19.10.2026 à 06:25
Daisy Letourneur
« Mon sexe assigné à la naissance était une marchandise qui a été achetée et payée. » Ce sont les mots de Vivian Musk, fille d’Elon, quand elle révèle sur Threads en 2025 que son père aurait eu recours à la sélection sexuelle des embryons pour ses enfants.
Il y a un lien entre l’obsession d’Elon Musk à produire un maximum d’enfants mâles, à propager ses gènes (qu’il imagine supérieurs), et une autre dimension de sa pensée : l’eugénisme.
On nous a enseigné que cette idéologie aurait disparu après la Seconde Guerre mondiale car associée aux horreurs nazies. Elle connaît pourtant un regain de popularité chez les élites financières internationales et leurs admirateurices, et constitue le trait d’union entre le capitalisme prédateur d’Elon Musk et son soutien aux extrêmes droites racistes partout dans le monde.
C’est l’eugénisme qui explique son enthousiasme à rejoindre l’administration Trump pour supprimer les financements de l’Usaid – ce qui pourrait causer jusqu’à 14 millions de morts, principalement en Afrique, selon une étude du Barcelona Institute for Global Health. C’est l’eugénisme qui pousse le mouvement anti-science Make America Healthy Again, lancé en 2024 par Robert Francis Kennedy Jr., aujourd’hui membre de l’administration Trump, à s’opposer aux antidépresseurs, aux vaccins ou aux antibiotiques en argumentant que les plus forts survivront.
L’Europe a besoin de bébés, de corps pour travailler dans ses usines et gonfler ses armées, mais elle veut des corps blancs.
Les ramifications de cette pensée, au cœur du technofascisme, sont détaillées par l’historien Quinn Slobodian dans ses livres Hayek’s Bastards (non traduit, Zone Books, 2025) et Muskism (coécrit avec Ben Tarnoff, non traduit, Allen Lane, 2026). Pour les technofascistes, la fortune des milliardaires des start-up n’est pas le résultat de leurs privilèges mais simplement le produit de leurs gènes supérieurs. Des gènes, cela va sans dire, d’hommes blancs. Slobodian montre la filiation entre le néolibéralisme et la supposée nouvelle extrême droite incarnée par Trump ou Milei. Le racisme était là depuis le début, expliquant l’origine des inégalités sociales par de prétendues différences génétiques entre les races.
De notre côté de l’Atlantique, considérons l’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes (Frontex), agence meurtrière qui délègue le renvoi des migrant·es vers des pays dangereux et dont l’Europe élargit le mandat et les effectifs d’année en année : au moment même où Emmanuel Macron appelle au « réarmement démographique » (terme piqué à Viktor Orbán, ex-président hongrois d’extrême droite) pour compenser un supposé problème de population, on fait tout pour empêcher que l’immigration en soit la solution. La seule acceptable : que les Françaises fassent des bébés. Mais pas n’importe lesquelles puisque le gouvernement encourage en parallèle les stérilisations à Mayotte. L’Europe a besoin de bébés, de corps pour travailler dans ses usines et gonfler ses armées, mais elle veut des corps blancs.
Si la plupart des critiques du technofascisme ou du néo-eugénisme notent que ces mouvements sont misogynes, ils pensent rarement l’articulation des deux. L’eugénisme contemporain et l’antiféminisme ont pourtant tout à voir. Au-delà du fait que la moitié des personnes handicapées et racisées concernées par ces nécropolitiques sont des femmes, il faut aussi voir le rôle qu’on réserve à ces dernières : les hommes sont faits pour se tuer au travail ou à la guerre, les femmes pour pondre un maximum de bébés. Blancs et en bonne santé. Et, pour bien faire, elles doivent retourner à la maison et se soumettre au chef de famille.
Le projet eugéniste impose aux femmes le travail reproductif, qui comprend le travail de gestation mais aussi de care, d’éducation ou d’entretien ; il reste très largement féminisé et effectué gratuitement au sein de la famille. C’est une des raisons pour lesquelles certaines féministes veulent abolir cette dernière. Non pour priver les enfants d’amour parental mais pour toustes nous libérer de l’usine à fabriquer des corps productifs pour un système d’exploitation capitaliste, fasciste et eugéniste.
Et si les patrons de cette usine ont identifié les féministes, les lesbiennes, les personnes trans, les handi·es, les mamans solos ou les nullipares comme leurs ennemies, c’est parce que nous sommes des débrayeuses, des grévistes, des saboteuses. Soyons-en fières !
Le combat contre l’eugénisme serait sans doute plus facile si ses idées étaient plus clairement revendiquées.
En France, on compte peu de figures publiques ouvertement eugénistes, à part Laurent Alexandre, entrepreneur et essayiste qui a l’oreille des droites et des patrons. Mais les logiques eugénistes qui ne disent pas leur nom se retrouvent aussi du côté des progressistes. Quand l’ensemble des partis de gauche vote la loi dite « fin de vie » sans écouter les critiques antivalidistes, considérant comme seule opposition la droite chrétienne, ils font le jeu de l’eugénisme.
Est-il si difficile d’admettre qu’il existe une critique de gauche d’un système politique de plus en plus dur avec les personnes handicapées, malades ou dépendantes, qui dérembourse les soins, conditionne les aides sociales ou ferme des lits d’hôpital tout en se félicitant de proposer le suicide assisté ?
On a déjà vu ce manque de soutien de la gauche durant la crise du Covid : beaucoup de celleux qui parlent encore de privations de libertés subies au pic de la pandémie oublient la façon dont on a trié les malades, dont on a refusé de mettre en place des solutions de soin communautaire, dont on a méprisé l’inclusion des plus vulnérables dans nos sociétés.
Après tout, dans l’imaginaire collectif bien davantage que dans la réalité des faits, celles et ceux qui mourraient du Covid, c’étaient les faibles, les dépendant·es, les vieilles et les vieux, les personnes improductives…
Alors, comment débusquer ces logiques eugénistes jusque dans notre camp ? En écoutant les revendications antivalidistes. En mettant le care au centre de nos réflexions. En revalorisant la vulnérabilité, l’improductivité et la dépendance. Ainsi nous construirons un féminisme anti-eugéniste. •
19.10.2026 à 06:16
Colin Atthar
Découvrez la bande dessinnée de Colin Atthar, intitulée « Vents contraires ».











16.10.2026 à 21:37
Sarah Bosquet
Le 5 mai 2026 au matin, j’étais en cours, et une copine m’a dit qu’une liste de prénoms de filles, accompagnés de leurs photos, circulait sur WhatsApp. C’est comme ça qu’on a découvert qu’on faisait partie d’un classement sexiste établi par des garçons du lycée.
Quand j’ai vu cette liste, j’étais sous le choc, je me suis sentie humiliée. Jusque-là, je n’avais pas spécialement été victime de comportements sexistes. À la pause, des filles sont allées demander des comptes à des garçons du lycée pour savoir qui avait fait ce classement et qui l’avait diffusé. Elles ont appris qu’il avait été lancé sur Discord par une dizaine d’entre eux, dont certains étaient dans ma classe.
Une heure plus tard, pendant la récréation, on a été une trentaine de filles à aller voir le proviseur pour l’alerter. Il nous a écoutées, puis nous a dit que si on ne se sentait pas de rester en cours, on pouvait rentrer chez nous. Il a aussi fait en sorte d’identifier les garçons concernés et les a renvoyés chez eux. Ensuite, le lycée a porté plainte, et nous a incitées à faire pareil. L’équipe de direction a aussi mis en place une cellule d’écoute.
Tout de suite, on s’est senties un peu plus en sécurité. On a aussi reçu beaucoup de messages de soutien d’élèves et de profs. Plusieurs professeur·es sont venu·es nous voir et l’un d’elleux nous a suggéré de nous rassembler le lendemain devant le lycée, pour marquer le coup. Mais il nous a dit que c’était à nous de gérer. Du coup, on a créé un groupe de conversation avec plein d’élèves du lycée, pour les prévenir et leur proposer de faire une manifestation le lendemain matin. Toustes étaient d’accord. Certain·es ont imprimé des pancartes [avec des slogans comme “Ton classement ne détermine pas ma valeur”, “Stop au sexisme”], d’autres ont apporté des feutres, des feuilles. Et on s’est donné rendez-vous à côté du lycée, à 6 h 45, juste avant l’ouverture.
Au moment de la première sonnerie, on s’est mises devant l’entrée pour bloquer. On était environ une centaine, dont 95 % de filles. À ce moment, on a vraiment ressenti la solidarité, la force du collectif. On se sentait plus puissantes d’être aussi nombreuses. Pour nous soutenir, une dizaine de professeur·es, le proviseur et son adjointe nous ont rejointes. Il y avait aussi des journalistes parce que l’appel à la manifestation de la veille avait été relayé sur les réseaux sociaux et par bouche-à-oreille.
Plusieurs jours d’affilée, après la manifestation, les profs ont commencé leurs cours par un temps d’échange sur cette affaire. Le 22 mai, le lycée a organisé une journée de sensibilisation avec des ateliers sur les questions de sexisme, de respect femmes-hommes, de harcèlement. On a eu énormément de conversations à ce sujet entre nous, avec les profs et les responsables d’éducation. En fait, cet épisode a changé l’ambiance du lycée, mais en bien : il y a plus de vigilance sur ces questions.
« On était environ une centaine. On a vraiment ressenti la solidarité, la force du collectif. »
Entre filles, on s’est dit qu’il fallait qu’on soit un maximum à porter plainte, pour qu’il y ait des conséquences pour les auteurs. On a été une dizaine à le faire. Pour moi, ça s’est bien passé. Mais une policière a dit à une autre fille que ce qui était arrivé, c’était aussi parce que les filles postaient des images d’elles sur les réseaux.
On s’est senties vraiment prises en compte par les adultes, mais pas par les auteurs des violences. Quand ils sont revenus en cours, ils ne se sont pas excusés. Certains sont même allés narguer des filles ou leur faire des remarques. Mais je n’ai pas peur, parce que je sais que tout le monde est de notre côté.
Avant cette histoire, le sexisme et les inégalités me révoltaient déjà. Mes parents sont féministes et m’ont transmis certaines valeurs, mais c’était la toute première manifestation de ma vie. Je me sens encore plus concernée maintenant.
Ce qui a changé aussi, c’est que je suis devenue très proche de certaines filles du lycée que je ne connaissais pas, ou que je ne fréquentais pas. Ensemble, on a créé un groupe très soudé. Ces nouvelles amitiés et la sororité, c’est surtout ça qui reste maintenant. » •
* Elle n’a pas souhaité donner son nom de famille.
16.10.2026 à 21:31
Myriam Bahaffou
Comme presque tous les matins, le mot « Israël » apparaît dans les articles à la une de mon téléphone. Comme presque tous les matins, je balaye la notification vers « lire plus tard ». Au début : nausée, boule au ventre ; rejet des gros titres, des chiffres, des visages.
À l’heure où j’écris ces lignes, plus de mille jours se sont écoulés depuis le début de l’offensive extrême menée par Israël sur Gaza. Cette « guerre », qualifiée de génocide par une commission indépendante de l’Organisation des Nations unies (ONU), dépasse les limites de ce terme. En effet, en grec, genos signifie naissance, race : un géno-cide, c’est le meurtre d’un groupe pris pour cible du fait de son appartenance spécifique à un clan, une race, une nation, une descendance. Or, le régime meurtrier d’Israël se caractérise par une volonté absolue d’éradication qui dépasse largement le « groupe cible ». En visant soldats, civil·es, terres, enfants, femmes, animaux, végétaux, écoles, hôpitaux, en déplaçant et en précarisant humains et autres qu’humains à tour de bras, à l’aide de drones ultra intelligents ou de stratégies d’assiègement qui affament et mutilent, en annexant toujours plus violemment la Cisjordanie, le gouvernement israélien orchestre sous les yeux du monde entier une offensive d’un type entièrement nouveau. Au-delà du génocide des Palestinien·nes, nous assistons à l’extinction d’un type de politique : le respect des accords internationaux, les traités de non-agression, une certaine « éthique de guerre » ont été tués en même temps que les humaines et autres qu’humaines gazaouies. C’est pourquoi, dans la lignée du philosophe martiniquais Malcom Ferdinand et de l’essayiste indien Amitav Gosh, je préfère à génocide le terme d’altéricide. La simple existence de l’autre (alter) engendre le refus que cet autre puisse « habiter la Terre. ». Mais, est-on en droit de se demander, qui est précisément cet « Autre » ? L’altéricide crée en fait une totalité floue, indifférenciée, arbitraire. Aujourd’hui, les États complices d’Israël, dont la violence s’étend de l’antiterrorisme étasunien à l’islamophobie québécoise ou française, font des « Arabes » – qu’iels soient désigné·es comme Palestinien·nes, Libanais·es, Iranien·nes ou Nord-Africain∙es – des ennemi∙es de l’Occident moderne.
L’influenceuse française Léna Situations pleure la fin de sa série « Les vlogs d’août » devant un stade comble. Les affiches générées par IA envahissent les devantures des restaurants et, progressivement, nos manifs. Alors que la France brûle et que les pauvres crèvent de chaud, Macron annonce le projet d’un parc d’attractions financé par des Saoudiens dont les millions font – momentanément – oublier l’arabité. Les gens boivent du matcha, je reprends le sport. Le cynisme politique dans lequel nous vivons est psychiquement insupportable, parce que cette réalité ne peut pas, ne doit pas exister à côté d’un crime organisé d’une telle envergure. La douleur vient, fondamentalement, d’une résistance à l’indifférence.
Reconnaître que la séquence que l’on vit est celle d’un paradigme criminel et gore est, certes, déprimant, mais juste. Je parle de gore à la suite des travauxSayak Valencia, Capitalisme gore, trad. Louise Ibáñez-Drillières, Cambourakis, 2023. de la philosophe mexicaine Sayak Valencia, qui analyse la pratique et la mise en spectacle du meurtre, de la torture, du viol, comme des ciments sociaux du néolibéralisme. C’est pourquoi être indigné∙e que les « droits humains » des Palestinien∙nes ne soient pas respectés est risible (un rire cynique). Le libéralisme a sanctionné les crimes qui l’arrangeaient, et laissé les autres arroser de sang son « sol fertile des droits universels ». Le crime est tout simplement inhérent au capitalisme, au colonialisme, au patriarcat. Le vol, le viol, l’extorsion, le chantage, la trahison, le meurtre sont intrinsèques à ces organisations sociales, ou devrais-je écrire antisociales, car elles tuent toute possibilité, toute désirabilité de vivre ensemble. C’est précisément là que nos affects éclatent en morceaux : comment dialoguer avec ce qui nie la vie ?
Le crime est tout simplement inhérent au capitalisme, au colonialisme, au patriarcat. Le vol, le viol, l’extorsion, le chantage, la trahison, le meurtre tuent toute possibilité, toute désirabilité de vivre ensemble.
« Dis-moi quel est ton rapport à la douleur, et je te dirai qui tu es » : cette phrase du philosophe allemand Ernst Jünger sonne particulièrement juste à l’heure de l’altéricide contemporain. La notification de mon téléphone, les mots pixélisés et la réalité qu’ils portent ne peuvent qu’être douloureux. Militer est un acte de reconnaissance de cette douleur, et de nos corps sensibles, branchés au monde (même sans téléphone). Faire de la politique depuis l’altéricide, dont la Palestine est l’une des matrices, nous met face à un choix : d’un côté l’anesthésie, moteur du capitalisme analgésique qui nous force au divertissement et à la distraction, au travail ou en famille, pourvu que l’on soit heureux ou heureuses, accompli·es, épanoui·es, pourvu que la douleur soit évacuée. De l’autre, un masochisme mal placé, c’est-à-dire l’absolutisation de cette douleur palestinienne, la diabolisation d’Israël comme un monstre absolu, la réécriture de récits mythiques où nous aurions cette fois le rôle du héros maudit, comme si tout cet épisode géopolitique ne s’inscrivait pas dans un continuum colonial de plusieurs siècles. Le déchaînement de la violence à l’égard des Palestinien∙nes nous rappelle que la douleur est un bon critère de vérité, si elle se présente comme un lien multiple, ouvert, et non comme prétexte d’accaparement d’une « cause » pour mieux éclipser les conditions qui la permettent. À nous dès lors de refuser l’analgésie et les antidouleurs, de savoir faire face à l’insupportable, pour, peut-être, faire naître le désirable. •
13.10.2026 à 11:51
Malwenn Cailliau
Pourquoi ce choix d’analyser l’entremêlement des expériences juives, décoloniales et queers ?
TAL MADESTA J’ai plongé dans ma judéité au moment où j’ai commencé ma transition de genre : ma judéité et ma transidentité ont été des lieux jumeaux d’insoumission. J’ai également été marqué par le fait que, parmi les Juif·ves les plus engagé·es pour la libération de la Palestine, beaucoup sont queers. J’ai donc voulu explorer les liens entre queerness, judéités et lutte contre les nationalismes coloniaux. C’est un sujet crucial dans le contexte du génocide à Gaza – et de la montée en force des fascismes partout dans le monde.
Qu’avez-vous découvert en écrivant cet ouvrage ?
TAL MADESTA Il y a une queerness fondamentale dans les judéités, une déviance ancienne aux normes de genre blanches. J’ai découvert plein de manières dont les communautés juives ont, au fil de leur histoire, accueilli les personnes trans. Ainsi, en 1896, à Izmir, dans l’actuelle Turquie, un rabbin ottoman a établi ce qu’il faut faire en cas de divorce entre un homme cis et un homme trans qui aurait transitionné après le mariage !
L’État d’Israël, par la colonisation, le génocide et l’apartheid au nom des Juif·ves, a créé un rapport militarisé au genre, où queerphobie et colonialisme se répondent. Cette double police – des corps et des frontières – est un fait historique ancien. Dans Mauvaises Graines, je raconte l’histoire de Jacob Israël de Haan, poète et journaliste gay néerlandais installé en Palestine mandataire en 1919, qui documente le racisme anti-Arabes des premiers sionistes, et finit assassiné en 1924 par l’ancêtre de l’armée israélienne.
« Je suis né juif et j’ai grandi trans »
Tal Madesta
Pourquoi le titre Mauvaises Graines ?
TAL MADESTA Il renvoie à l’histoire des Juif·ves, souvent envisagé·es comme des herbes indésirables par les États dans lesquels elles et ils vivent. De la même manière, les queers sont des mauvaises graines qui troublent l’ordre sexuel et familial. Enfin, les mouvements décoloniaux sont fortement criminalisés parce qu’ils perturbent le pouvoir politique. Mais ces mauvaises graines résistent et portent en elles une puissance de transformation immense.
Quel est le message principal porté par cet essai ?
TAL MADESTA Je suis désespéré par l’instrumentalisation de l’antisémitisme et la manière dont elle impacte les personnes juives françaises. Ce matraquage constant,
tout comme le soutien croissant de la diaspora à l’État israélien, nous isole et nous fait peu à peu oublier notre histoire. Par ce livre, j’aimerais montrer qu’une autre voie est possible, qui ne passerait pas par le nationalisme meurtrier, mais par la reconnexion à notre queerness juive qui n’a que faire des frontières et de l’assimilation à la blanchité.
09.10.2026 à 12:41
La Déferlante
La Déferlante est un média féministe composé d’une revue trimestrielle, une maison d’édition, une newsletter hebdomadaire et proposant de nombreux évènement. Indépendant et sans publicité, notre média donne la parole aux femmes, aux minorités de genre et plus largement à toutes les personnes victimes d’oppressions systémiques pour visibiliser leurs vécus et leurs combats.
Au sein de l’équipe communication et marketing et accompagné·e par la responsable responsable et par la responsable communication et relation libraires, vous participerez à la mise en avant de la revue et de la maison d’édition.
Participation au pilotage de campagnes marketing :
Communication RS :
créations visuelles)
Édition numérique :
Service client :
Profil recherché :
Merci d’envoyer votre CV et votre lettre de motivation (les deux éléments sont obligatoires) au format PDF à recrutement@revueladeferlante.fr
Objet du mail : Stage communication et marketing
La date limite de dépôt des candidatures est le 25 octobre à minuit.
07.10.2026 à 17:19
La Déferlante
En une semaine, plus de 5 000 personnes ont été arrêtées. Pour la seule journée du jeudi 1er octobre, 1 800 personnes, dont 90 % de mineur⋅es, ont été placées en garde à vue. Certaines racontent avoir alors été victimes d’insultes racistes et de violences physiques.
Pour justifier l’usage de la force sur des enfants, le gouvernement, relayé par certains médias, déploie depuis plusieurs jours un narratif paradoxal qui tantôt infantilise des manifestant⋅es qui seraient « instrumentalisé⋅es par l’ultragauche », tantôt criminalise des « voyous » prenant part au mouvement. Un traitement qui passe presque entièrement sous silence les revendications politiques des lycéen⋅nes. Ces discours aux relents adultistes et racistes, qui rappellent celui qui accompagnait les révoltes populaires de 2023 après l’assassinat de Nahel Merzouk, 17 ans, par un fonctionnaire de police, ont un avantage notable, explique dans Le Monde l’historien Claude Lelièvre : « En faisant passer les lycéens pour des fauteurs de trouble manipulés, on s’exonère auprès de l’opinion de leur apporter des réponses. »
Soucieuse de donner accès à une information plurielle et donc de reconnaître les expertises militantes, notre équipe a réuni dans cette newsletter une sélection de médias et de comptes Instagram ouvertement engagés. Ils documentent le quotidien des blocus mais donnent aussi des éléments de contexte nécessaires pour décrypter ce mouvement qui, par son ampleur, compte déjà parmi les plus grandes mobilisations adolescentes des dernières décennies.
Des personnes concernées à écouter Le Collectif enfantisteDepuis les premières heures des blocus lycéens, le Collectif enfantiste appelle à soutenir les revendications des élèves. Dans des posts devenus viraux, ses militant⋅es rappellent que la stigmatisation du mouvement comme la réponse policière ordonnée par le gouvernement n’est que la partie visible d’une domination adultiste, dont sont quotidiennement victimes enfants et adolescent⋅es, dans leur famille ou encore à l’école.
→ Suivre leur compte Instagram
RED-JeunesActif depuis 2021, le collectif agrège de nombreux·ses lycéen·nes des quartiers populaires dont celles et ceux qui se sont mobilisé·es l’an dernier contre les propos racistes d’une enseignante du lycée Jean-Renoir à Bondy. Au sein du mouvement de blocus, RED-Jeunes observe ce qui les différencie de leurs camarades des centres-villes : « À Paris, tu peux voir un policier faire des pompes avec des élèves, chez nous on se fait gazer et tabasser. » Une réflexion qui devrait déboucher très prochainement sur la structuration d’un syndicat de lycéen⋅nes des quartiers populaires.
Union syndicale lycéennePrésent partout en France, le principal syndicat lycéen, ancré à gauche, appelle depuis plusieurs jours à la défense du service public de l’enseignement et au blocus des lycées. Partie prenante, aux côtés de l’Union syndicale étudiante, de la journée de manifestation du 6 octobre, il relaie sur son compte Instagram informations militantes et appels à la mobilisation.
→ Consulter leur compte Instagram
Legal Team antiracisteComposée d’avocat⋅es et militant·es engagé⋅es contre la violence d’État, la Legal Team antiraciste rappelle aux lycéen·nes qui participent aux blocages que, en cas d’arrestation, elles et ils disposent de droits, comme celui de garder le silence ou de se faire assister d’un⋅e avocat⋅e. Elle propose également des formations en ligne contre la répression policière.
→ Retrouver leurs recommandations
Des médias à suivre Le Bondy BlogMédia en ligne fondé en 2005 après les révoltes qui ont suivi la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-bois, le Bondy Blog rassemble des reporters professionnel⋅les et amateur⋅ices. Sur le terrain à Paris, à Tours ou en Seine-Saint-Denis, il s’intéresse aux dynamiques militantes qui traversent la mobilisation et documente le délabrement de l’enseignement secondaire public. Dans une vidéo particulièrement marquante, tournée lors d’une conférence de rédaction, les contributeur⋅ices racontent leur propres expériences de locaux non isolés et de profs non remplacé⋅es.
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HugoDécrypteSur son compte Instagram, l’influenceur et vidéaste HugoDécrypte propose depuis le début de la semaine dernière un suivi quotidien du mouvement lycéen. Dans une approche très pédagogique, il détaille aussi bien les revendications des élèves que les violences dont ils et elles sont régulièrement la cible.
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L’Humanité« On ne le fait pas parce qu’on en a envie, on le fait parce qu’on est obligé⋅es », explique une jeune lycéenne de Saint-Denis qui participe au blocage du lycée Suger. Un peu partout en Île-de-France, le journal (et aujourd’hui média) communiste fondé par Jean Jaurès a dépêché de jeunes journalistes vidéo qui donnent quotidiennement la parole aux adolescent⋅es grévistes et aux professeur⋅es qui les soutiennent.
→ Suivre le compte Instagram de L’Humanité
La journaliste Louise Tourret« Tous les sujets de revendications lycéennes […] sont connus depuis longtemps […] faire semblant de le découvrir, c’est juste fou ! », commente la journaliste Louise Tourret sur son compte Instagram. Productrice de l’émission « Être et savoir » sur France Culture, elle rappelle ce que le blocus actuel des lycées doit aux politiques publiques de l’enseignement depuis plusieurs décennies. Ses posts sont à compléter par l’écoute en podcast des archives de l’émission.
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En une semaine, plus de 5 000 personnes ont été arrêtées. Pour la seule journée du jeudi 1er octobre, 1 800 personnes, dont 90 % de mineur⋅es, ont été placées en garde à vue. Certaines racontent avoir alors été victimes d’insultes racistes et de violences physiques.
Pour justifier l’usage de la force sur des enfants, le gouvernement, relayé par certains médias, déploie depuis plusieurs jours un narratif paradoxal qui tantôt infantilise des manifestant⋅es qui seraient « instrumentalisé⋅es par l’ultragauche », tantôt criminalise des « voyous » prenant part au mouvement. Un traitement qui passe presque entièrement sous silence les revendications politiques des lycéen⋅nes. Ces discours aux relents adultistes et racistes, qui rappellent celui qui accompagnait les révoltes populaires de 2023 après l’assassinat de Nahel Merzouk, 17 ans, par un fonctionnaire de police, ont un avantage notable, explique dans Le Monde l’historien Claude Lelièvre : « En faisant passer les lycéens pour des fauteurs de trouble manipulés, on s’exonère auprès de l’opinion de leur apporter des réponses. »
Soucieuse de donner accès à une information plurielle et donc de reconnaître les expertises militantes, notre équipe a réuni dans cette newsletter une sélection de médias et de comptes Instagram ouvertement engagés. Ils documentent le quotidien des blocus mais donnent aussi des éléments de contexte nécessaires pour décrypter ce mouvement qui, par son ampleur, compte déjà parmi les plus grandes mobilisations adolescentes des dernières décennies.

Le Collectif enfantisteDepuis les premières heures des blocus lycéens, le Collectif enfantiste appelle à soutenir les revendications des élèves. Dans des posts devenus viraux, ses militant⋅es rappellent que la stigmatisation du mouvement comme la réponse policière ordonnée par le gouvernement n’est que la partie visible d’une domination adultiste, dont sont quotidiennement victimes enfants et adolescent⋅es, dans leur famille ou encore à l’école.

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RED-JeunesActif depuis 2021, le collectif agrège de nombreux·ses lycéen·nes des quartiers populaires dont celles et ceux qui se sont mobilisé·es l’an dernier contre les propos racistes d’une enseignante du lycée Jean-Renoir à Bondy. Au sein du mouvement de blocus, RED-Jeunes observe ce qui les différencie de leurs camarades des centres-villes : « À Paris, tu peux voir un policier faire des pompes avec des élèves, chez nous on se fait gazer et tabasser. » Une réflexion qui devrait déboucher très prochainement sur la structuration d’un syndicat de lycéen⋅nes des quartiers populaires.

Union syndicale lycéennePrésent partout en France, le principal syndicat lycéen, ancré à gauche, appelle depuis plusieurs jours à la défense du service public de l’enseignement et au blocus des lycées. Partie prenante, aux côtés de l’Union syndicale étudiante, de la journée de manifestation du 6 octobre, il relaie sur son compte Instagram informations militantes et appels à la mobilisation.

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Legal Team antiracisteComposée d’avocat⋅es et militant·es engagé⋅es contre la violence d’État, la Legal Team antiraciste rappelle aux lycéen·nes qui participent aux blocages que, en cas d’arrestation, elles et ils disposent de droits, comme celui de garder le silence ou de se faire assister d’un⋅e avocat⋅e. Elle propose également des formations en ligne contre la répression policière.

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Le Bondy BlogMédia en ligne fondé en 2005 après les révoltes qui ont suivi la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-bois, le Bondy Blog rassemble des reporters professionnel⋅les et amateur⋅ices. Sur le terrain à Paris, à Tours ou en Seine-Saint-Denis, il s’intéresse aux dynamiques militantes qui traversent la mobilisation et documente le délabrement de l’enseignement secondaire public. Dans une vidéo particulièrement marquante, tournée lors d’une conférence de rédaction, les contributeur⋅ices racontent leur propres expériences de locaux non isolés et de profs non remplacé⋅es.
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HugoDécrypteSur son compte Instagram, l’influenceur et vidéaste HugoDécrypte propose depuis le début de la semaine dernière un suivi quotidien du mouvement lycéen. Dans une approche très pédagogique, il détaille aussi bien les revendications des élèves que les violences dont ils et elles sont régulièrement la cible.
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L’Humanité« On ne le fait pas parce qu’on en a envie, on le fait parce qu’on est obligé⋅es », explique une jeune lycéenne de Saint-Denis qui participe au blocage du lycée Suger. Un peu partout en Île-de-France, le journal (et aujourd’hui média) communiste fondé par Jean Jaurès a dépêché de jeunes journalistes vidéo qui donnent quotidiennement la parole aux adolescent⋅es grévistes et aux professeur⋅es qui les soutiennent.
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La journaliste Louise Tourret« Tous les sujets de revendications lycéennes […] sont connus depuis longtemps […] faire semblant de le découvrir, c’est juste fou ! », commente la journaliste Louise Tourret sur son compte Instagram. Productrice de l’émission « Être et savoir » sur France Culture, elle rappelle ce que le blocus actuel des lycées doit aux politiques publiques de l’enseignement depuis plusieurs décennies. Ses posts sont à compléter par l’écoute en podcast des archives de l’émission.
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