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Au musée de la Chasse et de la Nature, l’appel de la forêt de Lionel Sabatté

Texte intégral (1131 mots)
16.10.2026 à 17:46
À Besançon, l’exposition « Ni Dieu ni maître ! Arts et anarchie » perd son titre à la demande du maire LR

Texte intégral (1624 mots)
« Ni Dieu ni maître ! »… À moins qu’un maire s’en mêle. Présentée à La Piscine de Roubaix depuis le 10 octobre, l’exposition « Ni Dieu ni maître ! Arts et anarchie de Courbet à Banksy », qui explore l’évolution des liens entre les artistes et l’anarchisme, sera sobrement rebaptisée « L’Art en liberté. De Courbet au street art » lors de sa deuxième étape au musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon, en février 2027. Une décision de la municipalité de droite qui suscite de nombreuses réactions.
La flamboyante formule libertaire, héritée du révolutionnaire Auguste Blanqui, qui résume le rejet de la domination et donc de toute autorité politique, religieuse ou sociale, n’a pas résisté à la volonté du maire LR de Besançon, Ludovic Fagaut, qui a succédé à une municipalité de gauche en mars. L’édile jugeait l’accroche trop provocatrice.
Une tentative de censure dans un berceau de l’anarchisme ?
« On a demandé au musée une communication plus neutre, une façon d’exposer plus neutre. »
Anne-Rachel Schertz
« On ne veut pas qu’il y ait une dimension politique derrière le titre, qu’il soit clivant. On veut que l’exposition soit rassembleuse, ouverte à tous », justifie l’adjointe à la culture Anne-Rachel Schertz dans Le Monde. « On a demandé au musée une communication plus neutre, une façon d’exposer plus neutre », ajoute-t-elle. Le co-commissaire de l’étape bisontine, Maël Vandewalle, assure qu’il s’agit d’une décision concertée avec la municipalité, afin de « marquer la différence » avec Roubaix « en termes de communication ».
À gauche, l’affiche de l’exposition « L’Art en liberté » au musée des Beaux-arts d’archéologie de Besançon. À droite, l’affiche « Ni dieu ni maître, arts et anarchie de Courbet à Banksy » à la Piscine de Roubaix, 2026
Si les expositions itinérantes se transforment souvent un peu pour s’adapter à leurs différentes étapes, un tel changement est inhabituel. Car le mot « anarchie », sujet même de l’exposition, a disparu du titre. Certains s’interrogent. Comment dissocier ainsi la communication du contenu ? Quel est le sens de présenter une exposition sur un thème que l’on n’ose pas nommer ?
Le remplacement du terme précis « anarchie » par le très générique « liberté » étonne d’autant plus dans cette ville natale de Pierre-Joseph Proudhon, figure fondatrice de la pensée anarchiste, et de Charles Fourier, dont les réflexions ont influencé le mouvement. Une histoire et une identité qui sont justement à l’origine de la participation de la ville à cette exposition.
L’intransigeance de l’anarchisme a, tout au long de son histoire, fait peur au pouvoir, qui y a répondu par la censure et la répression – et même par l’extermination physique dans le cas des communistes bolchéviks et des nazis.
« Ni Dieu ni maître ! Arts et anarchie de Courbet à Banksy » à la Piscine de Roubaix
Photo A. Gadeau / Ville de Roubaix
Pour le quotidien La Voix du Nord, la décision bisontine constitue justement une « censure ». Dans un billet publié dans Libération, le journaliste Lelo Jimmy Batista déplore lui aussi une tentative d’« étouffer l’histoire », d’« atténuer la vérité » et de « détourner l’évidence ». Sur LinkedIn, Constance Rivière, directrice générale du musée national de l’Histoire de l’immigration, dénonce également une « extension du domaine de restriction des libertés à la création et à la programmation », et une tentative, « sous le couvert bien pratique de la neutralité », de « décharger l’art et la culture de ce qui en fait justement la force : la liberté, la provocation, le dérangement ».
« Nous n’avons peur ni de l’art ni de l’anarchie »
« Retrouver ces questions d’émancipation, c’est fondamental dans le moment politique qu’on vit. »
Florian Salazar-Martin
« Nous avons bâti le sujet ensemble, mais ce que chaque étape en fait lui appartient », botte en touche Adèle Taillefait, commissaire de l’exposition à Roubaix. À Martigues, ville communiste où l’exposition arrivera à l’automne 2027, le titre d’origine sera cependant conservé. « Nous n’avons peur ni de l’art ni de l’anarchie », a déclaré en riant Florian Salazar-Martin, adjoint à la culture, au Monde. « Retrouver ces questions d’émancipation, c’est fondamental dans le moment politique qu’on vit », a-t-il affirmé.
Le maire LFI de Roubaix, David Guiraud, rappelle que cette exposition ne constitue pas selon lui un manifeste politique de partisan, mais un parcours documentaire conçu en toute indépendance par des historiens de l’art. Dans le catalogue, il salue « la distance critique » d’Adèle Taillefait, qui « donne la parole au militantisme sans l’endosser ».
Plusieurs questions demeurent. Quelles seront les modifications précises des cartels et du parcours à l’étape bisontine ? S’agit-il simplement d’accorder une place à un point de vue critique de l’anarchisme ? Ou est-il question d’effacer ou d’atténuer des faits au profit d’un agenda politique, en pleine période de révolte étudiante et à l’approche de l’élection présidentielle ? Réponse à Besançon en février.
Ni Dieu ni maître ! Arts et anarchie
Du 10 octobre 2026 au 24 janvier 2027
La Piscine • 23 Rue de l'Espérance • 59100 Roubaix
www.roubaix-lapiscine.com
16.10.2026 à 17:00
Picabia par Anne Berest : « Ce nom accolé au mien me semble aussi irréel que ce métier de commissaire que j’exerce pour la première fois »

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16.10.2026 à 15:03
10 expos d’art contemporain à voir à Paris durant la semaine de l’art (et après)

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16.10.2026 à 14:10
Delacroix, Géricault, Manet… Les amitiés d’artistes se dessinent à la fondation Custodia

Texte intégral (1191 mots)
Et si les dessins les plus précieux du XIXe siècle étaient aussi ceux qui racontent les amitiés entre artistes ? À partir du 17 octobre à la fondation Custodia, deux jours avant le coup d’envoi de la semaine de l’art, l’exposition « Mes chers amis » dévoilera une centaine de feuilles bien particulières.
Toutes ont appartenu à des artistes qui, par admiration ou par affection, collectionnaient et conservaient des œuvres de leurs confrères. Offertes, acquises ou échangées, celles-ci esquissent en creux les liens intimes, parfois inattendus, tissés entre les ateliers français de l’époque.
Tenir la main la Géricault
Une pièce émouvante y sera présentée : la Main gauche de l’artiste, réalisée vers 1823–1824 par Théodore Géricault sur son lit de mort. Prêtée par le Louvre, cette œuvre au crayon noir, sanguine et aquarelle se trouvait parmi les possessions du peintre orientaliste Pierre-François Lehoux.
Théodore Géricault, La main gauche de Géricault, vers 1823–1824
© GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Sylvie Chan-Liat
Ce dernier s’appropriait ainsi une partie du corps hautement symbolique d’un génie qu’il admirait, et dont il reprit le flambeau en terminant certains de ses tableaux après son décès. L’étude évoque aussi de façon troublante celles, nombreuses, de membres amputés que Géricault avait réalisées pour mieux incarner les naufragés agonisants de son fameux Radeau de la Méduse…
Des relations décisives entre artistes
Parmi les trésors exposés figureront aussi des œuvres d’Eugène Delacroix : son Portrait de Frédéric Chopin (vers 1838), conservé par son cousin peintre Léon Riesener ; une Chasse au lion au pastel et fusain (1849) qui appartint à Edgar Degas, et un grand Bouquet de fleurs, exécuté vers 1849–1850, que conservait Paul Cezanne.
Eugène Delacroix, Portrait de Frédéric Chopin, vers 1838
© GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Thierry Le Mage
On y découvrira également le portrait croisé, intrigant et très fin, des frères Hippolyte et Paul Flandrin, ou encore un pastel d’Édouard Manet représentant son épouse sur un canapé bleu, issu de la collection Degas.
Grâce à des prêts de musées prestigieux comme le Louvre, Orsay et le Met de New York, l’exposition reconstitue des ensembles parfois jamais montrés auparavant. Une plongée confidentielle dans un siècle en pleine ébullition où les échanges, amitiés et jeux d’influences entre artistes ont joué un rôle primordial dans l’éclosion de certaines des plus grandes révolutions picturales de l’histoire de l’art.
Mes chers amis - Le dessin dans les collections d’artistes français au XIXe siècle
Du 17 octobre 2026 au 17 janvier 2027
Fondation Custodia • 121, rue de Lille • 75007 Paris
www.fondationcustodia.fr
16.10.2026 à 13:00
À Boulogne-Billancourt, le nouveau centre d’art Large ouvre ses portes en convoquant la mémoire des usines Renault

Texte intégral (1191 mots)
16.10.2026 à 10:00
Dans les ruines de Pompéi, « La Gradiva » montre l’éruption du désir, de la rage et de l’art chez des lycéens
