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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

31.03.2026 à 14:22

« Venez nous voir, on va vous montrer comment vous en passer » (Les Cyniques, groupe humoristique des années 1961-1972)

Jean-François Delisle

Rien n'illustre mieux la distance qui sépare la classe politique d'une bonne partie de l'électorat que le discours qui sert à justifier les compressions budgétaires, discours tenu par l'actuel ministre caquiste des Finances, Éric Girard. Il s'agit peut-être d'un « budget jetable après usage », comme certains commentateurs l'ont soutenu. Mais il se situe dans la droite ligne de l'ensemble des budgets présentés par les ministres des Finances depuis les années 1980, c'est-à-dire axé pour l'essentiel sur l'équilibre budgétaire, et ce au détriment des mesures sociales et de la justice redistributive.

Présenté un budget « équilibré » et « responsable » est le but ultime de la gouvernance économique néo conservatrice, un objet de fierté de la part de la plupart des ministres des Finances .La qualité de vie de la population pour eux apparaît bien secondaire. C'est ce qui se cache derrière leurs exhortations aux gens à accepter « l'austérité », c'est-à-dire des politiques de pauvreté déguisées en discipline financière.

C'est là une orientation typiquement capitaliste et bourgeoise : les différents gouvernements, tant au fédéral qu'au provincial, suivent cette politique de restrictions budgétaires à divers degrés depuis la décennie 1980. On veut un État minimaliste, qui appuie l'entreprise privée et des dépenses publiques « sous contrôle ». Sans l'avouer, les différents gouvernements qui se sont succédé au Québec depuis 1981 conçoivent plus ou moins la gestion d'État sur le modèle du privé.

La coupure entre une bonne partie de la population et la classe politique est donc flagrante. Le fait que le dernier budget Girard contient certaines mesures comme investir dans les banques alimentaires ne serait pas nécessaire si la pauvreté n'était si répandue. Le gouvernement Legault devra affronter une grève de deux semaines de la part des travailleurs et travailleuses du communautaire, ce qui en dit long sur l'étendue et l'intensité des problèmes que ceux-ci doivent affronter avec des moyens de plus en plus réduits. Il ne faut pas confondre patience et résignation.

Posons-nous la question suivante : dans une entreprise privée, combien d'actionnaires maintiendraient en poste un gestionnaire qui accumulerait des pertes due à des dépenses inconsidérées au détriment des profits ? Éric Girard aurait été vite congédié...

Cette orientation qui sévit depuis trop longtemps provient en droite ligne de l'idéologie managériale, qui s'est imposée depuis 1979, avec l'arrivée au pouvoir des conservateurs de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et surtout des républicains de Ronald Reagan à la Maison-Blanche en 1980. Elle prend pour modèle le fonctionnement de l'entreprise privée et veut importer, du moins jusqu'à un certain point, ses méthodes de gestion dans le secteur public. Dans cette optique, les dépenses publiques sont moins des investissements sociaux que du gaspillage. Ses tenants prônent donc un État minimal et une soumission plus poussée de la main d'oeuvre aux employeurs privés. Nous sommes là en présence d'une rupture, au moins partielle avec le keynésianisme, qui valorisait au contraire les dépenses publiques pour contribuer à maintenir un pouvoir d'achat substantiel de la population et contribuer ainsi à faire rouler l'économie. Évidemment, on ne reviendra pas à la période pré-keynésienne, les programmes sociaux et les investissements publics vont continuer d'exister, mais ils ont subi d'importants reculs depuis plus d'une quarantaine d'années (notamment le système d'indemnisation du chômage).

La population, pour sa part, est relativement insensible à l'équilibre budgétaire. Elle juge le gouvernement sur l'amélioration de ses conditions de vie. Elle croit, avec raison, que si d'aventure un coup de barre s'impose pour rétablir un certain équilibre budgétaire, le parti au pouvoir doit réduire ses dépenses aux bons endroits et avec précaution, guidé par le constant souci de ménager les services publics, ce qui n'est guère le cas actuellement. On n'a qu'à examiner l'état du système hospitalier, le recours toujours plus fréquent aux banques alimentaires et aux friperies, sans oublier la crise du logement due à la complaisance du gouvernement Legault face aux spéculateurs immobiliers. De plus, les baisses d'impôt, si chères aux néoconservateurs, privent le gouvernement de revenus substantiels. On assiste de plus à la sous-prolétarisation d'une bonne partie de la main d'oeuvre.

Dans tout ce contexte, la notion d'austérité ne représente que l'élégant manteau qui dissimule (de plus en plus mal) des politiques de pauvreté. Les inégalités sociales explosent. Les préoccupations que révèle le budget Girard apparaissent très éloignées de celles des électeurs et électrices.

C'est comme le chien qui court après sa queue : « l'austérité » aggrave la pauvreté, car elle prive le gouvernement de revenus essentiels, ce qui compromet l'équilibre budgétaire vu qu'une proportion plus ou moins considérable de gens disposent de peu de moyens pour faire rouler l'économie. Cherchez l'erreur...

Jean-François Delisle

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31.03.2026 à 14:21

La réalité des travailleuses dans le milieu communautaire : quand les chiffres masquent l'épuisement

Stéphanie Vallée

Alors que des voix s'élèvent en prétendant que le financement du secteur communautaire aurait atteint des niveaux « historiquement élevés » et qu'il faudrait désormais se tourner vers la philanthropie, les travailleuses sur le terrain constatent une réalité toute autre. Derrière les tableaux statistiques, il y a des femmes, très majoritairement, qui portent chaque jour un système abîmé. Elles prennent soin des populations de plus en plus vulnérables, avec des moyens qui restent insuffisants pour répondre aux besoins en croissance constante.

Les besoins explosent plus vite que les budgets

Oui, les montants gouvernementaux ont augmenté ces dernières années. Mais dans nos milieux, personne ne voit d'amélioration durable. Ce que nous voyons, ce sont des détresses plus profondes, des files qui s'allongent et des interventions beaucoup plus complexes qu'il y a dix ans. Les violences faites aux femmes, la crise du logement, la hausse du coût de la vie, l'explosion des problèmes de santé mentale, l'isolement, la pauvreté : voilà ce que les travailleuses du milieu communautaire affrontent chaque jour.

L'argent supplémentaire (lorsqu'il est reçu !) sert en grande partie à éviter l'effondrement, non à répondre pleinement à la demande. Le prétendu « financement en hausse » disparaît aussitôt qu'il entre : loyers en augmentation, assurances plus chères, coûts de fonctionnement qui grimpent, besoin de rehausser des salaires historiquement bas pour retenir des travailleuses au bord du burnout.

Sur le terrain, nous ne voyons pas l'abondance. Nous voyons l'épuisement. Ce n'est pas en multipliant les demandes de financement, par exemple aux nombreuses fondations qui lèvent la main, que les travailleuses arriveront à remplir la mission que leur ont donnée leur conseil d'administration, leurs membres issus des communautés ! Sans compter les nombreuses redditions de comptes qui viennent avec ces subventions par projets et les ententes avec la philanthropie.

Non, ce n'est pas un bon calcul.

La générosité des Québécois mise à mal ?

Certains affirment que le problème serait un manque de dons de la population. Mais les travailleuses du milieu communautaire le savent : les Québécois ne sont pas moins généreux, ils sont plus pauvres. Les loyers avalent une part incontrôlable des revenus, la classe moyenne glisse vers la précarité, et les personnes en situation de vulnérabilité n'ont plus un dollar de marge. De plus, les impôts ne devraient-ils pas suffire au financement du filet social ?

Les organismes ne manquent pas d'appui populaire. Nous le constaterons le 2 avril prochain devant l'Assemblée nationale. Les communautés s'impliquent autrement, elles donnent du temps, participent aux actions collectives. N'oublions pas qu'une personne sur trois aura besoin d'un organisme communautaire au cours de sa vie et s'y impliquera.

La philanthropie ne remplace pas la mission des organismes communautaires AUTONOMES

C'est une drôle d'analyse d'affirmer qu'un financement gouvernemental adéquat menacerait l'autonomie du milieu communautaire autonome, alors que la philanthropie offrirait une liberté accrue. Dans la vraie vie des organismes, c'est tout le contraire.

Les dons privés sont instables, souvent orientés vers des projets qui plaisent aux donateurs plutôt que vers les besoins urgents ou politiques, et exigent une compétition injuste entre organismes. Pour les petites équipes, la philanthropie implique : plus d'administration, plus de reddition de comptes dispersée, plus de recherche de fonds, moins de temps pour la mission. En résumé, comme dans beaucoup de sphères de notre société, plus tu es riche, plus tu as de ressources pour trouver du financement. Le fonctionnement, l'essence même des organismes communautaires autonomes avec leur approche globale, large, axée sur les personnes, force les équipes de travail à prioriser les personnes qui fréquentent leur organisme plutôt que de faire des campagnes de financement ou remplir des demandes aux fondations. Les équipes restreintes sont consacrées au déploiement de leur mission.

En plus, cette charité préconisée est davantage une évasion fiscale. Des personnes riches qui décident ce que la société devrait financer (ce qui veulent financer et comment ils le veulent aussi), au lieu que cet argent soit soumis aux décisions collectives en étant placé, comme il le devrait, dans les coffres de l'État. Alors, quand on parle d'autonomie, c'est de l'autonomie de qui qu'on priorise, celle des organismes communautaires autonomes ou celles des bien nantis ?

Ce dont nous manquons aujourd'hui, ce n'est pas de charité, mais de justice sociale, de solidarité collective et de décisions politiques courageuses.

Stéphanie Vallée, co-coordonnatrice à L'R des centres de femmes du Québec.
Endossent cette lettre, l'équipe de L'R des centres de femmes du Québec et son comité de coordination composé des représentantes de chaque région.

Pages reliées

La solidarité sociale n'est pas un gala de charité, Caroline Toupin, coordonnatrice du RQ-ACA

Milieu communautaire – En déficit de charité ou plutôt de reconnaissance ?, Noémie Barolet et Charles-Philippe Laperrière du Centre communautaire Val-Martin

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31.03.2026 à 14:20

Plaidoyer pour le communautaire !

Mohamed Lotfi

Depuis mon arrivée au Québec en 1982, je consomme du communautaire. Depuis 1985, je n'ai pas cessé d'en produire. La notion était totalement nouvelle pour moi. J'y ai trouvé non seulement des services et des ressources, mais aussi un espace de création, de liberté et d'épanouissement.

Une manière joyeuse d'habiter le monde. Le communautaire a été ma porte d'entrée dans un Québec qui fut jadis le royaume du communautaire. Aujourd'hui, ce royaume est en train de perdre son trône. Il est, à juste titre, à boutte.

Derrière ce mot, communautaire, il y a encore des visages, des cuisines où l'on sert des repas chauds, des salles paroissiales transformées en refuges, des intervenants pour guider les jeunes vers des chemins moins dangereux. Des maisons bleus pour accueillir des jeunes femmes enceintes. Des intervenantes et des intervenants fatigués mais debout, encore, toujours.

Le communautaire est l'héritier d'un système autrefois porté par l'Église, qui veillait sur ses ouailles en les engageant dans une action à la fois spirituelle et concrète. L'action communautaire au Québec, c'est ce qui a traversé la disparition de l'Église pour continuer de servir le bien commun. Elle porte aussi, incontestablement, une part de l'héritage des Premières Nations. Ce qui relevait au départ du survivre ensemble s'est transformé, grâce au communautaire, en un véritable vivre-ensemble.

En 1994, Jacques Parizeau, au tout début de son mandat comme Premier ministre, plaçait l'action communautaire au cœur d'un projet social. Pour lui, un Québec souverain était un pays foncièrement communautaire. Dans son premier discours d'orientation, marqué par l'enthousiasme, il reconnaissait clairement le rôle essentiel du communautaire dans le tissu québécois. Il ne s'agissait pas d'un simple complément à l'État, mais d'un levier vivant, enraciné dans les réalités locales, capable de rejoindre là où les grandes structures échouent. Un discours conséquent, dans lequel Parizeau annonçait des investissements importants.

Cette reconnaissance n'était pas anodine. Elle traduisait une compréhension fine de ce que le communautaire incarne. Une proximité que les institutions ne peuvent pas toujours offrir. Une souplesse aussi. Là où les politiques publiques sont lentes, les organismes agissent vite. Là où les formulaires découragent, ils accueillent sans condition. C'est aussi là que les nouveaux arrivants peuvent cultiver leur appartenance citoyenne dans leur société d'accueil. Pour moi, le communautaire a été le meilleur remède contre le communautarisme. Contre l'enfermement.

Force est de constater aujourd'hui que le soutien politique à l'action communautaire s'est effrité. Le Québec est en train de se priver de ce qui le distingue profondément, de ce qui lui donnait une forme de souveraineté.

Le communautaire est désormais largement absent des discours politiques et médiatiques. Il est aussi de moins en moins présent dans les choix budgétaires. À titre d'exemple, le budget 2025-2026 ne prévoit qu'environ 22,9 millions de dollars pour l'ensemble du milieu communautaire, alors que les besoins sont estimés à 2,6 milliards. Dans certains cas, on observe même des reculs, comme une diminution de 4,2 millions pour les organismes soutenant l'intégration des personnes immigrantes. Ailleurs, les montants annoncés tiennent davantage du symbole que d'un réel soutien. Quelques millions dispersés entre différents secteurs, parfois à peine quelques centaines de milliers de dollars.

À cela s'ajoute une indexation insuffisante des subventions, bien en deçà de l'augmentation réelle des coûts, ce qui équivaut, dans les faits, à une coupure déguisée. Pendant ce temps, l'État impose des compressions globales et limite la croissance de ses dépenses, ce qui se répercute directement sur les organismes. Même lorsqu'il n'y a pas de coupures franches, il y a un étouffement progressif.

Oui, le communautaire est à boutte. Le slogan claque, brut, sans détour. Il ne cherche pas à séduire, il cherche à réveiller.

Les organismes communautaires répondent à la pauvreté, à l'isolement, à la détresse psychologique, à la violence, à l'insécurité alimentaire. Ils colmatent les brèches d'un système qui craque de partout. Mais leurs moyens, eux, n'ont pas suivi, ou si peu.

Pour avoir été à la fois témoin et acteur, je peux dire que les années 80 et 90 ont été un âge d'or du communautaire. La radio communautaire en portait l'écho, et les anciens regardent aujourd'hui cette époque avec une certaine nostalgie.

Lors d'un colloque tenu les 25 et 26 mars dans le cadre de la Semaine d'actions contre le racisme, Lela Savić, fondatrice, directrice générale et rédactrice en chef de La Converse, évoquait la situation actuelle. Pour elle, « le communautaire n'est pas à boutte, il est brûlé ». Son constat rejoint de nombreux témoignages recueillis ces dernières années. Des intervenants parlent d'épuisement chronique. L'un d'eux confiait que"le plus difficile est de devoir refuser une aide, fermer une liste d'attente, détourner le regard faute de moyens". Ce sont des blessures invisibles, mais profondes.

Le communautaire, ce n'est pas une abstraction. C'est une femme qui trouve enfin un endroit sécuritaire. C'est un jeune qui décroche moins parce qu'un adulte croit en lui. C'est un aîné qui mange chaud. C'est aussi un filet social qui empêche des chutes irréversibles. Quand ce filet s'effiloche, ce sont des vies qui basculent.

Le paradoxe est cruel. Plus les besoins augmentent, plus les ressources stagnent. Le financement est souvent précaire, fragmenté, conditionnel. Beaucoup d'organismes vivent au rythme des projets, des subventions temporaires et de redditions de comptes lourdes. On leur demande d'innover, tout en les maintenant dans une insécurité constante.

Certains sont aujourd'hui au bord du gouffre. D'autres envisagent carrément de fermer. Et ce ne sont pas de petites pertes. Chaque fermeture, c'est un quartier qui perd un repère. C'est une porte qui se ferme pour les plus vulnérables.

Ce qui frappe, c'est le décalage entre les discours et la réalité. On reconnaît l'importance du communautaire, on le cite comme faisant partie du modèle québécois. Mais dans les faits, on participe à son déclin.

Il y a quelque chose de profondément injuste à demander à des gens déjà engagés corps et âme de porter encore plus sans leur donner les moyens de tenir. Le dévouement ne peut pas être une politique publique. La bonne volonté ne remplace pas un financement stable.

Et pourtant, malgré tout, ils tiennent. Par conviction, par solidarité, par attachement à leur milieu. C'est admirable. Mais ce n'est pas durable.

Le slogan dit que le communautaire est à boutte. Il faut l'entendre comme un avertissement, pas comme une fatalité. Derrière l'épuisement, il y a encore une force immense. Mais cette force a besoin d'être reconnue autrement que par des mots.

Revenir à l'esprit de 1994 ne signifie pas céder à la nostalgie. Cela signifie retrouver une ambition. Celle de considérer le communautaire non pas comme un coût, mais comme un investissement. Non pas comme un dernier recours, mais comme une composante essentielle du vivre ensemble.

Le Québec s'est aussi construit à travers ces réseaux d'entraide. Les fragiliser, c'est fragiliser ce que nous sommes.

Alors la question n'est plus de savoir si le communautaire est important. Nous le savons déjà. La vraie question est simple. Sommes-nous prêts à lui donner les moyens de continuer à exister, pour vrai ?

Il y a dans le communautaire des êtres d'exception qui méritent notre reconnaissance. Organiser un gala annuel pour les récompenser, serait la moindre des choses. Une façon de célébrer une des plus belles activités humaines et lui donner une force politique. J'en ai croisé plusieurs lors de ce colloque de deux jours. Un des plus illustre est Mohamed Mimoun, appelé Momo, agent de mobilisation et de développement au Forum jeunesse de St-Michel. À lui seul, cet homme fait le travail d'une armée de fonctionnaires. La communauté lui doit beaucoup. En attendant qu'il reçoive très bientôt je l'espère la médaille de l'Assemblée Nationale, nous saluons tous son travail inestimable auprès des jeunes.

Celui qui m'a le plus impressionné à la fin de ce colloque est un jeune de 17 ans. Il s'appelle Amine Zakaria, formé en journalisme à l'école la Converse, fondée par Lela Savic. Organisme communautaire consacré aux jeunes. Son rap pour clore sa présentation est un hymne à la jeunesse québécoise.

« Je m'appelle Amine, je suis québécois et je vous emmerde ». Cette dernière phrase d'Amine, à elle seule, est la plus belle déclaration d'amour d'un citoyen issu de l'immigration à sa société d'accueil. C'est aussi le fruit d'une action magistralement communautaire.

Mohamed Lotfi

27 Mars 2026

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