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08.12.2026 à 11:59

On aime #119

L'Autre Quotidien
A ceux qui se taisent : ”Un jour tu auras droit à la parole. Que feras-tu de l'énorme cadavre du silence ?” Chawki Abdelamir (Irak, 1949)

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At the Cafe. 3 March 2015 © Farshid Tighehsaz

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La maison où manque la mère, même si la lampe l'éclaire, il y fait nuit.

Proverbe kabyle

Les mots qui parlent

Un jour tu auras droit à la parole.
Que feras-tu de l'énorme cadavre du silence ?

Chawki Abdelamir (Irak, 1949; poète et traducteur en français de Adonis)

26.03.2026 à 10:13

Play (with) Me, sonic Kim Gordon is back again

L'Autre Quotidien
D’une sombre actualité reste le rock de Kim Gordon. A vouloir prendre en compte le monde - et surtout la décrépitude Maga des USA - , elle réussit, une fois encore, l’actualisation de l’idiome rock pour en faire perdurer la culture qui parle encore à nombre d’entre nous. Parlons de brouillard unifié qui lie techno, hip-hop, rock pour un album court où le morceau le plus long ne fait pas plus de 3, 40 ‘. Condensé, concentré, et nous voilà convaincu avec cet album qui s’impose encore à de multiples carrefours pour dire le ressenti d’une femme qui a toujours suivi sa voie/voix. Regarder à l’image d’une chaîne d’infos X ou bol à raie un sombre crétin comme Julien Odoul en l’écoutant reste assez savoureux…

Texte intégral (1079 mots)

D’une sombre actualité reste le rock de Kim Gordon. A vouloir prendre en compte le monde - et surtout la décrépitude Maga des USA - , elle réussit, une fois encore, l’actualisation de l’idiome rock pour en faire perdurer la culture qui parle encore à nombre d’entre nous. Parlons de brouillard unifié qui lie techno, hip-hop, rock pour un album court où le morceau le plus long ne fait pas plus de 3, 40 ‘. Condensé, concentré, et nous voilà convaincu avec cet album qui s’impose encore à de multiples carrefours pour dire le ressenti d’une femme qui a toujours suivi sa voie/voix. Regarder à l’image d’une chaîne d’infos X ou bol à raie un sombre crétin comme Julien Odoul en l’écoutant reste assez savoureux…

 Play Me , est à la fois condensé et immédiat, élargissant sa palette sonore avec des beats plus mélodiques et l’énergie motorik du krautrock. « Nous voulions que les morceaux soient courts », explique Gordon. « Nous voulions aller très vite. C’est plus concentré, et peut-être plus affirmé. » Ce disque, successeur de The Collective (2024), produit par Justin Raisen et doublement nommé aux Grammy Awards, traite, à sa manière inimitable, des dégâts collatéraux de la classe des milliardaires : la démolition de la démocratie, le fascisme technocratique de fin des temps, l’uniformisation culturelle alimentée par l’IA, le tout où l’humour noir fait entendre l’absurdité de la vie moderne. Malgré son regard souvent tourné vers l’extérieur,  Play Me  reste un album intérieur, dans lequel une intensité émotionnelle traverse des morceaux puissamment incarnés, rejetant les affirmations définitives au profit d’une curiosité permanente qui maintient Gordon en recherche, toujours en mouvement.

Certain taxe l’album de proto Nine Inch Nails, mais on laissera ce mauvais coucheur au nom de gruyère à ses limites, parce que l’album résonne/réseaute de tant de choses de l’époque qui font sens à continuer à la dire avec le plus de directions- voire de bruits - possibles, histoire d’incarner plus en en mettant moins dans la durée. Laisser tourner ne boucle et remonter les souvenirs du temps où vos n’écoutiez que du grunge après un passage techno longue durée. Et vous comprendrez où et comment cela se situe dans un aujourd’hui que tous les fafs tentent de mesurer à l’aulne de la “vieille culture biaisée du puit du con”. Intéressant, indompté, indispensable… 

Jean-Pierre Simard, le 26/03/2026
Kim Gordon - Play Me - Matador

26.03.2026 à 09:03

Les Manipulations de Philippe Gronon à la galerie Maubert

L'Autre Quotidien
La Galerie Maubert présente, du 19 février au 4 avril 2026, Philippe Gronon au sein de la galerie. Initiant une nouvelle collaboration, Manipulations réunit des photographies issues de plusieurs séries emblématiques et dévoile des objets marqués par l’usage, la trace et le déplacement au service, d’une picturalité assumée : surfaces de travail, dispositifs, techniques, éléments scéniques, supports de transmission ou de transformation.

Texte intégral (2700 mots)

La Galerie Maubert présente, du 19 février au 4 avril 2026, Philippe Gronon au sein de la galerie. Initiant une nouvelle collaboration, Manipulations réunit des photographies issues de plusieurs séries emblématiques et dévoile des objets marqués par l’usage, la trace et le déplacement au service, d’une picturalité assumée : surfaces de travail, dispositifs, techniques, éléments scéniques, supports de transmission ou de transformation.

Philippe Gronon, exposition Manipulations, ©galerie Maubert

« Je tiens au monde par tous mes gestes, aux hommes par toute ma pitié et ma reconnaissance. Entre cet endroit et cet envers du monde, je ne veux pas choisir, je n’aime pas qu’on choisisse. » Albert Camus, « L’Envers et l’endroit » (1937)

Il vous reste un peu moins de deux, semaines pour vous rendre à la Galerie Maubert, 20 rue Saint Gilles, pour visiter l’exposition, Manipulations, (au double sens du titre, dans un jeu du mot itself…) un solo show, des œuvres de Philippe Gronon, œuvres plus plasticiennes que purement photographiques.

Une poétique de la matérialité s’empare de notre imaginaire quand Philippe photographie le dos des toiles de Maître – Picasso composition au papillon 1932, Niki de Saint Phalle, Raymond Hains, Bernard Venet, pour exemple et que cet envers est également une œuvre au plein sens du terme, une œuvre objective chargée de traces et de couleurs, comme s’il s’agissait d’un palimpseste, d’une irradiation de la toile elle même que l’on pourrait appréhender comme la face cachée de la lune, cette face toujours occultée, puisque le dos d’une toile prestigieuse de Maître accrochée au mur est encore cette toile côté face et qu’elle en manifeste une personnalité appartenant à l’histoire de l’art…. et quand, rendue à la matérialité de son dos, il lui faut manifester cette part décriée, pauvre, invisible, c’est tout un inconscient qui s’y manifeste aux mentions écrites des dates et des traces quelles qu’elles soient… Cette part oubliée mais non oublieuse témoigne amoureusement de ce voyage authentique du temps, quelque chose d’impensable se met à faseyer comme la naissance d’une nouvelle occurrence s’inscrivant désormais dans cette langue des arts, sous le geste de voir l’autre côté, ce geste de retourner les grandes œuvres et de considérer que cette face là aussi est œuvre… pertinent diront le poète et le surréaliste.

Philippe Gronon, Manipulations, ©galerie Maubert.

Plus encore que cette proposition surprenante du dos de la toile et de son châssis, de son encadrement, s’élève une forme du champ imprescriptible d’une composition inspirante, picturale, faite de signes, d’une sorte de coutils où s’évertuent à paraitre signes, coups, taches, visages, lettres cunéiformes, traces en tout genre, œuvre paradoxale et composite dont l’histoire, bien que mystérieuse, résonne à haute voix, dès lors que se retourne cet envers pour témoigner de ce chant de l’invisible, de l’insoupçonné, rendu d’un coup de maitre accessible et visible, lisible, faisant œuvre.

L’exposition comporte une série d’œuvres tout à fait singulières dans l’attachement qu’elles manifestent sur le plan pictural, imaginaire, textuel, voire linguistique; une langue y parle haut des traces qui s’y sont inscrites et qui font sens. Il fallait un esprit agile pour redonner place à ces tableaux multiples, blackboards effacés, et dont le mouvement des traces est aussi une œuvre contemporaine, ou, plus près de l’objet encore, les cuvettes de développement des tirages photographiques, ce matériel de laboratoire, qui échappe en général à l’attention est, perçu dans cette photographie, comme un objet usuel, rayé, ayant vécu, chargé de nitrates des sels d’argent insolés, photographié de près, sèche et pure dans son cadrage, sur fond noir, brut devrait-on dire, afin que s’échappe sa valeur spéculaire, un miroir à l’argent brulé, où se projette une mémoire éteinte et passée, mais toujours vibrante dans cet imaginaire romantique, qui, alerte, tire de l’ombre argentique, argentée, encore lunaire, la trace éphémère et constante de cette matrice que personne ne voit… et qui, sur un plan structural appartient à cet art du limonadier, à ce champ du quotidien, à cette part d’un art pauvre, arte povera, d’un art de l’objectivité, où, s’obligeant à le porter au centre du regard, l’objet réintègre sa fonction matricielle dans son aura mémorielle invisible, passée et encore actuelle. 


Philippe Gronon a ce talent plasticien de faire surgir du dos des tableaux célèbres du Malevitch, du Rothko :des tableaux noirs des paysages rêvés, brouillards, surfaces oniriques des pierres noires dynamiques dans leurs courses célestes, rejouant la nuit, ou ces projecteurs qui semblent issus d’un film de Kubrick, comme chargés d’un au delà du visible pour s’ancrer, artefact de l’imagination matérielle, comme la puissance des images résiduelles, fantomatiques, que ce soient les dos des tableaux, ou les autres objets photographiés, le photographe encorbeille la puissance de l’illusion romantique dans sa veste noircie aux poussières aimantées des chemins. Son imagination est simple et légère, elle accomplit ce désir de voir dedans un face à face ce qui s’échappe de cette virtualité poétique quand elle s’accorde immédiatement à l’idée d’un projet, puis à cette façon de décliner ce que sont les tableaux, tableaux noirs, tableaux électriques, où ces cuvettes, cette toile qui sert à emballer les œuvres pour leurs expéditions… tout prend sens, tout devient élection du regard du plasticien, de l’artiste conceptuel qui décide et qui établit.

Quelque chose de rimbaldien traverse l’œuvre grononienne, et je ne sais plus particulièrement pourquoi je lui associe à la fois ce funèbre oiseau noir, ce crieur du devoir et sa compagne lumineuse cette fauvette de Mai …qui resplendit en haut du soir charmé…

N’hésitez pas à faire halte en cette superbe galerie Maubert, qui, sur deux niveaux expose si sobrement ce travail patient du photographe plasticien, autrement plus actif par sa photographie sur l’imagination que certaines œuvres photographiques, beaucoup plus à l’affiche et qui ne cessent de se fondre au fur et à mesure de leurs fréquentations dans l’épaisseur de l’époque, aveuglée, alors que de ce côté du revers, tout s’installe dans ces retournements joviaux, linguistes, surréalisants, dans leurs intentions joyeuses, parfois lettristes et si revigorantes, qu’on se félicite de cet esprit du temps si prompt à retourner l’envers du décor et d’y découvrir ce bleu regard qui ment…c’est à dire ce regard aimanté qui ouvre et qui lit cette époque où, décidément, bien des choses s’accomplissent encore heureusement dans une poétique de la présence et du discernement.

Pascal Therme, le 26 Mars 2026.
Philippe Gronon - Manipuiations -> 4/à4/éà26

Galerie Maubert, 20 rue Saint-Gilles 75003 Paris

https://www.philippegronon.com/

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