Des paysages colorés, vus en plongée, ponctués de haies, de prairies sauvages et de cultures diverses, où s’ébrouent des personnages. Leur dessin malhabile et enfantin est caractéristique, tout comme les proportions mal dimensionnées et les perspectives non académiques, de ce qu’on a appelé « art naïf ». Un choix esthétique d’autant plus cohérent que, par ses vues qui embrassent le panorama à la façon d’un gamin grimpé à l’arbre, c’est le monde de son enfance qu’il représente. Né en 1937 à Languidic
La petite ville garnison de Terezín, située à une soixantaine de kilomètres de Prague, dont la forteresse fut utilisée comme prison, fut vidée de ses habitants en novembre 1941 par les Allemands et rebaptisée Theresienstadt, afin d’en faire un ghetto où transiteraient plus de 50 000 déportés ; chiffre qui sera, trois années plus tard, quasiment triplé. À la suite de la conférence de Wannsee du 20 janvier 1942, trois catégories de Juifs y furent plus particulièrement destinés : ceux de Bohême-Moravie,
Thésée, alias Camille, réalise qu’il porte le poids de plusieurs générations sur ses seules épaules après avoir tenté de fuir vers « la ville de l’Est », c’est-à-dire Berlin, jamais nommée mais lieu de résidence actuel de l’auteur. Changer de contrée et de langue pour opérer une « table rase », conjurer le passé, c’est-à-dire « dévier la lignée des hommes qui meurent », « relancer la vie ». Mais, « ce frère qui reste » s’y trouve finalement englué, son corps ne le portant plus, mystère pour la médecine