13.10.2026 à 11:51
Malwenn Cailliau
Pourquoi ce choix d’analyser l’entremêlement des expériences juives, décoloniales et queers ?
TAL MADESTA J’ai plongé dans ma judéité au moment où j’ai commencé ma transition de genre : ma judéité et ma transidentité ont été des lieux jumeaux d’insoumission. J’ai également été marqué par le fait que, parmi les Juif·ves les plus engagé·es pour la libération de la Palestine, beaucoup sont queers. J’ai donc voulu explorer les liens entre queerness, judéités et lutte contre les nationalismes coloniaux. C’est un sujet crucial dans le contexte du génocide à Gaza – et de la montée en force des fascismes partout dans le monde.
Qu’avez-vous découvert en écrivant cet ouvrage ?
TAL MADESTA Il y a une queerness fondamentale dans les judéités, une déviance ancienne aux normes de genre blanches. J’ai découvert plein de manières dont les communautés juives ont, au fil de leur histoire, accueilli les personnes trans. Ainsi, en 1896, à Izmir, dans l’actuelle Turquie, un rabbin ottoman a établi ce qu’il faut faire en cas de divorce entre un homme cis et un homme trans qui aurait transitionné après le mariage !
L’État d’Israël, par la colonisation, le génocide et l’apartheid au nom des Juif·ves, a créé un rapport militarisé au genre, où queerphobie et colonialisme se répondent. Cette double police – des corps et des frontières – est un fait historique ancien. Dans Mauvaises Graines, je raconte l’histoire de Jacob Israël de Haan, poète et journaliste gay néerlandais installé en Palestine mandataire en 1919, qui documente le racisme anti-Arabes des premiers sionistes, et finit assassiné en 1924 par l’ancêtre de l’armée israélienne.
« Je suis né juif et j’ai grandi trans »
Tal Madesta
Pourquoi le titre Mauvaises Graines ?
TAL MADESTA Il renvoie à l’histoire des Juif·ves, souvent envisagé·es comme des herbes indésirables par les États dans lesquels elles et ils vivent. De la même manière, les queers sont des mauvaises graines qui troublent l’ordre sexuel et familial. Enfin, les mouvements décoloniaux sont fortement criminalisés parce qu’ils perturbent le pouvoir politique. Mais ces mauvaises graines résistent et portent en elles une puissance de transformation immense.
Quel est le message principal porté par cet essai ?
TAL MADESTA Je suis désespéré par l’instrumentalisation de l’antisémitisme et la manière dont elle impacte les personnes juives françaises. Ce matraquage constant,
tout comme le soutien croissant de la diaspora à l’État israélien, nous isole et nous fait peu à peu oublier notre histoire. Par ce livre, j’aimerais montrer qu’une autre voie est possible, qui ne passerait pas par le nationalisme meurtrier, mais par la reconnexion à notre queerness juive qui n’a que faire des frontières et de l’assimilation à la blanchité.
09.10.2026 à 12:41
La Déferlante
La Déferlante est un média féministe composé d’une revue trimestrielle, une maison d’édition, une newsletter hebdomadaire et proposant de nombreux évènement. Indépendant et sans publicité, notre média donne la parole aux femmes, aux minorités de genre et plus largement à toutes les personnes victimes d’oppressions systémiques pour visibiliser leurs vécus et leurs combats.
Au sein de l’équipe communication et marketing et accompagné·e par la responsable responsable et par la responsable communication et relation libraires, vous participerez à la mise en avant de la revue et de la maison d’édition.
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Objet du mail : Stage communication et marketing
La date limite de dépôt des candidatures est le 25 octobre à minuit.
07.10.2026 à 17:19
La Déferlante
En une semaine, plus de 5 000 personnes ont été arrêtées. Pour la seule journée du jeudi 1er octobre, 1 800 personnes, dont 90 % de mineur⋅es, ont été placées en garde à vue. Certaines racontent avoir alors été victimes d’insultes racistes et de violences physiques.
Pour justifier l’usage de la force sur des enfants, le gouvernement, relayé par certains médias, déploie depuis plusieurs jours un narratif paradoxal qui tantôt infantilise des manifestant⋅es qui seraient « instrumentalisé⋅es par l’ultragauche », tantôt criminalise des « voyous » prenant part au mouvement. Un traitement qui passe presque entièrement sous silence les revendications politiques des lycéen⋅nes. Ces discours aux relents adultistes et racistes, qui rappellent celui qui accompagnait les révoltes populaires de 2023 après l’assassinat de Nahel Merzouk, 17 ans, par un fonctionnaire de police, ont un avantage notable, explique dans Le Monde l’historien Claude Lelièvre : « En faisant passer les lycéens pour des fauteurs de trouble manipulés, on s’exonère auprès de l’opinion de leur apporter des réponses. »
Soucieuse de donner accès à une information plurielle et donc de reconnaître les expertises militantes, notre équipe a réuni dans cette newsletter une sélection de médias et de comptes Instagram ouvertement engagés. Ils documentent le quotidien des blocus mais donnent aussi des éléments de contexte nécessaires pour décrypter ce mouvement qui, par son ampleur, compte déjà parmi les plus grandes mobilisations adolescentes des dernières décennies.
Des personnes concernées à écouter Le Collectif enfantisteDepuis les premières heures des blocus lycéens, le Collectif enfantiste appelle à soutenir les revendications des élèves. Dans des posts devenus viraux, ses militant⋅es rappellent que la stigmatisation du mouvement comme la réponse policière ordonnée par le gouvernement n’est que la partie visible d’une domination adultiste, dont sont quotidiennement victimes enfants et adolescent⋅es, dans leur famille ou encore à l’école.
→ Suivre leur compte Instagram
RED-JeunesActif depuis 2021, le collectif agrège de nombreux·ses lycéen·nes des quartiers populaires dont celles et ceux qui se sont mobilisé·es l’an dernier contre les propos racistes d’une enseignante du lycée Jean-Renoir à Bondy. Au sein du mouvement de blocus, RED-Jeunes observe ce qui les différencie de leurs camarades des centres-villes : « À Paris, tu peux voir un policier faire des pompes avec des élèves, chez nous on se fait gazer et tabasser. » Une réflexion qui devrait déboucher très prochainement sur la structuration d’un syndicat de lycéen⋅nes des quartiers populaires.
Union syndicale lycéennePrésent partout en France, le principal syndicat lycéen, ancré à gauche, appelle depuis plusieurs jours à la défense du service public de l’enseignement et au blocus des lycées. Partie prenante, aux côtés de l’Union syndicale étudiante, de la journée de manifestation du 6 octobre, il relaie sur son compte Instagram informations militantes et appels à la mobilisation.
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Legal Team antiracisteComposée d’avocat⋅es et militant·es engagé⋅es contre la violence d’État, la Legal Team antiraciste rappelle aux lycéen·nes qui participent aux blocages que, en cas d’arrestation, elles et ils disposent de droits, comme celui de garder le silence ou de se faire assister d’un⋅e avocat⋅e. Elle propose également des formations en ligne contre la répression policière.
→ Retrouver leurs recommandations
Des médias à suivre Le Bondy BlogMédia en ligne fondé en 2005 après les révoltes qui ont suivi la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-bois, le Bondy Blog rassemble des reporters professionnel⋅les et amateur⋅ices. Sur le terrain à Paris, à Tours ou en Seine-Saint-Denis, il s’intéresse aux dynamiques militantes qui traversent la mobilisation et documente le délabrement de l’enseignement secondaire public. Dans une vidéo particulièrement marquante, tournée lors d’une conférence de rédaction, les contributeur⋅ices racontent leur propres expériences de locaux non isolés et de profs non remplacé⋅es.
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HugoDécrypteSur son compte Instagram, l’influenceur et vidéaste HugoDécrypte propose depuis le début de la semaine dernière un suivi quotidien du mouvement lycéen. Dans une approche très pédagogique, il détaille aussi bien les revendications des élèves que les violences dont ils et elles sont régulièrement la cible.
→ Voir ses posts
L’Humanité« On ne le fait pas parce qu’on en a envie, on le fait parce qu’on est obligé⋅es », explique une jeune lycéenne de Saint-Denis qui participe au blocage du lycée Suger. Un peu partout en Île-de-France, le journal (et aujourd’hui média) communiste fondé par Jean Jaurès a dépêché de jeunes journalistes vidéo qui donnent quotidiennement la parole aux adolescent⋅es grévistes et aux professeur⋅es qui les soutiennent.
→ Suivre le compte Instagram de L’Humanité
La journaliste Louise Tourret« Tous les sujets de revendications lycéennes […] sont connus depuis longtemps […] faire semblant de le découvrir, c’est juste fou ! », commente la journaliste Louise Tourret sur son compte Instagram. Productrice de l’émission « Être et savoir » sur France Culture, elle rappelle ce que le blocus actuel des lycées doit aux politiques publiques de l’enseignement depuis plusieurs décennies. Ses posts sont à compléter par l’écoute en podcast des archives de l’émission.
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En une semaine, plus de 5 000 personnes ont été arrêtées. Pour la seule journée du jeudi 1er octobre, 1 800 personnes, dont 90 % de mineur⋅es, ont été placées en garde à vue. Certaines racontent avoir alors été victimes d’insultes racistes et de violences physiques.
Pour justifier l’usage de la force sur des enfants, le gouvernement, relayé par certains médias, déploie depuis plusieurs jours un narratif paradoxal qui tantôt infantilise des manifestant⋅es qui seraient « instrumentalisé⋅es par l’ultragauche », tantôt criminalise des « voyous » prenant part au mouvement. Un traitement qui passe presque entièrement sous silence les revendications politiques des lycéen⋅nes. Ces discours aux relents adultistes et racistes, qui rappellent celui qui accompagnait les révoltes populaires de 2023 après l’assassinat de Nahel Merzouk, 17 ans, par un fonctionnaire de police, ont un avantage notable, explique dans Le Monde l’historien Claude Lelièvre : « En faisant passer les lycéens pour des fauteurs de trouble manipulés, on s’exonère auprès de l’opinion de leur apporter des réponses. »
Soucieuse de donner accès à une information plurielle et donc de reconnaître les expertises militantes, notre équipe a réuni dans cette newsletter une sélection de médias et de comptes Instagram ouvertement engagés. Ils documentent le quotidien des blocus mais donnent aussi des éléments de contexte nécessaires pour décrypter ce mouvement qui, par son ampleur, compte déjà parmi les plus grandes mobilisations adolescentes des dernières décennies.

Le Collectif enfantisteDepuis les premières heures des blocus lycéens, le Collectif enfantiste appelle à soutenir les revendications des élèves. Dans des posts devenus viraux, ses militant⋅es rappellent que la stigmatisation du mouvement comme la réponse policière ordonnée par le gouvernement n’est que la partie visible d’une domination adultiste, dont sont quotidiennement victimes enfants et adolescent⋅es, dans leur famille ou encore à l’école.

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RED-JeunesActif depuis 2021, le collectif agrège de nombreux·ses lycéen·nes des quartiers populaires dont celles et ceux qui se sont mobilisé·es l’an dernier contre les propos racistes d’une enseignante du lycée Jean-Renoir à Bondy. Au sein du mouvement de blocus, RED-Jeunes observe ce qui les différencie de leurs camarades des centres-villes : « À Paris, tu peux voir un policier faire des pompes avec des élèves, chez nous on se fait gazer et tabasser. » Une réflexion qui devrait déboucher très prochainement sur la structuration d’un syndicat de lycéen⋅nes des quartiers populaires.

Union syndicale lycéennePrésent partout en France, le principal syndicat lycéen, ancré à gauche, appelle depuis plusieurs jours à la défense du service public de l’enseignement et au blocus des lycées. Partie prenante, aux côtés de l’Union syndicale étudiante, de la journée de manifestation du 6 octobre, il relaie sur son compte Instagram informations militantes et appels à la mobilisation.

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Legal Team antiracisteComposée d’avocat⋅es et militant·es engagé⋅es contre la violence d’État, la Legal Team antiraciste rappelle aux lycéen·nes qui participent aux blocages que, en cas d’arrestation, elles et ils disposent de droits, comme celui de garder le silence ou de se faire assister d’un⋅e avocat⋅e. Elle propose également des formations en ligne contre la répression policière.

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Le Bondy BlogMédia en ligne fondé en 2005 après les révoltes qui ont suivi la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré à Clichy-sous-bois, le Bondy Blog rassemble des reporters professionnel⋅les et amateur⋅ices. Sur le terrain à Paris, à Tours ou en Seine-Saint-Denis, il s’intéresse aux dynamiques militantes qui traversent la mobilisation et documente le délabrement de l’enseignement secondaire public. Dans une vidéo particulièrement marquante, tournée lors d’une conférence de rédaction, les contributeur⋅ices racontent leur propres expériences de locaux non isolés et de profs non remplacé⋅es.
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HugoDécrypteSur son compte Instagram, l’influenceur et vidéaste HugoDécrypte propose depuis le début de la semaine dernière un suivi quotidien du mouvement lycéen. Dans une approche très pédagogique, il détaille aussi bien les revendications des élèves que les violences dont ils et elles sont régulièrement la cible.
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L’Humanité« On ne le fait pas parce qu’on en a envie, on le fait parce qu’on est obligé⋅es », explique une jeune lycéenne de Saint-Denis qui participe au blocage du lycée Suger. Un peu partout en Île-de-France, le journal (et aujourd’hui média) communiste fondé par Jean Jaurès a dépêché de jeunes journalistes vidéo qui donnent quotidiennement la parole aux adolescent⋅es grévistes et aux professeur⋅es qui les soutiennent.
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La journaliste Louise Tourret« Tous les sujets de revendications lycéennes […] sont connus depuis longtemps […] faire semblant de le découvrir, c’est juste fou ! », commente la journaliste Louise Tourret sur son compte Instagram. Productrice de l’émission « Être et savoir » sur France Culture, elle rappelle ce que le blocus actuel des lycées doit aux politiques publiques de l’enseignement depuis plusieurs décennies. Ses posts sont à compléter par l’écoute en podcast des archives de l’émission.
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