
22.01.2026 à 15:42
L’Europe fait preuve de solidarité et de fermeté en s’opposant aux projets d’annexion du Groenland et aux nouvelles taxations visant des produits européens. C’est une première depuis le retour de Donald Trump, après avoir jusqu’ici cédé à plusieurs de ses exigences. Hier à Davos, Trump a ainsi fini par reculer et annonce renoncer à l’acquisition du Groenland par la force ainsi qu’aux surtaxes sur les produits européens. Cela montre qu’il est possible de le contraindre lorsqu’il franchit les limites de l’acceptable, même si le risque demeure qu’il obtienne ce qu’il souhaite, au prix de concessions potentiellement importantes pour l’Europe.
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L’Europe fait preuve de solidarité et de fermeté en s’opposant aux projets d’annexion du Groenland et aux nouvelles taxations visant des produits européens. C’est une première depuis le retour de Donald Trump, après avoir jusqu’ici cédé à plusieurs de ses exigences.
Hier à Davos, Trump a ainsi fini par reculer et annonce renoncer à l’acquisition du Groenland par la force ainsi qu’aux surtaxes sur les produits européens. Cela montre qu’il est possible de le contraindre lorsqu’il franchit les limites de l’acceptable, même si le risque demeure qu’il obtienne ce qu’il souhaite, au prix de concessions potentiellement importantes pour l’Europe.
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22.01.2026 à 15:33
Cette note fait partie d’une série de notes de l’Observatoire Défense et Climat dédiée aux points de bascules identifiés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Après une première note au sujet du ralentissement, voire à l’effondrement, de la circulation méridienne de retournement atlantique nord (AMOC), cette note se concentre désormais sur la forêt amazonienne et son point de bascule. Le point de basculement potentiel du biome amazonien est souvent présenté comme une transformation rapide et globale de ses écosystèmes vers un état évoquant la savane. Toutefois, au regard des connaissances scientifiques actuelles, une incertitude considérable subsiste quant au calendrier, à l’échelle spatiale et au type de végétation vers lequel le biome pourrait évoluer. La communauté scientifique s’accorde à reconnaître que la forêt amazonienne connaîtra, au rythme actuel de sa dégradation, une mortalité sans précédent de ses écosystèmes, entraînant une réduction significative de la couverture végétale et des effets en cascade considérables. Il est donc essentiel que ces données soient prises en compte au niveau politique, ainsi que militaire, afin que des réponses adéquates soient mises en place, tant en termes d’atténuation des phénomènes de dégradation de la forêt amazonienne, qu’en termes d’adaptation de populations, des institutions et des États. En mettant en lumière les conséquences sécuritaires liées à la dégradation de la forêt amazonienne et au risque de franchissement de son point de bascule, cette note souligne leurs répercussions sur la sécurité humaine. L’analyse des enjeux géopolitiques (tensions entre la protection des écosystèmes et la souveraineté des États, ainsi que l’internationalisation) ainsi que l’impact d’ores et déjà prégnant de ces évolutions sur les plans opérationnel (augmentation des opérations HADR et hausse de la criminalité environnementale) et capacitaire (inadaptation de certains matériels et des équipements) démontre également que la situation sécuritaire est susceptible de s’aggraver si ces […]
L’article Point de bascule amazonien : enjeux sécuritaires des changements climatiques et de la déforestation de la forêt amazonienne est apparu en premier sur IRIS.
Cette note fait partie d’une série de notes de l’Observatoire Défense et Climat dédiée aux points de bascules identifiés par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Après une première note au sujet du ralentissement, voire à l’effondrement, de la circulation méridienne de retournement atlantique nord (AMOC), cette note se concentre désormais sur la forêt amazonienne et son point de bascule.
Le point de basculement potentiel du biome amazonien est souvent présenté comme une transformation rapide et globale de ses écosystèmes vers un état évoquant la savane. Toutefois, au regard des connaissances scientifiques actuelles, une incertitude considérable subsiste quant au calendrier, à l’échelle spatiale et au type de végétation vers lequel le biome pourrait évoluer. La communauté scientifique s’accorde à reconnaître que la forêt amazonienne connaîtra, au rythme actuel de sa dégradation, une mortalité sans précédent de ses écosystèmes, entraînant une réduction significative de la couverture végétale et des effets en cascade considérables. Il est donc essentiel que ces données soient prises en compte au niveau politique, ainsi que militaire, afin que des réponses adéquates soient mises en place, tant en termes d’atténuation des phénomènes de dégradation de la forêt amazonienne, qu’en termes d’adaptation de populations, des institutions et des États.
En mettant en lumière les conséquences sécuritaires liées à la dégradation de la forêt amazonienne et au risque de franchissement de son point de bascule, cette note souligne leurs répercussions sur la sécurité humaine. L’analyse des enjeux géopolitiques (tensions entre la protection des écosystèmes et la souveraineté des États, ainsi que l’internationalisation) ainsi que l’impact d’ores et déjà prégnant de ces évolutions sur les plans opérationnel (augmentation des opérations HADR et hausse de la criminalité environnementale) et capacitaire (inadaptation de certains matériels et des équipements) démontre également que la situation sécuritaire est susceptible de s’aggraver si ces dégradations se poursuivent.
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22.01.2026 à 13:04
Même s’il a déclaré à Davos y avoir (temporairement) renoncé, les annonces de Donald Trump menaçant certains pays européens d’un relèvement de 10 % des tarifs douaniers, s’ajoutant à ceux découlant de l’accord-cadre supposé « réciproque, équitable et équilibré » conclu avec l’Union européenne en juillet 2025, placent cette dernière devant le dilemme de se soumettre ou de réagir avec fermeté. De quels moyens de rétorsion dispose-t-elle ? Cet accord est-il devenu obsolète depuis la suspension par le Parlement européen de son processus de ratification ? Quelle serait l’incidence de nouveaux tarifs sur les échanges commerciaux et la croissance européenne ? Le risque économique associé à une réaction ferme est réel mais ne doit pas être surestimé, alors que le risque politique de la soumission ne peut être sous-estimé. Le point avec Pierre Jaillet, chercheur associé à l’IRIS et conseiller à l’Institut Jacques Delors. Face à la politique commerciale agressive de l’administration Trump, de quels moyens de rétorsion dispose l’Union européenne ? On évoque en particulier l’instrument communautaire « anti-coercition ». Comment et à quelles conditions peut-il être mobilisé ? D’autres actions sont-elles envisageables, y compris au niveau national ? Face à la politique tarifaire agressive de l’administration de Donald Trump, l’Union européenne n’est pas démunie et dispose d’un éventail de leviers juridiques, commerciaux et diplomatiques. Adopté en 2023 (mais non utilisé à ce jour), l’instrument anti-coercition (IAC), en particulier, vise à dissuader et contrer les pressions économiques exercées par un État tiers interférant avec les choix politiques européens (ou d’un État membre de l’UE). Il ouvre la possibilité d’appliquer à des pays tiers convaincus d’actes de « coercion » des tarifs douaniers ciblés, de restreindre leur accès à certains marchés publics ou aux services financiers, de bloquer leurs investissements dans l’Union ou même de suspendre leurs droits de propriété intellectuelle. Cet instrument, parfois qualifié de « bazooka », pourrait en réalité être appliqué de […]
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Même s’il a déclaré à Davos y avoir (temporairement) renoncé, les annonces de Donald Trump menaçant certains pays européens d’un relèvement de 10 % des tarifs douaniers, s’ajoutant à ceux découlant de l’accord-cadre supposé « réciproque, équitable et équilibré » conclu avec l’Union européenne en juillet 2025, placent cette dernière devant le dilemme de se soumettre ou de réagir avec fermeté. De quels moyens de rétorsion dispose-t-elle ? Cet accord est-il devenu obsolète depuis la suspension par le Parlement européen de son processus de ratification ? Quelle serait l’incidence de nouveaux tarifs sur les échanges commerciaux et la croissance européenne ? Le risque économique associé à une réaction ferme est réel mais ne doit pas être surestimé, alors que le risque politique de la soumission ne peut être sous-estimé. Le point avec Pierre Jaillet, chercheur associé à l’IRIS et conseiller à l’Institut Jacques Delors.
Face à la politique commerciale agressive de l’administration Trump, de quels moyens de rétorsion dispose l’Union européenne ? On évoque en particulier l’instrument communautaire « anti-coercition ». Comment et à quelles conditions peut-il être mobilisé ? D’autres actions sont-elles envisageables, y compris au niveau national ?
Face à la politique tarifaire agressive de l’administration de Donald Trump, l’Union européenne n’est pas démunie et dispose d’un éventail de leviers juridiques, commerciaux et diplomatiques. Adopté en 2023 (mais non utilisé à ce jour), l’instrument anti-coercition (IAC), en particulier, vise à dissuader et contrer les pressions économiques exercées par un État tiers interférant avec les choix politiques européens (ou d’un État membre de l’UE). Il ouvre la possibilité d’appliquer à des pays tiers convaincus d’actes de « coercion » des tarifs douaniers ciblés, de restreindre leur accès à certains marchés publics ou aux services financiers, de bloquer leurs investissements dans l’Union ou même de suspendre leurs droits de propriété intellectuelle. Cet instrument, parfois qualifié de « bazooka », pourrait en réalité être appliqué de façon partielle et graduée. Notons toutefois qu’il ne peut être déclenché qu’au terme d’un processus relativement long et complexe impliquant l’obtention d’une majorité qualifiée (55 % des États membres représentant 65 % de la population de l’UE) ce qui rend sa mobilisation assez aléatoire. Il constitue cependant une option crédible, même s’il faut plutôt la considérer comme une arme de dissuasion de nature à rééquilibrer le rapport de force de l’UE face au chantage commercial de Donald Trump.
L’UE dispose de quelques autres leviers. Certes, le recours aux procédures contentieuses de l’OMC (dont les règles fondamentales, comme la clause non discriminatoire de la nation la plus favorisée – sont allègrement piétinées par Donald Trump) est aujourd’hui inopérant du fait de la paralysie de son organe d’appel. L’UE peut toutefois en théorie prendre des mesures de sauvegarde sectorielles (notamment dans le domaine numérique), mobiliser des instruments anti-dumping ou des aides ciblées et les États membres conservent des moyens de contrôle des investissements étrangers. En pratique, la mobilisation de ces moyens de rétorsion reste contrainte du fait des règles de concurrence du marché intérieur européen et des difficultés à forger un consensus entre des pays européens dont les structures productives et donc les intérêts économiques et commerciaux peuvent diverger.
Donald Trump a menacé (avant de se rétracter) six États membres de l’UE (soutenus par le Royaume-Uni et la Norvège), opposés à sa volonté d’absorber le Groenland, d’une hausse de 10% des tarifs douaniers (s’ajoutant aux 15 % en vigueur). Le Parlement européen vient par ailleurs d’annoncer qu’il suspendait le processus de ratification de l’accord-cadre passé entre Donald Trump et l’UE en juillet 2025. Cet accord est-il désormais obsolète et peut-on anticiper une position plus ferme de l’UE face au chantage commercial ?
L’accord-cadre conclu en juillet 2025 à Turnberry entre Ursula von der Leyen et Donald Trump visait une désescalade tarifaire et une coopération renforcée sur les normes industrielles. Bien qu’appliqué à titre provisoire, il nécessitait une ratification parlementaire. Or l’annonce le 20 janvier 2026 par le Parlement européen de la suspension du processus de ratification, après l’annonce d’une hausse tarifaire américaine cumulative de 25 % (15 % + 10 %), fragilise juridiquement un accord devenu de facto politiquement obsolète du fait de cette nouvelle mesure unilatérale. Observons que l’accord de Turnberry, contrairement au libellé de la déclaration commune (« … An agreement on reciprocal, fair and balance trade »), n’était en fait ni réciproque, ni équitable et encore moins équilibré, dès lors qu’il validait l’acceptation par l’UE de tarifs douaniers de 15 % (avec quelques exceptions sectorielles) sur les exportations européennes vers les États-Unis en « contrepartie » de la suppression de tout tarif visant les exportations des États-Unis vers l’UE et qu’il comportait d’autres clauses contraignantes et dérogatoires pour cette dernière (achats d’énergie, de matériel militaire, investissements aux États-Unis, etc.).
Dans l’hypothèse (encore incertaine) d’une renégociation de cet accord, plusieurs signaux suggèrent une attitude plus ferme de la part de l’UE. Ainsi, les six États membres (soutenus par le Royaume-Uni et la Norvège) plus spécifiquement visés, ont explicitement refusé tout « chantage commercial » lié aux ambitions américaines sur le Groenland.
Gardons à l’esprit que l’UE représente près de 20 % du PIB mondial et un marché de près de 500 millions de consommateurs, le plus important du monde. Son accès revêt un intérêt vital pour les États-Unis. Encore faut-il que les Européens expriment collectivement une attitude de fermeté face à l’agresseur et confortent leur crédibilité dans un rapport de force assumé. Le risque d’escalade existe, naturellement, et une guerre commerciale est toujours un jeu à somme négative (plus encore dans un contexte de chaînes de valeur transatlantiques très intégrées). Mais le risque encore pire est celui d’un jeu à somme nulle où l’Europe serait seule perdante.
Quelle a été jusqu’à présent l’incidence de la hausse des tarifs douaniers sur le commerce UE-États-Unis et sur la croissance européenne ? Quel impact pourrait-avoir une hausse supplémentaire de 10 % de ces tarifs sur les principales économies européennes compte tenu de leurs spécialisations spécifiques et de leurs dépendances respectives vis-à-vis du marché américain ?
Depuis les premières hausses tarifaires états-uniennes, le commerce UE-États-Unis (environ 1100 Mds € par an) a ralenti. Les exportations européennes vers les États-Unis ont reculé d’environ 5 % en volume sur douze mois, amputant la croissance européenne d’environ 0,2 point de PIB en 2025, selon les estimations de la Commission et de la BCE. Certains secteurs (automobile, machines-outils, produits chimiques…) ont été plus touchés. Il faut tenir compte du fait que les importateurs des États-Unis ont fortement accru leurs achats au premier trimestre en anticipation de l’application des droits de douane. Au total, l’impact est significatif, mais pas si dramatique, sachant que les exportations brutes de l’UE vers les États-Unis ne représentent que 3 % de son PIB. Une hausse supplémentaire de 10 % pourrait selon certaines estimations retrancher à moyen terme entre 0,2 % et 0,5 % d’une croissance européenne déjà faible (1,3 % en 2026 selon le FMI), avec des effets asymétriques (probablement deux fois supérieurs en Allemagne qu’en France, par exemple), liés aux spécialisations des économies des États membres et à leur degré d’exposition au marché des États-Unis. Dans un univers aussi incertain où les annonces parfois extravagantes se multiplient (comme la dernière menace par Donald Trump d’un relèvement à 200 % appliqués aux vins et champagne français si la France n’adhère pas au « Conseil de la Paix »), on peut être tentés de rappeler l’aphorisme de l’humoriste Pierre Dac : « Les prévisions sont difficiles, surtout quand elles concernent l’avenir ». Faisons le pari raisonnable qu’une réponse ferme et articulée de l’Europe face à son agresseur, si elle comporte des risques à court terme, peut réduire l’incertitude à long terme, pour son propre bénéfice et pour celui d’une économie mondiale menacée de fragmentation.
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