19.03.2026 à 10:25
pyg
Framasoft prend rarement position sur la politique numérique de l’État. La dernière fois où nous l’avions fait, c’était il y a 10 ans, en 2016, dans un article intitulé « Pourquoi Framasoft n’ira plus prendre le thé au Ministère de l’Éducation Nationale ».
Si nous le faisons aujourd’hui, c’est parce que les débats autour de La Suite Numérique (« La Suite » : une suite d’outils libres et collaboratifs développée par l’État) nous paraissent révéler quelque chose d’important : la difficulté, en France (voire en Europe), à penser une politique publique du numérique qui soit à la fois libre, crédible et orientée vers l’intérêt commun.
Malgré sa longueur, cet article ne prétend pas aller au fond du sujet. Notre objectif est de proposer, début mars 2026, quelques clés de compréhension accessibles à un public large sur La Suite, ses critiques et les enjeux politiques qu’elle cristallise.
Pour en savoir plus sur le pourquoi et le comment de cet article, vous pouvez lire notre « Boîte noire » en bas de page.
Cet article s’inscrit dans un dossier que consacre Framasoft aux rapports entre les États et les modèles de développement et de financement des communs numériques :
La Suite est une suite d’outils collaboratifs libres portée par la DINUM pour les agents de l’État. Son objectif est de proposer un environnement de travail cohérent couvrant les usages les plus courants :

Capture écran du site lasuite.numerique.gouv.fr
Mais aussi :
Il est à noter que l’ensemble de ces logiciels sont libres.

Faire l’historique d’un tel projet est complexe, car malgré son jeune âge, il a déjà « pivoté » plusieurs fois.
Officiellement lancée en 2024, La Suite prolonge des initiatives plus anciennes, et s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation de l’environnement de travail administratif, de protection des données publiques et de réduction de certaines dépendances technologiques (la fameuse « Souveraineté numérique »).
Wikipédia date ainsi la version 1.0 de Tchap (la messagerie sécurisée) en avril 2019. Mise en place par la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC), celle-ci deviendra la direction interministérielle du numérique (DINUM), quelques mois plus tard, par le décret du 25 octobre 2019.
Fin 2021, sous l’impulsion de la DINUM, c’est le projet « Sac à dos Numérique de l’Agent Public » (SNAP) qui sera annoncé (et on se félicitera au passage que ce ne soit pas le nom final du projet qui ait été retenu 😅).
La DINUM est, toujours en citant Wikipédia, « un service du Premier ministre, elle est placée sous l’autorité du ministre de la Transformation et de la Fonction publiques. Elle a pour mission d’élaborer la stratégie numérique de l’État et de piloter sa mise en œuvre.
Elle est considérée comme la direction des systèmes d’information de l’État français. ».

Dans cet article, nous parlons de La Suite opérée par la DINUM, destinée aux ministères et agences de l’État. Il existe d’autres dispositifs proches par le nom ou par l’esprit, notamment une Suite Territoriale pour les collectivités et LaSuite.coop pour d’autres organisations (qui fera l’objet d’un article/interview a part entière dans les semaines à venir).
Début 2026, cette Suite est déployée dans 15 ministères et de nombreuses administrations, accessible à environ 1,6 million d’agents, et utilisée chaque mois par plus de 500 000 personnes.

Entre lasuite.numerique.gouv.fr (agents de l’État), la suiteterritoriale.anct.gouv.fr (pour les collectivités) et lasuite.coop (pour les entreprises, coopératives, associations, etc, notamment de l’ESS), il ne faudra pas s’y perdre !
Il nous paraît difficile d’évoquer La Suite sans mentionner Apps.education.fr, autre suite d’outils libres portée cette fois par l’Éducation nationale.
Par souci de transparence, précisons que Framasoft intervient ponctuellement comme prestataire sur ce projet, via PeerTube, notre alternative à YouTube & co. Cette collaboration reste limitée à une petite part du financement global du logiciel. Nous citons néanmoins Apps.education.fr parce qu’il constitue, à nos yeux, un précédent important : celui d’une offre publique d’outils libres à large échelle, pensée pour un autre grand périmètre administratif. Cette suite ne bénéficie ni des moyens humains et financiers de La Suite, ni de sa force de frappe communicationnelle, ce que nous déplorons par ailleurs.
Ces deux dernières années, La Suite a suscité trois types de réactions : des alertes institutionnelles sur son coût et sa coordination, des critiques venues d’une partie de l’écosystème libre, puis des offensives plus intéressées venues des éditeurs propriétaires.
En juillet 2024, la Cour des Comptes publie un rapport intitulé « Le pilotage de la transformation numérique de l’État par la direction interministérielle du numérique » faisant état d’inquiétudes concernant La Suite (la mise en gras est de Framasoft) :
La faible coordination avec les besoins exprimés par les ministères pourrait se traduire par la création de produits numériques répondant imparfaitement aux besoins recensés. C’est notamment le cas de la suite numérique de l’État : alors que les premières briques de cette suite sont déjà peu utilisés et coûteux, le déploiement complet d’une alternative souveraine aux offres proposées par le secteur privé pourrait être une source de coûts croissants sans certitude quant à l’utilisation massive de cette suite par les agents. Seule une association forte des ministères, au niveau politique, doit permettre d’assurer un suivi étroit de cette suite qui doit pouvoir, si les résultats attendus d’un produit étaient insuffisants, revenir en arrière sur le déploiement d’une gamme d’outils encore mal coordonnés entre eux.
Ça pique un peu, hein ?
Pourtant, nous verrons plus loin que la situation est un peu plus complexe que cela.
En août 2024, nos ami⋅es du CNLL (Conseil National du Logiciel Libre) publient un communiqué au vitriol contre La Suite. Il s’en suivra des échanges particulièrement houleux, notamment sur LinkedIn. Les principaux arguments du CNLL sont les suivants :
Là encore, les affirmations sont dures. Si certaines sont justes, nous verrons plus bas que certaines se sont révélées fausses ou ont été démenties par le temps.
Début 2026, nouvelles attaques contre La Suite. Cette fois en provenance des éditeurs propriétaires. La Business Software Alliance (BSA), qui représente les principaux acteurs mondiaux du logiciel et du cloud, parmi lesquels figurent notamment Microsoft, Google, Amazon, Oracle, IBM ou encore Adobe (bref : pas nos copains) a publiquement mis en garde contre les orientations prises par les autorités françaises.
Les articles dans la presse spécialisée se suivent et se ressemblent un peu :
Mais pourquoi un tel déferlement de critiques ?

D’après nous, la source est initialement à rechercher en juillet 2025, lorsque l’entrepreneur Tariq Krim posta (sur LinkedIn et sur son site) une analyse très critique sur le rapport entre l’Etat et « la souveraineté numérique », avec plusieurs points plutôt légitimes. Mais le sujet est ensuite sorti du champ des spécialistes, au point que certains arguments furent même repris par… Sarah Knafo (oui oui, la députée d’extrême droite européenne, aujourd’hui candidate à la mairie de Paris), qui viendra rajouter son grain de haine (et de mensonge).
La cause, elle, est plutôt à chercher du côté de la crainte des éditeurs de solutions fermées. Voir l’État s’émanciper de leur giron pour se mettre à développer des logiciels qui fonctionnent ? Qui plus est sous licence libre ? Ça peut à terme signifier la perte de marchés importants pour eux. D’où des réactions très virulentes de leur part afin de décrédibiliser la suite logicielle de la DINUM.
Bref, c’est la mise en curée contre La Suite. Nos ami⋅es de Next.ink en feront d’ailleurs un excellent résumé (et on ne dit pas ça que parce que nous sommes cités dedans, promis !)
Pour expliquer le point de vue de Framasoft, il faut faire un rapide rappel du contexte historique.
Hmm, non, en fait ce rappel ne sera pas rapide, puisqu’on va remonter jusque dans les années 60.
Notre objectif ici est de montrer les grandes lignes du rapport à l’État avec le logiciel libre, et notamment la stratégie du « Make » (« faire soi-même ses logiciels » ou « faire faire ses logiciels ») ou du « Buy » (« acheter » ou, plus souvent, « louer » ses logiciels auprès d’éditeurs).
Si on prend cette grille de lecture stratégique, on peut identifier différentes phases historiques structurantes. Désolé, c’est à gros traits, et sans doute pas exempts d’erreurs (n’hésitez pas à apporter vos corrections en commentaires).
Pour vous en faciliter la lecture, on vous a préparé rapidement une version plus graphique, sous la forme de chronologie.


McKinsey réclamant gentiment ses croquettes à l’État. –Allégorie
Comme on vient de le voir, l’État a souvent vanté la souveraineté numérique sans aller jusqu’au bout (c’était un peu « Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais »).
Le libre a régulièrement existé comme solution crédible (à la dépendance des USA, ou aux entreprises qui facturaient 5 à 10 fois le prix), sans pour autant devenir une doctrine effective.
Pour nous, La Suite n’est peut-être pas un modèle parfait, mais ce n’est sûrement pas un fiasco. C’est une initiative publique louable, politiquement courageuse, et plus prometteuse que ne le disent ses détracteurs.
Pour le coût du projet, nous n’avons pas l’information (si vous avez des sources précises, n’hésitez pas à nous les communiquer en commentaire, nous amenderons l’article).
On peut cependant citer à minima ce même rapport de la Cour des Comptes, en citant la page 82 de ce rapport :
« Le coût total de déploiement était, à la fin de l’année 2023, de près de 9,3 M€ (concentré sur « Tchap » à 60 %). D’autre part, le coût annuel en maintenance était de 5 M€ (dont 40 % pour « Tchap »), sans compter les éventuels coûts des astreintes sur certains projets » (page 82 de ce rapport).
(Puis, juste après :)
« Selon la Dinum, ce niveau de dépenses doit être relativisé. Elle estime en effet que les dépenses engagées pour des licences privées ouvrant l’accès à une suite numérique (bureautique, messagerie, échange de fichiers) s’échelonnent entre 300 et 590 euros par an etpar agent. À ce jour, la suite numérique a un coût d’un peu moins de 15 M€ pour une utilisation en moyenne par moins de 200 000 agents, soit environ 75 € par agent et par an.
D’après nos informations (glanées auprès de différentes sources), La Suite, c’est environ 70 personnes travaillant sur le projet (développeur⋅euses, designers, administrateur⋅ices systèmes, chef⋅fes de projet, etc). À l’échelle de l’État, ce chiffre n’est pas très impressionnant, surtout au vu du nombre de bénéficiaires (voir plus bas).
Résumons : on sait ce qu’a coûté La Suite jusqu’à fin 2023 (en gros 10 M€). Puis la Cour des Comptes parle de 15 M€ « à ce jour », sans doute mi-2024. Après (en tout cas pour nous), c’est plus flou pour 2024 et 2025.
On sait que Tchap concentrait le gros des investissements (en gros 6 M€ jusqu’en 2023), et les 40 % restant étaient surtout consacrés à Resana et Osmose (gestion de fichiers), produits aujourd’hui « sortis » de La Suite.
Sans vouloir jouer les marchands de poissons, et en partant du principe qu’il y a eu une « montée en puissance » en 2024 et 2025, disons qu’on vous fait le total à, allez, 40 M€ et on vous offre le cabillaud en cadeau.
Si vous voulez les vrais chiffres, on vous laisse faire une demande CADA, nous on a d’autres chatons à fouetter caresser.
La seule question valable selon nous est : « Est-ce que l’argent public est ici bien dépensé ? ».
Comme on l’a vu plus haut, la Cour des Comptes s’inquiétait, fin 2023, du coût de La Suite et de son faible nombre d’utilisateurs.
C’est là que notre historique peut aider à relativiser un peu.
Si on prend les coûts des trois fiascos logiciels cités plus haut (Louvois, ONP, SIRHEN), on arrive à un total de 1,25 milliard d’euros. Ou l’équivalent de plus de 30 fois notre évaluation au doigt mouillé du coût total de La Suite.
Alors évidemment, ça n’est pas un argument suffisant. Dire qu’un projet n’est pas du même ordre de grandeur qu’un triple fiasco financier et humain ne dit pas que l’argent a été bien dépensé.
Cependant, cela permet de mettre en perspective l’avis de la Cour des Comptes. Cette dernière a en effet vu l’État faire des dépenses faramineuses dans des logiciels peu, voire jamais utilisés. Ou dans des infrastructures comme Cloudwatt (150 millions d’argent public… disparus). Ou dans des cabinets comme McKinsey.
Bref, si on se met dans les souliers vernis d’un rapporteur de la Cour des Comptes, il paraît relativement logique qu’elle s’inquiète d’un nouveau dérapage. C’est son boulot.
Mais l’avis date de 2024, sur une étude qui portait, en gros, jusqu’à fin 2023. Or à ce jour (mars 2026), la situation a quand même beaucoup évolué :

Statistiques d’usage de différents services de la DINUM (au 25/02/2026)
Donc, est-ce que le coût de La Suite est raisonnable ? Clairement, s’il n’y avait pas eu certaines itérations malheureuses avant 2023, cela aurait été largement le cas. Mais est-ce que ce coût est excessif ? D’après nous, non.
En tout cas, il nous paraît que le coût de développement (« Build ») et celui de l’exploitation (« Run ») soit, début 2026, plus que raisonnable au vu du nombre d’utilisateur⋅ices, et des impératifs de sécurité qui entourent un tel projet.
Oui, globalement, nous pensons que La Suite est une très bonne chose. Non parce qu’elle serait irréprochable, mais parce qu’elle constitue aujourd’hui l’une des rares tentatives crédibles de réintroduire du logiciel libre, des logiques de communs et une forme d’autonomie dans l’environnement numérique de l’État.
Typiquement, Framasoft est bien plus en faveur de solutions telles que Apps.education.fr, car le développement s’y fait avec des rapports plus étroits avec les communautés du libre. Et la réutilisation de logiciels libres existants y est bien plus forte. Pour caricaturer, on peut dire que là où la DINUM crée ce qui deviendra un commun, apps.education.fr contribue à des communs existants.
La situation est en réalité plus subtile que ça, car il s’agit plutôt de curseurs qui ne sont, pour une solution comme pour l’autre, pas positionnée aux extrêmes de l’échelle entre création et contribution. Mais vous avez l’idée.
Il y a aussi les interrogations sur l’avenir de La Suite, par exemple :
Tout cela est encore en construction. Mais quand on regarde la chronologie du rapport État // Numérique, et qu’on constate que La Suite a été annoncée il y a moins de deux ans, on peut aussi se dire que les réponses viendront en leur temps.
C’est d’ailleurs pour cela que nous comprenons la frustration que certains éditeurs de logiciels libres ont pu exprimer. « Pourquoi développer des logiciels libres (de gestion de fichiers, par exemple) alors que des solutions libres existent déjà (Nextcloud, par exemple) ? ».
Cette critique nous paraît légitime dans son principe : lorsqu’un logiciel libre existe déjà, l’État doit pouvoir expliquer pourquoi il choisit de développer ou d’assembler autre chose.
Cependant, dans la forme de cette expression, nous avons surtout entendu la vexation que leur solution libre ne soit pas retenue.
Samuel Paccoud, chef de pôle de La Suite, répond plutôt clairement à cette critique dans le podcast « À la French » : dans une approche centrée sur l’utilisateur, il est souvent plus complexe, plus long, et souvent plus cher de travailler sur des dérivés de logiciels libres existants. Alors que construire sur des briques libres existantes, notamment les innombrables briques libres qu’il est possible d’assembler grâce à l’interopérabilité, peut être bien moins coûteux pour répondre aux besoins des utilisateur⋅ices.
Mais le plus étonnant dans toute cette histoire, ça a sans doute été l’argument des éditeurs de logiciels propriétaires : « Oui, mais ça risque d’être la fin de la commande publique ! ! ! »
Tout doux, Bijou. Rappelons que ça n’est PAS le rôle d’un État de faire vivre cette commande publique. Le rôle de l’État, c’est ça :
la mission première de l’État est de permettre l’exercice de la souveraineté nationale qui appartient au peuple.
Ce n’est donc pas à l’État de financer des boîtes qui font du libre, et encore moins des boites qui font du propriétaire. C’est « logique » que l’État achète. Mais c’est pas un dû.
Donc venir couiner parce que l’État n’achèterait plus une licence Zoom (ou équivalent français), désolé, mais nous ne verserons aucune larme.
Ça serait d’ailleurs la même avec PeerTube : si l’État utilise massivement PeerTube et ne contribue pas, ça va nous fâcher, même si c’est un risque lorsque l’on fait du libre. Par contre, si l’État développe sa solution de diffusion de vidéos, en 100 % libre, et n’utilise pas PeerTube, Framasoft n’ira pas pleurnicher parce que Framasoft touche 0€. Comme tout éditeur de logiciel libre, nous aurons forcément envie de savoir pourquoi le choix serait de redévelopper une solution alors qu’une autre existe. Mais quiconque a déjà géré des projets logiciels sait que ces choix sont complexes et relèvent de nombreux facteurs.

Par ailleurs, imaginer que l’État renoncerait à la commande publique est un argument inepte. L’État va continuer à acheter des chaises, des stylos, des ordinateurs (peut être bientôt équipés Linux ?) et… des logiciels.
Regardez cette annexe du Projet de Loi de Finances 2026. Les dépenses en logiciels de l’État, c’est quand même approximativement 2 211 millions d’euros (2023) et 2 401 millions d’euros (2024) (cf. page 177 du PLF). Et on ne vous parle même pas du numérique en général (les serveurs, les ordis, les souris, etc.). Et là, on vient gueuler parce que l’État a investi quoi ? 30 ou 50 millions (soit 1 à 2 % du total) pour des logiciels utilisés par des centaines de milliers, voire des millions d’agents ?

Page 177 du rapport sur l’impact environnemental du budget de l’État présentant les dépenses de l’État concernant le numérique. Et, oui, on parle en millions d’euros, là…
Il faut savoir raison garder. Ces éditeurs ont surtout perçu qu’une partie de l’énorme manne d’argent public dont ils ont largement bénéficié pendant des décennies, souvent en gonflant très largement les factures, allait être un peu moins énorme. Et ils ont donc fait de la communication du lobbying.
Et quand on connaît la capacité de lobbying des éditeurs logiciels, reconnaissons à la DINUM qu’elle a fait un choix politique courageux. Et qui est en train de payer quand on regarde l’adoption croissante des outils de La Suite.
Cependant, restons vigilant⋅es, il y a fort à parier que les Capgemini, Sopra Steria, Microsoft & co. ne prendront pas cette défaite comme signifiant la fin du combat. Ils ont le temps et l’argent nécessaires pour faire pression aux bons niveaux institutionnels afin de faire abandonner un tel projet.
Y arriveront-ils ? Nous sommes prêt⋅es à parier que nous n’aurons pas à attendre 10 ans pour vous apporter la réponse.

Oui, certaines critiques faites à La Suite sont légitimes, notamment lorsqu’elles portent sur la réutilisation de logiciels libres existants, sur la contribution aux communs, sur la pérennité des équipes ou sur la place que doit occuper la DINUM dans l’exploitation de tels outils.
Mais non, cela ne suffit pas à conclure que La Suite serait une mauvaise idée.
À nos yeux, c’est au contraire une initiative précieuse, parce qu’elle rouvre un espace politique que l’État français a trop souvent laissé se refermer : celui d’un numérique public plus libre, moins dépendant d’éditeurs ou de cabinet de conseils dont l’objet est moins de servir la population que de se servir sur les institutions.

Bref, arrêtons deux minutes de cracher dans la soupe : La Suite, c’est bien. C’est imparfait. Mais c’est bien.
Cet article est déjà bien long, mais l’auteur de ces lignes s’est dit que cela vaudrait la peine de faire une « boite noire » à la Médiapart (la moustache d’Edwy Plenel en moins).
Commençons par le début. Pourquoi Framasoft prend-elle la parole sur le sujet ?
Et bien pour au moins 2 raisons.
La première, c’est que nous en avons eu assez de répéter que nous souhaitions discuter à égalité avec les politiques. En effet, être élu, c’est évidemment un pouvoir, mais c’est aussi un devoir. Celui d’être au service de l’intérêt général. Or après plus d’une décennie de discussions avec des élus locaux ou régionaux, des secrétaires d’État, ou même des ministres, nous avons (comme beaucoup) eu un sentiment d’épuisement face aux comportements parfois plein de bonne volonté, parfois emplis de morgue et de suffisance. Épuisement renforcé par la technocratie intrinsèque à ce milieux, et par les calendriers électoraux, qui font qu’il est compliqué de nouer une relation de partenariat saine de plus de cinq ans avec un agent de l’État.
La seconde, c’est que le plaidoyer, c’est un métier.
Et un métier à temps plein. Un métier que nous respectons beaucoup, d’ailleurs. Big up aux camarades de l’April, évidemment. Mais aussi à celles et ceux de La Quadrature, d’Alternatiba, etc.
C’est d’ailleurs un ancien camarade de La Quadrature qui avait dit à l’auteur de ces lignes qu’il fallait trouver un équilibre entre les globules blancs (qui protègent et défendent le corps humain contre les agressions extérieures) et les globules rouges (qui transportent l’oxygène vers tous les organes et tissus du corps). Les deux sont indispensables, mais il est quasiment impossible d’être à la fois (ou même successivement) globule blanc, puis rouge.
C’est aussi pour cette raison que Framasoft signe peu de tribunes. Nous sommes humain⋅es, et notre énergie de globules rouges est donc limitée. Celle-ci est donc dirigée vers nos actions, qui sont – en toute humilité – tout à fait conséquentes pour une association de – seulement – 35 adhérent⋅es (vous pouvez lire notre rapport d’activité ou regarder nos statistiques pour vous en convaincre).
Alors, pourquoi cet article dix ans plus tard ?
Parce que les critiques adressées à La Suite nous paraissent, selon les cas, légitimes, exagérées ou franchement mal orientées. Et parce qu’au-delà du projet lui-même, ce débat dit beaucoup de la place du logiciel libre dans l’action publique.
Dans l’article, on voit que ce sont surtout les institutions (Sénat, Assemblée Nationale, Cour des Comptes) et les entreprises (du logiciel libre ou pas), qui se sont exprimées sur le sujet. Mais la société civile a peu pris la parole. C’est ce que nous essayons de faire aujourd’hui.
Nous souhaitions aussi, au travers de cet article, faire une rapide histoire du rapport entre l’État et le numérique libre. Et pour cela, nous avons fait le choix de remonter jusqu’à De Gaulle, car ce sont bien certaines décisions stratégiques de l’époque « pré-libre » qui nous ont mis dans la sauce.
Comme toute vision historique, la nôtre fait l’objet de choix et de biais. Cependant, je tiens à remercier chaleureusement Étienne Gonnu, chargé de mission Affaires Publiques à l’April, d’avoir bien voulu relire et amender cette partie là avant publication. L’April est probablement l’association la mieux placée aujourd’hui pour raconter cette histoire, et ses membres le feraient sans doute bien mieux que nous [rappelons au passage que Framasoft est membre de l’APRIL, donc tu es légitime, pyg 😉 NDLR]. Mais… on s’est dit qu’on allait se lancer, et que dans le pire des cas, cela donnerait envie à d’autre d’amender cette chronologie.
Enfin, pour l’anecdote, la rédaction de cet article s’est étalé sur près de trois semaines, essentiellement à temps perdu (souvent le soir et les week-ends). Il aura réclamé de très nombreuses heures de travail, essentiellement pour aller chercher les sources ou les vérifier (certains rapports ayant plus ou moins disparus d’Internet). Or, entre temps, les nouvelles concernant La Suite, et plus généralement la souveraineté numérique, ont continué de s’enchaîner.
Bref, « le monde il bouge, et il vous attend pas » (© OSS117), donc à un moment, il fallait bien clore cet article « critique des critiques », qui lui même fera l’objet, n’en doutons pas, de critiques (les commentaires du Framablog sont là pour ça). Si vous nous interpellez sur LinkedIn, il y a peu de chances qu’on vous réponde là-bas 😜 .
Pierre-Yves Gosset, le 13 mars 2026
19.03.2026 à 10:21
pyg
Face à l’hyper-domination États-unienne dans le numérique, l’idée d’un compétiteur européen fait rêver les politiques… et quelques entrepreneurs. Pourtant, cette voie nous paraît sans issue, comme nous l’écrivions dans une tribune du Journal l’Humanité parue le 21 janvier 2026, que nous reproduisons ici.
Cet article s’inscrit dans un dossier que consacre Framasoft aux rapports entre les États et les modèles de développement et de financement des communs numériques :
Un an après l’élection de Trump, le constat s’impose : les géants américains du numérique n’ont opposé aucune résistance au pouvoir politique. Derrière les discours sur l’innovation, la disruption, ou la neutralité technologique, leur docilité révèle une réalité plus profonde : les grandes plateformes numériques sont aujourd’hui le socle d’un appareil économique, politique et géostratégique, qui semble mis au service d’un fascisme qui ne prend même plus la peine d’avancer masqué.
Face à la domination technique et économique des Big Tech, un fantasme revient régulièrement dans le débat public européen : il faudrait bâtir un « Airbus du numérique », un champion industriel capable de rivaliser avec les géants américains. Cette solution a le mérite de la simplicité, mais elle a le défaut de ne pas s’attaquer au cœur du problème.
En effet, les GAFAM ne sont pas de simples entreprises dont les capitalisations boursières battent des records, année après année. Elles forment un oligopole technique mondial contrôlant infrastructures, données, logiciels et usages. Pour cela, elles s’appuient sur un modèle économique nouveau : le capitalisme de surveillance. Un système basé sur la centralisation des infrastructures et l’extraction massive de données personnelles visant à transformer nos comportements en marchandises.
L’histoire industrielle européenne nous a appris qu’Airbus n’a jamais été un contre-modèle au capitalisme, mais une adaptation à ses contraintes. Transposer cette logique au numérique, c’est ignorer la spécificité politique des technologies de l’information. Car ici, il ne s’agit pas seulement de produire, mais de piloter les infrastructures qui structurent le débat public, l’accès au savoir, les relations sociales ou le fonctionnement même des services publics.
En réalité, « l’Airbus du numérique » reproduirait les mêmes travers toxiques et délétères que ses concurrents : dépendance aux marchés financiers, gabegie d’argent public, course à la croissance, concentration des données, impacts écologiques délétères, etc. Nous ne combattrons pas le capitalisme par le capitalisme.
Sortir de la servitude volontaire aux GAFAM suppose donc un changement de cap plus radical : sortir du marché comme horizon unique du numérique. Cela passe par le développement et la reconnaissance des communs numériques : logiciels libres, infrastructures décentralisées, interopérables, gouvernées collectivement et ancrées dans les territoires.
Des alternatives existent déjà, parfois depuis des décennies. Elles sont portées par des associations, des coopératives, des collectivités, des institutions publiques. Elles sont certes bien moins visibles que les grandes plateformes car elles ne promettent ni croissance infinie, ni domination mondiale, mais elles proposent en revanche un contre-modèle bien plus robuste : un numérique au service de l’intérêt général, de l’autonomie et de la démocratie.
Pierre-Yves Gosset, coordinateur des services numériques de l’association Framasoft
Tribune parue initialement dans l’Humanité, le 21 janvier 2026
16.03.2026 à 07:42
Khrys
Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.
Tous les liens listés ci-dessous sont a priori accessibles librement. Si ce n’est pas le cas, pensez à activer votre bloqueur de javascript favori ou à passer en “mode lecture” (Firefox) ;-)
Elon Musk arrive largement en tête du classement annuel du magazine américain des personnes les plus riches du monde. Ces derniers cumulent un patrimoine record de 20 100 milliards de dollars. La fortune de Donald Trump a augmenté de 27 %.
Voir aussi La fortune de Musk bat des records : pour l’atteindre, il faut multiplier par cinq celle de la famille Arnault (huffingtonpost.fr)
Avec une fortune estimée à 839 milliards de dollars dans le dernier classement de « Forbes », le patron de Tesla et de X dépasse très largement celui du groupe LVMH.
Pour Bernard Arnaud, pour rappel on a ceci.
Malgré les pourparlers entre Damas et les autorités kurdes du Rojava, les services de renseignement turcs (MİT) intensifient leurs efforts pour déstabiliser le Rojava.
De l’autre côté du Rhin, une récompense saluant chaque année le travail des libraires indépendants, dotée par le ministère de la Culture, suscite un intérêt peu commun. La liste des lauréats publiée en février 2026 aurait en effet été expurgée des noms de trois commerces engagés à gauche. La lutte contre « l’extrémisme » aurait motivé l’action du ministère, qui aurait par ailleurs dissimulé son intervention aux gérants des librairies.
430 chercheurs en sécurité informatique de 32 pays ont publié le 2 mars 2026 une lettre ouverte réclamant un moratoire sur les systèmes de vérification d’âge en ligne. Parmi eux, des chercheurs français d’Inria, de l’École polytechnique et de Télécom Paris.
In doing so, the Parliament firmly rejected the error-prone and unconstitutional surveillance practices of recent years. Pressure is now mounting on EU governments to respect the MEPs’ vote and bury untargeted mass surveillance in Europe once and for all.
Il n’y a pas de petite victoire. La Document Foundation, qui pilote le développement de la suite bureautique libre et gratuite LibreOffice, s’est félicitée mardi 10 mars d’avoir obtenu gain de cause en 24 heures auprès de la Commission européenne.
Au Portugal, le second tour de l’élection présidentielle a vu l’emporter le candidat socialiste de centre gauche António José Seguro. Toutefois, le parti populiste d’extrême droite Chega a réalisé une percée historique. Daniel Matias, traducteur littéraire et Portugais d’origine, s’inquiète de la stigmatisation des immigrés, qui pourtant font tourner le pays.
Le groupe « La poignée de main secrète », à l’origine de l’installation, avait déjà mis en place une statue représentant les deux hommes dans la capitale fédérale américaine.
Un juge fédéral a annulé une démarche judiciaire contre le président de la Fed lancée par l’administration Trump.
The upcoming law mandates that OS providers and application developers implement age verification measures to protect minors online.
What started as curiosity about who was pushing these bills turned into documenting a coordinated influence operation that, from a privacy standpoint, is building surveillance infrastructure at the operating system level while the company behind it faces zero new requirements for its own platforms.
A medical watchdog is calling on the Food and Drug Administration to investigate companies that allow Americans to purchase sex-rejecting drugs without a prescription, in pursuit of transgender identity.


New guidelines said Senate aides could use A.I. tools for official work, including research, drafting and editing documents, and preparing briefings and talking points for lawmakers.

To help train AI models, Meta and other tech companies have downloaded and shared pirated books via BitTorrent from Anna’s Archive and other shadow libraries. In an ongoing lawsuit, Meta now argues that uploading pirated books to strangers via BitTorrent qualifies as fair use. The company also stresses that the data helped establish U.S. global leadership in AI.
Writing tool Grammarly has disabled an AI feature which mimicked personas of prominent writers, including Stephen King and scientist Carl Sagan, following a backlash from people impersonated.
Some subscribers recently received a heads-up that they’re on the hook for a new rate “set by an algorithm using your personal data.”[…]The Post‘s use of algorithmic pricing is not surprising, given the newspaper’s recent fixation on artificial intelligence—consider its AI-powered search engine and robot-led podcast.
en déléguant aux machines les tâches qui formaient étudiants et jeunes chercheurs, les universités risquent d’éroder les conditions mêmes de l’expertise.
Afficher des choses fausses n’est pas un défaut de l’IA : c’est l’une de ses caractéristiques structurantes.
AWS has suffered at least two incidents linked to the use of AI coding assistants.
“There is nothing ‘clean’ about a Large Language Model which has ingested the code it is being asked to reimplement,” Free Software Foundation Executive Director Zoë Kooyman told The Register.
Clean Room as a Service. Finally, liberation from open source license obligations. Our proprietary AI robots independently recreate any open source project from scratch. The result ? Legally distinct code with corporate-friendly licensing. No attribution. No copyleft. No problems.
Voir aussi la vidéo de présentation au FOSDEM (fosdem.org)
« Si le développeur du code propose l’outil de sécurité du code, n’est-ce pas comme si le renard gardait le poulailler ? »
AI is a machine that turns quality assurance into burnout
The AI bots are machines, and portraying them as though they’re thinking creatures like artists or attorneys doesn’t change that, and shouldn’t.
AI-powered writing tools are increasingly integrated into our e-mails and phones. Now a new study finds biased AI suggestions can sway users’ beliefs

“Intelligence too cheap to meter” doesn’t quite come across the way Altman might intend.
En bons termes avec l’administration de Donald Trump, mais brouillée avec Tel-Aviv, frontalière d’un Iran avec lequel elle entretient des relations aussi anciennes que complexes, Ankara a toutes les raisons de se sentir concernée par le conflit opposant l’alliance militaire israélo-étatsunienne à la République islamique.
Alors que quatre dépôts pétroliers ont été frappés à Téhéran, en pleine offensive israélo-américaine, la capitale iranienne s’est retrouvée enveloppée dans un nuage de fumée noire.
Voir aussi Pluie noire à Téhéran : un cocktail chimique cancérigène menace 9 millions d’habitant·es (bonpote.com)
Human Rights Watch Verifies Use of Incendiary Weapon over Residential Areas in Southern Lebanon
The facility was attacked on Friday night, bringing the toll of medical staff to 31 killed in past 12 days
Depuis le début des opérations Epic Fury et Roaring Lion le 28 février 2026, la guerre a changé d’échelle. D’une campagne israélo-américaine contre l’Iran, elle est devenue régionale et s’étend désormais à seize pays.
THE US and Israel’s attacks on Iran breached international law – so both nations’ militaries would be banned outright from an independent Scotland, John Swinney has said.
Once his not-even-half-baked plan failed to materialize in Iran, it’s clear that there’s no Plan B.

The United States, Israel, and their Gulf allies are using up scarce and costly munitions at an astounding rate. These losses can’t be replenished nearly quickly enough to avoid possible global repercussions, as far more formidable adversaries than Iran—Russia and China—assess the war-fighting capacity that America holds in reserve. If they conclude that the West has burned through too many interceptors to defend itself, Russia might pursue aggressive action against NATO, or China could move against Taiwan.
Un sexagénaire britannique pensait simplement immortaliser un moment spectaculaire pendant ses vacances à Dubaï. Mais en filmant une attaque de missiles iraniens, il s’est retrouvé accusé de cybercriminalité et risque désormais la prison.

La France importe plus de 80 % de ses engrais, dont les prix s’envolent. La fermeture du détroit d’Ormuz rappelle l’urgence à sortir d’un modèle agricole accro aux énergies fossiles. D’autres voies existent, à rebours des orientations du gouvernement.
Saudi Arabia, Qatar, and the UAE are financing competing data corridors through Syria, Iraq, and East Africa to bypass the two maritime choke points that threaten their digital connectivity.

Les systèmes informatiques de la société Stryker ont été en partie paralysés, et le contenu de certains appareils professionnels de salariés effacés à distance. Le groupe qui a revendiqué l’attaque est soupçonné d’être proche des services iraniens.
The global helium market remains on edge as QatarEnergy’s massive Ras Laffan facility – responsible for nearly a third of the world’s supply – remains offline more than a week after Iranian drone strikes halted operations. The prolonged outage has highlighted vulnerabilities in the semiconductor supply chain, drawing renewed attention to the essential yet fragile nature of the helium trade.
“The Americans should await our countermeasure and our painful response.”
Dans un rapport publié après 29 mois de guerre, l’ONG décrit l’effondrement du système de santé dans l’enclave palestinienne et ses conséquences graves pour les femmes.
Après avoir pris position contre le génocide en cours à Gaza, l’actrice Susan Sarandon a été virée par son agent et est désormais boycottée par l’industrie cinématographique aux États-Unis.
Après avoir refusé de chanter l’hymne iranien lors d’un match de la Coupe d’Asie féminine, plusieurs joueuses ont demandé protection en Australie, craignant des représailles à leur retour.
Près d’un quart des hommes de la génération Z pensent que les femmes ne devraient pas être « trop indépendantes ou autosuffisantes », contre 12 % des boomers. Une vaste étude du King’s College, menée dans 29 pays, met en évidence une adhésion croissante aux idées masculinistes chez les jeunes hommes, creusant un fossé générationnel.

Journalist Rachel Gilmore published an investigation in The Tyee. The men she unmasked showed up to intimidate her in person.
Kristin Roman a pratiqué l’examen du corps. Elle avait initialement refusé de trancher entre suicide et homicide, avant que la ville de New York ne classe l’affaire.
Voir aussi Jeffrey Epstein Prison Guard Googled Him Minutes Before Death And Made $5K Cash Deposit Days Earlier, DOJ Records Show (radaronline.com) et Why Epstein’s Prison Guard Is Now Under Scrutiny For His Death (forbes.com)
L’ultra-conservateur, dont l’investiture est prévue ce mercredi 11 mars, est opposé à la pilule contraceptive ou encore à l’avortement. Au Chili, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) n’est possible que dans trois cas : s’il y a une malformation du fœtus, si la vie de la femme est en danger, ou en cas de viol.
A 2025 study notes that in the US, “during the highly gender-specialised era of the 1960s, married women did seven times more housework and four times more childcare than their husbands”. Now, the study says, women do twice as much housework and childcare, which is both far from equal and far from what it was.
Palantir CEO Alex Karp thinks his AI technology will lessen the power of “highly educated, often female voters, who vote mostly Democrat” while increasing the power of working-class men. […] Karp’s message is loud and clear : My technology will take political capital away from one of your greatest enemies—liberal women with degrees—and give one of your favorite demographics to patronize—working-class men—more political power to transfer to you.
À ce sujet, on pourra réécouter ce que disait Peter Thiel (cofondateur de Palantir) dès 2010 (tube.fdn.fr) :
Maybe you could actually unilaterally change the world without having to constantly convince people and beg people and plead with people who are never going to agree with you – through technological means.Technology is this incredible alternative to politics

L’ancien président devra purger sa peine de six mois de prison ferme aménageable dans l’affaire Bygmalion, le tribunal correctionnel ayant refusé la confusion de cette peine avec celle du dossier Bismuth.
le trio de malfaiteurs a sonné à l’entrée et annoncé « être policiers afin de se faire ouvrir la porte »
un broker MQTT sans aucune protection, accessible depuis n’importe quel navigateur, qui donne accès en temps réel aux flux vidéo de babyphones et caméras connectées à travers le monde. Derrière, 378 marques partagent le même backend défaillant
Présentée lors du Mobile World Congress, une nouvelle technologie du géant des télécoms Deutsche Telekom va transformer les appels téléphoniques en y intégrant traduction instantanée, assistance et résumés automatiques grâce à l’intelligence artificielle directement intégrée à son réseau. Déployée prochainement en Allemagne, cette grande avancée va-t-elle faire des émules en France ?
À noter que Deutsche Telekom est déjà attaquée par un collectif allemand pour non respect de la neutralité du net : Epicenter.works, the Society for Civil Rights, the Federation of German Consumer Organizations, and Stanford Professor Barbara van Schewick are filing an official complaint with the Federal Network Agency against Deutsche Telekom’s unfair business practices. Voir aussi cette vidéo d’explication au DEnOG (media.ccc.de) (le FRnOG allemand).

L’ancien directeur de la Dinum prône une sensibilisation accrue aux alternatives souveraines :
– Le déploiement massif des communs numériques
– L’adoption systématique de logiciels libres
-L’utilisation de standards ouverts
Écouter l’intervention (videos.assemblee-nationale.fr)
Deux ans seulement après leur création, les « groupes de besoins » au collège disparaissent officiellement. Un décret publié ce jeudi 12 mars met fin à l’obligation d’organiser les cours de français et de mathématiques par groupes de niveau. […] Dès son annonce, le dispositif avait provoqué une forte opposition chez les enseignants et plusieurs syndicats. Beaucoup craignaient que ces groupes de niveau ne conduisent à trier les élèves trop tôt et à accentuer les inégalités scolaires. Certains enseignants estimaient également que l’organisation concrète était très difficile à mettre en place dans les établissements, notamment en raison du manque d’effectifs et de moyens.
Les syndicats estiment qu’il manque aujourd’hui au moins 8 milliards d’euros pour répondre aux besoins de l’enseignement supérieur public en France.
Trois jours. C’est la durée des stocks alimentaires en cas de rupture d’approvisionnement. Alors que « tout est organisé pour diminuer le nombre de ceux qui nourrissent », Pierrick Berthou, agriculteur, rappelle les possibles à l’échelle des communes.
À Ajaccio, de petits capteurs installés sur les balcons des riverains du port permettent de mesurer en temps réel la pollution liée aux navires. Ce projet européen vise à compléter les données existantes et à mieux comprendre l’impact des émissions sur l’air que respirent les habitants, pour mieux envisager des solutions.
Temps de parole inférieur, moins de reportages, invités surtout masculins… Excepté pour les présentatrices, la parité est loin d’être respectée dans l’audiovisuel français, pointe le rapport publié ce 12 mars. Sans compter les discriminations quotidiennes.

Syndicats, journalistes et Reporters sans frontières se sont rassemblés jeudi 12 mars devant le Conseil d’État à Paris. En jeu, la vente du magazine Challenges à Bernard Arnault et l’application du règlement européen sur la liberté des médias. Entretien avec Thibaut Bruttin, directeur de RSF, pour comprendre ce qu’il se joue.
L’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka, a pu dérouler tranquillement son argumentaire guerrier à l’antenne, face à un intervieweur qui a tout fait pour ne pas froisser son invité. Et tant pis pour la propagande glaçante et les mensonges.
Au terme du mandat de Claire Hédon, Emmanuel Macron envisagerait de nommer Éric Dupond-Moretti Défenseur des Droits. Si beaucoup crient au copinage, des associations s’inquiètent du sort réservé aux « victimes de violences sexuelles et aux enfants. »
Pourtant, cette décision contrevient aux directives de l’État. En France, les administrations et les établissements de l’Enseignement supérieur ne peuvent pas choisir n’importe quel fournisseur de cloud ou de solutions numériques. La doctrine « Cloud au centre de l’État » impose par exemple le recours à un fournisseur labellisé SecNumCloud (le plus haut niveau de cybersécurité) pour l’hébergement de toutes les données sensibles de l’État et d’acteurs publics. Ce label, qui inclut une clause d’immunité aux lois extraterritoriales, exclut de fait les géants du cloud américains comme Amazon, Microsoft Azure et Google Cloud, tous trois soumis à la loi « Fisa » et au « Cloud Act ».
D’après un rapport de l’institution, des “garages fictifs” ont permis d’immatriculer frauduleusement “près d’un million de véhicules”.
Le Sage n’est toujours pas signé et c’est encore une victoire pour les syndicats pro-pesticides. Voilà près d’un an qu’ils freinent la révision de la gestion de l’eau en Bretagne. L’État les soutient et joue la montre.
Le militant tué à Lyon gravitait depuis plusieurs années dans les cercles néofascistes locaux. Des milliers de posts anonymes sur X retrouvés par « Mediapart » montrent l’étendue de sa pensée raciste et antisémite, construite autour d’une glorification du fascisme et une nostalgie du nazisme.
Voir aussi « Moi je soutiens Adolf, mais chacun son truc » : les posts de Quentin Deranque sur X, une idéologie néonazie assumée (humanite.fr)

Comment expliquer que la quasi-totalité de la représentation nationale se soit associée sans la moindre protestation à cette minute de silence en hommage à un militant d’une extrême droite qui se situe aux antipodes des valeurs humanistes et démocrates dont se targue la République française ?
Le parti d’Eric Zemmour a oublié de noter le nom de la ville des Yvelines dans les tracts de sa candidate aux élections municipales. Une bourde qui s’ajoute aux différentes polémiques sur le site internet de Sarah Knafo, candidate Reconquête à Paris, ou sur des propos racistes tenus par des militants.

Les maires peuvent restreindre le droit de grève de leurs agents grâce à une loi de 2019. Plusieurs édiles, y compris de gauche, ont tenté de le faire. Ces décisions soulignent l’autoritarisme de certains maires-employeurs qui méprisent le dialogue social.
Une famille a porté plainte à Toulouse après l’agression au domicile de leur fils par des policiers de la BAC le 27 février 2026. Croyant à un cambriolage, les forces de l’ordre ont roué de coups le jeune homme de 19 ans avant de quitter les lieux sans appeler les secours.
Plus de 100 marches contre le racisme se tiendront ce 14 mars, veille des élections municipales. À Lyon, la manifestation prend des allures de réponse politique après la mort du militant néofasciste Quentin Deranque.

Un collectif sétois s’est monté pour s’opposer localement à la montée de l’extrême droite. Entre une distribution de leur feuille d’infos et l’organisation d’une journée de conférences, rencontre avec deux militant·es infatigables, Daniel et Jeanne.
derrière sa « vitrine respectable » (conseils conjugaux, médiation familiale…), Familya servirait « une vision traditionaliste et normative de la famille ».
Six allocataires du RSA, soutenus par la CGT, ont porté plainte, dans le Finistère, contre le président du conseil départemental, Maël de Calan, pour « harcèlement moral institutionnel ». Ils dénoncent une série de contrôles administratifs jugés intrusifs et excessifs.
À l’automne 2025, le Mouvement pour une alternative non-violente (MAN) a publié un Manuel citoyen pour une défense civile non-violente. Son but ? Se préparer à réagir et résister par les armes de la non-violence en cas de coup d’État, d’occupation militaire ou de venue au pouvoir d’un régime autoritaire.
A list of projects that pledged not to use AI or are disrupting it.

After years of struggling to get freaky children’s content in order on YouTube, the company goes full throttle
À une dizaine de kilomètres de Châteauroux, Google envisage d’implanter un immense data center sur 195 hectares, son premier en France […] Très peu d’informations filtrent sur le terrain, malgré les questionnements sur son impact écologique et ses réels bienfaits.
Meta has acquired Moltbook, the Reddit-esque simulated social network made up of AI agents that went viral a few weeks ago. The company will hire Moltbook creator Matt Schlicht and his business partner, Ben Parr, to work within Meta Superintelligence Labs.
Meta is planning sweeping layoffs that could affect 20 % or more of the company, three sources familiar with the matter told Reuters, as Meta seeks to offset costly artificial intelligence infrastructure bets and prepare for greater efficiency brought about by AI-assisted workers.
“We’re all waking up to the fact that we basically own nothing,” Amity said. “Not movies, shows, songs, art, games—it’s all borrowed in a place that it can be deleted forever despite paying for it.”


Dans les épopées d’Homère, les dieux ne sont pas parfaits : ils se disputent, mentent, trahissent, prennent parti. Ils ressemblent en somme aux humains par leurs passions et leurs défauts. Pourquoi Homère choisit-il de représenter des dieux imparfaits ?
La CJUE a rendu une décision importante pour les droits des personnes transgenres dans l’Union européenne. Dans un arrêt publié ce 12 mars 2026, la juridiction estime qu’un État membre ne peut pas refuser de délivrer des documents d’identité conformes à l’identité de genre d’un·e citoyen·ne lorsque cette identité a été légalement reconnue dans un autre pays de l’Union.

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