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Lien du flux RSSHuman Rights Watch NewsHumans Right Watch enquête sur les violations des droits humains commises à travers le monde

23.06.2026 à 18:32

Une action internationale ferme est essentielle pour mettre un terme aux atrocités au Soudan

Human Rights Watch
Click to expand Image Des personnes soudanaises priaient pour les victimes d'une frappe de drone à El-Obeid, dans l'État du Kordofan du Nord, au Soudan, le 12 janvier 2026. Les Forces de soutien rapide (FSR) étaient suspectées d’avoir mené cette attaque, parmi d'autres. © 2026 El Tayeb Siddig/Reuters

Le 20 juin, le Conseil de sécurité des Nations Unies a signalé un « risque imminent d’atrocités de masse » à El-Obeid, la capitale de l’État du Kordofan du Nord, dans l’ouest du Soudan ; cette région est depuis des mois l’épicentre de combats acharnés entre les Forces de soutien rapide (FSR) et les Forces armées soudanaises (FAS).

Ce conflit, qui a éclaté en avril 2023, a déjà fait des dizaines de milliers de morts, contraint des millions de personnes à fuir leurs foyers et provoqué l’une des pires catastrophes humanitaires au monde.

Le 18 juin, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a également lancé un « avertissement sévère » concernant le risque de nouvelles atrocités, alors que les FSR encerclaient El-Obeid selon les médias.

Lors de sa réunion concernant le Soudan prévue le 26 juin, le Conseil de sécurité devrait examiner la prise de mesures urgentes visant à empêcher les attaques des FSR. Le Conseil devrait imposer de nouvelles sanctions à l’encontre des commandants des FSR et de leurs principaux partisans, notamment aux Émirats arabes unis.

Tout au long du conflit, les FSR ont bénéficié d’un soutien militaire apporté par les EAU. Human Rights Watch a récemment révélé que des centaines de contractuels militaires privés colombiens, apparemment engagés par une société émiratie, ont transité par des installations militaires aux EAU avant d’être déployés au Soudan pour soutenir les FSR.

Certains gouvernements haussent le ton face à la multiplication des atrocités et des crimes de guerre au Soudan. Le 18 juin, au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève, la Norvège, s’exprimant au nom de la Coalition pour la prévention des atrocités et la justice au Soudan, a exhorté les FSR à « cesser immédiatement » leur assaut contre El-Obeid.

Le soutien des Émirats arabes unis aux FSR doit être mis en lumière. Les preuves de plus en plus nombreuses du soutien matériel apporté par les EAU aux FSR ont conduit à des appels de plus en plus pressants pour que des pressions soient exercées sur ce pays. Les dirigeants du monde entier, en particulier les dirigeants africains et les membres de la Coalition susmentionnée, devraient rompre leur silence sur le rôle insidieux joué par les EAU dans l’attisement de ce conflit, et exiger que ce pays cesse de soutenir les FSR ; à l’inverse, les Émirats devraient user de leur influence sur les FSR pour empêcher de nouvelles atrocités.

L’heure est venue pour les gouvernements de montrer qu’ils se soucient du sort des civils soudanais, en agissant pour empêcher que les ceux-ci ne continuent de payer un prix incommensurable du conflit.

L’heure est venue pour les gouvernements de montrer qu’ils se soucient du conflit soudanais, en agissant pour empêcher que les civils ne continuent de payer un prix incommensurable.

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Articles

L’Orient Le Jour

23.06.2026 à 01:00

Cambodge : Des aveux obtenus sous la contrainte réduisent au silence des activistes et opposants

Human Rights Watch
Click to expand Image Des prisonniers cambodgiens transportés dans un fourgon pénitentiaire étaient emmenés au Tribunal municipal de Phnom Penh, au Cambodge, le 17 mars 2022. © 2022 AP Photo/Heng Sinith Le gouvernement cambodgien recourt systématiquement à des moyens coercitifs pour obtenir et diffuser des aveux d’opposants politiques et d’activistes détenus, afin de nuire à leur réputation politique.En poussant des activistes à rejoindre le parti au pouvoir, les autorités cherchent à les discréditer et à consolider davantage un régime de parti unique.Le gouvernement cambodgien devrait abandonner les accusations à motivation politique, annuler les condamnations injustifiées et libérer immédiatement et sans condition les activistes et les opposants politiques détenus à tort.

(Bangkok) – Le gouvernement cambodgien recourt systématiquement à des moyens coercitifs pour obtenir et diffuser des aveux d’opposants politiques et d’activistes détenus, afin de nuire à leur réputation politique, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Ces mauvais traitements s’inscrivent dans le cadre d’une campagne menée depuis une décennie par le gouvernement contre ses opposants politiques, rendue possible par un système judiciaire contrôlé par le gouvernement et par des médias alignés sur les positions de l’État.

Ces dernières années, les autorités cambodgiennes ont fréquemment porté des accusations pénales sans fondement contre des membres de partis d’opposition et des activistes, afin de les contraindre ensuite à présenter des excuses publiques et à rejoindre le Parti populaire cambodgien (PPC), parti au pouvoir, en échange de leur libération. Les médias proches du PPC publient régulièrement des vidéos ou des déclarations de ces aveux obtenus sous la contrainte, afin de discréditer ces activistes politiques.

« Le parti au pouvoir au Cambodge menace les activistes politiques de poursuites pénales absurdes, puis les contraint à avouer des crimes inventés de toutes pièces pour obtenir leur libération », a déclaré Bryony Lau, directrice adjointe de la division Asie à Human Rights Watch. « En poussant des activistes à rejoindre le PPC, les autorités cherchent à les discréditer et à consolider davantage un régime “de facto” de parti unique. »

Human Rights Watch a examiné plus de 140 vidéos et reportages de médias relatant des excuses publiques et des aveux d’activistes au cours de la dernière décennie, et a mené des entretiens avec neuf personnes, dont des activistes, des membres de l’opposition politique, des proches de détenus et des avocats de la défense. Human Rights Watch n’a pas révélé publiquement l’identité de ces personnes, afin d’assurer leur protection. 

Les aveux obtenus sous la contrainte sont souvent filmés, et dans de nombreuses vidéos, les activistes font face à la caméra, vêtus d’uniformes de prisonniers orange ou bleus. Dans plusieurs vidéos, il semble que les activistes lisent des déclarations préparées à l’avance. Ces « aveux » s’accompagnent souvent d’excuses pour des crimes présumés liés à leurs activités politiques, ainsi que de demandes d’adhésion au parti au pouvoir.

Les activistes et les membres des partis d’opposition font de plus en plus l’objet d’accusations forgées de toutes pièces et subissent des pressions pour qu’ils changent de camp depuis que le dirigeant de longue date, Hun Sen, a quitté ses fonctions de Premier ministre et cédé son poste à son fils, Hun Manet, à l’issue des élections de 2023, entachées de graves irrégularités. Sous la direction du Premier ministre Hun Manet, le gouvernement a poursuivi sa répression contre l’opposition politique, les activistes environnementaux et sociaux, ainsi que toutes les formes de dissidence dans le pays. Des aveux forcés sont fréquemment adressés à Hun Sen, désormais président du Sénat, ainsi qu’à Hun Manet. 

« Ils sont venus me voir en prison et m’ont dit : “Si tu rejoins le PPC, ils te laisseront sortir d’ici” », a déclaré un activiste. Un avocat qui représente plusieurs opposants au gouvernement actuellement en détention a déclaré : « Parmi mes clients qui sont des activistes politiques, 100 % d’entre eux subissent des pressions pour avouer et rejoindre le parti au pouvoir afin d’être libérés. » 

Le contrôle exercé par le parti au pouvoir sur le pouvoir judiciaire permet l’utilisation abusive de poursuites pénales à l’encontre des activistes politiques, qui sont souvent inculpés d’« incitation à commettre un crime », un chef d’accusation passible d’une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison. En 2022, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a conclu que les articles du code pénal cambodgien relatifs à l’incitation « sont libellés en des termes imprécis et excessivement [vagues] ».

Ces dernières années, le gouvernement a également inculpé des activistes de l’opposition pour « complot visant à attaquer l’État », une infraction plus grave passible de 5 à 10 ans de prison. 

L’absence d’indépendance judiciaire au Cambodge facilite les aveux obtenus sous la contrainte, car les tribunaux ne sont jamais intervenus pour mettre fin à des poursuites à motivation politique. Le parti au pouvoir contrôle le système judiciaire cambodgien depuis des décennies, les juges et les procureurs occupant des postes de haut niveau au sein du parti, notamment le président de la Cour suprême du Cambodge, qui est membre du Comité central influent du PPC. 

« Les juges sont des hauts responsables du PCC, ce sont tous des responsables du PCC », a déclaré un avocat. « Il n’y a donc aucun moyen de garantir que justice soit faite. »

En 2024, lors du dernier Examen périodique universel (EPU) du Cambodge, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a recommandé au gouvernement d’améliorer l’indépendance des juges et des procureurs et de garantir le droit à un procès équitable, soulignant que ces droits n’étaient pas respectés. Le gouvernement a accepté, au cours du processus d’examen, une recommandation visant à « poursuivre l’application des mesures visant à garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire », mais les tribunaux cambodgiens restent subordonnés au parti au pouvoir. 

Une fois que les membres de partis d’opposition et autres activistes sont arrêtés et inculpés, ils sont presque toujours placés en détention provisoire et se voient refuser la liberté sous caution. Les prisons cambodgiennes sont notoirement surpeuplées, et des détenus ont décrit des conditions de détention déplorables, notamment un manque d’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins médicaux, ainsi que de tortures et d’autres mauvais traitements. 

En mai 2022, le Comité des droits de l’homme des Nations Unies, qui veille au respect du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), a recommandé au gouvernement cambodgien de « réduire sensiblement la surpopulation dans les prisons » et de « redoubler d’efforts pour améliorer les conditions de détention ». Pourtant, depuis lors, le problème de la surpopulation carcérale s’est aggravé.

Plusieurs activistes ont déclaré que les conditions de détention difficiles exerçaient une pression supplémentaire pour les pousser à avouer. « Nous dormons entassés comme des sardines, il n’y a pas de place pour s’allonger », a déclaré un activiste politique, précisant qu’il devait verser entre 200 et 250 dollars US de pots-de-vin chaque mois pour obtenir une nourriture suffisante et des produits d’hygiène. 

De nombreuses excuses et aveux obtenus sous la contrainte sont enregistrés puis diffusés sur Fresh News, un média proche du gouvernement qui sert de porte-parole au PCC. Au cours de la dernière décennie, Fresh News a diffusé au moins 90 aveux enregistrés, dont beaucoup ont été enregistrés en prison avec des activistes vêtus d’uniformes pénitentiaires.

Un activiste qui a été arrêté, puis a avoué en échange de sa libération, a déclaré que la diffusion publique de ses aveux avait entraîné la méfiance et la discrimination de la part de ses anciens collègues et amis : « Il y a l’isolement, la solitude, le désespoir… les gens cessent de vous parler, d’interagir avec vous. Vous êtes sur la liste noire. »

Le gouvernement cambodgien devrait abandonner les poursuites à motivation politique, annuler les condamnations injustifiées et libérer immédiatement et sans condition les activistes et les responsables politiques de l’opposition détenus à tort, a déclaré Human Rights Watch.

« Depuis des années, les aveux forcés obtenus par les autorités cambodgiennes tournent en dérision le droit à un procès équitable et les libertés politiques dans ce pays », a conclu Bryony Lau. « Si ces aveux, conçus pour la télévision d’État, se poursuivent, personne au Cambodge ni à l’étranger ne devrait prendre au sérieux les élections communales de 2027 ni les élections nationales prévues en 2028. »

Suite détaillée en ligne en anglais.

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22.06.2026 à 23:14

Syrie : Attaques de foules contre des groupes liés à l’ère Assad

Human Rights Watch
Click to expand Image Des forces du nouveau gouvernement syrien circulaient sur une route de la ville de Lattaquié, dans l’ouest de la Syrie, le 9 mars 2025, quatre mois après la chute de l’ex-président Assad. © 2025 Omar Haj Kadour/AFP via Getty Images

(Beyrouth) – Des manifestations menées en Syrie entre le 13 et le 17 juin afin de réclamer la justice pour les crimes commis sous le régime d’Assad ont coïncidé avec plusieurs attaques perpétrées par des foules d’auto-justiciers et des incitations à la haine fondées sur des critères identitaires, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch.

Les manifestations se sont étendues aux gouvernorats d’Alep, d’Idlib, de Deir Ezzor, de Raqqa et de Damas. Les autorités syriennes devraient veiller à ce que les forces de sécurité protègent les personnes accusées d’avoir des liens avec l’ancien gouvernement contre toute attaque menées dans un esprit de justice populaire.

« Les massacres et les meurtres de membres de minorités religieuses syriennes en 2025 montrent à quelle vitesse le ciblage d’individus se transforme en punition collective de communautés entières », a déclaré Hiba Zayadin, chercheuse senior sur la Syrie à Human Rights Watch. « Les Syriens ont certes le droit de demander la justice, mais la justice ne devrait jamais servir de prétexte pour s’en prendre à des personnes simplement en raison de leur religion ou de leurs origines. Les autorités syriennes devraient tracer clairement cette ligne de démarcation. »

Le 16 juin, des dizaines de manifestants à Damas sont entrés dans le quartier de Mazzeh 86, et ont tenté de pénétrer dans le quartier d’Ush al-Warwar, tous deux à majorité alaouite. Les médias locaux ont fait état de de personnes blessées et de dégâts matériels à Mazzeh 86, tandis que les forces de sécurité ont bouclé Ush al-Warwar pour empêcher les manifestants d’y pénétrer.

Un commerçant de Mazzeh 86, qui a demandé à rester anonyme par crainte pour sa sécurité, a déclaré à Human Rights Watch que plusieurs hommes en civil, le visage couvert d’un keffieh, avaient attaqué son magasin dans la soirée du 16 juin. Il a indiqué avoir reconnu certains de ces hommes pour les avoir déjà croisés à plusieurs reprises dans le quartier, occasions lors desquelles ils avaient interpellé, insulté et frappé des habitants accusés d’être alaouites.

« Ils n’ont rien laissé intact », a déclaré le commerçant. Les hommes ont brisé les vitrines de son magasin, endommagé les fenêtres, arraché les rideaux et tiré des coups de feu à l’intérieur ; aucune balle ne l’a touché, a-t-il ajouté, mais les hommes l’ont frappé à coups de matraques électriques et l’ont poignardé, tout en lui lançant des insultes sectaires.

Ce commerçant a estimé que les dégâts causés à son magasin s’élevaient à environ 1 000 dollars US. Il a déclaré que des hommes qu’il pensait appartenir au même groupe étaient revenus plus tard et l’avaient emmené à l’hôpital al-Mouwasat pour qu’il y soit soigné. Human Rights Watch a examiné des photographies corroborant son récit des blessures physiques, montrant un œil au beurre noir, une plaie de couteau au bras, recousue, et des ecchymoses sur le dos et les bras.

Une habitante de Mazzeh 86, qui a également demandé à rester anonyme, a déclaré que, cette même nuit, une foule de 300 à 400 personnes s’était rassemblée au pied de la colline menant au quartier, l’empêchant d’entrer par l’entrée principale où se situe un poste de contrôle géré par des agents de la Sécurité générale syrienne. Elle est entrée par un autre chemin et a vu des hommes masqués et des agents de sécurité arpenter les rues. Elle a indiqué que les hommes masqués l’avaient interpellée, mais l’avaient laissée passer quand ils ont vu qu’il s’agissait d’une femme.

Human Rights Watch a aussi géolocalisé et vérifié deux vidéos filmées à Ush al-Warwar et publiées sur les réseaux sociaux le 15 juin, entre 22 h 30 et 23 h. Elles montrent des foules scandant des insultes vulgaires anti-alaouites sur la route principale menant à l’entrée du quartier, qui avait été bloquée par la Direction de la sécurité routière du ministère de l’Intérieur. D’autres vidéos prises au même endroit montrent la présence des forces de sécurité alors qu’une foule se rassemblait.

À Salqin, dans la province d’Idlib, des médias ont rapporté que des assaillants non identifiés avaient saccagé des commerces appartenant à des personnes accusées d’être des partisans de l’ancien gouvernement. L’Agence France-Presse, citée par Arab News, a fait état de menaces circulant en ligne à l’encontre d’anciens combattants paramilitaires présumés pro-Assad à Lattaquié.

Human Rights Watch a également examiné des vidéos documentant des violences collectives à l’encontre de deux hommes accusés d’avoir des liens avec l’ancien gouvernement. Plusieurs vidéos géolocalisées montrent un homme âgé, identifié comme étant Shukri Kayali, accusé d’être un ancien combattant paramilitaire pro-gouvernemental, ensanglanté et partiellement déshabillé, traîné dans les rues de Kafr Takharim, dans la province d’Idlib, puis abandonné au pied d’une tour de l’horloge locale. Selon les médias, Shukri Kayali est décédé à la suite de cette agression.

Une autre vidéo, publiée sur les réseaux sociaux vers 2 h 30 du matin le 15 juin, montre le corps sans vie d’un homme identifié comme étant Fadi Rabou, lui aussi accusé d’être un ancien combattant paramilitaire, tandis que des hommes dans la foule criaient « Allahu Akbar » (« Dieu est grand »). Plusieurs comptes sur les réseaux sociaux ont rapporté que le meurtre avait eu lieu dans le quartier d’al-Sheikh Talat, dans la ville d’Idlib. Human Rights Watch n’a pas pu géolocaliser de manière indépendante ces images, ni confirmer la mort de l’un ou l’autre de ces hommes sur la seule base de ces séquences vidéo.

Les autorités syriennes ont déployé des forces de sécurité dans certains quartiers marqués par des tensions à mesure que les troubles se propageaient, bloquant notamment l’accès à Ush al-Warwar, et les manifestations se sont depuis apaisées. Mais les tensions sous-jacentes qui ont poussé la population à descendre dans la rue restent sans solution, a déclaré Human Rights Watch.

La Commission d’enquête internationale indépendante des Nations Unies sur la Syrie a identifié l’absence d’un cadre juridique clair en matière de justice comme l’un des facteurs à l’origine de la poursuite des violences dans le pays, une lacune que les autorités syriennes ont reconnue. Le 15 juin, la Commission nationale syrienne pour la justice transitionnelle a déclaré que les sanctions collectives étaient incompatibles avec la justice. Le même jour, le ministère syrien de l’Intérieur a indiqué qu’il détenait près de 6 000 militaires et agents de sécurité de l’ère Assad et a exhorté les citoyens à fournir des preuves par les voies officielles plutôt que d’agir de leur propre chef.

Les autorités devraient enquêter d’urgence sur les auteurs des attaques violentes commises en juin, veiller à ce que les personnes incarcérées soient détenues dans des conditions sûres et conformes à la loi, et procéder systématiquement à des déploiements de protection en cas de nouvelles tensions. Ces attaques ont aussi démontré l’urgence de renforcer la confiance du public dans des procédures judiciaires indépendantes concernant les crimes de l’ère Assad, ainsi que d’autres crimes internationaux graves commis en Syrie.

Les autorités devraient mettre en place des réformes législatives exhaustives afin de permettre des poursuites efficaces, tout en garantissant le respect des normes internationales en matière de droits humains et de procès équitable, a déclaré Human Rights Watch. Elles devraient également protéger activement l’espace civique, et consulter les acteurs de la société civile syrienne et les associations de victimes de jouer au sujet des processus judiciaires. Cela implique notamment de clarifier la stratégie des autorités, ainsi que le calendrier et les modalités des consultations à l’échelle nationale ; les autorités devraient prévoir de manière significative la participation de la société civile à l’élaboration et au fonctionnement des institutions, y compris la Commission nationale pour la justice transitionnelle.

« Tant que les notions de vengeance et de justice seront confondues, le nombre de victimes croîtra et il sera difficile de mener à bien le processus de reddition de comptes », a conclu Hiba Zayadin.

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