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Journal d'investigation en ligne et d'information‑hacking

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06.02.2026 à 10:49

Police : une véritable « Alliance » avec l'extrême droite

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Une manif de flics à Bordeaux

Samedi 31 janvier, les syndicats de police ont appelé à manifester massivement en soutien à la profession. Appel raté : seulement quelques dizaines de milliers y ont répondu dans l’Hexagone. Ce sont les militants d’extrême droite qui ont « sauvé » la journée, actant une fois de plus que policiers et fascistes se retrouvent souvent dans le même « camp ».

Une alliance entre police et extrême droite, y compris radicale ? - © Reflets

L’affinité était prévisible. Le 31 janvier dernier, le syndicat policier d’extrême droite Alliance organisait une vingtaine de « rassemblements citoyens » partout en France pour dénoncer le manque de moyens de la police et une « insécurité » grandissante. Mais surtout pour exprimer sa frustration après que l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de loi sur la présomption de légitime défense par arme.

Le gratin du Rassemblement National girondin réuni

À Bordeaux, où 650 personnes auraient répondu à l’appel selon les organisateurs, Reflets a identifié plusieurs élus du parti d’extrême droite Rassemblement national ainsi que certains militants des franges locales les plus radicales. Le rendez-vous était donné à 11 h, devant le Grand Théâtre, où plusieurs membres de la Coordination rurale - classée à l'extrême droite et dont certains membres notables ont tenu ces dernières semaines des propos ouvertement racistes - sont aussi venus apporter leur soutien.

Au premier rang pour écouter le discours de Marouane Ziane, secrétaire régionale d’Alliance en Nouvelle-Aquitaine, on retrouvait Edwige Diaz, députée Rassemblement Nationale de la 11e circonscription de Gironde, vice-présidente du parti et conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine pour le parti lepéniste.

A ses côtés, Christine Dumas, députée suppléante d’Edwige Diaz et tête de liste Rassemblement National pour les municipales dans la ville de Bourg, Damien Obrador, conseiller régional Rassemblement National de...

29.01.2026 à 19:15

Le froid comme arme de guerre

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L’Ukraine fait face à une catastrophe humanitaire

La moitié de la capitale est plongée dans le noir depuis plusieurs jours. D’autres régions sont durement touchées.

Les générateurs sont la seule solution face au froid

L’Ukraine s’enfonce chaque jour un peu plus dans une crise humanitaire majeure. Depuis plusieurs semaines, des millions de civils vivent sans électricité, sans chauffage et parfois sans eau, alors que le pays traverse un hiver parmi les plus froids de ces dernières décennies, avec des températures atteignant jusqu’à -17 degrés.

Depuis le mois d’octobre 2025, quelque 256 attaques de missiles et de drones russes ont visé les infrastructures énergétiques ukrainiennes, l’objectif étant de rendre les villes invivables en plein hiver. Le 15 janvier dernier, une attaque contre le réseau énergétique de Kharkiv a privé 400.000 personnes d’électricité et de chauffage urbain. Dans le même temps, à Kyiv, près de la moitié de la ville est privée de courant et de chauffage poussant le maire, Vitali Klitschko, à appeler les habitants à quitter provisoirement la capitale. Déjà 600.000 personnes ont quitté la ville.

Paul Vazeux, responsable de l’association Dignitas Ukraine, est arrivé à Kyiv le 15 janvier. «J’étais hébergé chez des collègues, nous avions 3C dans l’appartement, pas d’électricité et souvent pas d’eau. Les autorités ont ouvert des points d’invincibilité dans des tentes au pied des immeubles pour qu’ils puissent se réchauffer un peu et recharger leur téléphone portable. Les gens étaient inquiets car ils craignent le black out total. C’est plus rapide de détruire que de réparer...»

Les autorités de Kyiv ont été contraintes d’annoncer la fermeture des écoles du 19 janvier...

28.01.2026 à 10:13

Il serait temps que les journalistes nomment les choses avec précision

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Les mots sont des armes, il faut être actifs face à la néofascisation du monde

Non, Alex Pretti n'a pas été tué. Il a été exécuté. Non, le Rassemblement national n'est pas « dédiabolisé » (ce qui impliquerait qu'il ait été diabolisé). C'est un parti de la haine, un parti d'extrême droite. Albert Camus écrivait en 1944 que « mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde ». Les journalistes devraient être les premiers à éviter ce travers.

Il faut prendre le temps nécessaire avant d'écrire - Dessin d'Anouck Ricard

« Et toi, papa, quand tu étais journaliste, au moment où le néofascisme est arrivé au pouvoir, tu as fait quoi ? » Il n'est pas impossible que ce genre de question soit posée par nos enfants dans quelques années. Il serait donc temps, pour nous, journalistes, de s'interroger. Face à la violence des mots, des actes, face à la turpitude, la manipulation du réel, n'est il pas temps de rendre coup sur coup ? Mieux, de prendre les devants et de frapper les premiers ? Il faut empêcher l'avènement des régimes néofascistes et faire tomber ceux qui sont en place. La seule chose qui les effraie est la lumière. Celle des faits et de la vérité. Mais pour cela, il faut commencer par nommer les choses correctement.

Oui, le Rassemblement national est un parti d'extrême droite. Oui, il est lié à des groupuscules ultra-violents depuis sa création et rien n'a changé en dépit d'une stratégie de « légitimisation » et de « banalisation » mise en place par Marine Le Pen.

Oui, l'échiquier politique a profondément muté. Tout ce qui est à droite du PS est désormais à l'extrême droite. Le PS est devenu le centre-droit. LFI, est devenu le PS.

Trump est un néofasciste et son régime exécute des Américains et des réfugiés sans discernement, comme dans une dictature hors de contrôle où l'État de droit est un concept oublié. Depuis que Trump est revenu au pouvoir, 53 personnes sont mortes en détention sous le contrôle de l'ICE,...

20.01.2026 à 11:09

Violences policières - individualisation et fragilité

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Partie 2 - invisibiliser l'expérience du réel

Discours du type « Not all cops », « police bashing » ou encore « All cops are brothers », de nombreux acteurs politiques et syndicaux, aux allures fascisantes, mobilisent toutes sortes d’arguments pour minimiser, voire justifier, les violences policières. En parallèle, l’IGPN se vante de faire son travail, vraiment ? L’objectif est ainsi d’entretenir la répression et un état de susceptibilité artificielle face à toute critique de l’institution.

Pas tous, mais beaucoup trop quand même... - © Reflets

Dans la première partie de notre enquête, nous a mis en évidence de nombreuses investigations démontrant, à l’aide d’une méthodologie à la fois qualitative et quantitative, l’ampleur de violences policières qui ne sont ni rares, ni sporadiques, ni isolées.

La rhétorique est explicite : « encadrement démocratique, légitime défense, proportionnalité, manque de moyens, ensauvagement, violence exceptionnelle, violences urbaines, éco-terrorisme », etc. La communication gouvernementale mobilise ainsi un ensemble d'éléments sémantiques qui ne visent, en réalité, qu’à brouiller la compréhension du phénomène et à en atténuer la portée politique. À cela s’ajoute ce que l’on peut qualifier de « cheval de Troie » policier au sein de l’appareil gouvernemental : les syndicats policiers, généralement situés à l’extrême droite de l’échiquier politique, qui défendent publiquement le recours à la « violence ».

À travers un populisme syndical nauséabond, ils n'hésitent pas à attaquer l’État de droit, dans l’objectif de le contraindre et le modeler à leurs idéologies accélérationnistes, allant jusqu’à exiger que l’institution judiciaire s’y conforme.

Dans une étude rendue publique mardi 27 février 2024 par la Défenseure des droits, on peut chiffrer cette tendance autoritaire au sein même de la police et de la gendarmerie. Pas loin de la moitié des policiers (49 %) expliquent que la délinquance est en partie attribuable à la « tolérance de la justice », contre 41,1 % des gendarmes,...

19.01.2026 à 09:32

Plongée dans le déni climatique hexagonal

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Une cartographie pour les lier tous...

Le déni du changement climatique n'a pas disparu à mesure que les connaissances scientifiques se renforçaient, bien au contraire. Tour d'horizon de ceux qui diffusent des discours de désinformation climatique en France avec une cartographie interactive.

Afiche du film Don't Look Up sur le déni de la catastrophe qui arrive - D.R.

«Il faut pas s'inquiéter, le réchauffement climatique anthropique est un mensonge, une escroquerie. […] Le climat a toujours évolué, il va continuer de le faire, mais nous expliquer que c'est à cause de l'Homme, ça non, ça c'est de l'ordre du complot. […] Ça justifie l'intervention de l'État dans notre vie, […] pour moi c'est une forme de totalitarisme.» C'est ainsi que Philippe Herlin, qui se présente comme économiste, intervenait à l'antenne sur CNews en juillet2023, sans rencontrer de véritable contradiction en plateau.

Un flagrant exemple de déni climatique qui a valu à la chaîne une amende de 20.000 prononcée par l'Arcom à l'été 2024, confirmée le 6novembre dernier par le Conseil d'État. Ce n'est pourtant pas la première ni la dernière fois que Cnews invite en plateau des personnalités climato-dénialistes — on préférera ici ce terme à «climato-sceptiques», puisque ces personnalités ne sont pas sceptiques, mais convaincues.

Au-delà de CNews, le déni climatique ou climato-dénialisme (encore nommé climato-scepticisme), apparu dans les années1990, est toujours aussi vivace dans l'Hexagone. Alors que les manifestations désormais tangibles du changement climatique et la progression permanente des connaissances scientifiques —le sixième rapport d'évaluation du GIEC, paru de 2021 à 2023, fait état d'un consensus plus solide que jamais— ont pu laisser espérer que le climato-dénialisme se résorberait, il...

10.01.2026 à 10:31

Violences policières : vers une approche systémique

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Partie 1 - Changer de paradigme ?

Alors que les smartphones sont devenus de véritables mouchards permettant de surveiller les populations, ils constituent également un outil puissant de contrôle citoyen de la police. Infographies recensant des centaines de blessé·es graves, cartographies signalant des milliers de violences et rapports spécialisés qui se multiplient… Reflets revient sur dix ans d’utilisation du terme « violences policières », dont l’aspect « systémique » est constamment réfuté.

policiers pendant les manifestations des gilets jaunes - © Reflets

Si le terme «violences policières» est en usage à partir des années 2000, depuis une dizaine d’années, notamment après la loi Travail (ou loi El Khomri), l'expression «violences policières» s’est imposée dans le débat public comme un outil sémantique destiné à rendre visible la violence exercée par la police. Aujourd’hui, gravé dans le marbre, ce terme ne se contente pas de nommer un phénomène : il structure la perception des pratiques policières, resserre le débat public et permet de mobiliser socialement et politiquement autour de l’enjeu de la violence d’État.

Des articles de presse, des recherches académiques, ouvrages, ainsi que les collectifs et associations de soutien aux victimes de « violences policières » se multiplient pour documenter et dénoncer les violences policières. Ces dernières années, des projets journalistiques tels que Allô Place Beauvau de David Dufresne ou Violences Policières de Vincent Victor ou encore celui de Bastamag, ont largement montré la systématisation des violences perpétrées par la police et la gendarmerie lors du maintien de l’ordre et de la répression de la population.

Capture d’écran du site de Mediapart – Panoramique : Allô Place Beauvau. 2025
Capture d’écran du site de Mediapart – Panoramique: Allô Place Beauvau. 2025

Si la violence policière peut toucher tout un chacun, elle affecte néanmoins certaines catégories de population, en raison de leur condition sociale, de leur origine supposée ou de leur engagement politique. La police se présente ainsi, comme le moteur d’une violence « légitime » et « ...

07.01.2026 à 16:44

Arrêtez de vous inquiéter des fuites de données personnelles

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C'est trop tard et depuis très longtemps

La récente tornade sur les données personnelles des français a déclenché une pluie d'articles de presse. Quoi ? Nos données ne seraient pas protégées ? Quoi, notre vie privée ne le serait plus ? Se plaindre de ces fuites, revient à se plaindre du fait que la pluie mouille ou que le soleil chauffe. Quant à votre vie privée, vos secrets les plus enfouis, vous y avez renoncé il y a des années. On vous explique.

Fiche OSINT d'Élisabeth Borne - Informations ayant fuité et collectées en sources ouvertes. - © Reflets

Nous sommes en 2026 et toute la presse, des experts, réels ou autoproclamés s'émeuvent d'une série de piratage qui ont touché des données personnelles de Français. Mais enfin... Vos données personnelles sont déjà dans la nature depuis belle lurette, accessibles à tout le monde. Vous ne pouvez plus conserver le moindre secret. Il y a ce qui a fuité (votre état civil, votre adresse, votre numéro de téléphone, vos habitudes d'achat, vos comptes sociaux, même sous pseudonyme, on en passe...). Et il y a ce que vous fournissez volontairement aux plateformes. Google en sait plus sur votre sexualité que votre partenaire. Google ou Facebook en savent plus sur vos positions politiques que le maire de votre village. Doctolib en sait plus sur votre état de santé que votre médecin de famille... La liste est infinie. Et ce ne sont là que des noms connus du grand public. Si l'on élargit aux data brokers, on entre dans le septième cercle de l'enfer numérique.

Déjà en 2022, Reflets tentait d'expliquer longuement que dans ce domaine, nous avons largement dépassé l'accident nucléaire. Relisez cet article car il n'a pas pris une ride. Pas plus que celui-ci qui évoquait la fameuse conférence sur les zoophiles à tendance teckels morts. Oui, on a même créé une conférence avec un titre alarmant pour expliquer que l'on a tous quelque chose à cacher et que c'est très bien comme ça. Une heure et demie de vulgarisation sur les fuites de données avec de...

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