Lauréat de sept Césars et d’un million d’entrées pour Illusions perdues (2021), Xavier Giannoli ressentit sans doute ce que Jean-Pierre Jeunet envisagea après Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain (2001) : la légitimité et la possibilité de réaliser une œuvre plus coûteuse et ambitieuse, une occasion unique dans la vie d’un cinéaste. Pour le réalisateur lorrain, cela passa par Un long dimanche de fiançailles (2004), toujours le meilleur film français sur la Première Guerre mondiale et sa suite, œuvre
Il existe dans toute relation éducative un moment étrange – non pas dramatique, mais silencieux – où quelqu’un s’engage envers quelqu’un d’autre pour quelque chose qui n’existe pas encore. L’enseignant qui ouvre un texte, l’éducateur qui reprend pour la troisième fois une explication, le parent qui persiste dans la lecture du soir : tous font, sans nécessairement le savoir, le même geste fondamental. Ils promettent. Non pas un résultat, non pas une garantie – mais une direction, une présence maintenue
Pour inventer, il ne faut pas être certain du résultat, et pour le faire continûment, il ne faut pas se laisser piéger soi-même – et donc se relancer, se renouveler, ce qui est une épreuve. Pierre-Michel Menger On en parle dans cet épisode- Pierre-Michel Menger, Le travail créateur. S'accomplir dans l'incertain, Gallimard-Seuil, coll. "Hautes Études", 2009, 667 p.- Pierre-Michel Menger, Etre artiste. Œuvrer dans l’incertitude, Éditions Al Dante, 2012, 70 p.