Le soir du 22 mars 2026, place de la Bataille-de-Stalingrad, les partisans d’Emmanuel Grégoire exultent devant les écrans géants ; dans un bar du 10e arrondissement, Sophia Chikirou célèbre les neuf sièges de La France Insoumise au Conseil de Paris ; dans le 12e arrondissement, Rachida Dati quitte son QG sous des cris hostiles. Trois scènes, trois affects. Mais pour comprendre ce qui s’est joué ce soir-là, il faut quitter la chronique et entrer dans la mécanique d’un scrutin dont la singularité tient
Viviane Perelmuter et Isabelle Ingold sont des autrices de films que le terme de documentaire ne parvient pas à définir : elles en sont aussi éloignées que la photo d’identité l’est du visage de la personne réelle, celui qu’une ligne de vie dessine petit à petit, et qui ne se donne à voir que sous certaines conditions, à certains moments, ou bien sur une toile où, grâce à une caméra utilisée comme un pinceau, il devient ce portrait où le lointain de l’autre est moulé sur sa joue. Les thématiques
En partance pour Lausanne, au Centre de psychanalyse de Suisse romande, pour donner une conférence au cours de laquelle j’allais commenter l’occultation de l’histoire et de la pensée haïtiennes du xixe siècle dans l’analyse académique du racisme1, je tombe, dans une librairie à la gare de Lyon Part-Dieu, sur la dernière édition de l’ouvrage collectif Histoire mondiale de la France (Seuil, 2025) Dans cet ouvrage, présenté par années symboliques, sur l’ « histoire de toute la France en très longue