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REGROUPEMENT DES MÉDIAS CRITIQUES DE GAUCHE (QUEBEC)

31.03.2026 à 14:19

Le projet de loi C-12 a été adopté par le Sénat, et les travailleurs migrants sont laissés pour compte

Gabriela Calugay-Casuga

Le projet de loi C-12 pourrait entraîner une réduction drastique de l'immigration au Canada, créant ainsi une incertitude dans les secteurs qui dépendent des travailleurs migrants.

19 mars 2026 | tiré de rabble.ca
https://rabble.ca/labour/bill-c-12-passed-senate-and-migrant-workers-are-left-in-the-dust/

Le projet de loi C-12, une loi critiquée par les groupes de défense des droits humains pour son attaque contre les migrants, a été adopté en troisième lecture au Sénat la semaine dernière. Cette évolution a été qualifiée de « dévastatrice » par Amnesty International.

Le projet de loi contient une disposition qui donnerait au gouvernement le pouvoir de bloquer les nouvelles demandes d'immigration, de suspendre le traitement des demandes existantes ou de mettre fin à des demandes si cela est dans « l'intérêt public ». Le Conseil canadien pour les réfugiés a critiqué la formulation de cette disposition, la jugeant trop vague et dépourvue de garanties, ce qui pourrait exposer certains groupes à la discrimination. Ces nouveaux pouvoirs pourraient avoir un impact sur toutes sortes de demandes d'immigration, y compris les permis de travail.

Mehak Kapoor, éducatrice en garderie en Ontario et présidente de la section locale 5575 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP 5575), dénonce la manière dont les coupes dans l'immigration nuisent à la main-d'œuvre. Elle-même immigrante, Mme Kapoor s'est retrouvée dans une situation où elle a dû démissionner et se préparer à quitter le Canada après l'expiration de son permis de travail le 16 mars.

Même avant le projet de loi C-12, les immigrants étaient déjà plongés dans l'incertitude en 2024 lorsque le gouvernement a annoncé un plan de niveaux d'immigration visant à réduire la population d'immigrants.

Le syndicat dénonce les changements apportés par le gouvernement à la politique d'immigration, qui ont créé des conditions dans lesquelles de nombreuses personnes ont dû quitter des emplois où elles effectuaient un travail précieux. Le lieu de travail de Mme Kapoor, la Learning Enrichment Foundation à Toronto, est un exemple de la façon dont l'incertitude liée à l'immigration affecte les services de garde d'enfants. Le SCFP a indiqué qu'environ 20 % du personnel de la fondation sont des travailleurs migrants titulaires de permis de travail temporaires qui expirent cette année. Le syndicat a également souligné que le secteur de la garde d'enfants à travers le Canada dépend de la main-d'œuvre migrante.

La garde d'enfants au Canada a permis à davantage de parents, et plus particulièrement aux mères, de participer au marché du travail. Mais aujourd'hui, les centres de garde d'enfants voient leurs effectifs s'amenuiser.

Jess Tomas, président du SCFP 2484, a souligné que des éducateurs qualifiés sont contraints de partir en raison des changements apportés à la politique d'immigration du Canada.

« Nous manquons cruellement de personnel. Nous ne pouvons pas prendre de congés maladie. Nous ne pouvons pas prendre de vacances. Et pourtant, ces personnes qualifiées qui sont venues ici sont renvoyées chez elles », a déclaré M. Tomas. « Et devinez quoi ? Dans cinq ans, ils vont attirer une nouvelle vague ici. Et nous aurons une nouvelle main-d'œuvre immigrée et migrante invisible qui aura été exploitée puis rejetée. »

ÉCOUTEZ : Gabriel Allahdua sur le bilan du Canada en matière de droits des migrants

Au-delà de l'impact sur la charge de travail des personnes qui restent, Mme Kapoor a déclaré que l'incertitude liée à l'immigration aura des répercussions sur les enfants qui tissent des liens avec les éducateurs.

« Quand on travaille avec des enfants, les relations comptent. Les enfants font confiance à leur éducateur. Les familles font confiance aux personnes qui s'occupent de leurs enfants », a-t-elle déclaré. « C'est tellement déchirant parce que je ne veux pas quitter mes enfants. Ce sont eux qui prononcent leurs premiers mots, font leurs premiers pas, ou apprennent mon nom et m'appellent par mon nom, ou encore quand ils entrent, me voient et courent vers moi pour un câlin. »

Alors que le projet de loi C-12 est sur le point d'être adopté, son impact sur les migrants ne manquera pas de s'ajouter aux effets du Plan des niveaux d'immigration. Lors de la conférence annuelle du CUPE Ontario destinée aux travailleurs des services sociaux, Kapoor et Tomas ont exhorté leurs collègues du syndicat à se mobiliser en faveur des travailleurs migrants. Kapoor a déclaré que le syndicat était important pour elle car il lui apportait un soutien et lui donnait une voix. Elle a ajouté que le travail visant à renforcer la solidarité avec les travailleurs migrants devait se poursuivre.

« Nous devons reconnaître que les personnes qui travaillent avec un permis temporaire sont avant tout des travailleurs. Les droits du travail, la protection sur le lieu de travail et la dignité ne devraient jamais dépendre du statut d'immigration d'une personne », a-t-elle déclaré. « Nous avons besoin de voies claires et équitables vers la résidence permanente, en particulier pour les travailleurs des secteurs essentiels comme la garde d'enfants ou les services sociaux. Si quelqu'un étudie ici, travaille ici et contribue à la communauté, il devrait avoir une réelle opportunité de rester. »

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31.03.2026 à 14:18

Des cennes noires pour mettre fin au « trou noir »

Confédération des syndicats nationaux (CSN)

Alors que la montée du prix du pétrole et la guerre commerciale font tanguer l'économie canadienne, l'Alliance interprovinciale de l'assurance-emploi, composée de syndicats et de groupes communautaires pour la défense des sans-emplois dans tout l'Est du pays, exige une réforme majeure de l'assurance-emploi et des mesures urgentes pour soutenir les multiples oublié-es de l'assurance-emploi, et en particulier les travailleuses et travailleurs de l'industrie saisonnière.

Tiré de l'infolettre CSN En Mouvement

Photo :Présence de la CSN au Parlement du Canada.

Une délégation d'une vingtaine de personnes provenant de plusieurs provinces est aujourd'hui à Ottawa afin de livrer un message clair au ministre des Finances : il y a urgence d'agir pour nos régions ! Munis de jarres remplies de cennes noires, les membres de l'Alliance rappellent que mettre fin au « trou noir » de l'assurance-emploi ne coûterait que… quelques cennes.

Un système qui abandonne nos régions

Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse ou Terre-Neuve : partout dans l'Est du Canada, les travailleuses et travailleurs de l'industrie saisonnière se retrouvent chaque année sans revenu pendant plusieurs semaines à cause de paramètres administratifs mal adaptés aux réalités des régions. Pourtant, ces personnes occupent des emplois essentiels à l'économie régionale : pêche, transformation du poisson, foresterie, construction, tourisme, pourvoiries, lutte contre les incendies… Le problème est connu : entre la fin des prestations d'assurance-emploi et le retour au travail, un vide se crée. C'est ce que l'on appelle le « trou noir ».

La coalition réclame une réforme en profondeur de l'assurance-emploi afin d'en élargir l'accès et de mieux contrer les aléas du travail saisonnier. À court terme, elle demande la prolongation et l'amélioration du projet-pilote qui prend fin en octobre 2026 et octroie cinq semaines supplémentaires de prestations aux travailleuses et travailleurs de l'industrie saisonnière. Les différents groupes demandent que cette mesure soit non seulement maintenue, mais pérennisée et bonifiée de 15 semaines.

L'Alliance apporte l'argent nécessaire au ministre Champagne

Pour dénoncer l'inaction du gouvernement face à ce problème de longue date, l'Alliance interprovinciale a apporté des cennes noires récoltées auprès des employeurs, des travailleuses et travailleurs et de la population des régions concernées.

« En apportant nos cennes noires au ministre Champagne, on veut rappeler que le problème du “trou noir”, ce n'est pas un problème financier ni une fatalité, mais un manque de volonté politique. Les 15 semaines supplémentaires dont bénéficieraient les travailleuses et les travailleurs de l'industrie saisonnière ne coûteraient qu'une cenne par 100 $ de revenu. Alors, voici les cennes : on attend maintenant l'action politique ! », déclare Fernand Thibodeau, porte-parole de l'Alliance interprovinciale de l'assurance-emploi.


Des travailleuses et des travailleurs laissés pour compte

Sur le terrain, les conséquences sont bien réelles. Des travailleuses et travailleurs de l'industrie saisonnière et des membres de l'Alliance sont venus témoigner pour que les députés comprennent la réalité en région :

« Le système d'assurance-emploi actuel nous abandonne complètement. On exige des heures impossibles à atteindre et on réduit nos prestations avec des calculs injustes. Les travailleuses et travailleurs de la mer méritent mieux », témoigne Mandy Symonds, de la Nova Scotian Seasonal Workers Association.

« On fournit le bois, le poisson et une destination touristique au Québec. On aime notre travail. Tout ce qu'on demande, c'est de pouvoir passer l'hiver dignement », souligne Audrey Boulianne, travailleuse de l'industrie saisonnière à Tadoussac.

« Les travailleuses et travailleurs saisonniers méritent un régime d'assurance-emploi qui tienne compte de leur véritable saison de travail et de la stabilité de l'emploi dans leur région, et non des taux en constante évolution. Il est essentiel de moderniser l'assurance-emploi et d'y ajouter des mesures de soutien en cas de crise pour protéger les communautés rurales et côtières », rappelle Johan Joensen, représentant de Fish, Food and Allied Workers Union (FFAW-Unifor) à Terre-Neuve-et-Labrador.

Une réforme nécessaire pour tous les citoyens

« De moins en moins de travailleuses et travailleurs sont couverts par l'assurance-emploi, alors même que le chômage augmente. Le gouvernement doit régler ce problème. La CSN salue la décision du gouvernement de prolonger les mesures temporaires pour faire face à la crise tarifaire, dont l'octroi de 20 semaines supplémentaires pour les travailleuses et travailleurs de longue durée, mais dénoncent que trop peu y aient accès. Par exemple, les jeunes, souvent les premiers mis à pied, n'ont pas droit à cette mesure », affirme David Bergeron-Cyr, vice-président de la CSN.

« Le régime actuel continue d'exclure celles et ceux qui en ont le plus besoin. Il est temps d'avoir le courage politique de faire une réforme en profondeur », ajoute Olivier Carrière, secrétaire général de la FTQ.

Pour l'Alliance, la question dépasse largement l'assurance-emploi : elle touche à l'avenir des régions. Sans solution, préviennent les organisations, les communautés côtières et rurales continueront de se vider, fragilisant des pans entiers de l'économie canadienne. Aujourd'hui, avec leurs cennes noires, les travailleuses et travailleurs envoient un message simple au gouvernement : les solutions existent, elles sont abordables — il ne manque que la volonté politique.

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31.03.2026 à 14:17

Violence conjugale - l'inaction tue | L'APTS interpelle Québec pour l'octroi de 10 jours d'absence rémunérés aux victimes

Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS)

Une délégation de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) s'est présentée aujourd'hui à l'Assemblée nationale pour accueillir les parlementaires et les sensibiliser à une revendication urgente : accorder 10 jours d'absence rémunérés aux personnes victimes de violence conjugale, protégés par la Loi sur les normes du travail.

« En moins de 3 mois, on recense déjà 7 féminicides en 2026 ! Représentant une majorité de femmes, nous sommes inquiet·ète·s. Derrière ces chiffres, des femmes tentaient de survivre à de la violence conjugale. Ce qu'on demande, c'est d'accorder aux victimes le temps nécessaire pour s'en sortir, sans avoir à choisir entre leur sécurité et leur salaire. Qu'attendons-nous pour freiner l'évolution alarmante de ces statistiques ? », dénonce Isabelle Mantha, vice-présidente de l'APTS.

Québec en retard sur d'autres provinces

Aux côtés de l'Alberta, le Québec accuse un retard important. Pourtant, cette mesure déjà éprouvée ailleurs au Canada peut sauver des vies. Elle enlève l'un des obstacles qui empêchent les victimes de passer à l'action en leur permettant de se mettre en sécurité, de consulter des ressources spécialisées ou même de participer à des démarches judiciaires.

« Pour nous, cette revendication dépasse le cadre de nos conventions collectives. Protéger les victimes, syndiquées ou non, c'est l'affaire de toutes et tous. Y compris des employeurs, parce que la violence ne s'arrête pas aux portes du travail », affirme-t-elle.

Rappelons qu'à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les parlementaires ont voté à l'unanimité pour dénoncer les féminicides et améliorer la prévention. Représentant plus de 68 000 personnes - dont des professionnelles et des techniciennes en santé mentale intervenant quotidiennement auprès des victimes - l'APTS pense qu'il est temps que les élu·e·s transforment ces engagements en actions concrètes.

« Le ministre du Travail nous répond que la mesure serait trop coûteuse. Mais pouvons-nous vraiment mettre un prix sur la vie des victimes et de leurs enfants ? La vie des femmes ne devrait pas avoir à être négociée ! », conclut-elle.

Cette revendication est portée en collaboration avec l'Intersyndicale des femmes.

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