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Humans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

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04.02.2026 à 06:00

Corne de l’Afrique/Afrique de l’Est : Crimes de guerre et répression électorale

Human Rights Watch
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Click to expand Image Des familles venant d'El Fasher dans un camp de déplacés à Tawila, dans la région du Darfour, au Soudan, le 31 octobre 2025. © 2025 Norwegian Refugee Council via AP

(Nairobi) – Au Soudan, au Soudan du Sud et en Éthiopie, les civils sont frappés de plein fouet par les conflits armés violents, dans lesquels ils sont fréquemment et souvent délibérément ciblés par les parties belligérantes, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. Les gouvernements de la région ont réprimé, lors de manifestations et à l’approche des élections, un espace civique et politique déjà restreint.

« Les attaques violentes contre les civils par des forces militaires et des groupes armés soumis à aucun contrôle se normalisent dans la Corne de l’Afrique et en Afrique de l’Est, alors que les acteurs mondiaux et régionaux ne sont pas disposés à prendre des mesures contre les responsables et leurs soutiens », a déclaré Mausi Segun, directrice exécutive de la division Afrique à Human Rights Watch. « Les acteurs régionaux et internationaux devraient sanctionner les auteurs d’abus et les amener à rendre des comptes et veiller au contrôle indépendant des droits humains dans ces pays. »

Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en français

Dans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.

Le Soudan est le théâtre de violations généralisées du droit de la guerre avec une impunité omniprésente. Les Forces de soutien rapide, qui se battent contre l’armée pour le contrôle du pays, ont attaqué le plus grand camp de déplacés du Darfour, assiégé la capitale du Darfour-Nord, El Fasher, et se sont livrées à un carnage lorsqu’elles ont pris le contrôle de la ville en octobre, perpétrant des meurtres à grande échelle. Les Forces armées soudanaises et leurs alliés, notamment lors de la reconquête de villes et villages clés, ont délibérément pris pour cible des civils et bombardé de manière indiscriminée des infrastructures civiles.Le conflit a repris dans certaines parties du Soudan du Sud, avec des conséquences désastreuses pour les civils. Dans le Haut-Nil, les bombardements aériens du gouvernement sur des zones peuplées, y compris avec des bombes incendiaires, ce qui peut constituer des crimes de guerre, ont tué et blessé des centaines de civils et provoqué des déplacements considérables. À la suite d’un nouveau report des élections au Soudan du Sud, le gouvernement a fortement restreint les libertés et les droits fondamentaux et a arrêté et accusé arbitrairement les dirigeants des partis d’opposition de crimes graves.Les forces gouvernementales et la milice Fano dans la région éthiopienne Amhara ont commis des crimes de guerre et d’autres abus graves, tandis que les forces érythréennes dans la région du Tigré ont commis des abus contre des civils dans les zones qu’elles contrôlent. Alors que des élections sont prévues pour juin 2026, les autorités ont ciblé des journalistes et des médias indépendants et ont cherché à légaliser leur répression des organisations de défense des droits.

Les gouvernements de la région se sont livrés à une répression généralisée de l’espace civique, notamment lors de manifestations et dans des périodes électorales.

Les forces de sécurité du Kenya ont brutalement réprimé les manifestations en ayant recours à une force meurtrière et ont commis d’autres violations graves contre les manifestants.En Tanzanie et en Ouganda, à l’approche des élections générales prévues en octobre 2025 et en janvier 2026 respectivement, les autorités ont emprisonné les principaux dirigeants de l’opposition, ont réprimé les journalistes et les manifestants et ont restreint les droits à la liberté d’expression.Les autorités tanzaniennes ont réagi par la force létale et d’autres abus, y compris des restrictions de l’internet à l’échelle nationale, aux manifestations qui se sont déroulées le jour du scrutin.L’Ouganda a de nouveau autorisé les procès de civils devant des tribunaux militaires, ciblant des opposants politiques, bien qu’une décision de la Cour suprême ait déclaré ces procès inconstitutionnels.Malgré les mandats visant à prévenir et atténuer les conflits, l’Union africaine et les autres organismes régionaux, y compris l’Autorité intergouvernementale pour le développement, n’ont pris aucune mesure significative pour contribuer à protéger les civils, à prévenir les violations ou à traduire en justice les responsables d’abus.

Les gouvernements concernés devraient sanctionner les commandants des forces commettant des abus, promouvoir l’indépendance des médias et de la société civile, et soutenir les mécanismes régionaux et internationaux d’enquête et de responsabilisation, a déclaré Human Rights Watch.

04.02.2026 à 06:00

États-Unis : Attaques généralisées de l’administration Trump contre les droits humains

Human Rights Watch
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Click to expand Image Des milliers de personnes participaient à une manifestation tenue sous le slogan « No Kings » (« Pas de rois »), à Washington, le 18 octobre 2025. De nombreuses autres manifestations semblables ont été tenues dans d’autres villes des Etats-Unis, ce jour-là. © 2025 AP Photo/Allison Robbert

(Washington) – Le second mandat du président américain Donald Trump a été marqué par des violations généralisées des droits humains et des attaques soutenues contre les piliers fondamentaux d’une gouvernance démocratique et responsable des États-Unis, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2026. Le pays s’est rapidement engagé sur une pente dangereuse vers l’autoritarisme, une tendance que l’impunité pour les abus graves ne fera qu’accélérer.

Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en français

Dans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.

« Le second mandat de l’administration Trump a été marqué par des attaques continuelles et généralisées contre les droits et les libertés », a déclaré Tanya Greene, directrice du programme États-Unis à Human Rights Watch. « L’administration Trump ne se contente pas de revenir sur les protections durement acquises au cours des dernières décennies ; elle démantèle activement les piliers fondamentaux de la démocratie américaine. »

Voici certains des principaux défis en matière de droits humains qui ont été observés aux États-Unis sur le plan intérieur en 2025 :

L’administration Trump a lancé une campagne brutale et à grande échelle de raids et d’arrestations massives d’immigrants, notamment en procédant à de vastes déploiements d’agents fédéraux qui ont terrorisé des communautés immigrées à travers tout le pays. Elle a expulsé sommairement des individus, dont des demandeurs d’asile, vers des pays tiers dans le cadre d’actions délibérément punitives ; elle a notamment procédé à la disparition forcée de ressortissants vénézuéliens, transférés vers une prison salvadorienne tristement célèbre, où ils ont été détenus de façon arbitraire et torturés.L’administration Trump a entrepris des efforts considérables visant à saper l’obligation du gouvernement de rendre des comptes pour ses actes, ; elle a affaibli le respect des droits civiques, démantelé des mécanismes de protection contre la discrimination. Elle a aussi menacé des organisations de la société civile, désormais confrontées au risque d’enquêtes pénales de manière infondée, et du retrait de leur statut d’organisme caritatif sur la base de motifs politiques.L’administration Trump a porté atteinte au droit à la santé en réduisant drastiquement les subventions dont dépendent des millions de personnes aux États-Unis pour avoir accès à une assurance-maladie. Ces mesures privant des millions de personnes d’une assurance-maladie sont censées financer des réductions d’impôts pour les ménages aisés et les grandes entreprises.Les restrictions à l’accès à l’avortement se sont multipliées dans plusieurs États. L’administration Trump a attaqué l’organisation Planned Parenthood (« Planification familiale »), compromettant l’accès aux soins de santé pour plus d’un million de personnes, et a réduit le financement des programmes, du personnel et de la recherche en matière de santé reproductive.

Sur la scène internationale, la politique étrangère américaine a également été marquée par un mépris flagrant des obligations des États-Unis en matière de droits humains, et par un net recul des efforts visant à promouvoir ces droits en tant qu’axe important de leur diplomatie.

En particulier, l’administration Trump a pris les mesures suivantes sur le plan international :

Elle a brusquement mis fin à la quasi-totalité de l’aide étrangère américaine, y compris aux financements destinés aux défenseurs des droits humains, aux organisations de la société civile locale et à l’aide humanitaire vitale.Elle s’est retirée de forums multilatéraux essentiels à la protection des droits humains dans le monde, notamment le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Accord de Paris sur le climat.Elle a considérablement affaibli les capacités institutionnelles du Département d’État américain en matière de droits humains, ; le rapport annuel de ce Département sur les droits humains dans le monde a présenté une version largement faussée de cette situation.Elle a intensifié son hostilité à l’égard de mécanismes indépendants d’obligation de rendre des comptes, et d’efforts visant à renforcer la justice internationale, notamment en imposant des sanctions à des responsables de la Cour pénale internationale (CPI), à une experte de l’ONU et à trois importantes organisations palestiniennes de défense des droits humains.Enfin, elle a illégalement procédé à de nombreuses frappes militaires létales contre des embarcations dans les Caraïbes et dans des zones de l’océan Pacifique situées à proximité, faisant des dizaines de morts.

« La politique étrangère de cette administration reflète son offensive contre les droits humains sur le plan intérieur », a déclaré Sarah Yager, directrice du bureau de Washington de Human Rights Watch et responsable du plaidoyer sur la politique étrangère des États-Unis. « Le même mépris de l’état de droit qui alimente les atteintes aux droits humains à l’intérieur du pays est à l’origine d’exécutions extrajudiciaires en mer, en violation flagrante du droit international. »

04.02.2026 à 06:00

Inde : Les minorités religieuses et les voix critiques illégalement prises pour cible

Human Rights Watch
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Click to expand Image Des policiers indiens surveillaient des ressortissants bangladais présumés en situation irrégulière, arrêtés lors de descentes de police effectuées à Ahmedabad, ville située dans l'État du Gujarat, dans le nord-ouest de l'Inde. le 26 avril 2025.   © 2025 Reuters/Amit Dave

(Bangkok) – Le gouvernement indien, dirigé par le parti nationaliste hindou Bharatiya Janata (BJP), a diffamé les minorités religieuses et expulsé des centaines de musulmans parlant le bengali et de réfugiés rohingyas, qualifiés d’« immigrants illégaux », en 2025, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. Les autorités ont intensifié leur répression contre des personnes exprimant des critiques à l’égard du gouvernement et ont fait pression sur les médias pour qu’ils s’autocensurent ; ces actions ont favorisé des exactions de la part d’agents gouvernementaux et de partisans du BJP.

« Le gouvernement indien a normalisé la violence contre les minorités religieuses, les groupes marginalisés et les critiques par le biais de politiques discriminatoires, de discours haineux et de poursuites judiciaires à motivation politique », a déclaré Elaine Pearson, directrice de la division Asie de Human Rights Watch. « Au lieu de revenir sur ses politiques abusives pour promouvoir le pays comme une voix mondiale en matière de droits humains, le gouvernement du BJP a nui à la réputation de l’Inde sur la scène internationale. »

Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en français

Dans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.

En avril 2025, une attaque meurtrière perpétrée au Jammu-et-Cachemire par des hommes armés qui ont ciblé des touristes hindous a déclenché un conflit armé de quatre jours entre l'Inde et le Pakistan. À la suite à ces événements, les autorités indiennes ont réprimé la dissidence en bloquant brièvement certains médias et commentateurs indépendants, en arrêtant des personnes pour leurs commentaires sur les réseaux sociaux, et en intentant des poursuites contre des universitaires et des satiristes.Les discours de haine, souvent associés à des groupes nationalistes hindous, et les attaques contre les musulmans se sont multipliés. Les autorités ont continué de procéder à des démolitions illégales de maisons et de propriétés appartenant à des musulmans, prétextant qu'elles avaient été construites illégalement, qu'elles appartenaient à de présumés militants ou qu'elles étaient occupées par des « immigrants illégaux », des actions contraires à un arrêt de la Cour suprême.Au Ladakh, en septembre, la police a tué quatre personnes après que des manifestations réclamant l'autonomie ont dégénéré en violences et que des manifestants ont incendié un véhicule de police ainsi que des bureaux du parti BJP. Les autorités ont temporairement coupé l'accès à Internet mobile et arrêté Sonam Wangchuk, un enseignant et activiste climatique, dans une affaire à motivation politique relevant de la Loi sur la sécurité nationale.Plusieurs activistes, dont des étudiants, sont restés emprisonnés sans inculpation en vertu d'une loi antiterroriste abusive. Les autorités ont également utilisé les lois sur le financement étranger, les lois antiterroristes, des enquêtes financières fabriquées de toutes pièces ainsi que d'autres moyens pour harceler et poursuivre des activistes, des organisations de la société civile ainsi que les opposants politiques du BJP.La Commission électorale a fait face à des accusations croissantes de partialité de la part de politiciens de l'opposition et de défenseurs des droits, notamment concernant des fraudes électorales ainsi que des incohérences dans les listes électorales.

Human Rights Watch a déclaré que les autorités indiennes devraient mettre fin aux politiques discriminatoires, à l'incitation à la haine et aux actes illégaux à l’encontre des musulmans, des chrétiens ainsi que d’autres minorités religieuses, et garantir la justice pour les victimes. Elles devraient cesser de harceler et de poursuivre en justice les organisations de la société civile, les opposants politiques du BJP ainsi que les manifestants pacifiques, et abandonner immédiatement toutes les accusations à motivation politique portées contre des activistes et d’autres personnes exprimant des critiques à l’égard du gouvernement.

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