LePartisan - 2196 vues
MEDIAS REVUES BLOGS
URL du flux RSS

▸ les 11 dernières parutions

23.06.2026 à 22:39

Fusillade à Montréal : prévenir la violence exige plus que des réponses après les drames

L'R des centres de femmes du Québec

Montréal, le 23 juin 2026. À la suite de l'événement tragique survenu hier à Montréal, l'R des centres de femmes du Québec souhaite avant tout exprimer sa solidarité envers les personnes touchées, leurs proches et l'ensemble de la communauté éprouvée par cet acte de violence.

Sans commenter l'enquête en cours ni les circonstances particulières de ce drame, nous croyons qu'il est essentiel de rappeler certains enjeux de fond qui exigent notre attention collective.

Selon les informations rendues publiques jusqu'à maintenant, le manifeste attribué au tireur ferait référence à l'idéologie dite « incel ». Les faits devront être établis avec rigueur. Une chose doit déjà d'être dite clairement : nous ne pouvons pas réduire ces phénomènes à un problème individuel ou à une question de santé mentale.

« Lorsqu'un acte violent est associé à une idéologie de haine, nous avons la responsabilité collective de regarder au-delà du geste lui-même. Le danger ne commence pas au moment du passage à l'acte : il commence lorsque certaines idées de domination se normalisent sans être prises au sérieux. » - Josée Larouche, membre du comité de coordination de l'R et coordonnatrice du centre Ressource pour femmes de Beauport

Le masculinisme est une idéologie qui présente les avancées vers l'égalité comme une menace, transforme des frustrations en ressentiment et qui, dans ses formes les plus radicalisées, peut contribuer à légitimer des gestes violents.

Reconnaître ces phénomènes, c'est comprendre que les idéologies de haine ne naissent pas dans le vide et que la radicalisation ne commence pas au moment où quelqu'un passe à l'acte.

« Nous devons prendre au sérieux les manifestations de la radicalisation antiféministe. Comme d'autres formes de radicalisation, elles se nourrissent de discours haineux, de l'isolement et de la normalisation de la violence. Les reconnaître et les prévenir constituent une responsabilité collective. » - Isabelle Garreau, responsable des dossiers politiques et des communications à l'R

Des recherches en sciences sociales documentent la montée de discours antiféministes en ligne, notamment dans des communautés comme la mouvance « incel », et leur rôle dans des dynamiques de radicalisation et de normalisation de la misogynie, qui peuvent projeter ou légitimer des formes de violence.

Ces idées ne sont pas anodines : elles témoignent d'un recul de l'égalité et nous refusons de les traiter comme de simples provocations.

Bien sûr, toute réflexion sur une fusillade doit inclure la question du contrôle des armes à feu. Réduire l'accès aux moyens de commettre des actes violents est nécessaire. Mais cela ne nous dispense pas d'agir sur les causes.

Prévenir la violence exige d'investir durablement dans l'éducation, l'égalité, la prévention des violences et les ressources communautaires autonomes qui travaillent en amont.

Depuis plus de 40 ans, les centres de femmes effectuent ce travail : briser l'isolement, prévenir les violences, développer le pouvoir d'agir et construire une société plus égalitaire. La campagne « La prochaine est encore en vie » porte ce message : nous n'avons pas à attendre qu'un drame survienne pour agir.

« Nous ne pouvons pas continuer à investir après les drames. Si l'égalité entre les femmes et les hommes est réellement une priorité, alors il faut financer la prévention avec le même sérieux que nous finançons les réponses d'urgence », ajoute Josée Larouche.

Le gouvernement et les partis politiques affirment que l'égalité entre les femmes et les hommes est une priorité. Il est temps de le prouver.

À propos de L'R des centres de femmes du Québec

L'R des centres de femmes du Québec regroupe des centres de femmes présents dans toutes les régions du Québec. Les centres de femmes agissent avec les femmes pour améliorer leurs conditions de vie, lutter contre les violences et les inégalités, et bâtir une société plus juste et égalitaire.

Source :
L'R des centres de femmes du Québec

******

Abonnez-vous à notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir accès aux articles publiés chaque semaine.

Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses différentes rubriques (économie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualités internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir accès à ces articles.

Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner à la lettre de PTAG :

Abonnez-vous à la lettre

Voir en ligne : Presse-toi à gauche !

23.06.2026 à 20:31

Conceptions autochtones de la famille

Diane Labelle

Dimanche, 18 h. Tout le monde est là. On est toujours une bonne vingtaine à se rassembler chaque semaine, pour le rituel souper chez « gramma ». C'est ici que j'ai appris ce que ça signifie, faire partie d'une famille autochtone.

Texte traduit de l'anglais par Arianne Des Rochers.

Ma belle-mère, la femme la plus âgée de la famille, prend ses responsabilités au sérieux – garder la famille tissée serrée. Elle nous rassemble chez elle tous les dimanches pour souper : ses enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, nièces, neveux, et n'importe qui qui passe par là. On ne manque jamais de nourriture, de rires, d'histoires, de gloussements d'enfants. Je serai toujours reconnaissante envers elle, pour m'avoir transmis l'importance du lien.

C'est ça, la famille en contexte autochtone : tout le monde est relié. Nos tantes, nos oncles, nos cousins, éloignés, sont aussi importants que nos propres enfants, nos frères et sœurs et nos parents. Tout le monde a sa place, et ce ne sont pas les liens du sang qui importent, mais les rôles que l'on joue dans la vie les uns des autres.

On ne se rassemble pas juste pour souper le dimanche. On passe luncher plusieurs fois par semaine chez gramma, qui, de plus en plus à l'aise avec la technologie, nous texte qu'elle a fait de la soupe, ou encore qu'on célèbre l'anniversaire de quelqu'un. En retour, on se tient au courant sur Messenger de ce qui se passe dans notre quotidien. Ce dimanche, en plus des trois anniversaires qu'on va souligner, on fera les derniers préparatifs pour notre voyage en Italie, où ma partenaire a une compétition sportive. Il s'agit d'un événement important pour elle, et dans la tradition autochtone, c'est une bonne partie de la famille – sept d'entre nous – qui l'accompagneront pour l'encourager.

La famille, synonyme de résilience

Parfois, cette vision de la famille entre en conflit avec les valeurs occidentales de l'autonomie, de l'individualisme et de la singularité. On ne laisse jamais les autres autour de nous seul·es ; on est toujours entouré·es. Les professionnels de la santé sont frustrés quand ils voient des groupes débarquer dans leur cabinet ; les directeurs d'école sont médusés quand on leur demande vingt-cinq billets pour la cérémonie de graduation d'un·e seul·e élève ; les ressources humaines ne comprennent pas pourquoi un employé·e prendrait du temps pour faire le deuil de quelqu'un qui n'est pas de la famille « immédiate ».

Cette forme d'organisation familiale remonte aux façons dont les peuples autochtones vivaient dans le passé. Pour les Haudenosaunee – y compris les Kanienkeh'aka – , nous avons un système de clans matriarcaux. Traditionnellement, les gens qui faisaient partie du même clan (Ours, Loup, Tortue) étaient reliés et vivaient dans la même maison longue, sous les conseils des mères de clan. Pour les Inuit, les communautés traditionnelles étaient composées de plusieurs familles qui vivaient, voyageaient et chassaient ensemble. Idem pour les nations autochtones partout dans le monde : nous savons que c'est ensemble qu'on survit.

La relation est une forme de résilience qui a permis aux peuples autochtones de survivre à des siècles de tentatives coloniales d'effacement. Les colonisateurs le savaient, et c'est pourquoi ils ont adopté des lois qui limitaient le pouvoir et l'importance des femmes (les créatrices et les fondations mêmes de nos communautés) et imposé des systèmes de gouvernance et des institutions scolaires qui visaient à séparer et à isoler nos collectivités. Par exemple, la Loi sur les Indiens de 1876 a imposé le patriarcat aux collectivités autochtones, en assujettissant l'identité des femmes à celle de l'homme dominant dans sa vie, son père ou son mari. Le système des pensionnats a aussi renforcé les valeurs patriarcales en apprenant aux garçons à être les maîtres de leur foyer, y compris par la force. De nouveaux organes politiques ont été créé afin de remplacer les gouvernements traditionnels et la structure matriarcale des clans, déclarés illégaux. Malgré tout ça, les peuples autochtones sont encore là.

Une affaire de communauté

Ainsi, traditionnellement, les collectivités autochtones étaient de grandes familles étendues. Les enfants, qui sont notre avenir, étaient la priorité. Tout le monde s'entraidait afin d'assurer que les enfants et celles qui en prenaient soin avaient tout ce dont iels ont besoin pour continuer de grandir et de devenir des membres responsables de la famille/du clan/de la collectivité. Les rôles étaient transmis aux enfants par les gens qui les entouraient : mères, tantes, grand-mères, grandes-tantes, aîné·es et éducateur·rices. Les enfants savaient qu'iels étaient aimé·es et important·es et qu'iels pouvaient compter sur tout leur cercle familial.

Chaque rôle au sein de la famille était respecté, valorisé et maintenu. Les hommes s'occupaient de fournir la nourriture, les abris et la protection nécessaires. Les autres accomplissaient une foule de tâches visant à maintenir la vie au sein de la communauté. Lorsque quelqu'un quittait la collectivité, d'autres personnes se portaient volontaires pour remplir son rôle. Les personnes bispirituelles, en raison de leurs dons, remplissaient différents rôles selon les besoins de la collectivité : iels pouvaient être à la fois des guerriers, des chasseuses, des cueilleurs, des tantes, des mères, des éducateur·rices... On s'assurait que personne ne manquait de rien pour vivre.

Les orphelins n'existaient pas. Dans une perspective autochtone, les enfants ne sont pas des biens qui appartiennent à leurs parents, mais un cadeau à toute la communauté. Si un enfant perdait ses parents biologiques, des pratiques naturelles (par opposition à juridiques) d'adoption avaient lieu et l'enfant restait dans la communauté, adopté par des proches. Ces pratiques s'observent encore aujourd'hui. Ce n'est pas le sang qui détermine la parenté, mais la relation. Ma partenaire et moi sommes passées de tantes à mères pour deux de nos enfants lorsque leur mère biologique est décédée, et aujourd'hui, nous sommes fières d'être les grands-parents de six petits êtres merveilleux.

Vivre ensemble, mourir ensemble

L'importance des liens familiaux vient pour nous avec la responsabilité et le privilège d'accompagner nos proches à chaque étape de leur vie, y compris dans la mort. Lorsque notre tante Karrie a reçu un diagnostic du cancer du poumon, la famille s'est réunie pour planifier comment on les accompagnerait, elle et ses enfants, pendant ses derniers mois de présence physique avec nous. Elle voulait mourir à la maison, et nous avons élaboré un horaire détaillé qui garantissait qu'au moins un membre de la famille serait avec elle et sa fille en tout temps. Pendant des mois, on s'est alterné·es dans nos visites. On a parlé, ri, et oui, pleuré avec elle. On a partagé des histoires et des souvenirs, accueilli tous ceux qui sont venus lui dire au revoir. On s'est entraidé·es quand le deuil devenait difficile. Les enfants n'ont jamais été exclus de tout ça ; la mort est un stade de la vie, pas quelque chose dont il faut avoir peur. Quand l'esprit de notre tante a quitté son corps physique, elle était entourée de l'amour de ses proches.

Son corps a été exposé au salon funéraire de la communauté, qui est resté ouvert pendant 24 heures pour que tous les proches puissent venir faire leurs au revoir. Son esprit est resté en bonne compagnie jusqu'à son enterrement. Un festin de nourriture et la présence constante de proches a permis à toute la communauté de faire son deuil ensemble. Nous avons tenu des cérémonies et des festins, de façon à nourrir son esprit tandis qu'il voyageait vers sa prochaine destination. Nous avons appris, ensemble, à vivre sans sa présence physique.

C'est ça, la famille : le miracle de liens réciproques et profonds, les uns avec les autres. Je suis honorée d'en faire partie.

Je dédie ce texte à ma belle-mère, Vera Goodleaf, et à Nakomish, Jane Middelton-Moz. Merci à vous deux pour ces merveilleuses leçons de vie. Nia:wen kówa.

Diane Labelle est une chercheure et éducatrice de Kahnawake.

Texte traduit de l'anglais par Arianne Des Rochers.

Illustration : Natascha Hohmann

Voir en ligne : Revue À bâbord !

23.06.2026 à 20:23

Droits parentaux : une arme contre les jeunes queers

Alex Arseneau

En 2023, le Nouveau-Brunswick a été la première province canadienne à adopter des dispositions législatives anti-trans. Comme partout au pays, on y justifie les discours et les politiques transphobes en ayant recours à l'imaginaire dominant de la famille nucléaire et traditionnelle, selon lequel il faudrait « protéger » les enfants. Mais qu'est-ce que cette conception de la famille protège, au juste ?

En juin 2023, le gouvernement progressiste-conservateur provincial a introduit des changements discriminatoires et transphobes à la politique 713, une politique initialement conçue pour protéger les jeunes 2ELGBTQIA+ dans les écoles de la province. Essentiellement, ces modifications retirent aux jeunes de moins de 16 ans la possibilité d'affirmer leur identité de genre (en utilisant le prénom et les pronoms de leur choix) à l'école sans l'accord préalable et explicite de leurs parents. Cela les prive d'exprimer librement leur identité à l'école, en toute sécurité, sans avoir à en informer les parents.

Les changements à la politique 713 ont immédiatement provoqué une controverse. Des manifestations ont eu lieu, des débats ont fait rage dans les médias, et une poursuite judiciaire a été conjointement intentée par l'Association canadienne des libertés civiles et l'organisme Alter Acadie. Selon Kelly Lamrock, avocat au Bureau du défenseur des enfants et de la jeunesse du Nouveau-Brunswick, certaines des nouvelles dispositions de la politique 713 peuvent mener à une violation des droits protégés par la Loi canadienne sur les droits de la personne. Pour beaucoup, la version précédente de la politique 713 était en place pour protéger les élèves dont les parents n'affirmaient pas l'identité de genre.

Le gouvernement néobrunswickois, notamment le premier ministre Higgs et le ministre de l'Éducation Bill Hogan, a annoncé les nouvelles dispositions transphobes sous prétexte de vouloir protéger et affirmer les « droits des parents ».

L'idée veut que les changements rétablissent le rôle central des parents dans la vie de leurs enfants. Mais dans quelle mesure un conservatisme traditionnel est-il en train de s'immiscer dans l'espace privé et scolaire ? Quelle est donc la vraie motivation derrière l'affirmation de ces « droits parentaux » ?

La famille au service de l'hétéropatriarcat

Derrière l'idée des « droits des parents » se cache une vision rigide de la famille nucléaire hétéronormative, qui vise à maintenir des rôles genrés traditionnels et une structure patriarcale. Dans cette conception, les enfants sont perçus comme des extensions de l'autorité parentale. Les défenseurs de cette doctrine, sous prétexte de vouloir « protéger les enfants » de la queerness, ont souvent d'autres revendications : bannir les drag queens, interdire les livres LGBTQIA+ dans les écoles, ou encore soutenir des législations du type « don't say gay ». Blaine Higgs lui-même a déclaré qu'il ne savait pas si l'on naissait homosexuel ou non, alimentant ainsi la croyance rétrograde que l'on apprend à être queer à l'école.

Le phénomène n'est pas nouveau. Il trouve son origine dans des mouvements ultra conservateurs américains ; on peut penser à la tristement célèbre campagne « Save Our Children » (« Sauvons nos enfants ») d'Anita Bryant dans les années 1970 en Floride, où un mélange de patriotisme et de zèle religieux affirmait que l'homosexualité était une « menace » pour la survie des familles et, par extension, de la nation américaine. Mais le cadre juridique canadien est bien différent. Contrairement aux États-Unis, le Canada a ratifié la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant, qui reconnaît le droit des jeunes à exprimer librement leur identité, notamment leur identité de genre. Restreindre ces droits pour protéger les « droits parentaux » est non seulement contraire à nos valeurs fondamentales, mais aussi à nos obligations internationales.

Et les droits pour des enfants dans tout ça ?

Le discours des « droits parentaux » repose sur plusieurs mythes qu'il est essentiel de déconstruire. L'idée selon laquelle les parents devraient avoir un contrôle absolu sur l'identité de genre de leurs enfants est en contradiction directe avec la Convention des Nations Unies, qui affirme que les enfants ont droit à l'autonomie dans les décisions qui les concernent. Les « droits des parents » à tout savoir et à tout contrôler sur la vie de leurs enfants repose sur l'idée que les enfants appartiennent à leurs parents, une idée dangereuse qui nie l'agentivité et l'autonomie des enfants en tant que personnes à part entière.

Les enfants ont aussi le droit d'être protégés contre toute forme de violence, qu'elle soit physique ou mentale, et ont le droit de grandir dans un environnement sain et affirmatif. Des études ont montré que les environnements non affirmatifs, qui nient ou invalident l'identité des jeunes 2ELGBTQIA+, augmentent les risques de problèmes de santé mentale comme la suicidalité. Or, pour certains jeunes, la famille est l'environnement non affirmatif par excellence. Il faut donc résister à l'idée selon laquelle les parents sont l'autorité absolue en matière de protection et de sécurité de leurs enfants.

Dans un monde idéal, chaque enfant se sentirait en sécurité pour parler de ses sentiments à ses parents. Cependant, toutes les maisons ne sont pas sécuritaires pour les enfants queers. Les dispositions précédentes de la politique 713 concernaient surtout les jeunes dont la vie peut littéralement être mise en danger s'ils révèlent leur identité à leur famille. Avec sa réfome, le gouvernement Higgs met des jeunes en danger et refuse de garantir à chaque enfant le respect et la dignité qu'iel mérite.

Enfin, les enfants ont droit à la vie privée, un droit bafoué par les modifications à la politique 713, qui obligent désormais les enseignant·es à « outer » les enfants à leurs parents. Cette situation crée un climat de peur et d'exclusion, exacerbant la détresse psychologique chez ces jeunes. Le taux de tentative de suicide chez les jeunes trans est sept fois plus élevé que chez leurs pair·es cisgenres. Les résultats d'un récent sondage du Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick révèlent des chiffres alarmants : 85 % des jeunes non binaires ont présenté des symptômes d'anxiété ou de dépression au cours de la dernière année. Les modifications à la politique 713 ne font qu'aggraver leur situation, l'école ne pouvant plus être un refuge.

Un équilibre à trouver

Les « droits des parents » peuvent sembler défendables à première vue. Cependant, sous couvert de protéger les enfants des prétendues « influences nuisibles » liées au genre et à la sexualité ils cachent un objectif plus inquiétant : contrôler et surveiller l'identité des enfants plutôt que de les protéger.

Le respect des droits des jeunes trans et queers ne doit pas être perçu comme une menace aux droits des parents. Il s'agit plutôt de trouver un équilibre. Les parents jouent un rôle crucial dans le soutien de leurs enfants, mais cela ne doit jamais se faire au détriment des droits fondamentaux des jeunes, de leur liberté à être elleux-mêmes. Les discours transphobes, eux, refusent cette nuance et cherchent à imposer un contrôle total sur l'identité des enfants, notamment en censurant l'expression des identités queers dans les écoles.

En réalité, la rhétorique des « droits parentaux » ne protège pas les enfants, elle sert à maintenir des structures familiales de contrôle et d'exclusion. Ce que l'on cherche à protéger en mobilisant ainsi l'imaginaire de la famille nucléaire et traditionnelle et en instrumentalisant la soi-disant sécurité des enfants, c'est plutôt l'ordre social hétéronormatif et patriarcal. Chez Alter Acadie NB, nous croyons qu'il est crucial de résister à ces arguments, et de défendre bec et ongles l'autonomie des jeunes trans et queers et de leur offrir l'espace et le soutien nécessaires pour s'épanouir. La famille doit être un lieu de sécurité et d'amour, pas un instrument de contrôle.

Alex Arseneau est directeur d'Alter Acadie, un organisme de défense des droits des communautés franco-queer du Nouveau-Brunswick.

Illustration : Natascha Hohmann

Voir en ligne : Revue À bâbord !
6 / 11

 

  GÉNÉRALISTES
Ballast
Fakir
Interstices
Issues
Korii
Lava
La revue des médias
Time France
Mouais
Multitudes
Positivr
Regards
Slate
Smolny
Socialter
UPMagazine
Le Zéphyr
 
  Idées ‧ Politique ‧ A à F
Accattone
À Contretemps
Alter-éditions
Contre-Attaque
Contretemps
CQFD
Comptoir (Le)
Déferlante (La)
Esprit
Frustration
 
  Idées ‧ Politique ‧ i à z
L'Intimiste
Jef Klak
Lignes de Crêtes
NonFiction
Nouveaux Cahiers du Socialisme
Période
 
  ARTS
L'Autre Quotidien
Villa Albertine
 
  THINK-TANKS
Fondation Copernic
Institut La Boétie
Institut Rousseau
 
  TECH
April - Libre à lire
Dans les algorithmes
Framablog
Goodtech.info
Quadrature du Net
Revue Eur. Médias et Numérique
 
  INTERNATIONAL
Alencontre
Alterinfos
Gauche.Media
CETRI
ESSF
Inprecor
Guitinews
 
  MULTILINGUES
Kedistan
Quatrième Internationale
Viewpoint Magazine
+972 mag
 
  PODCASTS
Arrêt sur Images
Le Diplo
LSD
Thinkerview
🌞