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La revue des révolutions féministes


Texte intégral (1255 mots)

Promulguée en août 2025 en dépit d’une pétition demandant son abrogation et comptant deux millions de signataires, la loi Duplomb ré-autorise des pesticides cancérogènes auparavant interdits. À l’approche de l’élection présidentielle d’avril et mai 2027 et en vue du vote, en 2028, de la politique agricole commune (PAC) pour les six prochaines années, les collectifs qui appellent au rassemblement souhaitent remettre l’interdiction des pesticides au cœur de l’actualité.

Renda Belmallem, chercheur·euse et militant·e écologiste, prépare une thèse sur le racisme environnemental et sera présent⋅e au rassemblement de demain dans l’Eure. Dans cette newsletter, iel revient sur les convergences militantes qui ont permis cette mobilisation.

Pourquoi avoir choisi d’organiser la mobilisation du 3 octobre autour de l’usine Syngenta, à Saint-Pierre-la-Garenne ?

Il faut savoir que l’agrochimie mondiale est un marché de l’empoisonnement que quelques firmes seulement se partagent. L’usine de Saint-Pierre-la-Garenne [propriété du groupe chinois Syngenta] est l’un des plus gros fabricants de pesticides sur le territoire français. Organiser une action directement sur ce site permet de sortir cette firme de l’anonymat et de faire en sorte que le nom de Syngenta soit connu de toustes, comme c’est le cas pour Bayer-Monsanto depuis plusieurs années. Cette mobilisation s’inscrit aussi dans une campagne plus large de lutte contre l’agrochimie qui avait ciblé en novembre 2025 une usine appartenant à BASF, une autre de ces multinationales.

Quels sont les objectifs de cette coalition d’écologistes, de paysan⋅nes et de malades du cancer ?

L’une des priorités est de contredire le discours sur la responsabilité individuelle des consommateur⋅ices (qui « devraient acheter du bio ») et des travailleur⋅euses (qui « devraient porter des équipements qui les protègent mieux ») : cela fait peser la charge de l’intoxication sur les victimes et non pas sur les pollueurs. Envisager l’intoxication aux pesticides comme relevant de la responsabilité collective des industriels et des acteur⋅ices politiques qui les soutiennent – à travers la loi Duplomb, par exemple – permet de penser des actions politiques plus efficaces et des alliances plus larges.

Nos collectifs ont en commun de s’intéresser aux enjeux de la biodiversité et de l’agroécologie paysanne, bien connus des mobilisations écologistes. Mais ils intègrent aussi à leurs réflexions la question de la santé au travail des travailleur·euses agricoles et des salarié·es de l’agrochimie.

Ils dénoncent aussi le colonialisme chimique des firmes comme Syngenta, qui produisent en Europe des pesticides qui y sont interdits d’utilisation, pour les exporter dans des pays comme le Brésil. Ils rappellent que les travailleur·euses agricoles sont exposé⋅es à des degrés différents en fonction des territoires où ils vivent. Par exemple, en Martinique et en Guadeloupe, où, dans la continuité de l’esclavagisation, la majorité des habitant⋅es, subissent une intoxication au chlordécone.


« La mobilisation du 3 octobre contre les pesticides ne peut se penser en dehors de l’élection présidentielle à venir »


Stop pesticides dénonce enfin les liens entre les secteurs agrochimique et militaire, lequel utilise certains produits comme arme de guerre. Ce fut le cas pendant la guerre du Vietnam avec l’agent orange. C’est encore le cas aujourd’hui avec Adama, filiale israélienne de Syngenta, qui produit des pesticides ensuite épandus au Liban sud, en Cisjordanie et en Palestine pour faire avancer le front de la colonisation. C’est la raison de la présence demain, à Saint-Pierre-la-Garenne, d’un cortège anticolonialiste et antiraciste.

Justement, avec d’autres militant·es écologistes racisé·es, vous avez pris la parole en août 2025 pour dénoncer le racisme du camp écolo. Comment la situation a‑t-elle évolué depuis ?

Les milieux de gauche écologistes, féministes et queers, passent encore trop de temps à parler d’antifascisme sans se préoccuper d’antiracisme. Or, la mobilisation du 3 octobre ne peut se penser en dehors du contexte politique et de l’élection présidentielle à venir.

Saint-Pierre-la-Garenne est un territoire où le Rassemblement national (RN) est fortement implanté. L’accent mis sur la santé collective a permis, à l’échelle locale, de dépasser des clivages entre écologistes et agriculteur·ices. Certain·es professionnel⋅les syndiqué·es à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) ou aux Jeunes Agriculteurs (JA), syndicats marqués à droite, seront présent·es. Contrairement à ce qu’elles prétendent, la droite et l’extrême droite ne sont pas les alliées de la ruralité. La répartition des votes en faveur de la loi Duplomb l’avait déjà démontré. Les lignes bougent, et c’est en partie grâce à la présence de personnes racisées et antiracistes au sein des milieux écologistes.

Vous avez annoncé, dans le cadre de cette mobilisation, la présence d’une garderie et la mise à disposition de logements en dur en marge du rassemblement. Pourquoi ces dispositifs ?

L’histoire des mobilisations de masse, notamment quand elles appellent à l’action directe, soulève des questions d’accessibilité : comment la lutte peut-elle être efficace et offensive quand elle implique des personnes avec des vulnérabilités différentes ? Comment ne pas mettre certain⋅es participant⋅es en danger ? Quelles modalités choisir pour que tout le monde puisse participer ? Des malades venu⋅es de toute la France seront présent⋅es à la mobilisation : l’objectif est que tout le monde trouve sa place. Des plateaux vont être mis en place sur des tracteurs pour les personnes qui ne peuvent pas marcher, de nombreuses toilettes ont été installées et, dans le même ordre d’idée, des « bambineries » seront ouvertes. Il est capital que les enfants soient pris·es en compte et pris·es en charge dans nos espaces afin que leurs parents puissent prendre part à la lutte.

24.09.2026 à 16:09

💔Tout sur nos mères

La Déferlante
Le 4 septembre dernier, le procès de Lyndsay Clancy aux États-Unis a finalement été annulé. Accusée du meurtre de ses trois enfants – Callan (8 mois), Dawson (3 ans) et Cora (5 ans) –, elle […]

Texte intégral (2190 mots)

Le 4 septembre dernier, le procès de Lyndsay Clancy aux États-Unis a finalement été annulé. Accusée du meurtre de ses trois enfants – Callan (8 mois), Dawson (3 ans) et Cora (5 ans) –, elle avait reconnu les faits tout en plaidant l’irresponsabilité en raison d’une psychose post-partum. Après plusieurs semaines de débat, les membres du jury populaire du tribunal de Plymouth (Massachusetts) ont échoué à se mettre d’accord sur un verdict. Un dénouement rare qui raconte, entre beaucoup d’autres choses, notre impossibilité à regarder en face la violence des mères, quelles qu’en soient les raisons.

Comme l’ont rappelé les polémiques qui, tout l’été, ont accompagné ce procès, il reste difficile de penser la maternité en dehors des notions d’amour et de dévouement. On a vu des masculinistes accuser des féministes de récupérer l’affaire, mais aussi des militantes enfantistes regretter que les trois jeunes victimes aient été si peu nommées. Cette fiction toxique de la mère parfaite, émanation d’une rhétorique patriarcale tenace, enferme les mères dans un rôle parfois impossible à tenir. Pour le plus grand malheur de leurs filles.

Depuis les années 1970, des intellectuelles et militantes féministes s’attèlent pourtant à penser l’ambivalence maternelle : « Un jour [ma mère] pouvait railler mon amour pour la lecture et menacer de confisquer tous mes livres, écrit bell hooks dans Communion (Points féminisme, 2025), et le suivant, parler avec fierté de ces mêmes passions qu’elle avait tournées en dérision et utilisées pour m’humilier. » L’autrice africaine-étasunienne remarque que « des femmes de toutes origines et classes sociales confesseront avoir entendu la même chose de la bouche de leurs propres mères – des paroles qui leur donnaient le sentiment que quelque chose ne tournait vraiment pas rond chez elles ».

Rejoignant les perspectives développées par les militant⋅es enfantistes qui luttent contre la domination adulte à l’égard des enfants, une poignée d’autrices féministes reprennent aujourd’hui à leur compte la critique du totem maternel, depuis leur position de fille – avec une recrudescence de sorties en librairie ces derniers mois. Conscientes que le mother bashing est une piste verglacée déjà largement labourée par des masculinistes se réclamant de la pensée psychanalytique, elles prennent soin d’interroger le système politique dans lequel leurs mères comme leurs relations avec elles sont enfermées.

🖋 Dans cette newsletter, nous vous proposons une sélection d’ouvrages qui, à la délicate question de la violence des mères, suggèrent une multitude de réponses. La première et la plus efficace d’entre elles semblant finalement être… l’écriture.

👁 Je me regarderai dans les yeux

Dans son premier roman, sorti à l’été 2025, l’autrice franco-marocaine Rim Battal poursuit le travail entamé avec L’Eau du bain (Le Castor astral, 2019), un recueil de poésie dans lequel elle traitait en miroir la violence de son post-partum et la violence de sa mère. Dans Je me regarderai dans les yeux, la jeune Rim, 17 ans, s’enfuit de chez elle après que sa génitrice, l’ayant surprise à fumer une cigarette en cachette, l’a violemment insultée et rouée de coups. « Ma mère m’avait toujours surveillée de près, me collait à la peau, comme une seconde peau, craignait d’affreux scandales qui arriveraient par moi […] Le moindre mot en trop, suspicion de transgression, la moindre note un peu plus basse que les autres se soldait par une avalanche de coups plus ou moins raisonnables, plus ou moins douloureux », écrit-elle. Pour laver l’honneur de la famille, Rim Battal « présumée coupable du crime le plus ridicule qui soit : celui d’avoir couché sans être mariée » doit, pour rentrer chez elle, produire un test de virginité. Un examen finalement mené avec la brutalité d’un viol par une gynécologue de Casablanca. Dans la violence des femmes de son entourage, transférant sur ses épaules de jeune fille le poids millénaire de la misogynie institutionnalisée, elle voit pourtant « le résultat d’une violence plus grande » : « Ma mère, dit-elle, est déformée parce qu’elle enrage de ce plafond de verre et de ces murs de verre contre lesquels elle s’est cognée toute sa vie. »

→ Je me regarderai dans les yeux de Rim Battal, éditions Bayard, 2025. 16,50 euros
→ Je me regarderai dans les yeux de Rim Battal, éditions Bayard, 2025. 16,50 euros

🩸 Faire la peau

Comme pour Rim Battal, il est question pour Louise Chennevière – et ce, dès le titre de son ouvrage – de « faire la peau ». Pas tant à sa mère elle-même qu’au mythe de l’amour maternel inconditionnel. Écrit dans un souffle, ce livre paru en août 2026 dissèque le cheminement intérieur qui permet la rupture de l’écrivaine avec cette femme, bourgeoise toxicomane, fantasque et agressive, qui ne manque pas une occasion de l’humilier, moralement ou physiquement. Peut-être même que cet ouvrage est le véhicule de cette rupture. Écrit en parallèle de ce processus, il s’achève par un adieu.

Puissant, touchant, mais surtout très perturbant pour toustes les enfants – aimé·es ou non – que nous sommes, le livre fait exister un récit qui manque à nos représentations, aux grands mythes autant qu’à la littérature : celui d’une femme qui déboulonne la statue maternelle, renonce à un amour qu’on disait donné d’avance, pour finalement reprendre sa liberté. Dans une interview donnée à france.tv slash, Louise Chennevière affirme désormais tranquillement : « De la même manière que tout le monde vous dit : si votre mec vous frappe, il faut partir. J’ai envie de dire la même chose : si votre mère vous frappe, il faut partir. »

→ Faire la peau, de Louise Chennevière, éditions P.O.L, 2026. 21 euros

🙋🏽‍♀️ Pardonner à nos mères

Paru quelques mois plus tôt, Pardonner à nos mères apparaît comme une préfiguration théorique de Faire la peau. Dans cette enquête réalisée auprès de 150 femmes, la journaliste Claire Richard fait émerger et met à l’épreuve le concept de matrophobie. Un terme qu’elle a découvert chez la poétesse étasunienne Adrienne Rich qui désigne « la peur de devenir comme sa mère ». Une peur que l’autrice partage avec de nombreuses femmes, si l’on en croit les témoignages rapportés dans ce livre. Dès lors, le conflit mère-fille sort de la problématique individuelle et des interprétations psy pour devenir le motif d’une histoire collective. Une histoire marquée par la domination masculine et la naturalisation de la maternité qui, si on prend la peine de s’y attarder, permet non pas forcément de pardonner – comme le suggère le titre de l’ouvrage – mais au moins d’expliquer. Dans cet essai, la violence maternelle n’est qu’une modalité de relation parmi d’autres, mais elle a le mérite d’être abordée frontalement par des témoignages de violences psychologiques, physiques et sexuelles exercées par des mères.

→ Pardonner à nos mères de Claire Richard, Les renversantes / Leduc, 2025. 17 euros
→ Pardonner à nos mères de Claire Richard, Les renversantes / Leduc, 2025. 17 euros

❤️‍🩹 L’effet maternel

Comme Louise Chennevière, Virginie Linhart a grandi dans un appartement parisien aux murs tapissés de livres dans lequel se donnaient des fêtes auxquelles les enfants assistaient sans réellement y avoir été convié⋅es.

Comme elle, la documentariste a grandi auprès d’une mère – une figure de Mai 68 – qui rêvait de s’émanciper de son milieu bourgeois, au point de consacrer toute son énergie à s’écarter du modèle de mère que la société appelle de ses vœux. Publié il y a six ans, l’ouvrage raconte l’agressivité d’une mère à l’égard de sa fille, qui pourtant quémande en permanence son amour et son attention. Quelques années avant que le concept de « climat incestuel » ne se démocratise, il décrit l’omniprésence de la sexualité d’une adulte dans la vie de sa fille, les amants qui passent de l’une à l’autre, l’extrême porosité des espaces de chacune. Pour avoir raconté ce pan de son histoire familiale, l’autrice sera, quelques jours avant la parution du livre, assignée en référé par sa mère, qui réclame la suppression de plusieurs dizaines de pages la concernant. Virginie Linhart sortira gagnante de ce procès et déclarera dans Le Monde quelques années plus tard : « Plutôt que de rester dans le giron familial, j’ai préféré reprendre ma liberté à travers l’écriture, quitte à le payer très cher. »

→ L’Effet maternel de Virginie Linhardt, Flammarion, 2020. 19 euros
→ L’Effet maternel de Virginie Linhardt, Flammarion, 2020. 19 euros

Texte intégral (954 mots)

Depuis le 16 septembre 2022, jour de la mort de Jina Mahsa Amini, le corps des Iraniennes – les mortes autant que les vivantes – a fait l’objet de toutes sortes de projections, d’instrumentalisations et de fantasmes, bien au-delà des frontières de leur pays.

L’infâme proposition, le 30 août 2026, du Rassemblement national (RN) d’interdire le voile dans l’espace public n’en est que la plus navrante déclinaison. C’est une proposition, qui plus est, misogyne, liberticide et contraire aux droits et aux libertés fondamentales constitutionnellement garantis.

Prendre une femme, iranienne ou afghane, pour « taper », en France, sur une musulmane et sur « les féministes » est une rhétorique désormais bien rodée, bien au-delà des rangs du RN. Sur BFM-TV en cette rentrée, c’est au nom des Iraniennes que la journaliste Sonia Mabrouk s’en est prise à Sara El Attar, une entrepreneuse portant le voile. En février 2025 sur LCI, l’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau invoquait déjà « le courage des Iraniennes » pour donner la contradiction à une étudiante musulmane.

En réalité, Jina Mahsa Amini et les milliers de victimes de la théocratie militaire iranienne ont été tuées deux fois : par le régime de Téhéran, puis, à nouveau, en Occident, sous le poids des récits qui les ont dépossédées de leur lutte contre l’oppression totalitaire, en la vidant continuellement de sa substance.

Dans le débat public français, de l’extrême droite aux libéraux autoritaires, les Iraniennes ont sans cesse été réduites à leur refus du voile obligatoire. Elles ont tantôt servi à agiter la « menace islamiste » en mobilisant la figure orientaliste et raciste du musulman « barbare », tantôt de contre-modèle pour stigmatiser les femmes portant le voile en France.

Amalgamer le refus du voile forcé dans une théocratie qui pratique l’apartheid de genre par l’effet des lois et des pratiques discriminatoires avec le port du voile en France, où les femmes jouissent – en théorie du moins – de la liberté de culte, d’expression et du droit à disposer de leurs corps, relève d’une escroquerie intellectuelle absolue.

Mensonge de destruction massive

Pire, c’est au nom de la défense de la liberté des Iraniennes que les gouvernements d’extrême droite de Donald Trump aux États-Unis et de Benyamin Nétanyahou en Israël ont justifié les bombardements de 2025 et 2026 sur l’Iran et, en définitive, la mort de ces femmes. Ils renouent ainsi avec une tradition de mensonge de destruction massive qui rappelle l’invasion étasunienne de l’Afghanistan en 2001 et la guerre illégale menée par les Occidentaux en Irak en 2003.


« Les Iraniennes ne sont pas réductibles aux modèles de féminité sur lesquels les forces conservatrices projettent leurs peurs politiques »


Au fil des décennies, l’entreprise concertée de réification du corps des Iraniennes connaît quantité de responsables. Au premier chef, le pouvoir patriarcal iranien qui, tous régimes confondus, leur a enjoint, par la force de la loi et de la police chargée de contrôler et de surveiller les moindres de leurs faits et gestes, de se conformer à une représentation patriotique uniformisée de la femme modèle. Celle de la « femme moderne » occidentalisée et dévoilée de force pour le roi Reza Shah qui, imitant la Turquie kémaliste, interdisait le port du voile le 8 janvier 1936. Puis, celle de la « femme islamique » nécessairement voilée, depuis la loi promulguée en 1983 sous la République de l’ayatollah Khomeini.

Caillou dans la chaussure

Depuis bientôt cinquante ans, les femmes iraniennes doivent leur condition d’opprimées aux ingérences politiques du bloc de l’Ouest, autoproclamé « libérateur ». À la fin des années 1970, obnubilés par la menace soviétique, ses représentants ont, pour rallier l’Iran à leur cause, financé et armé les islamistes et permis leur victoire, contre les forces de gauche laïques, en 1979.

L’histoire de leur asservissement par des forces politiques conservatrices aux intérêts d’apparence contradictoire fait apparaître que les Iraniennes ne sont réductibles à aucun des modèles ni à aucun des contre-modèles de féminité sur lesquels ces forces conservatrices projettent leurs peurs politiques. Bien au contraire, elles sont le caillou dans la chaussure des extrêmes droites.

Depuis quatre ans, par leur lutte à mort pour l’autodétermination et l’exercice de leur pleine souveraineté politique à travers le mouvement Femme, vie liberté, les Iraniennes travaillent à la défaite des forces patriarcales qui, de Washington à Téhéran en passant par Paris, oppriment les femmes : l’État coercitif et despotique, les fondamentalismes religieux et les puissances impérialistes militarisées.

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