« Toutes tragédies créent de nouvelles zones qu’il faut habiter. » (Claudia Mosquera) Chaque époque hérite de ses fantômes. La nôtre, saturée de mémoriaux et de commémorations, ne manque pas tant de monuments que de sens. Nous avons appris, avec Pierre Nora1, à ériger des lieux de mémoire ; mais nous avons moins appris à écouter ce que j’appellerai ici la mémoire des lieux : cette mémoire souterraine qui circule sous la pierre, dans la mer, dans les vents et jusque dans le souffle des vivants.