LePartisan.info À propos Podcasts Fil web Écologie Blogs REVUES Médias

▸ Les 10 dernières parutions

12.01.2026 à 11:12

Ce que Sarko a mangé en prison

admin

Dans sa chronique « La Dalle », Lauren Malka revient pour nous sur l’injuste incarcération de ex-président, incapable de se préparer un œuf dur. L’occasion de parler d’alimentation en prison avec une spécialiste du sujet, l’autrice Lucie Inland, qui a publié « Surveiller et nourrir », avec ce constat : «  Beaucoup de détenu·es n’ont pas les moyens de manger à leur faim ». On a eu peur mais on respire. Malgré son alimentation désastreuse pendant.. Read More

Cet article Ce que Sarko a mangé en prison est apparu en premier sur MOUAIS.

Texte intégral (2298 mots)

Dans sa chronique « La Dalle », Lauren Malka revient pour nous sur l’injuste incarcération de ex-président, incapable de se préparer un œuf dur. L’occasion de parler d’alimentation en prison avec une spécialiste du sujet, l’autrice Lucie Inland, qui a publié « Surveiller et nourrir », avec ce constat : «  Beaucoup de détenu·es n’ont pas les moyens de manger à leur faim ».

On a eu peur mais on respire. Malgré son alimentation désastreuse pendant ses 21 jours de détention, et contrairement à ce que redoutait sa femme Carla qui le voyait déjà dépérir, Sarkozy ne risquait pas grand-chose à part une selle un peu sèche, d’après un endocrinologue et nutritionniste de l’hôpital Bichat interrogé par les journalistes – manifestement inquiets, eux aussi – du journal Le Point. On souffle aussi en apprenant que, malgré sa détermination à ne bénéficier d’aucun privilège – « Quitte à boire le calice, autant le boire jusqu’à la lie », écrit-il dans son livre – Sarko a pu “cantiner” en prison, c’est-à-dire accéder à des repas décents, plus dignes en tous cas que la « gamelle » quotidienne réservée aux détenu-es ordinaires.

Illustration 1

On regrette simplement que l’ancien président n’ait pas croisé la route de Moben, artiste et détenu de longue durée, qui vient de publier ses astuces pour apprendre à mieux se nourrir en prison : un récit de vie à l’isolement et de recettes illustrées par lui-même et co-écrit avec Gaëlle Hoarau intitulé Mange ta peine (éditions du Bout de la ville). Et pour cause, au moment même où Sarkozy quittait la Santé pour fêter la parution de son livre chez son éditeur Fayard à Saint Germain des Près, sans relecture – allez hop, les livres c’est comme le champagne, faut faire péter le bouchon sans réfléchir – Moben, lui, était condamné à un transfert punitif vers la prison de haute sécurité d’Alençon-Condé-sur-Sarthe, où il a été placé au sein du nouveau quartier de lutte contre la criminalité organisée, pour avoir publié ses bonnes recettes de prisonnier.

Nicolas Sarkozy, qui révèle dans son livre avoir refusé tous les repas qu’on lui servait, parce que l’odeur des “petites barquettes” et la vision de la « baguette molle et humide » proposées chaque jour au déjeuner, lui « soulevaient le cœur », mais qui explique aussi ne pas se sentir assez « habile » pour se faire cuire un œuf aurait-il pu et su tirer profit des recettes de vie et de survie de Moben, pour « dominer sa peine » et éviter de « se la manger en pleine tête » ? Pour réfléchir à ces questions, j’ai contacté la journaliste et autrice Lucie Inland qui, dès 2023, dans son enquête « Surveiller et nourrir », levait justement le coin de nappe sur cet aspect méconnu, peu discuté avant le « Yaourt Gate » de Sarkozy : l’indignité des prisons françaises et américaines à travers le prisme de l’alimentation des prisonnier.e.s. 

Dans Le Journal d’un prisonnier (Fayard) Sarkozy évoque à plusieurs reprises son dégoût vis-à-vis des repas qui lui sont servis au quotidien. A-t-il bénéficié d’un traitement alimentaire spécial, lui qui s’en défend à chaque ligne ?

Illustration 2

J’ai lu son livre avant de te répondre, et je n’ai rien remarqué de particulier. L’administration pénitentiaire lui a fourni les mêmes repas qu’à n’importe quelle personne détenue, et effectivement ils n’ont pas la réputation d’être appétissants. Il a pu avoir accès à un frigo et une plaque de cuisson pour acheter et stocker les aliments de son choix disponibles à la cantine (magasin interne de la prison), là aussi comme n’importe quelle personne détenue … qui a les moyens de payer. Car oui, à part les trois repas fournis par la prison (tout comme les hôpitaux et les écoles c’est un service public qui ne laisse pas les gens mourir de faim, et c’est une bonne chose même si la nourriture en elle-même est discutable), rien n’est gratuit en prison ! Donc non, il n’a pas bénéficié de repas personnalisés, mais il a eu les moyens de s’acheter ce qu’il voulait.

Peux-tu nous expliquer ce que recouvre l’accès à la « cantine » des prisons et les inégalités fondamentales que cela reflète ?

La « cantine » c’est le catalogue interne à la prison, qui permet notamment d’acheter de la nourriture et du matériel pour cuisiner. Le choix est plus limité que dans un supermarché et les tarifs sont (vraiment) plus élevés (souvent le double qu’à l’extérieur). Ils diffèrent selon les établissements qui n’ont pas tous les mêmes fournisseurs. On considère qu’il faut 200 € à 250€ minimum par mois pour vivre correctement en prison : ce n’est pas rien ! Même si la personne détenue a accès à un travail, il n’est rémunéré qu’à 45% du Smic. Dans le cas de Nicolas Sarkozy, je ne doute pas que son épouse Carla a eu les moyens d’approvisionner son compte sans se priver de son côté.

Cantiner n’est pas à la portée de toutes les personnes détenues. Environ une sur quatre est considérée comme « indigente », faute de proches pouvant approvisionner son compte ou de travail (affreusement mal) rémunéré en prison, et ne peut compter que sur les repas fournis par la prison.

En général, la prison accentue les inégalités et les difficultés présentes dans la société en général : pauvreté, problème de santé mentale et d’addiction, illettrisme.

Lucie Inland. Crédit photo : Louise Quignon ➡

Il explique dans le livre qu’il n’est pas assez « habile » pour se servir de la plaque chauffante de sa cellule, malgré les conseils de son ancienne cheffe de cabinet – qui lui transmet le temps de cuisson des pâtes et des œufs durs ou à la coque. Qu’est-ce que cela nous dit de la fracture sociale et de l’autonomie des puissant-es hors-dîner étoilés ?

Quand j’ai lu les premières lignes de l’article du Point mentionnant que « par principe » il refusait de se préparer à manger je n’ai pas été surprise mais j’ai quand même râlé. C’est vraiment une réponse de privilégié ! Comme je le disais, beaucoup de détenu·es n’ont pas les moyens de manger à leur faim, et lui semble considérer que ce serait s’abaisser au niveau du bas peuple que de se faire cuire des pâtes et des œufs sur une plaque de cuisson tout seul comme un grand. Lorsque j’ai lu dans son livre que c’est son ancienne directrice de cabinet qui lui a expliqué les temps de cuisson j’ai vraiment roulé des yeux. En même temps, depuis combien de décennies n’a-t-il pas eu à se faire à manger (une tartine tout au plus) ni même faire ses courses ? Il a été assez « habile » pour occuper le plus haut poste de la fonction publique, mais pas pour se préparer un repas aussi simple ?

Dans ton livre, tu évoques quelques figures historiques de prisonnier.es VIP, comme le marquis de Sade. Existe-t-il une persistance de cette fracture de classe dans la manière de « surveiller et nourrir » ?

Le cas du marquis de Sade à la Bastille dont je parle dans mon livre n’est plus possible aujourd’hui. Il se faisait livrer des quantités de nourriture via sa femme, qui payait pour lui, comme des fruits frais, du fromage, des pâtisseries. Il a quand même subi les plats infâmes servis en prison, jusqu’à l’eau qui le rend malade et dont il parle dans le style excessif qu’on lui connait.

De nos jours, à part pour les colis de fin d’année, les proches ne peuvent pas apporter de nourriture à leurs proches incarcéré·es lors des parloirs – même si certain·es le font pour ramener un peu de réconfort. Et encore ces colis sont soumis à certaines conditions : ils ne doivent pas excéder 5kg ni contenir de denrées rapidement périssables.

Nicolas Sarkozy a fait le choix de refuser les « gamelles » (plats fournis par la prison) par dégoût (et par peur de se faire servir de la nourriture souillée voire empoisonnée par représailles) pour se nourrir de yaourts, de thon en boîte et de barres de céréales. C’est son droit le plus strict. Mais on peut tout de même déplorer qu’il refuse de s’abaisser à mettre la main à la pâte (ou plutôt aux pâtes) pour se préparer des repas améliorés, en se servant de la gamelle comme ingrédients de base, complétés par des ingrédients cantinés. C’est ce que fait notamment Moben.

Venons-en au livre de Moben, justement, qui aurait pu apprendre à Sarkozy à cuisiner dans des conditions extrêmes – par exemple fabriquer un fouet avec deux fourchettes. Que révèle cette ingéniosité sur le dénuement des conditions réelles de détention ?

Moben n’a pas le luxe de refuser de cuisiner des repas plus consistants et appétissants pour rester en bonne santé, étant condamné à une longue peine. Au lieu d’écrire des mémoires soporifiques, il a préféré consacrer son temps à développer et partager des astuces pour cuisiner au mieux avec le strict minimum. J’ai l’impression qu’il savait déjà se faire cuire des pâtes et des œufs avant d’être incarcéré, ça doit aider !

Dans ton livre, tu évoques le rôle politique de la préparation de la nourriture en prison, notamment à travers l’exemple de la série « Orange in the new black ». Comment interprètes-tu la tournure politique que prend le livre de Moben, quand on sait que l’auteur a été victime d’un « transfert punitif » pour avoir critiqué la prison ?

Cuisiner en cellule permet d’occuper des journées vite ennuyeuses. Se débrouiller avec une plaque de cuisson et de la bricole exige davantage de temps, mais les personnes détenues en ont énormément. Manger, ce n’est pas que se nourrir physiologiquement : ça permet de penser à autre chose, de partager quand on est plusieurs en cellule ou qu’on dispose d’espaces à plusieurs comme en centres de détention (ce n’est pas le cas de Moben, en isolement), reprendre un peu de pouvoir sur un quotidien imposé en décidant du contenu de son assiette. Ce transfert punitif est, à mon sens, abusif, puisque le livre a été réalisé dans des conditions connues de l’administration pénitentiaire et qu’en théorie chacun·e est libre de ses opinions tant qu’elles respectent le cadre légal. Y a-t-il une loi qui condamne la critique des conditions d’incarcération ? Je doute qu’il puisse me lire mais il a tout mon soutien.

Par Lauren Malka

Un article tiré du Mouais de janvier-février, actuellement disponibles dans plus de 2700 points de vente dans tout le pays, soutenez-nous, achetez-nous ! Un kiosque nous vend forcément près de chez vous.

Cet article Ce que Sarko a mangé en prison est apparu en premier sur MOUAIS.

PDF

07.01.2026 à 10:11

Faire plier Bolloré (& co) partout

admin

L’offensive réactionnaire en cours a tout du tapis de bombe et, si elle touche tous les domaines de notre société, il en est un particulièrement concerné : celui des médias, bien sûr. Il est donc grand temps de passer à la contre-attaque, et de reprendre la main sur la fenêtre d’Overton. « Salut habitant·e du futur. Tu tiens entre tes mains un exemplaire d’un média libre qui date de 2025. À.. Read More

Cet article Faire plier Bolloré (& co) partout est apparu en premier sur MOUAIS.

Texte intégral (1253 mots)

L’offensive réactionnaire en cours a tout du tapis de bombe et, si elle touche tous les domaines de notre société, il en est un particulièrement concerné : celui des médias, bien sûr. Il est donc grand temps de passer à la contre-attaque, et de reprendre la main sur la fenêtre d’Overton.

« Salut habitant·e du futur. Tu tiens entre tes mains un exemplaire d’un média libre qui date de 2025. À cette époque, un certain Vincent Bolloré rachetait un à un tous les espaces de liberté d’expression pour les transformer en machines à fric xénophobes. Une sorte de roi Midas à l’envers qui transformait tout ce qu’il touche en caca ».

Ainsi s’ouvre l’édito que l’ami Guillaume Meurice -guérilleros culturel qu’on ne présente plus et qui officie désormais sur Nova après avoir été renvoyé d’une chaîne radio de service public ayant dérapé sur un prépuce- a eu la gentillesse d’accorder à Mouais, le bien-nommé journal dubitatif.

Illustration 1

Un invité exceptionnel, pour un numéro d’exception. Car il faut bien le dire : ce janvier 2026, pour nous, fera date. En effet, il correspond au moment où notre petite revue à la niçoise s’est décidée à se jeter dans le grand bain -ce qui n’est guère plaisant quand on est un chat noir- pour aller affronter un monde médiatique de plus en plus hostile à la pensée libertaire qui nous est si chère. Ici, Sarko se fait servir la soupe qu’il n’a pas voulu manger en cellule. Là, Bardella bénéficie avec son dernier opuscule rédigé par IA d’une couverture médiatique digne d’un prix Nobel de Littérature doublé d’un Goncourt.

Et derrière tout ceci, se profile une ombre : celle de Vincent Bolloré -et son double maléfique, Pierre-Edouard Stérin-, dont l’idéologie tout droit sortie des années 30 infuse jusque dans le service public de l’information, comme le signalent hélas la tournure droitière de France Info et la saillie raciste sortie dans le plus des calmes, en direct, par la directrice nationale des éditions de France Télévision, Nathalie Saint-Cricq puisqu’il faut bien la nommer.

Les journalistes de la presse indé’ ressemblent donc de plus en plus à une bande de maquisards. Qui, avec leur pistolet à bouchon, partent au front contre un tsunami d’une couleur brune de fort mauvais présage.

D’autant plus que, contrairement à la clique d’incompétents néo-nazis ras-du-bulbe de Frontières, ils prétendent continuer à respecter la déontologie, l’éthique, l’enquête, le recoupement des sources, bref tout ce qui honore notre profession mais qui les ennuie beaucoup, à ces bandeurs de pulsions morbides.

Tout ceci pour dire, en lettre capitales : NOUS NE NOUS LAISSERONS PAS FAIRE. Journalistes, citoyennes, activistes, anarchistes, amoureuses de chats et de liberté, lecteurs de fanzines punks énervés, nous allons faire le taf et, avec tous et toutes les camarades du Syndicat de la Presse Par Pareille, et plus largement du monde de l’édition de papier (coucou le collectif Déborder Bolloré), nous allons remplacer la 5G par le point G, Bolloré par un appareil à raclette, Zemmour par un ballon d’eau chaude et Monsanto par RIEN (1).

Ce qui signifie, de notre côté, un passage à la diffusion à 15.000 exemplaires dans tous les kiosques de France et de Navarre -comme nos camarades de l’Age du Faire, de Fakir, de la Brèche... Ils veulent nous terrasser sous un tapis de bombe ? Sortons nous aussi les sulfateuses, pour cracher jusqu’à leurs oreilles nos éditos bien sentis et nos enquêtes qui piquent. Et pour que le plus grand monde puisse avoir accès à cette vérité simple : L’EXTREME-DROITE TUE ET LE CAPITALISME DETRUIT LA PLANETE. A bon entendeur / lectrice…

Illustration 2

Ici comme au Chili, la lucha sigue.

Signé : Mouais, journal dubitatif, en vente désormais dans tous les kiosques du pays ce jeudi 8 janvier -y compris les Relay de Bolloré, mais sans doute pas pour longtemps. Pour survivre à ce choix risqué, nous avons besoin de votre soutien, donc par pitié, demandez-nous à côté de chez vous !

(1) Vous aurez reconnu les affiches du collectif « le grand soulagement ».

Cet article Faire plier Bolloré (& co) partout est apparu en premier sur MOUAIS.

PDF

01.12.2025 à 16:23

L214 : « Pour le Black Friday, on demande moins 50% d’animaux tués »

admin

L’association de défense des animaux L214 lance une action nationale pour encourager Carrefour à diminuer de moitié le nombre d’animaux tués quotidiennement. Elle dénonce notamment des conditions d’élevage intensif et insalubre par ses fournisseurs. A l’occasion du Black Friday, « la réduction qu’on veut, c’est 50% d’animaux tués en moins », disent les militants devant une trentaine d’enseignes en France. Reportage à Nice. Par Edwin Malboeuf « On aimerait que Carrefour s’engage à.. Read More

Cet article L214 : « Pour le Black Friday, on demande moins 50% d’animaux tués » est apparu en premier sur MOUAIS.

Texte intégral (1817 mots)

L’association de défense des animaux L214 lance une action nationale pour encourager Carrefour à diminuer de moitié le nombre d’animaux tués quotidiennement. Elle dénonce notamment des conditions d’élevage intensif et insalubre par ses fournisseurs. A l’occasion du Black Friday, « la réduction qu’on veut, c’est 50% d’animaux tués en moins », disent les militants devant une trentaine d’enseignes en France. Reportage à Nice.

Par Edwin Malboeuf

« On aimerait que Carrefour s’engage à moins 50% d’animaux tués d’ici 2030 ». Depuis 10 heures du matin, Sonia, militante chez L214, association de défense des animaux, distribue des tracts au flux ininterrompu de voitures. Sur celui-ci, un faux coupon de réduction (-50% d’animaux tués) à déposer à l’accueil de Carrefour. « Je comprends, je suis végétarienne », lui répond l’une des automobilistes.

Ils sont une quinzaine ce samedi 29 novembre à s’être donné rendez-vous devant le Carrefour du quartier Lingostière, à l’ouest de Nice. A l’occasion du Black Friday, ce moment de surconsommation aux prix cassés venu des Etats-Unis, pour le vendredi précédent ThanksGiving, l’association L214 a lancé une opération nationale visant une trentaine de Carrefour. Cette action s’inscrit dans la campagne « le sauvetage du siècle » qui vise à interpeller tous les maillons de la chaîne de production. Des élus politiques aux centrales d’achat, en passant par les fournisseurs. « Le but est de faire reculer les pires pratiques. C’est une transition », explique Loïc. « On veut foutre un peu le bazar pour que Carrefour nous entende », dit Cécile, sourire aux lèvres et coupe-vent orange vif, floqué du logo de l’association et du slogan : « Agir pour les animaux ».

Un ticket de caisse grand de 12 mètres est déployé devant le Carrefour de Nice Lingostière, ce samedi 29 novembre par les militants de L214. Il représente les 330 000 animaux terrestres tués chaque jour par Carrefour.

Un ticket de caisse de 12 mètres, symbolisant les 12 kilomètres qu’il faudrait pour énumérer les 330 000 animaux terrestres tués chaque jour par l’enseigne, est déployée sur le parking. En effet, la sécurité intervient rapidement pour demander aux militants de s’éloigner de l’entrée. Ils s’exécutent mais continuent leur action, montrant également des panneaux de cochons derrière des barreaux. Les images proviennent de deux éleveurs en Bretagne dont l’enquête de L214 a révélé les conditions atroces dans lesquelles les porcs sont tenus. « Les animaux vivent sans accès à l’extérieur, dans une grande promiscuité, la plupart sur un sol bétonné. Les truies pour la reproduction sont enfermées la moitié de leur vie dans des cages qui ne leur permettent même pas de se retourner. Des porcelets chétifs sont tués par claquage », indique le communiqué de presse de L214.

Une militante montre aux automibilistes, un panneau où des porcs sont enfermés dans une cage étroite, dans un élevage breton, fournisseur de Carrefour.

Le but est de sensibiliser les consommateurs, mais surtout, de toucher la direction du groupe Carrefour. Celle-ci est au courant depuis avril du Plant Protein Pact (PPP) initié par L214 : « il appelle les enseignes de la grande distribution à s’engager à rééquilibrer les sources de protéines dans leurs ventes avec l’objectif que les protéines végétales représentent au moins 60 % de leurs volumes de protéines vendus à horizon 2030 », peut-on lire sur le site de L214. Selon les données des chambres d’agriculture, la consommation de viande est stagnante depuis une quinzaine d’années. Pourtant, les mouvements antispécistes et les actions associatives se multiplient. « Le combat de L214 fait vraiment avancer les choses. On essaie d’avoir une prise de conscience généralisée. Tout le monde s’accorde contre l’élevage intensif. Les images ont un impact au niveau national. Mais on n’est pas prosélyte », explique Francis, retraité, à L214 depuis 6 ans.

Une militante donne le tract à déposer à l’accueil de Carrefour sur lequel est écrit : “La réduction qu’on veut : -50% d’animaux tués”

« Avant, on était perçu comme extrémiste quand j’ai commencé. Maintenant le regard a changé », raconte Etienne, membre actif depuis 8 ans à L214, qui tient le ticket de caisse de géant. « La réception du tract, c’est moitié-moitié je dirais. Beaucoup de gens nous disent : ça serait bien ! Sinon il y a beaucoup de gens neutres, peu d’insultes », explique Loreleï, l’une des référentes, en tendant le flyer sur lequel est écrit « Les animaux payent l’addition », avec un logo de Carrefour rouge sang.

L214 s’est fait connaître en diffusant des images d’abattoir, montrant des pratiques interdites, les surpopulations, les bêtes agonisantes, la cruauté envers l’animal. Souvent des lanceurs d’alertes, des repentis, ou des militants qui se font embaucher, parviennent à mettre la main sur ces données et les révèlent au grand jour. « L’animal souffre mais l’humain aussi. Les employés de ces abattoirs sont aussi des victimes », nous dit Loïc. « On fait de l’information, en étant pacifique. Nous ne sommes pas dans la culpabilisation », conclut Francis. 

Cet article L214 : « Pour le Black Friday, on demande moins 50% d’animaux tués » est apparu en premier sur MOUAIS.

PDF
3 / 10
  GÉNÉRALISTES
Ballast
Fakir
Interstices
Issues
Korii
Lava
La revue des médias
Time [Fr]
Mouais
Multitudes
Positivr
Regards
Slate
Smolny
Socialter
UPMagazine
Le Zéphyr
 
  Idées ‧ Politique ‧ A à F
Accattone
À Contretemps
Alter-éditions
Contre-Attaque
Contretemps
CQFD
Comptoir (Le)
Déferlante (La)
Esprit
Frustration
 
  Idées ‧ Politique ‧ i à z
L'Intimiste
Jef Klak
Lignes de Crêtes
NonFiction
Nouveaux Cahiers du Socialisme
Période
 
  ARTS
L'Autre Quotidien
Villa Albertine
 
  THINK-TANKS
Fondation Copernic
Institut La Boétie
Institut Rousseau
 
  TECH
Dans les algorithmes
Framablog
Gigawatts.fr
Goodtech.info
Quadrature du Net
 
  INTERNATIONAL
Alencontre
Alterinfos
AlterQuebec
CETRI
ESSF
Inprecor
Journal des Alternatives
Guitinews
 
  MULTILINGUES
Kedistan
Quatrième Internationale
Viewpoint Magazine
+972 mag
 
  PODCASTS
Arrêt sur Images
Le Diplo
LSD
Thinkerview
🌓