25.05.2026 à 20:00
Peut-on se sauver de la psychiatrie ? - Jonathan Boismard
En France, 20% de la population présentent un trouble psychique et plus de 8 millions de personnes sont prises en charge pour une maladie psychiatrique ou un traitement chronique par psychotropes. Notre effondrement intérieur est massif, documenté, administré mais toujours désemparé.
Avec Une vie de fêlé, heurs et malheur d'un patient ordinaire Jonathan Boismard, diagnostiqué bipolaire, nous plonge dans le quotidien léthargique et violent d’un patient ordinaire en désaffiliation psychique d’avec l’ordre des choses. Le récit explosif et éclaté d’une vie cernée par la psychiatrie, les molécules et les injonctions à être — à peu près — fonctionnel.
Une lettre à sa première psychiatre, une déclaration d’amour contrarié à ses pilules, des murs et des lits qui appellent à se révolter contre l’institution, la plaidoirie d’une maladie face au tribunal de la normalité, à travers ses douze chapitres, Une vie de fêlé dresse le paysage dévasté d’un moi en crise avec et contre le monde qui l’enserre, le rabote et tente de le calibrer. C’est un reportage embarqué dans les centres médico-psychologiques autant qu’une enquête sociologique depuis la cellule d’un HP, un manifeste littéraire contre le mensonge normalisé autant qu’un appel à lutter jusqu’au plus profond de la psyché.
L’écriture est hybride mais polarisée, parfois maniaque jamais désespérée, souvent violente mais toujours drôle. Si l’auteur connaît parfaitement la littérature antipsychiatrique, il ne parle jamais de ce surplomb-là mais toujours depuis le ras du réel et de l’expérience. Parce que la ligne de front traverse les connexions synaptiques autant que la société dans sa totalité, il n’y a pas d’idéologie qui vaille, il s’agit seulement de survivre et de lutter, le reste en découle.
Disponible dans toutes les bonnes librairies vendredi 29 mai et en vente en ligne sur lundimatin ici : https://www.lundi.am/livres
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19.05.2026 à 20:00
Tai-chi, macronie et récolution - Maria Kakogianni
Avec Sous un ciel étoilé, une nuit d’été, Maria Kakogianni propose de dépoussiérer l’idée que nous nous faisons de la révolution et de l’anarchie.
À partir d’un constat simple et terrible, nous n’apercevons presque plus étoiles, elle déduit une métaphore sur le monde, nous vivons dans une époque dés-astrée.
Au fil du livre, on croise Catherine Malabou et Margaret Thatcher, Emmanuel Kant et Auguste Blanqui, Vincent Bolloré et le Comité Invisible. On y discute du fascisme ordinaire, de jouissances pirates, de Platon et même de Tai-chi. En son centre, la nécessité d’inventer une anarchie positive et régulière, les pieds sur terre et la tête dans les astres.
« La nuit, nous n’apercevons plus les étoiles.
Ce n’est pas une métaphore, plutôt un signe.
Celui de notre propre dés-astre.
Sous le ciel, tout est fatalité collective et liberté conditionnée.
La violence ordinaire et ses douleurs chroniques, l’humiliation.
Nos corps se retournent contre eux-mêmes.
Justice nulle part, maladies auto-immunes partout.
L’avenir a de la fièvre. Et pourtant.
Au sein de l’obscurité, la lumière tremble comme un éclat de rire.
La joie comme idée neuve.
L’anarchie comme expérience.
La révolution comme relance.
Au bord des mondes plutôt qu’à la fin du monde.
Nous est encore là. »
Pour vous procurer le livre, c’est par ici : lundi.am/livres
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13.05.2026 à 11:00
À la recherche du prolétariat perdu - Taf de Paul Martel aux éditions lundimatin
Taf, à la recherche du prolétariat perdu de Paul Martel, c'est le dernier livre qui vient de paraître aux éditions lundimatin. Imaginez la littérature prolétarienne d’un Joseph Ponthus mélangée à l’humour caustique de Fabcaro ou bien le travail d’enquête de L’établi de Linhart rebooté en roman d’aventure autobiographique dans le monde des prestataires du béton ou des défilés de mode absurdes. Taf c’est donc à la fois une enquête, un pamphlet, un roman, un manifeste et un manuel de survie dans l’univers impitoyable du BTP. Un livre qu’aurait pu écrire Debord s’il n’avait pas été rentier. Comme il mérite de se vendre par palettes, on a fait une petite présentation histoire d'en expliquer les sous-bassement théoriques et stratégiques : refaire du prolétariat une menace (quitte à redéfinir ce que l'on entend par prolétariat).
Il n’y a pas que les bourgeois qui échappent au travail, certains prolétaires en ont même fait une devise « Ne travaillez jamais ! » et c’est une toute autre aventure. Mais que se passe-t-il lorsqu’après des années à fuir l’exploitation par la marge et la débrouille, on se retrouve contraint de retourner taffer ? Chômeur à ses heures, ouvrier dès qu’il ne le peut plus, Paul Martel a enquêté.
Comment survivre dans un monde où l’on doit perdre sa vie à la gagner ? Le prolétariat n’est-il plus qu’un mythe ou encore une menace ? Quelles légendes nous faut-il raviver ou inventer pour toujours vivre et lutter ?
Taf est le journal quotidien d’un manœuvre irrégulier, un recueil d’astuces pour résister à l’aliénation, un manuel de désertion ouvrière.
Paul Martel est née en 1993. Après avoir méthodiquement déserté l’école puis le salariat, il a mené une carrière de semi-délinquant avant de se reconvertir dans le BTP et la littérature. Auteur de très nombreux et remarqués articles lundimatin, TAF, À la recherche du prolétariat perdu est le premier volet d’une prometteuse autobiographie.
Disponible dans toutes les bonnes librairies jeudi 7 mai et en vente en ligne sur lundimatin ici : www.lundi.am/livres
Vous pouvez en lire la première et excellente recension du livre par Stéphane Bérard dans Sitaudis.
Quelques articles de Paul Martel parus dans lundimatin.
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