-Persécuté à grande échelle au siècle dernier, le renard roux bénéficie aujourd’hui d’une meilleure considération. À la faveur d’alliances tissées avec des cultivateurs et de sa présence grandissante en ville, son image de nuisible s’estompe, laissant entrevoir une cohabitation plus apaisée avec les humains.
Gourmandise, érotisme, danse révolutionnaire, beauté des objets du quotidien… La portée politique des plaisirs a été pensée et défendue par des hommes et femmes engagées, utopistes, visionnaires, qui en ont fait leur boussole, tant pour nourrir leurs réflexions théoriques que leur militantisme. Retour sur quatre exemples aussi joyeux que révolutionnaires.
Depuis l’investiture de Donald Trump aux États-Unis, les violences du Service de l’immigration et des douanes (ICE), chargé d’identifier les immigrés en situation irrégulière, explosent dans tout le pays. À Minneapolis, ville démocrate particulièrement visée où l’administration a déployé près de 3 000 agents à partir de décembre 2025, les habitants se sont organisés pour résister. Pour en témoigner, le rappeur Rafael Gonzalez, alias Tufawon, engagé dans de nombreux combats pour les droits humains, était de passage à Paris en avril 2026 dans le cadre d’une tournée internationale, aux côtés d’autres figures anti-ICE. Un périple visant à attirer notre attention sur le financement par les grandes banques européennes des technologies de surveillance et du système carcéral anti-immigration aux États-Unis. Entretien.
« La question érotique est une question écologique » : partant de ce postulat, la philosophe écoféministe Myriam Bahaffou explore les façons d’érotiser nos relations et nos expériences, sensuelles, charnelles, esthétiques, intellectuelles, avec les mondes autres qu’humains. Inspirée par le mouvement décolonial et queer, elle milite pour une jouissance débarrassée des injonctions capitalistes : prédation, productivité, privatisation. Entretien avec une chercheuse aux propos aussi libres que déjantés.
Dans le Nord-Est colombien, la ville de Barrancabermeja est depuis un siècle la capitale pétrolière du pays. Alors que ses réserves déclinent, cette ville que les hydrocarbures ont aussi exposée à la pollution, à la corruption et à la violence des groupes armés illustre les dilemmes de la transition énergétique. Depuis quatre ans, le pays entend sortir des énergies fossiles : un enjeu au cœur de l’élection présidentielle qui se tient cette année.
« Pas de retraités sur une planète brûlée… Retraites, climat, même combat ! » Depuis les manifestations contre la réforme des retraites, en 2023, difficile d’être passé à côté du morceau emblématique Planète brûlée qui accompagne la naissance du collectif Planète Boum Boum. Fondé dans le sillage d’Alternatiba Paris (renommé Action Justice Climat en 2024) la même année, ce collectif de « techno-activistes » enchaîne depuis les morceaux comme On veut du fret ferroviaire ou Tu remballes ton autoroute en cumulant des milliers d’écoutes en ligne. Leur mot d’ordre : « De la teuf dans les manifs, de la manif dans les teufs ! » DJ sets, chorégraphies enflammées dans les cortèges des manifestations, création de slogans et de chants… En mêlant revendications politiques et cultures festives, Planète Boum Boum contribue activement, depuis sa création, à redonner du souffle aux luttes écolos et sociales. Retour en images sur trois années de mobilisations placées sous le signe de la fête.
Dans sa nouvelle chronique pour Socialter, la journaliste Salomé Saqué (Blast) revient sur les attaques des responsables politiques français comme Bruno Retailleau contre le dirigeant espagnol Pedro Sanchez.
Hamilton Nolan est l’un des reporters américains les plus influents sur les sujets de travail. Ancien journaliste de Gawker, média en ligne qu’il a contribué à doter d’un syndicat, il couvre aujourd’hui les luttes ouvrières pour le mensuel socialiste In These Times et a publié The Hammer1, un livre sur la renaissance du syndicalisme aux États-Unis. Dans ce pays, seul État membre de l’OCDE qui ne garantisse aucun congé payé, comment les travailleurs appréhendent-ils la notion de vacances ou de temps libre ? Entretien.
Associations environnementales, parcs naturels, Conservatoire du littoral... Dans un contexte de désengagement de l’État, les acteurs de la conservation de la nature sont de plus en plus nombreux à bénéficier du mécénat d’entreprises notoirement climaticides, telles que TotalEnergies ou CMA-CGM.
Colos, villages vacances, auberges de jeunesse… Ces espaces qui se sont multipliés à partir de l’été 1936 pour défendre le droit aux vacances des classes populaires sont en train de se refermer. Les vacances populaires survivront-elles à la marchandisation du secteur ?
Peut-on éprouver du plaisir dans un monde injuste, sans se sentir coupable ou complice ? Le philosophe Michaël Fœssel répond par l’affirmative. Quand il ne confine pas à la simple satisfaction de nos désirs et ne succombe pas aux sirènes consuméristes, le plaisir se joue en effet de l’ordre établi, cultive le sens du collectif, de l’inattendu et de la surprise, et reste éminemment politique et subversif. Inscrit dans l’histoire de la gauche, il permet de sortir du seul registre de l’indignation et de la dénonciation, pour esquisser d’autres horizons désirables.
Longtemps ancrés à gauche, certains espaces festifs populaires suscitent aujourd’hui la convoitise d’une extrême droite bourgeoise et identitaire, qui peine toutefois à en maîtriser les codes. Face à ces tentatives d’appropriation, des résistances locales s’organisent.
Interrogeant l’évolution du rapport des classes populaires rurales au travail et au temps libre, l'activiste Lumir Lapray appelle la gauche écologiste à redevenir le « camp du kif » en faisant tenir ensemble, à l’instar du maire de New-York Zohran Mamdani, revendications matérialistes et joie de vivre.
Père du courant de l’écologie profonde, le philosophe norvégien Arne Næss (1912-2009) a grandement influencé l’écologie contemporaine. Militant infatigable, il a mis en pratique ses convictions dans les luttes environnementales.
Surnommé « le village aux 600 maires » en raison des instances de participation citoyenne mises en place dans les années 1970, le village de Vandoncourt, dans le Doubs, expérimente la démocratie participative depuis plus de cinquante ans. Mais cette initiative pionnière est gagnée par un certain essoufflement et la commune, malgré sa volonté d’ouverture, n’a pas réussi à endiguer le vote Rassemblement national.
Depuis qu’elle a pris sa retraite de professeure d’anglais, Françoise Peyrissat a développé son goût pour l’observation de la nature et la rigueur scientifique. De sorties naturalistes en associations de quartier, elle s’est prise de passion pour les lichens, ces organismes aussi étranges que méconnus. Désormais incollable sur le sujet, elle les traque méthodiquement pour un programme de science participative au long cours. Rencontre la loupe à l’œil, à l’ombre du puy de Dôme, entre forêt brumeuse et rocade périurbaine.
En quelques années, les entreprises qui ambitionnent de faire décoller les usines dans l’espace se sont multipliées. En promettant de révolutionner la production de médicaments et de dépolluer l’industrie, elles attirent les financements privés comme publics. Pourtant, l’intérêt de ces projets ne fait pas l’unanimité.
Durant les municipales, les partis de gauche ont offert une fois de plus le spectacle de leurs divisions, étalées à longueur de colonnes et sur les réseaux… Mais les appareils partisans sont loin de représenter toute la gauche. Associations et collectifs militants participent tout autant à structurer les mouvements sociaux et à construire des propositions politiques. Comment cette « société civile » se positionne-t-elle face aux fractures ouvertes à gauche ? Comment s’organise-t-elle malgré tout pour peser dans les institutions et sur le jeu politique ?
La détermination des militants du Collectif pour le Triangle de Gonesse aura eu raison du mégacomplexe commercial d’EuropaCity. Abandonné en 2019, le projet aurait accaparé 670 hectares de terres agricoles situées dans le Val-d’Oise, au nord de Paris. Stéphane Tonnelat, chercheur ethnographe au CNRS, a enquêté de 2017 à 2022 au sein du collectif et relate sa lutte dans Sauver les terres agricoles, récemment paru au Seuil. Entretien.
Dans les luttes progressistes, les notions et pratiques voyagent souvent des milieux universitaires aux espaces militants puis vers l’espace public. Certaines ont permis des prises de conscience majeures – qu’il s’agisse du call-out avec le mouvement #Metoo, de la notion d’intersectionnalité ou de la prise en considération de l’expérience des « premiers concernés ». Mais leur usage parfois désordonné donne aussi lieu à des dérives ou à de la confusion, véritable manne pour tous les détracteurs de droite et d’extrême droite, alimentant in fine les divisions. Petit aperçu critique non exhaustif.
À Karachi, le développement urbain et économique effréné affecte fortement l’écosystème local, en particulier les mangroves, poumons et barrière naturelle de la ville. Celles-ci reculent depuis deux décennies en raison de l’accaparement des terres, des mégaprojets immobiliers et des pollutions industrielles et domestiques.