29.09.2026 à 14:30

Il n'est pas souhaitable qu'un parti n'ayant que 30 % d'appui obtienne 100 % du pouvoir, juge l'auteure, qui prône une réforme du système électoral au Québec.
* L'autrice est vice-présidente du Mouvement Démocratie Nouvelle.
Qu'est-ce que les récents sondages nous disent sur la campagne électorale actuelle ?
D'abord, qu'un petit changement de pourcentage de vote à un niveau national peut influencer énormément la composition de l'Assemblée nationale. Le Parti québécois avec le même pourcentage d'appui devient possiblement majoritaire avec 1 ou 2 % de variation pour les autres partis. Et il pourrait être majoritaire avec 30 % des votes. Et être majoritaire dans notre système veut dire avoir 100 % du pouvoir. Est-ce que c'est bon pour la démocratie ? Poser la question, c'est un peu y répondre.
Ensuite, le vote stratégique prend une ampleur grandement exagérée. Plusieurs personnes n'ont pas encore décidé pour qui voter, mais savent assez clairement le ou les partis qu'elles ne veulent pas voir au pouvoir. On entend plein d'analystes parler de l'impact du transfert des votes d'un parti à un autre, etc. On en vient souvent à se demander pour qui voter pour éviter qu'un parti prenne le pouvoir ou pour éviter qu'il soit majoritaire.
La base du problème est notre mode de scrutin qui a été conçu pour un système à deux partis politiques et qui est complètement inadapté à la situation actuelle où plusieurs partis existent et sont forts parce qu'ils sont le reflet de la population, qui est pluraliste.
Il est temps de changer le système électoral et d'aller vers un système proportionnel mixte. La représentation à l'Assemblée nationale serait beaucoup plus près des pourcentages de votes. Les gens se reconnaîtraient dans leur Assemblée nationale autant au niveau national que dans leur région. Il n'y aurait plus de différences si importantes à cause d'une petite fluctuation des intentions de vote. Et on pourrait enfin voter pour le parti qui correspond le plus à nos valeurs et à notre vision de l'avenir.
Les partis devront collaborer pour définir des politiques qui répondent vraiment aux besoins d'une grande partie de la population – pas seulement les trente quelque pour cent qui les ont élus. Nous avons besoin d'une nouvelle culture politique qui amènerait les adversaires électoraux à collaborer et à faire des alliances une fois le scrutin terminé !
Vivement qu'on vote pour une réforme du mode de scrutin – qu'on vote pour un système électoral proportionnel.

