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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

31.03.2026 à 14:26

La stratégie iranienne, moyens limités, impact maximum

Akram Zaoui

Acculé, le régime iranien livre à des adversaires mieux dotés une guerre géoéconomique épousant une logique du « rendement maximal ». Celle-ci consiste à infliger, avec des ressources restreintes, un maximum de dégâts économiques. Pour Téhéran, l'enjeu de cette approche n'est autre que sa survie en tant qu'État souverain.

Tiré d'Orient XXI.

Piégée depuis sa fondation aux marges de l'économie politique internationale, la République islamique porte pourtant son combat actuel contre Israël et les États-Unis sur le terrain de la géoéconomie, autrement dit à la confluence des sphères de la géopolitique et de l'économie.

Cette option est d'autant plus surprenante si l'on tient compte de deux données. La première est que ce sont deux pays cumulant des nœuds géoéconomiques (1) de premier plan et profondément interconnectés qui lui livrent depuis le 28 février 2026 une guerre existentielle. La seconde est que la position de l'Iran aux marges de la mondialisation s'explique par la mobilisation à son encontre d'un instrument géoéconomique par excellence – celui des sanctions.

Or, en arsenalisant la géographie économique de son environnement immédiat, l'Iran a procédé à un renversement : porter la guerre qu'on lui fait sur son territoire – et dont l'enjeu est sa survie en tant qu'État souverain (2) – au cœur de l'économie internationale, et au sein du système politique et du tissu socioéconomique états-unien.

Faire de nécessité vertu

C'est peu dire que le rapport de force économique et technologique, qui informe la capacité à financer et mener la guerre, est défavorable à l'Iran. Face à l'échelle et à l'interconnexion des complexes militaro-industriels, écosystèmes d'innovation et marchés de capitaux des États-Unis et d'Israël, l'Iran fait figure de périphérie.

Même en faisant abstraction des États-Unis (3), Israël constituerait sur les plans économique et technologique un adversaire supérieur à la République islamique. En 2024, le produit intérieur brut (PIB) israélien était ainsi près de 14 % supérieur à celui de l'Iran, alors que la population iranienne est plus de neuf fois plus élevée.

Cette situation est en partie le résultat d'une articulation réussie d'Israël à trois grands pôles de l'économie politique états-unienne – politique, financier et technologique –, à savoir Washington, New York, et la Silicon Valley. C'est à Washington que se décide le soutien militaro-financier à Israël, premier pays récipiendaire de l'aide états-unienne – 300 milliards de dollars (260 milliards d'euros) en termes réels (4) depuis sa fondation en 1948, et 21,7 milliards de dollars (19 milliards d'euros) entre octobre 2023 et octobre 2025. À New York, Israël est le troisième pays étranger le plus représenté à l'indice boursier Nasdaq, intense en valeurs technologiques. Quant à la Silicon Valley, elle est le siège d'entreprises technologiques ayant réalisé des investissements conséquents en Israël. En 2025, les seules entreprises israéliennes de cybersécurité Wiz et CyberArk ont été acquises pour une enveloppe de 57 milliards de dollars (50 milliards d'euros) (5).

À l'inverse, par une idéologie glorifiant l'autosuffisance et du fait des sanctions qui lui sont imposées, l'Iran se trouve largement isolé des flux commerciaux, financiers et technologiques internationaux. Cette situation a dégradé le potentiel de croissance, d'innovation et donc de défense de l'Iran. Elle a poussé le pays à développer des programmes d'armement appuyés sur des capacités de recherche-développement domestiques et des chaînes d'approvisionnement alambiquées, à l'efficacité réduite. Or ces programmes ont eux-mêmes souffert d'un contexte économique déprimé par une mauvaise gestion économique dont les résultats délétères ont été amplifiés par le choc macro-économique des sanctions. Ainsi, le PIB iranien s'est contracté de plus du tiers entre 2012 et 2024.

En faisant de nécessité vertu, l'Iran décide de mener une « guerre pauvre ». Un des emblèmes de cette stratégie est le modèle de drone Shahed 136, production de son industrie de la défense, dont le coût unitaire est estimé entre 20 et 50 000 dollars (entre 17 et 43 000 euros). Son interception peut quant à elle coûter plusieurs millions de dollars. L'usage de drones navals ou celui, possible, de mines flottantes pour bloquer le détroit d'Ormuz, où transitent près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole et 19 % du commerce de gaz naturel liquéfié, s'inscrirait dans la même logique de rendement maximal.

La centralité du détroit d'Ormuz

Porter la guerre dans les monarchies du Golfe, dont le PIB cumulé équivaut à près de cinq fois celui de l'Iran, pousse la même logique à de nouveaux degrés.

L'extension du conflit à leur territoire implique, pour les États du Golfe, trois niveaux de dommages : les dégâts matériels directement subis, les pertes de revenus d'exportations de biens et services et les coûts futurs – par exemple, en matière d'investissements directs étrangers non-réalisés ou de primes d'assurance renchéries – liés à la dégradation de la réputation de ces pays comme environnements sûrs et propices aux affaires.

Si les dommages et pertes à date se chiffrent déjà à plusieurs dizaines de milliards de dollars, la banque Goldman Sachs a estimé qu'un prolongement de la guerre pendant deux mois pourrait entraîner des contractions du PIB pouvant atteindre 14 % du PIB pour le Koweït et le Qatar, plus dépendants du détroit d'Ormuz pour leurs exportations. Au-delà, les efforts de diversification des économies de la sous-région pourraient se trouver menacés, mettant en péril la prospérité des six monarchies dans l'ère de l'après-pétrole.

Cependant, les actifs des fonds souverains et fonds de pension publics des pays du Golfe, dont le montant dépasse les 6 000 milliards de dollars (5 200 milliards d'euros), devrait leur permettre de faire face à la crise et à l'incertitude à venir. Aussi, c'est l'insertion profonde des monarchies du Golfe dans la mondialisation, et la centralité du détroit d'Ormuz pour leurs exportations et le marché mondial de l'énergie, qui constituent l'enjeu principal de la guerre géoéconomique de l'Iran.

Au-delà de secteurs comme la logistique, le tourisme et les transports aérien et maritime, ce sont les désordres introduits dans le marché international de l'énergie – l'Agence internationale de l'énergie ayant décrit les perturbations actuelles comme le plus grand choc qu'ait connu le secteur dans l'histoire – qui ont logé la crise au cœur de la mondialisation. Plusieurs conséquences sont possibles. La première concerne une dégradation du pouvoir d'achat des consommateurs, notamment aux États-Unis, du fait d'une poussée inflationniste portée par la hausse des prix des carburants et autres dérivés des hydrocarbures (engrais, plastiques, autres produits chimiques). La deuxième verrait la crise se propager à la production, notamment en perturbant les chaînes d'approvisionnement industrielles, y compris dans des secteurs de pointe et pour des produits à haute intensité technologique, comme les semi-conducteurs. La troisième verrait la contamination s'étendre au secteur financier, la perspective d'une augmentation des taux directeurs par les banques centrales pour répondre à l'inflation déprimant le crédit, renchérissant les emprunts publics et pesant sur les cours boursiers.

Un pari coûteux et risqué

Par la guerre géoéconomique, l'Iran espère activer une série de forces de rappel pour freiner le président américain Donald Trump. Les consommateurs-électeurs, en cette année d'élections de mi-mandat aux États-Unis, les marchés financiers, les grands acteurs industriels – notamment dans le secteur de l'intelligence artificielle, gourmand en énergie – et des alliés européens et dans une moindre mesure, asiatiques seraient soudés dans leur mécontentement. Au-delà, l'Iran souhaite dissuader durablement les États-Unis de la tentation d'un changement de régime, provoquer une désolidarisation entre Washington et Tel-Aviv et forcer une négociation devant conduire au respect de sa souveraineté, à une acceptation de sa place dans la région et à une levée des sanctions économiques.

Mais cette stratégie n'est pas sans coûts. Elle nuit durablement aux relations entre l'Iran et ses voisins du Golfe. Elle pourrait aussi convaincre d'autres pays de se joindre à une coalition contre la République islamique pour mettre un terme à la prise en otage de l'économie internationale dont elle se rendrait coupable. Elle est également susceptible d'entraîner une pression supplémentaire sur les pays en voie de développement se relevant à peine des chocs économiques induits par la pandémie et la guerre en Ukraine, isolant l'Iran jusque dans le Sud global. Mais, acculé par une guerre existentielle, sans doute, ces coûts sont-ils apparus comme relatifs – et inévitables – à Téhéran.

Notes

1- La notion de nœud géoéconomique décrit des espaces concentrant des infrastructures stratégiques pour l'accumulation et la projection de puissance, tels l'énergie, la finance, l'industrie, la technologie et le transport.

2- Comme le rappelle le politiste étatsuno-iranien Vali Nasr dans une interview avec Bloomberg publiée le 13 mars 2026, la guerre actuelle n'est pas seulement existentielle pour le régime, mais aussi pour l'Iran. Donald Trump a ainsi déclaré que la carte de l'Iran pourrait changer. Et le soutien à des éléments séparatistes au sein des minorités a toujours été envisagé par Israël comme un moyen de déstabilisation. Voir « Why Iran Isn't Breaking : Vali Nasr on the Uprising That Isn't Coming », The Mishal Husain Show, podcast de Bloomberg, visible sur Youtube.

3- Le PIB états-unien est supérieur de plus de 60 fois à celui de l'Iran, qui est inférieur à celui du Minnesota.

4- NDLR. C'est-à-dire, en prenant en compte l'inflation.

5- NDLR. Wiz a été racheté par Google pour 32 milliards de dollars (près de 28 milliards d'euros) en mars 2025, et CyberArk a été acquise par Palo Alto Networks pour 25 milliards de dollars (21 milliards d'euros) en juillet 2025.

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31.03.2026 à 14:23

Québec solidaire doit esquisser, dans le cadre de sa plate-forme, les orientations de sa politique internationale

Bernard Rioux

Le projet de plate-forme de Québec solidaire est quasiment muet sur les questions internationales et sur la politique militaire du gouvernement Carney. Pourtant, cette politique mobilise une bonne partie des richesses produites par la majorité populaire du Québec et du reste du Canada. Les sommes colossales consacrées à l'armement sont détournées de la lutte aux changements climatiques et du développement de services sociaux répondant aux besoins de la société canadienne.

Comme parti indépendantiste, Québec solidaire ne peut définir son projet de plate-forme dans le seul cadre des compétences définies par la Constitution canadienne, comme le ferait un parti provincialiste. La seule allusion à une politique internationale (Bloc 6, mesure 1) contient une formulation qui mérite d'être critiquée : l'engagement à « moderniser la doctrine Gérin-Lajoie » pour mener « une action internationale forte et autonome ». Cette perspective est notoirement insuffisante à l'heure où les guerres impérialistes se multiplient et où le réarmement de l'OTAN s'accélère. La doctrine Gérin-Lajoie, même modernisée, ne constitue pas une politique étrangère : elle définit une extension de compétences provinciales sur la scène internationale.

C'est pourquoi nous croyons qu'il serait important que la plate-forme de Québec solidaire définisse les bases de sa politique internationale et les orientations qu'il proposerait dans le cadre des débats de la constituante, qu'il promet par ailleurs d'instituer dès son premier mandat. Voici quelques pistes en ce sens.

Québec solidaire s'oppose fermement à la logique de réarmement permanent que porte l'État canadien, qu'elle s'exprime à travers l'OTAN ou d'autres cadres militaires impériaux. Ce refus se traduit concrètement par le rejet des objectifs de hausse des dépenses militaires, par une opposition sans concession aux armes nucléaires et par un engagement actif en faveur de leur abolition totale. Il implique également de nommer clairement ce qu'est la guerre dans le capitalisme contemporain : un marché lucratif et un instrument de domination au service du profit.

Québec solidaire exprime par ailleurs sa solidarité avec les peuples contraints de se défendre contre les agressions des puissances dominantes. Cela inclut la défense de Cuba face aux attaques de l'administration Trump, la défense du Venezuela et de l'Iran face aux violations du droit international, ainsi qu'une condamnation sans équivoque des comportements génocidaires du gouvernement Netanyahu contre le peuple palestinien.

L'antimilitarisme que défend Québec solidaire ne saurait se passer de l'implication active des travailleuses et des travailleurs de l'industrie de l'armement. Le parti soutient leurs luttes syndicales et promeut la reconversion de leurs emplois et de leurs savoir-faire vers des productions socialement utiles, au service du bien commun plutôt que de la guerre.

Dans cette perspective, Québec solidaire s'engage à contribuer à la construction d'un vaste mouvement antimilitariste capable de s'opposer à la remilitarisation austéritaire en cours au Canada. Ce mouvement devra s'attaquer au cœur même de l'idéologie militariste, c'est-à-dire à cette conception réductrice de la sécurité qui se résume à l'accumulation d'armes, à l'inflation des budgets militaires et au développement d'infrastructures de guerre.

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31.03.2026 à 14:23

À nous la rue

Association étudiante du Cégep de Saint-Laurent

MONTRÉAL, le 24 mars 2026 — Hier soir, à la suite d'une occupation pacifique du pavillon principal du Cégep de Saint-Laurent par des membres de l'association étudiante, l'administration du Cégep a appelé la SPVM.

14 policiers ont encerclé notre campement avec un avis d'éviction un peu avant 19h et ont évincé les étudiants présents qui peignaient des affiches et mangeaient leur souper. Les étudiants sont sortis sans résistance malgré s'être faits bousculés dans la sortie.

Plus tard dans la soirée, la population étudiante et employée du cégep a reçu un MIO de la part de la direction. Celui-ci annonçait la levée des cours du 24 au 27 mars inclusivement et contenant les citations suivantes : « Les événements malheureux d'aujourd'hui amènent la direction à revoir le modèle de gestion de la grève des étudiants et des étudiantes dans un souci de bienveillance et de sécurité pour tous et toutes. [...] Par conséquent, les personnes étudiantes ne sont plus tenues de se présenter au Cégep pour le piquetage quotidien nécessaire à la levée de cours. Nous vous remercions de votre collaboration. » C'est une tentative claire de taire la population étudiante et insinue que nous ne voulons que manquer des cours. Mais nous avons des demandes claires, dont aucune n'a été cédée par l'administration.

Ce matin, en dépit des avertissements de la direction, le piquetage a recommencé dès 5h30.Un campement a été monté vers 6h15 et nous avons atteint une centaine de grévistes vers 7h30. Comme hier, les gens ont collectivement apporté du thé, du café et des pâtisseries.

Des étudiants musiciens ont apporté des instruments, ralliant les grévistes dans une ambiance festive. Une ligne humaine a été formée devant la porte principale pour bloquer l'entrée de la direction. Les étudiants étaient bien habillés et prêts à tenir la ligne pendant aussi longtemps que nécessaire.

Vers 9h15, avec la coopération de la police, les grévistes ont quitté le terrain du cégep pour manifester dans les rues environnantes. Nous avons monté la rue Du Collège, tourné sur Saint-Germain, descendu sur Decelles et sommes retournés au cégep par l'avenue Sainte-Croix. Nous avons scandé des slogans comme « à nous la rue » et autres chants anti-austérité avec un accompagnement musical étudiant. Nous allons continuer à nous
exprimer tout aussi haut et fort tant que nos demandes ne sont pas entendues.

*****
AU CÉGEP SAINT-LAURENT, ON TIENT LA LIGNE

MONTRÉAL, le 25 mars 2026 — Ce matin, le piquetage au Cégep de Saint-Laurent a recommencé vers 5h du matin. Les étudiants, comme pendant le reste de la grève, sont arrivés avant l'aube pour monter les infrastructures permettant la continuation du piquetage.
Hier, la barricade symbolique devant le cégep avait été partiellement construite à l'aide d'une
quarantaine de bacs de recyclage du cégep. Ceux-ci ont été déplacés par l'administration pendant la nuit vers l'intérieur du bâtiment dans la Grande salle, lieu auquel les étudiants n'ont toujours pas accès. Dans les mots d'Élisabeth « Zaz » Daragon, membre de l'AECSL, « les bacs de recyclage ont plus de droits que nous. C'est ridicule. » Malgré le froid et le mépris, la population étudiante toujours aussi mobilisée a fait preuve de créativité et de volonté pour reconstruire et même étendre la barricade à l'aide de nouveaux matériaux trouvés sur le campus du cégep.

Sur la ligne de piquetage, des tentes ont été érigées, des tables et chaises ont été amenées et des bannières ont été montées. L'ambiance reste toute aussi festive et militante ; il y a de la musique, de la nourriture, des jeux et des activités. Des pancartes portant des messages
anti-austérité décorent la barricade et une planche de contreplaqué récupéré peint avec le nom de l'AECSL en fleurs orne l'entrée au stationnement. Les étudiants sont motivés et prêts à rester aussi longtemps que nécessaire.

Les négociations avec l'administration ont été rouvertes aujourd'hui. Celle-ci a encore une fois demandé à l'AECSL de laisser entrer le personnel administratif et de gestion. Nous avons
refusé. L'administration manque de transparence et ne se sent clairement pas redevable envers les étudiants. Mais le cégep sans les étudiants, ce n'est qu'une bâtisse qui croule remplie de bacs de recyclage. Nos revendications sont claires et raisonnables. Nous ne bougeons pas tant qu'elles ne sont pas mises en place.

Source :
Association étudiante du Cégep de Saint-Laurent

*****
TOUJOURS EN GRÈVE DANS LA PLUIE FROIDE DU MOIS DE MARS

MONTRÉAL, le 26 mars 2026 — La ligne de piquetage au Cégep de Saint-Laurent tient
toujours. Suite à la répression policière de lundi et après quatre jours de grève, à travers la pluie et le froid, les étudiants restent mobilisés et vaillants dans leur lutte. La barricade tient et tiendra jusqu'à ce que nos demandes soient entendues.

Ce matin, comme tous les jours, il y avait du café et des viennoiseries pour l'ensemble des
grévistes. La musique et les jeux continuent tout autant que la mobilisation étudiante. Des
véhicules passants klaxonnent pour montrer leur soutien. De plus, nous avons reçu une visite du Centre de Formation Politique qui a donné un atelier sur la mobilisation en plus des Cols bleus qui ont joué de la musique en solidarité avec notre ligne.

Nous sommes sortis dans les rues manifester vers 13h30. Accompagnés musicalement par des étudiants, nous avons fait entendre notre mécontentement dans la rue sous les
applaudissements des passants.

L'administration reste intransigeante face à nos revendications. Nous avons été clairs : nous
demandons un local pour du personnel infirmier, le retour des locaux d'étude à la bibliothèque, la conversion des postes précaires en postes permanents et que l'administration prenne position clairement et publiquement contre les politiques austères du gouvernement. Ceci n'est pas déraisonnable. Pourtant, l'administration refuse de céder.
Nous sommes prêts à la manifestation du 27 mars à 13 au Square Dorchester et comptons
amener un gros contingent d'étudiants pour exprimer nos griefs face à la CAQ côte-à-côte avec nos camarades d'autres associations étudiantes et syndicats.

L'Association étudiante du Cégep de Saint-Laurent tient aussi à prendre publiquement position contre les interventions policières contre la Société générale des étudiantes et étudiants du Collège de Maisonneuve et l'Association générale étudiante du Collège Lionel-Groulx en plus des membres de l'AECSL présents à leurs actions. Il est inacceptable de traiter ainsi des étudiants faisant usage de leurs droits de grève et de manifestation. Cette répression dramatique de la part des forces policières et du gouvernement est un symptôme des problèmes endémiques à cette administration.

*****
BILAN DE LA SEMAINE DE GRÈVE DU CÉGEP DE SAINT-LAURENT

MONTRÉAL, le 27 mars 2026 — La semaine de grève de l'Association étudiante du Cégep de
Saint-Laurent vient à sa fin. La barricade a été déconstruite et le campement a été levé. Le
cégep retrouve son état normal et les activités reprennent dès demain.
Nous avons participé aujourd'hui à la manifestation de la CRUES (Coalition de résistance pour l'unité étudiante syndicale) ayant commencé au Square Dorchester à 13h. Notre contingent était fort, composé de plus d'une centaine d'étudiants et accompagné de nos emblématiques musiciens. Nous avons manifesté ensemble avec des délégations du Cégep du Vieux-Montréal, du Cégep de Maisonneuve, du Collège Lionel-Groulx, et bien d'autres, en plus de plusieurs universités, afin de faire entendre nos voix plus fort par leur mise en chœur.

La grande leçon que nous avons apprise de cette grève, c'est que la population étudiante
laurentienne est forte, créative et vaillante. Nous avons fait preuve de volonté en nous levant au petit matin pour tenir la ligne de piquetage dès 5h30 et jusqu'à 18h tous les jours. Nous avons fait preuve de ressource en construisant notre barricade à partir de clôtures, de bacs et de palettes récupérés sur le terrain du cégep. Nous avons fait preuve d'inventivité en trouvant des façons de se garder au chaud et au sec tout en restant dehors à la merci des éléments jour après jour. Nous avons fait preuve de solidarité en se tenant les coudes et en organisant des petits-déjeuners et des dîners communautaires. Nous avons fait entendre nos voix à travers des manifestations proches du cégep et loin, au centre-ville avec nos camarades. Nous avons tissé des liens sociaux sur la ligne de piquetage ; nous avons dansé, chanté, joué et manifesté ensemble tout en n'oubliant pas que nous étions présents pour une cause et un combat qui nous rassemblent tous. Nous sortons de cette grève plus forts, plus soudés et prêts à continuer la lutte.

Nous ne perdons pas de vue que l'administration n'a toujours pas cédé à nos demandes. Nous demandons toujours un local pour le personnel infirmier, le retour des locaux d'étude à la bibliothèque, la conversion des postes précaires en postes stables et une prise de position
claire et publique contre l'austérité de la part du Cégep. Nous reviendrons le premier mai.

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