04.02.2026 à 06:00
(Bangkok) – Les autorités talibanes en Afghanistan ont accru en 2025 leur répression des femmes et des filles et ont mis en place de nouvelles règles ayant pour effet de limiter encore davantage la liberté des médias, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026. La crise humanitaire que connaît le pays s’est aggravée à cause de la réduction de l’aide en provenance de l’étranger et des retours forcés de millions de réfugiés afghans.
« Les gouvernements devraient faire pression sur les talibans pour qu’ils mettent fin à leurs horribles abus, tout en atténuant la crise humanitaire qui affecte l’Afghanistan et en offrant des protections aux réfugiés afghans », a déclaré Fereshta Abbasi, chercheuse sur l’Afghanistan auprès de la division Asie de Human Rights Watch. « La répression implacable des talibans devrait pousser les autres gouvernements à soutenir les efforts visant à amener tous les individus responsables de graves crimes en Afghanistan à rendre des comptes. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
En 2025, les talibans ont émis de nouvelles lois draconiennes qui restreignent encore davantage la liberté de mouvement des femmes et leur accès à l’espace public, tout en mettant fermement en application les interdictions déjà existantes pour les filles de recevoir une éducation au-delà du cycle primaire et les limites aux possibilités d’emploi des femmes, abus que les experts des Nations Unies ont décrits comme constituant un « apartheid de genre ». En juillet, la Cour pénale internationale (CPI) a émis des mandats d’arrêt à l’encontre de responsables talibans de haut rang pour le crime contre l’humanité de persécution sexiste.Le 6 octobre, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution historique créant un mécanisme indépendant chargé d’enquêter sur les violations des droits humains passées et actuelles commises en Afghanistan. Les talibans ont imposé de nouvelles restrictions limitant encore davantage la liberté des médias et ont emprisonné arbitrairement des critiques de leur régime. Les autorités ont également arrêté des personnes pour avoir prétendument commis des infractions aux lois sur la « moralité », telles que des femmes accusées de porter un hidjab (voile islamique) inapproprié ou des employeurs accusés de n’avoir pas organisé des lieux de travail séparés pour les femmes et les hommes. Le nombre de journalistes travaillant encore en Afghanistan a diminué en raison de la réduction des aides étrangères et de la politique répressive des talibans.La crise humanitaire en Afghanistan s’est encore aggravée en 2025 car le gouvernement américain a effectué des coupes massives dans son aide à l’étranger et d’autres pays lui ont emboîté le pas, tandis que de nombreux pays forçaient des millions de réfugiés afghans à retourner en Afghanistan. Plus de 22 millions de personnes étaient exposées à un risque d’insécurité alimentaire, les femmes et les filles en étant affectées de manière disproportionnée.Les gouvernements du monde devraient faire pression sur les talibans pour qu’ils mettent fin aux violations des droits humains et devraient également fournir une assistance humanitaire à la population afghane, a déclaré Human Rights Watch. Aucun pays ne devrait renvoyer de force en Afghanistan des personnes qui pourraient y être exposées aux risques de persécutions ou de menaces pour leur vie. Les États membres de l’ONU devraient financer et soutenir le nouveau mécanisme d’enquête indépendant sur l’Afghanistan, dont la création a été décidée en octobre 2025.
04.02.2026 à 06:00
(Nairobi) – Les dirigeants de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ont intensifié leur répression contre les libertés tout en renforçant leur emprise sur le pouvoir en 2025, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui dans son Rapport mondial 2026.
Au Nigeria et au Sahel, les groupes armés islamistes ainsi que les forces gouvernementales et leurs alliés ont attaqué des civils et des infrastructures civiles à répétition. Dans le même temps, les juntes du Sahel ont expulsé les organes régionaux et internationaux et affaibli les institutions chargées de la reddition des comptes en cas d’abus.
« Les dirigeants des juntes militaires dans la région du Sahel ont intensifié leurs actions de répression de la liberté d’expression et d’autres libertés avec peu de considération pour les transitions promises vers la démocratie », a déclaré Mausi Segun, directrice de la division Afrique de Human Rights Watch. « Des efforts de plus grande ampleur doivent être déployés à l’échelle régionale pour forcer les autorités d’Afrique de l’Ouest à ouvrir un espace politique et démocratique et protéger les droits humains de leur citoyens. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36ème édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
Les autorités du Niger et du Mali ont recommandé la prolongation de cinq ans de leurs périodes de transition respectives vers un régime démocratique et ont interdit le multipartisme. Le Tchad a quant à lui aboli la limitation du nombre de mandats présidentiels.Les gouvernements ont continué à restreindre la liberté d’expression, la dissidence et les médias. Au Burkina Faso et au Mali, des journalistes, des activistes et des critiques de la junte ont été arbitrairement détenus, soumis à des disparitions forcées ou illégalement conscrits, alors que des opposants et figures politiques ont été ciblés pour s’être exprimés librement. Au Nigeria, les autorités ont arrêté et poursuivi en justice des journalistes et des utilisateurs de réseaux sociaux, souvent en s’appuyant sur une application large de la loi sur la cybercriminalité. Au Niger, l’ancien président Mohamed Bazoum reste arbitrairement détenu sans avoir eu de procès. Au Tchad, l’ancien premier ministre et dirigeant de l’opposition Succès Masra a été condamné à 20 ans de réclusion sur la base d’accusations à caractère politique.Deux groupes armés islamistes, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jama’at Nusrat al-Islam wa al-Muslimeen, JNIM) et l’État islamique au Sahel (EIS), ont massacré des civils au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Les forces armées burkinabè, les milices progouvernementales, les forces armées maliennes et le groupe Wagner, soutenu par la Russie, et désormais dénommé « Africa Corps », ont exécuté sommairement des civils de l’ethnie peule.Au Nigeria, des attaques mortelles contre les civils de l’État de Borno ont indiqué la résurgence de la faction Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad de Boko Haram, alors que dans le nord-ouest du pays, des gangs de bandits ont continué de perpétrer des meurtres, des enlèvements et des raids violents dans un contexte où le gouvernement ne parvient pas à protéger les communautés ou à faire rendre des comptes aux responsables.Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont poursuivi leur stratégie de désengagement en finalisant leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et en annonçant leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI), mettant gravement en péril l’accès à la justice pour les victimes d’abus.L’Union africaine ainsi que les autres organes régionaux et internationaux doivent déployer davantage d’efforts pour préserver les civils des attaques et violations des droits humains, a déclaré Human Rights Watch.
04.02.2026 à 06:00
(Bangkok) – Le gouvernement chinois a intensifié sa répression dans tout le pays en 2025, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch dans son Rapport mondial 2026.
Le président Xi Jinping a mobilisé le gouvernement de son pays pour imposer une stricte conformité idéologique et une loyauté sans faille envers lui-même et le Parti communiste chinois. Les droits des Tibétains, des Ouïghours et d’autres communautés affichant une identité distincte, notamment les membres d’églises non officielles, font l’objet d’une répression particulièrement sévère. La répression exercée par le gouvernement à Hong Kong s’est également intensifiée.
« Sous la présidence de Xi Jinping, le bilan du gouvernement chinois en matière de droits humains est de plus en plus désastreux, élargissant et intensifiant la répression des libertés fondamentales », a déclaré Maya Wang, Directrice adjointe de la division Asie à Human Rights Watch. « Les gouvernements étrangers se sont montrés largement réticents à s’opposer aux menaces que le gouvernement chinois fait peser sur le système international des droits humains, sans parler de la Chine elle-même. »
Rapport mondial 2026 Rapport abrégé en françaisDans la 36e édition de son Rapport mondial, qui comprend 529 pages, Human Rights Watch examine les pratiques en matière de droits humains dans plus de cent pays. Dans son essai introductif, le directeur exécutif Philippe Bolopion estime que briser la déferlante autoritaire qui est en train de s’abattre sur le monde constitue le défi d’une génération. Le système des droits humains se trouvant menacé comme jamais auparavant par l’administration Trump et les autres puissances mondiales, Philippe Bolopion appelle les démocraties respectueuses des droits et la société civile à construire une alliance stratégique afin de défendre les libertés fondamentales.
Xi Jinping s’est rendu au Tibet en août 2025, puis au Xinjiang, où vivent de nombreux Ouïghours, en septembre 2025, principalement pour illustrer le contrôle strict que son gouvernement exerce sur ces régions. Le gouvernement prévoit d’adopter un projet de loi visant à justifier la répression des minorités, à faciliter le renforcement du contrôle idéologique sur celles-ci et à renforcer leur contrôle à l’étranger. Des milliers d’Ouïghours restent injustement emprisonnés. Le gouvernement a interdit la célébration du 90ème anniversaire du Dalaï Lama, le chef religieux tibétain, au Tibet.La répression s’est rapidement intensifiée au cours des cinq années qui ont suivi l’imposition par les autorités de la loi draconienne sur la Sécurité nationale à Hong Kong. Le dernier parti prodémocratie encore actif à Hong Kong, la Ligue des sociaux-démocrates, a été dissous. Pour la première fois, les autorités ont utilisé la loi sur la Sécurité nationale pour poursuivre à Hong Kong un membre de la famille d’Anna Kwok, leader prodémocratie et personnalité critique qui vit à l’étranger. De nombreux leaders prodémocratie sont toujours emprisonnés, notamment Jimmy Lai, fondateur du journal Apple Daily, aujourd’hui fermé.La campagne du gouvernement chinois visant à « siniser » les religions, c’est-à-dire à les restructurer pour qu’elles propagent l’idéologie du Parti, a conduit à une répression accrue des « églises de maison », ces congrégations protestantes qui refusent de rejoindre l’église officielle. En avril 2025, un tribunal de la province du Shanxi aurait condamné plus d’une douzaine de personnes affiliées à l’église Linfen Golden Lampstand pour « fraude ». En octobre 2025, les autorités ont également arrêté près de 30 membres de l’église Zion, dont son pasteur.Les autorités ont arbitrairement arrêté et emprisonné des personnes pour avoir exercé leurs droits fondamentaux. Alors que les communautés de la diaspora se font de plus en plus entendre contre les abus du gouvernement, Pékin a intensifié ses efforts pour les réduire au silence, en harcelant leurs familles et leurs amis en Chine et en emprisonnant ceux qui reviennent au pays, des actes connus sous le nom de répression transnationale. Parmi les exemples récents, on peut citer l’arrestation de Tara Zhang Yadi, une étudiante et activiste basée en France, et les menaces proférées à l’encontre de cinéastes afin de faire fermer le festival du film IndieChina à New York.Le gouvernement chinois devrait immédiatement mettre fin à ses crimes contre l’humanité et autres violations commises au Xinjiang, abroger les lois sur la sécurité nationale à Hong Kong, autoriser des observateurs indépendants à se rendre au Tibet et au Xinjiang, et libérer les défenseurs des droits humains détenus dans toute la Chine, a déclaré Human Rights Watch.