24.06.2026 à 17:00
Fusillade à Côte-des-Neiges : la FTQ dénonce la violence antiféministe et masculiniste
MONTRÉAL, le 23 juin 2026 - La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) tient à exprimer ses plus sincères condoléances aux familles, aux proches et aux collègues des personnes tuées ou blessées lors de la fusillade survenue hier dans le quartier Côte-des-Neiges. Nous saluons également le travail des premiers répondants et de l'ensemble des intervenant-es qui ont porté secours aux victimes dans des circonstances extrêmement difficiles.
Au-delà de l'émotion et de l'indignation que suscite cet acte de violence, la FTQ estime qu'il est essentiel de nommer ce qui semble avoir motivé le passage à l'acte. Selon les informations rendues publiques, le tireur adhérait à l'idéologie incel et a laissé un manifeste marqué par la haine des femmes, l'antiféminisme et l'appel à la violence.
« Nous refusons de traiter cette attaque comme une tragédie sans cause ni contexte. Les discours antiféministes, masculinistes et haineux qui circulent de plus en plus ouvertement dans l'espace public et en ligne ont des conséquences bien réelles. Ils alimentent la radicalisation, banalisent la violence et menacent la sécurité des femmes ainsi que la cohésion sociale. Derrière cette haine se cache souvent un projet de recul social plus large, qui remet en question l'égalité entre les femmes et les hommes, leur autonomie économique et leur pleine participation au marché du travail. La FTQ demeurera aux côtés de celles et ceux qui combattent ces idéologies et qui défendent une société fondée sur l'égalité, le respect et la solidarité », déclare la présidente de la FTQ, Magali Picard.
La FTQ rappelle que l'égalité entre les femmes et les hommes, le respect de la diversité et la lutte contre toutes les formes de violence constituent des valeurs fondamentales du mouvement syndical.
« Comme hommes, nous avons aussi une responsabilité. Il ne suffit pas d'affirmer que tous les hommes ne partagent pas ces idées. Nous devons dénoncer activement les discours qui banalisent la misogynie, remettre en question les modèles de masculinité fondés sur la domination et contribuer à bâtir des milieux de travail et de vie où le respect et l'égalité ne sont jamais négociables », ajoute le secrétaire général de la FTQ, Olivier Carrière.
Face à la montée des discours haineux et à la banalisation de la violence envers les femmes, la FTQ réaffirme son engagement à promouvoir l'égalité, la solidarité et la justice sociale.
24.06.2026 à 15:00
Fusillade à Montréal : une attaque contre les femmes et contre l'égalité
MONTRÉAL, le 23 juin 2026 - La Fédération des femmes du Québec (FFQ) exprime ses plus sincères condoléances aux familles et aux proches des victimes ainsi que sa solidarité à toutes les personnes dont la vie a été bouleversée par cet acte de violence.
Ce qui s'est passé hier n'est pas un fait divers. Ce n'est pas l'acte isolé d'un homme perturbé. Sur la base des informations disponibles à ce stade, dont un manifeste explicitement antiféministe, la FFQ nomme cet acte pour ce qu'il est : une attaque contre les femmes et contre l'égalité.
Une idéologie, pas une détresse individuelle
Le manifeste de l'auteur de cette attaque relève du mouvement incel (célibataires involontaires). Ce mouvement idéologique repose sur la conviction que les femmes sont responsables de la solitude masculine, que l'égalité entre les femmes et les hommes est une aberration, et que la violence contre les femmes constitue une réponse légitime. Son manifeste prône explicitement un retour à un ordre social où les femmes seraient réduites à un rôle reproductif et appelle à une révolution armée.
Selon Vé Mikaelian, responsable du dossier de l'antiféminisme à la FFQ, « Ce n'est pas la pensée d'un homme seul dans sa chambre. C'est une idéologie structurée, documentée et en croissance rapide, qui produit des victimes réelles. Réduire cet acte à celui d'un loup solitaire ou d'un problème de santé mentale est troublant et dangereux. »
Des chiffres qui auraient dû déclencher l'alarme
Selon Annvor Seim Vestrheim, autrice de l'essai Les incels : du clic à l'attentat, des attaques commises au nom de l'antiféminisme ont causé au moins 15 morts depuis 2014 au Canada. Des recherches démontrent que le volume des messages publiés dans la manosphère a plus que doublé en dix ans, et que les propos ouvertement hostiles aux femmes ont augmenté de plus de 60 %.
Ces données étaient connues. Les signaux d'alerte n'étaient ni faibles ni ambigus.
La normalisation est aussi une violence
« L'antiféminisme ne se limite pas aux forums extrémistes. Il circule dans des discours présentés comme raisonnables, voire humoristiques. On parle de crise de la masculinité. On dépeint l'égalité comme un excès. Les comportements misogynes en milieu scolaire sont en hausse. Ces réalités et leur normalisation ne sont pas sans lien avec ce qui s'est passé hier. » a indiqué Janic Galibois, coordonnatrice générale de la FFQ
Les discours qui banalisent la haine des femmes créent l'environnement dans lequel les idées extrêmes deviennent pensables, puis acceptables, puis actionnables.
Ce que nous exigeons
La FFQ demande que les gouvernements du Canada et du Québec prennent des mesures concrètes et urgentes pour contrer la radicalisation misogyne et s'engagent dans un travail de fond sur le continuum de violences masculinistes.
23.06.2026 à 23:18
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