04.02.2026 à 06:00
(Bangkok) – Les autorités talibanes en Afghanistan ont accru en 2025 leur répression des femmes et des filles et ont mis en place de nouvelles règles ayant pour effet de limiter encore davantage la liberté des médias, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. La crise humanitaire que connaît le pays s’est aggravée à cause de la réduction de l’aide en provenance de l’étranger et des retours forcés de millions de réfugiés afghans.
« Les gouvernements devraient faire pression sur les talibans pour qu’ils mettent fin à leurs horribles abus, tout en atténuant la crise humanitaire qui affecte l’Afghanistan et en offrant des protections aux réfugiés afghans », a déclaré Fereshta Abbasi, chercheuse sur l’Afghanistan auprès de la division Asie de Human Rights Watch. « La répression implacable des talibans devrait pousser les autres gouvernements à soutenir les efforts visant à amener tous les individus responsables de graves crimes en Afghanistan à rendre des comptes. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
En 2025, les talibans ont émis de nouvelles lois draconiennes qui restreignent encore davantage la liberté de mouvement des femmes et leur accès à l’espace public, tout en mettant fermement en application les interdictions déjà existantes pour les filles de recevoir une éducation au-delà du cycle primaire et les limites aux possibilités d’emploi des femmes, abus que les experts des Nations Unies ont décrits comme constituant un « apartheid de genre ». En juillet, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt à l’encontre de responsables talibans de haut rang pour le crime contre l’humanité de persécution sexiste.Le 6 octobre, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution historique créant un mécanisme indépendant chargé d’enquêter sur les violations des droits humains passées et actuelles commises en Afghanistan. Les talibans ont imposé de nouvelles restrictions limitant encore davantage la liberté des médias et ont emprisonné arbitrairement des critiques de leur régime. Les autorités ont également arrêté des personnes pour avoir prétendument commis des infractions aux lois sur la « moralité », telles que des femmes accusées de porter un hidjab (voile islamique) inapproprié ou des employeurs accusés de n’avoir pas organisé des lieux de travail séparés pour les femmes et les hommes. Le nombre de journalistes travaillant encore en Afghanistan a diminué en raison de la réduction des aides étrangères et de la politique répressive des talibans.La crise humanitaire en Afghanistan s’est encore aggravée en 2025 car le gouvernement américain a effectué des coupes massives dans son aide à l’étranger et d’autres pays lui ont emboîté le pas, tandis que de nombreux pays forçaient des millions de réfugiés afghans à retourner en Afghanistan. Plus de 22 millions de personnes étaient exposées à un risque d’insécurité alimentaire, les femmes et les filles en étant affectées de manière disproportionnée.Les gouvernements du monde devraient faire pression sur les talibans pour qu’ils mettent fin aux violations des droits humains et devraient également fournir une assistance humanitaire à la population afghane, a déclaré Human Rights Watch. Aucun pays ne devrait renvoyer de force en Afghanistan des personnes qui pourraient y être exposées aux risques de persécutions ou de menaces pour leur vie. Les États membres de l’ONU devraient financer et soutenir le nouveau mécanisme d’enquête indépendant sur l’Afghanistan, dont la création a été décidée en octobre 2025.
04.02.2026 à 06:00
(Nairobi) – Les dirigeants de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont intensifié leur répression contre les libertés tout en renforçant leur emprise sur le pouvoir en 2025, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026.
Au Nigeria et au Sahel, les groupes armés islamistes ainsi que les forces gouvernementales et leurs alliés ont attaqué des civils et des infrastructures civiles à répétition. Dans le même temps, les juntes du Sahel ont expulsé les organes régionaux et internationaux et affaibli les institutions chargées de la reddition des comptes en cas d’abus.
« Les dirigeants des juntes militaires dans la région du Sahel ont intensifié leurs actions de répression de la liberté d’expression et d’autres libertés avec peu de considération pour les transitions promises vers la démocratie », a déclaré Mausi Segun, directrice de la division Afrique de Human Rights Watch. « Des efforts de plus grande ampleur doivent être déployés à l’échelle régionale pour forcer les autorités d’Afrique de l’Ouest à ouvrir un espace politique et démocratique et protéger les droits humains de leur citoyens. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
Les autorités du Niger et du Mali ont recommandé la prolongation de cinq ans de leurs périodes de transition respectives vers un régime démocratique et ont interdit le multipartisme. Le Tchad a quant à lui aboli la limitation du nombre de mandats présidentiels.Les gouvernements ont continué à restreindre la liberté d’expression, la dissidence et les médias. Au Burkina Faso et au Mali, des journalistes, des activistes et des critiques de la junte ont été arbitrairement détenus, soumis à des disparitions forcées ou illégalement conscrits, alors que des opposants et figures politiques ont été ciblés pour s’être exprimés librement. Au Nigeria, les autorités ont arrêté et poursuivi en justice des journalistes et des utilisateurs de réseaux sociaux, souvent en s’appuyant sur une application large de la loi sur la cybercriminalité. Au Niger, l’ancien président Mohamed Bazoum reste arbitrairement détenu sans avoir eu de procès. Au Tchad, l’ancien premier ministre et dirigeant de l’opposition Succès Masra a été condamné à 20 ans de réclusion sur la base d’accusations à caractère politique.Deux groupes armés islamistes, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen, JNIM) et l’État islamique au Sahel (EIS), ont massacré des civils au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Les forces armées burkinabè, les milices progouvernementales, les forces armées maliennes et le groupe Wagner, soutenu par la Russie, et désormais dénommé « Africa Corps », ont exécuté sommairement des civils de l’ethnie peule.Au Nigeria, des attaques mortelles contre les civils de l’État de Borno ont indiqué la résurgence de la faction Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad de Boko Haram, alors que dans le nord-ouest du pays, des gangs de bandits ont continué de perpétrer des meurtres, des enlèvements et des raids violents dans un contexte où le gouvernement ne parvient pas à protéger les communautés ou à faire rendre des comptes aux responsables.Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont poursuivi leur stratégie de désengagement en finalisant leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et en annonçant leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), mettant gravement en péril l’accès à la justice pour les victimes d’abus.L’Union africaine ainsi que les autres organes régionaux et internationaux doivent déployer davantage d’efforts pour préserver les civils des attaques et violations des droits humains, a déclaré Human Rights Watch.
04.02.2026 à 06:00
(Bangkok) – Le gouvernement chinois a intensifié sa répression dans tout le pays en 2025, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2026.
Le président Xi Jinping a mobilisé le gouvernement de son pays pour imposer une stricte conformité idéologique et une loyauté sans faille envers lui-même et le Parti communiste chinois. Les droits des Tibétains, des Ouïghours et d’autres communautés affichant une identité distincte, notamment les membres d’églises non officielles, font l’objet d’une répression particulièrement sévère. La répression exercée par le gouvernement à Hong Kong s’est également intensifiée.
« Sous la présidence de Xi Jinping, le bilan du gouvernement chinois en matière de droits humains est de plus en plus désastreux, élargissant et intensifiant la répression des libertés fondamentales », a déclaré Maya Wang, Directrice adjointe de la division Asie à Human Rights Watch. « Les gouvernements étrangers se sont montrés largement réticents à s’opposer aux menaces que le gouvernement chinois fait peser sur le système international des droits humains, sans parler de la Chine elle-même. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
Xi Jinping s’est rendu au Tibet en août 2025, puis au Xinjiang, où vivent de nombreux Ouïghours, en septembre 2025, principalement pour illustrer le contrôle strict que son gouvernement exerce sur ces régions. Le gouvernement prévoit d’adopter un projet de loi visant à justifier la répression des minorités, à faciliter le renforcement du contrôle idéologique sur celles-ci et à renforcer leur contrôle à l’étranger. Des milliers d’Ouïghours restent injustement emprisonnés. Le gouvernement a interdit la célébration du 90ème anniversaire du Dalaï Lama, le chef religieux tibétain, au Tibet.La répression s’est rapidement intensifiée au cours des cinq années qui ont suivi l’imposition par les autorités de la loi draconienne sur la Sécurité nationale à Hong Kong. Le dernier parti prodémocratie encore actif à Hong Kong, la Ligue des sociaux-démocrates, a été dissous. Pour la première fois, les autorités ont utilisé la loi sur la Sécurité nationale pour poursuivre à Hong Kong un membre de la famille d’Anna Kwok, leader prodémocratie et personnalité critique qui vit à l’étranger. De nombreux leaders prodémocratie sont toujours emprisonnés, notamment Jimmy Lai, fondateur du journal Apple Daily, aujourd’hui fermé.La campagne du gouvernement chinois visant à « siniser » les religions, c’est-à-dire à les restructurer pour qu’elles propagent l’idéologie du Parti, a conduit à une répression accrue des « églises de maison », ces congrégations protestantes qui refusent de rejoindre l’église officielle. En avril 2025, un tribunal de la province du Shanxi aurait condamné plus d’une douzaine de personnes affiliées à l’église Linfen Golden Lampstand pour « fraude ». En octobre 2025, les autorités ont également arrêté près de 30 membres de l’église Zion, dont son pasteur.Les autorités ont arbitrairement arrêté et emprisonné des personnes pour avoir exercé leurs droits fondamentaux. Alors que les communautés de la diaspora se font de plus en plus entendre contre les abus du gouvernement, Pékin a intensifié ses efforts pour les réduire au silence, en harcelant leurs familles et leurs amis en Chine et en emprisonnant ceux qui reviennent au pays, des actes connus sous le nom de répression transnationale. Parmi les exemples récents, on peut citer l’arrestation de Tara Zhang Yadi, une étudiante et activiste basée en France, et les menaces proférées à l’encontre de cinéastes afin de faire fermer le festival du film IndieChina à New York.Le gouvernement chinois devrait immédiatement mettre fin à ses crimes contre l’humanité et autres violations commises au Xinjiang, abroger les lois sur la sécurité nationale à Hong Kong, autoriser des observateurs indépendants à se rendre au Tibet et au Xinjiang, et libérer les défenseurs des droits humains détenus dans toute la Chine, a déclaré Human Rights Watch.
04.02.2026 à 06:00
(Nairobi) – Au Soudan, au Soudan du Sud et en Éthiopie, les civils sont frappés de plein fouet par les conflits armés violents, dans lesquels ils sont fréquemment et souvent délibérément ciblés par les parties belligérantes, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. Les gouvernements de la région ont réprimé, lors de manifestations et à l’approche des élections, un espace civique et politique déjà restreint.
« Les attaques violentes contre les civils par des forces militaires et des groupes armés soumis à aucun contrôle se normalisent dans la Corne de l’Afrique et en Afrique de l’Est, alors que les acteurs mondiaux et régionaux ne sont pas disposés à prendre des mesures contre les responsables et leurs soutiens », a déclaré Mausi Segun, directrice exécutive de la division Afrique à Human Rights Watch. « Les acteurs régionaux et internationaux devraient sanctionner les auteurs d’abus et les amener à rendre des comptes et veiller au contrôle indépendant des droits humains dans ces pays. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
Le Soudan est le théâtre de violations généralisées du droit de la guerre avec une impunité omniprésente. Les Forces de soutien rapide, qui se battent contre l’armée pour le contrôle du pays, ont attaqué le plus grand camp de déplacés du Darfour, assiégé la capitale du Darfour-Nord, El Fasher, et se sont livrées à un carnage lorsqu’elles ont pris le contrôle de la ville en octobre, perpétrant des meurtres à grande échelle. Les Forces armées soudanaises et leurs alliés, notamment lors de la reconquête de villes et villages clés, ont délibérément pris pour cible des civils et bombardé de manière indiscriminée des infrastructures civiles.Le conflit a repris dans certaines parties du Soudan du Sud, avec des conséquences désastreuses pour les civils. Dans le Haut-Nil, les bombardements aériens du gouvernement sur des zones peuplées, y compris avec des bombes incendiaires, ce qui peut constituer des crimes de guerre, ont tué et blessé des centaines de civils et provoqué des déplacements considérables. À la suite d’un nouveau report des élections au Soudan du Sud, le gouvernement a fortement restreint les libertés et les droits fondamentaux et a arrêté et accusé arbitrairement les dirigeants des partis d’opposition de crimes graves.Les forces gouvernementales et la milice Fano dans la région éthiopienne Amhara ont commis des crimes de guerre et d’autres abus graves, tandis que les forces érythréennes dans la région du Tigré ont commis des abus contre des civils dans les zones qu’elles contrôlent. Alors que des élections sont prévues pour juin 2026, les autorités ont ciblé des journalistes et des médias indépendants et ont cherché à légaliser leur répression des organisations de défense des droits.Les gouvernements de la région se sont livrés à une répression généralisée de l’espace civique, notamment lors de manifestations et dans des périodes électorales.
Les forces de sécurité du Kenya ont brutalement réprimé les manifestations en ayant recours à une force meurtrière et ont commis d’autres violations graves contre les manifestants.En Tanzanie et en Ouganda, à l’approche des élections générales prévues en octobre 2025 et en janvier 2026 respectivement, les autorités ont emprisonné les principaux dirigeants de l’opposition, ont réprimé les journalistes et les manifestants et ont restreint les droits à la liberté d’expression.Les autorités tanzaniennes ont réagi par la force létale et d’autres abus, y compris des restrictions de l’internet à l’échelle nationale, aux manifestations qui se sont déroulées le jour du scrutin.L’Ouganda a de nouveau autorisé les procès de civils devant des tribunaux militaires, ciblant des opposants politiques, bien qu’une décision de la Cour suprême ait déclaré ces procès inconstitutionnels.Malgré les mandats visant à prévenir et atténuer les conflits, l’Union africaine et les autres organismes régionaux, y compris l’Autorité intergouvernementale pour le développement, n’ont pris aucune mesure significative pour contribuer à protéger les civils, à prévenir les violations ou à traduire en justice les responsables d’abus.Les gouvernements concernés devraient sanctionner les commandants des forces commettant des abus, promouvoir l’indépendance des médias et de la société civile, et soutenir les mécanismes régionaux et internationaux d’enquête et de responsabilisation, a déclaré Human Rights Watch.
04.02.2026 à 06:00
(Washington) – Le second mandat du président américain Donald Trump a été marqué par des violations généralisées des droits humains et des attaques soutenues contre les piliers fondamentaux d’une gouvernance démocratique et responsable des États-Unis, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2026. Le pays s’est rapidement engagé sur une pente dangereuse vers l’autoritarisme, une tendance que l’impunité pour les abus graves ne fera qu’accélérer.
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
« Le second mandat de l’administration Trump a été marqué par des attaques continuelles et généralisées contre les droits et les libertés », a déclaré Tanya Greene, directrice du programme États-Unis à Human Rights Watch. « L’administration Trump ne se contente pas de revenir sur les protections durement acquises au cours des dernières décennies ; elle démantèle activement les piliers fondamentaux de la démocratie américaine. »
Voici certains des principaux défis en matière de droits humains qui ont été observés aux États-Unis sur le plan intérieur en 2025 :
L’administration Trump a lancé une campagne brutale et à grande échelle de raids et d’arrestations massives d’immigrants, notamment en procédant à de vastes déploiements d’agents fédéraux qui ont terrorisé des communautés immigrées à travers tout le pays. Elle a expulsé sommairement des individus, dont des demandeurs d’asile, vers des pays tiers dans le cadre d’actions délibérément punitives ; elle a notamment procédé à la disparition forcée de ressortissants vénézuéliens, transférés vers une prison salvadorienne tristement célèbre, où ils ont été détenus de façon arbitraire et torturés.L’administration Trump a entrepris des efforts considérables visant à saper l’obligation du gouvernement de rendre des comptes pour ses actes, ; elle a affaibli le respect des droits civiques, démantelé des mécanismes de protection contre la discrimination. Elle a aussi menacé des organisations de la société civile, désormais confrontées au risque d’enquêtes pénales de manière infondée, et du retrait de leur statut d’organisme caritatif sur la base de motifs politiques.L’administration Trump a porté atteinte au droit à la santé en réduisant drastiquement les subventions dont dépendent des millions de personnes aux États-Unis pour avoir accès à une assurance-maladie. Ces mesures privant des millions de personnes d’une assurance-maladie sont censées financer des réductions d’impôts pour les ménages aisés et les grandes entreprises.Les restrictions à l’accès à l’avortement se sont multipliées dans plusieurs États. L’administration Trump a attaqué l’organisation Planned Parenthood (« Planification familiale »), compromettant l’accès aux soins de santé pour plus d’un million de personnes, et a réduit le financement des programmes, du personnel et de la recherche en matière de santé reproductive.Sur la scène internationale, la politique étrangère américaine a également été marquée par un mépris flagrant des obligations des États-Unis en matière de droits humains, et par un net recul des efforts visant à promouvoir ces droits en tant qu’axe important de leur diplomatie.
En particulier, l’administration Trump a pris les mesures suivantes sur le plan international :
Elle a brusquement mis fin à la quasi-totalité de l’aide étrangère américaine, y compris aux financements destinés aux défenseurs des droits humains, aux organisations de la société civile locale et à l’aide humanitaire vitale.Elle s’est retirée de forums multilatéraux essentiels à la protection des droits humains dans le monde, notamment le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Accord de Paris sur le climat.Elle a considérablement affaibli les capacités institutionnelles du Département d’État américain en matière de droits humains, ; le rapport annuel de ce Département sur les droits humains dans le monde a présenté une version largement faussée de cette situation.Elle a intensifié son hostilité à l’égard de mécanismes indépendants d’obligation de rendre des comptes, et d’efforts visant à renforcer la justice internationale, notamment en imposant des sanctions à des responsables de la Cour pénale internationale (CPI), à une experte de l’ONU et à trois importantes organisations palestiniennes de défense des droits humains.Enfin, elle a illégalement procédé à de nombreuses frappes militaires létales contre des embarcations dans les Caraïbes et dans des zones de l’océan Pacifique situées à proximité, faisant des dizaines de morts.« La politique étrangère de cette administration reflète son offensive contre les droits humains sur le plan intérieur », a déclaré Sarah Yager, directrice du bureau de Washington de Human Rights Watch et responsable du plaidoyer sur la politique étrangère des États-Unis. « Le même mépris de l’état de droit qui alimente les atteintes aux droits humains à l’intérieur du pays est à l’origine d’exécutions extrajudiciaires en mer, en violation flagrante du droit international. »
04.02.2026 à 06:00
(Bangkok) – Le gouvernement indien, dirigé par le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP), a diffamé les minorités religieuses et expulsé des centaines de musulmans parlant le bengali et de réfugiés rohingyas, qualifiés d’« immigrants illégaux », en 2025, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. Les autorités ont intensifié leur répression contre des personnes exprimant des critiques à l’égard du gouvernement et ont fait pression sur les médias pour qu’ils s’autocensurent ; ces actions ont favorisé des exactions de la part d’agents gouvernementaux et de partisans du BJP.
« Le gouvernement indien a normalisé la violence contre les minorités religieuses, les groupes marginalisés et les critiques par le biais de politiques discriminatoires, de discours haineux et de poursuites judiciaires à motivation politique », a déclaré Elaine Pearson, directrice de la division Asie de Human Rights Watch. « Au lieu de revenir sur ses politiques abusives pour promouvoir le pays comme une voix mondiale en matière de droits humains, le gouvernement du BJP a nui à la réputation de l’Inde sur la scène internationale. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
En avril 2025, une attaque meurtrière perpétrée au Jammu-et-Cachemire par des hommes armés qui ont ciblé des touristes hindous a déclenché un conflit armé de quatre jours entre l'Inde et le Pakistan. À la suite à ces événements, les autorités indiennes ont réprimé la dissidence en bloquant brièvement certains médias et commentateurs indépendants, en arrêtant des personnes pour leurs commentaires sur les réseaux sociaux, et en intentant des poursuites contre des universitaires et des satiristes.Les discours de haine, souvent associés à des groupes nationalistes hindous, et les attaques contre les musulmans se sont multipliés. Les autorités ont continué de procéder à des démolitions illégales de maisons et de propriétés appartenant à des musulmans, prétextant qu'elles avaient été construites illégalement, qu'elles appartenaient à de présumés militants ou qu'elles étaient occupées par des « immigrants illégaux », des actions contraires à un arrêt de la Cour suprême.Au Ladakh, en septembre, la police a tué quatre personnes après que des manifestations réclamant l'autonomie ont dégénéré en violences et que des manifestants ont incendié un véhicule de police ainsi que des bureaux du parti BJP. Les autorités ont temporairement coupé l'accès à Internet mobile et arrêté Sonam Wangchuk, un enseignant et activiste climatique, dans une affaire à motivation politique relevant de la Loi sur la sécurité nationale.Plusieurs activistes, dont des étudiants, sont restés emprisonnés sans inculpation en vertu d'une loi antiterroriste abusive. Les autorités ont également utilisé les lois sur le financement étranger, les lois antiterroristes, des enquêtes financières fabriquées de toutes pièces ainsi que d'autres moyens pour harceler et poursuivre des activistes, des organisations de la société civile ainsi que les opposants politiques du BJP.La Commission électorale a fait face à des accusations croissantes de partialité de la part de politiciens de l'opposition et de défenseurs des droits, notamment concernant des fraudes électorales ainsi que des incohérences dans les listes électorales.Human Rights Watch a déclaré que les autorités indiennes devraient mettre fin aux politiques discriminatoires, à l'incitation à la haine et aux actes illégaux à l’encontre des musulmans, des chrétiens ainsi que d’autres minorités religieuses, et garantir la justice pour les victimes. Elles devraient cesser de harceler et de poursuivre en justice les organisations de la société civile, les opposants politiques du BJP ainsi que les manifestants pacifiques, et abandonner immédiatement toutes les accusations à motivation politique portées contre des activistes et d’autres personnes exprimant des critiques à l’égard du gouvernement.
04.02.2026 à 06:00
(Beyrouth) - En 2025, les autorités iraniennes ont procédé à des exécutions à une échelle inédite depuis la fin des années 80, à des massacres en réponse aux manifestations qui ont éclaté dans tout le pays, ainsi qu’à des arrestations arbitraires et de masse, et intensifié la répression sous couvert de sécurité nationale, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026.
La répression meurtrière des manifestations qui ont éclaté fin décembre s’est fortement intensifiée début 2026, avec le massacre, par les forces de sécurité, de milliers de manifestants et de passants. Le bilan s’élève à des milliers de morts. Human Rights Watch a mis en évidence une escalade coordonnée dans l’usage illégal et meurtrier de la force par les autorités depuis le 8 janvier, notamment des preuves attestant que des manifestants et des passants ont été tués ou blessés par des balles qui les ont touchés à la tête et au torse. Les autorités ont commis ces massacres alors qu’elles avaient imposé une coupure totale d’Internet et des restrictions sur les télécommunications à l’échelle nationale afin de dissimuler l’ampleur réelle des atrocités.
L’année 2025 a été marquée par des violations généralisées et systématiques du droit à la vie, notamment par l’application de la peine de mort. Selon l’organisation de défense des droits humains Abdorrahman Boroumand Center, fin décembre, les autorités iraniennes avaient exécuté plus de 2 000 personnes, soit le nombre le plus élevé d’exécutions connues depuis la fin des années 80.
« En 2025, la spirale de l’impunité et des effusions de sang a entraîné une vague d’exécutions sans précédent depuis des dizaines d’années, ainsi que la répression de manifestation la plus meurtrière, qui a conduit à des massacres sans précédent de manifestants et de passants cette année », a déclaré Bahar Saba, chercheuse senior sur l’Iran à Human Rights Watch. « La communauté internationale devrait d’urgence prendre des mesures concrètes pour demander des comptes aux responsables, en examinant tous les recours à disposition, notamment la compétence universelle. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
Les forces de sécurité iraniennes ont procédé à des massacres de manifestants après l’escalade des manifestations nationales le 8 janvier 2026. Ces massacres commis par les forces de sécurité iraniennes rappellent brutalement que les dirigeants qui massacrent leur propre peuple continueront à commettre des atrocités jusqu’à ce qu’ils soient amenés à rendre des comptes.Plus de la moitié des exécutions concernaient des infractions liées à la drogue, en violation flagrante du droit international. Les exécutions ont été précédées d’atteintes systématiques et manifestes au principe d’équité des procès, et les femmes et les membres de minorités ethniques, dont beaucoup appartiennent également à la minorité religieuse sunnite, ont été de plus en plus souvent condamnées à mort.Les autorités iraniennes ont continué de réprimer brutalement la dissidence et d’exercer une répression transnationale. Des centaines de dissidents, d’avocats, de journalistes, de membres de minorités ethniques et religieuses et de ressortissants binationaux et étrangers sont toujours détenus arbitrairement en Iran. Les autorités ont maintenu et mis en œuvre des lois et des politiques imposant l’obligation discriminante et dégradante du port du voile, et leurs déclarations officielles des derniers mois de l’année laissent présager une nouvelle vague de répression. La torture et d’autres mauvais traitements, notamment le fait de délibérément refuser des soins médicaux aux prisonniers, sont restés des pratiques systématiques et généralisées. Les punitions comprenaient la flagellation et l’amputation, qui constituent des actes de torture. Les autorités ont continué d’exercer une répression contre les minorités ethniques et religieuses, notamment à l’encontre des bahaïs, ce qui constitue un crime contre l’humanité. Human Rights Watch a constaté qu’en juin 2023, les forces israéliennes avaient attaqué illégalement la prison d’Evin à Téhéran, en l’absence de toute cible militaire évidente, tuant et blessant une multitude de civils, ce qui constitue un crime de guerre manifeste. À la suite des frappes, les prisonniers politiques aux mains des autorités iraniennes ont subi des mauvais traitements et fait l’objet de disparitions forcées. Human Rights Watch a également enquêté sur cinq frappes iraniennes de missiles balistiques qui ont touché des régions peuplées d’Israël et tué 20 civils, et a conclu qu’il s’agissait vraisemblablement de crimes de guerre.04.02.2026 à 06:00
(Jérusalem) – Les forces israéliennes ont intensifié en 2025 leurs atrocités à l’encontre des Palestiniens, commettant des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, des actes de génocide et des opérations de nettoyage ethnique, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. Elles ont tué, mutilé, affamé et déplacé de force des Palestiniens et détruit leurs habitations et leurs infrastructures civiles à une échelle sans précédent dans l’histoire récente d’Israël et de la Palestine.
La campagne d’Israël dans la bande de Gaza a causé la mort de plus de 69 000 Palestiniens, dont plus de 19 000 enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza. Un cessez-le-feu en octobre négocié par les États-Unis, a conduit à la libération des derniers otages israéliens encore vivants détenus à Gaza et de centaines de Palestiniens détenus en Israël, pour la plupart sans procès ni inculpation. Mais de grave abus, notamment les crimes contre l’humanité d’apartheid et de persécution commis par les autorités israéliennes à l’encontre des Palestiniens, persistent.
« L’ordre international reposant sur des règles qui a émergé des ruines de la Seconde guerre mondiale est violemment remis en cause par le carnage et les destructions à Gaza », a déclaré Adam Coogle, directeur adjoint de la division Moyen Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Le cessez-le-feu n’a pas mis fin aux crimes d’Israël et il ne devrait pas non plus empêcher les autres pays de prendre des mesures urgentes pour faire face à ces abus continuels et faire justice. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
Les autorités israéliennes ont eu recours à la famine comme arme de guerre à Gaza, imposant au territoire un blocus total pendant plus de 11 semaines, en restreignant sévèrement à d’autres moments les livraisons d’aide humanitaire et en privant la population d’électricité et d’eau potable. En août, les meilleurs experts du monde sur l’insécurité alimentaire ont déclaré une famine dans la ville de Gaza et aux alentours. En mai, les forces israéliennes ont renouvelé une offensive détruisant une grande partie des infrastructures civiles restantes à Gaza. Elles ont tué des centaines de Palestiniens qui cherchaient à se procurer de la nourriture, pour la plupart sur ou à proximité de sites de distribution d’aide alimentaire dans le cadre d’un système militarisé d’assistance appuyé par les États-Unis et géré par des contractants privés sous les auspices de la Fondation humanitaire pour Gaza.En janvier, les forces israéliennes ont entamé dans le nord de la Cisjordanie des opérations qui ont vidé trois camps de réfugiés, déplaçant de force environ 32 000 personnes, actes équivalant à des crimes de guerre, à des crimes contre l’humanité et à du nettoyage ethnique. Les autorités ont empêché les habitants de revenir, à quelques exceptions près, ce qui fait de cette opération le plus vaste déplacement en Cisjordanie depuis 1967. Les violences commises, en toute impunité, par les colons israéliens ont atteint en 2025 un niveau sans précédent depuis plus de 18 ans, avec plus de 2 660 incidents ayant fait des victimes ou causé des dommages aux biens recensés jusqu’à septembre. L’Autorité palestinienne a accru sa répression de la dissidence en Cisjordanie. Après le cessez-le-feu, le bras armé du Hamas a procédé à d’apparentes exécutions sommaires de personnes qu’il accusait de collaborer avec l’armée israélienne.Tous les gouvernements devraient agir pour empêcher que soient commises de nouvelles atrocités en suspendant leur assistance militaire et leurs transferts d’armes à Israël, en imposant des sanctions ciblées à l’encontre des autorités israéliennes impliquées de manière crédible dans les graves violations en cours, en suspendant leurs accords commerciaux préférentiels avec Israël, en interdisant les échanges commerciaux avec les colonies de peuplement illégales et en soutenant la mise en application de tous les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale.
04.02.2026 à 06:00
(Beyrouth) – En 2025, les autorités libanaises ont fait de timides progrès dans la mise en œuvre des réformes promises par le nouveau président et le nouveau Premier ministre du pays, mais les violations des droits humains se sont poursuivies et les autorités n’ont toujours pas rendu justice aux victimes de l’explosion du port de Beyrouth en 2020 ni aux victimes de crimes de guerre, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026.
Après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en novembre 2024, les forces israéliennes ont tué plus de 330 personnes au Liban, dont au moins 127 civils, et au moins 64 000 personnes sont toujours déplacées selon les chiffres d’octobre 2025.
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
« Alors que la population libanaise continue de se heurter à de multiples obstacles pour accéder à la justice, exercer ses droits sociaux et économiques et jouir de la liberté d’expression, les autorités devraient agir pour concrétiser les réformes promises », a déclaré Ramzi Kaiss, chercheur sur le Liban à Human Rights Watch. « Si les autorités libanaises ont enfin entamé des discussions sur la responsabilité des forces israéliennes dans les violations du droit de la guerre, elles n’ont toujours pas pris de mesures concrètes pour demander des comptes à Israël. »
Malgré la reprise de l’enquête sur l’explosion du 4 août 2020 à Beyrouth, les autorités libanaises n’ont toujours pas rendu justice aux victimes ni à leurs familles.Les agences de sécurité et les procureurs libanais ont continué à harceler des activistes, des journalistes et des détracteurs du gouvernement en les convoquant pour les interroger au sujet de leur travail critique à son encontre.La Commission parlementaire libanaise chargée de l’administration et de la justice a entamé des discussions autour d’un nouveau projet de loi sur les médias, présenté à la Commission le 27 mai 2025. Bien que ce projet comprenne des mesures importantes visant à protéger la liberté d’expression, il continue de prévoir des sanctions pénales pour des actes liés à l’expression d’opinions.Le 9 octobre 2025, le gouvernement libanais a chargé le ministère de la Justice d’évaluer les mesures juridiques qui pourraient être prises suite aux attaques israéliennes contre des journalistes pendant la dernière guerre. Il n’a cependant toujours pas pris de mesures concrètes pour garantir la mise en œuvre d’une obligation de rendre des comptes.Les autorités judiciaires libanaises devraient ouvrir des enquêtes au niveau national sur les violations du droit de la guerre. Le gouvernement devrait adhérer au Statut de Rome de la CPI, et déposer une déclaration acceptant la compétence de la Cour au moins depuis le 7 octobre 2023. Les autorités libanaises devraient cesser de convoquer les journalistes et les activistes à cause de leur travail critique à leur égard, et le Parlement devrait veiller à ce que les lois libanaises sur l’indépendance des médias et du pouvoir judiciaire respectent les normes internationales.
04.02.2026 à 06:00
(Bruxelles, le 4 février 2026) – Pendant la quatrième année de sa guerre à grande échelle contre l’Ukraine, le Kremlin a encore intensifié la répression contre la société civile russe, en ciblant ses détracteurs tant à l’intérieur du pays qu’en exil, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2026. Afin d’étouffer toute forme de dissidence, les autorités ont renforcé la censure et la surveillance, ont multiplié les accusations d’« atteinte à la sécurité de l’État » et ont simplifié les poursuites contre les opposants qualifiés d’« agents de l’étranger ».
« Les autorités russes ont intensifié la répression contre les activistes de la société civile et autres détracteurs. Elles ont également renforcé leur croisade pernicieuse en faveur des “valeurs traditionnelles”, qui vise les migrants, les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, et porte atteinte aux droits reproductifs des femmes », a déclaré Benjamin Ward, Directeur adjoint de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch.
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
La Russie a continué à attaquer les zones densément peuplées de l’Ukraine avec des armes explosives, faisant des morts et des blessés parmi les civils et endommageant des infrastructures vitales. Les frappes russes de drones à courte portée ont fait plus de victimes civiles en Ukraine que tout autre type d’arme. Les autorités russes ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en torturant et en maltraitant de manière systématique des milliers de prisonniers de guerre et de civils ukrainiens. Dans les zones occupées de l’Ukraine, les autorités russes ont continué à contraindre les habitants à adopter la citoyenneté russe et à faire leur service militaire, à saisir des biens privés et à imposer les programmes scolaires et la langue russes dans les écoles.Le nombre de prisonniers politiques est passé de 805 fin 2024 à 1 217 (dont 108 femmes) en 2025. Cette année, les tribunaux ont prononcé les premières condamnations pénales pour participation présumée au mouvement international LGBT, qualifié d’« organisation extrémiste ». Des procureurs ont aussi lancé de nouvelles accusations d’« extrémisme LGBT » contre plusieurs personnes, notamment contre des éditeurs de livres.Les autorités ont nettement intensifié les poursuites pénales pour non-respect présumé de la loi sur les « agents de l’étranger », avec 72 procédures pénales engagées au premier semestre 2025. Des procureurs ont aussi interdit 78 organisations jugées « indésirables », dont d’importantes organisations de défense des droits humains. En novembre, Human Rights Watch a été qualifiée d’« indésirable ». En mai, un tribunal de Moscou a condamné Grigory Melkonyants, un important activiste russe spécialisé dans la surveillance des élections, à cinq ans de prison pour sa participation présumée à une « organisation indésirable ».Les autorités ont poursuivi leurs attaques contre les droits des migrants. Les forces de l’ordre ont mené des raids au cours desquels elles ont maltraité des migrants. En 2025, une loi sur la surveillance d’un « registre des personnes contrôlées », ainsi qu’une « expérience » visant à surveiller les travailleurs migrants à Moscou et dans la région de Moscou, sont entrées en vigueur. En avril, l’interdiction d’inscrire des enfants étrangers dans les écoles publiques sans preuve de statut légal et de maîtrise de la langue russe est entrée en vigueur, créant ainsi un obstacle systémique et discriminatoire au droit des enfants à l’éducation. Quatre-vingt-sept pour cent des enfants migrants qui ont demandé une inscription se sont vu refuser l’accès à l’école.La Russie devrait libérer tous les prisonniers politiques et abroger toutes les lois incompatibles avec les droits humains fondamentaux, notamment celles qui censurent les déclarations critiques à l’égard de la guerre et celles qui visent les soi-disant « agents de l’étranger », les organisations « indésirables » et la « propagande homosexuelle ». La Russie devrait également abroger les lois discriminatoires à l’égard des migrants et de leurs enfants, a déclaré Human Rights Watch.
04.02.2026 à 06:00
(Beyrouth) – Le gouvernement de transition syrien a pris en 2025 des premières mesures en faveur de la justice et de l’établissement des responsabilités pour les crimes et les abus commis par le gouvernement précédent, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026.
Les autorités syriennes ont créé de nouvelles institutions gouvernementales visant à faire avancer la justice transitionnelle, et à rassembler des informations sur les milliers de personnes disparues en Syrie. Cependant, alors qu’elles ont promis d’établir les responsabilités des violences et des meurtres identitaires commis par les forces gouvernementales en mars et en juillet, elles ont fait preuve de peu de transparence sur le rôle des hauts responsables et des commandants.
« Les nouvelles autorités syriennes ont affirmé que les questions de justice et d’obligation de rendre des comptes figuraient parmi leurs priorités, mais ces efforts ne peuvent pas être sélectifs ou à sens unique », a déclaré Adam Coogle, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Pour faire entrer la Syrie dans une nouvelle ère respectueuse des droits, les autorités syriennes devraient dresser un bilan complet des abus commis par tous les camps avant et après décembre 2024, en examinant non seulement les crimes individuels, mais aussi les responsabilités institutionnelles. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
En mars 2025, une nouvelle déclaration constitutionnelle a affirmé l’indépendance de la justice ; mais le gouvernement devrait désormais mettre en place les cadres judiciaire et institutionnel qui sont indispensables afin de poursuivre les crimes internationaux graves, ainsi que les abus commis dans le cadre de la responsabilité du commandement. Les autorités gouvernementales ont rencontré des groupes de la société civile pour évoquer l’établissement des responsabilités pénales et le gouvernement a intégré plusieurs experts judiciaires aux commissions mandatées à l’échelle nationale. Toutefois, il devrait préciser comment les victimes et les parties prenantes seront intégrées pour pouvoir déterminer ces processus de lutte contre l’impunité et y participer pleinement. Le déploiement de forces gouvernementales en 2025, en réponse aux attaques et à la violence armée dans les gouvernorats de Latakia, Tartous et Hama en mars, ainsi que dans le gouvernorat de Soueïda en juillet, a déclenché une vague de violences identitaires dans ces régions. Les autorités syriennes ont enquêté sur ces incidents de manière crédible, mais ont fait preuve de peu de transparence sur le rôle des hauts responsables militaires ou civils, ou sur la façon dont le gouvernement entend demander des comptes aux personnes ayant l’autorité du commandement. En 2025, les États-Unis et l’Union européenne ont mis fin aux sanctions qu’ils infligeaient de longue date à la Syrie, ce qui représente une mesure cruciale afin d’améliorer l’accès des Syriens à des droits socio-économiques fondamentaux et de reconstruire un pays dévasté par des années d’un conflit exténuant. Néanmoins, plus de 90 % des Syriens vivent en-dessous du seuil de pauvreté et plus de la moitié ont du mal à se nourrir correctement et nécessitent de l’aide.Les nouveaux dirigeants du pays devraient protéger les droits fondamentaux de tous les Syriens au sein de nouvelles législations et institutions nationales, veiller à ce que les normes relatives aux droits humains déterminent tous les efforts de justice, mais aussi ratifier et appliquer les instruments juridiques et traités internationaux relatifs aux droits humains.
Les autorités devraient adhérer au Statut de Rome de la Cour pénale internationale, et signer une déclaration conférant à la CPI la compétence de juger les crimes commis en Syrie dans le passé. Les autorités devraient par ailleurs renforcer leur coopération avec les mécanismes internationaux d’établissement des responsabilités, notamment ceux des Nations Unies, et leur faciliter l’accès, mais aussi mettre en place des réformes du secteur de la sécurité. Elles devraient retirer de leurs forces de sécurité les personnes ayant commis des abus et établir des structures de commandement et codes de conduite clairs.