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26.03.2026 à 06:38

Habiter pour bifurquer, vers un logement public et social

Ingrid Darroman

Pour acheter le livre en pdf https://editions-croquant.org/livres-numeriques/1180-habiter-pour-bifurquer-pour-un-logement-public-et-social.html La politique du logement en France a été largement détournée de sa vocation publique et protectrice pour s’inscrire dans un modèle libéral dominé par la propriété privée et la spéculation. Cette évolution a fragilisé les ménages, en particulier les plus précaires, entraînant hausse des loyers, précarité énergétique, insécurité […]

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https://editions-croquant.org/livres-numeriques/1180-habiter-pour-bifurquer-pour-un-logement-public-et-social.html

La politique du logement en France a été largement détournée de sa vocation publique et protectrice pour s’inscrire dans un modèle libéral dominé par la propriété privée et la spéculation. Cette évolution a fragilisé les ménages, en particulier les plus précaires, entraînant hausse des loyers, précarité énergétique, insécurité alimentaire et multiplication des expulsions. Les jeunes, les femmes, les personnes en situation de handicap et les habitants des zones rurales sont particulièrement touchés, transformant le logement en facteur d’exclusion sociale plutôt qu’en levier d’émancipation.

Le  présent ouvrage analyse ces tendances et éclaire les logiques politiques et économiques qui façonnent le logement aujourd’hui. Elle s’inscrit dans une perspective globale, prenant en compte les enjeux sociaux, économiques et écologiques, ainsi que les dimensions européennes et internationales de la crise du logement.

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14.03.2026 à 17:23

Faire taire l’antifascisme et redessiner le paysage politique Tel est l’objectif de la droite et de l’extrême droite

Ingrid Darroman

Par Gérard Delahaye, Didier Gelot, Philippe Sultan, membres du Conseil d’Administration de la Fondation Copernic  L’agression mortelle de Quentin Deranque, militant raciste et antisémite assumé, lié à la frange la plus radicale du catholicisme réactionnaire et à l’«ultra-droite lyonnaise », adepte de la violence contre le mouvement social et féministe, a ouvert une nouvelle séquence […]

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Texte intégral (2692 mots)

Par Gérard Delahaye, Didier Gelot, Philippe Sultan, membres du Conseil d’Administration de la Fondation Copernic 

L’agression mortelle de Quentin Deranque, militant raciste et antisémite assumé, lié à la frange la plus radicale du catholicisme réactionnaire et à l’«ultra-droite lyonnaise », adepte de la violence contre le mouvement social et féministe, a ouvert une nouvelle séquence politique lourde de dangers pour l’ensemble de la gauche et du camp progressiste. Au delà de ses conséquences  sur la capacité collective de combattre l’antifascisme (I), cet événement a joué un rôle d’accélérateur sur le rapprochement en cours entre droite et extrême droite (II). Inversement, il exacerbe la désunion au sein de la gauche (III). Il appelle dès lors de notre part une réflexion approfondie sur les objectifs et les moyens d’un antifascisme conséquent (IV). 

I/ Disqualifier l’antifascisme

Les partis de droite et du bloc dit « central » ainsi que le Gouvernement, aiguillonnés par le Rassemblement National, n’ont de cesse de chercher à disqualifier l’antifascisme désormais assimilé à une nébuleuse violente mettant en péril la vie démocratique. Par un effet de mimétisme saisissant, les mêmes éléments de langage et le même « narratif » que ceux employés par Donald Trump pour désigner l’ennemi intérieur forment aujourd’hui le discours national.   

A l’évidence, les circonstances de la mort de ce jeune militant appellent à un vrai débat sur les modalités de l’action antifasciste et des multiples formes d’autodéfense que ce combat requiert. Nous rappellerons d’un mot ici que la manière de combattre l’extrême-droite ne saurait être dissociée du projet d’émancipation écosocialiste, féministe et antiraciste. A cet égard, la ligne de conduite d’un antifascisme conséquent ne saurait laisser place dans son répertoire d’action au virilisme et à de telles pratiques de lynchage.  

La spécificité lyonnaise, caractérisée par la menace quotidienne que constitue l’extrême-droite dans cette ville, doit au contraire nous inciter à penser collectivement un antifascisme en cohérence avec le projet d’émancipation dont il se prévaut.

 Il est dès lors urgent de ne pas laisser s’installer un récit visant à organiser la disqualification et la diabolisation de l’antifascisme, et au delà de toute la gauche de rupture. Toute une rhétorique visant à pointer le danger que constitueraient « les extrêmes » renforce le terrain lexical et politique propre à une réhabilitation de l’extrême-droite dans « l’espace républicain » et à la marginalisation des gauches de rupture identifiées comme une menace contre l’ordre public. Tirer un trait d’égalité entre l’ultra-droite néo-nazie, le mouvement anti-fasciste, et plus largement la France Insoumise (comme le font actuellement le pouvoir et malheureusement  certaines forces de gauche) n’a d’autres visées que  de chercher à affaiblir toute opposition aux inflexions de plus en plus autoritaires du régime d’accumulation capitaliste. Cela est d’autant plus insupportable que la très large majorité des violences politiques, dont certaines ont abouti au décès de militants de gauche, largement documentées depuis des décennies, sont le fait de l’ultra-droite et qu’elles ne sont que très rarement sanctionnées pénalement.

Une telle manipulation est d’autant plus dangereuse qu’elle s’inscrit dans un contexte international ou l’extrême-droite est résolument à l’offensive. Le discours visant à criminaliser l’antifascisme (et avec lui l’ensemble de la gauche) est largement repris par Donald Trump qui, par l’intermédiaire du Département d’État américain, déclare que « L’extrémisme violent de gauche est en hausse, et [que] son rôle dans la mort de Quentin Deranque démontre la menace qu’il représente pour la sécurité publique (Le Monde, 20 février 2026). En Italie, les néofascistes demandent « Justice pour Quentin » et, dans la continuité du discours raciste du rassemblement National, appellent à combattre partout en Europe « l’islamisation rampante ». Quant à Emmanuel Macron il renvoie dos à dos « fascistes et anti-fascistes », alors que dans le même temps Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, refuse d’interdire la manifestation d’ultra-droite organisée à Lyon le 21 février dernier par l’ensemble de la facho-sphère en « Hommage à Quentin » sous prétexte de défendre « la liberté d’expression ». Signe des temps : ce militant de l’ultra-droite est transformé en icône de la recomposition à droite. La minute de silence organisée à l’Assemblée nationale, à la demande de sa présidente, au regard de son passé antisémite et raciste sonne comme une injure à la démocratie Il en est de même lorsque Laurent Wauquiez, président de la région Rhône-Alpes, et chantre de l’Union des droites, affiche son portrait en grand format sur le fronton de l’Hôtel de Région. Un véritable retournement de l’Histoire sur les anciennes terres de Jean Moulin ! Au-delà de l’événement lui-même débouchant sur l’organisation d’une hideuse marche des fiertés fascistes dans la capitale des Gaules, c’est une nouvelle séquence de recomposition politique à laquelle on assiste, sous le signe d’une union des droites telle que la théorisait jadis Bruno Mégret.

II/ Une recomposition à droite lourde de conséquences

Cette complicité entre la droite et l’extrême droite, relayée au plus haut niveau du pouvoir, est d’autant plus insupportable qu’elle concourt à favoriser le processus en cours de recomposition de la mouvance radicale de l’extrême droite qui voit dans cette séquence une véritable aubaine pour aller encore plus loin dans la provocation, contre le mouvement social, féministe et antiraciste, voire écologiste (cf. le terme « d’écoterrorisme » invoqué en 2023 par Gérald Darmanin, alors Ministre de l’Intérieur). Les attaques verbales et physiques contre des militants, des locaux syndicaux (comme ceux de Solidaires) ou des permanences d’élus politiques, l’alerte à la bombe au siège parisien de la France Insoumise, les menaces de mort perpétrées envers des militants de gauche, n’ont qu’un seul objectif : faire taire toute riposte antifasciste.

Ne nous y trompons pas. En dépit de la prudence affichée par Jordan Bardella pour ne pas écorner le vernis de respectabilité (relative) obtenu par la « dédiabolisation » de son parti et marquer une « distance » à l’égard des groupes de nervis qui gravitent autour du RN, nul doute qu’ils pourraient demain se voir confier un rôle de supplétifs pour sous-traiter ses basses œuvres à l’endroit des syndicalistes, des féministes, des personnes racisées ou LGBTQIA+. Après s’être superficiellement lavé de l’infamie de l’antisémitisme qui lui collait à la peau, le RN prétend désormais incarner la République et postuler à sa présidence, dans une version qui durcira encore davantage les dispositifs les plus coercitifs de la Véme République. L’enjeu est transparent. Au moment ou l’ensemble des digues qui entouraient l’extrême droite sont en train de s’écrouler, et que des pans entiers de la droite traditionnelle quittent le bateau pour rejoindre Jordan Bardella et Marine Le Pen, il s’agit d’instrumentaliser cet événement dramatique pour criminaliser l’ensemble de la gauche de transformation sociale, et redessiner le paysage politique français.

Ceux qui comme François Hollande ou Raphaël Glucksmann s’engouffrent dans cette voie mortifère et déclarent caduc tout accord avec LFI au nom des gauches prétendument irréconciliables, ne font que renforcer la probabilité de voir le Rassemblement National sortir vainqueur lors des prochaines échéances électorales, notamment présidentielles, pour mieux s’en prendre aux immigrés, aux femmes, aux droits des salariés et des plus précaires. Les  attaques contre la France Insoumise, (largement relayée par la presse sous le contrôle de Vincent Bolloré) vont dans ce sens. Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, déclarait que nous avons tous : « une responsabilité quand on glisse un bulletin LFI dans l’urne » cherchant ainsi à détourner « le peuple de gauche » du chemin de la victoire. Cette volonté de diabolisation concerne l’ensemble de celles et ceux qui se réclament d’un véritable changement social, Elle s’inscrit dans la suite logique des dernières élections législatives ou, alors que les forces de gauche unies au sein du NFP avaient été majoritaires, Emmanuel Macron avait refusé de nommer un premier ministre issu de ses rangs. C’est bien cette éventualité que le pouvoir et la droite cherchent à conjurer pour les prochaines échéances. 

On mesure bien ici les nouveaux piétinements programmés en direction de l’État de droit et les libertés publiques.

III/ Refuser la désunion à gauche

Pour contrer cette funeste orientation il convient que l’ensemble de la gauche et des écologistes ne tombe pas dans le piège grossier qui leur est tendu. L’Histoire a malheureusement largement démontré que la désunion des gauches face à la montée de l’extrême droite, fasciste ou hitlérienne, ne peut aboutir, à terme, qu’à son accession au pouvoir. Au moment où certaines forces politiques de gauche, pour des raisons opposées (mais toutes aussi mortifères) s’évertuent à briser toute perspective d’unité, il importe que le mouvement social s’oppose à la nouvelle situation politique ouverte aujourd’hui, et réaffirme la nécessité de retrouver une forme d’espérance dans un avenir émancipateur.

Refuser de s’engouffrer  comme certains y ont consenti, par opportunisme ou par cécité, dans le piège qui leur a été tendu visant à isoler et bannir la France Insoumise de l’espace démocratique au risque de susciter de nouvelles attaques, qui viseront alors l’ensemble des forces militantes de gauche, ne vaut pas validation des choix stratégiques de la FI ni de ceux de l’ex Jeune Garde. Elle ne vaut pas non plus excommunication ! Mais cela suppose aussi que la radicalité en politique reparte de sa définition étymologique : prendre à la racine les questions qui se posent pour l’avenir de nos sociétés.

IV/ Œuvrer à la refondation d’un mouvement antifasciste de masse

Penser sans aveuglement et sans complaisance les pièges et les écueils qu’une telle séquence recèle nous encourage à ouvrir les conditions d’un débat politique serein et argumenté sur la nécessité de construire un véritable front unitaire antifasciste.

En effet, la focale placée sur une bataille rangée entre antifas et militants d’extrême-droite ne doit pas nous faire oublier qu’il existe en France et à l’échelle internationale un vaste répertoire d’actions antifascistes qui ne se réduit pas à ce seul affrontement. Il en va ainsi du travail quotidien des organisations syndicales sur les lieux de travail et de la formation assurée par le réseau VISA, comme de la mobilisation des féministes contre les attaques visant les droits des femmes ou encore des collectifs LGBTQIA+ qui s’organisent contre l’offensive des droites radicales. On peut y ajouter l’ensemble des médias alternatifs indépendants qui documentent et analysent cette réalité et organisent le débat sur les moyens de la contrer. Le spectre de l’antifascisme est beaucoup plus large que le prisme politicien et médiatique ne le laisse saisir. Raison de plus pour faire vivre le débat avec l’ensemble des actrices et acteurs qui y sont impliqué.es, sans tabous ni exclusives. Il faut pour cela prendre la mesure du risque bien réel de marginalisation d’un antifascisme réduit à la seule conflictualité de rue, coupé des forces sociales avec lesquelles il peut et doit changer d’échelle. Si la question de l’autodéfense fait son retour, il convient de l’aborder à l’aune de la situation historique actuelle.

Nous savons qu’à l’époque des réseaux sociaux, les régimes d’affects ont une importance prééminente. L’extrême-droite à cet égard déploie une stratégie qui vise à donner une caisse de résonance et une légitimité aux « passions tristes » qui hélas travaillent la société française, et à les mettre en récit. Un antifascisme du XXIème siècle ne pourra faire l’économie d’une réflexion sur les affects mobilisables. Il devra débattre de ceux qu’il retient pour mieux délimiter son terrain, y compris éthique. Il aura besoin d’un récit émancipateur désirable, susceptible de supplanter le catalogue des peurs, des haines et des ressentiments qui, invariablement caractérisent celui de l’extrême-droite.

Les mobilisations de la société étasunienne contre la police de l’immigration (ICE)  véritable  milice d’extrême-droite intégrée à l’appareil d’État, sont à cet égard porteuses d’enseignements et d’espoirs. Minneapolis a montré que les affects liés à la solidarité immédiate de voisinage, du souci de l’autre, pouvaient avoir une force propulsive y compris pour mettre collectivement en échec le pouvoir et contraindre Donald Trump à un premier recul. L’alchimie sociale créée à partir des collectifs de migrant.es, des organisations communautaires, des collectifs militants de quartiers et du mouvement syndical, nous livre la formule de ce que pourrait être un antifascisme de masse. Nous pourrions évoquer aussi la capacité de mobilisation, le courage et l’inventivité de la société ukrainienne face à l’agresseur impérialiste russe, ce qui suppose d’établir un lien entre le combat contre les différents impérialismes et un antifascisme conséquent.

Tels sont les enjeux et les défis qu’il nous faut relever pour être en capacité d’installer dans l’espace public notre propre agenda et cesser de subir celui d’une extrême-droite dopée par sa montée en puissance à l’échelle mondiale. La réponse antifasciste se doit d’être internationaliste. Elle ne peut en effet avoir de sens que si elle intègre sa dimension internationale et vise à relayer et coordonner l’ensemble des initiatives développées contre les extrême-droites..

L’organisation d’assises sur l’antifascisme, où l’ensemble des questions liées aux contenus et aux modalités de son intervention, pourraient être mises en débat, par-delà les différences ou les divergences d’orientation. Une telle initiativenous paraît être unenécessitécruciale au regard des échéances et des enjeux du moment.

Dans ce contexte particulièrement préoccupant, la fondation Copernic continuera de lutter, aujourd’hui comme hier, avec ses propres armes qui sont celles de la pensée critique et de l’action collective. Elle poursuivra son combat pour l’unité des forces démocratiques, syndicales, associatives et politiques contre le danger de la droite en symbiose avec le discours raciste et xénophobe du Rassemblement National. Elle continuera à œuvrer pour qu’un futur désirable puisse être la réalité de demain.

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07.02.2026 à 11:05

8 mars 2026 : journée internationale de lutte pour les droits des femmes

Ingrid Darroman

Face aux impérialismes, aux droites et extrêmes droites, partout dans le monde, les femmes résistent !Face aux attaques du gouvernement, Grève féministe !Nous appelons à la grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation.Sans les femmes, tout s’arrête !Nous sommes déterminées à lutter contre le pouvoir, faire entendre les voix de toutes pour arracher […]

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Texte intégral (2521 mots)

Face aux impérialismes, aux droites et extrêmes droites, partout dans le monde, les femmes résistent !
Face aux attaques du gouvernement, Grève féministe !
Nous appelons à la grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation.
Sans les femmes, tout s’arrête !
Nous sommes déterminées à lutter contre le pouvoir, faire entendre les voix de toutes pour arracher l’égalité.
Nous sommes solidaires des femmes et des populations subissant de plein fouet les conséquences dramatiques du changement climatique, aggravé par les politiques productivistes et capitalistes.

Solidarités internationales

A l’heure des guerres génocidaires, des coups d’État, des impérialismes démultipliés, de l’Iran à l’Afghanistan, de la Palestine au Soudan en passant par le Rojava, le Venezuela et l’Ukraine, nous serons en grève en solidarité avec nos sœurs du monde entier. Nous affirmons notre solidarité avec nos sœurs d’ Amérique latine, d’Iran, du Groenland, sous menace d’une intervention impérialiste directe par les Etats-Unis de Trump. De l’Amérique latine et du Sud au continent africain, les luttes écoféministes articulent droits des femmes, autodétermination des peuples et défense du vivant. Elles s’opposent aux logiques impérialistes, coloniales et néolibérales qui sacrifient les territoires et les populations au profit des multinationales minières, pétrolières, agricoles et financières.
En solidarité avec celles qui font face aux régimes fascisants, réactionnaires, théocratiques, colonialistes et impérialistes; avec celles qui endurent les génocides, les conflits armés, les bombardements massifs, et viols de guerre, les mutilations sexuelles, les mariages forcés, celles confrontées à l’exode et aux politiques migratoires racistes, celles qui subissent la crise climatique – 80 % des populations déplacées pour des raisons climatiques sont des femmes -, l’insécurité alimentaire et l’exploitation des multinationales; avec toutes celles qui se défendent farouchement pour recouvrer ou obtenir leur liberté et leurs droits.

Pas d’instrumentalisation des luttes féministes par l’extrême droite, pas d’extrême-droite dans la rue, pas une voix pour l’extrême droite.

L’Extrême-droite est désormais au pouvoir dans de nombreux pays. Partout, les immigré-es et migrant-es sont réprimé-es. Des masculinistes aux racistes, islamophobes et antisémites, lesbophobes, homophobes et transphobes, handiphobes, qui exercent des violences permanentes, l’extrême-droite étend sa sphère d’influence, grâce aux médias achetés par sa galaxie. Elle ne cesse de nourrir la haine de l’autre, le racisme, la misogynie, la LGBTQIAphobie, le validisme, et entretient la centralité d’un projet politique xénophobe.
Nous réclamons l’abrogation de la loi immigration et la régularisation de tou·te·s les sans-papier-es.
Avec les municipales de 2026 et la potentielle arrivée de l’extrême droite dans plusieurs villes, l’enjeu est celui d’une opposition unie et radicale et la formation d’un front antifasciste !

De l’argent, il y en a !

A l’heure du financement d’un porte avion de 10 milliards alors que des associations, notamment féministes, risquent de fermer leurs portes et leurs services faute de financement , nous refusons de nous taire.
Le gouvernement refuse de taxer les ultra-riches, le budget profondément sexiste et socialement brutal est en cours d’adoption. Ce budget impactera toujours plus lourdement les femmes du fait de leur position subalterne dans le monde du travail.
Les inégalités salariales, les bas salaires, les allocations inférieures au seuil de pauvreté, les pensions de retraites toujours plus faibles précarisent les conditions de vie. Les femmes représentent 62% des personnes payées au SMIC et 70 % des bénéficiaires des banques alimentaires. Plus de 9,8 millions de personnes, dont plus d’une famille monoparentale sur 3, vivent sous le seuil de pauvreté. 300 000 personnes dont 3000 enfants vivent dans la rue.
Nous demandons la hausse des salaires, la revalorisation des minimas sociaux, la construction massive de logements sociaux.
L’arrêt immédiat de la baisse des financements et un rattrapage du budget des associations qui accompagnent et soutiennent les femmes.

Du travail, un temps de travail, des retraites et des salaires pour vivre et pas survivre

Les femmes, notamment les mères isolées, sont particulièrement impactées par la vie chère, elles sont majoritaires à occuper des emplois mal rémunérés, sont souvent percutées par la précarité et le temps partiel imposé et touchent un salaire en moyenne ¼ inférieur à celui des hommes. Les femmes, dont les retraites sont 40% inférieures à celles des hommes, sont encore plus impactées par la dernière réforme. Nous voulons la retraite à 60 ans, une réduction du nombre d’annuités et des pensions décentes.
Nous réclamons l’abrogation totale de la réforme Macron des retraites et de toutes celles qui ont accentué les inégalités. Nous exigeons l’abrogation des lois qui pénalisent les chômeurs·euses et les bénéficiaires du RSA. Nous exigeons la revalorisation des métiers féminisés (éducation, soin, lien, santé, nettoyage…), l’égalité salariale, l’interdiction du temps partiel imposé, la transformation des CDD en CDI et la réduction du temps de travail à 32 heures minimum avec embauches correspondantes. Nous exigeons une transposition ambitieuse de la directive européenne sur la transparence salariale qui vise à renforcer l’application du principe d’une même rémunération “pour un même travail ou un travail de valeur égale”.

Pour un réel partage du travail domestique !

80 % des femmes consacrent au moins une heure par jour à la cuisine ou au ménage contre seulement 36 % des hommes.
63 % des personnes qui s’occupent tous les jours d’enfants, de personnes âgées ou handicapées de manière informelle sont des femmes, ces aidantes ne doivent pas être victimes d’un défaut de solidarité nationale renvoyant aux solidarités familiales.
Invisibilisé, dévalorisé, il est loin d’être une question privée. Les tâches qui en découlent font pleinement partie de l’activité économique.
C’est un travail qui participe à produire des biens et des services et qui contribue au bien être des membres du ménage (famille) et va bien au-delà.
Nous ne pouvons nous satisfaire que rien ne bouge dans la répartition des tâches au sein des couples et ce depuis des années. Cette inégalité dans la répartition du travail domestique se traduit par des inégalités dans la sphère professionnelle et est l’un des facteurs des inégalités salariales et patrimoniales.
Le 8 mars, nous appelons à la grève du travail domestique.

Pour plus d’égalité et de justice, plus de services publics !

Le démantèlement des services publics de la santé, de l’éducation, du logement dégradent les conditions de vie des femmes. Les politiques libérales ont privatisé les services publics et contraignent les femmes à compenser les carences auprès des enfants comme des plus âgé·e·s, des malades, des enfants et adultes handicapé-es, au détriment de leur carrière, de leur autonomie financière, de leur santé.
Nous réclamons la création de services publics de la petite enfance à la hauteur des besoins, avec les moyens correspondants pour en finir avec les crèches privées et de l’autonomie tout au long de la vie et une prise en charge réelle du 4e âge.
Nous exigeons des services publics renforcés : 63% des personnels sont des femmes et elles en sont aussi les premières usagères.​

Notre corps nous appartient !

47000 femmes dans le monde meurent chaque année d’un avortement clandestin.
Nous réclamons la réouverture de tous les centres d’interruption volontaire de grossesse qui ont été fermés pour permettre un réel accès à l’IVG sur tout le territoire, le choix de la méthode, et les moyens nécessaires à la hauteur des besoins.
LGBTQIA, nous voulons pouvoir faire nos choix de vie, vivre librement notre orientation sexuelle, nos identités. Nous demandons la fin des mutilations et des traitements hormonaux non consentis.
Nous voulons l’ouverture de la PMA pour toutes !
Nous dénonçons les offensives réactionnaires qui s’en prennent aux droits des personnes LGBTQIA+. Nous revendiquons la liberté de vivre son orientation sexuelle.
Nous exigeons une transition libre et gratuite pour toutes et tous et la fin des mutilations et traitements hormonaux non consentis sur les personnes intersexes.
Handicapées, nous subissons toutes les violences. Nous sommes privées de nos droits à l’autonomie, à l’éducation, à l’emploi, aux soins, et à la procréation. Nous voulons notre indépendance économique, l’accessibilité universelle à l’ensemble de l’espace public et à tous les lieux et bâtiments.

Stop aux violences sexistes et sexuelles

Près d’une femme sur trois est victime de violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie (OMS), soit environ 840 millions de femmes dans le monde.
Nous continuons à compter nos mortes car il n’y a aucune volonté politique de lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
L’impunité persiste, 1 % des viols sont condamnés.
Nous refusons que les enfants violé·es, maltraité·es, incesté·es continuent le plus souvent à être abandonné·es à leur sort !
Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, dont les violences obstétricales et gynécologiques, nous voulons une loi-cadre intégrale qui mette en avant prévention, éducation, protection, accompagnement, sanction et garantisse les moyens pour la prise en charge de l’ensemble des victimes, femmes, enfants et minorités de genre.
Les plus touchées par les violences sexistes, dont les violences économiques, sont celles qui souffrent déjà de multiples oppressions : femmes victimes de racisme, exilées et migrantes, sans papiers, ouvrières, femmes sans domicile, précarisées, privées de liberté, en situation de handicap, femmes lesbiennes et bi, femmes trans, femmes en situation de prostitution et celles victimes de l’industrie pornocriminelle.
Nous demandons la mise en place d’actions concrètes pour lutter contre toutes les violences sexistes et sexuelles, protéger les victimes et combattre les réseaux de traite prostitutionnelle et de proxénétisme et la marchandisation du corps des femmes.
Nous dénonçons les baisses des subventions aux associations qui luttent contre les VSS et exigeons au moins les 3 milliards nécessaires pour l’accompagnement des victimes et des moyens pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles et leur prévention.

Éduquer à l’égalité, un enjeu majeur , du plus jeune âge à l’Université

Une éducation à l’égalité doit permettre aux enfants de comprendre les mécanismes de domination s’exerçant dans notre société et contribuer à les protéger contre les violences sexistes et sexuelles.
Nous voulons une éducation non sexiste, la réelle mise en place effective d’une éducation à la vie affective et sexuelle qui intègre les notions de désir et de plaisir, d’une éducation au consentement et à l’égalité. Et surtout, des moyens pour la mettre en œuvre.
Les inégalités se vivent aussi à l’université : stéréotypes dans les orientations et les filières, bizutage fortement genré, violences sexistes et sexuelles, et c’est sans citer le sexisme ordinaire dans les amphis.
Nous demandons notamment des dispositifs de protection et de soutien des victimes de discrimination efficients et financés, des formations de lutte contre les VSS…
Éducation à la Vie Affective Relationnelle et Sexuelle pour toutes et tous maintenant !
Le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), dans la continuité des lois votées pour l’éducation à la sexualité à l’école, doit être mis en œuvre.

Nous sommes et resterons mobilisé-es tous les jours contre le patriarcat, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, le validisme, les politiques libérales et autoritaires du gouvernement et contre l’extrême droite.

Le 8 mars, nous serons en grève féministe et nous manifesterons pour imposer un rapport de force et faire valoir nos revendications.

Au 29 Janvier 2026

ActionAid France, Alliance des femmes pour la démocratie, Amicale du Nid, APEL-Egalité, Association Place des femmes 59, Attac France, CNT-Solidarité Ouvrière éducation, Collectif 11 Droits des Femmes, Collectif IVG Tenon Paris 20, Collectif National pour les Droits des Femmes, Confédération Générale du Travail CGT, Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes, Crldht Comité pour les libertés et les droits de l’homme en Tunisie, En avant toute(s), FEMEN FRANCE , Femmes Egalité , Fondation Copernic, Force Féministe 57, Fédération Syndicale Unitaire FSU , FTCR Fédération Tunisiens Citoyen des 2 Rives, Genre et Altermondialisme, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Le Planning familial , Le Planning familial des Côtes-d’Armor, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Maison des Femmes Thérèse Clerc , Marche Mondiale des Femmes France , Mouvement de la Paix, Mouvement des femmes kurdes en France, Mouvement du Nid, Organisation de Solidarité Trans (OST), Réussir l’égalité femmes-hommes, Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques – StopVOG, UNEF le syndicat étudiant, Union syndicale Solidaires, VISA, Women Without Violence.

En soutien

Commission Féminisme les Écologistes, Ecoféminisme PEPS, Egalités, Génération·s, Jeunes Socialistes, L’APRES, La France insoumise, Les Jeunes Génération.s, NPA-l’Anticapitaliste, Parti Communiste, Parti Communiste des Ouvriers de France , Parti de Gauche , Parti socialiste , PEPS Ecoféminisme, Réseau Coopératif Gauche Alternative, Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Victoires Populaires.

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