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22.05.2026 à 11:10

En salles depuis un mois, Michael « reconfigure la culture de la pédocriminalité »

Coline Clavaud-Mégevand
Depuis plusieurs jours, alors que le Festival de Cannes bat son plein, les signataires de la tribune anti-Bolloré s’inquiètent de la mainmise du milliardaire d’extrême droite sur le financement du […]
Texte intégral (1645 mots)

Depuis plusieurs jours, alors que le Festival de Cannes bat son plein, les signataires de la tribune anti-Bolloré s’inquiètent de la mainmise du milliardaire d’extrême droite sur le financement du cinéma français. Une situation qui nourrit sa fortune et fait grandir l’influence du camp réactionnaire sur nos imaginaires.

Sorti dans les salles françaises le 22 avril, Michael, le biopic de Michael Jackson, réalisé par l’Étasunien Antoine Fuqua et distribué par Universal Pictures, est un autre exemple de la puissance politique du cinéma. Expurgé de toute allusion aux accusations d’actes pédocriminels qui visent la star*, il reconfigure une réalité pourtant documentée. Décryptage avec Clémentine Meyer, créatrice de la chaîne YouTube Cinéma et Politique.

Qu’avez-vous pensé de Michael sur le fond et sur la forme ?

C’est un film très faible, vite oublié, qui n’adopte jamais de point de vue fort, ni de mise en scène singulière. Il suit une structure linéaire, classique dans les biopics hollywoodiens : une enfance difficile [le père de Michael Jackson était tyrannique et violent], la résilience vis-à-vis de ces difficultés, l’ascension puis la réussite. On perçoit bien ici la fonction idéologique du genre : réduire une vie à une success story et, ainsi, consolider le mythe de la réussite individuelle plutôt que de l’interroger.

Même quand un biopic introduit des zones d’ombre – par exemple, dans Ray, le film sur Ray Charles de Taylor Hackford, sorti en 2004, ou dans Walk the Line, sur Johnny Cash, réalisé en 2005 par James Mangold, ou encore dans Steve Jobs, signé Danny Boyle en 2015 –, c’est pour mieux montrer le héros se battre et s’en sortir. Le procédé sert donc à consolider le mythe plutôt qu’à l’interroger.

Dans Michael, cette logique est poussée à l’extrême dans le but de réhabiliter de façon très nette un artiste dont la légende a été sérieusement écornée par la sortie, en 2019, du documentaire Leaving Neverland, de Dan Reed [qui racontait les agressions commises par le chanteur sur James Safechuck et Wade Robson, adolescents à l’époque des faits]. Michael agit comme une réponse implicite à cette enquête : c’est un contre-récit qui vise à refermer la polémique et, ainsi, à accroître l’empire financier de ses héritier⋅es.

Concrètement, comment le film œuvre-t-il à cette réhabilitation ?

C’est un travail très méticuleux de lissage du personnage. Dans le biopic, le personnage de Michael Jackson est construit comme une figure unidimensionnelle, presque enfantine. Tout participe à cette infantilisation : sa voix, les décors – notamment la présence de peluches partout dans sa chambre – ou encore les références à Peter Pan, le fait qu’il veut tout le temps jouer, sa proximité avec ses animaux… Une scène le montre par exemple en pleine partie de Twister [un jeu d’adresse qui demande aux participant⋅es de se contorsionner sur un tapis] avec son chimpanzé Bubbles. Dans une autre, il rit comme un enfant devant un film de Charlie Chaplin.

Tous ces éléments produisent une totale désexualisation du personnage. Sa vie romantique est tue, alors qu’il a eu des partenaires durant la période évoquée dans le film [qui s’étend de la fin des années 1960 jusqu’en 1988, année de la tournée Bad World Tour]. En effaçant toute référence à sa sexualité, le film rend impossible l’apparition de la moindre interrogation concernant les violences sexuelles sur des enfants. Michael ne montre pas la réalité, il la neutralise, selon une logique d’effacement actif.



Contrairement à la plupart des biopics, qui font la part belle aux reconstitutions historiques, le monde réel semble inexistant dans Michael. Pourquoi ?

L’absence de contexte historique et politique dans le film est frappante. Les décennies passent, mais les mouvements sociaux des années 1970, le backlash de la mandature Reagan, les tensions raciales aux États-Unis, les transformations sociales ou culturelles ne sont quasiment jamais évoquées. Cette absence de contexte politique produit un effet très spécifique : le récit devient flottant, disponible à toutes les projections individuelles. En particulier celle des fans qui ne cherchent dans le film qu’à confirmer la légende de Michaël Jackson.


« Michael ne montre pas la réalité, il la neutralise, selon une logique d’effacement actif » 


Que dit finalement ce film de la manière dont le cinéma est, plus globalement, impacté par la culture du viol et de la pédocriminalité ?

Longtemps, le septième art a présenté des histoires pédocriminelles comme acceptables, voire désirables. Comme l’explique Hélène Fiche dans son livre Ce que le féminisme fait au cinéma. Les années 1970, de l’émancipation à la contre-attaque patriarcale (Agone, 2025), il a normalisé les grands écarts d’âge entre les hommes et les femmes, dans des films comme Un moment d’égarement de Claude Berri (1977) ou encore Beau-père de Bertrand Blier (1981) sur lesquels plane le spectre de l’inceste.

Aujourd’hui, neuf ans après #MeToo, c’est plus compliqué de mettre à l’écran ce genre de représentations. Et c’est sans doute pour ça que, dans Michael, les producteurs ont renoncé à romantiser les faits. Ils ont préféré les effacer. On peut imaginer que si le film avait été tourné il y a plusieurs années, il aurait montré des scènes où Michael Jackson joue avec des enfants, voire dort avec eux, en normalisant ces comportements.

En 2026, ces faits ne sont tout simplement pas montrés. En ça, Michael est un film qui reconfigure la culture de la pédocriminalité pour lui permettre de se maintenir à l’écran. Il s’agit d’organiser la disparition de ses manifestations à l’écran, de manière à ne plus être un objet pensable. Ici, même la critique cinéma est neutralisée puisqu’il n’y a plus rien à critiquer.

Cette stratégie a, par le passé, été appliquée aux représentations cinématographiques de la masculinité dominante. Par exemple, lorsque la figure du patriarche a commencé à perdre en hégémonie dans les années 1970, elle a été remplacée par celle de l’homme « en crise », comme dans Voyage au bout de l’enfer (réalisé par Michael Cimino et sorti en 1977) ou même Rambo (Ted Kotcheff, 1982). Si certaines représentations ont été modifiées, c’est pour les rendre acceptables et mieux les maintenir à l’écran.

Finalement, rien de nouveau à Hollywood ! Mais le succès de ce film prouve encore une fois qu’il est nécessaire d’accompagner les films problématiques dans des espaces féministes de décryptage, d’échanges et de politisation du cinéma. La question, c’est dans quels lieux ? On imagine difficilement ce type de rencontres dans les cinémas UGC, qui sont en cours de rachat par [le milliardaire d’extrême droite] Vincent Bolloré.

* Selon le magazine Variety, une première version du film comportait plusieurs scènes évoquant les enquêtes visant le chanteur. Elles auraient finalement été coupées sous l’impulsion de ses ayants droit, en raison d’un accord signé entre Michaël Jackson et certains plaignants, qui stipule que ces derniers ne pouvaient être représentés à l’écran.

Les huit affaires « Michael Jackson »

Depuis le début des années 1990, huit personnes ont accusé Michael Jackson de les avoir soumises à des violences sexuelles, alors qu’elles étaient enfants. Premier à témoigner, James Chandler avait 13 ans au moment des faits. Son affaire s’est soldée par un accord financier avec la star.

Dix ans plus tard, Gavin Arvizo, un jeune homme accueilli par le chanteur alors qu’il était soigné pour un cancer, dénonce de multiples agressions sexuelles. La pop star est visée par dix chefs d’inculpation, jugée en 2005, mais finalement relaxée. En 2013 et 2014, Wade Robson, un ancien enfant danseur, et James Safechuck, un ex enfant-acteur, portent plainte pour agression et chantage sexuels contre Michael Jackson. Leurs plaintes sont plusieurs fois rejetées pour vice de procédure, mais un procès aura finalement lieu en novembre 2026. Ils ont raconté leur histoire en détail dans le documentaire Leaving Neverland (2019).

Il y a quelques semaines, les quatre frères et sœur Cascio, qui avaient préalablement conclu un accord financier avec les ayants droit de Michael Jackson ont saisi la justice et accusent le chanteur de trafic d’enfant et d’agressions sexuelles.

05.05.2026 à 12:18

De l’espoir à la résistance : cinq ans de Déferlante

Marion Pillas
Cinq ans plus tard, cet espoir de renouveau a cédé la place à l’urgence de résister. Partout dans le monde, les féministes luttent dans la rue ou sur les réseaux […]
Texte intégral (760 mots)

Cinq ans plus tard, cet espoir de renouveau a cédé la place à l’urgence de résister. Partout dans le monde, les féministes luttent dans la rue ou sur les réseaux sociaux contre le recul des droits fondamentaux.

Elles et ils manifestent contre la guerre, contre les arrestations arbitraires et revendiquent plus que jamais la liberté de toutes les minorités à disposer pleinement de leurs droits : leur corps, leurs choix.

Revue trimestrielle, newsletter hebdomadaire mais aussi maison d’édition : La Déferlante a été le témoin privilégié des bouleversements sociaux et politiques, mais aussi des luttes d’émancipation de ces dernières années. Elle a publié 22 numéros, 8 livres et envoyé presque 200 newsletters. Elle fait aujourd’hui travailler 12 salarié⋅es à temps plein, une cinquantaine de collaborateur⋅ices et bénéficie du soutien de presque 12 000 abonné·es et de 750 lecteur⋅ices actionnaires.

Mais le chemin promet d’être encore long.

D’abord parce que se profile avec 2027 l’année politique de tous les dangers. Face à une gauche plus divisée que jamais et une droite dite « républicaine » passablement compromise avec l’extrême droite, le Rassemblement national et ses alliés pourraient se hisser très haut dans les résultats de l’élection présidentielle. Dans ce contexte, il va falloir une sacrée dose d’énergie et d’idées aux mouvements sociaux, aux activistes féministes, antiracistes et écologistes pour mobiliser autour d’eux et faire mentir sondages et prédictions.


« Croire en la justesse de nos combats, c’est déjà être en capacité de changer le monde »


Ensuite, parce que dans un contexte de concentration économique des médias et de l’édition, la presse indépendante de gauche doit fournir chaque jour plus d’efforts pour se maintenir à flot. La Déferlante est un média indépendant, sans publicité, qui a pour objectif de s’autofinancer grâce à ses ventes. Alors que la croissance des abonnements ralentit – l’inflation et la crise géopolitique sont passées par là –, il est capital, pour s’inscrire dans la durée, d’aller au contact de nouvelles personnes.

« C’est bien, la lutte. »

Très régulièrement depuis 2021 et encore davantage à l’occasion de notre anniversaire, les équipes de La Déferlante échangent avec des lectrices et des lecteurs, en librairie, en festival ou lors d’évènements de lancement. Souvent, on nous demande « que faire concrètement » pour nous aider. Et depuis cinq ans, notre réponse est toujours la même : abonnez-vous si vous le pouvez, offrez La Déferlante, achetez nos livres ou inscrivez-vous à notre newsletter gratuite. Ce printemps, nous lançons deux offres d’abonnement anniversaire. La première est une formule à durée libre dans laquelle le tout premier numéro de la revue – un collector ! – est offert. La seconde est un abonnement d’un an, accompagné d’un carnet décoré d’une phrase qu’on souhaite prémonitoire : « On n’arrête pas une vague ».

Cette vague grandit encore un peu plus quand vous parlez de nous à votre entourage. Mais aussi de ce qui vous révolte et des solutions que vous voudriez voir émerger. Croire en la justesse de nos combats, c’est déjà être en capacité de changer le monde et de rejoindre la mobilisation : pour les droits des personnes minorisées, pour des sociétés plus égalitaires, plus respectueuses du vivant, contre l’impérialisme et la guerre, mais aussi pour une presse indépendante à l’écoute de tous·tes. « La lutte est sans fin, s’amusait l’écrivaine Annie Ernaux dans le tout premier numéro de La Déferlante. Mais après tout pourquoi pas. C’est bien, la lutte. »

30.04.2026 à 17:09

✊🏽Si on arrête, le monde s’arrête !

Mathilde Blézat
👉🏻 Pour nous permettre d’identifier plus finement les questions féministes et antiracistes qui traversent la question du travail, elle a sélectionné pour nous des articles de presse, des livres et […]
Texte intégral (2268 mots)

👉🏻 Pour nous permettre d’identifier plus finement les questions féministes et antiracistes qui traversent la question du travail, elle a sélectionné pour nous des articles de presse, des livres et des documentaires qui mettent en lumière la contribution des classes populaires, des personnes racisées et des femmes au fonctionnement de l’économie, mais aussi leurs combats pour la reconnaissance de leur travail. Bonne lecture !

🗞Revue de presse

Livreurs à vélo : l’exploitation des hommes immigrés

À peine 3 euros de l’heure : c’est le salaire que gagnent les livreurs à vélo travaillant pour les plateformes de livraison de repas. Le chiffre est issu d’une enquête inédite, menée conjointement par l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques, qui précise que « 99 % des livreurs de repas à vélo sont des hommes, 99 % sont nés à l’étranger, les deux tiers sont sans titre de séjour ». Quatre associations ont porté plainte contre les plateformes pour traite d’êtres humains.

🚲 Un article à lire dans Le Monde.

Le travail tue aussi les femmes

La journaliste Nolwenn Weiler signe cette semaine une série d’articles sur les femmes mortes au travail. Elle révèle qu’elles sont majoritaires parmi les personnes tuées au cours d’accidents « de trajet », causés par le travail de nuit et les horaires morcelés qu’elles sont plus nombreuses que les hommes à subir. Mais elles sont également victimes d’accidents cardiovasculaires et d’infarctus provoqués par le cumul de cadences infernales et d’une surcharge de responsabilités du travail domestique qui leur incombe.

🚗 À retrouver sur le site de Basta!

Travailler plus, gagner moins

Les femmes travaillent bien plus que les hommes, mais ne touchent à l’échelle mondiale que 28 % de la rémunération globale des salarié⋅es. Un chiffre qui s’explique principalement par la proportion importante de travail gratuit qu’elles effectuent, comparativement aux hommes. Selon le rapport du World Inequality Lab, paru en décembre 2025, l’absence de rémunération de leurs tâches serait un frein au développement social et économique à l’échelle mondiale.

💸 Un article à retrouver dans L’Humanité.

Pour un salaire ménager

Depuis les années 1970, des féministes demandent que soit reconnue la valeur économique du travail domestique. Parmi elles, Selma James, née dans les années 1930 aux États-Unis, fut une des principales instigatrices de la campagne pour un « salaire du travail ménager ».

🧹 Son portrait est à retrouver dans le numéro 21 de La Déferlante (mars 2026).

📻On écoute

Sardines FM

Des bribes d’assemblées générales, des interviews de grévistes, des chants de lutte : le documentaire Sardines FM nous replonge dans le Douarnenez de 1924, alors qu’éclate la grève des sardinières. Mêlant fausses archives sonores et rigoureuses explications des spécialistes de ce mouvement social, ce podcast « historico-loufoque » rend hommage à la lutte menée par les ouvrières bretonnes des conserveries de poissons. La lutte sonne vivante et actuelle et fait le lien avec le combat contemporain des Douarnenistes contre le grignotement de la ville par les résidences secondaires et les locations de courte durée.

En fond, une image d'archive de la grève des sardinières de Douarnenez. Par dessus, un drapeau communiste, lui-même recouvert d'une sardine, à qui un micro Arte en dessin est tendu. En bas, au premier plan, une série de dessins de poings levés blanc, violet et beige.
Crédit : Arte Radio

🎧 Sardines FM, une création d’Olivier Minot, à écouter sur le site d’Arte radio.

📚 On lit

Le cœur du capital

Dans cet essai, l’historienne Fanny Gallot et l’économiste Hugo Harari-Kermadec s’attèlent à démontrer que letravail reproductif très majoritairement effectué par des femmes constitue « la colonne vertébrale sans laquelle ni la production, ni la société, ni la vie elle-même ne pourraient se maintenir ». Il propose un calcul du poids économique du travail reproductif dans son ensemble, en comptabilisant, entre autres, la valeur du travail domestique ou encore le surcoût que représenterait un alignement des rémunérations des femmes sur celles des hommes.

Les deux universitaires reviennent également sur la longue histoire des théorisations et des luttes de femmes autour du travail reproductif, qu’il s’agisse de revaloriser leur travail de care, de repenser la grève, ou encore de lutter contre la vie chère.

La couverture d'un livre qui représente une femme racisées croulant sous les papiers. A sa gauche le titre et les informations bibliographiques sont contenues dans un cadre violet.
Crédit : Université Paris Cité

📖 Fanny Gallot et Hugo Harari-Kermadec, Le cœur du capital. Ces travailleuses de l’ombre qui font tourner le monde, Université Paris Cité éditions, 2026. 15 euros

Rendre soin

Dans une langue précise, drôle et éminemment politique, Julie Lombe décortique les multiples facettes, gestes et enjeux de son travail de massothérapeute. Minutie du soin, empathie à l’égard des corps, attention portée au consentement, gestion millimétrée du temps et sourire à maintenir en toutes circonstances, en dépit des douleurs physiques et des agressions racistes ou sexuelles. Et interroge : « Parfois, je me demande ce qui se passera quand / Toustes les soignant·es iront trop mal pour soigner. / Quand la main-d’œuvre des Suds restera derrière des frontières fermées. […] Qui sera là pour prendre soin de celleux qui prennent soin ? »

📘 Julie Lombe, Rendre soin, Éditions Blast, 2026. 18 euros.

La Belle de mai

Dans La Belle de mai. Fabrique de révolutions, Mathilde Ramadier et Élodie Durand reviennent sur l’une des premières grèves d’ouvrières en France, à Marseille, durant l’hiver 1887. Dans une manufacture de tabac célèbre internationalement, les ouvrières sont à la merci des contremaîtres : conditions de travail délétères, brimades et agressions sexuelles. L’une d’entre elles, que l’on nomme Sespo, propose de lancer une grève. Cette bande dessinée nous raconte l’organisation du mouvement, l’occupation des ateliers et l’élan de solidarité qui se crée autour des ouvrières.

Sur la couverture d'une bande-dessinée, des ouvrières sont réunies en groupe. Elles sont dessinées en noir et blanc.
Crédit : Futuropolis

📕 Mathilde Ramadier et Élodie Durand, La Belle de mai. Fabrique de révolutions, Futuropolis, 2024. 22 euros.

🍿On regarde

Islande, un jour sans femmes

Dans ce documentaire qui n’est malheureusement visible qu’en festivals et sur des plateformes de streaming étrangères pour le moment, la réalisatrice Pamela Hogan revient sur la grève des Islandaises qui, le 24 octobre 1975, sont parvenues à bloquer, pendant 24 heures, toute l’activité économique de leur pays. À travers des images d’archives, des dessins et des témoignages d’anciennes grévistes, elle raconte la mobilisation de femmes de tous milieux, les débats lors des réunions syndicales, la stupéfaction des maris et des patrons, et surtout la joie collective. Dans le sillage de cette grève féministe, le droit à l’avortement leur était ouvert, tout comme certaines professions jusque là réservées aux hommes. Cinq ans plus tard, l’Islande élisait Vigdís Finnbogadóttir, la première femme présidente désignée démocratiquement dans le monde.

📺 Un jour sans femmes, réalisé par Pamela Hogan, Other Noises production, 2024. Le film est disponible en streaming uniquement depuis la Suisse et l’Espagne. Il est diffusé dans de nombreux festivals à travers le monde.

💡Glossaire

Alors que l’actualité montre à quel point la guerre culturelle qui fait rage est aussi une bataille sémantique, il nous a paru important que La Déferlante propose à ses lecteur·ices des définitions de concepts clés pour appréhender l’époque dans une perspective féministe intersectionnelle. Travail reproductif, grève féministe, temps partiel ou plafond de verre : toutes les définitions sont en accès libre sur notre site internet, qui est alimenté au fil des numéros pour faciliter la compréhension des concepts mobilisés dans chaque dossier.

☝🏼 Consulter notre glossaire.

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