13.01.2025 à 17:55
L'Autre Quotidien

On ne vous le dit jamais, parce qu’on parle très mal d'argent, et ces quelques lignes maladroites le prouvent, mais personne ne nous paie pour réaliser L’Autre Quotidien, cet OVNI dans l’internet et la presse française, un magazine culturel très engagé à gauche qui a publié en accès libre des milliers d’articles que vous avez peut-être appréciés. D’où la nécessité de promouvoir les abonnements. Sans même parler de salaires - aucun de nous n’en touche, le journal n'a pas assez de revenus pour ça - l’entretien d’un site devenu aussi énorme que L’Autre Quotidien a un coût. Nous voulons continuer. Nous y tenons. Mais nous avons aujourd’hui besoin de votre soutien. Merci à tous ceux qui nous lisent, et nous prêtent leur attention. Vous êtes notre raison d’être. Un journal n’existe que par ses lecteurs. Ceux avec qui l’on veut partager une conversation. Et le pain quotidien.
25.10.2024 à 09:19
L'Autre Quotidien

Vue de l’exposition Apichatpong Weerasethakul, Centre Pompidou — Pavillon Brancusi 2024 © Centre Pompidou — Audrey Laurans
L’exposition Particules de nuit est spécifiquement conçue pour un lieu particulier, le pavillon autrefois construit pour abriter une reproduction de l’atelier du sculpteur Constantin Brancusi et actuellement vide en préparation des travaux de rénovation du Centre Pompidou. D’un espace voué à accueillir parfaitement la lumière du soleil, Weerasethakul en fait le lieu d’une déambulation nocturne, ponctuée de la seule lumière des images projetées.
« Voir / n’est pas voir », ces mots écrits à la plume reviennent comme une ritournelle dans Seeing Circles (2022), où l’artiste décrit un tremblement de la vision. Rappelant l’obturateur d’un appareil photo, l’œil explore par intermittence les multiples échelles du monde visible à partir de chez lui. Dans For Bruce (2022), tourné dans la nature péruvienne, le même regard examine les ondulations et les reflets du soleil à la surface de l’eau, révélant à la fois la simplicité instantanée et la complexité de regarder / voir, et peut-être de méditer. Les œuvres récentes rassemblées pour cette exposition, à l’instar de l’étude de Brancusi sur la lumière et les formes naturelles, présentent un flux varié, du scintillement du soleil amazonien aux méandres de la nuit. Comme le palimpseste d’un rêve, les images qu’elles mettent en jeu se forment puis se dissipent, prennent congé sans vraiment disparaître : elles se transforment pour se déposer ailleurs. Les réalités du présent restent inséparables des souvenirs et des mythes vernaculaires. En se déplaçant parmi ces illuminations, le public voit les frontières temporelles se dissoudre.
Dans Solarium (2023), une installation récemment créée pour la Biennale de Thaïlande à Chiang Rai, l’investigation hypnagogique d’Apichatpong Weerasethakul atteint un réalisme hallucinatoire, imaginant une vision orpheline et errante qui tourne vers elle-même sa propre quête. Le soleil de la mémoire se lève et se couche à l’horizon. Il ne reste plus à la pupille qu’à inventer une autre lumière.
Et, si vous ne connaissez pas encore son cinéma, la rétrospective actuelle à Pompibourg vaut aussi plus que le détour.
Elmer Ganterie, le 28/10/2024
Apichatpong Weerasethakul - Particules de nuit -> 6/01/2025
Centre Georges Pompidou Place Georges Pompidou 75004 Paris
13.03.2024 à 14:30
L'Autre Quotidien

Tout journal est politique. Celui que nous faisons ne se cache pas cette évidence. Son existence, qui n'était pas donnée, car personne ne nous a invités, est déjà en elle-même un fait politique. Nous faisons irruption. Nous entrons par effraction dans le champ bien gardé des opinions bonnes à entendre. Sachant qu'exister, c'est résister, nous avons fait le choix d'exister. Or choisir est l'acte politique même. Choisir avec qui on vit et travaille est politique. Choisir l'égalité des salaires est politique. Dénoncer l'injustice est politique. Accepter (et accepter réellement) de donner la parole aux autres est politique. Proposer des haïkus dans nos éphémérides est politique. Mettre le sort d'un journal dans les mains de ses lecteurs est politique. Ce qui implique à nos yeux de répondre avant toute chose à des questions légitimes sur l'origine de ce projet, notre financement, nos objectifs, l'idée que nous faisons de notre travail.
L'Autre Quotidien est parfaitement indépendant. Créé par des journalistes et géré par une association 1901 : Nuit & Jour, il n'a ni capital de départ, ni capital d'arrivée. Qui le finance ? Jusqu'à présent, ses abonnés. Est-il riche ? Non, il est pauvre. Il fait donc avec de pauvres moyens. Cela aussi, il est juste d'en prévenir.
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L'Autre Quotidien n'a pas le goût de la propagande. Quant à la communication, sa sœur jumelle dopée aux méthodes du marketing, nous n'oublions pas que c'est la Préfecture de police qui a inventé le communiqué. Les gens d'en bas ne "communiquent" pas, ils s'expriment. De leur bouche une parole naît, libre des pitoyables "éléments de langage". La communication et la propagande ne sont donc pas notre affaire. La recherche de l'expression juste est notre affaire.