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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

31.03.2026 à 14:35

Prostitution, violence contre les femmes ou travail du sexe : deux analyses incompatibles A propos du livre « Les théories féministes » dirigé par Camille Froidevaux-Metterie

Geneviève Duché

Dans le livre dirigé par Camille Froidevaux-Metterie « Les théories féministes », Seuil, 2025, les deux textes « Les échanges sexuels tarifés » de Maria Nengeh Mensah et Sex-War's : « pornographie et féminisme pro-sexe » de Julie Lavigne ont certainement été choisis en toute connaissance de cause à savoir leur positionnement clair pour un « travail du sexe » reconnu, assimilable aux divers services marchands constituant un secteur important de l'économie moderne, contre les abolitionnistes de la prostitution et de la pornographie.

Tiré de Entre les lignes et les mots

Cette dernière est une forme de prostitution, les actes sexuels imposés à l'« actrice » sont réels et constituent des films et des images pouvant être achetés et vus durant toute la vie des femmes filmées.

Ce choix est étonnant, voire choquant, puisque ces articles ne sont pas contrebalancés par la théorie féministe abolitionniste du système prostitutionnel. Dans un livre universitaire on attendrait d'abord des données qui justifient les déclarations et assertions et s'il y a choix de présenter le féminisme « pro-sexe » ou plutôt pro-prostitution, on attendrait qu'il y ait un certain équilibre entre les tenant·es d'analyses opposées, ici pro-prostitution d'un côté et féministes abolitionnistes de l'autre. Rien de cela. Et chacun des chapitres indiqués se termine sur un paragraphe confortant, renforçant la « théorie » mise en valeur et soutenue.

Ce choix est en contradiction avec l'introduction « Les idées féministes : libération, révolution, résistance » de la coordonnatrice d'un ouvrage important et dans l'ensemble passionnant. Il y est écrit : « Toutes celles qui ont pensé le système de domination mis en œuvre par les hommes pour réduire les femmes et les personnes féminisées à une condition d'objectivation (être assignée à son corps-objet) et d'aliénation (être rendue étrangère à soi-même) ont édifié le champ des théories féministes dont nous avons voulu rendre compte dans cet ouvrage ».

Ou encore « Les théories féministes aspirent toutes à démanteler le système patriarcal par la destruction de son socle – l'assignation des femmes à leur corps sexuels et maternels – ». Or, la prostitution (pornographie comprise) est une fameuse et fort violente assignation des femmes à leur corps-sexuel. Pourquoi alors choisir cette théorie d'un travail sexuel qui « empouvoirait » les femmes ?

On ne peut accepter que les prétentions théoriques piétinent la réalité et l'oppression des femmes ainsi que les violences commises contre elles.

Voyons de plus près le texte intitulé « Les échanges sexuels tarifés » :

Dès la première phrase « la compréhension des échanges sexués (en fait actes sexuels tarifés) est importante pour penser la sexualité et le pouvoir des femmes » on voit le parti pris et surtout, rien de féministe ici ! Les violences prostitutionnelles, l'achat de l'usage d'un corps par les hommes pour leur propre plaisir n'ont rien à voir avec la sexualité des femmes et leurs désirs, et ne peut être un moyen de pouvoir pour les femmes, c'est le contraire ! Elles ont à voir avec la soumission des femmes aux désirs des hommes et à leur chosification ou marchandisation. La marchandisation étant à la fois la clé de voute et le combustible du système économique dominant, le capitalisme.

Maria Nengeh Mensah professeure à l'Ecole de travail social et chercheuse à l'Institut de recherches et d'études féministes à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) est spécialiste des dynamiques d'exclusion sociale liées à la santé et à la sexualité des femmes et des minorités sexuelles et de genres. Ses travaux portent sur l'action collective contre la stigmatisation et la création de contre-discours pour la reconnaissance sociale de tous·tes.

La prostitution qui existe au service des hommes, organisée par des hommes et qui contraint des millions de femmes et d'enfants dans le monde n'est pas une histoire de minorité sexuelle puisqu'elle n'est pas la sexualité des femmes. Elle est un usage particulier de leurs corps par les hommes dans un contexte de domination masculine, cette dernière n'est jamais questionnée dans le texte. Pourtant l'autrice est dans un institut d'études féministes.

Même les analyses de la directrice de l'ouvrage qui contient ce chapitre semblent être balayées d'entrée. Dans son livre « Un corps à soi », Seuil, 2021, Camille Froidevaux-Metterie différencie clairement ce qui arrive aux filles et aux garçons et qui soumet les unes au profit des autres : « Si les corps féminins et masculins sont toujours conçus à travers le prisme de leur sexuation, dans le cadre de la binarité à perpétuer, l'opération ne revêt absolument pas le même sens pour les uns que pour les autres… L'apparition des marqueurs sexués renvoie les filles à une immédiate objectivation qui place leur corps sous le signe de la disponibilité sexuelle quand elle initie chez les garçons un processus d'incarnation-subjectivation annonciateur de leur future autonomie. Si, des deux côtés, les mécanismes de l'enfermement dans les rôles de genre fonctionnent à plein, les effets produits quant aux possibilités d'action dans le monde et aux potentialités d'épanouissement des corps-sujets sont diamétralement opposés ».

L'apparent consentement de personnes prostituées à recevoir de l'argent contre des actes sexuels suffit-il à égaliser les potentialités masculines et féminines et à épanouir le corps-sujet de la prostituée ?

Catharine Mc Kinnon, oubliée dans le chapitre incriminé, écrit : « Le désir sexuel des femmes, au moins dans cette culture (Amérique du Nord) est construit socialement de telle sorte que nous en arrivons à souhaiter notre propre anéantissement, c'est-à-dire que notre soumission est érotisée comme féminine et féminité » (Traite, prostitution, inégalité. Editeur M, Québec, 2014).

Dans l'écrit de Maria Nengeh Mensah, on comprend vite qu'il ne sera pas question de personnes en situation de prostitution, d'êtres humaines réelles en fait, comme les femmes des premières nations soumises à la traite interne au Canada (voir Last girl first : une étude sur l'exploitation sexuelle ou système prostitutionnel et son impact disproportionné sur les personnes des communautés les plus discriminées, Ed. Libre, 2023), mais il sera question d'un fantasme de transgression et de résistance « brisant la règle patriarcale du service gratuit » !

Résistance à quoi ? au pouvoir des hommes, ceux qui ont l'argent, qui paient, qui commandent l'acte, ceux qui organisent le trafic et la coercition obligeant des femmes à la prostitution et à la soumission, coups, viols, violences psychologiques ? Tout est utilisé pour soumettre les femmes au commerce juteux de la prostitution.

L'autrice du chapitre n'a donc jamais entendu ou lu les clients s'échangeant leurs impressions et leurs envies entre mecs sur les réseaux sociaux ou dans les bistrots (Victor Malarek : Les prostitueurs, sexe à vendre, les hommes qui achètent du sexe Ed. M, 2013, voir aussi le livre de Zeromacho « Des bordels au forums, paroles d'hommes » qui sortira le 13 avril, Ed. La Trêve) ?

L'autrice du chapitre n'a donc jamais entendu des survivantes de la prostitution ou des femmes essayant de s'en sortir ?

Comment accepter qu'une violence sexuelle et sexiste, qu'une exploitation sexuelle mondiale prospère contre les personnes les plus vulnérabilisées par les systèmes de domination mondialisés soit théorisée par des universitaires comme un simple commerce de services ?

Ces universitaires imprègnent les étudiant·es qui les lisent ou assistent à leurs cours, de l'idée que le féminisme pourrait promouvoir l'asservissement sexuel comme un métier complexe et une liberté. Les universitaires ont la responsabilité de former le jugement des étudiant·es et de leur transmettre des moyens d'émancipation et non, de mon point de vue, de théoriser la liberté, sous l'influence nord-américaine, non plus comme « instrument de résistance à l'oppression » mais « outil même de la servitude volontaire » comme l'écrit Muriel Fabre-Magnan dans son livre « L'institution de la liberté », PUF, 2018.

Activité gratuite dans le mariage et service commercial pour la prostitution :

Pour le plus grand bonheur des hommes violents, des proxénètes et trafiquants, un groupe de personnes, d'associations pro-prostitution et d'intellectuelles et d'universitaires qui utilisent leur réputation « scientifique » et leur pouvoir, s'annoncent féministes en faisant croire aux femmes qu'en se comportant exactement de la manière dont les hommes veulent les traiter, elles regagneraient le pouvoir, qu'il serait empouvoirant de donner volontairement aux hommes ce qu'ils exigent d'elles. Ainsi elles ne tiennent pas compte de la double appropriation des femmes par les hommes dans le système patriarcal, l'appropriation privée par le mariage (corps féminins qui produisent des enfants, l'usage sexuel des corps féminins par les hommes, le corps des femmes qui nettoie, soigne, nourrit…) et l'appropriation collective par le viol, le harcèlement sexuel, la prostitution, la pornographie. La lecture de Colette Guillaumin serait utile à l'autrice.

Dans l'article « Les échanges sexuels tarifés » les féministes abolitionnistes sont critiquées parce qu'elles ne s'en prendraient qu'à la prostitution alors que le mariage serait pire oppression puisqu'imposant un travail gratuit. Une théorie féministe ne peut qu'analyser ces oppressions et les combattre toutes le deux. Les féministes abolitionnistes sont les plus actives dans la lutte contre toutes les formes de violences sexistes et sexuelles dont le viol dans le mariage par exemple.

Beaucoup de femmes sans autonomie financière ou assumant double ou triple journée de travail ou soumise à l'emprise du mari disent être bien dans cette situation ou y rester. Est-ce pour autant que nous ne pourrions remettre en question ce système de domination ? Les féministes l'ont fait et nous avons obtenu des progrès, des changements dans certains pays

Lorsque l'argent apparaît, la violence semble disparaître…Vive le commerce qui transforme les vulnérabilités subies par un très grand nombre de femmes et leur manque de liberté, en pouvoir de gagner fièrement leur vie ! Depuis Tabet, Pheterson et Rubin, qui déjà ne voulaient pas voir que la prostitution faisait partie des violences sexistes et sexuelles, des études et l'accompagnement des personnes en situation de prostitution (femmes les plus nombreuses, mais hommes et trans aussi) ont été multipliés et montrent comment les violences physiques, psychologiques et sexuelles (dont l'inceste) subies dans l'enfance et l'adolescence sont prégnantes dans la population des personnes prostituées. Elles montrent combien les proxénètes, les trafiquants, les clients ou acheteurs d'actes sexuels sont violents, combien les dommages à la santé des victimes sont importants et irréversibles. En France on pourra consulter : l'enquête pro-santé nationale de 2011, les travaux de Muriel Salmona, de Judith Trinquart, l'enquête participative santé et prostitution de 2025 réalisée par l'INSERM, le Mouvement du Nid en association avec l'Amicale du Nid, le livre Duché-Franjou en libre lecture sur le site de l'Amicale du Nid : « Pour un accompagnement féministe et abolitionniste des personnes victimes de la prostitution, une violence sexuelle et sexiste », 2023. La prostitution qu'elle soit déclarée consentie ou pas (le forçage, la coercition, le trafic concernent la grande majorité des personnes prostituées) détruit la santé physique, psychique et sexuelle des victimes. Tout cela est aujourd'hui bien documenté et ne peut être ignoré par les chercheuses en Sciences sociales et humaines dès lors qu'elles souhaitent publier sur ce sujet, sinon leur honnêteté peut être mise en doute. La prostitution n'est pas « une autonomie sexuelle » comme c'est écrit dans le texte, c'est un problème de santé publique.

Quant est citée dans l'article Paola Tabet (2009 : « Mais le rapport de pouvoir est à la base de l'entière organisation de la société », il faut savoir en tirer les leçons. Où est le pouvoir dans les relations femmes-hommes ? Et l'argent n'est-il pas essentiellement détenu par les hommes et au centre des rapports de pouvoir (tu n'en auras pas si tu ne fais pas ce que je veux !)

Service commercial complexe ou absence de choix des victimes de la prostitution :

Le chapitre objet de ma critique présente la prostitution comme un service parmi les autres services de consommation qui exige des savoir-faire complexes, de l'endurance physique, une connaissance sexuelle et anatomique de base. Certes les femmes en situation de prostitution sont fortes de supporter toutes ces violences, elles sont très résistantes pour survivre au nombre de passes quotidien, au mépris des clients, à la saleté des clients, aux coups des proxénètes, au peu d'argent reçu pour la majorité d'entre elles à tel point qu'une partie d'entre elles ne mangent pas à leur faim (les associations féministes abolitionnistes françaises reçoivent des milliers de femmes en situation de prostitution par an et connaissent très concrètement leur épuisement et leurs difficultés).

Essayons chacune de nous mettre à la place d'une femme prostituée, de nous représenter l'intimité mise en jeu dans cette rencontre avec chaque client et la peur constante que ça dégénère en violences supplémentaires. Le seul fait d'avoir à « offrir » son « corps » à des inconnus pour de l'argent est une violence en soi, et oblige à la dissociation qui détruit la santé.

Le stigmate qu'il faut savoir combattre, oui, est d'abord celui généré par les acheteurs d'actes sexuels ou prostitueurs.

La production de tant d'effets délétères pour la santé de celles qui « fournissent ce service » suffit à en interdire l'organisation. El il faut réclamer la même interdiction si d'autres services commerciaux produisent autant de dégâts humains. Le taux de personnes prostituées ayant des symptômes de psycho-trauma, 62,5%, est beaucoup plus élevé que celui des soldats ayant participé à des combats.

Quant à la connaissance sexuelle et anatomique du corps, les accompagnant·es des personnes prostituées se rendent compte que beaucoup ne connaissent pas leur propre anatomie, n'osent pas parler de leur corps, que beaucoup ont été violées et soumises à la prostitution très jeunes et n'ont pas eu de vie sexuelle autonome.

« Une ouverture d'esprit, une inclination à composer avec le mépris » voilà ce qui constituerait la valeur d'un « travail sexuel » alors que les prostituées se sentent violées, salies, manipulées, simples objets dans les mains d'hommes qui exigent parfois, en plus, d'être écoutés dans le déversement de leurs malheurs ou leur mal-être. Mais lisez donc les témoignages, écoutez les femmes au lieu de théoriser sans savoir ! C'est particulièrement grave lorsque cela concerne aussi le domaine du travail social.

Quant à la complexité des savoir-faire, ne va-t-elle pas exiger, pour reconnaître la valeur de ce service, l'organisation d'une formation, d'une filière scolaire ? et en particulier pour les plus démunies, les plus vulnérables qui ont seulement leur corps à vendre ou les mineures mal protégées dans les établissements des services sociaux, en France par exemple, où un grand nombre d'enfants dès 12-13 ans sont soumis·es à la prostitution. Un scandale certes, une ignominie, oui, et qui existe depuis bien longtemps. La soumission à la prostitution débute le plus fréquemment avant la majorité.

Il est difficile de sortir de la situation de prostitution non parce que la situation est bonne et pleine d'avenir mais parce qu'elle use et déprime, parce qu'elle accroit les vulnérabilités et bloque toute perspective d'avenir, parce qu'il faut prendre le risque de s'affronter aux proxénètes et trafiquants et de subir leur violence ou de la faire subir à sa famille. L'avenir, le hors prostitution est incertain, non connu, non appréhendé. Alors dans cette situation, il est logique d'entendre les personnes prostituées dirent qu'elles ont choisi cette activité, que ça leur convient, et qu'elles sont libres. Pour survivre, pour « retourner au turbin » tous les jours, comme certaines le disent, il faut bien se dire que l'on sert à quelque chose malgré la violence subie. Tant que l'on est soumise au système prostitutionnel on ne peut dire autre chose. C'est sur le chemin de sortie de la situation que l'on peut analyser l'oppression subie, et comprendre comment et par qui on a subi cette violence et petit à petit se réapproprier sa vie. Voilà ce que l'on sait et ce que l'on peut dire quand on passe du temps à accompagner les personnes en situation de prostitution. Et ce n'est pas une question de charité, c'est la volonté de réalisation d'une solidarité féministe qui propose aux femmes subissant des violences, d'en sortir.

La prostitution n'est pas un choix, elle est un piège tendu autant par celleux qui prétendent que c'est un travail à reconnaître que par celleux qui organisent et suscitent ce marché, les prostitueurs (un certain nombre de femmes sont proxénètes souvent pour pouvoir sortir elles-mêmes de la prostitution). La prostitution est une guerre contre les femmes comme l'écrit dans le titre de son livre Claudine Legardinier (Syllepse, 2015).

Il ne faut pas pénaliser les victimes mais abolir le système qui les produit.

Féminisme carcéral ou luttes féministes radicales contre les violences sexistes et sexuelles :

Sous ce titre « féminisme carcéral » l'autrice présente sommairement et faussement l'abolitionnisme qu'il faut bien distinguer de la prohibition qui criminalise les victimes que sont les personnes prostituées.

Pourtant l'abolitionnisme a fait et fait débat au Canada et au Québec et des associations féministes abolitionnistes accueillant de survivantes de la prostitution ou des femmes souhaitant en sortir ont fait connaître leur travail et la nature de l'exploitation sexuelle qu'est la prostitution.

L'abolitionnisme ou l'abolition de la prostitution est plus facilement comprise si on fait la comparaison avec l'esclavage et si on regarde de près la loi abolitionniste d'abolition du 13 avril 2016 en France : abolir l'esclavage signifie libérer les esclaves, interdire le trafic, le marché des esclaves, et interdire « leur utilisation » par des esclavagistes. Reviendrait-on sur l'abolition de l'esclavage si d'anciens esclaves en difficulté de trouver de quoi vivre disaient souhaiter retourner chez leur maître ? C'est arrivé aux Etats-Unis, par exemple, quand les esclaves ont été libéré·es mais démuni·es. Certain·es ne trouvaient pas d'emplois ou étaient plus mal traité·es par les industriels du nord qui les attendaient comme main d'œuvre corvéable.

Pour abolir un asservissement il faut en interdire la pratique à celleux qui en tirent profit, avantages et pouvoir et libérer les êtres asservis. Donc pour la prostitution cela se traduit par l'interdiction du marché des êtres à prostituer et l'achat des actes sexuels si vite justifié, dans nos sociétés, par de soi-disant « besoins sexuels irrépressibles » des hommes qu'aucune théorie féministe ne peut justifier. Dans le même temps cela nécessite la reconnaissance des personnes prostituées comme victimes de violences sexuelles et sexistes avec l'accompagnement nécessaire à la sortie de leur situation.

La loi abolitionniste française du 13 avril 2016 « renforçant la lutte contre le système prostitutionnel » inspirée du modèle suédois (pour plus de détail voir mon livre « Non au système prostitutionnel, une analyse féministe et abolitionniste », version février 2019, en libre lecture sur le site de l'Amicale du Nid), comprend quatre piliers :

La dépénalisation des personnes en situation de prostitution puisqu'elles sont victimes du système et leur accompagnement vers la sortie de la prostitution lorsqu'elles le désirent (parcours de sortie de la prostitution), avec étude des dossiers par des commissions départementales pour attribuer allocation et papiers pour les victimes étrangères ou « importées comme marchandises » par les trafiquants.

L'interdit de l'achat d'acte sexuel, ce qui est nouveau par rapport à l'abolitionnisme de 1949 (convention internationale luttant contre le proxénétisme et le trafic et considérant les personnes prostituées comme victimes) ; une contravention de de 1500 euros maximum. La récidive est punie de 3750 euros et devient un délit. Des stages de sensibilisation des acheteurs peuvent être imposés à la demande d'un juge.

Le renforcement de la lutte contre le proxénétisme et la traite des êtres humains aux fins d'exploitation sexuelle

La prévention dans sa double dimension de la prévention santé des personnes en situation de prostitution et la prévention primaire des pratiques prostitutionnelles et du recours à la prostitution (prévention auprès des jeunes, ajout à l'éducation à la vie affective et sexuelle dans l'Education nationale).

Il reste à la faire appliquer complètement, cette loi, avec efficacité comme pour toutes les lois progressistes qui gênent les intérêts d'une classe ou d'un groupe, ici celui des hommes. Rares sont encore ceux qui luttent réellement contre la prostitution. Le procès de Mazan en France a montré la grande « tolérance » des hommes pour la chosification des femmes et leur viol.

Pourquoi faut-il toujours, trop souvent aussi auprès de femmes qui se disent féministes, justifier l'usage du mot victime, qualification d'une situation à un moment donné des femmes qui subissent des violences en particulier l'exploitation sexuelle ? Le terme n'est pas remis en question quand on parle de victimes de raz de marée, d'accidents de voiture ou de tuerie de masse. Etre victime n'est pas une identité.

Reconnaître une personne comme victime, c'est reconnaître qu'elle est sujet de droit, droit à ce que soit reconnu le préjudice subi. Reconnaître une personne prostituée comme victime c'est lui permettre de ne pas retourner la culpabilité contre elle comme c'est souvent le cas ; c'est lui permettre de comprendre ce qui lui est arrivé ; c'est lui permettre d'en parler et d'en faire l'analyse et contrairement à l'infantilisation, de recouvrer sa dignité piétinée par la chosification opérée par le système prostitutionnel. C'est favoriser la reconnaissance sociale tant attendue par les pro-prostitution d'un travail du sexe reconnu.

Les femmes déterminées du mouvement « MeToo » ne revendiquent-elles pas que l'on reconnaisse les violences subies, qu'on reconnaisse leur situation de victime et que l'on poursuive les auteurs de ces violences. Je ne les vois pas infantilisées, au contraire elles font face, se lèvent et doivent avoir un courage immense. Les femmes n'auraient-elle pas le droit à la justice, à la reconnaissance de crimes commis contre elles et punis ? que la honte change de camp !

Quant à l'accusation de féminisme carcéral visant les abolitionnistes : expéditif et pas sérieux !

Je doute souvent que la répression, la prison, soient les seules solutions et soient très efficaces pour changer la société mais que faire face à la criminalité, la violence contre les femmes en particulier ? Ne faut-il pas arrêter les violeurs, les auteurs de féminicides ou de violences conjugales, les pédocriminels ? Doit -on dire aux victimes : débrouillez-vous, nous préférons que votre agresseur ne soit pas arrêté parce que ce serait du féminisme carcéral ?

Les lois sont nécessaires pour faire changer les comportements, faire reconnaître les droits des femmes et les sortir de l'asservissement patriarcal, pour obtenir l'égalité réelle entre les femmes et les hommes (parité en politique, égalité au travail, dans le mariage etc.), la liberté pour les femmes (contraception et avortement), la protection (interdit du viol, des coups, de la prostitution et de la traite des êtres humains à des fins d'exploitation sexuelle…). Les lois qui facilitent l'émancipation sont des éléments incontournables, mais pas les seuls, pour la réinvention du monde que nous voulons, nous les féministes. Et dans nos revendications pour ces droits, notre complicité avec les appareils d'Etat ou les institutions est inexistante dans la mesure où nous sommes obligées tous les jours de revendiquer, exiger, manifester, écrire pour arracher la justice, pour animer une lutte contre l'asservissement, pour l'émancipation, qui se heurte aujourd'hui à des régressions mortifères.

Pour un féminisme conséquent, est indispensable la promotion des travaux d'universitaires qui forment au regard et à l'analyse critique de la violence prostitutionnelle comme pour les autres violences sexuelles et sexistes, au lieu de laisser penser qu'il s'agit d'une chance de reconnaissance sociale pour les femmes.

Geneviève Duché
Féministe, universitaire retraitée, ancienne présidente de l'Amicale du Nid.
Mars 2026
Transmis par l'autrice

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31.03.2026 à 14:33

Le communautaire congédie la ministre Chantal Rouleau

Le communautaire à boutte, Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA)

30 mars 2026 — Le Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA) et le mouvement Le communautaire à boutte annoncent, aujourd'hui, qu'ils retirent toute leur confiance envers la ministre responsable de la Solidarité sociale et de l'Action communautaire, madame Chantal Rouleau et demandent au premier ministre de nommer un nouvel interlocuteur dès maintenant.

Déconnexion et mépris

Vendredi dernier, des représentant·es du mouvement ont assisté à un exercice d'interpellation à l'Assemblée nationale. Pendant près de deux heures, la ministre Rouleau s'est contentée de défendre son bilan, plutôt que de discuter de la réelle détresse qui se vit actuellement sur le terrain. Madame Rouleau était accompagnée de ses deux collègues, députées d'Argenteuil et d'Abitibi-Ouest, qui nous ont répété à quel point leur gouvernement est à l'écoute et généreux, que nous ne vivons pas de sous-financement et que nous devons être plus efficients.

Madame Rouleau ne mesure pas la gravité de la situation. Alors que les témoignages poignants des travailleuses et travailleurs se multiplient, elle nous parle d'un plan d'action gouvernemental imminent qu'elle n'a même pas amorcé et qui pourrait prendre jusqu'à deux ans avant de voir le jour.

Au terme de cette interpellation, madame Rouleau a refusé de rencontrer les représentant·es qui étaient sur place, prétextant un horaire chargé. Elle s'est contentée de venir rapidement serrer des mains, détournant même le regard des représentants du mouvement Le communautaire à boutte.

« Avec ce geste, madame Rouleau a tourné le dos à plus de 1 800 organismes en grève et à plus de 20 000 travailleuses et travailleurs du communautaire. Une telle attitude, à l'intérieur des murs de l'Assemblée nationale, un lieu hautement symbolique, est indigne de la fonction qu'elle occupe. », expriment d'une même voix Caroline Toupin, du RQ-ACA et Mathieu Gélinas, du mouvement Le communautaire à boutte.

Les interlocuteurs conviés à une rencontre sans la ministre

Depuis une semaine, on attend un engagement clair de madame Fréchette et de monsieur Drainville pour la création d'une table de négociation sérieuse, mais sans réponse. Pendant ce temps, madame Rouleau a refusé de s'asseoir avec nous et nous renvoie à son personnel de cabinet. Cela démontre l'ampleur de son indifférence.

Le RQ-ACA et le mouvement Le communautaire à boutte exigent :

● La démission de madame Rouleau de ses fonctions ministérielles et la nomination d'une nouvelle personne interlocutrice.
● La mise en place urgente d'une table de négociation avec le premier ministre actuel ou le ou la prochaine première ministre pour travailler à un plan de rattrapage.
● Une partie des 250 millions de dollars de la marge de manœuvre discrétionnaire dont disposera le ou la future première ministre.
● Le maintien du Fonds d'aide à l'action communautaire autonome (FAACA), vital non seulement pour les groupes de défense collective des droits, mais aussi pour l'autonomie de l'ensemble du mouvement communautaire autonome.

Le milieu communautaire maintient l'escalade

Le milieu communautaire autonome demeure debout et uni. Tant que de véritables engagements ne seront pas pris par la Coalition avenir Québec, le mouvement maintiendra l'escalade de ses moyens de pression.


À propos Le communautaire à boutte

Mouvement de grève communautaire né à Shawinigan et à Mékinac, maintenant présent dans toutes les régions du Québec. Les travailleuses et travailleurs luttent pour des conditions de travail décentes et un financement à la hauteur du rôle essentiel du communautaire. www.aboutte.info

Réseau québécois de l'action communautaire autonome (RQ-ACA)
Le RQ-ACA est l'interlocuteur privilégié du gouvernement en matière d'action communautaire autonome. Il représente 82 regroupements et organismes nationaux et rejoint au-delà de 4 500 organismes d'ACA partout au Québec. www.ra-aca.org

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31.03.2026 à 14:33

Intervention d'Haroun Bouazzi à l'Assemblée nationale sur le budget Girard

Haroun Bouazzi

Que l'Assemblée nationale blâme le gouvernement de la CAQ et le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie pour son budget qui ne prévoit ni mesure de nationalisation des parcs éoliens ni investissements significatifs dans la transition écologique et qui prive le Québec de leviers stratégiques et de revenus essentiels pour l'État dans un contexte où investir massivement dans l'énergie propre et publique constitue à la fois une nécessité écologique et une opportunité économique majeure pour le Québec.

M. Bouazzi : Merci, M. le Président. Ça fait maintenant mon troisième budget et c'est avec la même consternation que je me lève devant vous pour le commenter. Car, M. le Président, les crises auxquelles nous sommes confrontés n'ont pas baissé au Québec et, d'ailleurs, dans le monde. Je rappelle que la crise climatique ne fait que s'accélérer, que la crise de l'habitation ne fait que s'accélérer, que, depuis l'arrivée de la CAQ au pouvoir, il y a eu 40 % d'augmentation en itinérance. Aujourd'hui même, deux personnes itinérantes sont mortes dans les rues de Montréal, sont mortes dans les rues de Montréal. Il n'y a pas... jamais eu autant de personnes qui font la file dans les banques alimentaires, pratiquement 1 million de Québécoises et de Québécois, et plus de Québécoises que de Québécois. M. le Président, pour un gouvernement qui nous parle, nous gargarise d'égalité, on fait la file dans les banques alimentaires.

Dans ma circonscription, le nombre de personnes qui font la file dans les banques alimentaires a doublé depuis l'arrivée de ce gouvernement. Il y a maintenant huit ans, la majorité des personnes qui faisaient la file étaient des personnes sur l'aide sociale ou qui avaient toutes sortes de handicaps dans la vie. Aujourd'hui, on voit une augmentation constante des retraités, des personnes qui travaillent à plein temps, d'étudiants. Et pour cause, M. le Président, près d'un Québécois sur deux, aujourd'hui à l'université, 44 % pour être précis, souffre d'insécurité alimentaire. C'est un problème de dignité. C'est un problème d'égalité. C'est un problème de santé publique auquel, encore une fois, ce gouvernement ne s'attaque pas.

Nous avons, devant nous, des services publics auxquels nous ne sommes pas capables de répondre avec le budget actuel. Mes collègues en ont parlé longuement. En matière d'éducation, nos écoles sont délabrées, le système à trois vitesses où aujourd'hui on sait... pire encore que juste financer le privé, que les augmentations en pourcentage du financement du privé augmentent plus vite que celles du public, alors que c'est dans le public où les besoins se font criants.

En matière de santé, nous avons vu les différents hôpitaux dans une situation dramatique : des rongeurs, des fuites d'eau, des chauves-souris, des rats. C'est terrible, M. le Président. Et, encore une fois, les investissements sont insuffisants. Nous avons même vu, dans les dernières années, des personnes mourir dans les salles d'attente, M. le Président, parce qu'il y a... ils ont mis des heures et des heures pour être rencontrées. Et malheureusement le devoir de l'État n'a pas été rencontré, et ces personnes-là, après des heures d'attente, sont décédées dans les salles d'attente.

Mais, aujourd'hui, je vais prendre le temps qui m'est imparti pour parler d'autres sujets dont on ne parle pas assez. Étant donné, à juste titre, l'importance de la santé et de l'éducation, je vais parler plus largement de l'état de nos infrastructures, de la question de la justice, de la question du numérique et de la question de l'énergie.

Donc, commençons d'abord par les questions de l'infrastructure. Et vous m'excuserez, M. le Président, étant donné ma formation d'ingénieur, je vais très largement citer le rapport de l'Ordre des ingénieurs,qui est sorti il y a maintenant quelques mois.

Nos infrastructures sont dans un état délabré. Et c'est normal, M. le Président, la plupart de nos infrastructures ont été construites pendant la Révolution tranquille, et leur durée utile... leur durée de vie utile ; ...nos infrastructures ont été construites pendant la Révolution tranquille et leur durée utile... leur durée de vie >utile arrive à sa fin à peu près toutes en même temps. Ce que nous dit l'Ordre des ingénieurs, c'est que la situation, actuellement, c'est... 46 % des infrastructures sont... québécoises sont dans un état inquiétant, une augmentation de 4 % par rapport à l'année dernière. Le déficit, le défi ne cesse de croître, puisqu'il est passé de 40 à 45 milliards de dollars depuis l'an dernier, un manque à gagner qui va s'élever, d'ici 2035, à 75 milliards de dollars.

Là, je ne leur demande pas d'être de gauche, M. le Président. Je leur demande juste de planifier quelque chose qui est simple à planifier, la mise à jour de nos infrastructures, celles qui existent déjà.Je comprends que c'est toujours mieux de couper des rubans quand nous sommes élus, mais, étant donné l'état de nos routes, de nos écoles, de nos hôpitaux, de nos ponts, de notre transport en commun, il est largement temps de mettre de l'avant une planification à long terme, sur cinq ans, avec du financement adéquat. Nous ne sommes même pas capables de savoir quel est le réel état des infrastructures, et je rajoute que 60 % du parc des infrastructures, en fait, dépend des municipalités, et la vision qu'on a sur la situation est, pour le moins qu'on puisse dire, approximative.

En matière d'énergie, ce gouvernement continue à exercer un énorme transfert d'argent du public vers le privé puisqu'il s'entête à ne pas nationaliser les différentes éoliennes qui sont faites depuis l'année... le début des années 2000. Vous le savez comme moi, M. le Président, aucune des éoliennes qui a été construite n'appartient à 100 % à Hydro-Québec, et, j'espère que ce n'est un scoop pour personne ici, le privé est là pour faire de l'argent. Il se garde une cote à chaque kilowattheure, qu'il envoie aux actionnaires, quand il n'envoie pas carrément les revenus dans des paradis fiscaux, comme nous l'avons vu avec Brookfield, dont, jusqu'à récemment, un des anciens employés était chef de cabinet des deux derniers ministres de l'Énergie.

En matière d'énergie, nous allons aussi décider de mettre une énorme partie de notre énergie verte pour l'intelligence artificielle, d'énormes centres de données qui, vous le savez comme moi, n'apportent pas de nouveaux emplois. Nous n'avons toujours pas une politique, au Québec, qui encadre l'utilisation de l'intelligence artificielle, alors qu'on sait le coût exorbitant en matière d'eau potable, en matière d'énergie, en matière de minerai et en matière... sociaux, parce que je rappelle ici qu'un engin d'intelligence artificielle ne paie pas d'impôt et que ces compagnies-là se trouvent à l'étranger. Pour vous donner un ordre de grandeur, M. le Président, actuellement, il y a 82 centres de données, au Québec, qui consomment 150 mégawatts.L'objectif est de passer à 1 100 mégawatts, M. le Président, une augmentation de plus de 500 %.

Laissez-moi vous parler maintenant de la question de la justice.La situation est absolument dramatique. Il y a des coupes à tous les niveaux. Depuis novembre 2025, moins 7,9 % des effectifs au ministère de la Justice, moins 11,4 % au DPCP, moins 9 % des effectifs au Tribunal administratif du Québec, moins 6,6 % au Curateur public. Les centres de gestion des appels de la Sûreté du Québec sont débordés. 10 bureaux régionaux des infractions et des amendes ont été fermés dans les régions. Les centres d'appels du gouvernement, que ce soit au TAL, à l'IVAC et ailleurs, sont débordés aussi.

Et, pire encore, alors que la justice garantit notre pleine citoyenneté, à cause du manque... à cause du manque de ressources, tenez-vous bien, M. le Président, 46 %... non, 44 % des procureurs confirment avoir déjà renoncé à autoriser des poursuites criminelles ou avoir abandonné des poursuites en cours en raison d'un manque de ressources, c'est 55 % pour les tribunaux spécialisés en violence sexuelle et conjugale. C'est bien beau de parader devant les médias et nous dire qu'il y a des nouvelles... des nouveaux processus pour les personnes qui sont victimes d'agression sexuelle, mais, s'il n'y a pas les ressources pour pouvoir faire le suivi et mettre en place le processus, eh bien, on abandonne ces femmes.

On les abandonne aussi parce qu'il n'y a pas, malheureusement, assez de ressources quand elles sont victimes de violence et qu'elles fuient, elles fuient chez elles, puisque, malheureusement, nous ne sommes pas capables de les accueillir dans des environnements... dans des environnements sécuritaires.

Je pourrais continuer beaucoup. Laissez-moi dire un mot... Au Numérique, plus de 10 %, au ministère du Numérique, de baisse, malgré le fait que la première recommandation du juge Gallant, la première recommandation, c'est d'avoir une expertise bien payée, locale, pour éviter les centaines de millions de gaspillage de ce gouvernement qui a été fait. Même la recommandation n° 1 du juge Gallant n'a pas été suivie.

Malheureusement, l'argent existe, les milliardaires s'empiffrent, les gens les plus riches accaparent la grande majorité des augmentations.

Motion formulant un grief

Et laissez-moi... Je n'ai plus de temps, malheureusement, M. le Président. Laissez-moi vous lire la motion de grief que je propose :

« Que l'Assemblée nationale blâme le gouvernement de la CAQ et le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie pour son budget qui ne prévoit ni mesure de nationalisation des parcs éoliens ni investissements significatifs dans la transition écologique et qui prive le Québec de leviers stratégiques et de revenus essentiels pour l'État dans un contexte où investir massivement dans l'énergie propre et publique constitue à la fois une nécessité écologique et une opportunité économique majeure pour le Québec. »

Merci, M. le Président.


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