Je suis arrivée en France il y a six jours seulement. Depuis, j’ai de nouveau accès à Internet et aux informations du monde libre. Ce que je découvre dépasse tout ce que j’imaginais. Chaque image est une blessure de plus, une douleur qui ravive ce que je croyais déjà insupportable. Susan Sontag écrivait, dans Devant la douleur des autres, que les photographies ouvrent une fenêtre sur une souffrance presque impossible à concevoir. Pour nous, Iraniens, ces images ne sont pas abstraites : elles montrent
« Comme disait Pasolini, "la culture est la résistance au divertissement", et pour moi c’est très moderne de dire cela aujourd’hui » On en parle dans cet épisode- Bartabas, Les Cogne-Trottoirs, Gallimard, 2026- Bartabas, Un geste vers le bas, Gallimard, 2024- Bartabas, Les cantiques du corbeau, Gallimard, 2022- Bartabas, D’un cheval l’autre, Gallimard, 2020
L’Europe, plus précisément l’Union européenne, entre dans une zone de danger. Il n’est pas exagéré d’y voir deux faits majeurs d’ordre économique : d’avoir raté, face aux États-Unis, la révolution du numérique ; et d’avoir vu surgir une écrasante capacité industrielle en Chine, dépassant les 30% de tous les produits manufacturés produits dans le monde. La révolution du numérique est celle qui a permis que s’édifient les groupes très puissants et immensément rentables du côté étatsunien. Il s’agit
Le 15 mai 2026, les élèves des écoles primaires d’Hénin-Beaumont pourront assister à la projection du film La soupe aux choux (Jean Girault, 1981). La comédie de Jean Girault, avec Jean Carmet et Louis de Funès, sera présentée en séance scolaire à quatorze heures, pour les écoles de la ville. On ne sait pas encore combien d’enseignants ont prévu d’emmener leurs jeunes élèves voir un film qui raconte l’histoire de deux hommes alcooliques se livrant à un concours de pets pour attirer les extraterrestres…
En politique, les commencements ne sont pas anecdotiques ou contingents : ils nous piègent à mesure qu’ils nous surprennent, ne serait-ce que par l’incrédulité qu’ils produisent. Le mandat de Donald Trump a commencé par l’idée de faire une « Riviera » à Gaza. L’année 2026 a commencé par une offensive militaire à Caracas – opération dite « chirurgicale » – et l’enlèvement de Maduro, président depuis 2013 du Venezuela. En France, la presse a mis l’accent sur l’illégitimité d’une telle opération, mais
Inclassable, Maurits Cornelis Escher (1898 – 1972) est peu connu du grand public et ne s’inscrit dans un aucun mouvement artistique, bien qu’il ait vécu dans une période riche en programmes et en manifestes révolutionnaires par rapport à la tradition. C’est probablement ce climat-là, où les cloisonnements entre les disciplines diverses tombaient, qui a favorisé le développement de son œuvre s’inspirant d’horizons variés, souvent proches des sciences. Ce Hollandais ne se considérait d’ailleurs pas
Co-découvreur de la structure en double hélice de la molécule d’acide désoxéribo-nucléique (ADN) avec Francis Crick, Rosalind Franklin et Maurice Wilkins, James Dewey Watson a développé la recherche en biologie moléculaire à l’université Harvard orientant les recherches du Cold Spring Habor Laboratory vers l’étude du cancer, puis promouvant le projet d’étude du génome humain des National Institutes of Health. Auteur d’ouvrages réputés fondamentaux pour la biologie moléculaire, son aura scientifique
Cet automne, trois œuvres françaises de fiction ont représenté des jeunes femmes vivant des relations lesbiennes. Love Me Tender reste la plus réelle, puisqu’adaptée du récit autobiographique éponyme de Constance Debré. La cinéaste Anna Cazenave Cambet, révélée en 2021 par De l’or pour les chiens qui formait déjà un récit sur une jeune femme en rupture de ban avec son milieu, rebaptise son héroïne Clémence Delcourt (jouée par Vicky Krieps) et ne représente pas la famille prestigieuse de l’écrivaine.
« Toutes tragédies créent de nouvelles zones qu’il faut habiter. » (Claudia Mosquera) Chaque époque hérite de ses fantômes. La nôtre, saturée de mémoriaux et de commémorations, ne manque pas tant de monuments que de sens. Nous avons appris, avec Pierre Nora1, à ériger des lieux de mémoire ; mais nous avons moins appris à écouter ce que j’appellerai ici la mémoire des lieux : cette mémoire souterraine qui circule sous la pierre, dans la mer, dans les vents et jusque dans le souffle des vivants.
Jean-Luc Domenach est décédé le 8 janvier 2026, dans la semaine suivant l’intervention de l’administration Trump au Venezuela. Il était né au lendemain des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, le 11 août 1945. Plus de quatre-vingts ans séparent ces deux dates. À l’échelle d’une vie d’homme consacrée à la recherche, à l’enseignement et à l’engagement. Mais aussi à l’échelle d’un monde qu’il n’a cessé d’interroger dans ses ruptures et ses continuités : les résurgences de l’impérialisme
Si le public contemporain est globalement au fait du sort qui fut réservé aux œuvres de Klee, Kokoschka, Chagall et autres peintres stigmatisés par le régime hitlérien, qui organisa en 1937 la tristement connue exposition itinérante Entartete Kunst (« L’Art dégénéré »), il ignore le plus souvent que de nombreux compositeurs virent également leurs partitions désapprouvées par le IIIe Reich et qu’ils eurent aussi leur exposition consacrée à Düsseldorf en 1938. L’expression consacrée d’« art dégénéré
Le projet contesté de l’autoroute A69 entre Toulouse et Castres a de nouveau fait l’objet d’une décision retentissante : après son annulation par le tribunal administratif de Toulouse en février 2025, il a été de nouveau autorisé par la cour administrative d’appel de Toulouse, dans une décision du 30 décembre 2025. Cette volte-face est symptomatique de la large marge d’appréciation laissée au juge dans la définition de l’intérêt général, quand les termes de la loi sont peu précis, et qui génère des
Le régime iranien connaît actuellement les manifestations nationales les plus importantes depuis le mouvement « Femmes, Vie, Liberté » de 2022. Les troubles actuels, qui ont débuté fin décembre 2025, ont été déclenchés par une grave crise économique, mais se sont rapidement transformés en une contestation plus large contre l’establishment clérical. Les manifestations ont été déclenchées par les commerçants du Grand Bazar de Téhéran, après que le rial iranien a atteint un niveau historiquement bas
L’enlèvement de Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores par les forces spéciales nord-américaines la nuit du 2 au 3 janvier, puis leur inculpation devant un tribunal newyorkais pour « conspiration narco terroriste » pour le premier et « trafic de cocaïne » pour la seconde, marquent incontestablement un tournant dans les rapports des États-Unis avec l’Amérique latine, mais bien évidemment aussi avec Cuba, la Chine et la Russie. Certains se sont félicités de coup porté au dictateur que fut incontestablement
À la fin de la nouvelle d’Edgar Poe, « la Chute de la Maison Usher », le narrateur, se retournant vers la demeure qu’il vient de fuir avec horreur, contemple la lune pourpre pointant à travers ses lézardes : « Le rayonnement provenait de la pleine lune qui se couchait, rouge de sang, et maintenant brillait vivement à travers cette fissure à peine visible naguère, qui parcourait en zigzag le bâtiment depuis le toit jusqu’à la base. Pendant que je regardais, cette fissure s’élargit rapidement. La tête
L’histoire du Venezuela est jalonnée de confrontations et négociations avec des puissances étrangères. Ainsi, en décembre 1903, des navires militaires se sont approchés du port de La Guaira avec pour objectif de renverser le dictateur Cipriano Castro (1899-1908). La marine vénézuélienne, qui ne comptait que quelques bateaux, opposa très peu de résistance à la flottille étrangère. Cipriano Castro se vit obligé de négocier avec le Royaume-Uni et l’Allemagne et de leur céder 30% des recettes douanières
Les jurés du Goncourt ont jeté leur dévolu sur une Maison vide1plutôt que sur un Kolkhoze2cinq étoiles. Ce choix est sans doute fort heureux pour le lauréat couronné, mais bien dommage pour la littérature. Il était en vérité moins risqué, et certainement plus convenu de récompenser les souvenirs d’une histoire tournée vers un passé révolu et ravivée par les flux et les reflux de la mémoire, et s’inscrivant à ce titre dans le droit fil d’une tradition que l’on voudrait issue de Proust, plutôt qu’un
Après le succès du film d’Édouard Molinaro de 1978 avec l’inoubliable Michel Serrault et la réalisation à Broadway de Jerry Herman, Olivier Py reprend le musical dans sa propre traduction du livret américain de Harvey Fierstein. La réussite est totale, le spectacle puisant dans la meilleure tradition du genre tout en lui donnant un écho contemporain et vif. Il rayonne d’énergie et de joie se transformant en une fête pleinement partagée avec le public. Les artistes prouvent leur haut professionnalisme
Arrivée en septembre 2013 en Palestine pour son travail de thèse, Najla Nakhlé-Cerruti, aujourd'hui chercheuse à l'Institut français du Proche-Orient, fait rapidement la connaissance de la figure de François Abou Salem, écrivain décédé seulement six mois plus tôt. Fondateur, avec sa compagnie théâtrale El-Hakawati, du Théâtre National palestinien en 1984, ce dramaturge a joué un rôle fondamental dans la valorisation des œuvres théâtrales en langue arabe. Dans cet entretien, tout en revenant sur ses
Brésil, 1977, « une année semée d’embûches ». Marcelo (Wagner Moura), au volant d’une Coccinelle jaune, se rend à Recife après une halte ubuesque dans une station-service où un cadavre en putréfaction gisait sous un carton et après avoir été détroussé de son paquet de cigarettes par des policiers. Il s’installe dans une résidence aux allures de communauté hippie, placée sous la houlette de la bienveillante, parfois envahissante, Dona Sebastiana (Tânia Maria). On apprend que Marcelo est en fuite.
Le jugement politique s’inscrit dans une certaine temporalité politique. Et cette dernière relève moins d’une chronologie que d’une typologie. Quel type de moment vivons-nous actuellement aux États-Unis ? Notre système de gouvernement connaît-il un mouvement de balancier, une transformation existentielle ou quelque chose entre les deux ? Neuf mois après le début du second mandat de Donald Trump, les Américains sont confrontés à trois réponses très différentes à ces questions. Trois points de vue
Après Premières classes (Kateryna Gornostai, 2025) et L’Invasion (Serguei Loznitsa, 2024) faisant suite à Donbass (2018) du même réalisateur, le public souhaitant retrouver en salles les conflits majeurs de l’époque pouvait, cet automne, découvrir Put Your Soul On Your Hand And Walk (Sepideh Farsi, 2025), documentaire reposant sur les échanges par visioconférence entre la réalisatrice et la jeune photographe gazaouie Fatma Hassona, victime d’une frappe israélienne le 16 avril 2025, et Oui, fiction
Le « wrapped 2025 » de la plateforme suédoise de musique en ligne Spotify (donnant la liste des morceaux, albums et auteurs les plus écoutés par ses utilisateurs) consacre, à la première place pour la France, le rappeur marseillais Jul, à qui l’on doit notamment les mots suivants : « J’ai rien à leur envier. C’est eux qu’ont pas géré. […] J’suis un peu rancunier, j’ai du mal à pardonner1 ». Voilà qui pourrait assez bien résumer 2025 en matière géopolitique : la rancune narcissique comme vecteur stratégique.
« Exploratrice, aventurière, motarde, féministe, bordélique, organisée, rêveuse, curieuse… » C’est ainsi que se décrit Mélusine Mallender sur son site internet. En juin 2010, elle décide de partir seule avec sa vieille moto 125 cm3 pour « aller le plus loin possible » en direction de l’Est. On lui prédit qu’elle ne dépassera pas le périphérique parisien. Quatre mois plus tard, elle arrive pourtant à Vladivostok, où la mer du Japon l’arrête. À sa manière, elle a trouvé dans ce voyage initiatique ce
Le film Babygirl (2024) de Halina Reijn, présenté à la Mostra de Venise 2024 et récompensé par la Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Nicole Kidman, se situe à l’épicentre d’un point aveugle du débat occidental contemporain sur les relations entre hommes et femmes, celui de l’existence d’un apparent attrait féminin pour la soumission dans la société post-#MeToo. Un phénomène excellement saisi par Manon Garcia dans On ne naît pas soumise, on le devient (Flammarion, 2018). Précisant
Alors que nous avons tendance à considérer rétrospectivement les années 1990 comme une période d’optimisme, vous nous invitez à relativiser cette vision1. Ivan Krastev. Aujourd’hui, nous voyons toute cette période comme un seul bloc, mais elle n’en était pas un. La fin de la guerre froide a été perçue comme une crise en Occident. Si l’on revient au fameux article de Francis Fukuyama, The End of History? 2– et je parle bien de l’article, avec un point d’interrogation – un élément très important de
C’est doublement blessé que Victor Hugo a pris ses quartiers d’exil à Jersey en 1852. L’écrivain s’était vite imposé comme un des chefs de file du romantisme en poésie et au théâtre. Pensionné à 20 ans par Louis XVIII pour ses premières Odes en 1822, dramaturge révolutionnant le théâtre à 28 ans avec Hernani, dont la première à la Comédie française, en février 1830 déclencha la « bataille » que l’on sait, romancier à succès avec Notre-Dame de Paris l’année suivante, élu à l’Académie française en
Parler des relations France-Brésil aujourd’hui revient souvent à faire le commentaire de quelques grandes rencontres footballistiques. Entre la France et le Brésil, il n’y a cependant ni victoire d’un seul, ni défaite de l’autre, pas même un match nul, mais bien un enrichissement mutuel et un équilibre prometteur. Comme le résume Michel Riaudel, responsable des études lusophones à Sorbonne Université : « En cinq siècles, la France et le Brésil, qui figurent désormais parmi les dix premières puissances
La COP30 qui s’est tenue à Belém, en Amazonie, a été officiellement clôturée le samedi 22 novembre 2025, avec un jour de retard relativement à l’agenda initial – ce qui n’est pas un record comparé à la COP25 à Madrid, qui s’était terminée avec quarante heures de retard – et s’explique notamment par l’incendie au sein de la zone de négociation, toutefois assez rapidement maîtrisé et n’ayant fait aucune victime, du vendredi 21 novembre 2025. La COP30 avait pour ambition explicite d’être « une COP du
Débattre ou, mieux, délibérer avec des personnes qui ne partagent pas le même avis est devenu difficile, à voir l’incivilité de modes d’expressions sur les réseaux « pas si sociaux » que cela, les formats ultra-courts des temps de paroles médiatiques dont on retient les formules plutôt que les raisonnements, et même l’irrespect et la caricature des faits et des intentions dont font preuve certains représentants politiques. Propos nuancés, prise en compte de la complexité, respect du pluralisme passent
Les procédures menées à l’encontre de James Comey, ancien directeur du FBI et Letitia James, procureure générale de New York, qui relevaient de la simple vendetta politique, ont été annulées par une juge fédérale courageuse. Dans deux décisions distinctes prises le même jour, le 24 novembre 2025, Cameroun Currie a pris le motif d’un vice de procédure, et pas le moindre : la procureure fédérale par intérim Lindsey Halligan « n’avait aucune autorité légale pour présenter les actes d’accusation » à
Il est bon, alors que la réunion à Belém de la conférence sur le climat (COP30) s’est achevée sur un nouvel aveu d’impuissance, de rappeler l’événement majeur qu’a été la publication, il y a dix ans, de l’encyclique Laudato Sí. Pour la première fois un document, écrit dans une langue superbe, donnait une vision cohérente de la crise environnementale, brassant l’ensemble du sujet et de ses enjeux pour l’humanité. L’encyclique était aussi en soi un fait politique, puisqu’elle mettait l’Église, souvent
Agnieszka Holland, cinéaste polonaise, signe son dernier film, Franz K., qui sort en salles le 19 novembre. Elle le qualifie d’« anti-biopic » du célèbre écrivain Franz Kafka, ce qui attire d’emblée l’attention sur son regard voulu original. Réussit-elle son pari ? Elle souligne son intimité de longue date avec l’œuvre de Kafka et sa ville natale, Prague, où elle a fait ses études et où elle place principalement le décor de son film. Nous voyons le jeune écrivain pris dans l’étau de la vie familiale
Depuis 2021, les éditions Triestiana contribuent à une redécouverte de la littérature de Trieste et de ses environs dont on commence seulement à saisir l’importance. Enterprise menée avec brio en coédition avec les éditions de l’Éclat, les volumes publiés à ce jour par Laurent Feneyrou et Pietro Milli sont des bijoux qui ouvrent la réception de la littérature triestine à de nouveaux horizons. Après Giulio Camber Barni, Ferruccio (Fery) Fölkel, Carolus L. Cergoly, Virgilio Giotti, Claudio Grisancich,
Dans une lettre ouverte à Henri de Kérillis, le seul député conservateur à avoir voté contre les accords de Munich en 1938, François Mauriac écrivait : « Le jour où l’on écrira l’histoire du nationalisme, il sera curieux d’étudier cette évolution étrange qui aboutit [chez les nationalistes français] à une haine inconsciente de la France… 1 ». Mauriac s’étonne ici de la passion manifestée par l’extrême droite française des années 1930 pour l’apaisement avec l’Allemagne nazie. L’écrivain repère dans
La 54e édition du Festival international du film de Kiev, aussi appelé Molodist, s’est tenue du 25 octobre au 1er novembre 2025. Ce festival du premier film – étudiant, court-métrage et long-métrage – est le principal festival du cinéma en Ukraine grâce, en particulier, à la personnalité charismatique de son directeur artistique Andryi Khalpaktchi. Celui-ci parvient depuis trois décennies à impliquer dans ce festival l’Union ukrainienne des cinéastes, la Maison du cinéma, le Comité d’Etat pour le
Les deux artistes présentent Une assemblée de femmes, adaptation de L’Assemblée des femmes d’Aristophane conçue par Roxane Borgna avec Jean-Claude Fall, accompagnée d’un documentaire (A Palestinian Women Assembly) réalisé avec Laurent Rojol. Ce projet, porté sur scène à Vincennes au mois d’octobre, a été soutenu par l’Institut français de Jérusalem et créé en 2021 au Théâtre Al-Hakawati de Jérusalem-Est, cofondé par François Abou Salem en 1984. On en parle dans cet épisode- Aristophane, L’Assemblée
La 33e rencontre européenne des revues du réseau Eurozine, organisée en partenariat avec la revue slovène Razpotja, a eu lieu du 7 au 9 novembre 2025 à Nova Gorica/Gorizia, capitale européenne de la culture en 2025. Intitulée « Traduire les cultures, cultures de la traduction », elle portait donc sur le cœur de l’activité d’Eurozine (vingt-quatre traductions l’an passé !), qui vise à la formation d’un espace public transnational. Mais les activités de traduction sont aujourd’hui singulièrement mises
Tous les penseurs et chefs politiques qui continuent de réfléchir au dévoilement des innombrables facettes de la guerre du Liban, tous les amateurs de « braconnage culturel » seront touchés par la disparition, le 8 novembre, de l’ami et figure de premier plan que fut et restera l’essayiste Jean-Claude Guillebaud (1944-2025). Journaliste, éditeur, lauréat du Prix Albert Londres en 1972, grand reporter et correspondant de guerre (notamment pour Le Monde, Sud-Ouest, La Vie, etc.) pendant plus de deux
Ce que la droite dit de la victoire de Zohran Mamdani doit réjouir car elle n’y comprend rien ; le souci est qu’une partie de la gauche dit la même chose. L’élection de M. Mamdani est largement présentée comme celle d’un candidat progressiste issu de la diversité, du premier musulman à être choisi pour un tel poste, d’un militant de la cause palestinienne. Les uns l’acclament, à l’instar de Philippe Close, comme l’homme « du progrès, de l’inclusion, de la solidarité » : l’irruption de Mamdani doit
Longtemps, les marins ont fait rire le monde scientifique1. En effet, lorsqu’ils regagnaient le port après des semaines en mer, il arrivait que certains marins racontent parfois avoir croisé, lors de tempêtes, une vague scélérate haute comme une falaise. On les écoutait poliment, sans vraiment croire que la mer puisse mentir autant que les hommes. La vague scélérate est donc, au fil des ans, devenue une belle légende dont on fait les poésies marines. C’était juste un mythe de marins. Comme les sirènes
Les programmes d’apprentissage n’ont d’intelligence qu’une illusion : leur manière de percevoir et de communiquer ressemble à l’humain par un mimétisme imparfait. Mais est-ce de l’émotion pour autant ? Le court-métrage de Rony Efrat, diffusé en parallèle de son exposition à l’ADAGP, commence par cette remarque d’un ex-partenaire de la narratrice qu’elle incarne. Elle parle comme la dernière IA conversationnelle de Google, dont il découvre un script dans le journal. D’où il suit un mimétisme de ce