LePartisan.info

MÉDIAS

Lien du flux RSSdesk russieDesk-Russie promeut et diffuse des informations et des analyses de qualité sur la Russie et les pays issus de l’ex-URSS


Texte intégral (3250 mots)

Quand la Finlande affronta l’Union soviétique en 1939, elle n’avait qu’une chance sur mille de survivre. Elle perdit la guerre, et 11 % de son territoire dans le traité de Moscou de mars 1940, puis des terres supplémentaires dont la région de Petsamo en 1944-1947. Mais elle préserva son indépendance, là où les pays baltes étaient absorbés. C’est ce miracle-là – non pas la victoire militaire, mais la survie nationale contre une superpuissance – qui fit de la Guerre d’Hiver un cas d’école de la résilience. Quelques décennies plus tard, l’Ukraine traverse une épreuve similaire : une puissance impériale voisine tente de la nier dans son existence.

Le cadre transformationnel : Diamond et les 12 facteurs de crise

Dans son essai Upheaval (2019), Jared Diamond applique un cadre issu de la thérapie de crise individuelle à des nations en péril. Douze facteurs expliquent pourquoi la Finlande a su transformer l’urgence en opportunité, dont : reconnaissance claire du danger, acceptation collective de la responsabilité, isolement des priorités stratégiques, mobilisation d’aides extérieures, adoption de modèles étrangers probants, narration d’espoir incarnée par le concept finlandais de Sisu – cette obstination stoïque, mot intraduisible qui condense courage, ténacité et volonté.

Selon l’analyse publiée dans Yggdrasille Book Review (juin 2022), peu après l’invasion à grande échelle de février 2022, ce même cadre s’applique désormais à l’Ukraine : reconnaissance immédiate de la menace existentielle dès 2014 (annexion de Crimée), confirmation en 2022, coordination sans précédent entre gouvernement et société civile, aide massive d’une coalition occidentale, apprentissage rapide tiré de l’expérience du Donbass. Chaque facteur trouve son écho dans la trajectoire ukrainienne, même si cette dernière ne suit pas une ligne droite – elle comporte aussi des moments d’errance et de revers politiques.

Comme l’observait déjà le Wall Street Journal dès la sortie du livre en 2019, « cette section sur la Finlande était une lecture absolument fascinante à la lumière de l’invasion russe actuelle de l’Ukraine ».

Le témoin humain : Norek et la figure de Simo Häyhä

Le roman d’Olivier Norek, Les guerriers de l’hiver (2024), ancre cette analyse systémique dans la chair des hommes. Le Finlandais Simo Häyhä, surnommé « la Mort blanche », incarne une résistance concrète, silencieuse, efficace. Dans l’un des passages clés du livre, Norek écrit : « La légende de Simo Häyhä, la Mort blanche. Mais la vengeance ne répare rien, ne ressuscite personne : elle remplit le vide de l’absence, elle donne un but pour ceux qui restent, mais elle ne comble jamais le manque laissé par le tir silencieux du tireur d’élite finlandais. » 

Cette citation résume une vérité essentielle : la résilience finlandaise n’était pas une vengeance aveugle, mais une action délibérée, calibrée, orientée vers la survie et la reconstruction. Le Sisu n’est pas l’endurance passive – c’est la force de continuer malgré tout, avec un projet. Norek le précise dans son passage à La Grande Librairie : « Parce qu’il est intraduisible, c’est devenu un mot-valise. Il parle d’obstination, de courage, de ténacité, de volonté. C’est l’âme de la Finlande. » 

vinizky simo
Mestariampuja Simo Häyhä «  »Saharan kauhun » » komppaniasta

Du Sisu à la Volya : deux moteurs culturels de la résilience

Mais si le Sisu finlandais est le moteur culturel de la résistance, l’Ukraine possède son propre concept – la Volia (воля) – qui enrichit et prolonge le parallèle.

Le Sisu finlandais est tourné vers l’endurance : c’est la capacité stoïque de puiser dans une réserve cachée d’énergie quand tout semble perdu. Presque magique, il désigne cette persévérance tenace face à l’adversité, popularisée mondialement pendant la Guerre d’Hiver de 1939-40. Comme l’explique Emilia Lahti, chercheuse en psychologie, le Sisu est « un potentiel psychologique qui permet d’accéder à une force au-delà des ressources préconçues ». Le Sisu pousse à tenir.

La Volia ukrainienne va plus loin. Mot à double sens, elle signifie à la fois « liberté » et « volonté ». Selon l’ambassade d’Ukraine, c’est « la force motrice intérieure pour surmonter tous les obstacles ». La Volia ne se contente pas d’endurer – elle projette. Elle est choix conscient d’agir, désir d’autodétermination collective, détermination à se libérer. Elle ne dit pas seulement « je tiens », mais « je choisis, donc je suis libre ».

Cette distinction est fondamentale pour notre propos. Le Sisu finlandais a permis à la Finlande de survivre à l’invasion soviétique – et c’est un exploit immense. La Volia ukrainienne, elle, ne vise pas seulement la survie mais l’émancipation : intégration européenne, démocratie participative, identité nationale assumée. C’est une résilience orientée, non simplement stoïque.

vinizky maidan
Défenseurs du Maïdan, le 22 janvier 2014. Photo : Iouri Timofeïev / Grani.ru

L’archétype culturel russe : la Khovanchtchina de Moussorgski

À l’opposé de ces deux paradigmes actifs, la Khovanchtchina de Moussorgski capte depuis le XIXᵉ siècle l’archétype culturel russe. Dans l’Acte III, scène 5, le boyard Chaklovity, face aux streltsy endormis, exprime l’angoisse d’un pouvoir qui sent sa légitimité vaciller. Mais c’est le chœur de l’Acte I – « Akh ty, Rodnaïa, Matouchka Rous’ » – qui résume le plus clairement l’attitude fataliste : la souffrance du peuple comme destin accepté, non comme défi à transformer.

« Ah, toi, mère Russie natale !
Tu es dans le chagrin et la détresse, dans des calamités effroyables…
Tes fils pleurent, ton peuple souffre… »

Le peuple russe pleure, souffre, endure – mais sans questionnement, sans projet alternatif. Cette intériorisation de la douleur comme condition permanente constitue une formidable inertie culturelle. C’est ce que la production du Grand Théâtre de Genève (mars 2025), mise en scène par Calixto Bieito, a souligné avec force : une esthétique anarchique, presque brutale, qui renforce la tension entre modernité imposée et tradition subie.

La réception critique fut unanimement positive. La mise en scène de Bieito accentue précisément cette ambiguïté : Chaklovity n’est ni un héros ni un vilain, mais un personnage tragique pris dans un système qui consume ceux qui tentent de le réformer. Son monologue devient alors une prière désespérée, non un appel à l’action.

vinizky gtg2
Khovanchtchina, mise en scène de Calixto Bieito, 2025 // Grand Théâtre de Genève, capture d’écran de la bande-annonce

Fatalisme russe : de Chaklovity à la Russie contemporaine

Ce qui frappe dans le conflit Ukraine-Russie, c’est que ces trois modèles coexistent dans un même espace géopolitique. La question centrale devient alors : comment la culture politique russe contemporaine s’inscrit-elle dans la lignée chaklovitienne ?

Les chiffres sont glaçants. Selon les estimations convergentes de Mediazona/Meduza (mai 2026), du Wall Street Journal (février 2026) et du CSIS (2026), les pertes militaires russes s’élèvent à un chiffre oscillant entre 325 000 et 450 000 morts depuis février 2022, pour un total de 1,1 à 1,5 million de tués et blessés. Ces pertes dépassent celles de tous les conflits soviétiques et russes combinés depuis la Seconde Guerre mondiale – l’Afghanistan (1979-1989) avait coûté environ 15 000 vies en dix ans. Et pourtant, la société russe absorbe ce choc sans soulèvement, sans fraternisation notable, sans rupture du pacte social.

Ce fait est en lui-même la manifestation la plus pure du modèle chaklovitien. La souffrance n’est pas contestée, elle est sacralisée. La rhétorique officielle de Moscou instrumentalise ce sacrifice comme élément identitaire : la guerre présentée comme « guerre sacrée », les pertes transformées en martyre collectif, la résistance internationale interprétée comme persécution satanique. L’opération lancée en février 2022 s’inscrit dans cette logique : la Russie protège le monde orthodoxe contre une décadence occidentale, quitte à vider ses propres rangs.

L’historienne Françoise Thom, contributrice régulière de Desk Russie, a analysé comment la res sovietica persiste au-delà de l’effondrement de 1991 .Le pouvoir actuel reprend à son compte cette vision où la nation russe est condamnée à souffrir pour accomplir une mission historique.

Ce paradoxe est typique du modèle chaklovitien : la soumission à la souffrance comme forme de supériorité morale. Contrairement au Sisu finlandais – qui est une énergie créatrice orientée vers la survie active – et à la Volia ukrainienne – qui est une force d’émancipation projetée vers la liberté –, la résilience russe devient alors une résignation sacralisée. Le peuple accepte le sacrifice, le dirigeant le présente comme nécessaire, l’opposition est discréditée comme traître à l’essence nationale. Les centaines de milliers de morts ne provoquent ni regard critique ni remise en question : ils confirment au contraire la vocation martyrologique de la nation.

Ukraine : laboratoire de la résilience transformationnelle

L’Ukraine choisit activement la voie finlandaise – et l’enrichit. Reconnaissance de la crise dès 2014, identité nationale assumée, pare-feu occidental construit, recherche de modèles démocratiques, intégration européenne accélérée. Chaque facteur de Diamond trouve son équivalent concret :

  • Réforme digitale – application Diia pour les démarches administratives pendant la guerre
  • Décentralisation militaire – unités locales formées et autonomes
  • Coordination civile-militaire – bénévolat massif pour l’approvisionnement des fronts
  • Narratif de reconstruction – plan Marshall ukrainien dès 2023

Au centre de ce mouvement se dresse Volodymyr Zelensky. Ce président-comédien devenu leader de guerre a acquis, depuis l’invasion à grande échelle de février 2022, une stature comparable à celle de Winston Churchill en 1940. Sa détermination inlassable, sa capacité à mobiliser une coalition internationale et son refus catégorique de toute capitulation ont fait de lui la figure emblématique de la résistance ukrainienne – l’incarnation vivante de la Volia.

Mais ce Churchill ukrainien n’est pas infaillible. En juillet 2026, Zelensky a commis une erreur majeure en limogeant Mykhaïlo Fedorov, ministre de la Défense et architecte des réformes technologiques de l’armée, au motif de tensions avec le commandement militaire. Des manifestations ont éclaté à Kyïv, des analystes ont dénoncé une « blessure auto-infligée ». Et pourtant, Zelensky n’a ni nié l’erreur, ni blâmé les manifestants. Il a maintenu sa ligne – défense du territoire, intégration européenne, refus de la soumission. C’est la différence fondamentale avec le modèle chaklovitien : dans le cadre diamondien, l’erreur n’est pas une faiblesse, elle devient un signal d’ajustement. La Volia n’est pas l’infaillibilité – c’est la capacité à se corriger sans renoncer.

Deux cultures de la résilience, deux destins possibles

Ce qui distingue fondamentalement la Finlande de 1939, l’Ukraine contemporaine et la Russie de Poutine, c’est la relation à la souffrance. Pour la Finlande, la douleur est un signal d’action – le Sisu comme carburant d’endurance. Pour l’Ukraine, elle est un signal d’émancipation – la Volia comme force projective vers la liberté. Pour la Russie, elle devient une identité – la soumission comme vertu.

La Finlande de 1939 nous apprend qu’une petite nation peut survivre à une superpuissance. L’Ukraine contemporaine teste aujourd’hui une hypothèse plus ambitieuse : une petite nation peut non seulement survivre, mais se transformer en profondeur – démocratiquement, institutionnellement, culturellement. Et si les 12 facteurs de Diamond s’y appliquent effectivement, alors l’enjeu dépasse la guerre : c’est un laboratoire de résilience nationale qui s’ouvre pour le XXIᵉ siècle.

Le contraste ultime demeure le plus significatif : l’Ukraine cherche son avenir dans l’intégration européenne, la Finlande l’a trouvé dans cette même direction en 1939, la Russie reste prisonnière de cette logique chaklovitienne où la souffrance est l’horizon indépassable de la nation. Moussorgski est mort avant d’achever la Khovanchtchina, mais les versions qui suivent (Rimski-Korsakov, Chostakovitch) convergent vers une fin tragique : Dossifeï et ses partisans, Marfa, Andreï et les vieux-croyants périssent dans les flammes d’une chapelle en feu, se condamnant eux-mêmes au suicide collectif plutôt que de céder à la modernité imposée par Pierre le Grand. C’est une apothéose autolytique, une extinction volontaire – pas une ouverture.

Peut-être que l’Ukraine, portée par sa Volia, écrit aujourd’hui une troisième fin possible à cette histoire russe : celle où la nation ne choisit ni l’autodestruction du fanatisme religieux, ni la soumission au fatalisme impérial, mais la rédemption par l’émancipation. Moussorgski n’a pas imaginé cette fin-là. L’Ukraine l’écrit devant nos yeux.

<p>Cet article De la Finlande à l’Ukraine : deux cultures de la résilience face à l’invasion russe a été publié par desk russie.</p>

20.09.2026 à 21:06

Deux poèmes du calendrier

Evguenia Berkovitch&nbsp;et&nbsp;Nastasia Dahuron

Depuis trois ans et quatre mois, Jénia Berkovitch est emprisonnée pour un spectacle. À l’occasion de la parution en français de ses poèmes anti-guerre et écrits en prison, nous publions deux textes inédits.

<p>Cet article Deux poèmes du calendrier a été publié par desk russie.</p>


Texte intégral (964 mots)

Cela fait trois ans et quatre mois que Jénia Berkovitch – figure emblématique désormais des répressions exercées par le Kremlin contre les voix dissidentes en Russie – est privée de liberté, accusée dans un procès monté de toutes pièces d’« apologie du terrorisme » pour un spectacle que sa consœur Svetlana Petriïtchouk et elle ont écrit et monté, et qui s’attelle justement à dénoncer la situation des femmes russes qui épousent sur Internet des djihadistes. Alors que vient de paraître en français le premier recueil à rassembler les poèmes anti-guerre et les vers écrits en prison de Jénia Berkovitch, nous publions deux inédits, partagés cet été par son amie Katerina Gordeïeva sur Telegram, et faisant partie d’un « cycle de poèmes du calendrier ».

День защиты детей

Гуля приносит Ляле
Лепешку с сыром и ветчиной,
С хорошую тыкву величиной.
Гуля не Ной, на ее ковчеге закон иной:
Не соваться в воду, не зная броду,
И каждой твари по бутерброду.
Гуля теряет дни,
Гуля теряет нить,
Но Гуля с детства кого-то кормит,
И этого даже зоне не изменить. 

Она уже не думает о халяле,
Просто несется к Ляле
С таким нефиговым куском свиньи. 
Гуле нужны свои,
Гуле нужна команда.
Но здесь не будет другой семьи,
Другого горячего Самарканда. 

Гуле нужна кастрюля с широким дном,
Но здесь только пластиковая плошка
Ляля на смене,
Гуля на выходном,
Значит,
Она заботится об одном:
Чтобы к вечеру не сорвалась кормежка.

Плов из тушенки почти готов
Гуля немножко плачет.
Она вспоминает дом,
Ленивого мужа,
Пять белозубых ртов, 
Бутыль в оплетке,
Двух попугаев в клетке,
Но здесь только Ляля,
Которая села по малолетке. 
Смирнова Алина Юрьевна,
Русская,
Солевая,
Вечно голодная,
Готовая жрать не переставая,
И засыпать на каждом свободном стуле.
Восемь лет запросили, четыре дали.
Сорок два килограмма в Ляле
Сто тридцать в Гуле. 
И Гуля любит ее
Всей своей необъятной тушей. 
Гуля кормит ее,
Не душу ее, но тело
– Ты покушала?
– Да, поела. 
– Это прекрасно, что ты поела. 
Теперь покушай.

26.05.26
La Journée mondiale de l’enfance

Goulia donne à Lialia
Un pain plat au fromage et au jambon,
Aux dimensions d’un gros potimarron.
Goulia, c’est pas Noé, son arche a d’autres lois :
Qui ne sait pas nager ne saute pas à l’eau,
Et une tartine pour chaque bestiau.
Goulia, ses jours défilent,
Goulia, elle perd le fil,
Mais Goulia nourrira toujours quelqu’un,
Et ça, même la prison n’y changera rien.

Elle ne se demande plus si c’est halal,
S’élance vers Lialia
Avec un bon gros bout de charcuterie.
Goulia veut ses chéris,
Goulia veut toute une bande.
Mais on ne trouve pas d’autre famille ici,
Ni d’autre incandescente Samarcande.

Goulia veut une cocotte à large fond,
Or à part un plat en plastique ici y a rien
Lialia est au turbin,
Goulia est en congé,
Et donc
La préoccupe une seule question :
Il faut qu’il y ait ce soir de quoi manger.

Le riz pilaf à la viande en conserve est presque prêt
Elle a les larmes aux yeux.
Goulia se rappelle la maison,
Son mari paresseux,
Les cinq bouches aux dents blanches,
La bouteille tressée,
Les deux perruches en cage,
Mais ici elle n’a que Lialia
Incarcérée mineure d’âge :
Alina Yourievna Smirnova,
Une Russe,
Une tox,
Vorace,
Une affamée qui bouffe sans cesse,
Et pique un somme sur chaque chaise.
Huit ans requis, quatre ans de pris.
Lialia en kilos c’est quarante
Dans Goulia il y en a cent trente.
Et Goulia l’aime tant
De toute sa carcasse immense.
Goulia la nourrit tant,
Pas son âme, mais son ventre.
– Tu as mangé ?
– Oui, j’ai dîné.
– C’est magnifique, tu as dîné.
Maintenant mange.

26/05/2026
День России

Марьям поёт, поёт, уверенно не слишком. Люблю тебя, люблю, великая земля. Марьям поёт, поёт, а Родине не слышно, ни тем, что за бортом, ни тем, что у руля.Не видят небеса, не принимают недра, граница на замке, не приближайся к ней. Марьям поёт, поёт, старательно и нервно, в пластмассовом венке, чтоб Родине видней.Марьям не может петь, она дошла до ручки,она уже хрипит, она уже в слезах. Марьям кричит: «Ура!» Марьям орёт: «Я русский!» Но Родине плевать, кто русский, кто казах. Марьям взлетает вверх, как розовая птица. Она не просто так, она за нашу честь. Двенадцатый отряд гордится ей, гордится…А Родина чего? Он Родина и есть.



La Journée de la Russie

Mariam chante, chantonne, un peu en bredouillant. Je t’aime, oui, je t’aime, immense, immense terre. Chante, chante Mariam, mais la Patrie n’entend ni ceux par-dessus bord, ni ceux tenant la barre.Les cieux l’oublient, Mariam, la chassent les entrailles – la frontière est sous clef, ne t’en approche pas. Mariam chante, chantonne, anxieuse elle bataille, ornée de fausses fleurs – que la Patrie la voie.Mariam ne peut chanter, n’a plus un poil de force, elle est à bout de souffle, elle est au bord des larmes. Mariam s’exclame : « Hourra ! » Mariam crie : « Je suis russe ! » Or la Patrie s’en fout, kazakh, russe ou dolgane. Mariam prend son envol, elle est un flamand rose. C’est pour nous faire honneur, pas juste comme ça. Et d’elle on est si fier, si fier, au quartier douze…Et la Patrie, alors ? Mais la Patrie, c’est ça.

Non daté, probablement écrit aux alentours du 12/06/2026

Traduit du russe par Nastasia Dahuron

Lire les originaux en russe sur la chaîne Telegram de Katerina Gordeïeva

À lire également :

<p>Cet article Deux poèmes du calendrier a été publié par desk russie.</p>


Texte intégral (4347 mots)

Cette pétition pour la protection du patrimoine culturel ukrainien a été lancée par un collectif regroupant des directeurs de musées de haut niveau, des conservateurs, des collectionneurs, des militants, des penseurs et des historiens de l’art. Adressée au Parlement européen, au Conseil de l’Union européenne et à tous les ministres de la Culture des États membres de l’Union européenne, elle appelle à des sanctions immédiates et à la suspension de la participation de l’État russe aux événements culturels internationaux. La pétition a été signée par des dizaines de membres du Parlement européen, par des personnalités de premier plan et des acteurs de la vie culturelle de plusieurs pays européens. Pour la France, citons parmi d’autres les sénateurs Claude Malhuret et Nadia Sollogoub.

Desk Russie se réjouit de publier la pétition le jour même de son envoi aux autorités européennes. Nous soutenons cette action et exigeons, une nouvelle fois, que la France ferme le « Centre spirituel et culturel orthodoxe russe » situé au Quai Branly à Paris. Ainsi, le 19 septembre 2026 s’y est tenu un concert de musique classique russe, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. De quel droit une institution appartenant à l’État russe qui détruit systématiquement le patrimoine d’un pays européen, l’Ukraine, participe-t-elle à cet événement ? Et les musiciens de l’Opéra de Paris qui y ont participé n’ont-ils pas eu de pensée pour les musiciens ukrainiens qui tentent de continuer à travailler sous les bombes ?

PÉTITION POUR LA PROTECTION DU PATRIMOINE CULTUREL DE L’UKRAINE ET DE SON INTÉGRITÉ ARTISTIQUE

Cette pétition est adressée au Parlement européen, au Conseil européen et à tous les ministres de la Culture des États membres de l’Union européenne.

Nous, soussignés, exigeons une action immédiate et décisive.

Dans la nuit du 24 mai 2026, la Fédération de Russie a lancé une attaque aérienne massive contre Kyïv, en déployant environ 70 missiles et 600 drones. Cette attaque ne visait pas des cibles militaires clairement identifiables, mais la capitale d’un État souverain et sa population civile.

Les missiles et les drones ont frappé le cœur historique de Kyïv – un quartier où se concentrent en grand nombre des musées, des théâtres, des universités, des bibliothèques, des églises et des monuments architecturaux. Bon nombre de ces sites sont officiellement inscrits au patrimoine culturel et sont signalés par le Bouclier bleu, emblème internationalement reconnu qui protège les biens culturels en vertu de la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé.

La Convention oblige tous les États parties à respecter et à sauvegarder les biens culturels, y compris les monuments d’architecture, d’art et d’histoire ; les musées ; les bibliothèques ; les archives ; et les centres abritant des biens culturels d’une grande importance pour l’humanité. La Fédération de Russie est un État partie à la Convention. Elle est également liée par les principes plus généraux du droit international humanitaire, qui exigent des parties à un conflit armé qu’elles fassent la distinction entre les objectifs militaires et les biens civils et qu’elles prennent toutes les précautions possibles pour éviter d’endommager le patrimoine culturel protégé.

L’ampleur de l’attaque et la concentration des frappes au sein de l’un des paysages urbains historiques les plus significatifs d’Europe rendent de plus en plus difficile de considérer les dommages causés au patrimoine culturel comme purement accidentels. Cette agression a mis en danger non seulement des bâtiments et des collections individuels, mais aussi tout un écosystème culturel qui incarne des siècles d’histoire ukrainienne et fait partie du patrimoine commun de l’humanité.

Il ne s’agissait pas seulement d’une attaque contre une ville. C’était une attaque contre la mémoire, l’identité et la culture. Les musées, bibliothèques, archives, théâtres et monuments de Kyïv ne sont pas des cibles militaires. Ce sont des dépositaires de l’expérience humaine et de la continuité historique. Leur destruction ne sert aucun objectif militaire légitime. Elle porte atteinte non seulement à l’Ukraine, mais aussi au patrimoine culturel mondial.

tchernobyl
Le Musée national Tchernobyl à Kyïv après l’attaque russe du 24 mai 2026 // Service d’État ukrainien des situations d’urgence

I. L’attaque du 24 mai 2026 : des institutions frappées en une seule nuit

Musées :

•    Musée national Tchernobyl — destruction quasi totale

•    Musée national des Beaux-Arts d’Ukraine — graves dégâts causés par l’explosion ; portes et fenêtres arrachées de leurs gonds, collections déplacées

•    Musée des personnalités éminentes de la culture ukrainienne

•    Musée national de l’histoire de l’Ukraine pendant la Seconde Guerre mondiale

•    Musée littéraire et mémorial Pavlo Tytchyna

Arts du spectacle et centres culturels :

•    Philharmonie nationale d’Ukraine

•    Théâtre national académique d’opéra et de ballet Taras Chevtchenko

•    Petit Opéra de Kyïv

•    Théâtre académique national Lessia Ukraïnka

•    Théâtre académique de drame et de comédie de Kyïv

•    Théâtre académique Souzirya

•    Maison ukrainienne

Universités et académies :

•    Université nationale Taras Chevtchenko de Kyïv

•    Académie nationale de musique d’Ukraine

•    Université nationale de culture et des arts de Kyïv

•    Académie nationale des beaux-arts et d’architecture

•    Université métropolitaine Borys Grintchenko de Kyïv

Patrimoine architectural :

•    Maison des contrats à Podil (XVIIIᵉ siècle)

•    La poste de la place Pochtova (XIXᵉ siècle)

•    Bibliothèque nationale d’Ukraine Iaroslav le Sage (1911)

•    Église Saint-Nicolas (baroque du XVIIᵉ siècle)

•    Église de l’Intercession

La destruction du musée national Tchernobyl mérite d’être particulièrement condamnée. Pendant plus de trois décennies, ce musée a compté parmi les institutions les plus importantes au monde consacrées à la documentation de la catastrophe nucléaire de 1986 – servant à la fois d’archives de la mémoire nationale, de centre de recherche et de plateforme éducative d’importance internationale.

Début mai 2026, après dix-huit mois de travaux de restauration entrepris en vue du quarantième anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, le musée avait rouvert ses portes au public. En l’espace de quelques semaines, les missiles russes ont réduit une grande partie de l’institution en ruines.

Cette perte va bien au-delà d’un simple bâtiment. Le musée conservait les traces matérielles de l’une des tragédies marquantes du XXᵉ siècle et offrait un espace où les conséquences de la défaillance technologique, du secret d’État et du sacrifice humain pouvaient être étudiées et commémorées par les générations futures.

Comme l’a fait remarquer le ministre ukrainien de la Culture : « Un musée que nous avions inauguré il y a à peine un mois après de longs travaux de restauration. Une attaque délibérée contre l’histoire, la mémoire et la vérité. » Peu de descriptions pourraient être plus justes. La destruction du musée de Tchernobyl n’était pas seulement une attaque contre un bien culturel ; c’était une attaque contre la préservation même du savoir historique.

II. Nos revendications

  1. Le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne doivent imposer des sanctions immédiates et exhaustives au ministère de la Culture de la Fédération de Russie – non pas simplement à l’encontre de certains directeurs ou institutions, mais à l’encontre du ministère lui-même, en tant qu’organe dirigeant de crimes culturels systématiques.
  2. La participation de l’État russe à toutes les structures, manifestations, partenariats et plateformes culturels européens et internationaux doit être suspendue sans délai – et doit rester suspendue jusqu’à ce que la Fédération de Russie mette fin à sa guerre d’agression et cesse la destruction systématique du patrimoine culturel ukrainien.
  3. Tous les ministres de la Culture sont appelés à refuser de participer à tout forum culturel international auquel des représentants de l’État russe sont autorisés à assister sans contestation, alors que les institutions ukrainiennes sont en train de brûler.
akincha kherson
Lors d’une mission de Blue Shield International en Ukraine, échange avec Alina Dotsenko, directrice du Musée d’art de Kherson, sur le pillage des collections du musée. Kherson, 27 novembre 2022 // BSI

III. Un schéma de destruction systématique : le bilan depuis 2014

Cette attaque n’est pas un cas isolé. Selon le ministère ukrainien de la Culture, depuis le début de l’invasion à grande échelle, la Russie a détruit ou endommagé 1 707 sites du patrimoine culturel et 2 503 infrastructures culturelles. Plus de 2,1 millions d’objets de musée se trouvent toujours sur les territoires actuellement sous occupation russe.

Le Théâtre dramatique de Marioupol, bombardé le 16 mars 2022 alors qu’il abritait des centaines de civils, est devenu l’un des symboles les plus marquants de cette campagne. Le mot « CHILDREN » avait été peint en lettres géantes à l’extérieur du bâtiment, clairement visible depuis les airs. Plutôt que de préserver le site à titre de preuve, les autorités russes ont par la suite démoli la majeure partie de la structure – une décision que les responsables ukrainiens ont dénoncée comme une tentative à la fois de dissimuler la mort de civils et d’effacer un lieu emblématique de la vie culturelle ukrainienne.

Le pillage des collections des musées a été tout aussi systématique. Rien qu’en 2022, dans six musées situés sur les territoires libérés par l’Ukraine, les forces russes ont dérobé près de 35 000 objets – ce qui constitue le plus grand vol de musée en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Parmi les institutions pillées figuraient le Musée d’histoire locale de Marioupol, le Musée de la vie populaire et le Musée d’art Kouïndji, d’où ont disparu plus de 2 000 objets. Le musée d’histoire locale de Melitopol a perdu l’intégralité de sa collection de trésors archéologiques scythes, dont 198 objets en or.

Le musée régional d’art de Kherson a été dépouillé de près de 15 000 œuvres d’art, notamment des peintures d’Europe occidentale, d’Orient, d’Ukraine et de Russie, des icônes, des objets d’arts décoratifs et d’autres pièces de musée couvrant plusieurs siècles. La collection a été illégalement transférée en Crimée occupée. Selon les lois constitutionnelles fédérales adoptées les 3 et 4 octobre 2022 et signées par Vladimir Poutine le 5 octobre 2022, qui visaient à annexer les régions ukrainiennes de Donetsk, Louhansk, Kherson et Zaporijjia, les biens culturels retirés de ces territoires occupés sont rétroactivement considérés, en vertu du droit russe, comme des biens de l’État russe. Ce cadre juridique vise à légitimer le transfert du patrimoine culturel ukrainien vers des institutions russes et crée des obstacles considérables à la restitution future des objets pillés.

Le Conseil de l’Europe, dans sa déclaration d’octobre 2024, a souligné la portée plus large de ces actions, les décrivant comme s’inscrivant dans une campagne visant à saper les fondements de l’identité ukrainienne. La destruction de monuments, le pillage de musées et l’appropriation du patrimoine culturel ne sont pas de simples conséquences de la guerre. Ils s’inscrivent dans un effort délibéré visant à effacer la mémoire historique et à affaiblir la continuité culturelle d’une nation.

IV. Le Bouclier bleu et la violation du droit international

Les bâtiments touchés le 24 mai arboraient le Bouclier bleu – emblème internationalement reconnu, établi par la Convention de La Haye de 1954 pour identifier les biens culturels protégés en cas de conflit armé. Cet emblème n’a pas été respecté. Il a été ignoré.

Le deuxième protocole de 1999 à la Convention prévoit une protection renforcée des biens culturels de la plus haute importance pour l’humanité et reconnaît que le fait de prendre délibérément pour cible ces biens constitue une violation grave pouvant entraîner une responsabilité pénale individuelle. Le schéma de destruction observé en Ukraine soulève de graves préoccupations quant au respect de ces obligations. Les attaques répétées contre des musées, des monuments, des sites religieux, des bâtiments historiques et d’autres institutions culturelles ne peuvent s’expliquer uniquement par des conséquences accidentelles des opérations militaires.

En janvier 2026, l’UNESCO avait recensé des dégâts sur 515 sites culturels depuis le début de l’invasion à grande échelle en février 2022, dont 153 sites religieux, 268 bâtiments présentant un intérêt historique et artistique, 38 musées et 33 monuments. Pris dans leur ensemble, ces chiffres révèlent une tendance trop étendue et trop constante pour être considérée comme de simples dommages collatéraux. L’argument selon lequel la destruction du patrimoine culturel ukrainien n’est qu’une conséquence inévitable de la guerre est de plus en plus difficile à soutenir.

akincha blueshield 1
Image : Blue Shield Ukraine

V. L’échec des mécanismes existants

Plus de quatre ans après le début de la guerre à grande échelle menée par la Russie contre l’Ukraine, l’UNESCO et le Conseil international des musées (ICOM) se sont révélés incapables tant de mettre un terme à la destruction du patrimoine culturel que de suspendre les représentants de l’État russe des instances culturelles internationales. Cette paralysie institutionnelle n’est pas seulement un échec procédural. Il s’agit d’un échec moral aux conséquences tangibles tant pour les vies humaines que pour un patrimoine culturel irremplaçable.

Dans le même temps, la Fédération de Russie poursuit une stratégie systématique de réhabilitation culturelle sur la scène internationale. L’exemple récent le plus frappant est celui de la Biennale de Venise de 2026, à laquelle la Fédération de Russie a fait son retour après le retrait de ses propres artistes en 2022, déclarant qu’« il n’y a pas de place pour l’art lorsque des civils meurent sous les tirs de missiles ». La Commission européenne a averti que la prise en charge des coûts liés à la participation de la Russie pourrait constituer une violation des sanctions de l’UE. Des députés européens ont appelé à la suspension du financement de l’UE. Des ministres et de hauts fonctionnaires de vingt-deux États membres de l’UE ont signé une lettre commune s’opposant à la participation de la Russie. Aucune de ces objections n’a modifié la décision.

Les conséquences ont été immédiates. Les cinq membres du jury ont démissionné collectivement, refusant de participer à l’attribution de prix à des représentations nationales comprenant des États dont les dirigeants font l’objet de mandats d’arrêt émis par la Cour pénale internationale, parmi lesquels la Fédération de Russie. La Biennale a remplacé le jury par un vote public et s’est déroulée comme prévu. En réponse, plus de soixante-dix artistes participant à l’Exposition internationale et des représentants de vingt-deux pavillons nationaux se sont retirés de la sélection pour les prix de la Biennale.

Trois jours avant le bombardement de Kyïv, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a accusé les manifestants pacifiques de Venise d’adhérer à « la logique d’une destruction constante, totale et sans fin de tout et de tous ». Quelques jours plus tard, des missiles russes ont réduit en ruines le Musée national Tchernobyl – qui venait de rouvrir quelques semaines auparavant après dix-huit mois de restauration. Le mécanisme de projection n’aurait guère pu être plus transparent, ni plus grotesque.

VI. Le ministère de la Culture de la Fédération de Russie n’est pas un acteur neutre

L’Union européenne et le Canada ont imposé des sanctions à un certain nombre de directeurs de musées et d’institutions culturelles russes. Or ces personnes et ces organisations ne sont pas les architectes de cette politique ; elles en sont les exécutants. Le ministère de la Culture de la Fédération de Russie fait office d’organe central de coordination derrière l’attaque systématique menée contre le patrimoine culturel de l’Ukraine. Il a supervisé le pillage des musées dans les territoires occupés, dirigé la russification forcée des institutions culturelles et éducatives, facilité le transfert de biens culturels vers des institutions russes et promu les discours de propagande d’État tout en se retranchant derrière la fiction commode selon laquelle « la culture est en dehors de la politique ».

La culture n’est pas en dehors de la politique lorsque des musées sont pillés, des monuments démolis et des institutions culturelles transformées en instruments d’occupation. La culture n’est pas en dehors de la politique lorsque la destruction du patrimoine devient une méthode de guerre. Les plateformes culturelles internationales ne sont pas non plus neutres lorsqu’elles confèrent légitimité, visibilité et prestige aux représentants d’un État engagé dans l’effacement systématique de l’identité culturelle d’une autre nation.

La question n’est plus de savoir si la culture et la politique peuvent être séparées. La guerre menée par la Russie contre l’Ukraine a répondu à cette question avec une clarté accablante. La question est de savoir si les institutions culturelles internationales sont prêtes à reconnaître cette réalité et à agir en conséquence.

Le temps des déclarations d’inquiétude est révolu. Le temps des gestes symboliques est révolu.

Le patrimoine culturel ukrainien est le patrimoine culturel européen. Chaque archive incendiée, chaque théâtre ravagé, chaque musée bombardé constitue une atteinte à la mémoire commune de l’humanité. Les crimes de guerre contre la culture doivent avoir des conséquences. Les institutions qui continuent de normaliser ces crimes – qui confèrent une légitimité à un État activement engagé dans l’effacement systématique du patrimoine d’une autre nation – se rendent complices de cette destruction.

Nous ne resterons pas silencieux. Nous ne resterons pas les bras croisés. Nous exigeons que des mesures soient prises dès maintenant.

akincha logo

Museums for Ukraine est une association informelle regroupant des directeurs de musées de haut niveau, des conservateurs, des collectionneurs, des militants, des penseurs et des historiens de l’art qui soutiennent et défendent le droit fondamental de l’Ukraine à préserver son indépendance en sécurisant et en protégeant le patrimoine culturel ukrainien et en soutenant les institutions culturelles ukrainiennes.

MEMBRES FONDATEURS                                                                                  

Konstantin Akincha, The Avant-garde Art Research Project, Royaume-Uni ; Bjorn Geldhof, PinchukArtCentre, Kyïv ; Maria Isserlis, Fondation culturelle d’Ukraine ; Gianluigi Ricuperati, Triennale de Milan ; Francesca Thyssen Bornemisza, TBA2, Madrid, Venise.

À consulter également :

Contre la spoliation des biens culturels ukrainiens : la campagne de l’association Pour l’Ukraine, pour leur liberté et la nôtre !

<p>Cet article Bannir la Russie des événements culturels internationaux ! a été publié par desk russie.</p>

⬅️ 6 / 10 ➡️

  GÉNÉRALISTES
Le Canard Enchaîné
La Croix
Le Figaro
France 24
France-Culture
FTVI
HuffPost
L'Humanité
LCP / Senat
Le Media
La Tribune
Time France
 
  EUROPE ‧ RUSSIE
Courrier Europe Ctrale
Desk-Russie
Euractiv
Euronews
Toute l'Europe
 
  Afrique ‧ Asie ‧ Proche-Orient
Haaretz
Info Asie
Inkyfada
Jeune Afrique
Kurdistan au féminin
L'Orient - Le Jour
Orient XXI
Rojava I.C
 
  INTERNATIONAL
Courrier International
Equaltimes
Global Voices
Infomigrants
I.R.I.S
The New-York Times
 
  OSINT ‧ INVESTIGATION
OFF Investigation
OpenFacto°
Bellingcat
Disclose
G.I.J
I.C.I.J
 
  OPINION
Au Poste
Cause Commune
CrimethInc.
Hors-Serie
L'Insoumission
Là-bas si j'y suis
Les Jours
LVSL
Politis
Quartier Général
Rapports de force
Reflets
Reseau Bastille
StreetPress
 
  OBSERVATOIRES
Armements
Acrimed
Conspirationnisme
Culture
Curation IA
Extrême-droite
Human Rights Watch
Inégalités
Justice fiscale
Liberté de création
Multinationales
Situationnisme
Sondages
Street-Médics
Routes de la Soie
Wokisme