
16.02.2026 à 08:36
A 7h30: Thomas Vonderscher, éditeur et historien, co-auteur avec Youssef Souidi de Nouvelle cartographie électorale de la France (Textuel), sera avec nous pour tordre le cou à certains clichés: ainsi, contrairement à une idée tenace, le RN n’est pas majoritaire chez les précaires. Leur travail révèle une France politique fragmentée : un RN ancré dans le périurbain et les classes moyennes, une gauche urbaine aux électorats distincts, et une coalition présidentielle soutenue par les plus aisés.
A 8h30, avec Martine Orange, co-fondatrice de Médiapart, on discute de sa thèse sur Epstein: Il est impossible de dissocier le financier criminel du monde dans lequel il évolue. Les millions de documents publiés par le département de la justice des États-Unis renvoient l’image hideuse et glaçante d’une classe dirigeante globalisée qui a prospéré avec le néolibéralisme et fait désormais sécession.
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Thomas Vonderscher présente une méthode fondée sur le croisement des résultats du ministère de l’intérieur et des données sociales de l’INSEE: «on croise 3 jeux de données, on a évidemment les données du ministère de l’intérieur qui donnent les résultats par bureau de vote», ce qui permet selon lui de «produire une cartographie qui nous permet de se passer de sondage» et d’atteindre «une finesse au niveau des près de 70 000 bureaux de vote en France».
Il distingue quatre blocs structurants du paysage politique: «un quatrième bloc et auquel on tient beaucoup qui est l’abstention», précisant que «ce quatrième bloc, on l’appelle l’iceberg» car «c’est le bloc majoritaire».
Sur le vote RN et les classes populaires, il affirme: «Dans ces 5% les plus faibles, qu’est ce qu’on voit? C’est que l’extrême droite n’arrive pas en tête», rappelant que «c’est l’abstention qui est largement majoritaire» et que «c’est la gauche unie qui arrivent avec quasiment un quart des électeurs».
Concernant la présence d’immigrés et le vote d’extrême droite, il souligne la régularité statistique: «quand il y a 0% d’individus nés hors de l’Union européenne, là, l’extrême droite fait largement son meilleur score» tandis que «là où il y a 30% et plus, l’extrême droite arrive à moins de 10% des inscrits».
Sur le front républicain, il observe une évolution: «En 2024, réapparition du Front Républicain», détaillant que «l’extrême droite progresse de 5 points, mais la gauche elle progresso d’11 points» et que «ceux qui profitent le plus de ce front républicain (…) c’est la coalition présentielle et la droite traditionnelle».
Martine Orange replace l’affaire Epstein dans un système global: «Il est impossible de dissocier le financier criminel du monde dans lequel il évolue», estimant que «c’était aussi le problème d’une classe qui savait et qui s’est tue».
Elle définit le néolibéralisme financier comme «la volonté de financiariser absolument tous les éléments de la vie, quel qu’ils soient, et d’en tirer un profit quelconque», décrivant «un système qui est bâti sur la corruption, le chantage».
Sur le offshore, elle est explicite: «le offshore, c’est des gens qui (…) ne veulent plus avoir rien à faire avec un État», et résume: «L’ offshore, c’ est, la loi n’ est pas pour moi, je suis au-dessus des lois».
Elle décrit une élite mondialisée sans ancrage: «c’t’une transhumance permanente», ajoutant que «ils se déplacent et ils ne veulent rien avoir à faire avec personne».
Enfin, elle met en garde contre les amalgames et les dérives: «ce n’est pas parce qu’il y a des personnes qui sont malhonnêtes que le monde entier est malhonnête», insistant sur la nécessité de «faire un vrai travail de journaliste» et de «vérifier, peser».