En partance pour Lausanne, au Centre de psychanalyse de Suisse romande, pour donner une conférence au cours de laquelle j’allais commenter l’occultation de l’histoire et de la pensée haïtiennes du xixe siècle dans l’analyse académique du racisme1, je tombe, dans une librairie à la gare de Lyon Part-Dieu, sur la dernière édition de l’ouvrage collectif Histoire mondiale de la France (Seuil, 2025) Dans cet ouvrage, présenté par années symboliques, sur l’ « histoire de toute la France en très longue
Sur les murs de nos villes, mais de nos jours sans crainte, des doigts errants affichent au vol leurs opinions, protestations, propositions ; messages allant du pense-bête élémentaire à l’interrogation métaphysique. Aucun doute, dans la foule anonyme des passants circulent de la réflexion, du jugement, de l’aveu, du rêve. Le journal intime de la vie des villes s’écrit en public.
On peut dire que le scrutin des élections municipales qui s’achève se caractérise par son opacité, en écho sans doute au temps qui est le nôtre et que je nommerais volontiers « troublé », « troublant » ou « perturbant ». Certes, les municipales ne fournissent jamais de lecture nationale simple tant elles mêlent logiques locales, sociologiques, personnelles et partisanes. Elles résistent aux récits immédiats et à la perspective d’une victoire ou d’une défaite globale. Que peut-on affirmer ? On peut