La science-fiction nous le vend depuis longtemps : bientôt, les progrès de la génétique permettront de fabriquer un enfant sans maladie, plus beau, et surtout plus intelligent. Un fantasme que promettent déjà des entreprises américaines de biotechnologies. Mais derrière l’arnaque scientifique se cache une idéologie suprémaciste qui n’a rien de neuf.
Apparu il y a une trentaine d’années en résistance aux dérives de l’ordre viticole établi, le mouvement du vin nature a vu sa portée politique et contestataire s’émousser peu à peu, entre récupération marketing par les circuits commerciaux classiques et plébiscite hédoniste d’une élite branchée et urbaine. Virée dans le Languedoc, un de ses berceaux historiques, où cet autre vin continue de réinventer sa charge subversive, au plus près d’une filiation paysanne et populaire. En marge des appellations, mais le nez dans le vert.
Quand revient le printemps, les causses du Midi se couvrent d’orchidées sauvages et d’orchidophiles. Derrière la joie des retrouvailles et de l’observation botanique pointe l’inquiétude grandissante face aux bouleversements des écosystèmes, qui menacent ces petits trésors sauvages, notamment une espèce endémique : l’Ophrys aveyronensis. Rencontre dans le Larzac avec Michel Jégou et Christian Bernard, deux camarades de longue date qu’une même fleur réunit.