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26.03.2026 à 18:13

Un syndicat des enseignants de la C.-B. adopte une motion pour le BDS

West Coast Committee

Une initiative de mobilisation lancée par des enseignants a abouti à un vote historique en faveur du respect du « piquet de grève mondial » appelé par les syndicats palestiniens. Présentée par… Source

26.03.2026 à 16:57

Paradigme fiscal désuet et fiscalité à réformer

Wedad Antonius, Renée-Claude Lorimier

Tandis que la richesse se concentre de plus en plus entre quelques mains, la pauvreté s'accroît à un rythme effarant. Des milliers de personnes n'ont plus les moyens de se nourrir adéquatement, de se loger, et de manière générale de répondre à leurs besoins de base et à ceux de leur famille. Les réponses du gouvernement de la CAQ devant ces problèmes demeurent profondément insatisfaisantes.

Dans le rapport de janvier 2026 de l'Observatoire québécois des inégalités, Geoffroy Boucher écrivait que les PDG des 21 plus grandes entreprises québécoises « … ont gagné 62 795 $ en 8,8 heures, soit ce qu'un travailleur ou une travailleuse moyen gagne en une année au Québec. Cette rémunération tient compte des salaires, mais également de différentes primes telles que les bonus en argent et les options d'achat d'actions. » Il semble clair qu'il faut envisager une fiscalité plus équitable pour corriger une telle situation.

Pourquoi une réforme fiscale ?

La fiscalité est un des outils les plus puissants pour renflouer les coffres du gouvernement, afin de maintenir un filet social fort et d'assurer la justice sociale. Cependant, depuis plusieurs décennies, nos décideurs se basent sur trois paradigmes qui s'avèrent aujourd'hui complètement désuets. Le premier suppose qu'en permettant aux riches de s'enrichir, c'est toute la société qui prospère, par la magie du « ruissellement » de la richesse de haut en bas… cette théorie s'est avérée avec les années complètement fausse : les écarts de richesse ne cessent d'augmenter !

Le deuxième paradigme stipule que l'équilibre budgétaire ne peut être atteint que par la baisse des dépenses et surtout pas par l'augmentation des revenus des revenus : « Remettre l'argent dans les poches des Québécois » a été un slogan entendu dans plusieurs campagnes électorales… Dans cet esprit, chaque baisse d'impôt est perçue comme une bonne nouvelle. Toutefois, le manque à gagner qui en résulte conduit le gouvernement à adopter des politiques austéritaires, à réduire les services publics, ce qui entraine l'appauvrissement de la population… De fait, l'IRIS évalue que les baisses d'impôt successives des années 2018-2023 ont entrainé des pertes récurrentes de près de 4,1 milliards de $ pour le gouvernement québécois.

Selon le troisième paradigme, il suffit d'augmenter la progressivité de l'impôt pour s'attaquer au problème des inégalités… Même si cette mesure reste toujours aussi nécessaire, elle est clairement insuffisante. Aujourd'hui, les fortunes colossales détenues par les mégariches sont moins liées à leurs revenus qu'aux gains en capitaux qui leur permettent après année d'augmenter leur patrimoine à une vitesse fulgurante. Ainsi, plusieurs rentiers vivent uniquement des dividendes qu'ils peuvent tirer de leurs investissements. D'après l'Observatoire des inégalités : « … les entreprises canadiennes ont versé un total de 341,5 milliards de dollars à leurs actionnaires en 2023, contre 64,4 milliards en 2003. Il s'agit d'une augmentation de 431 % en 20 ans ». Ce même rapport ajoute : « Au Québec, en 2023, les familles faisant partie des 10 % les plus riches captaient, à elles seules, près de la moitié de la richesse (45,6 %), contre seulement 4,3 % pour les 40 % les plus pauvres ».

Nous croyons, comme le groupe Millionnaires Patriotes, qu'il est temps que les ultrariches contribuent au même titre que tous et toutes au financement de services publics universels, gratuits et de qualité.

Par ailleurs, une réforme de notre politique fiscale s'impose afin de répondre aux multiples crises actuelles : dérèglements climatiques, insécurité alimentaire, pénurie de logements et protection contre le pouvoir des milliardaires qui, de plus en plus, dictent les politiques des États.

Pistes de solution

Plusieurs organismes [1]proposent des mesures qui rendraient notre fiscalité plus équitable et rapporteraient des milliards de dollars dans les coffres du gouvernement. Nous en retiendrons trois :

  1. Taxer la fortune : Malgré la croissance fulgurante du patrimoine des ménages les plus aisés ces dernières années, ni le Canada ni le Québec ne taxent la fortune des plus nantis, contrairement à d'autres pays. Afin que chacun paie sa juste part, il faut, en plus d'imposer les revenus, taxer la richesse. Ceci importe d'autant plus que la situation actuelle permet aux ménages fortunés qui vivent de leurs rentes de réduire pratiquement à néant leur contribution à la richesse collective. L'IRIS propose une taxe progressive qui rapporterait au gouvernement 6,8 milliards de dollars annuellement.
  2. Augmenter la taxe sur les gains en capital pour les entreprises et les particuliers : Actuellement, les gains en capital ne sont imposés qu'à 50 % (alors que les salaires des contribuables le sont à 100 %). Justin Trudeau avait proposé une timide réforme faisant passer à 66,6 % le taux d'imposition de la tranche des gains en capital excédant 250 000 $. Cette mesure, qui aurait généré 19,4 milliards de recettes fiscales fédérales sur 5 ans, a été annulée par le PM Mark Carney le 21 mars 2025, poussant le Québec à adopter la même politique fiscale. Ceci représente un manque à gagner de quelque 4 milliards pour la population québécoise [2].
  3. Augmenter les paliers d'imposition afin que les grandes fortunes contribuent à la société à la mesure de leur revenu. Le modèle proposé par l'IRIS, permettrait au gouvernement québécois de récupérer 3,2 milliards de dollars.

À elles seules, ces trois mesures rapporteraient au Québec près de 14 milliards de dollars de façon récurrente, soit un montant bien supérieur au déficit actuel. Le Québec a les moyens de réaliser ses ambitions de justice sociale, mais il faudrait aller chercher l'argent là où il se trouve.

Selon nous, ce n'est pas en nous dépossédant de nos services publics et en les privatisant que nous allons sortir de la crise actuelle. Il faut plutôt collectiviser le financement, resserrer les mailles de notre filet social, miser sur un renforcement démocratique et favoriser l'égalité entre les citoyens et les citoyennes.


[1] Au Québec, les syndicats, l'Iris, Oxfam, la quarantaine d'associations membre de la Coalition Main Rouge (dont Attac-Québec) et Québec solidaire réclament haut et fort une réforme de la fiscalité.

[2] Statistique Canada estime la part de l'économie du Québec à 20 % de celle du Canada.

Wedad Antonius et Renée-Claude Lorimier sont membres du CA d'Attac Québec.

Photo : Superyachts au port de Porto Cervo, Sardinia (Crédit : Heinz-Josef Lücking, CC BY-SA 3.0 de, wikimedia commons) https://en.wikipedia.org/wiki/Superyacht#/media/File:Three_luxury_yachts_-_Lady_Anne,_Lady_Moura_and_Pelorus.jpg

Voir en ligne : Revue À bâbord !

26.03.2026 à 14:36

La revue Parti pris et la question de l'organisation révolutionnaire

Rédaction

Au début des années 1960, le Québec est en plein mouvement. Le gouvernement de Jean Lesage démarre une « révolution tranquille » marquée par de profondes réformes dans les secteurs de la santé et de l'éducation, une séparation entre l'État et l'Église, ainsi que la nationalisation de l'hydroélectricité et la création de diverses sociétés gouvernementales. Néanmoins, une partie de la jeunesse demeure insatisfaite de ces changements qu'elle juge trop modérés. Plusieurs réclament l'indépendance du Québec et des politiques sociales radicales, les deux étant souvent associées. C'est ainsi que Pierre Bourgault, un des dirigeants du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), déclare en mars 1963 : « L'indépendance en soi, ça ne veut rien dire. Il faut que l'indépendance s'accompagne de la révolution sociale[1] ». Le Front de libération du Québec (FLQ), une organisation qui préconise l'action armée, fait le même constat dans son manifeste d'avril 1963 : « Acquérons les leviers politiques vitaux, prenons le contrôle de notre économie, assainissons radicalement nos cadres sociaux ; arrachons le carcan colonialiste, mettons à la porte les impérialistes qui vivent par l'exploitation des travailleurs du Québec. […] Seule une révolution totale peut avoir la puissance nécessaire pour opérer les changements vitaux qui s'imposeront dans un Québec indépendant[2] ».

Malgré ces déclarations et l'activisme qui prend de l'ampleur, il n'existe guère d'espace théorique pour réfléchir à la condition du Québec et à une stratégie pour le réinventer. Afin de répondre à ce besoin, un groupe de jeunes écrivains, dont plusieurs sont encore aux études, créent la revue Parti pris à l'automne 1963. Leur objectif est à la fois analytique et politique, comme ils l'affirment : « Pour nous, l'analyse, la réflexion et la parole ne sont qu'un des moments de l'action : nous ne visons à dire notre société que pour la transformer[3] ». La revue accorde une place importante à la littérature, qui lui semble un champ de bataille pour lutter contre l'aliénation, pour s'affirmer comme peuple et pour formuler un projet émancipateur. Ce dernier est construit autour des concepts de socialisme, d'indépendance et de laïcité. De plus, la revue s'intéresse aux conflits sociaux, passés et présents, ainsi qu'aux organisations politiques qui pourraient accomplir la révolution au Québec. C'est ainsi que l'équipe, sous l'impulsion de Jean-Marc Piotte, cofonde le Mouvement de libération populaire (MLP, 1965-1966), puis adhère au Parti socialiste du Québec (PSQ) au printemps 1966. Ces initiatives font long feu et leur échec contribue au déclin de la revue qui disparait à l'été 1968. Pourtant, ces expériences furent importantes pour la gauche et demeurent riches d'enseignement, comme nous souhaitons le montrer dans les pages qui suivent.

Les premières analyses politiques

Dès ses débuts, la revue Parti pris pose un constat : le Québec est dans une situation d'aliénation politique, économique et culturelle. Les auteurs soulignent que c'est Ottawa qui détient les pouvoirs régaliens, que les capitaux américains dominent les industries québécoises et que la culture francophone est folklorisée. Mais ces problèmes sont voués à disparaitre, comme en témoignent les actions croissantes de révolte populaire. Dans ce contexte, l'équipe de la revue désire la création d'un Québec indépendant et socialiste, qui puisse résister à l'impérialisme américain et garantir l'épanouissement de la culture francophone. Elle affirme que sa contribution à ce projet sera double : démonter l'idéologie bourgeoise dominante et exprimer « la révolution prenant conscience d'elle-même à mesure qu'elle se fera[4] ». Au départ, la revue n'a pas d'ambition organisationnelle précise, bien qu'elle souhaite une convergence des groupes révolutionnaires existants. En employant la métaphore de l'enfance pour caractériser le niveau de développement du Québec, les « partipristes » appellent à la maturation et à l'autonomisation du Québec, ce qui implique d'abord une conscience adulte, capable d'énoncer ses buts avant de les mettre en œuvre. Pour y arriver, il faut se débarrasser de la chape de plomb de l'idéologie cléricale, ainsi que de l'idéalisme qui subsume les classes sociales pour faire croire à l'égalité des chances. Pierre Maheu, la cheville ouvrière de la revue, explique : « Pour pouvoir inventer notre positivité et notre être-père, il nous fallait d'abord assumer notre être-fils, notre force de négation et de révolte[5] ».

Durant sa première année d'existence, la revue adopte une position ambigüe concernant les partis politiques de gauche qui ne sont pas assez radicaux à son goût, tout en jugeant que le FLQ est insuffisamment ancré dans la population. Elle adopte une posture principalement critique, quoique l'importance des enjeux culturels se double progressivement d'une réflexion sur les mouvements politiques actifs, comme en témoigne la sixième parution de la revue, en mars 1964, consacrée au socialisme québécois. Après avoir dénoncé l'exploitation capitaliste et la situation coloniale du Québec, la plupart des auteurs s'entendent pour dire que la conjoncture est dorénavant révolutionnaire, comme le confirment les mouvements sociaux et la répression de ceux-ci. La revue se montre circonspecte quant à l'électoralisme et envisage une exacerbation des tensions sociales, ainsi qu'un crescendo d'actions directes. À ce sujet, l'oscillation entre la description et la prescription est palpable. En comparant la situation de la province à celle de diverses nations colonisées, l'équipe de Parti pris envisage la nécessité de recourir à la violence pour émanciper le peuple québécois, comme en Algérie ou à Cuba. Paul Chamberland, membre du comité de rédaction, résume : « La lutte de libération nationale exige pour sa totale réalisation l'éviction de la bourgeoisie nationale. Elle n'est visée globalisante […] que si elle devient la lutte du peuple lui-même, acharné à détruire toutes les servitudes qui l'enchaînent[6] ».

Le Manifeste 1964-1965 précise le programme de la revue, alors que se met en place le Club Parti pris qui doit lui servir de relais organisationnel. Les rédacteurs distinguent deux fronts de lutte : celui pour l'indépendance et celui pour le socialisme. Ils jugent que l'accession à la souveraineté est une condition nécessaire à la réalisation d'une révolution sociale au Québec. La bourgeoisie nationale québécoise et les révolutionnaires partagent donc certains intérêts communs jusqu'à l'accès à l'indépendance, après laquelle une lutte inconditionnelle les opposera. Cet étapisme rompt avec certains discours précédents de la revue et entraine une critique de la part d'autres publications radicales, comme Révolution québécoise (1964-1965)[7]. Toutefois, Parti pris affirme que « la vraie bataille » sera celle de la révolution sociale qu'il faut organiser dès maintenant. Pour ce faire, la revue propose d'accomplir trois tâches qui contribueront à l'émergence d'un parti révolutionnaire : la recherche, l'éducation populaire et la création de structures politiques. La recherche devra se concentrer sur la situation du Québec et les mouvements révolutionnaires dans le monde. L'éducation se centrera sur le développement de la conscience de classe, tout en permettant le rapprochement entre les intellectuels et les ouvriers. Enfin, la création de structures politiques inclura la mise en place de cellules et la formation de militantes et de militants pour qu'ils assument des fonctions dans le futur parti.

Concrètement, durant l'année 1964-1965, la revue poursuit sa publication, qui comprend des textes de recherche et d'autres plus didactiques, offre des cours à son nouveau local (situé au 2135 rue Bellechasse, à Montréal), anime une maison d'édition et lance le Club Parti pris. Ce dernier chapeaute des groupes de réflexion disséminés dans plusieurs villes, lesquels engagent aussi des actions politiques et représentent, d'une certaine manière, le squelette d'une potentielle organisation plus formelle. Les partipristes souhaitent établir l'unité des révolutionnaires dans la pratique et, pour ce faire, ils veulent focaliser sur les tâches concrètes avant de se professionnaliser. Pierre Maheu souligne qu'il ne faut « mettre sur pied que des structures fonctionnelles, c'est-à-dire ne créer des comités que pour réaliser une tâche précise » et « toujours choisir des objectifs réalistes, et se souvenir qu'on n'est vraiment efficace que dans son propre milieu[8] ». On organise des assemblées de cuisine afin de maintenir le lien avec de plus larges secteurs de la société, de s'informer sur les problèmes des classes populaires et de diffuser la pensée progressiste. En avril 1965, le Club sert de marchepied pour le lancement du Mouvement Parti pris[9] qui fusionne lui-même avec différents groupes durant l'été, entrainant la création du Mouvement de libération populaire (MLP).

Le Mouvement de libération populaire

Au printemps 1965, alors que le Mouvement Parti pris est lancé, des discussions s'engagent entre l'équipe de la revue et d'autres groupes en vue d'une coordination, voire d'une fusion. Des réunions de travail rassemblent, en sus des membres de Parti pris, les revues Révolution québécoise et Socialisme 65, ainsi que des représentantes et des représentants du Parti socialiste du Québec, du Caucus de gauche, du Groupe d'action populaire (GAP) et de la Ligue socialiste ouvrière (LSO, trotskyste). Finalement, ce sont les membres de Parti pris et de Révolution québécoise, suivis du GAP et de la LSO qui choisissent de fonder le Mouvement de libération populaire au début de l'été[10]. Néanmoins, le leadership de Parti pris est indéniable, comme en témoigne le fait que les locaux de la revue, désormais situés au 3774 rue Saint-Denis, abritent aussi la permanence du MLP et que le manifeste du mouvement qui parait à l'automne est cosigné par le MLP et par la revue Parti pris qui en assure la publication. La dissolution de Révolution québécoise incite par ailleurs ses anciens membres à s'impliquer plus activement dans le MLP, à l'image de Pierre Vallières qui devient le premier – et le seul – permanent rémunéré du mouvement à partir de septembre 1965[11]. Vallières précise : « C'est dans cette perspective d'action directe que l'équipe de Révolution québécoise se joint à celle de Parti pris, moins pour écrire dans la revue que pour agir à partir du mouvement suscité par elle[12] ».

Le numéro d'août-septembre 1965 est l'occasion pour Parti pris et le MLP de présenter leur Manifeste 1965-1966, le document programmatique le plus abouti publié par le périodique. Le texte commence en rappelant que le Québec subit une domination économique, politique et culturelle de la part du Canada anglais et des États-Unis ; en conséquence de quoi, la nation québécoise doit devenir indépendante et socialiste pour s'émanciper. La revue souligne aussi l'antagonisme entre les ouvriers québécois et la bourgeoisie nationale qui les exploite pour consolider sa position. De fait, les auteurs considèrent que les syndicats sont de meilleurs outils entre les mains des travailleurs que les partis électoraux vendus aux intérêts des classes dominantes. Mais le syndicalisme ne suffira pas : la revue prône une « révolution nationale démocratique accomplie sous l'impulsion des classes travailleuses[13] ». Il s'agit de prendre le pouvoir et de transformer le système, en tenant compte des conditions particulières du Québec, et pour imposer une gestion démocratique de la société, par et pour les travailleurs. À court terme, le MLP souhaite militer pour la protection de la culture québécoise et le rapatriement des capitaux au Québec, pour un véritable accès à l'éducation et aux soins de santé, une réforme fiscale, la municipalisation des sols urbains, ainsi que pour l'indexation des salaires et une suppression du chômage. Ces demandes doivent galvaniser le mouvement populaire et jeter les bases d'une action véritablement transformatrice.

Le manifeste continue en précisant que le Québec se trouve dans une « situation révolutionnaire latente », et ce, en raison du mécontentement populaire, de la radicalisation de la gauche et d'une crise politique croissante. Dans ce contexte, le MLP et les progressistes québécois doivent susciter des mouvements de plus en plus nombreux et radicaux, afin d'affaiblir l'État et de provoquer une situation permettant l'instauration du socialisme. « Le mot d'ordre du MLP pour l'année qui vient, c'est précisément cela : organisation de l'avant-garde en vue de créer le parti révolutionnaire, instrument de la prise du pouvoir[14] ». En s'inspirant de Lénine, les auteurs du manifeste considèrent que toutes les formes d'action (armée, clandestine, ouverte et parlementaire) peuvent être envisagées selon les circonstances. Ils préconisent de même un parti formé de militantes et de militants professionnels, structuré et démocratique[15]. Pour l'instant, cette organisation devra se constituer dans la lutte ouverte, tant en matière de recrutement et d'éducation que d'action. C'est pourquoi les 150 à 200 membres du MLP organisent des assemblées publiques, des cours, des piquetages de solidarité et des manifestations, principalement à Montréal, Hull, Québec et Chicoutimi. Des liens internationaux se développent aussi, comme en témoigne la venue de Cheddi Jagan, premier ministre socialiste de la Guyane britannique – renversé en 1964 – qui donne une conférence à Montréal en septembre 1965 à l'invitation du MLP[16].

La solidarité avec les travailleurs en grève, par exemple à l'usine LaGrenade Shoes et au Port de Montréal, est particulièrement importante puisqu'elle permet de se lier à des secteurs combatifs de la classe ouvrière. Un Centre d'études socialistes est mis sur pied conjointement avec le Parti socialiste du Québec, alors que le MLP lance son propre bulletin nommé Le militant. Enfin, une section du MLP est mise sur pied à l'Université de Montréal, qui rassemble une quarantaine de personnes[17]. Le 2 novembre 1965, des membres du MLP vont perturber une assemblée électorale du Parti libéral du Canada où se trouve le premier ministre Lester B. Pearson[18]. Le 11 décembre, ils récidivent en ciblant la cérémonie d'intronisation du nouveau recteur de l'Université de Montréal, Roger Gaudry[19]. Malgré ce dynamisme, certaines divergences apparaissent, notamment en raison de l'attirance des anciens membres de Révolution québécoise pour le Front de libération du Québec. Pierre Vallières prend contact avec le FLQ et écrit quelques textes pour sa revue intitulée La Cognée. Alors qu'il est permanent du MLP, il prospecte discrètement auprès des nouveaux adhérents et adhérentes pour connaitre leur intérêt envers la lutte armée. À l'hiver 1965-1966, Vallières et son camarade Charles Gagnon décident de passer à la clandestinité et de fonder leur propre réseau du FLQ, qui commettra une série d'attentats au printemps 1966. Bien qu'ils entrainent avec eux un nombre réduit de militants, leur décision de « passer à l'action » ébranle le MLP qui peut alors paraitre insuffisamment radical ou déterminé[20].

Au début de l'année 1966, les membres du MLP s'interrogent sur son efficacité. Un ancien adhérent qui a rejoint le FLQ juge a posteriori : « Ponctuelles, souvent improvisées, et ordinairement sans suite, les actions du MLP ne semblaient pas rapprocher les militants du jour où ils verraient une mobilisation large se déployer dans la population[21] ». Cependant, une majorité de militantes et de militants du MLP croit toujours à l'action ouverte, alors que pour d'autres, il faut plutôt investir les syndicats pour se rapprocher de la classe ouvrière, tandis que les partisans de l'action violente ont pour la plupart rejoint le FLQ. Dans ce contexte, Jacques Trudel, vice-président du PSQ à la propagande, appelle les membres du MLP à participer au congrès de mars 1966 du Parti socialiste du Québec et, le cas échéant, à unifier les deux organisations[22]. En raison de ses problèmes financiers et de ses difficultés à rejoindre de larges pans de la classe ouvrière, mais aussi dans l'objectif de faire l'unité de la gauche et de rendre plus efficace son action, le MLP accepte de se saborder au profit du Parti socialiste du Québec. Le comité de rédaction de la revue Parti pris, qui a conservé un rôle déterminant dans la gestion du MLP, présente la nouvelle dans son éditorial d'avril 1966.

Le Parti socialiste du Québec

Le Parti socialiste du Québec est fondé à Montréal en novembre 1963, avec comme président le syndicaliste Michel Chartrand. Il nait d'une scission avec le Nouveau Parti démocratique du Québec (NPD-Q) qui est accusé de ne pas reconnaitre le droit à l'autodétermination de la province. La nouvelle formation comprend un certain nombre de leaders syndicaux, comme Jean-Marie Bédard et Émile Boudreau, ainsi que des intellectuels marxistes tels que Jacques Dofny et Marcel Rioux. Malgré la volonté de rapprochement du PSQ, l'équipe de Parti pris juge que cette organisation est trop modérée et lui reproche « son opposition au laïcisme et son hésitation sur la question nationale[23] ». Deux textes de mars 1964 vont dans le même sens et soulignent que le PSQ doit adopter des positions sans compromis s'il souhaite jouer le rôle de catalyseur de la gauche révolutionnaire. Dans le Manifeste 1965-1966, la revue estime que le PSQ est formé « surtout d'intellectuels, frange progressiste de la néo-bourgeoisie, qui affirment prendre les intérêts des travailleurs, mais ne parviennent pas à les rejoindre réellement[24] ». Le premier rapprochement entre Parti pris et le PSQ se fait autour du Centre d'études socialistes qu'ils coaniment à l'automne 1965. Dans les premiers mois de 1966, plusieurs réunions ont lieu pour négocier l'adhésion de la revue au Parti socialiste, et la décision de saborder le MLP au profit du PSQ se confirme lors du congrès de ce dernier, tenu les 5 et 6 mars 1966.

L'équipe de Parti pris a révisé son jugement, en reconnaissant que sa défiance initiale était excessive et que le PSQ n'est pas qu'un club d'intellectuels patentés. Le ralliement est justifié par la nécessité de rejoindre plus largement la population afin d'offrir une assise à un futur parti révolutionnaire, et le PSQ est « le seul qui puisse jouer ce rôle de parti des travailleurs québécois[25] », notamment en raison de son ancrage syndical. De plus, la volonté commune de participer aux élections provinciales de juin 1966, moins pour prendre le pouvoir que pour réaliser une action de propagande à grande échelle, encourage la fusion[26]. L'affirmation du « droit de tendance », c'est-à-dire la possibilité de former des groupes politiques au sein du parti et de défendre des positions spécifiques si elles ne sont pas en rupture avec le programme, est aussi reconnue pour encourager le débat interne. Plus importante, la priorité accordée au rapprochement avec les travailleuses et les travailleurs fait l'unanimité, au-delà de la participation aux élections ou de l'organisation d'actions d'éclat auxquelles le MLP était habitué. Enfin, le droit à l'indépendance du Québec est inscrit dans le programme du PSQ, une condition sine qua non pour les partipristes. Le 1er mai 1966, plus de 150 membres du parti unifié, qui en compte environ 300, se rassemblent à Montréal pour lancer leur campagne électorale. Henri Gagnon, candidat du PSQ, déclare : « Notre socialisme sera une fleur bien québécoise, jardinée par des travailleurs de chez nous[27] ».

La campagne provinciale doit servir à populariser l'idée de socialisme et à consolider le PSQ dans l'action. Elle est menée sur une base principalement idéologique, alors que les actions de terrain se concentrent dans les cinq circonscriptions où le PSQ présente des candidats (quatre à Montréal et une au Saguenay). On organise des assemblées, de l'affichage, du tractage et du porte-à-porte. Le 5 juin 1966, les candidats du PSQ récoltent un total de 1267 voix, bien en dessous des espérances des militantes et des militants[28]. L'équipe de Parti pris et, dans une moindre mesure, la direction du PSQ sont ébranlées. Malgré le manque d'expérience électorale, les attentes étaient élevées, et les résultats nettement supérieurs récoltés par le RIN (qui a présenté 73 candidates et candidats, et obtenu plus de 129 000 voix) laissent un goût amer. Dans l'immédiat, l'équipe de Parti pris s'enfonce dans le mutisme et ne publie aucun numéro de juin à août, alors que sa livraison de septembre parait tardivement le 10 octobre. Durant la même période, plusieurs membres de la revue s'éloignent de l'action politique, dont Jean-Marc Piotte et Paul Chamberland qui décident de s'exiler à Paris pour y poursuivre des études doctorales. Le départ de Piotte, principal organisateur politique du groupe et vice-président du PSQ depuis la fusion de mars 1966, confirme la prise de distance entre la revue et le militantisme.

Dans leur premier éditorial suivant l'élection de juin 1966, l'équipe confirme : « Parti pris n'est plus qu'une revue : en toutes lettres, un instrument théorique au service de ceux qui se reconnaissent solidaires dans le combat pour l'avènement d'un Québec indépendant, laïc et socialiste[29] ». La publication justifie son éloignement de l'action politique en soulignant que ses forces sont réduites et que, si elle veut assumer convenablement son travail théorique, elle n'a pas d'autre choix que de s'y consacrer à temps plein. Elle précise qu'elle n'édictera plus de mots d'ordre pratiques et qu'elle se désaffilie de tout groupe politique, y compris le PSQ. Ce choix est expliqué à la fois par le besoin d'indépendance propre à la recherche et par « l'incompétence » de Parti pris en termes organisationnels. Ce dernier jugement semble relever autant de l'autocritique que d'un certain dépit. Alors que la revue avait toujours cherché à se lier aux masses et à connecter sa réflexion avec l'action, elle effectue à l'automne 1966 un recentrage autour d'un travail proprement intellectuel, puisque « le défaut d'une stratégie cohérente et d'une action politique efficace est directement proportionnel à l'absence d'une pensée théorique rigoureuse[30] ». Dans le même sens, la revue annonce privilégier le développement d'un cadre global d'analyse plutôt que de se consacrer à des études de cas comme précédemment[31].

De son côté, le PSQ dresse un portrait moins négatif de son expérience électorale, jugeant avoir réussi à faire connaitre l'idéologie socialiste et à s'être consolidé sur le plan organisationnel. Néanmoins, la direction reconnait que la question nationale semble susciter plus d'intérêt que la question sociale. De fait, la position du PSQ, qui accepte formellement l'option indépendantiste tout en concentrant son discours sur la lutte des classes, a pu lui nuire. La défiance des forces de gauche envers les élections est un autre élément qui peut expliquer le faible vote pour le PSQ, surtout chez les jeunes. Alfred Dubuc, intellectuel proche du PSQ, conteste l'importance de l'électoralisme et préconise de se concentrer sur la politisation des travailleurs « qui importe avant tout pour que les forces de progrès social deviennent les fondements d'une gauche aux assises populaires[32] ». Concrètement, il appelle à intervenir au sein des centrales syndicales pour les amener plus à gauche. Malgré des efforts en ce sens, le PSQ n'arrivera pas à se relever du départ des jeunes et dynamiques membres de Parti pris, ainsi que de ses divisions internes. Il reste déchiré sur la question nationale québécoise et sur l'opposition, plus ou moins réelle, entre la participation aux élections, le travail d'éducation populaire et l'activisme. Finalement, le PSQ s'autodissout au début de l'année 1968.

Les dernières années

Après un moment de déprime, l'équipe de Parti pris reprend son travail intellectuel à l'automne 966. Bien qu'elle ne désire plus participer directement aux luttes sociales, elle continue sa réflexion sur l'état du Québec et les options stratégiques qui s'offrent à la gauche. À l'instar du PSQ, la revue préconise un rapprochement avec le monde syndical, dont la politisation l'impressionne, notamment à la Confédération des syndicaux nationaux (CSN). Il est vrai que le rapport moral de son président Marcel Pepin, en octobre 1966, intitulé Une société bâtie pour l'homme, présente un véritable tournant socialiste[33]. En même temps, les partipristes regardent avec suspicion celles et ceux qui défendent la lutte armée au Québec, en particulier depuis le démantèlement du réseau felquiste de Vallières et Gagnon à l'automne 1966. L'impasse de cette stratégie leur semble confirmée par la stagnation des guérillas latino-américaines[34]. Enfin, les dernières années de la revue sont l'occasion de mettre de l'avant, plus que jamais, l'indépendance du Québec, avec la conviction que celle-ci est nécessaire pour susciter l'intérêt de la population envers un projet émancipateur intégral. L'étapisme de Parti pris est réaffirmé : « Le socialisme ne peut être réalisé dans un Québec qui ne serait d'abord indépendant. […] Il ne fait plus de doute pour nous que l'indépendance est une nécessité prioritaire au Québec[35] ».

La revue adopte globalement la thèse selon laquelle les travailleuses et les travailleurs québécois forment une « classe ethnique », à savoir un groupe particulier qui subit à la fois une exploitation économique et une oppression culturelle en fonction de son identité. Cette thèse rompt avec l'approche marxiste selon laquelle la contradiction fondamentale en régime capitaliste oppose la bourgeoisie aux travailleurs, et ce, malgré des oppressions nationales de diverses intensités. En plus de son intérêt pour le monde syndical, la revue juge donc plus favorablement le RIN qui porte sans compromis le projet indépendantiste. En février 1967, un grand colloque tenu à l'Université de Montréal rassemble d'ailleurs des membres de la revue Parti pris et du RIN, des dirigeants de la CSN, l'historien communiste Stanley Ryerson – très sensible à la question nationale québécoise – et différents universitaires pour échanger sur le « socialisme québécois ». Dans les mois qui suivent, la revue appuie la formation d'un comité intersyndical pour coordonner les actions des différentes centrales et proposer une stratégie commune. Celle-ci devrait tendre « vers le contrôle de l'entreprise, partout où il est actuellement possible, grâce à des formules autogestionnaires qui préfigureraient dans certains secteurs le visage de la société future[36] ».

À l'été 1967, la revue Parti pris appelle toujours à l'union de la gauche, mais sans s'impliquer dans un tel processus. En réalité, elle ressemble de plus en plus à un magazine d'actualités, avec une attention particulière pour la géopolitique, les débats parlementaires, le monde syndical et les enjeux culturels. Moins dédiée à l'organisation révolutionnaire qu'à ses débuts, la revue finit même par offrir son appui au Mouvement souveraineté-association (MSA) de René Lévesque, un groupe qui n'est ni socialiste ni indépendantiste[37]. Cette décision choque plusieurs lectrices et lecteurs qui préfèrent s'investir dans des mouvements plus radicaux, notamment le Front de libération populaire (FLP, 1968-1970). Dans ce contexte d'essoufflement et de perte de repères, la revue cesse définitivement sa publication à l'été 1968[38]. Toutefois, Parti pris a joué, durant cinq années, un rôle déterminant pour la gauche révolutionnaire au Québec ; d'abord en diffusant largement l'horizon stratégique « d'indépendance et socialisme » ; ensuite en participant à la consolidation de la gauche radicale au Québec et à la formation de toute une génération militante ; enfin, en œuvrant à la politisation du mouvement syndical.

De fait, l'expérience de la revue Parti pris et son rapport à l'organisation révolutionnaire influencèrent la gauche des années 1970, tout en présentant certaines idées qui peuvent encore nous interpeller. Les partipristes ont rapidement compris que leurs réflexions théoriques gagneraient en justesse si elles étaient mises à l'épreuve de la pratique, raison pour laquelle ils ont choisi de s'investir dans la politique active. Évitant l'écueil de l'aventurisme, ils ont tenté de construire un mouvement politique structuré et capable d'influencer les travailleuses et les travailleurs. Le MLP, sans atteindre les ambitieux objectifs qu'il s'était fixés, a réussi à établir des liens avec différents groupes de grévistes et à s'implanter dans le secteur du taxi. Sa jonction avec le PSQ en mars 1966 a constitué une décision intelligente afin d'approfondir ses relations avec le mouvement syndical. Malencontreusement, il semble que l'équipe de Parti pris, comme le reste du PSQ, ait trop misé sur l'élection de juin 1966, ce qui a entrainé une déception prévisible et une désaffection dans leurs rangs. Par la suite, l'équipe de Parti pris a saisi l'intérêt de travailler dans les syndicats, qui rassemblent et organisent de larges secteurs de la classe ouvrière. Elle a œuvré à la politisation du mouvement syndical et à la coordination entre les centrales. L'importance pour les révolutionnaires d'intervenir directement dans les milieux de travail et dans les syndicats demeure la meilleure piste ouverte par la revue Parti pris, reprise par les marxistes-léninistes dans les années 1970, et s'avère toujours pertinente.

Par Alexis Lafleur-Paiement, doctorant en philosophie politique et chargé de cours à l'Université de Montréal, membre du collectif Archives Révolutionnaires


  1. Cité dans Louis Fournier, FLQ. Histoire d'un mouvement clandestin, Montréal, VLB éditeur, 2020, p. 30.
  2. « Message du FLQ à la nation », 16 avril 1963, dans Robert Comeau, Daniel Cooper et Pierre Vallières (dir.), FLQ : un projet révolutionnaire. Lettres et écrits felquistes (1963-1982), Montréal, VLB éditeur, 1990, p. 16-17.
  3. « Présentation », Parti pris, no 1, octobre 1963, p. 2.
  4. Ibid., p. 4.
  5. Pierre Maheu, « De la révolte à la révolution », Parti pris, no 1, octobre 1963, p. 14.
  6. Paul Chamberland, « De la damnation à la liberté », Parti pris, nos 9-10-11, été 1964, p. 86-87.
  7. Voir par exemple Jean Rochefort, « Aux camarades de Parti pris », Révolution québécoise no 3, novembre 1964, p. 12-16.
  8. Pierre Maheu, « Perspectives d'action », Parti pris, vol. 2, no 3, novembre 1964, p. 15.
  9. Le bureau exécutif du Mouvement Parti pris comprend Jean-Marc Piotte, secrétaire général, ainsi que Léandre Bergeron, Mario Dumais, Andrée Ferretti et Ludger Mercier. Voir Parti pris, vol. 2, no 8, avril 1965, p. 46.
  10. Malgré leur participation au MLP, la revue Parti pris et la Ligue socialiste ouvrière choisissent de conserver une existence propre jusqu'à leur disparition respective en 1968 et en 1977. Voir Jean-Philippe Warren, « Revue, club, mouvement, parti, cercle. L'histoire du Mouvement de libération populaire », dans Gilles Dupuis, Karim Larose, Frédéric Rondeau et Robert Schwartzwald (dir.), Avec ou sans Parti pris. Le legs d'une revue, Montréal, Nota Bene, 2018, p. 296-297.
  11. Daniel Samson-Legault, Dissident. Pierre Vallières (1938-1998). Au-delà de Nègres blancs d'Amérique, Montréal, Québec Amérique, 2018, p. 115-117.
  12. Pierre Vallières, « Pour l'union de la gauche », Parti pris, vol. 2, nos 10-11, juin-juillet 1965, p. 103.
  13. « Manifeste 1965-1966 », Parti pris, vol. 3, nos 1-2, août-septembre 1965, p. 23.
  14. Ibid., p. 34.
  15. Ce sont les principes du centralisme démocratique. À ce sujet, voir Vladimir Lénine, « Liberté de critique et unité d'action », mai 1906, dans Œuvres, t. X, Moscou, Éditions du Progrès, 1975, p. 465-467.
  16. « La Guyane britannique : une autre victime du colonialisme », Parti pris, vol. 3, nos 3-4, octobre-novembre 1965, p. 77-79.
  17. Guy Kosak, « La section universitaire du MLP », Parti pris, vol. 3, no 6, janvier 1966, p. 44-46.
  18. Réal Pelletier, « Le film des manifestations », Le Devoir, 3 novembre 1965, p. 1-2.
  19. « La manifestation des protestataires dégénère en bagarre », Le Devoir, 13 décembre 1965, p. 3.
  20. Sur le réseau Vallières-Gagnon, voir Fournier, FLQ, 2020, op. cit., p. 83-101.
  21. Marcel Faulkner, FLQ. Histoire d'un engagement, Montréal, Fides, 2020, p. 76.
  22. Jacques Trudel, « Le PSQ et l'unité de la gauche », Parti pris, vol. 3, no 7, février 1966, p. 52-55.
  23. Jean-Marc Piotte, « Parti pris, le RIN et la révolution », Parti pris, no 3, décembre 1963, p. 4.
  24. « Manifeste 1965-1966 », Parti pris, vol. 3, nos 1-2, août-septembre 1965, p. 19.
  25. Pierre Maheu, « Pour un parti des travailleurs québécois », Parti pris, vol. 3, no 9, avril 1966, p. 4.
  26. La perspective électorale est d'autant plus attrayante que le Nouveau Parti démocratique (NPD) a obtenu 12 % des votes au Québec lors des élections fédérales de novembre 1965, un score jugé prometteur par les militants de gauche.
  27. Guy Ferland, « Notre socialisme sera une fleur bien québécoise », Le Devoir, 2 mai 1966, p. 2.
  28. Roch Denis, Luttes de classes et question nationale au Québec (1948-1968), Montréal, Presses socialistes internationales, 1979, p. 496.
  29. Paul Chamberland, « Exigences théoriques d'un combat politique », Parti pris, vol. 4, no 1, septembre-octobre 1966, p. 4.
  30. Ibid., p. 7.
  31. Ce recentrage théorique s'appuie explicitement sur Louis Althusser, Pour Marx, Paris, Maspero, 1965.
  32. Alfred Dubuc, « Le vote du 5 juin : une revendication sociale », Socialisme 66, nos 9-10, octobre-décembre 1966, p. 18.
  33. Marcel Pepin, « Une société bâtie pour l'homme », octobre 1966, dans Le nécessaire combat syndical, Montréal, ACFAS, 1987, p. 15-57.
  34. Gabriel Gagnon, « Les leçons de l'Amérique latine », Parti pris, vol. 4, nos 3-4, novembre-décembre 1966, p. 103-107. L'auteur de l'article est, malgré son homonymie, sans lien avec le felquiste Charles Gagnon.
  35. « L'indépendance au plus vite ! », Parti pris, vol. 4, nos 5-6, janvier-février 1967, p. 2-3.
  36. Gabriel Gagnon, « Les voies de l'autogestion », Parti pris, vol. 4, nos 7-8, mars-avril 1967, p. 71.
  37. « Parti pris, le RIN et le MSA », Parti pris, vol. 5, no 7, avril 1968, p. 6.
  38. La maison d'édition Parti pris, quant à elle, poursuit ses activités jusqu'en 1984.

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