste Rodin devant le péristyle du Pavillon de l’Alma à Meudon en 1906

À Martigny, Auguste Rodin (1840–1917) retrouve son plus fervent admirateur, le poète Rainer Maria Rilke (1875–1926). Secrétaire, admirateur puis biographe du sculpteur, ce dernier logea quelques mois à Meudon, aux côtés du maître. Avec la complicité du musée Rodin à Paris, la fondation Pierre Gianadda développe, à travers Le Penseur, Le Baiser ou La Danaïde, un parcours guidé par la plume lyrique de Rilke. Un dialogue entre bronze et poésie, complété d’un espace dédié au séjour de l’écrivain dans le Valais, où il repose depuis 1926.

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Rodin selon Rilke

Du 26 juin 2026 au 22 novembre 2026

À Bâle, le tourbillon d’une grande collectionneuse

Cuno Amiet, Le Chapeau violet (Portrait de Gertrud Müller)
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Cuno Amiet, Le Chapeau violet (Portrait de Gertrud Müller), 1907

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Huile sur toile • 60,5 × 54 cm • Coll. Kunstmuseum Solothurn, Dübi-Müller-Stiftung • © Nachlass des Künstlers / estate Cuno Amiet / SIK-ISEA, Zürich (Martin Stollenwerk)

Alpiniste, pilote de dirigeable, photographe et l’une des plus grandes collectionneuses d’art de Suisse. Voici en quelques mots le portrait de Gertrud Dübi-Müller (1888–1980), personnalité méconnue ayant mené plusieurs vies à la fois. Amie et modèle de Ferdinand Hodler, elle acquiert dès sa majorité un portrait de Van Gogh et bâtit une collection réunissant Cezanne, Klimt, Giacometti ou Matisse. Le Kunstmuseum Basel lui consacre sa première grande rétrospective en 80 œuvres, réunissant des photographies inédites, pour dessiner une femme aussi libre au volant de son cabriolet qu’au milieu de chefs-d’œuvre.

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Van Gogh, Hodler et un cabriolet - La collectionneuse et pionnière Gertrud Dübi-Müller

Du 19 septembre 2026 au 7 février 2027

28.08.2026 à 15:22

Les impressionnistes peignaient-ils vraiment aussi vite qu’on le dit ?

Malika Bauwens
Des instants fugaces captés en quelques coups de pinceau sur le motif ? Si l’impressionnisme …
Texte intégral (1732 mots)

Des instants fugaces captés en quelques coups de pinceau sur le motif ? Si l’impressionnisme a révolutionné la peinture par sa touche vibrante, ses œuvres sont loin d’être aussi instantanées qu’elles en ont l’air. Cette rentrée, Beaux Arts répond à dix questions que vous vous posez sur l’histoire de l’art, sans idées reçues, et s’attaque dans cet épisode à un préjugé qui a la vie dure.

Pourquoi les sourires sont-ils si rares dans l’histoire de l’art ? Qu’est-ce-que le nombre d’or ? Le syndrome de Stendhal existe-t-il vraiment ? Les artistes ont-ils un don ? Dans cette série, à retrouver ici en intégralité, notre journaliste Malika Bauwens répond de manière aussi précise que concise à ces questions pas si bêtes que vous vous posez sur l’art.

Un peintre derrière son chevalet planté face à un champ de coquelicots et quelques touches de couleur brossées sur la toile. C’est l’image qui vous vient sûrement quand vous songez à l’impressionnisme. Cette vision n’est pourtant pas tout à fait vraie !

Tout part d’une obsession propre au mouvement impressionniste et qui lui a donné son nom : saisir un instant fugace, une « impression ». Pour capter cette lumière qui change sans cesse ou ce nuage qui ne fait que passer, une innovation décisive se fait jour en 1841. Cette année-là, le portraitiste américain John Goffe Rand dépose le brevet d’un tube métallique en étain souple, fermé par un bouchon vissé, capable de conserver la peinture sans qu’elle ne sèche.

Une révolution à plein tubes

Fini les vessies de porc qui fuient et les pigments broyés à l’atelier ! Les artistes vont pouvoir emporter leurs couleurs dehors, prêtes à l’emploi. Commercialisé par Winsor & Newton, puis par la maison Lefranc en France dès 1859, la peinture en tubes change radicalement la donne.

Auguste Renoir, Bal du moulin de la Galette
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Auguste Renoir, Bal du moulin de la Galette, 1876

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Huile sur toile • 131,5 × 176,5 cm • Coll. Musee d’Orsay, Paris • © Photo Josse / Bridgeman Images

Le cinéaste Jean Renoir, fils du peintre Auguste Renoir (1841–1919), rapportera même les mots de son père sur l’ampleur de ce bouleversement : « Sans les tubes de peinture, lui aurait expliqué son père, il n’y aurait tout simplement pas eu de Cezanne, de Monet, de Sisley ni de Pissarro ». Pour peindre son Bal du moulin de la Galette en 1876, les témoins rapportent que Renoir faisait transporter son immense toile de 1,30 mètre de haut sur 1,70 mètre de long dans les ruelles pentues de Montmartre pour s’installer sur le lieu des festivités.

Monet, du plein air à l’atelier…

La belle anecdote s’arrête là. Car pour réaliser son chef-d’œuvre, le peintre va jongler entre trois lieux : le bal lui-même, au cœur de la foule, son atelier du 12 rue Cortot pour les retouches, et son jardin où il fait poser ses modèles. Car dans la grande majorité des cas, les impressionnistes réalisent seulement une ébauche sur le motif, avant de retravailler longuement la toile en atelier.

Il en va de même avec Claude Monet (1840–1926), pourtant érigé en champion de la peinture en plein air. Le maître de Giverny reprend souvent ses œuvres pendant des semaines, parfois des mois : « La couleur est mon obsession quotidienne, ma joie et mon tourment », confiera-t-il, résumant des années de doute et de reprises face au motif.

Claude Monet, Meules, fin de l’été
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Claude Monet, Meules, fin de l’été, 1891

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Huile sur toile • 60 × 100 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris • © Photo Josse / Bridgeman Images

« Aucun art n’est aussi peu spontané que le mien. »

Edgar Degas

La méthode de Monet s’inscrit à rebours de l’image du peintre spontané. Pour les séries des « Meules », des « Peupliers » ou de la « Cathédrale de Rouen », il emporte parfois une dizaine de toiles sur le motif. Dès que la lumière change, il abandonne l’une pour saisir l’autre, celle qui correspond à la nouvelle heure du jour. Pour lui, il est donc davantage question de précision dans l’observation, bien plus que de vitesse d’exécution.

Le tempo à contretemps de Degas

Edgar Degas, La Classe de danse
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Edgar Degas, La Classe de danse, 1873–1874

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Huile sur toile • 83,5 × 77,2 cm • Coll. Metropolitan Museum of Art, New York • CC0 MET

Autre contre-exemple : Edgar Degas (1834–1917), qui peint très peu en extérieur. Ce dernier multiplie les esquisses et revient sans cesse sur ses compositions en atelier, allant jusqu’à s’opposer au cliché de l’instantané. « Aucun art n’est aussi peu spontané que le mien », affirmait-il. Si les impressionnistes travaillent bel et bien plus vite que leurs aînés académiques, laissant apparaître volontairement une touche vibrante et fragmentée, aucun d’entre eux ne boucle un tableau en quelques heures.

28.08.2026 à 14:00

À Chaillot – Théâtre national de la Danse, la rentrée s’ouvre avec une pièce culte d’Anne Teresa De Keersmaeker

Maïlys Celeux-Lanval
Quelques chaises dépareillées, des danseuses aux gestes saccadés et vifs, une musique en boucles rythmiques. …
Texte intégral (1103 mots)

Quelques chaises dépareillées, des danseuses aux gestes saccadés et vifs, une musique en boucles rythmiques. Les connaisseurs de danse contemporaine auront probablement reconnu dans ces quelques indices le spectacle Rosas danst Rosas, qui a rendu célèbre sa chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker en 1983 et introduit au monde son écriture singulière, entre gestes répétitifs, discipline sévère et sensualité.

Bonne nouvelle : en cette rentrée, le théâtre de Chaillot reprend Rosas danst Rosas du 10 au 17 septembre. Les quatre interprètes se nomment Jasmine Achtari, Eva Galmel, Nina Godderis et Momiji Kuromaru, et la musique est toujours signée de Thierry De Mey et Peter Vermeersch. Le jeudi 17 septembre, une rencontre avec les artistes est prévue à la fin de la dernière représentation.

Entre tension et sensualité

MULTICAST – Rosas danst Rosas. Anne Teresa De Keersmaeker / Rosas
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MULTICAST – Rosas danst Rosas. Anne Teresa De Keersmaeker / Rosas

Sur scène, que verra-t-on ? « Une œuvre charnière, radicale, souvent lue comme un manifeste féminin », écrit la rédactrice du magazine Danser, Agnès Izrine. Joué pour la première fois sur la scène du théâtre de la Balsamine à Bruxelles, Rosas danst Rosas met en scène quatre femmes dans un environnement banal, quotidien, domestique pourrait-on dire, avec ses simples chaises alignées.

Leurs costumes sont simples, amples et légers comme des pyjamas, et leurs cheveux lâchés. Mais les bras se tendent brutalement, les nuques se baissent et se relèvent, les cheveux s’envolent, les mains se joignent et se serrent. Une tension implacable irrigue le spectacle, interrompue cela dit d’élans sensuels, de mains qui s’attardent dans les cheveux, de poitrines qui respirent et se détendent.

Une œuvre phare de la danse contemporaine

On peut lire, dans la répétition des gestes pourtant abstraits et leur brutalité, une critique du quotidien qui dévore les âmes et aliène les femmes. Née en 1960 en Belgique, Anne Teresa De Keersmaeker n’a que 23 ans lorsqu’elle dévoile cette création mythique. Elle est passée par l’école Mudra de Bruxelles et la Tisch School of the Arts de New York, et engage dès ses premiers spectacles de fortes relations entre danse et musique, en travaillant par exemple avec les compositions de Steve Reich. En 1983, elle crée sa propre compagnie, Rosas, et Rosas danst Rosas est sa première création.

MULTICAST – Rosas danst Rosas. Anne Teresa De Keersmaeker / Rosas
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MULTICAST – Rosas danst Rosas. Anne Teresa De Keersmaeker / Rosas

Devenu culte, le spectacle a fait l’objet d’un film réalisé en 1997 par la chorégraphe et Thierry de Mey. Aujourd’hui, son héritage continue de s’enrichir à travers la plateforme Re:Rosas !, sur laquelle on peut apprendre les mouvements de la deuxième partie, se filmer puis envoyer sa propre vidéo à Anne Teresa De Keersmaeker. Le site permet aussi de découvrir l’impressionnante collection de vidéos envoyées depuis 2020. À vous de jouer.

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Rosas danst Rosas par Anne Teresa De Keersmaeker

Du 10 au 17 septembre 2026 au théâtre de Chaillot

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Chaillot – Théâtre national de la Danse

28.08.2026 à 12:00

De Paris à Melbourne, 14 bibliothèques qui magnifient le savoir

Inès Boittiaux
On pousse leur porte pour étudier, s’évader et s’émerveiller : ce sont bien sûr les …
Texte intégral (7022 mots)

On pousse leur porte pour étudier, s’évader et s’émerveiller : ce sont bien sûr les bibliothèques ! Et certaines sont si belles, qu’elles se visitent aussi comme des musées… De Paris à Rio en passant par Melbourne et Vienne, Beaux Arts vous embarque pour un tour du monde qui ravira, c’est sûr, autant les passionnés de littérature que d’architecture. En route !

Des fastes du baroque aux lignes épurées de l’architecture contemporaine, les bibliothèques ont toujours offert un terrain de jeu privilégié aux architectes. Dans les salles baroques, fresques, sculptures, dorures et jeux de perspective composent de véritables décors de théâtre, où le savoir se donne à voir autant qu’il se consulte. À partir du XIXe siècle, les grandes bibliothèques publiques et nationales adoptent une autre monumentalité : leurs façades et leurs salles incarnent le prestige des villes, des États ou des institutions, tout en accompagnant l’essor de la lecture publique.

Aux XXe et XXIe siècles, les formes se libèrent. Béton, verre, marbre ou acier remplacent parfois les boiseries et les ornements, tandis que la lumière et les volumes deviennent des éléments architecturaux à part entière. Certaines bibliothèques privilégient la conservation des collections, d’autres misent sur l’ouverture et la circulation des publics. Derrière cette diversité se dessine une même histoire : celle d’un lieu qui, de sanctuaire du savoir à espace culturel ouvert sur la ville, n’a cessé de se réinventer.

Salle Ovale du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (BnF), dont les travaux de restauration se sont achevés en 2022
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Salle Ovale du site Richelieu de la Bibliothèque nationale de France (BnF), dont les travaux de restauration se sont achevés en 2022

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À Paris, un joyau tout juste restauré

Sorti de son sommeil en 2022 après douze longues années de travaux, le site historique de la Bibliothèque nationale de France accueille les lecteurs comme les simples curieux. Le clou de la visite : l’emblématique salle Ovale, dont la construction fut entreprise en 1897 par Jean-Louis Pascal et achevée en 1932 par Alfred Recoura. Sous l’impressionnante verrière – qui culmine à dix-huit mètres – ont été percés seize œils-de-bœuf, qui sont chacun associés à une ville (Paris, Byzance, Washington, Florence, Athènes…). Ils surplombent de hautes arcades, elles-mêmes soutenues par de majestueuses colonnes. On comprend pourquoi cette salle a souvent été appelée le « paradis ovale » ! I.B.

Photo Takuji Shimmura

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Bnf Richelieu

Bibliothèque de l’abbaye de Kloster à Wiblingen
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Bibliothèque de l’abbaye de Kloster à Wiblingen

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À Ulm, un palais de conte de fée

Attention les yeux ! Le style rococo s’épanouit ici à merveille dans la bibliothèque de l’ancienne abbaye bénédictine de Wiblingen en Allemagne. Construite entre 1740 et 1750, sa spectaculaire salle à deux niveaux s’étire sur 23 mètres de long. Une galerie aux courbes élégantes, soutenue par des colonnes, rythme une pièce baignée de lumière, tandis que des portes sculptées et des statues en bois peint et doré composent un décor foisonnant. Au plafond, une immense fresque réalisée en 1744 par Franz Martin Kuen est peuplée d’anges. Tout, ici, célèbre le savoir : à son apogée, la bibliothèque conservait quelque 15 000 volumes, dont les reliures claires étaient volontairement harmonisées avec le décor. Au-dessus du portail, une inscription résume l’ambition du lieu : « Tous les trésors de la sagesse et de la science ». J.C.

© Jon Arnold Images/ hemis

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Bibliothèque de l’abbaye de Wiblingen

La bibliothèque Cuypers au Rijksmuseum d’Amsterdam
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La bibliothèque Cuypers au Rijksmuseum d’Amsterdam

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À Amsterdam, un puits de sciences (et de lumière !)

Installée au cœur du Rijksmuseum, la bibliothèque Cuypers est la plus grande et la plus ancienne bibliothèque consacrée à l’histoire de l’art aux Pays-Bas. Ouverte en 1885, en même temps que le musée, elle doit son nom à l’architecte Pierre Cuypers, qui l’a conçue comme un espace à la hauteur de l’ambition scientifique du lieu. Sa spectaculaire salle de lecture, richement ornée de bois, de colonnes et de ferronneries travaillées à la main, impressionne surtout par sa verrière voûtée : une innovation à l’époque, pensée pour permettre aux chercheurs de travailler à la lumière naturelle. Aujourd’hui, quelque 450 000 ouvrages composent les collections de cette bibliothèque d’exception, accessibles aux chercheurs, étudiants et visiteurs souhaitant approfondir leur connaissance des riches collections du musée, qui abrite des chefs-d’œuvres du Siècle d’or hollandais… J.C.

© Todamo / Alamy / Hemis

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Bibliothèque Cuypers

La Bibliothèque nationale d’Autriche à Vienne
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La Bibliothèque nationale d’Autriche à Vienne

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À Vienne, la démesure du baroque

On ne sait plus où donner de la tête à la Bibliothèque nationale d’Autriche, petit joyau du palais impérial de la Hofburg à Vienne. Elle se trouve dans la salle d’apparat, construite entre 1723 et 1726 à la demande de l’empereur Charles VI par l’architecte Johann Bernhard Fischer von Erlach. Longue de près de 78 mètres et haute de 20 mètres, cette immense salle baroque impressionne par ses proportions et son décor foisonnant : des fresques allégoriques de Daniel Gran, des statues de marbre et quatre globes vénitiens de Vincenzo Coronelli. Environ 200 000 ouvrages anciens y sont conservés, parmi lesquels les 15 000 volumes de la bibliothèque du prince Eugène de Savoie. Fondée au XVe siècle par les Habsbourg, l’institution conserve aujourd’hui plus de douze millions de documents, faisant d’elle la plus riche bibliothèque d’Autriche. Rien que ça ! J.C.

© Ben Pipe, robertharding / Alamy / Hemis

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Bibliothèque nationale autrichienne

La bibliothèque Beinecke à l’Université de Yale
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La bibliothèque Beinecke à l’Université de Yale

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À l’Université de Yale, une étonnante forteresse de marbre

De l’extérieur, c’est un cube de marbre sur pilotis, complètement opaque. À l’intérieur, la magie opère : les murs du bâtiment s’avèrent légèrement translucides, créant une atmosphère tamisée à la perfection tout en protégeant de la lumière les précieux ouvrages qu’il renferme… Inaugurée en 1963 à la prestigieuse Université de Yale (située à New Haven dans le Connecticut), la bibliothèque Beinecke de livres rares est un miracle d’architecture conçu par Gordon Bunshaft, grâce au financement des frères Beinecke. Derrière les plaques de marbre, au cœur de l’édifice, un magasin vitré expose plusieurs niveaux d’étagères de livres anciens. Parmi les quelque 500 000 volumes conservés figurent plus de 3 100 incunables, une Bible de Gutenberg et le mystérieux manuscrit de Voynich, dont le système d’écriture reste indéchiffré. Au sous-sol, trois sculptures d’Isamu Noguchi complètent cet étonnant écrin dédié au patrimoine écrit. J.C.

© Michael Doolittle / Alamy / Hemis

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Bibliothèque Beinecke de livres rares

Vue de la Long Room, galerie de soixante-cinq mètres située dans la Vieille Bibliothèque (Old Library) du Trinity College à Dublin
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Vue de la Long Room, galerie de soixante-cinq mètres située dans la Vieille Bibliothèque (Old Library) du Trinity College à Dublin

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À Dublin, la plus ancienne bibliothèque d’Irlande

C’est le deuxième site le plus visité d’Irlande ! Nichée dans le Trinity College de Dublin, la Old Library a des allures de cathédrale… En particulier la « Long Room », bijou architectural de soixante-cinq mètres de long, construite entre 1712 et 1732. Son plafond plat a plus tard cédé sa place à une somptueuse voûte recouverte comme le reste de la bibliothèque, de chêne. De part et d’autre de l’allée centrale, 14 bustes de marbre de célèbres penseurs, sculptés par Peter Scheemakers, veillent sur les alcôves tapissées du sol au plafond, de livres anciens à l’odeur si caractéristique et envoûtante… I.B.

© incamerastock / Alamy / Hemis

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Old Library

Hall de la bibliothèque de Tiajin en Chine, conçue par les cabinets d’architecture MVRDV et TUPDI en 2017
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Hall de la bibliothèque de Tiajin en Chine, conçue par les cabinets d’architecture MVRDV et TUPDI en 2017

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À Tianjin, un temple de la connaissance et (de la démesure !)

On croit rêver, et pourtant ! Véritable prouesse technique, la bibliothèque de Tianjin – ville portuaire située à une centaine de kilomètres de Pékin, fut construite en 2017 par le cabinet d’architectes MVRDV et TUPDI. D’une audace folle, cette excentricité architecturale se déploie sur plus de 30 000 m2 : des volumes XXL qui confèrent au lieu des allures de décor de film de science-fiction ! Au centre de l’atrium immaculé trône une boule lumineuse qui abrite un auditorium (raison pour laquelle la bibliothèque est surnommée « l’œil »). Les livres sont, quant à eux, disposés sur des étagères aux courbes sinueuses, accessibles grâce à des escaliers. Impossible toutefois d’atteindre les ouvrages placés au sommet, il s’agit de trompe-l’œil ! I.B.

Photo Wikimedia Commons

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Bibliothèque de Tianjin

Bibliothèque de l’abbaye d’Admont, porte d’entrée du parc national de Gesäuse, en Styrie, Autriche
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Bibliothèque de l’abbaye d’Admont, porte d’entrée du parc national de Gesäuse, en Styrie, Autriche

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À Admont, passion rococo

Par où commencer ? Par ses volumes hors nome ? Ses plafonds peints en trompe-l’œil ? Ses colonnes de marbre et ses dorures ? Achevée en 1776, cette fantaisie rococo se situe en Autriche, au cœur de l’abbaye d’Admont. Elle impressionne d’abord par ses dimensions monumentales (13 mètres de haut, 79 mètres de long et 14 mètres de large), mais aussi par ses coupoles décorées de fresques de Bartolomeo Altomonte. Sur son sol en damier sont aussi disposées des sculptures de Josef Stammel. Ce fabuleux écrin, qui abrite en outre un fonds d’environ 180 000 ouvrages, a été épargné par le terrible incendie qui, en 1865, a ravagé ce monastère dont les origines remontent au XIe siècle ! I.B.

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Bibliothèque de l’abbaye d’Admont

Intérieur de la bibliothèque George Peabody, reliée à l’Université Johns Hopkins à Baltimore
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Intérieur de la bibliothèque George Peabody, reliée à l’Université Johns Hopkins à Baltimore

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À Baltimore, une « cathédrale de livres »

Le surnom de cette bibliothèque ? La cathédrale de livres ! Inaugurée en 1878, la George Peabody Library de Baltimore, qui porte le nom d’un philanthrope de la ville, est l’œuvre de l’architecte Edmund G. Lind. Dans ce lieu grandiose se déploient sur cinq niveaux des galeries de style néo-classique, soutenues par des colonnes et des balustrades en fer forgé, tout en arabesques. Devenue l’une des attractions touristiques incontournables de Baltimore, la bibliothèque George Peabody est aussi un lieu très prisé pour… la célébration de mariages ! I.B.

Photo Wikimedia Commons

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George Peabody Library

Intérieur de la Bibliothèque de la faculté de droit de l’Université de Zurich, conçue par l’architecte espagnol Santiago Calatrava Valls en 2004
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Intérieur de la Bibliothèque de la faculté de droit de l’Université de Zurich, conçue par l’architecte espagnol Santiago Calatrava Valls en 2004

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En Suisse, une leçon de style

On croirait reconnaître l’architecture emblématique du Guggenheim de New York, mais pas de doute, nous voilà bien en Suisse ! Installée dans le bâtiment de l’Institut de droit – un édifice du début du XXe siècle –, la bibliothèque de l’Université de Zurich, inaugurée en 2004, est l’œuvre de l’architecte Santiago Calatrava Valls. Dans cet espace ovale, dont la forme peut rappeler celle d’une lentille, six galeries circulaires s’élèvent majestueusement sous une grande coupole de verre. La lumière inonde les volumes et sublime les matériaux choisis par l’architecte : de la pierre naturelle pour le sol du rez-de-chaussée et du bois clair pour les balustrades… Chic ! I.B.

© Ylan / Alamy / Hemis

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Bibliothèque de l’université de Zurich

Salle de lecture du Cabinet royal portugais à Rio de Janeiro, institution fondée en 1837 par un groupe de quarante-trois immigrants portugais réfugiés politiques
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Salle de lecture du Cabinet royal portugais à Rio de Janeiro, institution fondée en 1837 par un groupe de quarante-trois immigrants portugais réfugiés politiques

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Au Brésil, un petit bout du Portugal

Fondé en 1837 par des immigrants portugais, le Cabinet royal portugais de lecture est une pépite méconnue de Rio de Janeiro. On s’émerveille d’abord à l’extérieur, face à son architecture inspirée du fabuleux couvent des Hiéronymites de Lisbonne. Une fois à l’intérieur, le spectacle continue : étagères en essence de bois précieux, vaste puits de lumière, somptueux lustre… L’ensemble répond aux codes du style néo-manuélin, qui a émergé au Portugal au milieu du XIXe et dont les caractéristiques évoquent celles du gothique-Renaissance. I.B.

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Cabinet royal portugais de lecture

R. Luís de Camões, 30 – Centro • Rio de Janeiro • RJ, 20051-020, Brésil

Vue de la bibliothèque centrale de la ville de Stuttgart, conçue par l’architecte coréen Eun Young Yi et ouverte en 2011
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Vue de la bibliothèque centrale de la ville de Stuttgart, conçue par l’architecte coréen Eun Young Yi et ouverte en 2011

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En Allemagne, minimalisme XXL

De l’extérieur, elle a des allures de Rubik’s Cube géant et monochrome – et d’autant plus la nuit, lorsque ses fenêtres s’illuminent d’un bleu électrique ! Geste radical de l’architecte Eun Young Yi, la bibliothèque municipale de Stuttgart est un bijou de minimalisme. L’épure est aussi de mise à l’intérieur : l’espace gigantesque d’un blanc immaculé est doté de cinq niveaux accessibles par des escaliers évoquant les géniales gravures de Piranèse ! I.B.

© Alamy / Hemis / Photo Diego Grandi

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Bibliothèque municipale de Stuttgart

Mailänder Platz 1 • 70173 Stuttgart

stadtbibliothek-stuttgart.de

Intérieur de la Bibliotheca Alexandrina à Alexandrie, projet de l’UNESCO inauguré en 2002
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Intérieur de la Bibliotheca Alexandrina à Alexandrie, projet de l’UNESCO inauguré en 2002

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En Égypte, la renaissance d’un mythe

Disparue dans des conditions qui demeurent mystérieuses (était-ce un incendie ? Ou simplement l’œuvre du temps ?), la bibliothèque d’Alexandrie renaît de ses cendres à l’aube du XXIe siècle, avec le concours de l’UNESCO. Le projet, spectaculaire, est confié à l’agence norvégienne Snøhetta. L’idée ? Créer un pont entre passé, présent et futur – des gloires de l’Égypte antique à l’avènement des nouvelles technologies. La forme de l’édifice – un disque incliné – évoque le roi Amon, à qui l’homme doit la connaissance, tandis que son impressionnante salle de lecture se déploie sur sept niveaux, soutenus par de hautes colonnes en béton… La renaissance d’un mythe ! I.B.

© Alamy / Hemis / Photo Mauricio Abreu

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Bibliothèque d’Alexandrie

Al Azaritah WA Ash Shatebi, Bab Sharqi • Alexandria Governorate

https://www.bibalex.org/en/default

La salle de lecture La Trobe de la Bibliothèque d’État du Victoria à Melbourne
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La salle de lecture La Trobe de la Bibliothèque d’État du Victoria à Melbourne

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À Melbourne, le dôme de verre

C’est l’une des principales institutions culturelles de la ville de Melbourne. La bibliothèque Victoria, inaugurée en 1856, doit sa notoriété à son important fonds (1,5 millions de documents), mais aussi à l’architecture hors norme de sa salle de lecture, La Trobe. Cet octogone massif, conçu par Norman G. Peebles, est surmonté d’un monumental dôme en verre – le plus grand au monde au moment de son inauguration en 1913 ! I.B.

Photo Wikimedia Commons

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Bibliothèque Victoria

328 Swanston St • Melbourne

https://www.slv.vic.gov.au/

28.08.2026 à 10:42

Cezanne, Zurbarán, Séraphine Louis, Irving Penn… Les plus belles expos de la rentrée dans toute la France

Sophie Flouquet
Après la pause estivale, les musées font leur rentrée en fanfare ! Il y aura …
Texte intégral (7022 mots)
Après la pause estivale, les musées font leur rentrée en fanfare ! Il y aura …

28.08.2026 à 07:00

« J’aime les collectionneurs pour leur liberté, l’originalité de leur regard et leur générosité »

Fabrice Bousteau
L’histoire de l’art aime les génies, célèbre leurs fulgurances, leurs révolutions. Elle s’intéresse plus rarement …
Texte intégral (1149 mots)

L’histoire de l’art aime les génies, célèbre leurs fulgurances, leurs révolutions. Elle s’intéresse plus rarement à ceux qui – avant les musées et le marché – ont su voir un chef-d’œuvre dans une peinture décriée. Gustave Fayet (1865–1925) est l’un de ceux-là et, paradoxalement, l’un des moins connus des collectionneurs français, tout simplement parce que sa collection a été dispersée après sa mort.

Alors que Gauguin est à l’époque largement rejeté, Fayet acquiert 200 de ses œuvres ; il est aussi le principal mécène d’Odilon Redon. Une collection de près de 1 000 pièces comprenant également Cezanne, Van Gogh, Degas, Matisse et Picasso. Passé sous les radars, Fayet, qui était aussi artiste, sera célébré cet automne dans une grande exposition à la fondation Louis Vuitton, à Paris, qui réunit pour la première fois nombre de ces chefs-d’œuvre, aujourd’hui propriété de musées du monde entier, ainsi que ses propres créations.

De l’importance des collectionneurs

On oublie souvent combien nos musées ont été et sont toujours nourris par les collectionneurs. Près de 35 % des collections du Louvre proviennent de dons ou de legs ! À titre d’exemple, le baron Edmond de Rothschild a offert 40 000 dessins et le docteur Louis La Caze 583 peintures de Chardin, Fragonard, La Tour… Près de 40 % des collections du musée d’Orsay proviennent de dons de collectionneurs et environ 50 % pour le Centre Pompidou si on inclut les dons d’artistes et les dations. Aux États-Unis, les collectionneurs remplacent quasiment l’État puisque 70 à 90 % des œuvres du Metropolitan Museum, du MoMA ou de l’Art Institute de Chicago proviennent de dons privés.

Outre leurs donations en France, les collectionneurs proposent depuis les années 2000, à travers leurs fondations, des expositions avec des points de vue et des pièces exceptionnelles. Je pense à Antoine de Galbert, qui prête pour des expositions nombre des œuvres de sa collection atypique et en dehors du marché. Et surtout à François Pinault qui, en plus de 40 ans et près de 10 000 œuvres, a constitué l’un des collections privées les plus importantes au monde.

Un mélange inouï de points de vue, de désirs, d’envies et de choix

« Je préfère toujours les œuvres qui dérangent, car ce sont celles qui résistent au temps et c’est là que se trouvent les chefs-d’œuvre. »

François Pinault

Mais ce qui la rend unique, c’est l’œil du milliardaire, qui a repéré très tôt des artistes négligés comme David Hammons. Et surtout son choix de privilégier les pièces les plus radicales : « Je préfère toujours les œuvres qui dérangent, car ce sont celles qui résistent au temps et c’est là que se trouvent les chefs-d’œuvre. » Ses trois lieux (deux à Venise, un à Paris) offrent à voir ses collections à travers des expositions très différentes de celles des institutions. Un regard à part qui nous nourrit autant que l’histoire de l’art ! Et cela fait école : Laurent Dumas, PDG d’Emerige, va ouvrir à l’automne un centre d’art contemporain consacré à la scène française, à partir notamment de sa collection mais pas seulement.

Il ne faut pas oublier les centaines de jeunes collectionneurs, peu fortunés mais qui eux aussi offrent des œuvres aux musées. J’aime les collectionneurs pour leur liberté, l’originalité de leur regard et leur générosité. Ce qui fait la grandeur, le caractère unique de la culture française, c’est ce mélange inouï de points de vue, de désirs, d’envies et de choix, entre nos musées et nos institutions d’une part et, d’autre part, ces collectionneurs extraordinaires et libres.

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Gustave Fayet – Collectionneur, créateur

Du 9 octobre 2026 au 8 mars 2027

www.fondationlouisvuitton.fr

27.08.2026 à 20:00

Les chefs-d’œuvre peuvent-ils nous informer sur le dérèglement climatique ?

Malika Bauwens
Un ciel rouge feu, des patineurs sur des lacs gelés en hiver, une volée d’oiseaux …
Texte intégral (1461 mots)

Un ciel rouge feu, des patineurs sur des lacs gelés en hiver, une volée d’oiseaux qu’on n’entend guère plus chanter… Après l’été difficile que nous venons de vivre en 2026, et si nous regardions la peinture comme une archive climatique ? En cette rentrée, Beaux Arts Magazine répond à dix questions que vous vous posez sur l’art, sans jamais avoir osé le demander.

Pourquoi les sourires sont-ils si rares dans l’histoire de l’art ? Qu’est-ce-que le nombre d’or ? Le syndrome de Stendhal existe-t-il vraiment ? Les artistes ont-ils un don ? Dans cette série, à retrouver ici en intégralité, notre journaliste Malika Bauwens répond de manière aussi précise que concise à ces questions pas si bêtes que vous vous posez sur l’art.

Commençons par le plus emblématique des exemples avec le fameux Cri d’Edvard Munch. En 1893, le peintre norvégien immortalise une silhouette hurlante sous un ciel embrasé.

Dans son journal, l’artiste raconte avoir ressenti « le grand cri de la nature » face à ce ciel brusquement écarlate. Longtemps, les historiens d’art n’y ont vu qu’une projection psychique, l’expression d’une angoisse typique du symbolisme finissant.

Une catastrophe naturelle dans le ciel de Munch

Mais en 2004, des chercheurs de l’Université du Texas proposent une lecture météorologique. Selon les scientifiques, ce ciel correspondrait aux nuages spectaculaires observés jusqu’en Norvège après l’éruption du Krakatoa, en Indonésie, le 27 août 1883 – l’une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de l’Histoire.

Hypothèse depuis nuancée par la chercheuse norvégienne Helene Muri, qui évoque plutôt des « nuages nacrés », iridescences stratosphériques liées à la destruction de la couche d’ozone. Volcanique ou polaire, le ciel du Cri garde une part de mystère mais nul doute que Munch représentait (en plus de tourments) un phénomène atmosphérique bien réel.

Les frimas du nord

Autre siècle, autre climat. Au XVIIe siècle, les maîtres flamands et hollandais peignent en boucle des scènes frissonnantes. Dès 1565, avec Les Chasseurs dans la neige, Pieter Brueghel l’Ancien invente l’hiver en peinture – un motif jusque-là quasi absent des toiles religieuses ou agricoles. Suivront Hendrick Avercamp, Adam van Breen, Gijsbrecht Leytens et leurs patineurs joyeux sur canaux gelés. Le géographe Alexis Metzger, qui a passé au crible 500 tableaux hollandais du Siècle d’or, y voit la trace du « petit âge glaciaire », période de refroidissement global qui s’étend de 1300 à 1850 environ.

Pieter Brueghel l'Ancien, Chasseurs dans la neige
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Pieter Brueghel l’Ancien, Chasseurs dans la neige, 1565

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Huile sur bois • 117 × 162 cm • Coll. Kunsthistorisches Museum, Vienne • © Bridgeman Images

Gare toutefois à l’image d’Épinal car, selon le scientifique, les hivers glacés ne représentaient que 16,8 % des conditions météorologiques observées. Cette avalanche de patineurs tiendrait autant du fantasme identitaire, à savoir celui d’une jeune nation en guerre contre l’Espagne se rêvant unie sous la glace, que d’un relevé météo fidèle.

Toute une faune qui disparaît

Reste une observation des plus vertigineuses que nous enseignent nombre de tableaux et dessins : la biodiversité perdue. En 1611, Jan Brueghel l’Ancien crée L’Air, une allégorie foisonnante conservée au musée des Beaux-Arts de Lyon réunissant plus de 60 espèces d’oiseaux européens. Une étude publiée en 2026 dans la revue scientifique pluridisciplinaire américaine PNAS y a repéré une scène inédite. Brueghel a peint une chauve-souris noctule capturant un oiseau en vol, un comportement que la science n’a confirmé qu’en 2025, grâce à des balises embarquées.

Jan Brueghel l'Ancien, Les quatre éléments : allégorie de l’air
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Jan Brueghel l’Ancien, Les quatre éléments : allégorie de l’air, 1594

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Huile sur panneau • 50,3 × 80,1 cm • Coll. Galleria Doria Pamphilj, Rome • © Luisa Ricciarini / Bridgeman Images

Au-delà de l’anecdote, les chercheurs voient dans cette toile de Brueghel la preuve que les tableaux naturalistes peuvent servir d’archives écologiques. En recensant les espèces représentées à une date donnée, ils permettent de mesurer, des siècles plus tard, l’ampleur du déclin actuel de la biodiversité. Ce même principe est appliqué aux poissons des natures mortes italiennes ou aux bouquets hollandais, révélateurs des routes commerciales – et aujourd’hui des extinctions.

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