19.03.2026 à 10:25
La Suite numérique de l’État : critique des critiques
Texte intégral (13368 mots)
Framasoft prend rarement position sur la politique numérique de l’État. La dernière fois où nous l’avions fait, c’était il y a 10 ans, en 2016, dans un article intitulé « Pourquoi Framasoft n’ira plus prendre le thé au Ministère de l’Éducation Nationale ».
Si nous le faisons aujourd’hui, c’est parce que les débats autour de La Suite Numérique (« La Suite » : une suite d’outils libres et collaboratifs développée par l’État) nous paraissent révéler quelque chose d’important : la difficulté, en France (voire en Europe), à penser une politique publique du numérique qui soit à la fois libre, crédible et orientée vers l’intérêt commun.
Malgré sa longueur, cet article ne prétend pas aller au fond du sujet. Notre objectif est de proposer, début mars 2026, quelques clés de compréhension accessibles à un public large sur La Suite, ses critiques et les enjeux politiques qu’elle cristallise.
Pour en savoir plus sur le pourquoi et le comment de cet article, vous pouvez lire notre « Boîte noire » en bas de page.
Cet article s’inscrit dans un dossier que consacre Framasoft aux rapports entre les États et les modèles de développement et de financement des communs numériques :
- L’article présent faisant l’historique entre l’État français et le logiciel libre, et précisant la position de Framasoft quant aux critiques faites à La Suite Numérique de la DINUM
- Une (courte) tribune, parue dans l’Humanité fin janvier 2026, sur le fantasme de faire émerger, au niveau européen, un oligopole qui se poserait comme compétiteur aux GAFAM
- Un article rappelant un modèle qui a très bien fonctionné ces dernières années pour les petites communautés du logiciel libre (dont Framasoft) : les bourses NLnet (à paraître début avril 2026)
Les faits
La Suite, c’est quoi ?
La Suite est une suite d’outils collaboratifs libres portée par la DINUM pour les agents de l’État. Son objectif est de proposer un environnement de travail cohérent couvrant les usages les plus courants :

Capture écran du site lasuite.numerique.gouv.fr
- Tchap : messagerie instantanée basée sur Matrix
- Visio : visioconférence, basé sur LiveKit
- France Transfert : envoi sécurisé de fichiers lourds
- Messagerie : mails, contacts, rendez-vous
- Fichiers : stockage et partage de documents
Mais aussi :
- Grist : gestion de données et de formulaires
- Docs : édition collaborative de documents
- Assistant IA : basé sur Mistral
Il est à noter que l’ensemble de ces logiciels sont libres.

La Suite, c’est qui ?
Faire l’historique d’un tel projet est complexe, car malgré son jeune âge, il a déjà « pivoté » plusieurs fois.
Officiellement lancée en 2024, La Suite prolonge des initiatives plus anciennes, et s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’environnement de travail administratif, de protection des données publiques et de réduction de certaines dépendances technologiques (la fameuse « Souveraineté numérique »).
Wikipédia date ainsi la version 1.0 de Tchap (la messagerie sécurisée) en avril 2019. Mise en place par la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC), celle-ci deviendra la direction interministérielle du numérique (DINUM), quelques mois plus tard, par le décret du 25 octobre 2019.
Fin 2021, sous l’impulsion de la DINUM, c’est le projet « Sac à dos Numérique de l’Agent Public » (SNAP) qui sera annoncé (et on se félicitera au passage que ce ne soit pas le nom final du projet qui ait été retenu 😅).
La DINUM est, toujours en citant Wikipédia, « un service du Premier ministre, elle est placée sous l’autorité du ministre de la Transformation et de la Fonction publiques. Elle a pour mission d’élaborer la stratégie numérique de l’État et de piloter sa mise en œuvre.
Elle est considérée comme la direction des systèmes d’information de l’État français. ».

La Suite, c’est pour qui ?
Dans cet article, nous parlons de La Suite opérée par la DINUM, destinée aux ministères et agences de l’État. Il existe d’autres dispositifs proches par le nom ou par l’esprit, notamment une Suite Territoriale pour les collectivités et LaSuite.coop pour d’autres organisations (qui fera l’objet d’un article/interview a part entière dans les semaines à venir).
Début 2026, cette Suite est déployée dans 15 ministères et de nombreuses administrations, accessible à environ 1,6 million d’agents, et utilisée chaque mois par plus de 500 000 personnes.

Entre lasuite.numerique.gouv.fr (agents de l’État), la suiteterritoriale.anct.gouv.fr (pour les collectivités) et lasuite.coop (pour les entreprises, coopératives, associations, etc, notamment de l’ESS), il ne faudra pas s’y perdre !
Il nous paraît difficile d’évoquer La Suite sans mentionner Apps.education.fr, autre suite d’outils libres portée cette fois par l’Éducation nationale.
Par souci de transparence, précisons que Framasoft intervient ponctuellement comme prestataire sur ce projet, via PeerTube, notre alternative à YouTube & co. Cette collaboration reste limitée à une petite part du financement global du logiciel. Nous citons néanmoins Apps.education.fr parce qu’il constitue, à nos yeux, un précédent important : celui d’une offre publique d’outils libres à large échelle, pensée pour un autre grand périmètre administratif. Cette suite ne bénéficie ni des moyens humains et financiers de La Suite, ni de sa force de frappe communicationnelle, ce que nous déplorons par ailleurs.
La Suite dans la tourmente
Ces deux dernières années, La Suite a suscité trois types de réactions : des alertes institutionnelles sur son coût et sa coordination, des critiques venues d’une partie de l’écosystème libre, puis des offensives plus intéressées venues des éditeurs propriétaires.
L’alerte institutionnelle de la Cour des Comptes
En juillet 2024, la Cour des Comptes publie un rapport intitulé « Le pilotage de la transformation numérique de l’État par la direction interministérielle du numérique » faisant état d’inquiétudes concernant La Suite (la mise en gras est de Framasoft) :
La faible coordination avec les besoins exprimés par les ministères pourrait se traduire par la création de produits numériques répondant imparfaitement aux besoins recensés. C’est notamment le cas de la suite numérique de l’État : alors que les premières briques de cette suite sont déjà peu utilisés et coûteux, le déploiement complet d’une alternative souveraine aux offres proposées par le secteur privé pourrait être une source de coûts croissants sans certitude quant à l’utilisation massive de cette suite par les agents. Seule une association forte des ministères, au niveau politique, doit permettre d’assurer un suivi étroit de cette suite qui doit pouvoir, si les résultats attendus d’un produit étaient insuffisants, revenir en arrière sur le déploiement d’une gamme d’outils encore mal coordonnés entre eux.
Ça pique un peu, hein ?
Pourtant, nous verrons plus loin que la situation est un peu plus complexe que cela.
La critique de l’écosystème libre
En août 2024, nos ami⋅es du CNLL (Conseil National du Logiciel Libre) publient un communiqué au vitriol contre La Suite. Il s’en suivra des échanges particulièrement houleux, notamment sur LinkedIn. Les principaux arguments du CNLL sont les suivants :
- Concurrence irresponsable : selon le CNLL, la DINUM concurrence directement les éditeurs français de logiciels libres collaboratifs, avec un avantage déloyal : 100 % de financement public, moyens marketing de l’État, exemption de qualification SecNumCloud (sur ce dernier point, côté Framasoft, on n’a pas compris, car La Suite est bien qualifiée SecNumCloud) ;
- Capacités insuffisantes et irréalistes : La DINUM n’aurait ni les effectifs, ni l’expertise, ni les moyens pour se substituer aux éditeurs logiciels, comme le démontre aussi l’échec du projet Messagerie Collaborative de l’Etat sur plus de 10 ans ;
- Vision restrictive du Libre : selon le CNLL, la DINUM réduit le logiciel libre à la gratuité et à la défiance envers les éditeurs, sans comprendre qu’il nécessite un écosystème solide et une relation équilibrée avec les prestataires ;
- Impact négatif sur l’industrie française : En opérant elle-même des services cloud et en développant des logiciels non spécifiques à l’État, la DINUM parasiterait les investissements des éditeurs privés français, décrédibiliserait le logiciel libre et favoriserait in fine les solutions américaines.
Là encore, les affirmations sont dures. Si certaines sont justes, nous verrons plus bas que certaines se sont révélées fausses ou ont été démenties par le temps.
L’offensive des acteurs propriétaires et de leurs relais
Début 2026, nouvelles attaques contre La Suite. Cette fois en provenance des éditeurs propriétaires. La Business Software Alliance (BSA), qui représente les principaux acteurs mondiaux du logiciel et du cloud, parmi lesquels figurent notamment Microsoft, Google, Amazon, Oracle, IBM ou encore Adobe (bref : pas nos copains) a publiquement mis en garde contre les orientations prises par les autorités françaises.
Les articles dans la presse spécialisée se suivent et se ressemblent un peu :
- La Suite numérique de l’État ravive le débat sur la souveraineté et le rôle du privé (Solutions Numériques)
- Polémique autour de « LaSuite » : la DINUM se défend et ne ferme pas la porte au privé (LeMagIT)
- Outils numériques : la proactivité de l’État agace le privé (Acteurs Publics)
- Suite numérique de l’état, avec un agent IA : les éditeurs crient à la concurrence déloyale (Solutions Numériques)
- Stratégie numérique : l’État est-il un éditeur de logiciels comme les autres ? (La Gazette des Communes)
Mais pourquoi un tel déferlement de critiques ?

D’après nous, la source est initialement à rechercher en juillet 2025, lorsque l’entrepreneur Tariq Krim posta (sur LinkedIn et sur son site) une analyse très critique sur le rapport entre l’Etat et « la souveraineté numérique », avec plusieurs points plutôt légitimes. Mais le sujet est ensuite sorti du champ des spécialistes, au point que certains arguments furent même repris par… Sarah Knafo (oui oui, la députée d’extrême droite européenne, aujourd’hui candidate à la mairie de Paris), qui viendra rajouter son grain de haine (et de mensonge).
La cause, elle, est plutôt à chercher du côté de la crainte des éditeurs de solutions fermées. Voir l’État s’émanciper de leur giron pour se mettre à développer des logiciels qui fonctionnent ? Qui plus est sous licence libre ? Ça peut à terme signifier la perte de marchés importants pour eux. D’où des réactions très virulentes de leur part afin de décrédibiliser la suite logicielle de la DINUM.
Bref, c’est la mise en curée contre La Suite. Nos ami⋅es de Next.ink en feront d’ailleurs un excellent résumé (et on ne dit pas ça que parce que nous sommes cités dedans, promis !)
Prenons un peu (beaucoup !) de recul
Pour expliquer le point de vue de Framasoft, il faut faire un rapide rappel du contexte historique.
Hmm, non, en fait ce rappel ne sera pas rapide, puisqu’on va remonter jusque dans les années 60.
Notre objectif ici est de montrer les grandes lignes du rapport à l’État avec le logiciel libre, et notamment la stratégie du « Make » (« faire soi-même ses logiciels » ou « faire faire ses logiciels ») ou du « Buy » (« acheter » ou, plus souvent, « louer » ses logiciels auprès d’éditeurs).
Si on prend cette grille de lecture stratégique, on peut identifier différentes phases historiques structurantes. Désolé, c’est à gros traits, et sans doute pas exempts d’erreurs (n’hésitez pas à apporter vos corrections en commentaires).
Pour vous en faciliter la lecture, on vous a préparé rapidement une version plus graphique, sous la forme de chronologie.
Années 1960-70 : l’ère du « Make » souverain
- 1966 : Plan Calcul (de Gaulle) Création de la CII (Compagnie Internationale pour l’Informatique) en réaction au rachat de l’entreprise française Bull par l’américain General Electric. Et aussi au fait que de Gaulle a moyennement apprécié le fait que les États-Unis aient refusé d’exporter un supercalculateur destiné au CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique) pour le programme nucléaire militaire français. Volonté explicite de souveraineté matérielle et logicielle. L’État finance massivement le développement national.
- 1967 : Création de l’IRIA (qui deviendra l’INRIA en 79) Institut de recherche en informatique et automatique. Sa vocation : développer une capacité logicielle française publique.
- 1976 : Fusion CII-Honeywell-Bull Le Plan Calcul s’essouffle. C’est le début d’un recul « pragmatique » vers des alliances avec des acteurs américains. Signal précoce que le « Make » national complet est difficile à tenir. C’est la fin du projet Unidata, qui était un grand consortium européen (CII, Siemens, Philips) surnommé « l’Airbus de l’informatique ». En s’alliant avec l’Américain Honeywell, la France a probablement sabordé l’Europe de l’informatique.
Années 1980 : le tournant de la micro-informatique et les premières externalisations
- 1982 : paf ! le PAFE (Programme d’action pour la filière électronique). C’est l’arrivée de la gauche au pouvoir. Jean-Pierre Chevènement relance une politique industrielle volontariste (Plan Filière Électronique). Nationalisation de Bull, Thomson, etc. L’État veut « faire » l’informatique. (La nationalisation, pour les plus jeunes d’entre vous, c’est quand l’État pense qu’une entreprise est suffisamment importante pour le pays qu’il vaut mieux qu’elle appartienne… à l’État. Ça doit vous paraître une dinguerie aujourd’hui, mais ça se faisait, et ça marchait pas si mal… #soupir)
- 1982-1987 : le Minitel comme « Make » réussi. Le Minitel a été un succès technique et logiciel français (développé par la DGT/France Télécom). Mais il a crée un tel effet de lock-in qu’il a retardé l’adoption d’Internet en France. Le logiciel est alors entièrement développé en interne ou par des prestataires français sous contrôle étatique.
- 1989 : début de la pénétration de Microsoft dans l’administration. Les premiers contrats-cadres avec Microsoft pour équiper les postes de travail des ministères commencent à se mettre en place. Passage progressif du macroordinateur au PC, souvent avec des logiciels américains achetés « sur étagère » (typiquement, Microsoft Word est un logiciel « sur étagère » : vous l’achetez et vous l’installez, contrairement à un logiciel « sur mesure »).
Années 1990 : le basculement vers le « Buy »
- 1994-1997 : multiplication des contrats-cadres Microsoft. L’administration française signe des contrats globaux (« contrats Open ») avec Microsoft pour la bureautique. Le « Buy Microsoft » devient la norme de fait, sans véritable mise en concurrence systématique.
- 1994 : rapport Gérard Théry sur les autoroutes de l’information. Constat que la France a pris du retard sur Internet à cause du Minitel. Théry n’était pas vraiment un visionnaire : selon lui, le fonctionnement d’Internet « n’est pas conçu pour offrir des services commerciaux » et serait incapable d’offrir des services de qualité. Aucune recommandation forte sur le logiciel libre.
Années 2000 : l’émergence du logiciel libre comme alternative politique
- 2000/2001 : rapport Carcenac « Pour une administration électronique citoyenne ». Le député socialiste Carcenac recommande l’usage du logiciel libre dans l’administration.
- 2004 : contrat-cadre Microsoft renouvelé pour les ministères. En parallèle de l’expérience Gendarmerie, l’essentiel de l’administration reste sous contrat Microsoft (notamment l’Éducation Nationale). Double discours de l’État.
- 2005 : rapport du Conseil Général des Technologies de l’Information. Recommande la prise en compte du logiciel libre dans les choix informatiques de l’État.
- 2005 : la Gendarmerie nationale commence sa migration vers OpenOffice.org. La Gendarmerie abandonne Microsoft Office pour OpenOffice sur 90 000 postes. C’est le plus grand déploiement de logiciel libre dans l’administration française. (Même nos amis de LinuxFR en parlaient ;-) )
- Janvier 2004 : création de l’association Framasoft (qui existait de façon informelle depuis 2001)
- 2006 : rapport « La sécurité des systèmes d’information ». Souligne la dépendance stratégique aux logiciels étrangers, mais sans mesures contraignantes.
- 2006 : Loi DADVSI et lobbying Microsoft/industrie propriétaire. Débat sur le droit d’auteur numérique. Lobbying intense des éditeurs propriétaires. Le logiciel libre est menacé par certaines dispositions avant des amendements. Pour la petite histoire, la loi DADVSI est – pour caricaturer – la transposition dans le droit français de la directive européenne EUCD. L’association La Quadrature du Net (LQDN) a été fondée officiellement en 2008 par des militants issus de ces combats, même si plus spécifiquement pour lutter contre une autre loi : HADOPI (loi Création et Internet) et le « Paquet Télécom » européen.
- 2007-2008 : la Gendarmerie passe à Ubuntu Linux. Migration de 70 000 postes de Windows XP vers GendBuntu (Ubuntu personnalisé). Économies annoncées : plusieurs millions d’euros/an. C’est une sorte de cas d’école international.
Années 2008-2012 : tensions entre libre et lobbying propriétaire
- 2009 : 💸 contrat « Open Bar » #1 Microsoft au Ministère de la Défense. Le journaliste Marc Rees, du site PC-Inpact (ancêtre de Next.ink), révèle que le ministère de la Défense a signé un accord-cadre avec Microsoft (contrat dit « Open Bar ») permettant un accès illimité aux produits Microsoft pour environ 100 millions d’euros sur 4 ans. Ce contrat suscite une polémique massive :
- Absence de mise en concurrence réelle invoquée par les défenseurs du libre.
- Les associations du logiciel libre dénoncent une dépendance stratégique pour un ministère régalien.
- Soupçons de liens entre décideurs militaires et Microsoft (pantouflage).
- 2009 : référentiel Général d’Interopérabilité (RGI) v1.0. L’État impose officiellement l’utilisation de formats ouverts (ODF notamment) dans les échanges entre administrations. Victoire symbolique du « Make/Libre ».
- 2010 : rapport Riester sur le libre et les administrations. Le député Franck Riester (futur ministre) produit un rapport assez tiède, ne remettant pas en cause la domination des éditeurs propriétaires. Sa v2 ne vaudra, selon nous, pas mieux.
- 2011 : François Fillon annonce des investissements dans le « Cloud Computing ». Spoiler : ça sera un fiasco. On y reviendra plus bas.
- 2011 : 💸 l’affaire Louvois (logiciel de paie militaire). Arrêtons nous une minute sur cette catastrophe industrielle, parce qu’elle fait partie des « traumas » de la stratégie numérique française. Le système Louvois (Logiciel Unique à Vocation Interarmées de la Solde) est en effet un désastre économique et humain. La page dédiée Wikipédia vous donnera tous les détails, mais pour résumer :
- 2001 à 2003 : développé au départ sur la base d’un logiciel édité par l’entreprise Sopra.
- 2004 à 2006 : repris en interne par le ministère de la Défense.
- 2007 à 2008 : le logiciel est confié à l’entreprise Steria.
- 2009 à 2011 : c’est… le bordel ! À cause de nombreux bugs, le logiciel repousse sans cesse sa mise en production.
- 2011 à 2012 : le logiciel commence à être déployé, mais avec de telles erreurs qu’il fait légitimement un « bad buzz » sur les réseaux sociaux. Erreurs de paie touchant des dizaines de milliers de militaires (trop-perçus, sous-paiements, soldes à zéro).
- 2013 : le Ministre de la Défense annonce que le projet sera abandonné dès que possible et sera remplacé par un autre logiciel développé par … Sopra Steria (oui oui, la fusion des deux entreprises précédentes)
- 2016 : Louvois est définitivement abandonné. Au départ doté d’un Budget initial d’environ 80 millions d’euros, les dérapages ont été massifs. Suite à un rapport de la Cour des comptes, on parlera d’un « fiasco industriel et humain ». On parle d’une note autour de 500 millions d’euros, entre le prix d’achat et le coût des dysfonctionnements de Louvois ; cette somme ne tenant pas compte du coût de son remplaçant.
- 2012 : circulaire Ayrault : « Usage du logiciel libre dans l’administration ». Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault signe une circulaire encourageant fortement l’usage du logiciel libre. Lire l’analyse de nos ami⋅es de l’April. Elle reconnaît aussi différents groupes de travail (par exemple MIMO) qui serviront à nourrir le SILL (Socle interministériel des logiciels libres, créé la même année et produisant une liste de logiciels libres recommandés. C’est un moment fort du « Make/Libre ». D’un point de vue politique en tout cas. Parce que d’un point de vue pratique, c’est loin d’être la fête.
Années 2013-2017 : l’ambivalence institutionnalisée
- 2013 : révélations Snowden et onde de choc La preuve que la NSA a des accès privilégiés aux systèmes Microsoft, Google, etc. relance le débat sur la souveraineté logicielle. Pourtant, les achats de logiciels américains continuent.
- 2013 : renouvellement du contrat « Open Bar » #2 Défense-Microsoft. Malgré la circulaire Ayrault, les révélations Snowden, et les protestations, le contrat est renouvelé pour 4 ans. L’April dépose une demande CADA. Des parlementaires s’indignent. Le Ministre de la Défense s’en cogne.
- Soupçons de pantouflage : des cadres du ministère de la Défense rejoignent des ESN (Entreprises de Services du Numérique) partenaires de Microsoft, et vice-versa.
- 2014 : Framasoft lance sa campagne « Dégooglisons Internet »
- 2014 : 💸 Cloud souverain : les fiascos Cloudwatt et Numergy. L’État avait investi dans deux projets de « cloud souverain », issus eux-même du projet Andromède, annoncé par François Fillon (je vous avais dit qu’on y reviendrait) :
- Cloudwatt (avec Orange) : initialement doté d’un capital de 225 M€, ~150 M€ investis par l’État, service fermé en 2020.
- Numergy (lui aussi doté de 225 M€ de capital, avec SFR et Bull aux manettes) : échec commercial, absorbé, pschit, yaplu.
- Exemples du « Make » raté dans le cloud, avec des fonds publics dilapidés.
- 2015 : 💸 l’ONP (Opérateur National de Paie) abandonné. Vous n’avez pas assez de fiascos ? Bougez pas ! Lancé en 2007 pour créer un système unifié de paie des fonctionnaires :
- Coût estimé : près de 350 millions d’euros (cf page 21) dépensés avant abandon.
- Principaux prestataires : des petites boîtes comme Accenture, Sopra (oui, les mêmes que plus haut, faut suivre) ou Capgemini.
- La Cour des comptes, toujours elle, qualifie le projet d’« échec coûteux ».
- 2016 : loi pour une République Numérique (loi Lemaire)
- Encourage l’ouverture des codes sources des administrations.
- Crée un droit à l’interopérabilité (limité).
- Le logiciel libre est mentionné mais il n’y a pas de priorité au libre
, car des amendements plus ambitieux sont rejetés sous pression du lobbying des éditeurs propriétaires.
- 2015 : 💸 l’Éducation Nationale annonce un partenariat avec Microsoft. Le milieu enseignant s’indigne. L’April se mobilise.
- 2016 : Framasoft se lève et se casse.
- Suite au partenariat entre l’Education Nationale et Microsoft, Framasoft (dont « Frama » signifiait initialement « FRAnçais et MAthématiques ») annonce qu’elle se tourne dorénavant vers l’éducation populaire.
- Framasoft annonce la création du collectif CHATONS
- 2016 : création de la DINSIC (Direction Interministérielle du Numérique et du Système d’Information et de Communication de l’État). Sous la direction d’Henri Verdier
, qui fera un travail conséquent et de qualité, reconnaissons-le, elle pousse l’ouverture des données et des codes, et anime le SILL. - 2016-2017 : pantouflage et revolving doors documentés. Plusieurs hauts fonctionnaires du numérique quittent l’administration pour rejoindre Microsoft, Capgemini (cité… 85 fois dans ce rapport du Sénat), Sopra Steria, Atos, etc. Inversement, des cadres du privé sont nommés à des postes de décision sur les marchés IT publics.

Années 2017-2022 : l’ère Macron, discours de souveraineté, mais pratique de dépendance
- 2017 : renouvellement (encore ! ! !) du contrat Open Bar #3 Défense-Microsoft
- Troisième reconduction (qui sera notamment révélée au travers d’un épisode de Cash Investigation). L’April et des associations de logiciel libre demandent des comptes. Le ministère invoque des raisons de « compatibilité » et de « continuité de service ».
- Demande de la création d’une commission d’enquête. Dénonce la dépendance au logiciel américain dans la Défense, notamment au regard des révélations Snowden (NSA/PRISM).
- 2018 : dynamisme de « beta.gouv.fr » et des Startups d’État. Approche « Make » en rupture avec les pratiques historiques : de petites équipes agiles au sein de l’État développent des services numériques publics (Mes Aides, La Bonne Boîte, Signaux Faibles, etc.). Succès reconnu internationalement.
- 2020 : scandale du Health Data Hub sur Microsoft Azure. Pensé en 2018 suite au (plutôt bon) rapport de Cédric Villani sur l’IA et mis en place en 2019, le Health Data Hub (plateforme nationale des données de santé) est hébergé chez Microsoft Azure, malgré les données de santé extrêmement sensibles de millions de Français.
- Le CNLL, l’April, des médecins, la CNIL elle-même émettent des réserves (et on reste polis)
- Le Conseil d’État est saisi
- Framasoft publiera aussi son avis
- Le gouvernement promettra une migration vers un hébergeur européen « dès que possible », promesse non tenue pendant des années et qui ne devrait être réalisée que fin 2026.
- Pantouflage suspecté : des liens entre des décideurs du Health Data Hub et différents groupes informatiques sont pointés par la presse.
- 2019 : la DINUM remplace la DINSIC. La Direction Interministérielle du Numérique est censée renforcer le pilotage des projets numériques de l’État. Nadi Bou Hanna est nommé directeur (on n’en gardera pas le meilleur souvenir).
- 2019 : Tchap (messagerie souveraine). L’État lance Tchap, une messagerie instantanée basée sur le protocole libre Matrix, pour les agents publics. Exemple positif de « Make » sur base libre, mais au coût particulièrement conséquent.
- 2019 : doctrine « Cloud au centre » (première version). L’État commence à formuler une doctrine cloud, mais elle ne tranche pas entre souveraineté et pragmatisme.
- 2020 : COVID et explosion des achats de licences
- Achat massif de licences Zoom ou Microsoft Teams pour le télétravail des agents des trois fonctions publiques, malgré l’existence d’alternatives libres (Jitsi, BigBlueButton, Mattermost).
- Le SILL recommandait des alternatives, mais elles n’ont pas été déployées à l’échelle.
- 2020 : 💸 dérapage et queue de poisson de SIRHEN. Attendez, ça fait un peu longtemps qu’on a pas eu de fiasco logiciel, là, non ? Ça tombe bien, la Cour des Comptes (toujours elle) pointe le dérapage du logiciel de RH et paie de l’Éducation Nationale « système d’information de gestion des ressources humaines et des moyens (SIRHEN). Évalué initialement en 2007 à 80 millions d’euros, son coût a été plusieurs fois réévalué pour atteindre 323,3 millions d’euros en 2017, et 400 millions d’euros en 2020.
- 2020 : Rapport Bothorel (mission parlementaire sur les données). Recommande l’ouverture des codes sources. Peu de choses sur le « Make vs Buy ».
- 2021 : doctrine « Cloud au centre » (le retour)
- Impose la qualification SecNumCloud pour les données sensibles.
- 💸 Mais ouvre la porte aux offres de cloud américain sous licence (Bleu = Microsoft/Orange/Capgemini, S3ns = Google/Thales).
- Critiques (légitimes) : cela revient à « acheter » du cloud américain avec un vernis français.
- 2021 : suite collaborative de l’État. La DINUM développe une suite collaborative libre pour l’administration. C’est le « Sac à dos numérique de l’agent public » qui évoluera plus tard en « La Suite »
- 2021 : rapport Latombe sur la souveraineté numérique. Le député Philippe Latombe produit un rapport sur la souveraineté numérique, critique envers la dépendance aux GAFAM dans l’administration et qui appelle à systématiser le recours au logiciel libre dans les administrations publiques en faisant de l’utilisation de solutions propriétaires une exception.
- 2021 : rapport de la Cour des comptes sur les grands projets SI de l’État. Constat récurrent : dérapages budgétaires, dépendance aux ESN, perte de compétences internes. La Cours des Comptes défonce légitimement certains projets (dont les fiascos évoqués plus haut).
- 2021 : 💸 l’affaire McKinsey et le conseil informatique à l’État
- Le Sénat révèle l’ampleur du recours aux cabinets de conseil (McKinsey, Accenture, Capgemini, etc.) dans les décisions numériques de l’État.
- Rapport sénatorial « Un phénomène tentaculaire » (McKinsey cité 477 fois dans le rapport).
- Questions sur des conflits d’intérêts : McKinsey conseille l’État tout en travaillant pour Microsoft, Amazon AWS, etc.
- Révélation que McKinsey ne paie pas d’impôt sur les sociétés en France.
- Les montants dépensés en conseil (dont IT) atteignent plus d’un milliard d’euros par an.
- Novembre 2021 : Amélie de Montchalin, ministre de la Transformation et de la Fonction publiques, annonce le plan d’action du Gouvernement en matière de logiciels libres et communs numériques dans l’Administration. Si on est encore loin d’une priorité effective au logiciel libre, ce plan pose des bases encourageantes pour une administration tournée vers les logiciels libres, et les communautés qui les font vivre.

McKinsey réclamant gentiment ses croquettes à l’État. –Allégorie
Années 2022-2026 : tentatives de rééquilibrage et résistances
- 2022 : renforcement du SILL. Le Socle Interministériel de Logiciels Libres est enrichi et mieux promu par la DINUM. Un catalogue de près de 600 logiciels libres recommandés à ce jour (mars 2026).
- 2022 : Code.gouv.fr. La DINUM lance un portail centralisant les codes sources ouverts par l’administration. Démarche positive de transparence.
- 2022 : fin du contrat Open Bar Défense ? L’April annonce que l’accord n’a pas été reconduit. Cependant, le fait est que pendant plus de 12 ans au moins (2009-2020), Microsoft aura donc été très implanté dans l’Armée. D’autant que la fin de ce contrat ne signifie pas pour autant la fin de la dépendance technologique de l’administration aux solutions de Microsoft, le ministère passera désormais par l’UGAP (Union des groupements d’achats publics), une centrale d’achat public, pour prendre sa dose.
- Janvier 2024 rapport sur le « piège Microsoft »
- Ce rapport critique la politique tarifaire de Microsoft qui bascule vers le tout cloud. Une particularité de ce rapport est qu’il a pour rapporteur Anne Le Hénanff, devenue depuis ministre en charge de « l’IA et du numérique ».
- 2024 : débats sur l’IA souveraine. L’essor de l’IA générative (ChatGPT, etc.) relance le débat « Make or Buy ». L’État met en avant Mistral AI (startup française) mais les administrations utilisent massivement les outils Microsoft (Copilot) et Google (Gemini) ou même ChatGPT (souvent en *shadow IT*).
- Fun fact : en avril 2023, Cédric O, qui venait tout juste de quitter son poste de secrétaire d’État au numérique achète 1,15 % des parts de Mistral AI pour… 176,10 €. En décembre 2023 (8 mois plus tard), ces actions sont valorisées… 23 millions d’euros. Jolie bascule. Espèrons qu’il a gardé ses actions, parce qu’elles devraient valoir autour de 130 millions d’euros aujourd’hui (mars 2026). Un rendement à 740 000 fois la mise en moins de 3 ans, ça fait combien, en pantoufles ?
- Mai 2024 : la Suite numérique de l’État est annoncée. Déploiement de La Suite (webmail, messagerie instantanée, visioconférence, édition collaborative) basée sur des logiciels libres. Objectif : équiper 2,5 millions d’agents.
- Avril 2025 : 💸 l’Europe achète pour 264 milliards d’euros en logiciels et clouds états-uniens. Le Cigref publie le rapport « La dépendance technologique aux softwares & cloud services américains : une estimation des conséquences économiques en Europe ». Le résultat met des chiffres sur ce que tout le monde savait déjà : l’Europe est droguée aux technologies US. Pourtant, d’après le CNLL, la réponse est prête et s’appelle Eurostack. Mais pour l’instant, l’Europe a du mal à passer du constat aux actes.
- Janvier 2026 : des avancées pour le libre ? Suite à une question de la député écologiste au sujet des « impacts de la migration des serveurs publics vers Windows 11 », la ministre en charge de l’intelligence artificielle et du numérique, Anne Le Hénanff, répond et partage deux informations intéressantes : des réflexions sont en cours pour le développement de poste de travail libre et une évolution de la doctrine de l’État en matière d’achat public numérique.
- Mars 2026 : 💸 le Ministère de l’Éducation Nationale renouvelle un contrat avec Microsoft. Malgré les circulaires Ayrault (2012), Castex (2021), Lecornu (2026), et malgré l’existence de LaSuite et surtout de Apps.education.fr, le M.E.N. renouvelle son contrat avec Microsoft jusqu’en 2029. 🤷
Le point de vue de Framasoft
Comme on vient de le voir, l’État a souvent vanté la souveraineté numérique sans aller jusqu’au bout (c’était un peu « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais »).
Le libre a régulièrement existé comme solution crédible (à la dépendance des USA, ou aux entreprises qui facturaient 5 à 10 fois le prix), sans pour autant devenir une doctrine effective.
Pour nous, La Suite n’est peut-être pas un modèle parfait, mais ce n’est sûrement pas un fiasco. C’est une initiative publique louable, politiquement courageuse, et plus prometteuse que ne le disent ses détracteurs.
Sur la question du coût de La Suite
Mais… combien ça a coûté, en vrai ?
Pour le coût du projet, nous n’avons pas l’information (si vous avez des sources précises, n’hésitez pas à nous les communiquer en commentaire, nous amenderons l’article).
On peut cependant citer à minima ce même rapport de la Cour des Comptes, en citant la page 82 de ce rapport :
« Le coût total de déploiement était, à la fin de l’année 2023, de près de 9,3 M€ (concentré sur « Tchap » à 60 %). D’autre part, le coût annuel en maintenance était de 5 M€ (dont 40 % pour « Tchap »), sans compter les éventuels coûts des astreintes sur certains projets » (page 82 de ce rapport).
(Puis, juste après :)
« Selon la Dinum, ce niveau de dépenses doit être relativisé. Elle estime en effet que les dépenses engagées pour des licences privées ouvrant l’accès à une suite numérique (bureautique, messagerie, échange de fichiers) s’échelonnent entre 300 et 590 euros par an etpar agent. À ce jour, la suite numérique a un coût d’un peu moins de 15 M€ pour une utilisation en moyenne par moins de 200 000 agents, soit environ 75 € par agent et par an.
D’après nos informations (glanées auprès de différentes sources), La Suite, c’est environ 70 personnes travaillant sur le projet (développeur⋅euses, designers, administrateur⋅ices systèmes, chef⋅fes de projet, etc). À l’échelle de l’État, ce chiffre n’est pas très impressionnant, surtout au vu du nombre de bénéficiaires (voir plus bas).
Résumons : on sait ce qu’a coûté La Suite jusqu’à fin 2023 (en gros 10 M€). Puis la Cour des Comptes parle de 15 M€ « à ce jour », sans doute mi-2024. Après (en tout cas pour nous), c’est plus flou pour 2024 et 2025.
On sait que Tchap concentrait le gros des investissements (en gros 6 M€ jusqu’en 2023), et les 40 % restant étaient surtout consacrés à Resana et Osmose (gestion de fichiers), produits aujourd’hui « sortis » de La Suite.
Sans vouloir jouer les marchands de poissons, et en partant du principe qu’il y a eu une « montée en puissance » en 2024 et 2025, disons qu’on vous fait le total à, allez, 40 M€ et on vous offre le cabillaud en cadeau.
Si vous voulez les vrais chiffres, on vous laisse faire une demande CADA, nous on a d’autres chatons à fouetter caresser.
Est-ce excessif ?
La seule question valable selon nous est : « Est-ce que l’argent public est ici bien dépensé ? ».
Comme on l’a vu plus haut, la Cour des Comptes s’inquiétait, fin 2023, du coût de La Suite et de son faible nombre d’utilisateurs.
C’est là que notre historique peut aider à relativiser un peu.
Si on prend les coûts des trois fiascos logiciels cités plus haut (Louvois, ONP, SIRHEN), on arrive à un total de 1,25 milliard d’euros. Ou l’équivalent de plus de 30 fois notre évaluation au doigt mouillé du coût total de La Suite.
Alors évidemment, ça n’est pas un argument suffisant. Dire qu’un projet n’est pas du même ordre de grandeur qu’un triple fiasco financier et humain ne dit pas que l’argent a été bien dépensé.
Cependant, cela permet de mettre en perspective l’avis de la Cour des Comptes. Cette dernière a en effet vu l’État faire des dépenses faramineuses dans des logiciels peu, voire jamais utilisés. Ou dans des infrastructures comme Cloudwatt (150 millions d’argent public… disparus). Ou dans des cabinets comme McKinsey.
Bref, si on se met dans les souliers vernis d’un rapporteur de la Cour des Comptes, il paraît relativement logique qu’elle s’inquiète d’un nouveau dérapage. C’est son boulot.
Mais l’avis date de 2024, sur une étude qui portait, en gros, jusqu’à fin 2023. Or à ce jour (mars 2026), la situation a quand même beaucoup évolué :
- côté « Drive », Osmose a été décommissionné et Résana laissera probablement peu à peu la place à « Fichiers »
- côté usages, la Cour des Comptes parlait de 190 000 utilisateur⋅ices de Tchap dans son rapport. D’après le site officiel, la messagerie compterait aujourd’hui 600 000 utilisateur⋅ices au total. Même si d’après nos informations, les comptes actifs mensuellement seraient plutôt autour de 300 000, ce qui est – à notre sens – plus qu’encourageant, sachant d’où part l’administration en termes d’usages collaboratifs.
- Dans sa dernière newsletter, la DINUM annonçait 100 000 utilisateur⋅ices de Visio en février 2026.

Statistiques d’usage de différents services de la DINUM (au 25/02/2026)
Donc, est-ce que le coût de La Suite est raisonnable ? Clairement, s’il n’y avait pas eu certaines itérations malheureuses avant 2023, cela aurait été largement le cas. Mais est-ce que ce coût est excessif ? D’après nous, non.
En tout cas, il nous paraît que le coût de développement (« Build ») et celui de l’exploitation (« Run ») soit, début 2026, plus que raisonnable au vu du nombre d’utilisateur⋅ices, et des impératifs de sécurité qui entourent un tel projet.
Mais alors, c’est bien ou pas ?
Oui, globalement, nous pensons que La Suite est une très bonne chose. Non parce qu’elle serait irréprochable, mais parce qu’elle constitue aujourd’hui l’une des rares tentatives crédibles de réintroduire du logiciel libre, des logiques de communs et une forme d’autonomie dans l’environnement numérique de l’État.
Typiquement, Framasoft est bien plus en faveur de solutions telles que Apps.education.fr, car le développement s’y fait avec des rapports plus étroits avec les communautés du libre. Et la réutilisation de logiciels libres existants y est bien plus forte. Pour caricaturer, on peut dire que là où la DINUM crée ce qui deviendra un commun, apps.education.fr contribue à des communs existants.
La situation est en réalité plus subtile que ça, car il s’agit plutôt de curseurs qui ne sont, pour une solution comme pour l’autre, pas positionnée aux extrêmes de l’échelle entre création et contribution. Mais vous avez l’idée.
Il y a aussi les interrogations sur l’avenir de La Suite, par exemple :
- Les équipes seront-elles pérennisées ?
- Le projet lui-même survivra-t-il aux changements politiques à venir ? (élections de 2027, mais pas seulement)
- Est-ce à la DINUM non seulement de développer, mais aussi d’opérer/héberger les différents outils ?
- Quel sera le coût du maintien du code ?
- Quelles sont les articulations qui pourront être faites avec la société civile (dont Framasoft), les entreprises, et même avec les autres États ?
Tout cela est encore en construction. Mais quand on regarde la chronologie du rapport État // Numérique, et qu’on constate que La Suite a été annoncée il y a moins de deux ans, on peut aussi se dire que les réponses viendront en leur temps.
Concernant les critiques des éditeurs libres
C’est d’ailleurs pour cela que nous comprenons la frustration que certains éditeurs de logiciels libres ont pu exprimer. « Pourquoi développer des logiciels libres (de gestion de fichiers, par exemple) alors que des solutions libres existent déjà (Nextcloud, par exemple) ? ».
Cette critique nous paraît légitime dans son principe : lorsqu’un logiciel libre existe déjà, l’État doit pouvoir expliquer pourquoi il choisit de développer ou d’assembler autre chose.
Cependant, dans la forme de cette expression, nous avons surtout entendu la vexation que leur solution libre ne soit pas retenue.
Samuel Paccoud, chef de pôle de La Suite, répond plutôt clairement à cette critique dans le podcast « À la French » : dans une approche centrée sur l’utilisateur, il est souvent plus complexe, plus long, et souvent plus cher de travailler sur des dérivés de logiciels libres existants. Alors que construire sur des briques libres existantes, notamment les innombrables briques libres qu’il est possible d’assembler grâce à l’interopérabilité, peut être bien moins coûteux pour répondre aux besoins des utilisateur⋅ices.
Concernant les critiques des éditeurs non-libres
Mais le plus étonnant dans toute cette histoire, ça a sans doute été l’argument des éditeurs de logiciels propriétaires : « Oui, mais ça risque d’être la fin de la commande publique ! ! ! »
Tout doux, Bijou. Rappelons que ça n’est PAS le rôle d’un État de faire vivre cette commande publique. Le rôle de l’État, c’est ça :
la mission première de l’État est de permettre l’exercice de la souveraineté nationale qui appartient au peuple.
Ce n’est donc pas à l’État de financer des boîtes qui font du libre, et encore moins des boites qui font du propriétaire. C’est « logique » que l’État achète. Mais c’est pas un dû.
Donc venir couiner parce que l’État n’achèterait plus une licence Zoom (ou équivalent français), désolé, mais nous ne verserons aucune larme.
Ça serait d’ailleurs la même avec PeerTube : si l’État utilise massivement PeerTube et ne contribue pas, ça va nous fâcher, même si c’est un risque lorsque l’on fait du libre. Par contre, si l’État développe sa solution de diffusion de vidéos, en 100 % libre, et n’utilise pas PeerTube, Framasoft n’ira pas pleurnicher parce que Framasoft touche 0€. Comme tout éditeur de logiciel libre, nous aurons forcément envie de savoir pourquoi le choix serait de redévelopper une solution alors qu’une autre existe. Mais quiconque a déjà géré des projets logiciels sait que ces choix sont complexes et relèvent de nombreux facteurs.

Par ailleurs, imaginer que l’État renoncerait à la commande publique est un argument inepte. L’État va continuer à acheter des chaises, des stylos, des ordinateurs (peut être bientôt équipés Linux ?) et… des logiciels.
Regardez cette annexe du Projet de Loi de Finances 2026. Les dépenses en logiciels de l’État, c’est quand même approximativement 2 211 millions d’euros (2023) et 2 401 millions d’euros (2024) (cf. page 177 du PLF). Et on ne vous parle même pas du numérique en général (les serveurs, les ordis, les souris, etc.). Et là, on vient gueuler parce que l’État a investi quoi ? 30 ou 50 millions (soit 1 à 2 % du total) pour des logiciels utilisés par des centaines de milliers, voire des millions d’agents ?

Page 177 du rapport sur l’impact environnemental du budget de l’État présentant les dépenses de l’État concernant le numérique. Et, oui, on parle en millions d’euros, là…
Il faut savoir raison garder. Ces éditeurs ont surtout perçu qu’une partie de l’énorme manne d’argent public dont ils ont largement bénéficié pendant des décennies, souvent en gonflant très largement les factures, allait être un peu moins énorme. Et ils ont donc fait de la communication du lobbying.
Et quand on connaît la capacité de lobbying des éditeurs logiciels, reconnaissons à la DINUM qu’elle a fait un choix politique courageux. Et qui est en train de payer quand on regarde l’adoption croissante des outils de La Suite.
Cependant, restons vigilant⋅es, il y a fort à parier que les Capgemini, Sopra Steria, Microsoft & co. ne prendront pas cette défaite comme signifiant la fin du combat. Ils ont le temps et l’argent nécessaires pour faire pression aux bons niveaux institutionnels afin de faire abandonner un tel projet.
Y arriveront-ils ? Nous sommes prêt⋅es à parier que nous n’aurons pas à attendre 10 ans pour vous apporter la réponse.

Conclusion
Oui, certaines critiques faites à La Suite sont légitimes, notamment lorsqu’elles portent sur la réutilisation de logiciels libres existants, sur la contribution aux communs, sur la pérennité des équipes ou sur la place que doit occuper la DINUM dans l’exploitation de tels outils.
Mais non, cela ne suffit pas à conclure que La Suite serait une mauvaise idée.
À nos yeux, c’est au contraire une initiative précieuse, parce qu’elle rouvre un espace politique que l’État français a trop souvent laissé se refermer : celui d’un numérique public plus libre, moins dépendant d’éditeurs ou de cabinet de conseils dont l’objet est moins de servir la population que de se servir sur les institutions.

C’est trop long, j’ai pas le temps de tout lire
- L’État, au travers de sa Direction Interministérielle au Numérique, s’est mis a développer ses propres logiciels (libres).
- La Cour des Comptes, traumatisée par des échecs précédents, a fait son boulot en alertant sur des dérapages possibles. Mais au final, pour l’instant, les coûts n’ont pas dérapé, et ça se présente même plutôt bien.
- Les éditeurs de logiciels libres ont grincé des dents, légitimement, parce que la DINUM a fait des choix qui ne retenaient pas forcément leurs solutions développées avec amour. Mais l’État est, eh bien, souverain. Et s’il serait bon que les raisons de ces choix soient transparentes et puissent être débattues publiquement, les choix faits par la DINUM nous semblent cohérents.
- Les éditeurs de logiciels propriétaires crient au meurtre, affirmant que l’État doit passer par eux pour développer les logiciels utilisés par les agents de l’État, sinon ils ne pourraient pas se payer un troisième yacht. Mais il est bon de rappeler que ce sont nos impôts qui ont déjà payé les deux premiers, alors que le service rendu était parfois catastrophique. Et que les petits choux ont encore les dents largement suffisamment acérées pour se gaver sur la bête.
- La Suite a fait largement parler d’elle dans les médias (jusqu’au New-York Times). Et ça, c’est bon pour le libre et les communs numériques.
- Au vu des statistiques d’usage, bientôt une très large partie des agents publics utiliseront des logiciels libres collaboratifs dans leur quotidien. Et ça, ce n’était clairement pas un pari gagné.
Bref, arrêtons deux minutes de cracher dans la soupe : La Suite, c’est bien. C’est imparfait. Mais c’est bien.
Boite noire
Boite noire
Cet article est déjà bien long, mais l’auteur de ces lignes s’est dit que cela vaudrait la peine de faire une « boite noire » à la Médiapart (la moustache d’Edwy Plenel en moins).
Commençons par le début. Pourquoi Framasoft prend-elle la parole sur le sujet ?
Et bien pour au moins 2 raisons.
La première, c’est que nous en avons eu assez de répéter que nous souhaitions discuter à égalité avec les politiques. En effet, être élu, c’est évidemment un pouvoir, mais c’est aussi un devoir. Celui d’être au service de l’intérêt général. Or après plus d’une décennie de discussions avec des élus locaux ou régionaux, des secrétaires d’État, ou même des ministres, nous avons (comme beaucoup) eu un sentiment d’épuisement face aux comportements parfois plein de bonne volonté, parfois emplis de morgue et de suffisance. Épuisement renforcé par la technocratie intrinsèque à ce milieux, et par les calendriers électoraux, qui font qu’il est compliqué de nouer une relation de partenariat saine de plus de cinq ans avec un agent de l’État.
La seconde, c’est que le plaidoyer, c’est un métier.
Et un métier à temps plein. Un métier que nous respectons beaucoup, d’ailleurs. Big up aux camarades de l’April, évidemment. Mais aussi à celles et ceux de La Quadrature, d’Alternatiba, etc.
C’est d’ailleurs un ancien camarade de La Quadrature qui avait dit à l’auteur de ces lignes qu’il fallait trouver un équilibre entre les globules blancs (qui protègent et défendent le corps humain contre les agressions extérieures) et les globules rouges (qui transportent l’oxygène vers tous les organes et tissus du corps). Les deux sont indispensables, mais il est quasiment impossible d’être à la fois (ou même successivement) globule blanc, puis rouge.
C’est aussi pour cette raison que Framasoft signe peu de tribunes. Nous sommes humain⋅es, et notre énergie de globules rouges est donc limitée. Celle-ci est donc dirigée vers nos actions, qui sont – en toute humilité – tout à fait conséquentes pour une association de – seulement – 35 adhérent⋅es (vous pouvez lire notre rapport d’activité ou regarder nos statistiques pour vous en convaincre).
Alors, pourquoi cet article dix ans plus tard ?
Parce que les critiques adressées à La Suite nous paraissent, selon les cas, légitimes, exagérées ou franchement mal orientées. Et parce qu’au-delà du projet lui-même, ce débat dit beaucoup de la place du logiciel libre dans l’action publique.
Dans l’article, on voit que ce sont surtout les institutions (Sénat, Assemblée Nationale, Cour des Comptes) et les entreprises (du logiciel libre ou pas), qui se sont exprimées sur le sujet. Mais la société civile a peu pris la parole. C’est ce que nous essayons de faire aujourd’hui.
Nous souhaitions aussi, au travers de cet article, faire une rapide histoire du rapport entre l’État et le numérique libre. Et pour cela, nous avons fait le choix de remonter jusqu’à De Gaulle, car ce sont bien certaines décisions stratégiques de l’époque « pré-libre » qui nous ont mis dans la sauce.
Comme toute vision historique, la nôtre fait l’objet de choix et de biais. Cependant, je tiens à remercier chaleureusement Étienne Gonnu, chargé de mission Affaires Publiques à l’April, d’avoir bien voulu relire et amender cette partie là avant publication. L’April est probablement l’association la mieux placée aujourd’hui pour raconter cette histoire, et ses membres le feraient sans doute bien mieux que nous [rappelons au passage que Framasoft est membre de l’APRIL, donc tu es légitime, pyg 😉 NDLR]. Mais… on s’est dit qu’on allait se lancer, et que dans le pire des cas, cela donnerait envie à d’autre d’amender cette chronologie.
Enfin, pour l’anecdote, la rédaction de cet article s’est étalé sur près de trois semaines, essentiellement à temps perdu (souvent le soir et les week-ends). Il aura réclamé de très nombreuses heures de travail, essentiellement pour aller chercher les sources ou les vérifier (certains rapports ayant plus ou moins disparus d’Internet). Or, entre temps, les nouvelles concernant La Suite, et plus généralement la souveraineté numérique, ont continué de s’enchaîner.
-
- Le 24 février, c’était Samuel Paccoud, Chef de pôle de La Suite, qui était invité dans le podcast A la French.
- Quelques jours plus tard, le 7 mars, on apprenait que l’Education Nationale renouvelait son contrat avec Microsoft.
- Deux jours plus tard, le 9 mars, on apprend que c’est la DGFIP (les Impôts) qui pourrait migrer vers Linux
- Encore deux jours plus tard (11 mars), c’est la mise en ligne de l’audition de Henri Verdier (ancien directeur de la DINUM quand elle s’appelait encore DINSIC), entendu par la Commission « Dépendances structurelles et vulnérabilités systémiques dans le secteur du numérique » de l’Assemblée Nationale
Bref, « le monde il bouge, et il vous attend pas » (© OSS117), donc à un moment, il fallait bien clore cet article « critique des critiques », qui lui même fera l’objet, n’en doutons pas, de critiques (les commentaires du Framablog sont là pour ça). Si vous nous interpellez sur LinkedIn, il y a peu de chances qu’on vous réponde là-bas 😜 .
Pierre-Yves Gosset, le 13 mars 2026
19.03.2026 à 10:21
Numérique : l’alternative ne viendra pas d’un champion européen, mais des communs
Texte intégral (895 mots)
Face à l’hyper-domination États-unienne dans le numérique, l’idée d’un compétiteur européen fait rêver les politiques… et quelques entrepreneurs. Pourtant, cette voie nous paraît sans issue, comme nous l’écrivions dans une tribune du Journal l’Humanité parue le 21 janvier 2026, que nous reproduisons ici.
Cet article s’inscrit dans un dossier que consacre Framasoft aux rapports entre les États et les modèles de développement et de financement des communs numériques :
- Cette (courte) tribune, parue dans l’Humanité fin janvier 2026, sur le fantasme de faire émerger, au niveau européen, un oligopole qui se poserait comme compétiteur aux GAFAM
- Un (long) article faisant l’historique entre l’Etat français et le logiciel libre, et précisant la position de Framasoft quant aux critiques faites à La Suite Numérique de la DINUM
- Un article rappelant un modèle qui a très bien fonctionné ces dernières années pour les petites communautés du logiciel libre (dont Framasoft) : les bourses NLnet (à paraître début avril 2026)
Un an après l’élection de Trump, le constat s’impose : les géants américains du numérique n’ont opposé aucune résistance au pouvoir politique. Derrière les discours sur l’innovation, la disruption, ou la neutralité technologique, leur docilité révèle une réalité plus profonde : les grandes plateformes numériques sont aujourd’hui le socle d’un appareil économique, politique et géostratégique, qui semble mis au service d’un fascisme qui ne prend même plus la peine d’avancer masqué.
Face à la domination technique et économique des Big Tech, un fantasme revient régulièrement dans le débat public européen : il faudrait bâtir un « Airbus du numérique », un champion industriel capable de rivaliser avec les géants américains. Cette solution a le mérite de la simplicité, mais elle a le défaut de ne pas s’attaquer au cœur du problème.
En effet, les GAFAM ne sont pas de simples entreprises dont les capitalisations boursières battent des records, année après année. Elles forment un oligopole technique mondial contrôlant infrastructures, données, logiciels et usages. Pour cela, elles s’appuient sur un modèle économique nouveau : le capitalisme de surveillance. Un système basé sur la centralisation des infrastructures et l’extraction massive de données personnelles visant à transformer nos comportements en marchandises.
L’histoire industrielle européenne nous a appris qu’Airbus n’a jamais été un contre-modèle au capitalisme, mais une adaptation à ses contraintes. Transposer cette logique au numérique, c’est ignorer la spécificité politique des technologies de l’information. Car ici, il ne s’agit pas seulement de produire, mais de piloter les infrastructures qui structurent le débat public, l’accès au savoir, les relations sociales ou le fonctionnement même des services publics.
En réalité, « l’Airbus du numérique » reproduirait les mêmes travers toxiques et délétères que ses concurrents : dépendance aux marchés financiers, gabegie d’argent public, course à la croissance, concentration des données, impacts écologiques délétères, etc. Nous ne combattrons pas le capitalisme par le capitalisme.
Sortir de la servitude volontaire aux GAFAM suppose donc un changement de cap plus radical : sortir du marché comme horizon unique du numérique. Cela passe par le développement et la reconnaissance des communs numériques : logiciels libres, infrastructures décentralisées, interopérables, gouvernées collectivement et ancrées dans les territoires.
Des alternatives existent déjà, parfois depuis des décennies. Elles sont portées par des associations, des coopératives, des collectivités, des institutions publiques. Elles sont certes bien moins visibles que les grandes plateformes car elles ne promettent ni croissance infinie, ni domination mondiale, mais elles proposent en revanche un contre-modèle bien plus robuste : un numérique au service de l’intérêt général, de l’autonomie et de la démocratie.
Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft
Tribune parue initialement dans l’Humanité, le 21 janvier 2026
16.03.2026 à 07:42
Khrys’presso du lundi 16 mars 2026
Texte intégral (10139 mots)
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Brave New World
- La planète compte 400 milliardaires de plus qu’il y a un an et ils sont de plus en plus riches, selon le magazine Forbes (lemonde.fr)
Elon Musk arrive largement en tête du classement annuel du magazine américain des personnes les plus riches du monde. Ces derniers cumulent un patrimoine record de 20 100 milliards de dollars. La fortune de Donald Trump a augmenté de 27 %.
Voir aussi La fortune de Musk bat des records : pour l’atteindre, il faut multiplier par cinq celle de la famille Arnault (huffingtonpost.fr)
Avec une fortune estimée à 839 milliards de dollars dans le dernier classement de « Forbes », le patron de Tesla et de X dépasse très largement celui du groupe LVMH.
Pour Bernard Arnaud, pour rappel on a ceci.

- When Billionaires Can’t Get Their Money Out : What BlackRock’s $26 Billion Problem Means for You (kapindarsharma.medium.com)
- « 3 428 milliardaires saccagent la planète, et nous avec » (reporterre.net)
- En Australie, des crocodiles s’aventurent en ville à cause des inondations (reporterre.net)
- China approves ‘ethnic unity’ law requiring minorities to learn Mandarin (bbc.com)
- Inde : la fascisation à l’œuvre sous l’impulsion de Modi et du BJP (spectremedia.org)
- Qui est Mojtaba Khamenei, le fils de l’ayatollah Ali Khamenei, choisi comme nouveau guide suprême iranien ? (humanite.fr)
- La Turquie prépare-t-elle un nouveau bain de sang au Rojava ? (kurdistan-au-feminin.fr)
Malgré les pourparlers entre Damas et les autorités kurdes du Rojava, les services de renseignement turcs (MİT) intensifient leurs efforts pour déstabiliser le Rojava.
- Allemagne : la stigmatisation de trois librairies de gauche vire à l’affaire d’État (actualitte.com)
De l’autre côté du Rhin, une récompense saluant chaque année le travail des libraires indépendants, dotée par le ministère de la Culture, suscite un intérêt peu commun. La liste des lauréats publiée en février 2026 aurait en effet été expurgée des noms de trois commerces engagés à gauche. La lutte contre « l’extrémisme » aurait motivé l’action du ministère, qui aurait par ailleurs dissimulé son intervention aux gérants des librairies.
- Swiss e-voting pilot can’t count 2,048 ballots after USB keys fail to decrypt them (theregister.com)
- La Belgique ne peut pas se permettre que Microsoft tombe en panne : Un signal d’alarme sur la souveraineté numérique (belibre.be – article de novembre 2025)
- “Dangereux et socialement inacceptable” : des experts s’opposent au déploiement précipité des contrôles d’âge (clubic.com)
430 chercheurs en sécurité informatique de 32 pays ont publié le 2 mars 2026 une lettre ouverte réclamant un moratoire sur les systèmes de vérification d’âge en ligne. Parmi eux, des chercheurs français d’Inria, de l’École polytechnique et de Télécom Paris.
- #ChatControl : les eurodéputé·es mettent fin à la surveillance de masse indiscriminée (next.ink) – voir aussi Historic Chat Control Vote in the EU Parliament : MEPs Vote to End Untargeted Mass Scanning of Private Chats (patrick-breyer.de)
In doing so, the Parliament firmly rejected the error-prone and unconstitutional surveillance practices of recent years. Pressure is now mounting on EU governments to respect the MEPs’ vote and bury untargeted mass surveillance in Europe once and for all.
- Android : l’Europe s’attaque au système secret de Google qui contrôle vos applications et veut une alternative open source (clubic.com)
- Interpellée par le logiciel libre, Bruxelles ajoute un .ods à sa consultation Cybersécurité (next.ink)
Il n’y a pas de petite victoire. La Document Foundation, qui pilote le développement de la suite bureautique libre et gratuite LibreOffice, s’est félicitée mardi 10 mars d’avoir obtenu gain de cause en 24 heures auprès de la Commission européenne.
- Au Portugal, « les discours de haine provoquent une amnésie dans la population » (politis.fr)
Au Portugal, le second tour de l’élection présidentielle a vu l’emporter le candidat socialiste de centre gauche António José Seguro. Toutefois, le parti populiste d’extrême droite Chega a réalisé une percée historique. Daniel Matias, traducteur littéraire et Portugais d’origine, s’inquiète de la stigmatisation des immigrés, qui pourtant font tourner le pays.
- UK startup raises $15M to build Europe’s sovereign alternative to biometric surveillance (biometricupdate.com)
- Les Ig Nobel, prix satirique, quittent les États-Unis pour la Suisse (courrierinternational.com)
- Cette statue de Donald Trump et Jeffrey Epstein installée à Washington recrée une scène culte de « Titanic » (huffingtonpost.fr)
Le groupe « La poignée de main secrète », à l’origine de l’installation, avait déjà mis en place une statue représentant les deux hommes dans la capitale fédérale américaine.
- Revers judiciaire pour Donald Trump, qui échoue à faire vaciller le patron de la Fed Jerome Powell (huffingtonpost.fr)
Un juge fédéral a annulé une démarche judiciaire contre le président de la Fed lancée par l’administration Trump.
- Ubuntu, Fedora, Linux Mint Discuss Age Verification Amid California Law Backlash (9to5linux.com)
The upcoming law mandates that OS providers and application developers implement age verification measures to protect minors online.
- An investigation of the forces behind the age-verification bills (lwn.net)
What started as curiosity about who was pushing these bills turned into documenting a coordinated influence operation that, from a privacy standpoint, is building surveillance infrastructure at the operating system level while the company behind it faces zero new requirements for its own platforms.
- Online Pharmacies Hawk Trans Drugs to Vulnerable Kids Without Requiring Prescription, Watchdog Warns (dailysignal.com)
A medical watchdog is calling on the Food and Drug Administration to investigate companies that allow Americans to purchase sex-rejecting drugs without a prescription, in pursuit of transgender identity.
- US : Près d’un tiers des Républicains de moins de 50 ans déclarent être racistes et un quart antisémites (legrandcontinent.eu)
- StorageReview Sets New Pi Record : 314 Trillion Digits on a Dell PowerEdge R7725 (storagereview.com)

- Why SETI Might Have Been Missing Alien Signals (seti.org) Turbulent plasma near distant stars could blur ultra-narrow signals before they leave their home star systems, making them difficult to detect.
Spécial IA
- ‘AI Is African Intelligence’ : The Workers Who Train AI Are Fighting Back (404media.co)
- Inside the Dirty, Dystopian World of AI Data Centers (theatlantic.com)
- OpenAI robotics leader resigns over concerns about surveillance and autonomous weapons amid Pentagon contract (fortune.com)

- AI CEOs Worry the Government Will Nationalize AI (yro.slashdot.org)
- ChatGPT, Other Chatbots Approved for Official Use in the Senate (nytimes.com)
New guidelines said Senate aides could use A.I. tools for official work, including research, drafting and editing documents, and preparing briefings and talking points for lawmakers.
- Anthropic Sues the Pentagon After Being Labeled a Threat To National Security (yro.slashdot.org) – voir aussi Anthropic sues US over blacklisting ; White House calls firm “radical left, woke” (arstechnica.com)

- Uploading Pirated Books via BitTorrent Qualifies as Fair Use, Meta Argues (torrentfreak.com)
To help train AI models, Meta and other tech companies have downloaded and shared pirated books via BitTorrent from Anna’s Archive and other shadow libraries. In an ongoing lawsuit, Meta now argues that uploading pirated books to strangers via BitTorrent qualifies as fair use. The company also stresses that the data helped establish U.S. global leadership in AI.
- Grammarly pulls AI author-impersonation tool after backlash (bbc.com)
Writing tool Grammarly has disabled an AI feature which mimicked personas of prominent writers, including Stephen King and scientist Carl Sagan, following a backlash from people impersonated.
- États-Unis : la presse tech durement touchée par l’essor des résumés IA de Google (next.ink)
- The Washington Post Is Using Reader Data to Set Subscription Prices. How Does That Work ? (washingtonian.com)
Some subscribers recently received a heads-up that they’re on the hook for a new rate “set by an algorithm using your personal data.”[…]The Post‘s use of algorithmic pricing is not surprising, given the newspaper’s recent fixation on artificial intelligence—consider its AI-powered search engine and robot-led podcast.
- Jack Dorsey’s Block Accused of ‘AI-Washing’ to Excuse Laying Off Nearly Half Its Workforce (it.slashdot.org)
- ChatGPT se trompe à plus de 50 % quand on l’interroge sur des urgences médicales (slate.fr)
- Le plus grand danger de l’IA à l’université n’est pas la triche, c’est l’érosion de l’apprentissage lui‑même (theconversation.com)
en déléguant aux machines les tâches qui formaient étudiants et jeunes chercheurs, les universités risquent d’éroder les conditions mêmes de l’expertise.
- IA : le modèle économique de ChatGPT repose sur les hallucinations (legrandcontinent.eu)
Afficher des choses fausses n’est pas un défaut de l’IA : c’est l’une de ses caractéristiques structurantes.
- BuzzFeed Nearing Bankruptcy After Disastrous Turn Toward AI (futurism.com)
- Silicon Valley is buzzing about this new idea : AI compute as compensation (businessinsider.com)
- After outages, Amazon to make senior engineers sign off on AI-assisted changes (arstechnica.com)
AWS has suffered at least two incidents linked to the use of AI coding assistants.
- AI can rewrite open source code—but can it rewrite the license, too ? (arstechnica.com)
“There is nothing ‘clean’ about a Large Language Model which has ingested the code it is being asked to reimplement,” Free Software Foundation Executive Director Zoë Kooyman told The Register.
- Debian decides not to decide on AI-generated contributions (lwn.net)
- L’économie du logiciel est-elle morte ? (linuxfr.org)
- MALUS : Liberate Open Source (malus.sh)
Clean Room as a Service. Finally, liberation from open source license obligations. Our proprietary AI robots independently recreate any open source project from scratch. The result ? Legally distinct code with corporate-friendly licensing. No attribution. No copyleft. No problems.
Voir aussi la vidéo de présentation au FOSDEM (fosdem.org)
- L’IA va t-elle rendre la cybersécurité obsolète ? Ou bien la Silicon Valley est-elle encore en train de fantasmer ? (zdnet.fr)
« Si le développeur du code propose l’outil de sécurité du code, n’est-ce pas comme si le renard gardait le poulailler ? »
- Checking an LLM’s work is a systemic, not an individual, problem. (productpicnic.beehiiv.com)
AI is a machine that turns quality assurance into burnout
- Judges Find AI Doesn’t Have Human Intelligence in Two New Court Cases (yro.slashdot.org)
The AI bots are machines, and portraying them as though they’re thinking creatures like artists or attorneys doesn’t change that, and shouldn’t.
- AI autocomplete doesn’t just change how you write. It changes how you think (scientificamerican.com)
AI-powered writing tools are increasingly integrated into our e-mails and phones. Now a new study finds biased AI suggestions can sway users’ beliefs

- Sam Altman Says Intelligence Will Be a Utility, and He’s Just the Man to Collect the Bills (gizmodo.com)
“Intelligence too cheap to meter” doesn’t quite come across the way Altman might intend.
- No, “AI” is not a Stochastic Parrot (medium.com/@margarmitchell)
- The AI Bubble Is An Information War (wheresyoured.at)
Spécial guerre au Moyen-Orient
- Face à la guerre en Iran, la Turquie tente d’éviter toute implication (orientxxi.info)
En bons termes avec l’administration de Donald Trump, mais brouillée avec Tel-Aviv, frontalière d’un Iran avec lequel elle entretient des relations aussi anciennes que complexes, Ankara a toutes les raisons de se sentir concernée par le conflit opposant l’alliance militaire israélo-étatsunienne à la République islamique.
- Pluie noire, fumée toxique… Les scientifiques alertent sur les conséquences des explosions à Téhéran (huffingtonpost.fr)
Alors que quatre dépôts pétroliers ont été frappés à Téhéran, en pleine offensive israélo-américaine, la capitale iranienne s’est retrouvée enveloppée dans un nuage de fumée noire.
Voir aussi Pluie noire à Téhéran : un cocktail chimique cancérigène menace 9 millions d’habitant·es (bonpote.com)

- Al Jazeera reports from Israeli bombing of Beirut apartment block (aljazeera.com)
- Lebanon : Israel Unlawfully Using White Phosphorus (hrw.org)
Human Rights Watch Verifies Use of Incendiary Weapon over Residential Areas in Southern Lebanon
- Israeli strike kills 12 healthcare workers in southern Lebanon (theguardian.com)
The facility was attacked on Friday night, bringing the toll of medical staff to 31 killed in past 12 days
- The Palestinians forced to demolish their own homes by Israel (aljazeera.com)
- La mini guerre mondiale pour le nouveau Moyen-Orient (legrandcontinent.eu)
Depuis le début des opérations Epic Fury et Roaring Lion le 28 février 2026, la guerre a changé d’échelle. D’une campagne israélo-américaine contre l’Iran, elle est devenue régionale et s’étend désormais à seize pays.
- US and Israel ‘would be banned from Scotland over illegal war’ (thenational.scot)
THE US and Israel’s attacks on Iran breached international law – so both nations’ militaries would be banned outright from an independent Scotland, John Swinney has said.
- Trump Surprised To Find He’s At War in Iran (doomsdayscenario.co)
Once his not-even-half-baked plan failed to materialize in Iran, it’s clear that there’s no Plan B.

- The Dangerous Mismatch Between American Missiles and Iranian Drones (theatlantic.com)
The United States, Israel, and their Gulf allies are using up scarce and costly munitions at an astounding rate. These losses can’t be replenished nearly quickly enough to avoid possible global repercussions, as far more formidable adversaries than Iran—Russia and China—assess the war-fighting capacity that America holds in reserve. If they conclude that the West has burned through too many interceptors to defend itself, Russia might pursue aggressive action against NATO, or China could move against Taiwan.
- Que risquent les personnes arrêtées pour avoir filmé les attaques iraniennes sur Dubaï ? (slate.fr)
Un sexagénaire britannique pensait simplement immortaliser un moment spectaculaire pendant ses vacances à Dubaï. Mais en filmant une attaque de missiles iraniens, il s’est retrouvé accusé de cybercriminalité et risque désormais la prison.
- Pourquoi la crise énergétique provoquée par la guerre en Iran est différente des chocs pétroliers des années 1970 (legrandcontinent.eu)

- Économie russe : après avoir bondi de 70 % depuis le début de la guerre contre l’Iran, le baril de brut russe se vend à son plus haut niveau depuis deux ans (legrandcontinent.eu)
- Ce que la guerre au Moyen-Orient dit des fragilités de notre système alimentaire (basta.media)
La France importe plus de 80 % de ses engrais, dont les prix s’envolent. La fermeture du détroit d’Ormuz rappelle l’urgence à sortir d’un modèle agricole accro aux énergies fossiles. D’autres voies existent, à rebours des orientations du gouvernement.
- Au Moyen-Orient, l’eau potable ciblée par les protagonistes de la guerre (reporterre.net)
- The Gulf built oil pipelines to avoid Hormuz. It’s now doing the same for data (restofworld.org)
Saudi Arabia, Qatar, and the UAE are financing competing data corridors through Syria, Iraq, and East Africa to bypass the two maritime choke points that threaten their digital connectivity.

- Des pirates pro-iraniens revendiquent une importante cyberattaque d’une entreprise médicale américaine (lemonde.fr)
Les systèmes informatiques de la société Stryker ont été en partie paralysés, et le contenu de certains appareils professionnels de salariés effacés à distance. Le groupe qui a revendiqué l’attaque est soupçonné d’être proche des services iraniens.
- Drone strikes halt a third of the world’s helium supply, threatening chip production (techspot.com)
The global helium market remains on edge as QatarEnergy’s massive Ras Laffan facility – responsible for nearly a third of the world’s supply – remains offline more than a week after Iranian drone strikes halted operations. The prolonged outage has highlighted vulnerabilities in the semiconductor supply chain, drawing renewed attention to the essential yet fragile nature of the helium trade.
- Iran Declares Google and Microsoft to Be Military Targets(futurism.com)
“The Americans should await our countermeasure and our painful response.”
Spécial femmes dans le monde
- À Gaza, Amnesty International alerte sur une crise sanitaire qui frappe les femmes et les filles (huffingtonpost.fr)
Dans un rapport publié après 29 mois de guerre, l’ONG décrit l’effondrement du système de santé dans l’enclave palestinienne et ses conséquences graves pour les femmes.
- Génocide à Gaza : Susan Sarandon blacklistée pour son soutien à la Palestine (humanite.fr)
Après avoir pris position contre le génocide en cours à Gaza, l’actrice Susan Sarandon a été virée par son agent et est désormais boycottée par l’industrie cinématographique aux États-Unis.
- Après leur silence pendant le chant de leur hymne national, cinq footballeuses iraniennes obtiennent l’asile en Australie (huffingtonpost.fr)
Après avoir refusé de chanter l’hymne iranien lors d’un match de la Coupe d’Asie féminine, plusieurs joueuses ont demandé protection en Australie, craignant des représailles à leur retour.
- Inside Kenya’s Femicide Crisis : Government Report Points to Danger at Home (africauncensored.online)
- Percée des idées masculinistes chez les hommes de la génération Z (lesnouvellesnews.fr)
Près d’un quart des hommes de la génération Z pensent que les femmes ne devraient pas être « trop indépendantes ou autosuffisantes », contre 12 % des boomers. Une vaste étude du King’s College, menée dans 29 pays, met en évidence une adhésion croissante aux idées masculinistes chez les jeunes hommes, creusant un fossé générationnel.

- The Fallout from Reporting on White Nationalism in Canada (thetyee.ca)
Journalist Rachel Gilmore published an investigation in The Tyee. The men she unmasked showed up to intimidate her in person.
- La médecin légiste de Jeffrey Epstein n’avait pas conclu au suicide lors de l’autopsie (slate.fr)
Kristin Roman a pratiqué l’examen du corps. Elle avait initialement refusé de trancher entre suicide et homicide, avant que la ville de New York ne classe l’affaire.
Voir aussi Jeffrey Epstein Prison Guard Googled Him Minutes Before Death And Made $5K Cash Deposit Days Earlier, DOJ Records Show (radaronline.com) et Why Epstein’s Prison Guard Is Now Under Scrutiny For His Death (forbes.com)

- Chili : les craintes des femmes et des sans-papiers face à l’arrivée de José Antonio Kast au pouvoir (rfi.fr)
L’ultra-conservateur, dont l’investiture est prévue ce mercredi 11 mars, est opposé à la pilule contraceptive ou encore à l’avortement. Au Chili, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est possible que dans trois cas : s’il y a une malformation du fœtus, si la vie de la femme est en danger, ou en cas de viol.
- The one thing everyone gets wrong about feminism (theguardian.com)
A 2025 study notes that in the US, “during the highly gender-specialised era of the 1960s, married women did seven times more housework and four times more childcare than their husbands”. Now, the study says, women do twice as much housework and childcare, which is both far from equal and far from what it was.
- Palantir CEO Makes Shocking Confession on Disrupting Democratic Power (newrepublic.com)
Palantir CEO Alex Karp thinks his AI technology will lessen the power of “highly educated, often female voters, who vote mostly Democrat” while increasing the power of working-class men. […] Karp’s message is loud and clear : My technology will take political capital away from one of your greatest enemies—liberal women with degrees—and give one of your favorite demographics to patronize—working-class men—more political power to transfer to you.
À ce sujet, on pourra réécouter ce que disait Peter Thiel (cofondateur de Palantir) dès 2010 (tube.fdn.fr) :
Maybe you could actually unilaterally change the world without having to constantly convince people and beg people and plead with people who are never going to agree with you – through technological means.Technology is this incredible alternative to politics

Spécial France
- Nicolas Sarkozy risque la pose d’un nouveau bracelet électronique après cette décision de justice (huffingtonpost.fr)
L’ancien président devra purger sa peine de six mois de prison ferme aménageable dans l’affaire Bygmalion, le tribunal correctionnel ayant refusé la confusion de cette peine avec celle du dossier Bismuth.
- Hélène, Bernard et ses fils : succession sans vergogne (arretsurimages.net)
- Une « victoire historique » pour le devoir de vigilance : Yves Rocher condamné à indemniser six salariés de filiales turques pour discrimination syndicale (humanite.fr)
- Cryptomonnaies : un couple des Yvelines dépouillé de 900 000 euros en bitcoin lors d’un home-jacking (huffingtonpost.fr)
le trio de malfaiteurs a sonné à l’entrée et annoncé « être policiers afin de se faire ouvrir la porte »
- Un chercheur français a découvert une faille béante dans l’IoT de Meari : plus d’1,1 million de babyphones et caméras sont exposés, dont certains sont vendus sous marque par Leroy Merlin, Fnac, Cdiscount ou Amazon. (clubic.com)
un broker MQTT sans aucune protection, accessible depuis n’importe quel navigateur, qui donne accès en temps réel aux flux vidéo de babyphones et caméras connectées à travers le monde. Derrière, 378 marques partagent le même backend défaillant
- Une révolution inattendue arrive pour les appels téléphoniques : Orange, Bouygues, Free et SFR vont-ils répondre présent ? (universfreebox.com)
Présentée lors du Mobile World Congress, une nouvelle technologie du géant des télécoms Deutsche Telekom va transformer les appels téléphoniques en y intégrant traduction instantanée, assistance et résumés automatiques grâce à l’intelligence artificielle directement intégrée à son réseau. Déployée prochainement en Allemagne, cette grande avancée va-t-elle faire des émules en France ?
À noter que Deutsche Telekom est déjà attaquée par un collectif allemand pour non respect de la neutralité du net : Epicenter.works, the Society for Civil Rights, the Federation of German Consumer Organizations, and Stanford Professor Barbara van Schewick are filing an official complaint with the Federal Network Agency against Deutsche Telekom’s unfair business practices. Voir aussi cette vidéo d’explication au DEnOG (media.ccc.de) (le FRnOG allemand).
- Yann LeCun, star française de l’IA, lève 890 millions d’euros pour sa start-up parisienne AMI (france24.com)
- Illégales, infaisables ou dispendieuses : les “drôles” de promesses technologiques pour les municipales de 2026 (synthmedia.fr)

- Hardware, câbles et logiciels, les raisons pour lesquelles la France n’est pas encore souveraine selon Henri Verdier (zdnet.fr)
L’ancien directeur de la Dinum prône une sensibilisation accrue aux alternatives souveraines :
– Le déploiement massif des communs numériques
– L’adoption systématique de logiciels libres
-L’utilisation de standards ouvertsÉcouter l’intervention (videos.assemblee-nationale.fr)
- « On vit dans un dépotoir numérique » : en Seine–Saint-Denis, les data centers dégradent le quotidien des riverains (synthmedia.fr)
- Collège : les « groupes de besoins » obligatoires en français et en maths finalement abandonnés (parents.fr)
Deux ans seulement après leur création, les « groupes de besoins » au collège disparaissent officiellement. Un décret publié ce jeudi 12 mars met fin à l’obligation d’organiser les cours de français et de mathématiques par groupes de niveau. […] Dès son annonce, le dispositif avait provoqué une forte opposition chez les enseignants et plusieurs syndicats. Beaucoup craignaient que ces groupes de niveau ne conduisent à trier les élèves trop tôt et à accentuer les inégalités scolaires. Certains enseignants estimaient également que l’organisation concrète était très difficile à mettre en place dans les établissements, notamment en raison du manque d’effectifs et de moyens.
- Tout comprendre à la situation financière des universités en trois minutes (alternatives-economiques.fr)
- À Paris, la prestigieuse université Panthéon-Sorbonne lance un cri d’alerte (huffingtonpost.fr)
Les syndicats estiment qu’il manque aujourd’hui au moins 8 milliards d’euros pour répondre aux besoins de l’enseignement supérieur public en France.
- À Paris, les SDF chassés en toute illégalité par les mairies d’arrondissement (streetpress.com)
- Saviez-vous que la loi oblige les maires à organiser la résilience alimentaire ? (basta.media)
Trois jours. C’est la durée des stocks alimentaires en cas de rupture d’approvisionnement. Alors que « tout est organisé pour diminuer le nombre de ceux qui nourrissent », Pierrick Berthou, agriculteur, rappelle les possibles à l’échelle des communes.
- “Les fumées rentrent directement dans les appartements”, des capteurs installés sur des balcons pour mesurer la pollution des bateaux (france3-regions.franceinfo.fr)
À Ajaccio, de petits capteurs installés sur les balcons des riverains du port permettent de mesurer en temps réel la pollution liée aux navires. Ce projet européen vise à compléter les données existantes et à mieux comprendre l’impact des émissions sur l’air que respirent les habitants, pour mieux envisager des solutions.
- « Ici, tant pis pour ceux qui meurent » : à Fos-sur-Mer, les malades passent après les industries (reporterre.net)
Spécial femmes en France
- Après une comparaison sexiste entre femmes et eau, le coach sportif Quentin Rivoire publie une vidéo d’excuses et plaide l’humour (huffingtonpost.fr)
- Selon l’Arcom, la voix des femmes reste au second plan sur les plateaux télé (telerama.fr)
Temps de parole inférieur, moins de reportages, invités surtout masculins… Excepté pour les présentatrices, la parité est loin d’être respectée dans l’audiovisuel français, pointe le rapport publié ce 12 mars. Sans compter les discriminations quotidiennes.
Spécial médias et pouvoir
- En amont des municipales, X et TikTok présentent un biais vers l’extrême droite (next.ink) – voir aussi Municipales 2026 : X et TikTok favorisent l’extrême droite (synthmedia.fr)

- Pourquoi Bernard Arnault veut contrôler toute la presse économique ? (humanite.fr)
Syndicats, journalistes et Reporters sans frontières se sont rassemblés jeudi 12 mars devant le Conseil d’État à Paris. En jeu, la vente du magazine Challenges à Bernard Arnault et l’application du règlement européen sur la liberté des médias. Entretien avec Thibaut Bruttin, directeur de RSF, pour comprendre ce qu’il se joue.
- Iran : la propagande israélienne « en exclusivité » sur Franceinfo (politis.fr)
L’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, a pu dérouler tranquillement son argumentaire guerrier à l’antenne, face à un intervieweur qui a tout fait pour ne pas froisser son invité. Et tant pis pour la propagande glaçante et les mensonges.
- “Comment continuer à informer sous pression ?” La presse locale fragilisée, RSF tire le signal d’alarme (telerama.fr)
Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)
- Le Livret A financera en partie le programme nucléaire de nouveaux réacteurs EPR (lemonde.fr) Le Livret A financera à hauteur de 60 % ce programme nucléaire, a annoncé l’Elysée à l’issue d’un Conseil de politique nucléaire tenu en présence d’Emmanuel Macron sur le chantier de la future centrale de Penly (Seine-Maritime).
- « Jusqu’à 650 milliards d’euros », la relance du nucléaire est une bombe budgétaire (reporterre.net)
- Après avoir calomnié Francesca Albanese, Jean-Noël Barrot rétropédale (humanite.fr)
- Éric Dupond-Moretti pourrait être nommé Défenseur des droits. Les protestations pleuvent (lesnouvellesnews.fr)
Au terme du mandat de Claire Hédon, Emmanuel Macron envisagerait de nommer Éric Dupond-Moretti Défenseur des Droits. Si beaucoup crient au copinage, des associations s’inquiètent du sort réservé aux « victimes de violences sexuelles et aux enfants. »
- Tant pis pour la souveraineté numérique ? L’Éducation nationale signe 4 ans de plus avec Microsoft (01net.com)
Pourtant, cette décision contrevient aux directives de l’État. En France, les administrations et les établissements de l’Enseignement supérieur ne peuvent pas choisir n’importe quel fournisseur de cloud ou de solutions numériques. La doctrine « Cloud au centre de l’État » impose par exemple le recours à un fournisseur labellisé SecNumCloud (le plus haut niveau de cybersécurité) pour l’hébergement de toutes les données sensibles de l’État et d’acteurs publics. Ce label, qui inclut une clause d’immunité aux lois extraterritoriales, exclut de fait les géants du cloud américains comme Amazon, Microsoft Azure et Google Cloud, tous trois soumis à la loi « Fisa » et au « Cloud Act ».
- La privatisation des démarches de cartes grises a conduit à des “fraudes massives”, selon la Cour des comptes (franceinfo.fr)
D’après un rapport de l’institution, des “garages fictifs” ont permis d’immatriculer frauduleusement “près d’un million de véhicules”.
- En Bretagne, l’État veut tuer dans l’oeuf une décision importante sur les pesticides (reporterre.net)
Le Sage n’est toujours pas signé et c’est encore une victoire pour les syndicats pro-pesticides. Voilà près d’un an qu’ils freinent la révision de la gestion de l’eau en Bretagne. L’État les soutient et joue la montre.
Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…
- Quentin Deranque, catholique traditionaliste à la ville et néonazi en ligne (mediapart.fr)
Le militant tué à Lyon gravitait depuis plusieurs années dans les cercles néofascistes locaux. Des milliers de posts anonymes sur X retrouvés par « Mediapart » montrent l’étendue de sa pensée raciste et antisémite, construite autour d’une glorification du fascisme et une nostalgie du nazisme.
Voir aussi « Moi je soutiens Adolf, mais chacun son truc » : les posts de Quentin Deranque sur X, une idéologie néonazie assumée (humanite.fr)
- Némésis : photographiée réalisant une gestuelle néonazie, Alice Cordier évoque une référence… au rap (humanite.fr)
- Yaël Braun-Pivet « horrifiée » par les révélations de « Mediapart » mais assume l’hommage à Quentin Deranque (huffingtonpost.fr)

- Une minute de silence qui ne passe pas (blogs.mediapart.fr)
Comment expliquer que la quasi-totalité de la représentation nationale se soit associée sans la moindre protestation à cette minute de silence en hommage à un militant d’une extrême droite qui se situe aux antipodes des valeurs humanistes et démocrates dont se targue la République française ?
- Extrême droite Municipales 2026, « A la reconquête de nom ville » : à Versailles, Reconquête bâcle ses professions de foi (liberation.fr)
Le parti d’Eric Zemmour a oublié de noter le nom de la ville des Yvelines dans les tracts de sa candidate aux élections municipales. Une bourde qui s’ajoute aux différentes polémiques sur le site internet de Sarah Knafo, candidate Reconquête à Paris, ou sur des propos racistes tenus par des militants.

- Ces maires qui ont tenté de restreindre le droit de grève (en vain) (basta.media)
Les maires peuvent restreindre le droit de grève de leurs agents grâce à une loi de 2019. Plusieurs édiles, y compris de gauche, ont tenté de le faire. Ces décisions soulignent l’autoritarisme de certains maires-employeurs qui méprisent le dialogue social.
- Vols, tentatives de cambriolage : une journaliste du « Monde », spécialiste des PFAS, dépose plainte (reporterre.net)
- Pris pour un cambrioleur chez lui : un jeune homme de 19 ans accuse la BAC de l’avoir “passé à tabac” (france3-regions.franceinfo.fr)
Une famille a porté plainte à Toulouse après l’agression au domicile de leur fils par des policiers de la BAC le 27 février 2026. Croyant à un cambriolage, les forces de l’ordre ont roué de coups le jeune homme de 19 ans avant de quitter les lieux sans appeler les secours.
Spécial résistances
- À Lyon, une grande marche contre le racisme en réponse à la manifestation néofasciste pour Quentin Deranque (basta.media)
Plus de 100 marches contre le racisme se tiendront ce 14 mars, veille des élections municipales. À Lyon, la manifestation prend des allures de réponse politique après la mort du militant néofasciste Quentin Deranque.

- « Il faut décortiquer leurs discours » (lempaille.fr)
Un collectif sétois s’est monté pour s’opposer localement à la montée de l’extrême droite. Entre une distribution de leur feuille d’infos et l’organisation d’une journée de conférences, rencontre avec deux militant·es infatigables, Daniel et Jeanne.
- Plus de 200 personnes contre l’association Familya, critiquée pour ses liens avec l’extrême droite (leprogres.fr)
derrière sa « vitrine respectable » (conseils conjugaux, médiation familiale…), Familya servirait « une vision traditionaliste et normative de la famille ».
- RSA : des allocataires portent plainte contre le département du Finistère (politis.fr)
Six allocataires du RSA, soutenus par la CGT, ont porté plainte, dans le Finistère, contre le président du conseil départemental, Maël de Calan, pour « harcèlement moral institutionnel ». Ils dénoncent une série de contrôles administratifs jugés intrusifs et excessifs.
- Qui terrorise qui ? Chroniques du procès des inculpé·es du 8/12 (rebellyon.info) – voir aussi le podcast de l’émission Minuit Décousu : avec les inculpe-e-s du 8 decembre 2020 : quand l’antiterroristes toque a la porte et avec les inculpés -e-s du 8 décembre 2020 : qui terrorise qui ? le petit théâtre de la justice d’exception (actualitedesluttes.info)
Spécial outils de résistance
- Indextrême : Geste SS (indextreme.fr)
- Bascule autoritaire : un manuel pour résister (revuesilence.net)
À l’automne 2025, le Mouvement pour une alternative non-violente (MAN) a publié un Manuel citoyen pour une défense civile non-violente. Son but ? Se préparer à réagir et résister par les armes de la non-violence en cas de coup d’État, d’occupation militaire ou de venue au pouvoir d’un régime autoritaire.
- La Base de données d’infiltré·e·s traduite en français (nantes.indymedia.org)
La Base de données d’infiltré·e·s est une base de données recensant les cas d’infiltré·e·s à long terme qui ont ciblé des groupes engagés dans des activités subversives au 21ème siècle. Son but est d’aider les anarchistes et autres rebelles à comprendre comment les infiltré·e·s opèrent. - The No-AI list (noai.starlightnet.work)
A list of projects that pledged not to use AI or are disrupting it.
- Anti Gen AI Heroes : Alexia keeps a list of ai-free software (stopgenai.com)
- Réagir aux violences en ligne – Un guide au service des femmes (regulation-tech.cnam.fr)

- Nos sexes sont politiques : manuel illustré d’anatomie génitale (documentation.planning-familial.org)
Spécial GAFAM et cie
- Google Spends $1 Million On AI-Generated Kids Videos While Slop Floods YouTube (kotaku.com)
After years of struggling to get freaky children’s content in order on YouTube, the company goes full throttle
- After complaints, Google will make it easier to disable gen AI search in Photos (arstechnica.com)
- À Châteauroux, Google avance masqué : les dessous d’un projet de data center XXL (multinationales.org)
À une dizaine de kilomètres de Châteauroux, Google envisage d’implanter un immense data center sur 195 hectares, son premier en France […] Très peu d’informations filtrent sur le terrain, malgré les questionnements sur son impact écologique et ses réels bienfaits.
- Meta acquires Moltbook, the AI agent social network (arstechnica.com)
Meta has acquired Moltbook, the Reddit-esque simulated social network made up of AI agents that went viral a few weeks ago. The company will hire Moltbook creator Matt Schlicht and his business partner, Ben Parr, to work within Meta Superintelligence Labs.
- Meta reportedly plans sweeping layoffs as AI costs increase (theguardian.com)
Meta is planning sweeping layoffs that could affect 20 % or more of the company, three sources familiar with the matter told Reuters, as Meta seeks to offset costly artificial intelligence infrastructure bets and prepare for greater efficiency brought about by AI-assisted workers.
- Meta to Shut Down Instagram End-to-End Encrypted Chat Support Starting May 2026 (thehackernews.com)
Les autres lectures de la semaine
- Gen Zers Are Canceling Spotify and Buying CDs Instead—Here’s Why (newsweek.com)
“We’re all waking up to the fact that we basically own nothing,” Amity said. “Not movies, shows, songs, art, games—it’s all borrowed in a place that it can be deleted forever despite paying for it.”
- De l’Iran à la surveillance de masse : la double guerre de Palantir (legrandcontinent.eu)
- « La guerre est indissociable d’un système qui détruit la planète » (reporterre.net)
- Flambée des prix du pétrole et du gaz : « La vraie question, c’est : est-ce qu’on a besoin d’autant d’énergie ? » (reporterre.net)
- 6 h 30, une violente déflagration secoue la mine… Il y a 120 ans, la catastrophe de Courrières faisait au moins 1 099 morts (humanite.fr)
- Quel avenir pour le municipalisme ? Retour sur les expériences de Barcelone et de Madrid (theconversation.com)
- Dans une société capitaliste, nos épuisements sont politiques (reporterre.net)
- Pourquoi les végétaux des milieux extrêmes sont‑ils souvent en forme de boule ? (theconversation.com)
- Cécité, droits des femmes et biologie (linuxfr.org)
- Perception de la douleur et approche sociétale de l’endométriose (blogs.mediapart.fr)
- Sophie Oluwole, la pionnière nigériane qui a redéfini la philosophie (theconversation.com)
- ‘Viking’ was a job description, not a matter of heredity, massive ancient DNA study shows (science.org)
Les BDs/graphiques/photos de la semaine
- Rêve
- Honte
- News
- Amalgames

- Radicalisées
- Odeur
- NomVille
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Les vidéos/podcasts de la semaine
- Ada Palmer : print revolution vs digital revolution (tube.fdn.fr)
- L’Éducation nationale prolonge un contrat avec Microsoft (contre ses propres consignes et celles de l’Etat) (radiofrance.fr)
- “On ne peut pas”libérer” l’Iran en le bombardant” (blast-info.fr)
- A better world is possible (tube.fdn.fr)
- Peut-on être LGBT+ et d’extrême-droite ? (tube.fdn.fr)
- Municipales : pourquoi Knafo déteste les femmes ? (spoiler : car elle est d’extrême droite) (humanite.fr)

- Redskins et punks, des bandes(-sons) antifascistes (radiofrance.fr)
- Des dieux imparfaits : que veut nous dire Homère ? (radiofrance.fr)
Dans les épopées d’Homère, les dieux ne sont pas parfaits : ils se disputent, mentent, trahissent, prennent parti. Ils ressemblent en somme aux humains par leurs passions et leurs défauts. Pourquoi Homère choisit-il de représenter des dieux imparfaits ?
- Micheline Gambaretti, la détective privée qui traque les pollueurs dans le Finistère (splann.org)
- Les cancers du sein, de la prostate, du sang ou encore du pancréas sont plus rares chez les végétarien·nes (radiofrance.fr)
- La Gen Z fait des blagues sur l’avortement et c’est une bonne nouvelle ! (humanite.fr)
- À tisser, la mémoire du féminisme en ligne. Pour fêter les 30 ans des Pénélopes, une interview d’une de leurs fondatrices, Joelle Palmieri (joellepalmieri.org). Toutes les interviews du projet À tisser se trouvent par ici.
Les trucs chouettes de la semaine
- Libre circulation : la justice européenne impose la reconnaissance de l’identité de genre (stophomophobie.com)
La CJUE a rendu une décision importante pour les droits des personnes transgenres dans l’Union européenne. Dans un arrêt publié ce 12 mars 2026, la juridiction estime qu’un État membre ne peut pas refuser de délivrer des documents d’identité conformes à l’identité de genre d’un·e citoyen·ne lorsque cette identité a été légalement reconnue dans un autre pays de l’Union.
- Forbidding generative AI and LLMs on Pepper&Carrot (davidrevoy.com)

- L’administration fiscale dit non à Microsoft et choisit Linux ! (generation-nt.com)
Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.
Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).


